00:00Donner des vêtements ou du matériel n'est pas toujours la bonne solution et il n'y a pas que
00:04cela.
00:05Fabrice Barthélémy, bonjour.
00:07Oui, bonjour Laurence.
00:08Vous êtes directeur bénévole du Fonds de Solidarité aux Sinistrés.
00:11Nous avions eu le plaisir de vous avoir, enfin le plaisir malgré la réalité de l'actualité la semaine dernière
00:17et la semaine d'avant suite aux énormes incendies.
00:19On vient d'apprendre que celui du Var serait fixé enfin.
00:22Enfin, l'exemple que je voudrais, en tout cas pas l'exemple mais le sujet que je voudrais avec vous
00:29évoquer, c'est que tout cet élan de solidarité, tous les dons, toutes les organisations à droite, à gauche, tout
00:35ce qui s'est fait, c'est peut-être pas une très très bonne idée.
00:39Racontez-nous pourquoi la Gironde et le Var ne peuvent plus recevoir de dons de nature aujourd'hui par exemple.
00:45Alors il est vrai, bon, il faut faire un petit peu de pédagogie pour éduquer nos concitoyens à bien réagir,
00:51à bien se comporter, enfin adopter les bonnes pratiques face à une catastrophe.
00:54En fait, quand une catastrophe frappe, tout le monde veut aider, et c'est magnifique, mais l'élan de générosité,
01:00il peut devenir vraiment un second sinistre, vous voyez, s'il n'est pas organisé.
01:04Comme je me plaît à dire, une crise c'est un petit peu comme un cachet effervescent, ça fait beaucoup
01:08de bruit, beaucoup d'agitation dans un temps très court, et puis ensuite c'est le silence.
01:12Sauf que les sinistrés, eux, ils ont besoin d'aide pendant des mois, et je dirais que le premier message
01:17à faire passer, il est simple.
01:18Il faut donner, mais il faut surtout donner au bon moment, et donner ce qu'on vous demande de donner.
01:23Donc, effectivement, nous avons rencontré en Gironde, et dans notre département d'ailleurs, et c'est quasiment systématique,
01:32un afflux de dons qui va engendrer bien souvent un second sinistre qui correspond en fait à de la surcollecte,
01:40parce que la surcollecte va engendrer aussi du surstockage.
01:42Donc, on va pouvoir développer, si vous voulez, ces différents points, mais il est vrai que face à une catastrophe,
01:49bon, il faut adopter le bon comportement, et le principe directeur aussi, c'est qu'il faut adapter le don
01:54à la temporalité de l'événement.
01:55Ça veut dire quoi, Fabrice Barthélémy ? Ça veut dire qu'il y a eu trop de gens, alors attention,
01:59sans juger,
02:00parce qu'on était tellement tous dans l'émotion, du coup on était un peu moins dans la raison,
02:04et c'est toujours ça la particularité, c'est qu'on a tous voulu donner,
02:07et que des gens, des organisateurs qui ont lancé des appels à dons sur les réseaux sociaux et autres,
02:12se sont retrouvés avec des tonnes de sacs, de meubles, de matériel devant les locaux de leur structure,
02:18et ils ne savaient même plus quoi en faire, ils ne savaient plus où les envoyer.
02:21C'est tout à fait ça, parce qu'en fait, bon, le même don peut être vital le premier jour,
02:26ou dans la première semaine, mais il peut être parfaitement inutile trois semaines plus tard.
02:30Alors, si vous voulez, si on séquence un petit peu l'événement,
02:34dans les premiers jours ou la première semaine en phase d'urgence,
02:37on a besoin de soutenir les pompiers et la population locale, par exemple,
02:40en distribuant de l'eau, de l'alimentation,
02:43mais naturellement, uniquement si la mairie ou le centre de commandement des pompiers le demandent.
02:48Ça ne sert à rien de venir, de charger sa voiture,
02:51et spontanément, de venir amener de l'eau, des pâtes, du riz, etc.,
02:54au secours, s'ils n'en expriment pas le besoin.
02:57Donc déjà, Fabrice, excusez-moi, on va essayer de faire les choses comme ça,
03:01mais déjà, on attend de savoir de quoi les gens ont besoin avant de lancer des appels.
03:05On est d'accord.
03:07Et dans ces cas-là, on se met en rapport avec les associations, les structures qui sauront nous guider.
