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  • il y a 6 minutes
Ce vendredi 24 juillet, la décision de la BCE de maintenir ses taux inchangés face aux incertitudes énergétiques et géopolitiques, a été débattue par Étienne Bracq et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Etienne Braque, face à Emmanuel Lechypre, et effectivement l'ABCE a laissé ses taux inchangés lors de sa réunion hier,
00:07est-ce qu'elle a bien fait Emmanuel Lechypre ?
00:09Elle a surtout rien appris, c'est ça qui est quand même assez désespérant.
00:13Déjà il n'y aurait pas dû avoir de dernière hausse des taux, donc non, l'ABCE, son action, elle
00:18est quand même assez inquiétante.
00:20Rappelez-vous, en 2022, elle nous avait dit, oh lolo, attention, problématique d'approvisionnement, choc pétrolier.
00:30Elle nous avait dit au départ, attention, l'inflation elle est transitoire.
00:34Et puis elle a fait la plus forte hausse des taux de toute son histoire, elle a cassé la croissance,
00:38elle n'a rien compris parce qu'elle anticipait une boucle prix-salaire.
00:43En fait ce qu'on a vu c'était surtout une boucle prix-profit, et puis l'inflation est repartie
00:49comme elle était venue.
00:49L'action de l'ABCE dit, il n'y a rien changé.
00:52Alors elle avait des excuses, parce que, rappelez-vous, à l'époque, 2022, personne dans les milieux économiques,
00:58et quand je dis personne, c'est-à-dire les banquiers centraux, les gens sur les marchés, les dirigeants politiques,
01:03ne savaient plus ce que c'était que l'inflation.
01:05Donc même les consommateurs ne savaient plus ce que c'était.
01:07Donc on s'est retrouvés, ah là là, on n'a pas connu ça depuis les années 70, qu'est
01:10-ce qu'on fait ?
01:11Donc on ressort le vieux même logiciel, hausse des taux, inflation, etc.
01:15Bon, on s'est rendu compte que ça n'était plus le cas.
01:17Et là, moi, ce qui me sidère aujourd'hui, c'est même pas tellement le fait qu'elle ait bougé
01:21ou pas bougé,
01:21c'est le discours qu'il y a derrière, où il y a tension au septembre, l'inflation, etc.
01:25Mais non, pas plus demain qu'en 2022.
01:29Donc il faut rappeler qu'un choc pétrolier, c'est une ponction sur la croissance économique,
01:34c'est comme une taxe supplémentaire.
01:36Donc le risque, ce n'est pas l'inflation, le risque, c'est la croissance.
01:39Donc c'est de ça que devrait se préoccuper la BCE,
01:43que Montéléto ne produira pas une goutte de pétrole supplémentaire.
01:47Et je rappelle que la hausse des prix du pétrole, elle n'est pas liée à une surchauffe de la
01:52demande
01:53et aux difficultés de produire du pétrole.
01:55Elle est liée à l'interruption des livraisons de pétrole.
01:57Et ça, ce n'est pas du tout la même chose.
01:59Le contexte économique, enfin, c'est quoi ?
02:01C'est que l'activité européenne est quand même très faible,
02:04et que de toute façon, il peut y avoir une hausse des taux,
02:06ça met toujours très longtemps à se diffuser.
02:08Donc, encore une fois, moi, je suis très inquiet que la BCE n'ait rien appris des cinq dernières années.
02:12Etienne Braque.
02:13Qu'on soit bien d'accord, je ne pense pas qu'il faut remonter les taux.
02:16Mais il ne faut pas surestimer l'impact de la BCE, loin de là.
02:19Certes, elle a remonté ses taux au mois de juin,
02:21mais la BCE, on essaye de la mettre un petit peu sur un totem.
02:24Ce n'est pas le bouc émissaire.
02:25Aujourd'hui, le problème des investisseurs, des entreprises, des ménages, c'est la confiance.
02:29Demain, vous pouvez relever les taux de 25 points de base ou pas.
02:31Ce n'est pas ça qui va changer la confiance, loin de là.
02:34Imaginons, demain, les taux sont à 1,75.
02:36Ils sont à 2,25 aujourd'hui.
