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  • il y a 13 heures
Ce vendredi 26 juin, un point sur les titres Rheinmetall et KNDS a été fait par Damien Dierickx, gérant chez Exane AM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00À 9h09, comme premier, on va parler de ce segment de la Défense avec Damien Dierix.
00:05Bonjour Damien.
00:05Bonjour Étienne.
00:06Vous êtes gérant chez Exxon Asset Management.
00:09Oui, on va parler de ce segment de la Défense qui, une nouvelle fois, a fait l'actualité cette semaine
00:12avec quand même Rheinmetall qui s'est effondré d'une façon spectaculaire cette semaine.
00:17C'était mercredi.
00:18Le titre a perdu près de 18%, moins 50% quand même en l'espace de 12 mois.
00:23Tout le monde voulait du segment de la Défense il y a encore quelques mois de cela
00:26et aujourd'hui, ce n'est plus du tout la même chanson
00:28parce qu'en fait, le contrat qui a été perdu par Rheinmetall
00:33montre qu'in fine, un carnet de commandes, c'est mouvant.
00:36Alors en fait, pour moi, c'est un drame en trois actes.
00:39Premier acte, la guerre en Iran.
00:42Et effectivement, un secteur qui boum à l'ouverture des marchés
00:47qui suit ce week-end d'entrée en guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran.
00:53Là, les marchés, comme d'habitude, j'allais dire de façon assez logique,
00:57achète de la défense et s'inquiète du reste.
01:01Et puis ensuite, vient la réflexion à se dire, bon,
01:04guerre en Iran égale risque de récession, risque d'inflation,
01:08forte hausse des prix de l'énergie.
01:10Qui paye pour tout ça ?
01:11En fait, les États vont devoir soutenir leurs économies.
01:15Les États, notamment en Europe, sont quand même déjà,
01:18et un de vos intervenants précédents l'a dit,
01:21on est déjà à des limites d'endettement importantes.
01:24Et donc, la question qui se pose, c'est est-ce qu'il va devoir y avoir des arbitrages
01:27entre des engagements qui ont été pris, notamment dans la défense,
01:32et devoir soutenir l'économie à court terme ?
01:34Donc, il y a déjà un stress qui se passe, et ce secteur glisse.
01:38Deuxième acte, qui est un peu plus récent, c'est le M.O.D.,
01:41donc le ministère de la Défense britannique,
01:45chez qui, en fait, son ministre démissionne.
01:47Il y a tout l'imbroglio politique en Grande-Bretagne qui joue,
01:51mais il démissionne en disant,
01:53j'ai pas les moyens, et on va pas me donner les moyens,
01:55de faire ce que j'ai dit que j'allais faire
01:57pour le budget de la Défense britannique.
01:59Donc là aussi, une fois de plus, le stress monte sur les capacités des États
02:04à suivre sur les budgets.
02:06Et troisième acte, effectivement, cette semaine,
02:09avec l'annonce de cette frégate F-126,
02:13la fameuse frégate F-126,
02:14qui est abandonnée par le gouvernement allemand.
02:18Mais en fait, les choses sont beaucoup plus compliquées que ça.
02:20Eux, ils parlent de retard considérable.
02:22En fait, le sujet, c'est le suivant,
02:23c'est que cette frégate F-126 a été attribuée en 2020,
02:27il y a six ans, à Damens,
02:28c'est un chantier naval néerlandais
02:31qui s'est engagé à construire ces quatre frégates plus deux ensuite,
02:34qui ont été ajoutées ensuite,
02:36pour 12 milliards d'euros.
02:37Le problème, c'est que cette frégate est très en retard,
02:40c'est-à-dire que Damens a déjà annoncé
02:41qu'il ne pourrait pas les livrer à la date prévue aux Allemands,
02:46d'une part,
02:47mais surtout que ça allait coûter beaucoup plus cher,
02:48c'est-à-dire qu'il réclamait déjà 2 milliards de plus
02:50pour faire ces frégates.
02:52Donc le gouvernement allemand s'est retrouvé face à un dilemme
02:55qui était « je ne vais pas avoir mes capacités »
02:58qui sont des capacités demandées par l'OTAN,
03:00à la date prévue.
03:02Donc j'ai deux solutions,
03:03soit je trouve quelqu'un d'autre pour les faire,
03:05et ils ont demandé effectivement à Rheinmetall
03:07s'ils pouvaient reprendre ce chantier
03:10et s'engager à faire cette frégate,
03:14ou j'annule cette commande et je fais autre chose.
