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  • il y a 14 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Il est 13h47, précisément, Europe 1 Info qui se poursuit jusqu'à 14h avec vous Charles Huillier
00:08et vos débatteurs du jour, Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et Jonathan Sixou,
00:13rédacteur en chef à Causeur.
00:15On va terminer cette dernière séquence avec Emmanuel Macron qui fait ses adieux pour ainsi dire à Bamblé-Mimosa.
00:20Oui tout à fait, alors des adieux, on va quand même continuer à le voir effectivement
00:25parce qu'il y aura ce discours de vœux traditionnels.
00:30Mais c'est vrai que Marlène a raison, c'est l'une des dernières prises de parole de ces deux
00:37quinquennats.
00:37Il en a profité Emmanuel Macron pour faire le bilan de ces quasiment dix dernières années à l'Elysée.
00:46Je vous propose d'écouter un extrait d'Emmanuel Macron donc hier à Bamblé-Mimosa.
00:51Le vent, c'est au fond une époque durant laquelle, il y a quelques années ici,
00:56le vent colportait la rumeur de manifestants qui exprimaient cette colère sociale que nous avons vécu ensemble.
01:03Nous avons connu ici aussi les incendies, nous ne les oublions pas, la pandémie et tout ce qu'elle implique,
01:10le retour de la guerre, l'inflation, les moments heureux et la célébration du 80e anniversaire de ce débarquement de
01:19Provence.
01:20Alors oui, c'est une époque.
01:22Et donc c'est évidemment un 17 août un peu particulier aujourd'hui.
01:26Et je vous remercie pour vos mots, je les partage et ils m'éviteront de les prononcer.
01:30Et vous aussi, vous allez me manquer.
01:31Voilà, alors un peu d'émotion effectivement de la part d'Emmanuel Macron dans ce discours hier à Bamblé-Mimosa,
01:39dans le Var.
01:39Avant de vous écouter, messieurs Salvatore et Sicsou, sur le fond de ce discours,
01:46je vais quand même citer un article de nos confrères du Monde, paru il y a quelques minutes ce matin.
01:53Article qui nous apprend qu'Emmanuel Macron serait réservé, c'est-à-dire pas convaincu,
01:58par les candidatures d'Edouard Philippe et de Gabriel Attal.
02:02Les deux seraient qualifiés, je parle au conditionnel, les deux seraient qualifiés par Emmanuel Macron de renégats pour avoir pris
02:10leur distance.
02:11Ce qui signifie qu'Emmanuel Macron pousserait, je parle toujours au conditionnel, attention, pousserait pour une candidature de Sébastien Lecornu.
02:20Jonathan Sicsou, Jean-Michel Salvatore, comment analysez-vous ces bruits de couloir de la part des visiteurs du soir d
02:28'Emmanuel Macron ?
02:29Jonathan Sicsou.
02:30Ce sont des bruits qui circulent depuis un moment.
02:32Ah, vous en avez eu vent ?
02:33Oui, enfin, pas aussi précisément concernant M. Lecornu, pour le coup, parce qu'on a aussi évoqué un temps Jean
02:39Castex,
02:39qui pourrait jouer les doublures, jusqu'à, pourquoi pas, une nouvelle candidature d'Emmanuel Macron en 2032.
02:46Il est normal, si je puis dire, que ces trois hommes, je parle d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal et
02:51du président de la République, ne s'entendent pas trop.
02:53Souvenez-vous, il y a quelques mois, Edouard Philippe appelait à la démission d'Emmanuel Macron.
03:00Il y a aussi Gabriel Attal, qui a dit qu'il ne comprenait plus rien à la politique menée par
03:04le président de la République.
03:05Lui, il lui en veut parce qu'il n'a toujours pas digéré la dissolution qu'il a un peu
03:10apprise à la dernière personne à être mise au courant.
