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  • il y a 1 jour
Pascal Daloz, PDG de Dassault Systèmes, était l'invité de Sandra Gandoin dans French Tech, ce jeudi 23 juillet. Il s'est penché sur les résultats du 2e trimestre de son entreprise de conception de logiciels et sur l'acquisition de l'éditeur ArisGlobal, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Je vous l'ai dit ce matin, il y a beaucoup de résultats. Bonjour Pascal Dalloz, directeur général de Dassault
00:05Systèmes, avec nous éditeur de logiciels de conception, de modélisation.
00:09Vous présentez aujourd'hui les résultats du deuxième trimestre avec un chiffre d'affaires total en croissance de 4%.
00:16Les marchés ont l'air d'apprécier, plus 1% en préouverture en bourse ce matin. Expliquez-nous ces résultats,
00:23par quoi ça a été porté cette augmentation ?
00:25C'est des résultats solides, vous l'avez signifié. Il s'est porté par la bascule du mouvement vers l
00:32'abonnement.
00:33Comme vous savez, tous les éditeurs de logiciels progressivement vont vers des modèles d'abonnement du logiciel.
00:37Et ce trimestre-là, notre croissance des abonnements est de plus 8%.
00:42Plus 8%, effectivement, croissance aussi de 14% du chiffre d'affaires logiciels 3D, expérience et cloud, soutenus par les
00:51industries manufacturières.
00:52Exactement. Ça peut paraître une surprise, mais c'est résilient. Ce sont des industries qui, de toute façon, ont besoin
01:00d'investir pour se transformer.
01:03Et la plateforme 3D expérience est la fondation pour accélérer ces transformations.
01:09Les prévisions pour la suite de l'année ? On est à la moitié de l'année 2026. Vous espérez
01:16quoi pour la fin de l'année ?
01:17Nous confirmons nos objectifs tels qu'ils avaient été énoncés, c'est-à-dire une croissance entre 4 et 6%.
01:24On va évidemment parler aussi de cette confirmation.
01:28Vous l'avez confirmé ce matin, l'acquisition d'Aris Global, qui travaille dans les sciences de la vie.
01:35Expliquez-nous déjà ce que fait cette plateforme, cette société.
01:40Cette plateforme, vous savez, quand vous mettez un médicament sur le marché, vous avez des obligations réglementaires et de sécurité
01:47de suivre tous les effets averses qui ont pu être répertoriés dans le monde suite à la prise de ce
01:53médicament.
01:54Donc cette société, ce qu'elle fait, elle donne la possibilité aux agences de santé et aux industriels de la
01:59pharma et de la biotech
02:00et des équipements médicaux de suivre tous ces effets averses.
02:04C'est important. C'est important pourquoi ? Parce que vous ne le savez peut-être pas, mais la troisième
02:09cause de mortalité au monde, c'est l'erreur médicale.
02:12Donc plus on peut capitaliser ces informations et les faire remonter dans le cycle d'innovation, plus on peut anticiper
02:19tous ces effets averses.
02:20Et c'est ce que fait Aris Global.
02:22Est-ce que vous allez leur rapporter, vous ? Vous allez nous le dire, Aris Global dit que les organisations
02:30des sciences de la vie fonctionnent avec des systèmes fragmentés
02:33et des environnements de santé déconnectés. Et c'est là que vous allez intervenir.
02:38Exactement. Et vous l'avez justement, très justement dit, l'IA joue un reclet dans cette industrie-là.
02:43Oui.
02:43Parce que ce sont des processus qui sont expérimentaux et donc la donnée collectée est au cœur.
02:48Or, aujourd'hui, la donnée, elle est dans les systèmes de recherche, la donnée scientifique, dans les systèmes cliniques, le
02:55test,
02:55ou dans les systèmes réglementaires, typiquement Aris Global, et également dans les systèmes de production.
03:01Notre plateforme, elle est en train d'unifier tout ça avec un système d'IA et qui permet, globalement, quand
03:08il y a un problème de qualité,
03:09de comprendre si ça vient de la formulation, si ça vient d'une déficience sur la production.
03:14Donc ça permet d'avoir cette unification au sein de l'entreprise.
03:18On parle d'un montant, donc, d'1,8 milliard, c'est ça ?
03:22Oui, 2 dollars.
03:222 dollars, évidemment. Les sciences de la vie, c'est un relais de croissance intéressant pour vous, dans ce système
03:27?
03:28Ça l'est. Pour une raison très simple, vous savez, cette industrie a un vrai paradoxe.
03:33C'est celle qui dépense le plus en recherche et développement.
03:35Oui.
03:37Et le coût moyen du développement d'une molécule, c'est 2 milliards de dollars.
03:42Et il faut que vous ayez en tête qu'une molécule sur 10 arrive sur le marché.
03:47Donc, ils dépensent beaucoup et finalement, le résultat peut paraître un peu décevant.
