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Retrouvez le club de la Bourse du jeudi 6 août dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Good Morning Market sur BFM Business.
00:03Deux invités ce matin en plateau, Frédéric Prêté, bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin.
00:07Vous êtes économiste chez Market 360, BNP Paribas, CIB et Alexandre Baradez, chef analyste d'IG.
00:13Bonjour Alexandre.
00:15Beaucoup de résultats d'entreprise également ce jeudi, que ce soit du côté de GAGO ce midi à Londres.
00:21Siemens qui a publié ses résultats ce matin, il faudra bien sûr suivre ce titre à Francfort.
00:26Idem pour Rheinmetall.
00:27Dans le même temps, beaucoup d'indicateurs économiques.
00:30Hier, on a eu Frédéric Prêté l'emploi aux Etats-Unis avec l'enquête ADP.
00:35Avant, bien sûr, l'enquête officielle du ministère du Travail, ça sera demain.
00:39Bon, il y a eu une petite déception hier sur cette enquête ADP.
00:42N'a moins quand on regarde les emplois vacants, mardi hier ADP,
00:45on a quand même un marché de l'emploi qui reste résilient aux Etats-Unis.
00:48Oui, c'est un marché qui reste robuste, même si c'est vrai,
00:51les créations d'emplois ont tendance un petit peu à ralentir.
00:54Mais c'est aussi dans le reflet de ce qui se passe sur l'évolution de la force de travail
00:59aux Etats-Unis.
01:00Je rappelle que cette force de travail a été quand même durement impactée
01:03par la politique migratoire de M. Trump.
01:05Et qu'aujourd'hui, on est dans une force de travail aux Etats-Unis
01:08qui a une croissance de zéro.
01:11Et donc, ça veut dire que du coup, pour essayer de créer des emplois,
01:13on part avec une force de travail qui a une croissance de zéro.
01:16Je rappelle que sous M. Biden, on avait une croissance de l'emploi
01:18qui était plutôt de 1,5% par an, donc qui était quand même beaucoup plus dynamique.
01:22Donc, on se retrouve dans une situation-là où finalement, même si on crée des emplois
01:25et même très peu d'emplois, on a un marché du travail qui reste robuste
01:29avec des perspectives de taux de chômage qui vont continuer de baisser.
01:32Il ne suffit pas grand-chose.
01:34Au-dessus de zéro, vous avez un taux de chômage qui va baisser.
01:36Donc, c'est bien ce qu'on va regarder aussi demain.
01:38C'est non seulement les créations d'emplois, mais aussi ce qui se passe sur le taux de chômage
01:42parce que ça, c'est une métrique qui est extrêmement importante
01:44et suivie par les membres de la Fed.
01:46Et l'inflation, bien sûr, l'inflation salariale.
01:49Alors, on a eu un avant-goût hier avec l'enquête ADP,
01:51sachant que l'inflation, notamment dans les services, est toujours collante aux États-Unis.
01:56Exactement.
01:57On a une inflation qui est toujours un peu l'inflation domestique.
01:59Donc, l'inflation dans les services est quand même quelque chose qui reste quand même assez élevé.
02:04Et c'est pour ça que cette évolution du taux de chômage est aussi importante
02:06parce qu'en général, la Fédérale Réserve estime que le taux d'équilibre du marché du travail
02:12qui ne crée pas d'inflation est à 4,2% et on est à 4,2%.
02:16Donc, dès que vous baissez en dessous de ça, vous allez créer des incertitudes
02:20ou en tout cas, une certaine inconfortabilité du côté des membres de la Fed
02:23en se disant qu'on peut avoir une spirale inflationniste salaire
02:26qui se met en place si on a un taux de chômage qui continue de descendre en dessous de ce
02:304,2%.
02:31C'est quand même un sacré numéro d'équilibriste pour Kevin Warch.
02:35Alexandre Baradez qui, c'est vrai, la semaine dernière, n'a pas vraiment réussi à rassurer les investisseurs.
