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  • il y a 12 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Il est un de vos collègues qui n'a pas la climatisation dans son bureau.
00:04C'est le ministre de l'Éducation nationale.
00:06Vous avez la clé dans votre bureau, tiens, vous ou pas ?
00:08J'ai la climatisation dans mon bureau et je le partage avec l'ensemble des membres de mon cabinet
00:12parce que je considère qu'effectivement qu'il faut prendre soin de son cabinet,
00:14de ces membres de son cabinet qui agissent tous les jours et ils sont dans mon bureau avec moi.
00:17Parce que votre collègue ministre de l'Éducation nationale, Edouard Giffray,
00:21est même fier de ne pas avoir la climatisation dans son bureau.
00:24Je ne sais pas si vous l'avez entendu, mais ça vaut son pesant d'air frais.
00:29Non, je n'ai pas de climatisation dans mon bureau, ni climatiseur, ni ventilateur.
00:33Je considère que je n'en aurai un, le jour où tout le monde en aura un.
00:35Et tant que ce ne sera pas le cas, je resterai avec mes 35 à 38 degrés quotidiens.
00:42Alors, on va...
00:44Pas de climatisation au ministère de l'Éducation nationale.
00:46Il en est fier, le ministre de l'Éducation nationale.
00:48On va en discuter maintenant dans le signé Consigny avec, je suis bien sûr Charles Consigny, bonsoir.
00:52Bonsoir.
00:53Avec Sabrina Sebailly, députée écologiste et sociale des Hauts-de-Seine.
00:56Bonsoir, madame la députée.
00:58Donc, le ministre le dit, moi, tant que tout le monde n'aura pas la clim dans les écoles et
01:02autres,
01:03je resterai dans mon bureau à 30 degrés.
01:04Par solidarité.
01:05Par solidarité, Charles Consigny.
01:09Je, franchement, entre ceux qui...
01:13Enfin, je suis un peu assommé moi-même par la chaleur et par la démagogie générale.
01:19Entre ceux qui ne prennent pas de vacances, ceux qui n'ont pas la clim.
01:23On a l'impression aujourd'hui qu'être ministre ou homme ou femme politique, ça voudrait dire être à la
01:28mine.
01:29Pas exagérer.
01:30D'ailleurs, j'ai vu quand même que s'agissant des vacances, le Premier ministre prévoyait quand même un temps
01:35de repos.
01:35Donc, il n'y a pas de vacances, mais il y a 10 jours de repos.
01:39Bon, ben, donc, il y a des vacances.
01:41Et on s'en fout qu'ils partent en vacances, les ministres.
01:43Tout le monde a le droit, l'été, à prendre trois jours de vacances.
01:45De même qu'un ministre, on espérerait qu'il ait un ventilateur ou la clim.
01:50Il travaille à la nuit.
01:51Hein ?
01:52Il travaille à la nuit.
01:53Non, mais bon, enfin, voilà, je trouve qu'on est très démago et on a une petite tendance à niveler
01:59par le bas.
02:00C'est-à-dire qu'au lieu de se dire, au lieu de crier au scandale, lui, il vient d
02:06'être nommé ministre.
02:06Il pourrait dire, c'est une honte que l'ensemble des écoles, des collèges et des lycées de ce pays
02:12ne soient pas climatisés.
02:13Au lieu de dire ça, il dit, non, mais moi, je ne l'ai pas.
02:16Et puis, je suis quand même en costard-cravate et je peux travailler.
02:18Donc, je trouve que c'est prendre le problème un peu à l'envers.
02:21Mais est-ce que la France est un peu du tiers-monde ?
02:23En tout cas, mais même pas, parce que les pays du tiers-monde ont la clim, en général.
02:27Il faut dire les choses comme elles sont.
02:28Les pays chauds ont la clim.
02:30Donc, je pense qu'on est surtout un...
02:32En fait, je suis très frappé, très étonné, même, par notre...
02:37C'est un vrai sujet, mais on avait créé pour ça le commissariat au plan.
02:41Qu'est-ce qu'ils ont fait, messieurs les hauts commissaires ?
02:45Bayrou et Beaune, pour ne pas les citer.