03:53La raison, elle est très simple.
03:54C'est que c'est une industrie qui ne fait que de l'expérimentation physique.
03:58On teste sur l'homme.
04:00On a des machines dans les laboratoires qui font toutes les combinaisons possibles sur les molécules.
04:05Ce que l'on propose, c'est de remplacer ce test physique par le test virtuel.
04:09Ça permet de raccourcir le cycle, ça permet d'abaisser le coût
04:12et ça permet d'être, en gros, de faire toutes les validations dans le monde virtuel avant de le faire
04:16dans le monde physique.
04:17Gagner du temps et de l'argent absolument essentiel dans la santé, effectivement.
04:21Je voudrais qu'on parle très, très vite de la stratégie numérique européenne en pleine construction.
04:25Qu'est-ce qu'il nous faut aujourd'hui, vous qui avez un regard global, évidemment, sur ce secteur
04:31pour rivaliser à armes égales avec nos concurrents internationaux ?
04:34Qu'est-ce qui pourrait nous donner l'avantage ?
04:36L'IA, justement, c'est ça, nous faire avancer ?
04:38L'IA est un des axes, mais il y a une spécificité en Europe.
04:43Ce n'est pas un hasard si la plus grande société de RP au monde, elle est européenne.
04:47Si la plus grande société de logiciels industriels est européenne, la sous-système.
04:53C'est quoi notre spécificité ?
04:54C'est le croisement entre les métiers de l'industrie et la technologie.
04:59Et c'est là où on fait la différence.
05:01Les grands blocs, qu'ils soient chinois ou américains,
05:04ils sont très forts pour faire des technologies horizontales qui servent les marchés grand public.
05:09Nous, on a la possibilité de se différencier et on a l'écosystème aujourd'hui pour le faire.
05:14C'est là, à mon avis, où l'Europe doit se focaliser.
05:18On dit beaucoup dans le monde du travail que l'intelligence artificielle est une menace.
05:24Vous, avec votre type d'activité, est-ce que ça constitue une menace ou pas réellement, finalement ?
05:29Parce que dans le logiciel, on pourrait se dire que c'est un des premiers secteurs touchés,
05:33mais en fait, pas tant que ça.
05:35Regardez, donnez-moi un pays où on ne dit pas qu'on manque d'ingénieurs.
05:39Dans tous les pays.
05:41Donc pour nous, l'IA, c'est une façon d'augmenter l'ingénieur,
05:45d'avoir plus de capacités à inventer, produire, certifier.
05:50C'est ça que permet de faire l'IA.
05:52Vous savez, les métiers évoluent,
05:54mais au fond, la connaissance et les savoir-faire industriels, ils restent.
05:58Un bon exemple de ça, c'est regarder l'automobile.
06:01Et Renault est un bon cas de cela.
06:04Difficulté sur un marché historique,
06:06repositionnement dans le marché des drones civils.
06:09Pourquoi ?
06:10Parce que Renault sait produire des objets à grande échelle,
06:14d'une certaine complexité et dans des métiers réglementés.
06:17Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
06:18Ils ont utilisé toute cette connaissance-là pour la mettre au service d'autre chose.
06:22Donc encore une fois, les métiers évoluent,
06:23mais les savoir-faire industriels, ils restent.
06:26Et c'est ça le cœur de métier de nos clients.
06:29J'ai vu 41% de vos investissements chez Dassault Systèmes
06:32aller en recherche et développement.
06:34Vous travaillez sur quoi, par exemple, pour le futur ?
06:37On travaille sur aider à comprendre les nouvelles molécules
06:42dans le domaine alimentaire, par exemple.
06:44Un bel exemple, on travaille avec la société Bell,
06:47que vous connaissez tous, les fromageries Bell, le Baby Bell.
06:50Cette entreprise a entrepris depuis bientôt plusieurs années
06:53un grand programme scientifique pour substituer la protéine animale
06:57par de la protéine végétale.
06:59C'est facile à dire, c'est assez compliqué à faire,
07:01parce qu'à la fin, il faut que la texture du Baby Bell soit le même,
07:05son goût soit le même,
07:06que ça obéisse à des règlements sur la toxicité.
07:12Donc comment on fait ?
07:13On prend tous ces savoirs qui ont été accumulés,
07:15on les a virtualisés,
07:17on les met dans des modeleurs et dans des machines d'IA
07:19qui regardent automatiquement toutes les combinaisons possibles
07:22sur les protéines végétales,
07:24afin de reproduire le plus possible
07:26tout ce que je viens de vous dire.
07:27Voilà un exemple concret d'un nouveau secteur,
07:31un nouveau domaine pour Dassault Systèmes.
07:32Merci beaucoup Pascal Dalloz d'être venu nous voir ce matin,
07:35directeur général de Dassault Systèmes.
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