02:37Ça ne va pas donner plus de visibilité sur le conflit au Moyen-Orient,
02:40sur la politique en France avec la présidentielle l'année prochaine
02:42ou encore sur les problèmes de compétitivité.
02:45En clair, il ne faut pas tout attendre de la BCE, loin de là.
02:47Ce n'est pas la condition sine qua non.
02:49Emmanuel en parle souvent.
02:50Aujourd'hui, c'est quoi le problème en Europe ?
02:52Les réformes structurelles.
02:53Si demain, les taux sont plus bas,
02:55est-ce que ça va inciter la France à se bouger sur les problèmes budgétaires ?
02:58Non, pas du tout.
02:59Au contraire, la politique industrielle, ça n'a rien à voir avec la BCE.
03:02Le manque de visibilité, c'est sur la réglementation,
03:06notamment sur le secteur automobile.
03:07Vous voyez bien en ce moment tout ce qui se passe.
03:09En clair, aujourd'hui, en France, que ce soit les ménages, les entreprises
03:13et même Bercy, d'une certaine façon, payent les erreurs de nos politiques,
03:18les politiques de ces dernières années, mais pas les politiques monétaires.
03:21Emmanuel Lechy, vous avez fait de la BCE un bouc émissaire.
03:24Non, je n'ai pas fait de la BCE un bouc émissaire.
03:26Simplement, j'entends très bien ce que dit Étienne et il a raison,
03:28la BCE, ce n'est pas elle qui détient toutes les clés de l'activité et de la croissance.
03:33Mais si au moins, parmi la liste de tous les problèmes qu'a cité Étienne,
03:37la BCE pouvait ne pas être un problème supplémentaire,
03:41ce serait quand même quelque chose d'assez appréciable.
03:45Et encore une fois, envoyer le signal,
03:47et c'est là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec Étienne,
03:51la confiance.
03:51Si la confiance, elle dépend en partie du discours de la BCE
03:55et du niveau des taux d'intérêt.
03:56C'est-à-dire que si la BCE envoyait aujourd'hui un signal plutôt pro-activité
04:01en disant qu'on soutient la croissance
04:03plutôt qu'on se méfie d'une inflation imaginaire,
04:06je pense que ça aurait un impact quand même à la marche positive
04:09sur les entreprises et sur les consommateurs.
04:12Mais elle a besoin d'ancrer les inflations.
04:14Elle a besoin de dire qu'elle est là.
04:15D'ailleurs, la hausse du mois de juin, c'était quand même une hausse de communication.
04:18Et par rapport à ces phénomènes de baisse de taux,
04:21on lui a longtemps reproché sur la période 2015-2022
04:26que les taux étaient à zéro.
04:27Il y a quand même eu des effets pervers,
04:28notamment sur la politique budgétaire,
04:30sur des bulles, notamment sur certains secteurs dans l'immobilier.
04:34Et puis surtout, n'oublions pas qu'on est dans un monde
04:36qui est totalement globalisé.
04:38Le bon exemple en ce moment, c'est le Japon.
04:40Vous voyez bien qu'en ce moment,
04:41ce qui fait bouger le Yen et les taux japonais,
04:43ce n'est pas du tout la décision de la Boj,
04:45c'est la Fed.
04:46Et ça, depuis plusieurs semaines, on en parle maintenant,
04:48c'est la fin de l'ère Powell,
04:49maintenant c'est Kevin Warch.
04:50Et au final, l'euro, les taux en Europe,
04:53ils dépendent aussi de Kevin Warch
04:54qui va parler la semaine prochaine,
04:55mais aussi du mois de septembre.
04:56Donc en fait, la BCE, elle ne peut pas dire
04:57qu'on va avoir une politique hyper accommodante
04:59parce qu'à la fin, l'effet immédiat
05:01sur le marché obligataire et in fine
05:03sur la production de crédit,
05:04ne serait pas aussi forte qu'escompté.
05:06Un monde de plus en plus complexe à lire.
05:08Merci messieurs, ça fera l'objet d'un autre débat,
05:11ce que vous alliez dire, Emmanuel Lechypre.
05:12Merci.
05:12Merci.
05:13Merci.
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