02:48Je suis étonné par le manque d'anticipation en France.
02:51Ça, c'est un truc qui me fascine.
02:53À quel point on découvre les problèmes une fois qu'ils sont là et on ne les anticipe pas.
02:57Je pense que maintenant, et on va en débattre, il est grand temps de faire, à minima, un grand plan
03:04clim
03:04pour que les bâtiments publics soient climatisés à partir du mois de juin.
03:10À l'instant, le Premier ministre, dans la lettre qu'il a envoyée au maire, Madame la députée,
03:15dit « Nous devons enfin assumer sur des informations BFM TV, Dugo Capelli,
03:19nous devons enfin assumer un débat de bon sens sur la climatisation.
03:23La climatisation ne doit être ni un tabou idéologique, ni une réponse automatique. »
03:28Vous êtes d'accord avec ça ?
03:28Oui. Il faut y aller sur la clim.
03:30Je ne crois pas qu'il y a un tabou sur la question de la clim.
03:33Il y a des endroits où vous aurez obligatoirement besoin de climatiseurs.
03:35Ce n'est pas le sujet.
03:36La question, c'est à partir du moment où on se dit qu'on va mettre de la clim partout
03:39en pensant que ça va être une solution.
03:40Alors, même qu'il y a des modélisations aujourd'hui qui montrent que mettre de la clim partout
03:44va augmenter la température sur l'espace public
03:46et donc accélérer encore les phénomènes de chaleur et de calicule.
03:49Entre la clim partout et la clim quasiment nulle part en France, on a perdu du temps.
03:53Non, mais ce n'est pas ça le sujet.
03:54C'est sûr qu'on a perdu du temps.
03:55Non, parce que la clim aujourd'hui, pour les gens qui se ruent,
03:58vous n'avez plus les images comme tout le monde, je suppose,
04:00de ces gens qui se ruent pour aller acheter des climatiseurs,
04:02il n'y en a quasiment plus nulle part.
04:03Les prix ont explosé.
04:04Donc, d'abord, les plus précaires, ceux qui vivent dans des passoires thermiques
04:08ou dans des bouilloires thermiques aujourd'hui,
04:09ne peuvent pas acheter des climatiseurs.
04:11Et c'est une solution d'urgence, de réponse à une crise dans laquelle nous sommes aujourd'hui
04:15parce qu'il n'y a pas eu d'anticipation.
04:17Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:18Eh bien, regardez par exemple les logements.
04:20Hier, il y avait un exemple des logements à Montpellier
04:22où ils expliquaient justement que chez ces locataires-là,
04:25comme ça avait été bien travaillé, bien aménagé,
04:28il fait moins de 25 degrés dans leurs appartements en pic de canicule.
04:31C'est ça qu'il faut faire.
04:32Il faut investir massivement dans la rénovation de nos bâtiments,
04:36des logements en priorité, bien sûr, et des bâtiments publics.
04:39Vous savez, il y a des écoles qui sont aménagées
04:41pour avoir un système de ventilation naturelle au sein de l'école.
04:44On ne dit pas qu'il ne faut pas une salle où il y a de la fraîcheur.
04:47On dit juste qu'aujourd'hui, on peut faire des bâtiments
04:48qui se rafraîchissent naturellement, qui permettent d'accueillir les élèves.
04:52Vous savez qu'on ne peut pas en faire tous les bâtiments.
04:53Il y a des dizaines de milliers d'écoles.
04:56Mais si on peut, c'est une volonté politique.
04:58Mais il n'y a aucun pays qui le fait parce que ça coûterait trop cher.
05:00Mais en fait, il n'y a aucun pays qui le fait parce que jusqu'à présent,
05:03personne ne s'est dit qu'on allait vivre des crises comme celle-ci.
05:09Donc en attendant, les gens vont crever de chaud.
05:12Alors, c'est pour ça que je disais que ça, c'est de l'anticipation.
05:15Ça veut dire que ça fait 20 ans, 30 ans qu'on dit qu'il faut mettre des moyens
05:18dans la rénovation.
05:19On n'a plus d'argent.
05:20Mais écoutez, en fait, l'argent, quand on veut en trouver, on en trouve.
05:24Et on peut tout à fait envisager des emprunts.