02:40Et puis là, on se retrouve un petit peu dans un trou de communication.
02:42Avant, Jackson Hall, ce sera à la fin du mois.
02:45Oui, ça fait partie de la méthode désormais, de la méthode Warch.
02:48C'est-à-dire qu'on donne très peu d'informations au marché.
02:50Certains le déplorent, d'autres apprécient.
02:52On voit qu'il y a aussi quelques dissidents de la Fed.
02:55Tout le monde n'est pas forcément aligné.
02:56Kashkari, par exemple, qui est pas mal...
02:58Donc, c'était un des trois qui se positionnait à la dernière réunion en faveur d'une hausse de taux.
03:04Publiquement, il dit que la communication qui était faite avant n'était pas une mauvaise communication.
03:08C'était bien de donner des informations aussi au marché, de ne pas le laisser dans le flou.
03:11Et ce même Kashkari dit qu'il faut mieux commencer à bouger un peu maintenant que beaucoup plus tard.
03:16Donc, lui, il est convaincu qu'il va falloir relever les taux.
03:19Et c'est vrai que le marché essaie de se positionner de ce qu'il entend à la fois du
03:22grand patron
03:23et de ce qu'il entend des membres de la Fed et des dissidents.
03:26Et on voit que les anticipations pour la réunion de septembre, qui est la prochaine réunion de la Fed,
03:31c'est désormais à peu près 55-58% de probabilité pour une hausse de taux.
03:35Ça a un petit peu baissé avant les propos de Scott Bessin.
03:39Donc, cette semaine, qui a beaucoup fait réagir les marchés, beaucoup fait baisser le pétrole
03:42quand il s'est engagé sur l'idée que le détroit d'Ormouz allait enfin réouvrir pour de bon cette
03:47fois-ci.
03:47Alors, ça a fait baisser le pétrole et ça a fait baisser les taux.
03:49Du coup, le marché s'est dit, bon, les anticipations de hausse de taux de la Fed, on va un
03:53petit peu les diminuer
03:54et elles sont retombées légèrement sur 60%.
03:56Mais ça reste quand même une oula de 50%, c'est-à-dire que le marché va arriver.
04:00Et je pense que Jackson Hole sera un des gros rendez-vous pour la Fed et pour les marchés
04:05parce que peut-être que les informations, on sait qu'habituellement, en tout cas, historiquement,
04:08c'est dans ces réunions de Jackson Hole que si la politique monétaire devait être un peu fléchie,
04:12des annonces devaient être faites.
04:13Donc, on verra que cette fois-ci, c'est la même chose.
04:15Mais une partie du marché considère qu'une hausse de taux de la Fed à la rentrée n'est pas
04:20quelque chose d'impossible.
04:21Quand on regarde aujourd'hui, le 30 ans américain, il est toujours au-delà des 5%, le 10 ans à
04:254,62.
04:26Alors certes, comme vous l'avez souligné, ça se détend un petit peu,
04:29mais on reste quand même sur des niveaux relativement élevés, notamment pour le marché actions.
04:34Oui, et c'est ça qui, nous, en début de semaine, nous faisait un petit peu tiquer.
04:36C'est-à-dire qu'on avait déjà eu le propos de Donald Trump ce week-end,
04:39qui disait qu'en gros, il avait suspendu des frappes qui étaient prévues en Iran pour laisser la place au
04:42dialogue, etc.
04:43Donc, on a vu, dès lundi matin, le pétrole baisser assez fortement, 7-8%.
04:47Ils ont remarqué que les taux américains, la partie longue de la courbe, avaient très très peu réagi.
04:51Et je pense que c'est ça qui a poussé, c'est clairement ça qui a poussé Scott Bessin,
04:54donc son secrétaire au Trésor, à aller dans les médias américains,
04:57CNBC, donc une des plus grosses chaînes financières américaines.
04:59Et là, il a clairement mis les deux pieds dans le plat en disant, de manière très surprenante,
05:03il y aura un retour du D3 aujourd'hui ou demain.
