- il y a 1 jour
Les débats de l'été avec nos auditeurs !
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NewsTranscription
00:00Les débats de l'été, 10h-13h, Anthony Martin Smith.
00:04Il est midi 18 sur Sud Radio avec Clément Barriun qui m'accompagne.
00:09Toujours.
00:10Et puis c'est vous qui avez la parole, on attend vos appels 0826 300 300.
00:15Et puis à midi 40, le sujet de notre face-à-face, ce sera bien évidemment la situation en Iran.
00:21L'Iran qui menace de lancer une nouvelle offensive alors que les négociations avec les Etats-Unis sont au point
00:26mort.
00:27On en parlera avec le général Dominique Trinquant, l'ancien chef de la mission française auprès de l'ONU.
00:33Et on va au standard de Sud Radio 0826 300 300.
00:36On va accueillir Catherine du Pérou-sur-Marne.
00:39Bonjour Catherine.
00:40Bonjour.
00:41Bonjour.
00:42On va aussi accueillir Delphine de Pau.
00:45Bonjour Delphine.
00:46Oui, bonjour à tous.
00:48Et puis on va accueillir Gérald qui est dans Lyon.
00:51Bonjour Gérald.
00:52Bonjour à vous toutes.
00:53Merci à tous les trois d'être avec nous sur l'antenne de Sud Radio.
00:57Vous vouliez vous exprimer tous les trois sur la question de la fin de vie.
01:01C'est pour ça qu'on a fait le choix de tous vous prendre et toutes autour de la table.
01:06Je vais commencer avec Catherine.
01:08Alors Catherine, qu'est-ce que vous voulez nous dire ?
01:12Alors écoutez, moi c'est arrivé récemment, voilà.
01:16Mon père est décédé à l'âge de 89 ans au mois de mai.
01:19Je suis désolée.
01:21Et voilà.
01:21Et du coup on s'est vraiment posé la question parce qu'on est passé de quelqu'un de très
01:25autonome
01:26à quelqu'un qui a perdu complètement toute l'autonomie.
01:29Oui.
01:32Et qui nécessitait quelqu'un 24 heures sur 24.
01:37Delphine, non ?
01:38Pardon, excusez-moi.
01:40Ok.
01:41Non, non, excusez-moi, excusez-moi Catherine, pardon.
01:42Rien à voir.
01:43Excusez-moi.
01:44Continue, excusez-moi.
01:46Et qui, sous assistance respiratoire, en perdant également ses facultés cognitives.
01:56Oui.
01:57Et dans le cas, on a eu de la chance d'être très bien accompagné par un médecin généraliste,
02:02son médecin généraliste, qui nous a dit, quand il avait un peu de clairvoyance,
02:10vraiment avoir ce dialogue avec lui, voilà, comment il veut mourir,
02:14ou est-ce qu'il veut mourir, est-ce qu'on l'emmène à l'hôpital, etc.
02:20Et c'était une discussion, pardonnez-moi l'expression, mais facile entre guillemets à avoir avec lui.
02:26Vous avez réussi à aborder ce sujet de la fin de vie ?
02:29Eh bien, le médecin a été là au départ, parce qu'il le connaissait bien,
02:34donc il nous a aidé à aborder ce sujet qui était difficile pour nous.
02:39Et quelles étaient les options envisagées quand vous avez évoqué cette fin de vie ?
02:45Eh bien, est-ce qu'il veut mourir chez lui, ou est-ce qu'il veut être dans un EHPAD
02:52?
02:53Est-ce qu'en dernier recours, on l'emmène à l'hôpital ou on l'est chez lui, voyez,
02:59s'il y a besoin de ce genre de sujet ?
03:02Et il a été très clair, c'était chez lui.
03:03Et Catherine, vous, personnellement, comment vous l'avez vécu, cette volonté ?
03:13Qu'il l'exprime ?
03:16Je l'ai comprise.
03:18Le problème, c'est que sa maison a fini par ne plus être adaptée
03:23au fait qu'il avait perdu toute mobilité, toute...
03:28Enfin, vous voyez, il y a quelqu'un 24 heures sur 24.
03:34Vous, Gérald, vous êtes favorable, justement, à ce que l'on puisse accompagner les gens en fin de vie ?
03:42Oui, absolument.
03:43Moi, je l'ai vécu deux fois, au moins deux fois, mon père et ma mère.
03:49Alors, mon père était effectivement quelqu'un de très actif,
03:52quelqu'un qui bougeait beaucoup, qui avait vécu, je dirais, des choses très fortes dans sa vie.
03:58Et puis, malheureusement, il contracte un glioblastome, c'est un cancer térébral incurable.
