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  • il y a 12 minutes
Mosimann, DJ, producteur, chroniqueur sur Inter. Le Quentin de la Star Ac' a bien changé depuis sa victoire. Il est aujourd'hui un DJ à succès et un papa accompli. Il raconte ici son histoire, sa vie dans un milieu modeste, et celle, singulière, de la venue au monde de sa fille, Hayden. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mercredi-24-juin-2026-9776603

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00:00Ça fait 20 ans que je suis arrivée à la radio, 20 ans que je travaille le matin, 20 ans
00:05que je me couche tôt.
00:07Soyons honnêtes, je me suis toujours couché tôt.
00:09Ça fait 20 ans que Moziman a gagné la Starac, 20 ans qu'il mixe dans des clubs, 20 ans
00:14qu'il se couche à l'heure où sonne mon réveil.
00:18Cette saison, Moziman est arrivé sur France Inter. Dans le couloir, il porte des lunettes noires, il embrasse toutes les
00:24filles,
00:25il raconte les clubs, Ibiza, Malte, Barcelone, il entre dans le studio de la matinale pour le track de vos
00:31rêves,
00:31avec sa voix suave et son égo qui déborde.
00:34Et puis, il repart faire des millions de vues sur les réseaux sociaux et faire danser des milliers de corps
00:39à l'unisson.
00:40Mais moi, qui vis le jour, j'ai toujours pas compris.
00:43Qui es-tu, Mozy, toi, qui vis la nuit ? Portrait numéro 160.
00:51Salut Moziman.
00:52Bonjour.
00:52Re-salut Moziman, re-salut.
00:55En tournée partout en France, le 28 juin au Soli Days.
00:59On fait la tournée des festivals en France tout l'été, en France et en Suisse.
01:0516, 17, 18 octobre au Zénith à Paris.
01:08Accor Arena de Bercy le 16 octobre 2027.
01:12Les DreamTracks, la bande-son, publiés chaque lundi.
01:15Des millions de vues cumulées.
01:18Et puis, la saison prochaine sur France Inter ?
01:21J'espère, bien sûr, bien sûr, évidemment.
01:24Qui est ce garçon ?
01:25Mesdames et messieurs, après quatre mois de travail acharné, vous avez plébiscité...
01:41J'ai cherché la séquence, je l'ai retrouvée sur un petit bout de Facebook qui se balade et j
01:46'ai pas reconnu le mec.
01:47Quentin, j'ai pas reconnu le mec.
01:50Bah oui.
01:50Il est tout menu, il est tout chevelu, il est complètement ébouriffé, il a des mèches jusque sur le nez,
01:58il porte une espèce de collier en bois.
02:01Il est très heureux d'être là, mais il est complètement paumé.
02:04Ouais, mais en fait, ça s'appelle même pas un changement d'apparence physique, ça s'appelle une métamorphose, Moziman.
02:11Et pourtant, j'ai pas fait grand-chose.
02:13Ah bon ?
02:13Je crois que...
02:14À part s'être rasé la poule à zéro.
02:15À part m'être rasé la tête et avoir pris quelques kilos et vieilli un petit peu.
02:19Cacher les étoiles, tatouer sur les bras.
02:21Oui, mais qu'est-ce qu'on peut faire comme connerie quand on est jeune ? C'est terrible.
02:26Et c'est beau, et c'est beau à la fois, mais c'est vrai qu'on a absolument envie
02:31de faire partie d'un moule, de faire partie d'une équipe, de quelque chose, tu vois.
02:36Ouais, c'est le même qui a vieilli ou c'est un autre que j'ai en face de moi.
02:40C'est-à-dire que la métamorphose est tellement stupéfiante.
02:43Et puis Quentin a disparu.
02:44Quentin, tout le public hurlait, Quentin, Quentin, Quentin.
02:47Je savais même pas que vous vous appeliez Quentin.
02:49J'essaie de vous voyer.