05:05Et là, par contre, ça a fait bouger le marché.
05:07On a vu que le pétrole a perdu 7-8% dans la foulée,
05:09donc à peu près 15% de baisse sur le pétrole en deux jours.
05:14Et là, enfin, les taux américains ont commencé à bouger un peu à la baisse,
05:1710 points de base pour le 1, pour le 10 ans.
05:18Ce n'est pas délirant, mais on sent bien qu'il y a une pression comme sur les taux
05:22pour le Trésor américain, parce qu'on rappelle, ça a renchéri de ce moment
05:25les coûts de la dette aux Etats-Unis.
05:26Et puis, ça empêche aussi un pétrole trop élevé,
05:28ça empêche la Fed d'aller s'avancer sur le terrain des baisses de taux.
05:32Donc, il y a un sujet taux qui, pour moi, est vraiment presque le sujet de l'été sur les
05:36marchés.
05:36– 79 dollars ce matin pour le baril de Brenne, 75 pour le WTI,
05:40deux références qui sont quasi stables en ce jeudi,
05:43quand les cours du gaz en Europe continuent de très légèrement progresser.
05:48Alors, ce matin, ils sont très volatiles, Frédéric Prêté, ces cours du gaz.
05:52Néanmoins, 54 euros, c'est quelque chose à suivre de près,
05:56notamment les cours du gaz par rapport aux stocks,
06:00les stocks de gaz en Europe qui sont sur des niveaux historiquement bas pour la période.
06:05– Oui, pour la période, on est plutôt bas et il va falloir restocker avant l'hiver.
06:08Donc, on sait que c'est quelque chose qui peut amener un peu plus de pression sur les prix du
06:12gaz
06:13et qui rentre forcément dans la fonction de réaction d'une banque centrale
06:16comme la Banque Centrale Européenne.
06:18En plus des prix de l'énergie et du pétrole, etc.,
06:20tout ceci rentre dans cette fonction de réaction.
06:22Donc, ça veut dire qu'on aura sans doute peut-être aussi un risque de persistance inflationniste énergétique
06:27qui s'installe un peu plus longtemps qu'anticipé dans les dynamiques.
06:32Et donc, du coup, ça va forcément garder un biais peut-être à la hausse sur les taux d'intérêt
06:37de la BCE.
06:38Nous, on anticipe 25 points de base de plus en septembre
06:41parce que cet environnement énergétique crée quand même des prix d'inflation
06:45qui sont une dynamique d'inflation qui est au-dessus de l'objectif
06:48et qui va forcer sans doute la Banque Centrale Européenne à monter ses taux sur 2,5%
06:53qui est sans doute la barriette un peu haute, en tout cas la fourchette haute
06:56de ce qu'elle estime de la neutralité des taux en Europe qui est entre 1,5 et 2,5.
07:00Donc, on va remonter sur cette barrière haute pour s'accommoder
07:06de cette évolution des prix énergétiques, gaz et pétrole.
07:0954 euros pour 1 mégawatt-heure de gaz pour le TTF, c'est la référence en Europe.
07:13Il faut voir qu'avant le conflit au Moyen-Orient en février,
07:16on était plutôt aux alentours des 30-35 euros.
07:18Comment aujourd'hui, la zone euro, notamment l'Allemagne,
07:22puisque c'est vrai que l'Allemagne a une grosse composante industrielle
07:25qui dépend donc de ses prix du gaz, résiste aujourd'hui ?
07:29Quand vous regardez les différents indicateurs économiques,
07:31c'est vrai qu'on en a parlé sur ce plateau, la semaine dernière,
07:34on avait la croissance au deuxième trimestre qui avait surpris positivement en zone euro.
07:37Frédéric Prêté.
07:38Oui, alors pour l'instant, on a plutôt une plus grande résilience que ce qui était anticipé.
07:42Le marché est quand même très très très négatif quand on est rentré dans la guerre,
07:45entre mars et avril. Depuis, les surprises économiques ont plutôt été à la hausse.