03:14Donc, si vous voulez, il me semble aussi évident, et j'en finirai par là, que le président de la
03:19République, de toute évidence, va et veut intervenir dans la campagne présidentielle.
03:24Il veut jouer un rôle.
03:25Il veut jouer un rôle.
03:25C'est ce qu'on présentait depuis quelques mois.
03:27Il ne pouvait pas lâcher le poste, si je puis dire, si facilement.
03:30Alors, je vais quand même reprendre ce terme qui n'est pas anodin.
03:35Edouard Philippe, Gabriel Attal, qualifié de renégat par Emmanuel Macron, selon nos confrères du monde.
03:42Renégat, Jean-Michel Salvatore, ce n'est pas rien comme terme.
03:46On est cousin germain des traîtres, là.
03:49Oui, mais ce n'est pas très aimable.
03:50Mais en fait, franchement, ce n'est pas très étonnant parce qu'on voit bien que depuis qu'il est
03:55président de la République,
03:57Emmanuel Macron a choisi des premiers ministres pour lesquels il n'avait pas beaucoup de considération.
04:01Il a toujours considéré ses premiers ministres comme des collaborateurs.
04:06Et en fait, il a choisi plutôt des personnalités qui n'étaient pas des personnalités de premier plan.
04:11Mais il est allé chercher des gens qui étaient plutôt dans l'ombre.
04:14C'était le cas d'Edouard Philippe, qui n'était pas si connu que ça.
04:17Et même de Gérald Darman aussi.
04:19Non, mais là, je parle des premiers ministres.
04:21Donc là, Edouard Philippe n'était pas si connu que ça.
04:23Gabriel Attal, bon, est un bébé Macron, mais finalement très jeune.
04:27Jean Castex, lui, avait été secrétaire général adjoint de l'Élysée à l'époque de Sarkozy.
04:32Elisabeth Borne, etc.
04:33Donc, si vous voulez, il n'a jamais eu beaucoup de considération pour ses premiers ministres.
04:37Et donc, c'est vrai que comme ses premiers ministres ne lui ont pas rendu l'appareil,
04:43et comme c'était rappelé par Jonathan, comme à la fois Edouard Philippe et Gabriel Attal
04:49ont fait valoir un droit d'inventaire vis-à-vis de l'action du président,
04:55en fait, Emmanuel Macron leur rend la monnaie de sa pièce
05:00et essaye donc de pousser Sébastien Lecornu.
05:03C'est un jeu assez dangereux.
05:04C'est un jeu assez dangereux parce qu'on voit bien que là, pour le bloc central,
05:10l'objectif, c'est d'éviter un face-à-face entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
05:15Et si le président de la République met le bazar dans tout ça,
05:19met le bazar dans le bloc central,
05:22peut-être qu'une candidature sera encore plus difficile à émerger
05:25et peut-être que le face-à-face entre Le Pen et Mélenchon sera encore plus certain
05:31et je ne suis pas sûr que ce sera très payant pour le pays.
05:34Vous parliez, Jean-Michel Salvatore, de manque de considération
05:38de la part d'Emmanuel Macron pour ses différents et successifs premiers ministres.
05:42Est-ce que ce manque de considération vient aussi du fait
05:46qu'il y a une conception très macronienne et particulière du pouvoir
05:52à savoir qu'Emmanuel Macron souhaite aussi être un hyper-président
05:56et également, en plus d'être président, premier ministre ?
05:59Est-ce que ça vient de là également ?
06:01Un peu à l'américaine finalement.
06:02Non, moi je pense que c'est...
06:03Alors bien sûr, mais je pense que c'est une conception totalement narcissique du pouvoir
06:07et de la façon dont il l'exerce.
06:09Et c'est vrai que ce qui se passe aujourd'hui avec le discours de Borme-les-Mimosa
06:13en est une illustration parfaite.
06:15Je trouve que là, il se passe quelque chose de totalement ridicule.
06:18La France est plongée dans une crise financière catastrophique.
