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00:06On a une forte baisse assez généralisée, c'était en début de semaine notamment, des marchés,
00:10et qui, cette baisse, a aussi emporté certaines valeurs renouvelables.
00:15Et ce qui a des leçons à tirer du début de semaine qu'a vécu le secteur des énergies renouvelables,
00:20entraîné par la baisse des marchés, alors que quand même, les perspectives sont triomphales pour les énergies renouvelables.
00:26Boris Maltaque nous rejoint pour en parler, pour Montpensier Arbevel.
00:29Bonjour Boris, bienvenue.
00:30Bonjour Guillaume.
00:30Le marché a-t-il envoyé en début de semaine une alerte sur les renouvelables ?
00:33Oui, alors effectivement, c'est en stretch à UT.
00:36Alors il y a eu la thématique de l'intelligence artificielle qui a été mise à mal avec ce questionnement
00:42éternel des dépenses en infrastructure.
00:44Il y a eu aussi des PMI décevants en Europe, il faut le rappeler, et puis un discours plus dur
00:48de la Fed.
00:49Et là, il y a vraiment deux symptômes, deux impacts différents, mais qui montrent vraiment les orientations de la dynamique.
00:56L'Europe, d'un côté, qui reste stable sur la période, les renouvelables européens sont stables mardi.
01:03Et après, il y a bien sûr les États-Unis qui, eux, ont été impactés par leur corrélation prononcée à
01:09l'intelligence artificielle et au secteur de la technologie de manière plus générale.
01:13Donc est-ce inquiétant pour autant ? Je pense que non.
01:16Déjà, comme vous le mentionnez, les trackers, les ETF éoliens, solaires et même les indices généralistes sont en hausse de
01:22plus de 25 à 30 %.
01:24Et parallèlement, surtout, la thématique est vraiment au cœur des enjeux actuels.
01:28Oui, mais on a un regain des tensions géopolitiques.
01:32L'Ukraine, qui a fait monter les cours du gaz il y a quatre ans maintenant, le temps passe.
01:36L'Iran, bien sûr, avec les cours du pétrole, même si ça s'est assagi, les cours ont rechuté depuis
01:40deux semaines, deux, trois semaines.
01:41Mais est-ce que tout cela ne réveille pas à nouveau les vieux démons, à savoir des énergies fossiles qui
01:46restent quand même relativement souvent encore compétitives ?
01:49Oui, alors il y a beaucoup de choses qui ont changé en quatre ans.
01:52C'est vrai qu'on se rappelle tous de ce scénario de 2022 avec l'entrée de la Russie en
01:57Ukraine,
01:57qui a amené une hausse des taux et puis surtout l'annulation de beaucoup d'initiatives climatiques.
02:03Il faut rappeler quand même que l'Allemagne a rallumé ses centrales à gaz et ses centrales à charbon.
02:08Une fois qu'on a dit ça, effectivement, on est rentré dans le même schéma, à savoir le conflit iranien
02:14commence et les taux montent.
02:16Finalement, la thématique ne bouge pas.
02:18En fait, il y a deux éléments.
02:19C'est que déjà, les investissements verts ont payé, puisqu'il y en a eu.
02:22Et parallèlement à ça, le narratif est totalement différent.
02:26La perception de la thématique est vue comme une solution d'indépendance énergétique, de souveraineté.
02:33Oui, et vous parlez de résilience.
02:35Les énergies renouvelables apportent de la résilience.
02:37Là-dessus, vous avez un exemple européen à nous apporter pour convaincre ceux qui ne seraient pas encore complètement convaincus.
02:44La pérennité de la thématique, bien sûr, pour un investisseur, on comprend que si, mais la pérennité même du modèle.
02:50Il y a eu une énorme panne électrique il y a quelques années en Espagne, par exemple.
02:54On a incriminé là-dessus le solaire, ça a créé des déséquilibres.
02:57Vous avez un exemple inverse à nous apporter, de résilience, cette fois, lui aussi, en provenant d'Espagne.
03:03Oui, effectivement, l'Espagne, c'est le pays qui a un mix le plus orienté vers les renouvelables.
03:08Et c'est le pays où, de la même façon qu'en 2022, les prix de l'électricité ont explosé,
03:14bien là, ils sont restés totalement stables au moment de l'explosion du prix du baril et du prix du
03:19gaz.
03:19Et puis, il ne faut pas oublier qu'après examen des choses du côté de l'Espagne,
03:23c'était plus un problème de gestion du flux de cette énergie solaire très, très abondante
03:27que de l'efficacité de l'énergie solaire qui, naturellement, était très, très fort à ce niveau-là.
03:33Si on revient du côté des États-Unis, on voit que Donald Trump, sans doute le président le plus hostile
03:38aux énergies renouvelables qui soient, maintenant, il n'est pas fou non plus.
03:41Il constate que ça marche bien, le solaire, du côté du Texas.
03:44Il constate qu'il y a certaines choses qui vont bien, c'est juste les éoliennes qui lui mettent des
03:48boutons.
03:48Mais est-ce qu'il y a aussi un cadre réglementaire qui gêne le développement à grande échelle du côté
03:52des États-Unis ?
03:53Oui, alors, le cadre réglementaire, il a été partiellement défini mi-2025.
03:59C'est ce qui a d'ailleurs entraîné un rebond de la thématique, parce que, en fait, la thématique,
04:04les acteurs avaient enfin une visibilité, peut-être moindre, parce que les crédits d'impôt allaient être arrêtés
04:09au fur et à mesure des années. Mais surtout, il y a la réalité du terrain.