07:50Depuis le mois de mai, on est plutôt dans un rattraperage.
07:52Si vous regardez les indicateurs de surprises économiques,
07:55on a eu ce deuxième trimestre à 0,4 au-dessus des attentes,
07:58un premier trimestre révisé à la hausse.
08:00Et surtout, en effet, parce qu'il y a une machine allemande
08:02qui visiblement résiste mieux qu'attendue.
08:04Il y a ce programme d'investissement sur la défense, les transports, etc.,
08:09qui quand même offre un sous-jacent quand même important pour cette économie allemande en transition.
08:14Et donc, du coup, ça veut dire que pour une banque centrale européenne,
08:16on est peut-être un peu moins inquiet sur la croissance.
08:19Et donc, du coup, notre fonction de réaction va se déplacer un peu plus sur l'inflation.
08:23Et c'est pour ça qu'on aura sans doute un biais à la hausse sur les taux
08:26dans l'environnement énergétique,
08:27avec une résilience plus forte qu'attendue sur la croissance,
08:30et peut-être un risque à la hausse sur l'inflation
08:32qui justifie sans doute cette hausse des taux.
08:35La situation en France, quand on regarde hier le PMI des services,
08:39on est toujours en zone de contraction, toujours sous les 50.
08:42Alors, il était moins mauvais qu'anticipé par les économistes.
08:45Néanmoins, quand on fait un petit peu un tableau de la situation en France,
08:48il y a quand même des sujets d'inquiétude d'un point de vue macro.
08:51D'un point de vue macro, on a quand même une structure industrielle qui résiste,
08:56mais c'est vrai qu'on a un environnement politique budgétaire
08:58qui est très anxiogène et qui pèse évidemment sur la confiance des ménages
09:02ou d'autres investisseurs.
09:04Et donc du coup, on se retrouve avec une France qui est quand même plutôt derrière
09:08ce qui se passe en zone euro.
09:09On a eu un 0,2 de croissance, mais c'est un petit 0,2.
09:12On aurait pu avoir 0,1 sur le deuxième trimestre,
09:14alors qu'on a eu un gros 0,2 en Allemagne.
09:16Donc du coup, on voit qu'on a une France qui est quand même plutôt en dessous
09:19des performances qui sont offertes par l'ensemble de la zone euro,
09:23et en particulier par ce qui se passe en Allemagne aujourd'hui.
09:25Des bonnes surprises d'un point de vue macroéconomique,
09:27même s'il ne faut pas sauter au plafond.
09:29Des bonnes surprises d'un point de vue des résultats trimestriels.
09:33Alexandre Baradez, là on est vraiment sur la dernière ligne droite des résultats,
09:37que ce soit pour le S&P 500, mais également pour l'Eurostox 600.
09:40Quand on regarde le S&P 500, 86% des sociétés ont battu les attentes.
09:45On est quand même sur un score exceptionnel, une nouvelle fois.
09:47Oui, alors les bits de 75-80%, c'est assez fréquent aux Etats-Unis,
09:51mais ce qui est vraiment marquant, c'est la croissance des bénéfices.
09:54En variation annuelle, donc T2 l'année dernière par rapport au T2 de cette année,
09:57on est sur plus de 45% de croissance bénéficiaire,
10:00après un premier trimestre, rappelons-le, qui avait déjà été très nettement au-dessus du consensus,
10:04de mémoire à 27-28%.
10:05Donc c'est un deuxième trimestre assez monstrueux d'affilée pour les Etats-Unis.
10:09Mais vous le disiez, l'Europe n'est pas en reste.
10:11C'est vrai qu'on a à la louche, si on prend vraiment l'Eurostox 600,
10:14et qu'on inclut tout ce qui est énergie,
10:15on est de l'ordre quasiment de 20% de croissance bénéficiaire en Europe.
10:18Je crois que c'est la troisième ou quatrième,
10:21il a fait l'attendre 3 ou 4 ans avant de revoir une telle croissance des bénéfices en Europe.