03:17Et en fait, ils ont décidé,
03:19un peu rapidement,
03:20c'est-à-dire que personne ne s'y attendait vraiment,
03:23les gens de chez Rheinmetall étaient surpris,
03:25c'est ça l'histoire,
03:27à ne pas faire cette frégate
03:29et aller chercher vers quelque chose de sûr et certain
03:32qu'on appelle des MECO,
03:33qui sont des navires qui sont fabriqués par TKMS,
03:38ThyssenKrupp, Marine,
03:40et qui sait les faire depuis longtemps
03:42et qui en sort déjà de ses chantiers.
03:44Et ça coûte moins cher, en plus.
03:45Ça coûte la même chose,
03:47c'est-à-dire que le budget qui avait été alloué
03:50à l'AF-126 n'est pas détruit,
03:52il est réalloué vers une autre frégate,
03:55enfin ce n'est pas une frégate,
03:56mais vers un autre navire
03:58qui va être, lui, arrivé en temps et en heure.
04:01Et donc le choix du gouvernement allemand,
04:03c'est un, ne pas surdépenser,
04:05et deux, d'être en capacité
04:07comme ils l'ont promis.
04:08Donc au final, si j'étais un taxpayer allemand,
04:12je serais content
04:12puisqu'on n'a pas de surcoût
04:15et ils prennent des décisions assez logiques.
04:18La surprise vient donc de Rheinmetall
04:20qui pensait avoir ce contrat,
04:21donc je le rappelle de 12 milliards.
04:23En fait, la réalité,
04:24c'est que Rheinmetall avait dit
04:25que pour eux prendre ce contrat,
04:27puisqu'il y a des risques attachés,
04:28c'est un nouvel objet,
04:30il n'a jamais été créé,
04:31il faut le développer, etc.
04:33Ça coûte de l'argent,
04:34et c'est des risques.
04:35Et donc, eux, ils ont dit,
04:36nous, on est prêts à le faire,
04:37mais plutôt pour 15.
04:38Et donc, voilà, le dilemme était là,
04:41il fallait des surcoûts,
04:42des surcoûts et un risque d'allongement,
04:45de réception de ce navire,
04:47ils n'ont préféré pas le faire.
04:48Le choc pour Rheinmetall,
04:50finalement, les 12 milliards d'euros
04:52de commandes,
04:53c'est quelque chose qui aurait commencé
04:54à générer du chiffre d'affaires
04:56en 2030.
04:57Bon, donc, est-ce que...
05:00Alors, 12 milliards,
05:01imaginons qu'on prend 10% de marge
05:03sur son contrat,
05:041,2 milliard,
05:051,2 milliard réparti entre 2030 et 2035,
05:08puisque c'est le temps
05:09pour réaliser ces six frégates.
05:12Est-ce que le cours de bourse,
05:13lui, décroche de,
05:15on a dit quasiment 20%,
05:1620%, c'est quasiment 10 milliards d'euros
05:19qui sont partis en fumée
05:20de capitalisation boursière
05:22de la société.
05:23On voit bien que c'est un problème
05:25de confiance.
05:26Voilà, d'autant plus qu'il y aura
05:28un nouvel acteur
05:30à partir de l'été prochain,
05:32normalement,
05:33ça sera KNDS,
05:34puisque là aussi,
05:34hasard de calendrier,
05:35c'était mercredi,
05:36le même jour que l'abandon de ce contrat.
05:38Ça a également sûrement pesé
05:39un petit peu dans la balance,
05:40même si cette IPO de KNDS,
05:42elle est attendue depuis des mois maintenant.
05:44Alors, cette IPO de KNDS,
05:46selon la presse,
05:46effectivement,
05:47elle est attendue depuis longtemps.
05:49Elle a été repoussée plusieurs fois.
05:50Je vous rappelle le schéma,
05:51KNDS, c'est la fusion.
05:53Il y a maintenant,
05:54en 2011,
06:00d'un acteur français
06:02qui s'appelle Nexter,
06:03ex-Jiat Industrie,
06:04pour les plus anciens d'entre nous,
06:06et d'une société
06:08qui s'appelle Kroos Maffei,
06:09qui est un fabricant
06:10de chars historiques allemands,
06:12qui était détenu par une famille.