04:04Donc, il avait perte, effectivement, de tout contact.
04:09Il ne pouvait même plus manger lui-même, il ne pouvait plus parler.
04:12Enfin, c'était horrible.
04:13Et en fait, la problématique que moi, j'ai vécu, c'est qu'il a été mis dans un...
04:18Mon père a été placé, pardon, dans une institution de sa vie,
04:22mais qui, malheureusement, ne voulait pas...
04:24Moi, je voulais que mon père, on l'aide à partir.
04:26Voilà. Alors, c'est peut-être terrible, ce que je dis.
04:28Mais je voulais absolument que mon père ne souffre pas.
04:31Or, il n'était pas capable de parler.
04:33Ça, c'est le problème.
04:36Donc...
04:36Et pardon, Gérald, mais justement, c'est ça, moi, ce qui m'intéresse.
04:39Vous dites qu'il n'était pas capable de parler.
04:41Mais est-ce que c'est un sujet que vous aviez pu évoquer avec lui avant,
04:45quand il était encore en capacité de pouvoir s'exprimer ?
04:48Non, jamais. On n'avait jamais parlé.
04:51Enfin, il avait dit, je ne veux jamais me...
04:53Alors, ce qu'il avait dit, c'est que je ne veux pas me retrouver dans un lit sous perfusion,
04:57etc.
04:58Je ne veux pas qu'on se la ferme.
04:59C'est peut-être une des rares phrases qu'il m'avait communiqué.
05:03Or, moi, j'en avais parlé avec ma mère.
05:04Ma mère s'y était formellement opposée.
05:06Elle ne voulait pas qu'on aide mon père à partir.
05:08Et elle était dans une institution qui était absolument contre l'aide à mourir.
05:14Voilà, ça, c'était le premier point.
05:16Et j'ai vécu ça une deuxième fois avec ma mère,
05:18où là, ma mère a fait un coma dépassé.
05:22Donc, après, on a vu avec l'équipe, qui m'a dit, qu'est-ce qu'on fait ?
05:25Est-ce que vous souhaitez que votre maman soit sous assistance répiratoire ?
05:29Est-ce que vous voulez qu'on la mette aux perfusions permanentes ?
05:32Et moi, j'ai dit non.
05:33Je ne veux pas qu'on ne s'acharme surtout pas.
05:36C'était terrible, peut-être.
05:38La décision d'un fils pour ses parents, c'était terrible.
05:45Oui, bien sûr que c'est dur.
05:47Et puis, on se retrouve, c'est vrai, souvent seul face à devoir prendre cette décision
05:52qui est effectivement terrible.
05:55Mais c'est là aussi, dans ces moments-là, où on a besoin d'un accompagnement aussi.
06:01Là, quand on aime ses parents, on ne veut pas les voir se dégrader.
06:06Le problème, c'est cette histoire.
06:09Oui, je sens votre émotion, Gérald, effectivement.
06:13Et c'est très difficile de savoir si on prend la bonne décision,
06:18quand bien même on est convaincu que c'est bon ou que c'est mauvais de s'acharner, etc.
06:24Ce n'est jamais une bonne décision.
06:25Il faudrait peut-être davantage qu'il y ait d'accompagnement psychologique.
06:29Peut-être que c'est déjà le cas.
06:31Je n'ai pas vraiment été confronté, moi, à cette situation.
06:34Mais Delphine, d'ailleurs, je dis ça, mais n'importe quoi.
06:38Delphine, excusez-moi, ce sujet me perturbe beaucoup.
06:41Je pense que ça s'entend.
06:41Je suis désolé, mais ça vous montre aussi
06:43à quel point c'est difficile de prendre de la distance
06:47dans ces sujets que nous abordons.
06:49Delphine, de Pau.
06:52Delphine, vous êtes là ?
06:54Vous nous appelez 0826-8300-300.
06:57Bonjour Delphine.
06:58Vous m'entendez ?
06:58Oui, on vous entend, Delphine.
07:00Racontez-nous.
07:01Oui.
07:01Alors, donc, on n'a qu'une certitude dans la vie,
07:04c'est qu'on va tous mourir.
07:05Moi, je trouve que la mort est complètement tabou.
07:07Donc, l'aide à mourir officiellement autorisée en France,
07:11j'ai envie de dire alléluia.
07:12Merci pour toutes ces associations qui se sont battues.
07:15J'ai vécu ce drame il y a presque 20 ans.
07:18Mon mari avait 38 ans quand il est tombé malade.
07:21Cancer incurable.