10:24Donc ça justifie, ce qu'on voit, c'est ces records qu'on est sur le DAX,
10:27ces records qu'on est sur le CAC 40, c'est avant tout tiré par ça.
10:30Et puis ce que disait Frédéric, effectivement, il y a une bonne résilience de la macro,
10:33on l'a vu effectivement avec ses surprises au T2 sur la croissance.
10:36On pensait que l'Allemagne, typiquement le pays qui peut être le plus marqué
10:39par la crise de l'énergie, les prix de l'énergie liés à la guerre en Iran,
10:42et bien afficher une bonne macro.
10:43Et ça, je pense que les investisseurs en tiennent compte aussi,
10:45notamment les investisseurs étrangers,
10:46qui voient que la micro tient bien et que la macro tient bien.
10:49Dans un contexte où en plus il y a des réallocations,
10:51probablement on a vendu un peu de tech,
10:52on va chercher un peu à se diversifier, pourquoi pas géographiquement.
10:55Donc c'était la zone euro qui a fait figure de destination des investissements.
11:00D'un point de vue des taux, effectivement,
11:02il y a quand même un sujet taux qu'il va falloir se surveiller toujours.
11:03C'est vrai que ce que vous disiez,
11:05ce que le marché price d'ailleurs, il price à quasiment 80%.
11:08Le fait que la BCE va remonter une seconde fois cette année,
11:11et ces taux en septembre,
11:13il va falloir quand même voir si l'économie européenne peut encaisser tout ça,
11:16parce que les taux, on parle beaucoup des taux américains qui sont élevés,
11:19mais les taux européens quand même,
11:21se sont un petit peu détendus depuis la semaine avec le pétrole qui reflue,
11:24mais on est toujours assez nettement au-dessus des niveaux de taux,
11:27pré-guerre en Iran.
11:28Les niveaux étaient quand même nettement plus bas.
11:29Donc si la BCE monte ses taux,
11:31c'est évidemment pour casser ce sentiment inflationniste
11:33qui peut faire du coup baisser les taux longs.
11:34Mais aujourd'hui, si on arrive à la hausse de taux de la BCE
11:37avec des taux sur le niveau actuel et une hausse de taux de la BCE,
11:39vous avez quand même un renchérissement,
11:42un durcissement des conditions financières.
11:44Et l'économie européenne, oui, elle est résiliente,
11:46mais elle n'est pas galopante.
11:47Donc attention aussi aux risques que ça peut faire peser sur la croissance.
11:50Et c'est pour ça que j'espère que la BCE,
11:52effectivement, si elle fait une hausse de taux,
11:54que ce sera une hausse d'eau vive.
11:55C'est-à-dire qu'elle accompagnera ça d'un message
11:56plutôt rassurant pour la suite,
11:58pour ne pas, effectivement, crisper les acteurs économiques
12:01sur une année qui est quand même, malgré tout,
12:03assez compliquée d'un point de vue de l'environnement géopolitique
12:05et prix de l'énergie.
12:06– Et puis à l'inverse, si elle ne fait pas cette hausse de taux,
12:08ce serait une bonne nouvelle.
12:09Parce que c'est vrai que le marché anticipe,
12:11vous l'avez souligné, une banque centrale plutôt ferme.
12:14Si ce n'est pas le cas, on pourrait avoir un rallye qui se prolonge,
12:17notamment sur la partie actions.
12:18– Oui, moi, c'est vrai qu'on s'était parlé il y a quelques mois
12:22quand on envisageait que la BCE puisse relever les taux.
12:25Et ce qu'on disait, ce qu'on soulignait,
12:26et je pense qu'il ne faut pas perdre de vue,
12:27c'est qu'avant la guerre en Iran,
12:28l'inflation en euros était retombée trois mois d'affilée,
12:31ou à 2%, ou sous les 2%.
12:33Donc ça, c'est important.
12:34Alors que les États-Unis, ce n'est pas le cas depuis plusieurs années.
12:36Donc on est quand même sur un schéma
12:38où l'inflation en euros est majoritairement arrivée
12:40par les effets liés à la guerre en Iran.