06:22On est en train de discuter d'un budget qui va être très difficile à réaliser.
06:26Il y a des fuites numériques qui sont extrêmement graves
06:30et qui dénotent un délitement de l'État.
06:33Et pendant ce temps-là, que fait M. Macron ?
06:35Il fait ses adios au Music Hall, comme les frères Jacques.
06:38Donc en fait, il essaye de soigner au maximum ses dernières fois.
06:43Donc le 14 juillet, il l'a soigné énormément en faisant un très grand défilé avec tous les Européens.
06:49Là, il revient avec son dernier discours de Borme-les-Mimosa.
06:52Je trouve qu'il y a quelque chose de totalement déconnecté et de narcissique
06:55par rapport aux grands sujets qui sont face aux Français et au gouvernement.
06:59Afin d'avancer un peu, M. Sicsou et Salvatore, Jonathan Sicsou,
07:04Emmanuel Macron pousserait, on parle toujours au conditionnel, Sébastien Lecornu.
07:09A-t-il ses chances, Sébastien Lecornu, dans le cas où évidemment Gabriel Attal et Édouard Philippe
07:15ne seraient plus en course ?
07:17Ce qui n'est pas gagné, entendons-nous bien.
07:19Mais a-t-il ses chances, alors, ce Sébastien Lecornu poussé par son président ?
07:23Si on s'amusait à faire des statistiques mathématiques et se dire sur le papier,
07:27voir d'où vient-il, il vient de la droite, qui pourrait voter pour lui ?
07:32Les macroniens, mais restent-ils des macroniens aujourd'hui ou plutôt au printemps prochain ?
07:36Si les macroniens, ou ce qu'il en restait, étaient derrière Gabriel Attal,
07:40mécaniquement, ils rallieraient Édouard Philippe et ne soutiendraient pas donc
07:44un candidat qui aurait l'étiquette de la Macronie.
07:47Il y a un problème d'héritage de l'ère d'Emmanuel Macron.
07:52Parce que Lecornu, pardon, M. Salvatore, Jean-Michel parlait des bébés Macron.
07:58Lecornu est aussi un bébé Macron.
08:00Lecornu est parfaitement un bébé Macron.
08:02Il a eu une belle carrière gouvernementale ces dernières années.
08:05mais il est originaire de la droite, à l'origine.
08:10Mais c'est aussi ça, regardez la carrière gouvernementale de Gérald Darmanin,
08:14qui vient des LR également.
08:15C'était aussi ça, la Macronie.
08:18Mais il n'y a pas eu d'héritage.
08:19Tout a été, comme vous l'avez très bien rappelé, hyper personnalisé,
08:22hyper personnifié par la personne même du président de la République ces neuf dernières années.
08:26Et donc le président qui part,
08:28et il n'y a personne pour enfiler le costume qu'il s'est taillé lui-même.
08:32Souvenez-vous de l'image quand même hyper travaillée en 2017,
08:37le soir de son élection, la traversée de la Cour du Loup, la pyramide de Paye, etc.
08:41Il y avait quand même quelque chose qu'on n'avait jamais vu jusqu'à présent
08:44pour marquer la solennité d'une élection présidentielle.
08:48Généralement, ça se fait sur scène, il y a du monde, etc.
08:51Mais cette séquence de la traversée d'un homme solitaire devant la pyramide,
08:56il y avait quelque chose que même François Mitterrand n'avait pas osé nous imposer.
09:00Vous évoquiez ce discours de Borme-les-Mimosas hier,
09:04ce discours en forme de bilan, effectivement.
09:08Et c'est vrai que l'heure est aussi, il nous reste deux minutes d'émission,
09:11l'heure est aussi pour nous, Jean-Michel Salvatore et Jonathan Sixou,
09:15de faire un bilan.
