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  • il y a 36 minutes
La proposition de loi sur l'aide à mourir revient devant les députés pour une troisième lecture. Alors que les oppositions multiplient les amendements, la question de la légitimité d'un texte sans consensus large est posée.

Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

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Transcription
00:00C'est l'édito politique, bonjour Patrick Cohen.
00:02Bonjour Florence.
00:02Patrick, une loi qui touche à des questions fondamentales,
00:06nécessite-t-elle un consensus pour être légitime ?
00:08Oui, c'est l'une des questions posées cette semaine pour le retour en troisième lecture
00:11de la proposition créant un droit à l'aide à mourir.
00:15Après trois ans de débats publics, deux adoptions par l'Assemblée,
00:18deux rejets du Sénat, des centaines d'heures de discussion,
00:21cela recommence depuis lundi devant les députés,
00:24lesquels auront le dernier mot le 15 juillet.
00:26Mais d'ici là, les opposants en texte ne désarment pas
00:29dans un interminable baroude d'honneur alimenté par des centaines d'amendements,
00:33plus de 500 chez les LR de Laurent Wauquiez,
00:36à peu près autant au RN de Marine Le Pen et à l'UDR d'Éric Ciotti.
00:39Les mêmes arguments, mille fois entendus,
00:42l'aide à mourir est un euphémisme pour parler d'euthanasie ou de mort programmée,
00:46donner la mort n'est pas un soin,
00:48cette loi est une pente glissante, une rupture anthropologique, etc.
00:51Je ne vais pas revenir ici sur le fond, abordé plusieurs fois dans cet édito,
00:55mais m'arrêter sur la démarche des opposants,
00:58qui ne visent pas à être majoritaires, ils ne le seront pas,
01:01mais qui veulent démontrer par leur bataille
01:03que cette loi fracture le pays, ce qui la rend illégitime.
01:07Aucun consensus politique, médical ou sociétal n'existe sur ce texte,
01:11a ainsi lancé la députée reine Sandrine de Gorsuch.
01:14Un argument qui vous semble recevable ?
01:16Oui, qui mérite d'être pris au sérieux.
01:18Une loi aussi importante, qui touche à des questions aussi fondamentales,
01:22la vie, la mort, la dignité de nos corps devraient rencontrer un assentiment
01:26qui traverse les clivages partisans,
01:28et en tout cas ne devraient pas être imposés par une majorité de circonstances.
01:33C'est d'ailleurs le sens des majorités qualifiées, au 3-5ème,
01:36exigé pour les révisions constitutionnelles.
01:39La régularité de la procédure ne suffit pas à légitimer
01:42ce que le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifou,
01:45qualifie d'évolution sociétale majeure.
01:49Voilà mon plaidoyer pour le consensus.
01:52Donc vous allez immédiatement prendre le contre-pied, je le sens.
01:55Oui, parce que suivre ce raisonnement revient à s'interdire à peu près tout.
01:59L'argument du non-consensus, qui agirait comme un rayon paralysant,
02:03est à la disposition de toute minorité parlementaire,
02:06sur n'importe quel texte controversé.
02:08Il ne mesure pas d'ailleurs le niveau de divergence sociétale,
02:12il prend acte simplement d'une opposition organisée.
02:15Si le critère du consensus avait été suivi sur les lois essentielles,
02:18nous n'aurions ni l'IVG, ni le mariage pour tous,
02:22ni même l'abolition de la peine de mort,
02:24toute réforme qui ne faisait pas du tout consensus au moment de leur adoption.
02:27Enfin, la société est-elle si divisée que le prétendent les opposants à l'aide à mourir ?
02:32Les sondages le démentent, 87% des Français,
02:35sondage IFOP, appellent cette loi de leur vœu.
02:37La Convention citoyenne l'a aussi demandé.
02:40Le désaccord persistant entre les deux chambres ne peut pas écraser l'assentiment populaire.
02:45Et la demande sociale réelle, réitérée lundi,
02:49ici même par l'ancien journaliste sportif Charles Bietry,
02:52terrassé par la maladie de Charcot,
02:54ne perdez pas trop de temps au Parlement, disait-il,
02:58car les malades n'en ont pas beaucoup.
03:00Merci Patrick Cohen.

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