12:42Donc si effectivement le détroit d'Ormouz,
12:44cette crise se solde enfin pour de bon,
12:45et que le navire recircule librement,
12:48il n'y a pas de raison que le pétrole ne retombe pas
12:50sur les niveaux quasiment d'avant-guerre.
12:52Donc l'idée de monter 50 points de base les taux
12:54dans ce contexte-là,
12:55il va falloir que la BCE fasse aussi comprendre
12:57qu'elle peut être souple dans l'autre sens aussi.
12:58C'est-à-dire que si l'inflation reflue assez nettement,
13:00qu'elle ait la capacité aussi d'ajuster assez rapidement le tir.
13:02Et moi, j'ai l'impression que c'est un peu ce qu'on aura droit.
13:04J'ai pas l'impression qu'on va remonter les taux
13:06pour les laisser là-haut pendant 12 mois ou 18 mois.
13:08Il est tout à fait possible qu'on y reste quelques trimestres
13:10avant de les réajuster un peu à la baisse,
13:12notamment si tous les effets inflationnistes et l'énergie se dissipent.
13:15Bon, la prochaine réunion, c'est le 10 septembre.
13:17On aura largement l'occasion de reparler de tous ces sujets d'ici là.
13:20En tout cas, ce matin encore, en ce jeudi 6 août,
13:23le marché anticipe à 84%,
13:25une hausse de taux de 25 points de base.
13:27Dernière question pour rebondir quand même
13:28sur ces résultats d'entreprise,
13:30parce que c'est vraiment le temps fort de la semaine, du mois.
13:33Frédéric Prêté, comment vous regardez ces résultats
13:35à travers votre prisme d'économiste ?
13:38Quels sont les messages que vous arrivez à apercevoir
13:40de ces entreprises ?
13:41Comme le disait Alexandre,
13:43c'est quand même des résultats qui battent le consensus
13:46et un consensus qui avait lui-même été révisé à la hausse.
13:49Donc, ce n'est pas un consensus qui était bas dès le départ.
13:51Donc, c'est quand même des très bons résultats.
13:53Et nous, d'un point de vue macro,
13:54on prend ces informations microéconomiques
13:56et ça vient un peu confirmer les messages,
13:59les dynamiques macro qu'on voit,
14:00surtout qu'on voit qu'on a des résultats
14:02qui sont bons dans beaucoup de secteurs.
14:04Ce n'est pas juste un secteur,
14:05la défense ou l'infrastructure,
14:07c'est beaucoup de secteurs
14:07qui montrent une résilience quand même assez forte
14:09et qui nous encouragent à me dire
14:10qu'il y a une dynamique qui peut se poursuivre.
14:12Mais là, on parle de grandes sociétés,
14:14souvent dans des indices multinationales
14:17qui sont bien positionnées,
14:18qui sont agiles, etc.
14:19Est-ce que quand on descend un petit peu
14:20dans le tissu économique,
14:21on fait ce même constat
14:22ou non, c'est plus compliqué
14:23pour par exemple des PME, des ETI ?
14:26C'est peut-être un peu plus compliqué.
14:28C'est vrai, on est quand même un peu biaisé
14:30par un CAC 40 qui est quand même très international.
14:32Et donc, c'est quand même un peu plus compliqué.
14:33Mais quand on regarde un petit peu,
14:35en tout cas, c'est encourageant
14:35de voir que le tissu des grosses entreprises tient
14:37parce que c'est aussi important
14:39pour les petites et moyennes entreprises
14:40qui s'adossent à ces grandes entreprises.
14:42Donc, c'est quand même plutôt encourageant aussi.
14:44Merci à tous les deux
14:45de nous avoir accompagnés ce matin
14:46dans ce Club de la Bourse.
14:46Frédéric Prêté, donc économie
14:48chez Market 360, BNP Paribas, CAB.
14:50Et Alexandre Baradet, chef analyste d'IG.
14:52Merci à tous les deux.
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