09:16Alors c'est vrai que, par exemple, je vais prendre pêle-mêle quelques grands projets,
09:21grandes idées du candidat Emmanuel Macron peu avant 2017.
09:25Il avait promis, en tout cas ou émis l'hypothèse,
09:28de revoir le statut de fonctionnaire,
09:31de transformer ça en fait en CDI,
09:33statut en contrat de droit privé, pour parler simplement.
09:37Il avait aussi promis de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires
09:41par le biais du non-renouvellement.
09:44Bon, il y en a eu 178 000 de plus,
09:48178 000 de plus en 9 ans.
09:50Est-ce que Jean-Michel Salvatore,
09:52c'est un des grands échecs de son œuvre, ça, Emmanuel Macron ?
09:56Il y en a tellement que je ne retiendrai pas forcément celui-là.
09:59Moi, je dirais que, si vous voulez,
10:01la promesse de Macron en 2017,
10:04c'était de moderniser le pays.
10:06C'était de dire, jusqu'à présent,
10:09on a été gouverné par des gens qui n'ont pas su décider,
10:11là, on va renverser la table et on va véritablement moderniser le pays,
10:16moderniser le droit du travail,
10:17moderniser la conception qu'on peut avoir des entreprises,
10:20de l'économie, etc.
10:21Et là, au résultat, on voit bien qu'au bout de 9 ans,
10:23il dit 9 ans, c'est une époque.
10:25Moi, je dirais que 9 ans, c'est un déclin.
10:27C'est-à-dire que, quel que soit le sujet que l'on regarde,
10:30on voit bien que, non seulement, on est dans l'échec,
10:331 250 milliards d'euros de dettes en plus.
10:35Est-ce que ça fait partie de ces échecs-là dont vous parlez ?
10:39Il y a des dates.
10:39Mais même quand vous voyez, par exemple, les fuites de données,
10:42les fuites de données, c'est quand même incroyable.
10:44Ça concerne deux des ministères les plus importants,
10:47le ministère des Finances et le ministère de l'Intérieur.
10:50Et on a vu, donc, des données et le ministère de l'Éducation nationale.
10:54Les Français voient bien, si vous voulez,
10:56qu'on est dans un pays avec un État qui se délite complètement.
10:59On l'a vu aussi à l'occasion des incendies,
11:01où les Français ont bien vu qu'on n'avait pas assez de Canadair,
11:04que rien n'avait été prévu,
11:05qu'on avait dit qu'on mettrait un monde marsan des Canadair
11:08pour protéger la Gironde.
11:10Ça n'a pas été fait, etc.
11:11Donc là, il y a quand même un sentiment, si vous voulez,
11:14de déclin généralisé.
11:15Et c'est ce qui crée, si vous voulez,
11:17ce blues incroyable des Français.
11:19Et tout le monde se souvient de ce fameux discours
11:22sur le pacte girondin
11:24et la vision qu'avait Emmanuel Macron
11:27de cette décentralisation
11:29qui, finalement, n'a jamais vu le jour.
11:31Jonathan Sixou, est-ce qu'on est très loin
11:33de ce discours d'il y a presque dix ans désormais ?
11:37Oui, on est très loin de ce discours-là,
11:39comme de tant d'autres,
11:40comme ça vient d'être rappelé par Jean-Michel.
11:43Souvenez-vous, en 2017,
11:44il nous promet la Startup Nation, etc.
11:48Il y a eu Chousse France, quand même.
11:49Il y a eu Chousse France qui a rapporté...
11:50Ça n'est pas encore assez suffisant, me semble-t-il,
11:53même en termes d'image de la France,
11:55même si le pays, nous dit-on,
11:56et malgré tout ce qu'on voit, est attractif.
11:58Bon, merci Jonathan Sixou,
12:00merci Jean-Michel Salvatore,
12:02j'aurai le plaisir de vous,
12:03moi, quant à moi,
12:04à vous rejoindre à 19h pour Europe 1 Soir.
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