02:52Non, on peut se tutoyer, on s'en fout, non ?
02:53Je ne sais pas.
02:54C'est vrai, on n'a pas le droit.
02:56On dirait que c'est moi qui ai demandé.
02:57Non, mais il y a ce truc de métamorphose, c'est vrai, et surtout d'alignement.
03:02Je pense que toute la clé de ce passage, de ce processus créatif, ça a été de l'alignement.
03:06Ça a été de se dire, pourquoi est-ce que je fais cette émission ?
03:09Pourquoi est-ce que je suis ici ?
03:10À l'origine, je l'ai fait pour ma maman, parce que je voulais absolument gagner un petit peu d
03:14'argent pour pouvoir la mettre à l'abri,
03:16parce qu'on vivait dans des conditions un peu compliquées.
03:18Mais surtout, c'était cette volonté d'aller au bout de quelque chose et d'essayer de se transcender dans
03:24une cause.
03:25Et ma cause, pour moi, c'était, il est hors de question que je retourne à ma vie d'avant.
03:29Il faut absolument que j'avance, il faut absolument qu'il y ait cette nécessité de réussite parce qu'on
03:34n'a pas le choix.
03:35Et ce n'est pas la même chose quand on n'a pas le choix.
03:41J'ai réécouté toutes les chroniques depuis le début de l'année, si tu veux, Inter.
03:45Tous.
03:47Ça, c'est Catherine Lara.
03:49La vie d'avant, dont il faut absolument se sortir, elle est revenue sans cesse sur France Inter, le mercredi
03:55matin.
03:56Elle a émergé au détour de plein de billets.
04:00Le premier cachet gagné comme animateur dans une maison de retraite.
04:05Bien sûr.
04:05Vraiment ?
04:06Bien sûr.
04:06J'étais très fière de ça.
04:08Pour acheter du vrai Nutella et du vrai Coca-Cola, pour arrêter de faire les courses avec la liste de
04:14prix sur le côté.
04:15Donc, c'est une enfance sans un rond, dans une dèche absolue.
04:18Mais plein d'amour.
04:20Mais plein d'amour.
04:21C'est ça, plein d'amour.
04:22Ce n'était pas très important.
04:24Tout ce que j'ai compris adulte n'avait pas le même sens, évidemment, quand on est enfant.
04:29Moi, j'étais extrêmement content de calculer les prix avec ma mère parce que ça me permettait un peu de
04:33faire des maths.
04:34Et puis, j'étais content.
04:35Et ma mère, elle a eu cette faculté incroyable de toujours nous montrer le positif.
04:41Donc, là, c'était des calculs de maths.
04:43Et puis, peut-être que le lendemain, c'était quand même plus cool d'aller à l'école à pied.
04:47Mais c'est juste parce qu'en fait, on n'avait pas un rond, qu'il fallait quand même économiser
04:50un peu l'essence pour aller faire les deux kilomètres qui nous séparaient de l'école.
04:53Mais tout était toujours exceptionnel.
04:56Aller, par exemple, c'était un truc genre les Restos du Coeur ou ce genre d'association qui s'occupe
05:03des enfants et qui s'occupe des parents en difficulté.
05:06Moi, j'étais content.
05:07J'avais des cadeaux.
05:08Il y avait des gens qui étaient présents.
05:09On faisait la fête.
05:10C'était jamais humiliant.
05:11Jamais humiliant.
05:13Et adulte, je comprends la force de ma mère qui a rendu ça beau à chaque fois.
05:18Et ce juge qui a prononcé le divorce de vos parents, ce juge qui vous a séparé, ta sœur et
05:23toi ?
05:25Lui aussi, il est revenu dans les chroniques.
05:27Bien sûr.
05:28Mais parce que j'ai une espèce d'empathie extrêmement bienveillante pour ce petit garçon qui ne comprenait pas, qui
05:35voulait juste faire de la musique.