06:13Donc, on a un couple franco-allemand
06:15dans une société
06:16qui est devenu KNDS,
06:17et qui, finalement,
06:19cherchait à faire
06:20une introduction en bourse
06:21via cette famille
06:22qui sortirait du capital,
06:24vendrait 40%
06:26de sa participation
06:28à l'État allemand,
06:3010% sur le marché,
06:32et la France
06:33vendrait 10% du capital.
06:35Donc, on aurait 20% du capital
06:36sur le marché.
06:37la décision est enfin arrivée,
06:40ça a été très long,
06:40les négociations
06:41entre l'Allemagne,
06:42le gouvernement allemand
06:42et la famille.
06:45Il semble que,
06:47enfin,
06:47on lance,
06:48au lendemain de Rosatory,
06:51KNDS a décidé
06:52de lancer
06:53les opérations.
06:55Malheureusement,
06:55effectivement,
06:56ce qu'on appelle
06:56le lancement des opérations,
06:57c'est quelque chose
06:58d'assez formel,
06:59c'est qu'on lance
07:00ce qu'on appelle
07:00une éducation
07:01des investisseurs.
07:02Donc,
07:03les analystes
07:04vont expliquer
07:05le business
07:06de la société
07:07aux investisseurs,
07:08les investisseurs
07:08vont faire un retour
07:10auprès des analystes
07:11en disant,
07:12moi,
07:13je trouve ça intéressant,
07:14mais quel est mon prix ?
07:15Donc là,
07:16le sujet,
07:16c'est est-ce que
07:17le prix de KNDS,
07:19tel qu'il pouvait
07:20être imaginé
07:20il y a une semaine,
07:21va devoir changer
07:22étant donné le choc
07:24sur la défense allemande
07:25et Rheinmetall,
07:26oui,
07:26mais sur tout le reste.
07:27D'où le fait
07:28qu'on n'ait pas encore
07:28de date précise
07:29pour cette introduction
07:30en bourse de KNDS.
07:31Il nous reste à peine
07:32une minute,
07:33Damien Zirix.
07:33Qu'est-ce que vous faites
07:34aujourd'hui de ce secteur ?
07:35Alors,
07:35moi,
07:35je trouve que
07:38en fin d'année dernière,
07:39on avait des valorisations
07:41qui étaient beaucoup trop chères.
07:42Franchement,
07:42on avait une relation
07:44entre la capacité
07:45de ces sociétés
07:45à réaliser
07:46ce que le marché
07:47attendait d'elles
07:48qui me paraissait
07:49un peu incohérente
07:50pour beaucoup d'entre elles,
07:52pas pour le Thalès
07:52et BAE,
07:53mais pour les Allemandes
07:54beaucoup.
07:54Là,
07:54la chute est très violente,
07:56vous l'avez dit,
07:56c'est 50% par rapport
07:58au plus haut,
07:58mais EnSalt,
08:00RENC,
08:00etc.,
08:01c'est la même chose.
08:01On a des baisses
08:02de plus de 20%
08:02en un mois
08:03et là,
08:04on commence à retrouver
08:04franchement des niveaux
08:05intéressants.
08:06Devant nous,
08:07qu'est-ce qu'il y a ?
08:07Il y a le 7 juillet,
08:08le rendez-vous annuel
08:09de l'OTAN
08:10où les États
08:12vont réaffirmer
08:14leurs envies
08:14d'investissement,
08:15il me semble.
08:16Et ensuite,
08:17il y a un énorme contrat
08:18qui est attendu
08:18au deuxième semestre
08:19en Allemagne
08:19qui s'appelle
08:20le contrat Arminius
08:21qui est pour l'achat
08:22de 1 800 véhicules
08:25d'infanterie.
08:25C'est gigantesque,
08:26c'est le plus gros contrat
08:27jamais alloué
08:28qui devrait justement
08:30rassurer les investisseurs
08:31sur le fait
08:31que l'Allemagne
08:32va bien dépenser
08:33ce qu'elle a décidé
08:34de dépenser.
08:34Merci beaucoup Damien
08:36Dirix
08:36de nous avoir fait
08:37partager votre éclairage
08:38sur ce segment
08:39de la défense.
08:39Je rappelle que vous êtes
08:40gérant chez Exan
08:41Asset Management.
08:42Merci à tous.
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