05:26Moi, quand je parle d'emprunts, là, en l'occurrence, on peut très bien.
05:29Moi, je parle d'investissement.
05:30Quand on investit, vous savez, le gouvernement actuel a fait une dette de 3 000 milliards.
05:34Qu'est-ce qu'ils en ont fait ? On est prêt pour les crises ?
05:36On n'a été ni prêt pour le Covid, ni prêt pour la canicule.
05:39Là, les pics de chaleur qu'on a aujourd'hui, on les a eu au mois de mai.
05:41Là, on est au mois de juin.
05:42C'est probable qu'on en ait encore cet été.
05:44Et ça va se multiplier.
05:45Qu'est-ce qu'on fait ?
05:45On a un gouvernement d'amateur ?
05:46Ah ben, c'est un gouvernement, je pense, qui était dans un déni absolu sur la question du climat.
05:50On a plein de recul, d'ailleurs, sur les questions environnementales.
05:51Parce que dit M. Lecornu, il dit que c'est trop facile de jouer les inspecteurs de travaux finis.
05:55Oui, ben, c'est trop facile, aujourd'hui, de venir expliquer.
05:58En même temps, ça fait 10 ans qu'ils sont là.
06:06Spontanément, d'augmenter les impôts pour dépenser plus d'argent public, vous proposez maintenant d'emprunter plus.
06:12Sachant que, vous savez que, d'ici à 2027, par an, on paiera 100 milliards d'euros juste au titre
06:21des intérêts de notre dette.
06:24Il faut quand même avoir ça en tête.
06:26Le budget de la justice, par exemple, c'est 10 milliards d'euros.
06:29Bon, on va payer 10 fois le budget de la justice, global, toute la justice, tous les ans.
06:3510 fois la justice, juste pour les intérêts de la dette.
06:39C'est même pas le remboursement de la dette.
06:41Donc, moi, je veux bien, dans ces cas-là, tout entendre.
06:44Mais entendre qu'on va emprunter de nouveau de l'argent pour refaire les appartements des gens à leur place,
06:51je suis désolé, je pense que c'est pas réaliste.
06:53Vous avez vu que j'ai commencé par dire qu'il fallait aller chercher l'argent là où il était.
06:56Il y a plus de 200 milliards d'aides publiques aux entreprises.
07:00On a quand même financé des entreprises comme Air France sans contrepartie environnementale,
07:06alors que ça participe à la pollution.
07:08On a financé des entreprises qui ont fait des plans sociaux derrière, sans aucune contrepartie.
07:13Mais on ne les a pas financées, madame.
07:14Mais si on les a financées par de l'aide publique, bien sûr que si.
07:17Non, les aides aux entreprises, quelle est la part entre les dépenses et les exonérations fiscales ?
07:24Mais donc, vous, vous voulez faire payer aux Français, en fait, ce que vous dites aujourd'hui,
07:31c'est que vous voulez faire payer aux citoyens le fait que les gouvernements successifs ne se sont pas préparés.
07:36Je vous pose une question simple.
07:36Vous savez, c'est un peu comme le plan clim du RN, qui nous explique que ça sera pour les
07:40propriétaires et pour les autres.
07:42Elle vous dérange ?
07:43Quelle est la part de dépense dans les aides aux entreprises ?
07:47Je dis qu'il y a eu un rapport du Sénat.
07:48Quelles sont les aides versées par l'État aux entreprises ?
07:50Je vous dis, il y a eu un rapport du Sénat qui a été très clair, 211 milliards.
07:54D'un sénateur communiste.
07:55Et alors ?
07:55Sur ces 211 milliards.
07:57D'ailleurs, il y avait deux co-rapporteurs.
07:59C'était pas juste un sénateur communiste.
08:01Manifestement, vous ne connaissez pas la réponse.
08:02Non, je connais la réponse.
08:03C'est là que vous allez chercher.
08:04Alors, quel est la réponse ?
08:05Ce n'est pas le sujet.
08:06Alors, puisque vous connaissez la réponse, quelle est elle ?
08:08Alors, je vais vous le dire, le rapport du Sénat indique aujourd'hui que nous fournissons
08:12211 milliards d'aides publiques aux entreprises.