05:36Pas pour le juge.
05:37Pas pour le juge.
05:38Le juge, non, il n'y a pas de compassion.
05:40Parce que je ne sais pas comment ça se passe aujourd'hui, mais on ne sépare pas les enfants.
05:44Je pense que c'est vraiment une connerie.
05:45J'avais huit ans, je me suis retrouvé tout seul du jour au lendemain.
05:49Alors peut-être que je n'aurais pas autant eu cette envie et cet exutoire de la musique.
05:54Mais c'est fou de faire ça.
05:55C'est fou d'oser faire ça.
05:56Et pour ce père ?
05:58Pour ce père aujourd'hui ou mon papa ?
06:01C'est ça.
06:02C'est tout le...
06:02Mon papa, c'était compliqué parce qu'on ne se voyait qu'un week-end sur deux.
06:07Et en même temps, pareil, la même bienveillance du papa.
06:10La même force de parler finalement avec le cœur.
06:17Parce que c'est compliqué.
06:18Parce que c'est lui qui a demandé à ce moment-là de récupérer la garde des enfants.
06:22Et puis c'est lui aussi qui se sent très con parce que le tribunal décide de nous séparer avec
06:25ma sœur.
06:26Qu'est-ce qu'on fait à ce moment-là ?
06:48Ça aussi, c'était sur France Inter cette année.
06:50Mais c'était Johnny Hallyday et ça a donné un DJ très étrange.
06:54Ce tout jeune Quentin qui gagne la Starac en 2008 et qui, dès le départ, dès le premier album, a
07:00refusé de choisir entre le jazz et l'électro.
07:03Mais a refusé de choisir.
07:04C'est-à-dire a dit à la maison de disque parce que la Starac, c'est un million d
07:07'euros.
07:08Mais en réalité, c'est des versements pour créer un album, pour devenir un artiste.
07:11À l'époque, en tout cas, je n'ai pas commencé aujourd'hui.
07:15Et donc, c'était, on m'a demandé, en fait, c'était quoi ?
07:18C'était le petit garçon qui dit, on m'a demandé de choisir toute mon enfance entre papa et maman,
07:22entre la Suisse et la France.
07:23Vous n'allez pas me demander de choisir maintenant ?
07:25À 20 ans ?
07:26C'est exactement ça ?
07:27C'est exactement ça, Sonia.
07:28Je ne comprenais pas.
07:29Je ne comprenais pas pourquoi il fallait absolument qu'on soit dans une case.
07:32Et même adulte aujourd'hui, je l'ai compris et j'ai réussi à travailler sur ça.
07:36Mais quand je sors de l'émission, on me dit, je me souviens de cette réunion avec la maison de
07:41disque qui me dit,
07:41« Mais attends, Mosey, là, on ne peut pas faire un double album parce que le plastique, ça coûte cher,
07:45etc. »
07:46Parce que le plastique, ça coûte cher ?
07:48Oui, je suis parti faire un devis.
07:50Je me souviens du nom de la société encore qui s'appelle Level.
07:52Je suis allé chez Level, je leur ai dit, est-ce qu'on peut faire un double album en carton
07:55?
07:55Oui, bien sûr.
07:56Il coûtait moins cher que leur devis à la con en plastique.
07:58Et j'étais extrêmement content.
08:00Je suis allé à la maison de disque avec mon petit devis en disant,
08:02« Vous voyez, ça coûte moins cher, on peut le faire. »
08:03Parce que Johnny Hallyday, c'était sur scène à la Starac.
08:07Bien sûr.
08:07Le mec que j'ai en face de moi, là, le Quentin, avec ses cheveux et son affreux gilet de
08:14costume.
08:15Il a chanté avec Johnny.
08:17Même mieux que ça, tu sais que j'ai toujours eu un lien spécial avec Johnny.
08:20Déjà parce que mes premiers concours de chant, c'était en chantant « Ce que je sais », en chantant
08:24« Retiens la nuit ».