03:12Oui, et naturellement, aujourd'hui, les communes se sont organisées avec les plans communaux de sauvegarde,
03:17donc elles sont dans une démarche plutôt proactive,
03:20et elles n'hésiteront pas à solliciter les administrés pour exprimer leurs besoins.
03:24Donc ça, c'est une première chose, c'est les appels aux dons matériels,
03:27et vêtements.
03:28Concrètement, là, est-ce qu'on sait où on en est sur la Gironde,
03:31et le Var, par exemple, et les autres secteurs français qui ont été touchés ?
03:36Oui, alors, on commence quand même à avoir de la visibilité.
03:39Aujourd'hui, il est inutile, à date, pour l'instant, d'offrir des dons matériels,
03:47parce qu'il y a eu, justement, une surcollecte.
03:51Et le problème de la surcollecte, en fait, c'est que ça génère des problématiques après de stockage,
03:55de logistique, de redistribution.
03:57Et ça mobilise, en fait, des bénévoles pour des missions, finalement,
04:02qui deviennent un petit peu inutiles et qui parasitent le reste de la gestion de l'événement.
04:09Et, en fait, il faut attendre, il faut proposer, surtout,
04:12et on atteint le feu vert de l'organisme en charge de la collecte,
04:15pour savoir si, oui ou non, on poursuit, si vous voulez, sa démarche de dons.
04:20Fabrice Barthélémy, vous qui êtes le directeur bénévole du Fonds de solidarité aux sinistrés,
04:24il ne nous reste pas beaucoup de temps, mais en une petite minute,
04:26j'aimerais qu'on parle d'argent.
04:27Parce que moi, je suis une fille, ça ne me fait pas peur de parler d'argent.
04:30Et là aussi, vous vouliez pointer du doigt des choses qui existent encore aujourd'hui chez nous.
04:35C'est-à-dire qu'on fait des appels, on a des appels aux dons d'argent, etc.
04:38Et une partie de cet argent auprès des structures n'est pas reversé directement sur la réalité pour laquelle on
04:46donne.
04:47Alors, bon, c'est un sujet, effectivement, qui est essentiel,
04:50qui est même central lors des opérations de collecte.
04:54De nombreux organismes, même, d'ailleurs, des particuliers, des associations, etc.,
04:59ouvrent des collectes, enfin, organisent des collectes, ouvrent des cagnottes.
05:02Mais cet argent, en fait, où va-t-il et à quoi est-il destiné ?
05:07Bon, il faut savoir qu'on a, effectivement, besoin d'argent lorsqu'on est face à une catastrophe,
05:11parce que cet argent peut servir, justement, pour indemniser les sinistrés sur tout ce qui reste à charge.
05:17Lorsque l'assureur a fini, si vous voulez, d'indemniser le sinistré en application de son contrat d'assurance,
05:24malheureusement, le sinistré, il a toujours en reste à charge.
05:26Parce que les plafonds sont atteints, parce qu'il n'était pas bien assuré, etc., etc.
05:29Donc, on a besoin d'argent, effectivement, pour indemniser ces sinistrés sur la partie reste à charge.
05:34Et avec le Fonds de Solidarité, justement, on organise une commission pour fédérer tous les collecteurs.
05:41Et d'ailleurs, c'est ce qui va se faire, notamment dans le département de la Gironde.
05:44On va faire un appel, donc, aux collecteurs pour les mettre autour d'une table,
05:48de manière à ce qu'avec la plus grande lisibilité transparente,
05:52on sache exactement ce qui a été collecté,
05:55pour pouvoir le flécher ensuite au sinistré sur la base de rapports d'expertise
05:58que le Fonds de Solidarité au sinistré, justement, réalise.
06:03Réalise de manière à objectiver aussi la manière dont les fonds vont être redistribués au sinistré.
06:08Voilà, et ça, c'est important.
06:09Et vraiment, n'hésitez pas à vous rapprocher du Fonds de Solidarité au sinistré.
06:14Fabrice Barthélémy, directeur bénévole, était avec nous pour nous expliquer,
06:17effectivement, que les choses à peut-être éviter de faire, malgré les émotions, malgré tout ça.
06:21Et faisons appel à ceux qui savent organiser tout ça,
06:24pour que ce soit bien fléché, comme il le dit, dans le bon sens.
06:27Merci beaucoup, Fabrice Barthélémy.
06:29Nous sommes très en retard, malheureusement.
06:31C'était un sujet très important que je voulais quand même...
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