08:14Donc, combien sont versées directement par l'État ?
08:17Je vous le dis, 211 milliards d'aides publiques.
08:19On verse, attendez, attendez, on le verse à des entreprises sans aucune contrepartie.
08:25On les décaisse des caisses publiques, on les donne aux entreprises.
08:28Bon, ça c'est faux, madame.
08:29Je suis désolé de vous dire.
08:30Non, mais vous parlez de choses que vous ne connaissez pas.
08:32Et c'est dommage pour quelqu'un qui vient parler d'incipation.
08:35Sur les aides aux entreprises, vous en avez 97% qui sont des exonérations fiscales.
08:40Et alors ?
08:40Donc, ça n'est pas de l'argent qui est versé.
08:42C'est de l'argent qui ne rentre pas dans nos caisses.
08:43Et vous en avez seulement 3% qui sont versés directement.
08:46Mais c'est malhonnête ce que vous dites.
08:47Ça ne rentre pas dans les caisses, donc on ne les utilise pas.
08:50Bien que le rapport du Sénat vous ait passé...
08:51Mais ça ne rentre pas dans nos caisses, donc on ne les utilise pas.
08:54Moi, ce que je veux dire, c'est que je suis pour la suppression totale des aides aux entreprises.
08:57La suppression totale des exonérations.
09:00Sauf que, corrélativement, non.
09:02Parce que je suis pour baisser d'autant la pression fiscale sur les entreprises.
09:07Les charges et les taxes et les arbres.
09:09Restons sur la canicule, quand même.
09:10Non, mais ce que je veux dire, c'est que c'est très intéressant.
09:12Parce qu'on n'a plus de marge de manœuvre budgétaire.
09:15Parce qu'on gaspille l'argent en le dépensant n'importe où.
09:17Alors, vous voyez, M. Lecornu vient d'annoncer un doublement de l'enveloppe
09:21pour la rénovation énergétique des hôpitaux à hauteur de 600 millions d'euros.
09:25Donc, vous voyez, le gouvernement réagit à ce qui se passe.
09:27Oui, mais là, il colle une rustine.
09:28Alors, le gouvernement, sur les derniers budgets, je vous donne les chiffres,
09:32on est passé sur ma prime rénov' de 3,1 milliards à 2,1 milliards.
09:35Parce qu'il y avait des abus, oui.
09:36Ils ont coupé 1 milliard.
09:37Mais c'est nul, la ma prime rénov'.
09:37Sur le fond vert, ils ont retiré 1,5 milliard d'euros.
09:41La clim n'était pas dans le fond vert.
09:42Non, mais le fond vert, c'est ce qui permet aux collectivités,
09:44notamment de rénover et de réhabiliter les écoles
09:47pour permettre d'accueillir correctement nos enfants,
09:49et y compris sur les crèches.
09:51Donc, vous voyez bien, on ne peut pas retirer 1,5 milliard et 1 milliard de l'autre côté
09:55et dire, oh bah super, on va vous mettre 600 millions, c'est ridicule.
09:58Pardon, mais ma prime rénov', c'est comme...
10:00Il y avait des abus.
10:00Mais oui, il n'y avait pas des abus, il y avait des fraudes, pour le simple.
10:03C'est comme la formation professionnelle.
10:06Ça a été une espèce d'attrape fraudeur.
10:09Et donc, on arrête tout ?
10:10Bah oui, oui, excusez-moi, alors là, oui.
10:12Alors là, par exemple, la forme...
10:13On ne rénove pas.
10:14Par exemple, vous savez, quand il y a eu la fraude à la TVA,
10:18vous vous souvenez, la taxe carbone, la TVA carbone, etc.,
10:22avec des gens qui se sont fait des dizaines, voire des centaines de millions d'euros
10:25en détournant de l'argent public via le système des crédits carbone, etc.,
10:29qui était d'ailleurs une idée écolo,
10:32eh bien oui, je pense qu'il faut arrêter le dispositif.
10:35De la même manière, il y a eu tellement de fraudes à la formation professionnelle,
10:37tellement de fausses formations qui ont été payées par l'État
10:40pour des fraudeurs pur et simples.