08:25Et puis je me souviens, le lendemain de la victoire, j'étais au téléphone et j'avais un double appel
08:31qui n'arrêtait pas d'essayer de m'appeler.
08:32C'était Johnny ?
08:33Et j'écoute le message vocal derrière, c'était Johnny qui me félicitait de la victoire et qui me disait
08:38qu'il aimerait bien qu'on aille déjeuner un de ces quatre.
08:40Et je n'ai jamais revu Johnny.
08:44Mais pour moi, il est toujours là, évidemment.
08:46Donc, à l'âge où tu gagnes la Starac, tu aimes autant Johnny que Laurent Garnier.
08:51Complètement.
08:51Laurent Garnier qui est vraiment le pionnier de la house music.
08:54Bien sûr.
08:55Ce qui, pour une maison de disques, est totalement improbable.
08:57Ah ben, ce qui est improbable, c'est surtout que ça ne fera pas vendre à ce moment-là.
09:01Il faut bien recontextualiser, pour ceux qui n'ont pas le storytelling, c'est que moi, je suis résident dans
09:06un club à Ibiza, j'ai 18 ans, je rencontre un gars qui travaille chez TF1 qui me dit
09:10« Oh là là, un DJ qui chante, on n'a jamais eu ça à la Starac, il faut que
09:13tu le fasses. »
09:14Je fais la Starac, je gagne la Starac.
09:16Le premier truc auquel je pense en sortant, c'est de faire un album électro.
09:19Et puis, on me dit quand même qu'il faudrait peut-être penser aux gens qui ont voté pour moi,
09:22qu'il faudrait peut-être penser un peu à tout ça.
09:24Ok, double album de reprise des années 80 où je reprends les mêmes titres « Chercher le garçon », «
09:28L'aventurier », « Étienne, Étienne » en jazz et en électro.
09:31Le double album sort.
09:33On fait double disque d'or, ça marche très très très bien.
09:35Sauf qu'il y a un moment de trop.
09:37Il y a un moment où ce qui, moi, me fait du bien, c'est de me retrouver devant 400
09:43personnes dans un club, que ça sente la transpiration et que je joue pendant 4 heures.
09:47Et le pouvoir et l'ascendant d'un homme comme Laurent Garnier, d'un artiste comme Laurent Garnier, arrive à
09:53ce moment-là.
10:06Ça, c'est un énorme carton, non ?
10:08Ça marche bien, je suis très très heureux, ouais.
10:10C'est fou.
10:11Encore une rencontre des Dream Tracks qui a abouti, quoi.
10:15Tu racontes ?
10:15J'ai rencontré Gaëtan Roussel au même titre que j'avais rencontré Skip The Use en leur disant « Est
10:20-ce que je peux réaliser le track de vos rêves comme j'ai l'habitude de le faire sur les
10:22réseaux ? »
10:23Et Gaëtan est parti un petit peu plus loin que prévu, exactement comme Skip The Use quelques semaines plus tôt.
10:28Gaëtan Roussel, c'est un son de l'enfance.
10:30Ça aussi, tu l'as raconté sur France Inter.
10:32Bien sûr.
10:33C'est Louise Attac, assis sur les genoux de ton beau-père, en train de conduire la voiture en haut
10:36de sa voie.
10:37J'ai un lien très très fort avec Gaëtan, avec sa voix, avec ce qu'il défend, avec ce qu
10:41'il a raconté avec ses albums de Louise Attac.
10:43Et d'avoir la chance de partager ce titre aujourd'hui, l'autorisation et surtout de voir que le public
10:49l'accueille.
10:49Toutes les semaines, tu postes des vidéos de toi mixant dans les festivals et dans les clubs.
10:54Tous les jours.
10:54C'est plus 400 personnes.
10:55Il y a un peu plus de monde.
10:56C'est des milliers de gens qui dansent en face de toi.