04:13Il y a la demande qui est en pleine explosion. Et j'en veux pour preuve les data centers.
04:18Donc, les data centers, c'est la moitié de la hausse de la demande électrique dans les prochaines années.
04:25Et là, il y a plein de sujets. Donc, remettons un peu dans le contexte.
04:30Ça sera à peu près 10 % de la demande en 2030, entre 10 et 17 %.
04:34Il faut savoir qu'un data center, les plus énergivores, sont maintenant, consomment l'équivalent d'un réacteur nucléaire.
04:41Et donc, ce 10 à 17 %, prenant une hypothèse conservatrice,
04:4710 %, c'est la consommation de la France.
04:49Oui, c'est évident. Mais il y a quelque chose d'encourageant, finalement, sur ce secteur.
04:54Parce qu'on a beau avoir une administration qui est hostile ouvertement aux éoliennes
05:00et aux considérations en termes d'énergie verte,
05:03qui, en plus, encourage à qui mieux mieux les nouveaux forages pétroliers,
05:08le gaz et les énergies réputées polluantes.
05:12Mais bon, nécessité fait loi.
05:13Les énergies renouvelables continuent à progresser, même avec ce cadre qui n'est quand même pas génial.
05:18Oui, absolument. Devant cette demande, il n'y a pas 40 solutions.
05:21Il faut de l'énergie, d'électricité, tout de suite, et pas cher.
05:24Et en fait, avec tous ces investissements qui ont été menés, notamment pendant l'ère Biden,
05:29en fait, le solaire est maintenant compétitif.
05:31D'autant plus que maintenant, il est complété avec le stockage,
05:34dont je le rappelle, le prix a été divisé par 7 sur les dernières années.
05:37Et donc, maintenant, on vient vraiment, sur les plates-bandes du pétrole et du gaz,
05:42on vient pallier à l'intermittence qu'on avait avant sur le solaire.
05:45Et donc là, l'offre n'arrive pas à suivre la demande.
05:50Il faut quand même rappeler qu'aux États-Unis, la moitié des États, d'ici 2030,
05:54va faire face à un risque de pénurie d'électricité.
05:57Et donc, ça, c'est une aubaine pour toute la thématique.
06:00Les gestionnaires de réseau, le stockage, le solaire.
06:03Oui, et effectivement, le solaire, l'éolien, comme instrument de lutte contre l'inflation,
06:07parce que sinon, le prix de l'électricité va encore plus progresser
06:09si on ne produit pas davantage d'électricité.
06:10Au-delà de l'Europe et des États-Unis, dont on vient de parler,
06:13la thématique avance-t-elle au même rythme ?
06:14Air puissant, rythme accéléré, dans le reste du monde, ou c'est plus long ?
06:18Alors, c'est une année assez marquante, 2025.
06:21Déjà, en Chine et en Inde, la production d'électricité à partir d'énergies fossiles a reculé.
06:26C'est une première. Et également, on a passé un vrai cap,
06:29dans le sens où la production d'énergie d'électricité bas carbone
06:34est supérieure à la production d'électricité sur le combustible fossile.
06:40Et le solaire, lui, à lui seul, va couvrir trois quarts de la hausse de la demande.
06:45Et retenez un chiffre, c'est 2032.
06:46En 2032, le solaire va être la première source d'électricité de production.
06:51Et si on prend un peu de recul,
06:54en 30 ans, le solaire est passé d'un état quasiment négligeable
06:58à un statut de leader.
07:01Et ça a comparé à 80 ans pour le pétrole avec l'arrivée de l'automobile,
07:0670 pour le gaz et toute la révolution industrielle.
07:09Et donc, boursièrement parlant, est-ce que tout ça est dans les cours ?
07:12Parce que vous disiez, il y a quand même un beau parcours, là, depuis le début de l'année,
07:15sur les énergies renouvelables.
07:16Est-ce que ce potentiel va encore progresser ?
07:19Et si oui ou sinon, peu importe, sur quels acteurs vous le voyez le plus à même de s'accroître,
07:25le potentiel de hausse ?
07:26Oui, alors on a trois moteurs structurels qui sont vraiment imbriqués les uns dans les autres.
07:30On a ce super cycle de la demande d'électricité.
07:32On a l'intelligence artificielle qui vient booster d'autant plus cette demande.
07:36Et derrière, on a vraiment cet enjeu de souveraineté et d'indépendance énergétique.
07:39Donc revenons aux valorisations.
07:41Effectivement, on a vu une expansion de multiples, mais sur des niveaux assez bas.
07:45On se retrouve à peu près au par avec les indices mondiaux.
07:49En revanche, on a des croissances bénéficiaires qui sont 50% supérieures
07:52à ce qu'on peut avoir sur l'indice stocks 1800, par exemple.
07:57Il faut garder en tête qu'en Europe, la croissance bénéficiaire à venir
08:01est au plus haut depuis 20 ans sur les renouvelables.
08:03Donc maintenant, que jouer ?
08:04On reprend un peu toutes les thématiques et on déroule la liste.
08:08Donc on a bien sûr le solaire américain, on a la fabrication de batteries,
08:13et notamment en Chine.
08:14Et puis on a aussi bien sûr toute la production d'énergie renouvelable,
08:17et là, notamment en Europe.
08:19Voilà, c'est quelques piliers des énergies renouvelables
08:21dans lesquels vous croyez toujours dur comme fer.
08:23Boris Malta, qui est ses experts chez Montpensier-Beuvel.
08:25Merci beaucoup, Boris.
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