10:44Combien de parts de fraudes ?
10:45Mais oui, mais parce qu'on ne remet pas...
10:47C'est pas parce que vous ne savez pas répondre à mes questions
10:49que vous devez en poser en retour.
10:50Mais on ne va pas remettre en cause tout un dispositif
10:53qui a montré son efficacité, y compris parce qu'on rénove les logements,
10:56qu'il faudrait tout arrêter.
10:58Enfin, un moment, il faudrait peut-être...
10:59Est-ce que ce n'est pas un faux procès que vous faites aux écologistes
11:01alors qu'ils ont été les premiers à alerter du réchauffement climatique ?
11:04Mais bien sûr, mais attendez, évidemment.
11:06Si on vous avait écouté, on n'en serait pas là aujourd'hui.
11:08Oui, mais le problème, c'est que moi, ce que je pense, je vais vous dire,
11:11je pense que les écolos, malheureusement, desservent leur propre cause.
11:15C'est-à-dire que je pense que vous êtes tellement excessifs
11:18dans vos demandes et dans votre idéologie globale
11:22que même des gens qui voudraient être écolos,
11:25d'une certaine façon, vous les en dégoûtez.
11:27Donc là, effectivement, le réchauffement climatique,
11:30plus personne ne le conteste, tout le monde le constate, etc.
11:33Et tout le monde est pour agir de manière intelligente.
11:37Non, mais parce que lui, il est dans une autre dimension, si vous voulez.
11:40Mais sinon, tout le monde est pour.
11:41Mais là, moi, je me dis qu'à ce stade, il faut être pragmatique
11:44et que notamment, ce ne serait pas du luxe en France
11:47d'avoir un grand plan pour climatiser, pas tout, évidemment,
11:50mais certains secteurs, certains établissements.
11:53Je pense, par exemple, aux établissements scolaires.
11:55On arrête de rénover le bâti, puis on met des climats à tout le monde.
11:57Là, n'empêche pas l'autre.
11:58Pourquoi vous opposez les deux ?
11:59Parce qu'il fallait arrêter ma prime rénov'.
12:01Oui, ma prime rénov', oui.
12:02Oui, ben oui.
12:03Oui, moi, je pense que les gens doivent se démerder.
12:05En fait, ce que vous n'arrivez pas à comprendre,
12:07c'est qu'en fait, on est sur deux temporalités différentes.
12:09L'installation d'un climatiseur aujourd'hui,
12:11c'est pour répondre immédiatement.
12:13C'est-à-dire qu'on a des endroits qui ne sont plus vivables
12:15pour des personnes.
12:16D'ailleurs, vous aviez vous-même indiqué
12:18que les gens chouinaient parce qu'ils échouent.
12:19Les gens ne chouinent pas, il y a des morts aujourd'hui.
12:22Oui, il y a des morts aujourd'hui.
12:23Il y a des morts, dont un jeune de 19 ans,
12:25puisque vous avez critiqué les jeunes,
12:27dont un jeune de 19 ans, il travaille sur un chantier.
12:29C'est pour ça qu'on propose le congé climatique.
12:32Et la deuxième chose, c'est que de l'autre côté,
12:35vous avez le temps moyen et le temps long.
12:37Non, ben écoutez, revoyez vos vidéos.
12:38Non, mais je n'ai pas dit ça.
12:39Moi, je vous parle dans les entreprises,
12:41pas sur les chantiers.
12:42Réécoutez vos propres interventions.
12:43Mais je n'ai jamais parlé des chantiers, évidemment.
12:45Il y a deux temporalités différentes.
12:46La clim pour la crise, parce qu'on n'a rien fait.
12:49Et je suis désolée, j'entends le gouvernement qui dit
12:51« Nous avons anticipé ».
12:52C'est faux.
12:52Si on avait anticipé, on n'aurait pas ce qui se passe aujourd'hui.
12:55Des trains à l'arrêt, des bus qui ne sont à l'arrêt,
12:57qui sont en panne.
12:58Aujourd'hui, à Paris, un chauffeur de bus
13:00qui a fait un malaise à cause de la chaleur
13:02et qui a fait un accident,
13:04tout ça a des conséquences.