10:59Elles sont stupéfiantes, ces vidéos.
11:01C'est-à-dire que tu es filmé généralement sur le côté, mais souvent la caméra est derrière toi.
11:06Et donc, on te voit face au platine, de dos et devant une marée humaine.
11:11Et moi, j'aimerais bien savoir ce qui se passe là, parce que c'est un pouvoir phénoménal qu'a
11:16le DJ.
11:17J'aimerais bien savoir ce qu'on ressent quand des milliers de gens se soulèvent en même temps et entrent
11:21en transe, quand, bam, on a lancé un son.
11:24J'ai bien une petite idée.
11:26C'est-à-dire ?
11:26Tu fais du sport un peu ?
11:28Non.
11:28Alors, pour tous les gens qui font du sport, qui nous écoutent, qui ont un peu la passion d'aller
11:32courir le matin, etc.
11:33Quand tu fais du sport depuis quelques mois, ce moment où tu viens de faire une bonne séance de sport,
11:39où tu prends ta douche et tu sors de la douche.
11:41Ça là, ce sentiment-là, ce truc où tu sors, tu respires.
11:45J'achète pas du tout.
11:45C'est ça pendant deux heures sur scène.
11:48C'est ce truc où tu dis, je suis bien, je suis avec les gens.
11:51C'est une communion si spéciale.
11:54Ça, c'est sortir de la douche ?
11:56Je jure.
11:57Faut que tu le fasses.
11:59Parce que ça se voit sur les vidéos, c'est un truc de toute puissance, mais absolu.
12:02Il n'est pas là, le petit garçon qui enfin a pris le pouvoir ?
12:05Bien sûr.
12:07Qui enfin dit, c'est moi qui décide, c'est moi qui ai le pouvoir sur les corps, c'est
12:10moi qui ai le pouvoir sur les émotions, c'est moi qui ai le pouvoir sur le mouvement.
12:15Je suis d'accord qu'à moitié, parce que les seuls qui ont le pouvoir, c'est le public.
12:20Toujours, depuis toujours.
12:22C'est eux qui ont le pouvoir.
12:22C'est pas un truc de commandant, de gourou, le petit dictateur en puissance ?
12:26Ah non, ça, je me fous de ça.
12:28Alors là, non, surtout pas.
12:29C'est les gens qui ont toujours raison, évidemment.
12:31Et dans quel état on est quand on sort de scène ?
12:34On ne recommence pas à la douche.
12:36Lessivé, mais souvent, j'enchaîne avec un club.
12:40Souvent, quand je fais un festival, il y a un after dans un club, donc je vais effectivement prendre une
12:44douche.
12:44Donc ça ne s'arrête jamais ?
12:45Non, il ne faut pas que ça s'arrête.
12:46Et juste après, on arrive à la matinale d'Inter.
12:48Absolument.
12:49Sans avoir dormi.
12:50On s'est vu deux, trois fois en nuit blanche, nous.
12:51C'est ça.
13:10C'est la voix de ta petite fille que tu as fait écouter tout à l'heure sur France Inter
13:14?
13:14Absolument.
13:16Absolument.
13:16Comment on envisage la paternité quand le divorce des parents a été aussi douloureux,
13:23quand le juge s'en est mêlé, quand il a fallu affronter les distributions alimentaires,
13:28quand on n'a vu son père qu'un week-end sur deux,
13:31quand il fallait mentir à sa mère et mentir à son père parce que c'était le conflit de loyauté
13:36permanent ?
13:36Comment on fait pour devenir père ?
13:39On fait de son mieux.
13:41On fait de son mieux.
13:41Comme de tous.
13:42Comme tous.
13:43Évidemment.
13:43Je crois que le meilleur compliment que j'ai pu voir et que j'ai pu entendre de tous les
13:47spécialistes de l'enfance,
13:48c'était un gars qui était vraiment le goutte ultime, qui a écrit des tonnes de livres.