13:05Les hôpitaux, les agences...
13:07Et donc, tout ça est une réalité.
13:08Là-dessus, on a des agences pour la transition écologique.
13:11Moi, par exemple, je me suis fait un...
13:14On a l'ADEME, 4 milliards d'euros.
13:16Je me suis fait insulter par le président de l'ADEME récemment.
13:19Je l'avais provoqué, je l'admets,
13:21puisque j'avais réclamé.
13:23Bon, bref, mais j'avais été assez virulent à son égard.
13:26Après, vous savez, cette belle initiative
13:29de la mairie de Nantes,
13:31« Enterre ton slip » pour sensibiliser contre l'écologie.
13:33Bon, bref, qui était financée par l'ADEME.
13:35Moi, je ne comprends pas, typiquement l'ADEME,
13:384 milliards d'euros de budget.
13:39Qu'est-ce qu'ils foutent sur cette question-là ?
13:41Justement, ce qui est intéressant, c'est que là,
13:43vous avez raison, vous avez pointé les dysfonctionnements
13:46mais, en fait, c'est tout ce qui dépend
13:47de l'État où ça dysfonctionne.
13:49C'est-à-dire, les écoles sont les transports.
13:52La SNCF, on a appris
13:53qu'il y avait des rails qui dataient du début du XXe siècle
13:55qui étaient encore en phase
13:57de distorsion quand il faisait très chaud.
13:59On se dit, mais depuis 2003, tout ça,
14:01ça s'anticipe, ça avait été déjà des problèmes de 2003.
14:03Alors, pourquoi est-ce que l'État n'arrive pas
14:05à être plus rapide, plus agile,
14:07plus décisionnaire, plus dans la transformation ?
14:09Alors que dans toutes les boîtes privées,
14:12L'État est dépassé à chaque fois.
14:14Vous voyez qu'il y a une crise aiguë du climat,
14:15d'ailleurs, vous avez raison.
14:16Donc, c'est ça qu'on ne comprend pas.
14:17Alors, vraiment, je crois que,
14:19je le redis encore une fois,
14:20c'est une question de volonté politique.
14:22C'est-à-dire, où on met l'argent ?
14:23D'action.
14:24Où on met l'argent ?
14:24Parce que ça va demander de l'argent.
14:25Vous vous rappelez ?
14:25Crise du Covid.
14:26C'est d'action.
14:28Rappelez-vous nos médecins
14:29qui avaient des sacs poubelles
14:30pour se protéger dans les hôpitaux.
14:32Aujourd'hui, dans nos hôpitaux,
14:33vous avez des chambres,
14:34on leur demande de mettre
14:41Ce n'est pas d'anticipé.
14:42Ça ne servira.
14:42Ça ne sert à rien d'anticipé.
14:43Parce que tous les rapports sont là.
14:44C'est plutôt d'agir.
14:45Mais il y a eu un déni.
14:46Il y a eu un déni pendant des années.
14:47Je vous pose une question ingénue.
14:49Est-ce que ça n'est pas une question
14:51de choix budgétaire ?
14:52C'est ça, le problème.
14:54Il me semble que vous êtes pour la retraite
14:56à 60-62 ans, par exemple.
14:58Bon.
14:59Ça, c'est un choix budgétaire, par exemple.
15:01Vous êtes pour indemniser fortement
15:03et longuement le chômage.
15:04C'est un choix budgétaire, aussi.
15:06Vous êtes pour construire des HLM.
15:08C'est un choix budgétaire.
15:10Vous êtes pour, j'imagine,
15:11la gratuité des transports en commun.
15:12C'est un choix budgétaire.
15:14Tout ça, ce sont des choix.
15:15Le problème, c'est que...
15:17Quand on a un État Père Noël,
15:19comme on l'a, nous,
15:20qui finance tout,
15:21qui finance tout,
15:22qui donne des aides pour absolument tout...
15:24Vous trouvez que tout a été financé ?
15:253 000 milliards de dettes pour rien ?
15:27Non, mais parce que moi, regardez.
15:29Si moi, demain, je veux tout m'acheter,
15:31si je rentre dans un magasin
15:32que je veux tout acheter,
15:33en fait, très vite,
15:34je ne peux rien m'acheter
15:35parce que je n'ai pas les moyens
15:36de tout acheter.
15:37Mais c'est pareil au niveau
15:38des finances publiques et de l'État.
15:40Comme on gaspille de l'argent
15:42dans tous les sens
15:43parce qu'avec vos idées,
15:45forcément, tout doit être pris en charge
15:47par la machine publique.
15:48Vous nous l'expliquez encore là.
15:49Même la rénovation individuelle des gens,
15:52vous estimez que c'est l'État
15:53qui doit rénover les appartements
15:55et les maisons des gens.
15:56Moi, vous voyez,
15:56j'estime que c'est les gens...
15:58Là, on a un désaccord.
15:59Mais moi, je parle d'un investissement
16:00écologique et de l'événement climatique.
16:02Ce n'est pas gaspiller d'argent.
16:03Oui, mais donc,
16:03il faut bien faire des choix.
16:05Mais oui, mais on fait des choix.
16:06Mais comment on investit ?
16:07Alors, on va chercher de l'argent
16:09là où il est.
16:09On n'est pas d'accord là-dessus.
16:11On n'est pas d'accord là-dessus.
16:12Alors, dites où est-ce qu'il est.
16:13Et par ailleurs, oui,
16:14on peut tout à fait augmenter.
16:15Vous savez, nous,
16:16on était pour, par exemple,
16:17la taxer les super profits.
16:19Oui.
16:19Ah, on y revient.
16:20Eh bien, oui.
16:21Est-ce que vous trouvez normal
16:22que des entreprises
16:23qui participent
16:24au dérèglement climatique,
16:25aujourd'hui,
16:26ne participent pas
16:27à la solidarité nationale ?
16:28Oui, mais madame, regardez,
16:29le truc, c'est que si vous faites,
16:30par exemple,
16:31les 200 milliards d'aides
16:32aux entreprises.
16:33Oui.
16:33Et mettons, par exemple,
16:34la taxe Zuckman.
16:35Je suis sûr que vous n'êtes pas à la taxe.
16:36Bien sûr.
16:37On l'a même déposé
16:38comme texte à l'Assemblée.
16:3925 milliards d'euros
16:40pour les plus optimistes.
16:42Oui, il y a un débat
16:42sur ce que ça pourrait importer.
16:43La taxe sur la holding
16:44qui vient d'être votée,
16:45finalement, ne rapporte rien.
16:46Vous savez combien il faut
16:46aux collectivités par an
16:47pour rénover leur bâtiment ?
16:49Alors, dites-moi.
16:5019 milliards par an.
16:5119 milliards par an.
16:51La taxe Zuckman suffit.
16:53Oui, mais le problème,
16:55c'est que qu'est-ce qui va se passer ?
16:56Vous ne la payez qu'une fois.
16:57Une fois que vous créez
16:58la taxe Zuckman,
16:59d'abord,
16:59elle ne va rien rapporter,
17:00finalement, vous allez voir,
17:01parce qu'ils vont tous
17:02se démerder
17:03pour ne pas la payer,
17:03premièrement.
17:05Deuxièmement,
17:05quand vous aurez supprimé
17:06les aides aux entreprises,
17:07qu'est-ce qui va se passer ?
17:08Il y a plein d'entreprises
17:09qui vont se barrer,
17:10parce qu'elles ne pourront pas
17:11supporter la pression fiscale.
17:12C'est faux.
17:13Ce que vous appelez les aides,
17:14ce sont des exonérations.
17:15Jouer le catastrophisme
17:16sur les entreprises
17:16qui disent que la France,
17:17ça suffit en réalité.
17:18En tout cas,
17:19elles vont moins embaucher.
17:20C'est la réalité.
17:20Écoutez,
17:21elles embauchent déjà moins,
17:21elles font des plans sociaux
17:22juste à ne pas leur toucher
17:23de l'aide publique.
17:24Vous reconnaissez,
17:24ça n'a pas les aider.
17:26Pour le coup,
17:27moi, j'ai c'est que
17:28oui, là,
17:28on gaspille de l'argent.