13:51Et la journaliste lui demande quel est le meilleur conseil pour être parent.
13:55Et il dit faites de votre mieux.
13:58Et moi, je fais de mon mieux.
13:59Je vais évidemment tout faire pour ne pas réitérer un schéma traumatique chez une enfant que j'aime énormément.
14:06J'essaie d'être présent, j'essaie d'être là.
14:08J'essaie de prendre du temps.
14:09Tu es en mixant aux quatre coins du monde ?
14:11Oui.
14:12Je sais que j'ai mes rendez-vous avec elle.
14:15J'ai mes rendez-vous avec elle et ils sont précieux.
14:18Très précieux.
14:19Parce qu'avoir une petite fille, c'était prendre le risque d'être un papa absent ?
14:25Oui, mais alors si je rentre dans cette histoire-là, être papa, pour moi, c'était une utopie.
14:30Être parent, avoir un enfant, c'était de toute façon une utopie.
14:33C'était quelque chose que je ne concevais pas.
14:36Je trouvais ça égoïste.
14:40Je trouvais que c'était une hérésie de faire un enfant de nos jours avec ce monde plein de failles.
14:46Et cette petite fille, elle est arrivée par une histoire d'amitié.
14:51Parce que ma meilleure amie a décidé un jour qu'avec ou sans, elle ferait un enfant.
14:59Et donc, elle a commencé tout un processus de PMA.
15:04Elle a commencé à chercher un donneur.
15:07Et je l'ai soutenu dans sa quête, comme un ami le ferait normalement.
15:13Sauf qu'au bout du compte, après ces trois ans, quatre ans de bataille, de recherche, de savoir ce qu
15:20'on a le droit de faire, ce qu'elle avait le droit de faire, la loi qui évolue en France,
15:24les allers-retours en Belgique, en Suisse, en Espagne pour congeler les ovocytes.
15:27Il y a tout un truc.
15:28C'est très difficile pour une femme aujourd'hui de faire un enfant seul.
15:34J'ai vu tout ce processus.
15:36Et au bout d'un moment, je lui ai dit, écoute, franchement, je suis tellement aligné avec moi-même.
15:40Et je suis tellement persuadé que je n'aurai jamais d'enfant, que s'il y a bien quelqu'un
15:44qui doit te donner quelque chose, c'est moi.
15:47Donc, on a fait un contrat.
15:48On est allé chez un notaire.
15:51On a fait un contrat qui stipule que je n'ai pas de droit, pas de devoir, pas d'obligation.
15:56Et c'était parti.
15:58Un petit aller-retour en clinique.
16:01Elle est tombée enceinte.
16:03Ça s'est très bien passé.
16:04Et même quand elle revenait, de temps en temps qu'on se retrouvait et qu'elle arrivait avec l'échographie,
16:11j'étais pas touché.
16:12Et je lui disais, je lui disais, je suis juste un donneur.
16:14Je suis surtout très, très heureux pour toi, que tu vives ton histoire.
16:18Après tout ce qu'elle a fait pour moi, ça fait 20 ans qu'on travaille ensemble, 20 ans qu
16:22'on est amis, 20 ans de dévotion, de concession.
16:25Je trouvais ça normal quelque part de faire ce geste pour elle.
16:29Et à la fin de tout ça, je me souviens être rentré, pareil, que quand on se croise le matin,
16:34à 6-7 heures du matin, je rentrais d'une date.
16:36Je repassais par le bureau et elle me dit, là, je pense qu'il faudrait que tu m'amènes à
16:40la clinique.
16:41Je dis, il n'y a pas de souci.
16:42Je l'amène à la clinique.
16:43Tout se passe bien.
16:44Et puis, je lui dis, je vais y aller.
16:47Sauf que la situation est quand même spéciale.
16:49L'histoire est quand même spéciale.
16:51Elle me dit, tu ne veux pas rester ?
16:52Je dis, attends, c'est quand même spécial ton truc.