17:29Quand on déverse autant d'argent
17:31pour des entreprises
17:38il fallait juste
17:39les 19 milliards
17:40pour que les collectivités...
17:41Ah non,
17:41je n'ai parlé que des collectivités
17:42jusqu'en 2013.
17:44Le problème,
17:45c'est qu'à gauche,
17:47de façon générale,
17:48écolo compris,
17:49etc.,
17:49on nous explique
17:50que la taxe Zuckman,
17:51elle va servir.
17:52Certains disent
17:53que c'est pour payer
17:54la retraite à 60 ans.
17:55Là, vous,
17:56vous nous dites
17:56que c'est pour la rénovation
17:58écologique des bâtiments.
17:58J'ai cité un exemple.
17:59Je ne dis pas
17:59que ça servira à cela.
18:00Oui, mais donc,
18:01en fait,
18:01si on additionne
18:02tout ce pourquoi
18:03vous estimez
18:04que la taxe Zuckman
18:05va être utile,
18:06on dépasse très largement
18:08les recettes
18:08de la taxe Zuckman.
18:09C'est pour ça que j'en viens.
18:10Donc, vous proposez quoi ?
18:11Le plan clim que vous proposez,
18:12ça coûte combien ?
18:13Moi, ce que je propose...
18:13Je n'en sais rien.
18:15Je n'en sais rien.
18:16D'abord,
18:17je ne suis pas député
18:17ni au gouvernement,
18:18mais je propose
18:19un truc très simple.
18:20C'est de faire
18:20des choix budgétaires.
18:22La protection sociale,
18:23ça coûte 650 milliards
18:24d'euros par an
18:25en l'état actuel des choses.
18:26Je propose la retraite
18:27à 70 ans, par exemple.
18:29Vous allez voir
18:30qu'on va dégager
18:30des marges de manœuvre.
18:31Je propose de repasser
18:33aux 40 heures.
18:34Ça va faire plus
18:34de cotisations,
18:35les 40 heures.
18:36Ça va faire tourner
18:36la machine économique.
18:38Vous allez voir
18:38qu'on va avoir
18:39des marges de manœuvre.
18:40Moi, je propose
18:40de dégager des recettes.
18:42Vous savez,
18:43il y a les niches fiscales,
18:44il y a l'augmentation
18:45de la taxe
18:46et les super profits,
18:47il y a les coûts d'entreprise.
18:49Mais bien évidemment,
18:50à un moment,
18:50je pense qu'il y a
18:50une question
18:51de solidarité nationale.
18:53Mais oui,
18:54mais il y a...
18:55Soit on se dit
18:56qu'à un moment,
18:57c'est un enjeu majeur.
18:58Un enjeu majeur
18:59et de survie.
19:00Dans le pays
19:00le plus fiscalisé au monde,
19:02on a autant de problèmes.
19:03C'est ça
19:04qui est incompréhensible.
19:04Mais c'est ça
19:04que je suis en train
19:05de vous dire.
19:05C'est qu'à un moment,
19:06cet argent,
19:06il a servi à quoi ?
19:08Si on n'est pas préparé
19:09pour des crises sanitaires...
19:10C'est bien une question
19:10de choix budgétaire.
19:11Oui, c'est une question
19:12de choix budgétaire
19:12et politique.
19:13Mais la réalité,
19:14c'est que si on n'est pas prêt
19:15pour faire face
19:16à des crises sanitaires,
19:17si on n'est pas prêt
19:18pour faire face
19:18à des événements climatiques,
19:19dans ce cas-là,
19:20cet argent,
19:20il sert à quoi ?
19:21Oui, donc l'argent
19:22est bien là.
19:231,7 millions de budget d'État.
19:26C'est à vous qu'on pose la question
19:28parce qu'on est le pays
19:29le plus dépensier du monde
19:31en argent public
19:31et le plus fiscalisé
19:33du monde en même temps.
19:34Donc c'est à ceux
19:34qui veulent dépenser
19:35de l'argent public
19:36qu'on pose la question.
19:36Il n'est pas fléché au bon endroit.
19:37Justement, c'est tout le même.
19:38Merci de ce débat.
19:40Merci Madame la députée.
19:41Merci Charles Consigny.
19:42Merci Charles Consigny.
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