16:55Je dis, oui, je veux bien rester.
16:57Donc, je me suis mis sur le côté.
16:58J'ai vu ça.
16:59Et ce qui était fou, c'est que je n'étais toujours pas touché.
17:01Je trouvais ça beau.
17:02J'étais toujours extrêmement heureux pour elle.
17:06Mais c'était juste beau, quoi.
17:08Et le move qui change tout.
17:10Et là, je m'adresse au papa, aux mamans qui nous écoutent.
17:14Le move qui change tout, c'est la sage-femme qui dit, monsieur, ça ne vous dérange pas juste de
17:18faire le pot à pot ?
17:20Moi, je ne sais pas ce que c'est le pot à pot.
17:21J'imagine que c'est un truc comme ouvrir la porte.
17:23Je dis, oui, bien sûr.
17:24Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
17:27Et là, d'un seul coup, on a un petit corps tout chaud.
17:29Là, on me demande de mettre le porse nu.
17:31Pour ceux qui ne connaissent pas le pot à pot, on se met le porse nu, on prend le bébé
17:33sur soi et on rassure le bébé.
17:36Et là, c'est un électrochoc.
17:37C'est le plus gros électrochoc de toute ma vie.
17:40C'est Astérix qui prend la potion, quoi.
17:43Je ne peux plus m'arrêter de pleurer.
17:45Je ne peux plus m'arrêter de me dire que je vais avoir un souci technique, là.
17:51Je me souviens être retourné voir ma meilleure amie en disant, écoute, là, on a un petit souci.
17:55Ça ne va pas le faire, cette histoire.
17:56Je vais devenir père ?
17:58Ah oui, je le dis là.
18:00Je suis papa, en fait.
18:01Je suis adulte, je suis responsable, j'ai un but dans la vie et je suis papa.
18:06Sauf que dans cette position, je ne voulais pas lui voler son histoire.
18:10Je ne voulais pas manquer de respect à tout ce qu'elle avait construit, créé.
18:14Sauf que, évidemment, j'ai une meilleure amie exceptionnelle.
18:17Et elle m'a dit, non mais écoute, il n'y a pas de souci.
18:19Si tu souhaites la reconnaître, il n'y a pas de problème.
18:22Je lui ai dit, est-ce qu'on peut casser le contrat ?
18:23Elle m'a dit, oui, oui, il n'y a pas de souci.
18:25Est-ce que je peux la reconnaître ?
18:26Oui, il n'y a pas de souci.
18:27Et j'ai un petit peu abusé.
18:29J'ai un peu abusé.
18:30Pardon, pardonnez-moi pour toutes les femmes.
18:32Pardonnez-moi.
18:32J'ai dit, tu penses qu'elle peut porter mon nom de famille aussi ?
18:35Elle m'a dit, ah, t'abuses.
18:37Mais elle a quand même dit oui.
18:39Donc, il y a un baby Mozyman.
18:40Ah oui, il y a un baby Mozyman.
18:42Il y a une Aiden Mozyman.
18:43Aiden Mozyman.
18:44Aiden Brooke Mozyman.
18:46Aiden Brooke Mozyman.
18:47Eh bien, on l'embrasse très fort.
18:48Je l'embrasse fort, je pense à elle.
18:50Merci Mozyman.
18:51Merci Sonia.
18:52À l'année prochaine, dans ce studio.
18:54Ah oui.
18:55Entre-temps, il va devenir directeur de la Starhack.
18:57J'ai lu ça partout.
18:58Mais pas du tout.
18:59Moi aussi, j'ai lu ça.
19:00Je trouve ça fou.
19:01Les gens se sont emballés sur ce truc-là.
19:04Directeur de France Inter, ouais.
19:07Directeur de France Inter.
19:08Qu'est-ce qu'il y a ?
19:08Waouh, l'annonce.
19:11Merci Mozyman.
19:12Merci.
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