07:22Du jour au lendemain, on lui dit,
07:24vous avez pour six mois à vivre maximum deux ans.
07:27Donc, j'ai vu mon mari mourir à petit feu sous mes yeux.
07:31Donc, moi, je suis pour l'aide à mourir, évidemment.
07:34Et c'est très bien de parler des personnes âgées.
07:38Mais moi, je pense beaucoup aux jeunes,
07:39aux jeunes qui sont dans la souffrance
07:41et qui n'ont pas pu être aidés à ce moment-là.
07:44Donc, j'aurais parlé de ma mort, en fait.
07:47Moi, ma mort, je la veux douce, je la veux accompagnée,
07:49je la veux à la maison, avec mes enfants,
07:52qu'on me tienne la main.
07:53Voilà.
07:54Je veux dire, on parle beaucoup de nos familles,
07:57de nos parents, etc.
07:58Mais personne ne parle de sa propre mort.
08:00Mais bien sûr, et c'est là...
08:02Comment on veut mourir, en fait ?
08:03Bien sûr, et vous avez tout à fait raison.
08:05Et c'est là aussi, c'est l'importance d'en parler
08:08et de briser, effectivement, ce tabou
08:09et de parler, nous, de notre propre mort
08:12et dans les conditions dans lesquelles on veut partir.
08:14C'est extrêmement important de poser ces mots-là.
08:17Mais c'est ça.
08:18C'est ça.
08:18Donc, moi, maintenant, toute ma famille le sait.
08:20Et maintenant, je sais que je vais...
08:22Vraiment, le jour où mes souffrances seront insupportables,
08:25moi, je ne veux pas finir squelettique,
08:27je ne veux pas finir avec des médicaments
08:30qui vont complètement me faire perdre la tête.
08:35Maintenant, je sais qu'officiellement,
08:37je peux rester chez moi, en France,
08:39et avoir droit, l'aide à mourir,
08:42officiellement autorisée.
08:43Non, mais je suis trop contente.
08:45En fait, c'est vraiment, pour moi,
08:46il était temps.
08:47Et peut-être soulager aussi les proches qui seront là.
08:50Je fais écho au témoignage de Gérald.
08:52Donc, voilà, difficulté de prendre cette décision.
08:55Mais au moins, quand les choses sont dites
08:56et quand on l'a évoqué,
08:57quand on en a parlé,
08:58je pense aussi que ça peut énormément soulager
09:01les gens qui sont autour de vous
09:02dans ces moments-là.
09:05Exactement.
09:06Il faut en parler.
09:07Il faut parler de la mort.
09:08Il faut en parler à ses proches.
09:09Il faut clarifier tant qu'on peut le faire.
09:12Et voilà, tant qu'on peut le faire
09:13et le prévoir parce que ça va arriver à tout le monde.
09:16Et ça, personne n'en parle, en fait.
09:18C'est ça, ça me...
09:19Je ne comprends pas.
09:20Delphine, vous voulez rester avec nous ?
09:23Oui.
09:24Très bien.
09:24Gérald aussi ?
09:27Gérald ?
09:28Oui, oui, je vous entends.
09:29Vous restez avec nous ?
09:31Oui, oui, tout à fait.
09:32Bon, super, merveilleux.
09:33Catherine également ?
09:35Non.
09:35Bon, super.
09:36Allez, on revient dans un instant sur Sud Radio.
09:38Vous nous appelez au 0826 300 300
09:41avec cette question qui vous fait beaucoup réagir
09:43sur la question de la fin de vie.
09:44On va avoir Henri qui nous a contacté au 0826 300 300.
09:49Clément Barguin, notre face-à-face à 12h40.
09:51À 12h40, notre face-à-face.
09:53On va parler de la situation en Iran
09:55avec les négociations qui sont au point mort
09:58avec les Etats-Unis.
09:59On va en parler avec le général Dominique Trinquant,
10:02ancien chef de la mission française auprès de l'ONU.
10:05Allez, je vais me remettre un peu
10:06et on revient tout de suite.
10:09Sud Radio.
10:11Tony Martin Smith.
10:1211h31 sur l'antenne de Sud Radio.
10:14Vous êtes très, très, très nombreux
10:15à nous appeler au 0826 300 300.
10:18On est désolés pour les appels qu'on ne pourra pas prendre.
10:20Mais merci.
10:21En tout cas, ça vous fait réagir ce sujet
10:23sur la loi fin de vie
10:24qui vient d'être promulguée par le président de la République
10:26et parue au journal officiel.
10:27Dans un instant, notre face-à-face, Clément Barguin.
10:29À 12h40, notre face-à-face,
10:31ce sera avec le général Dominique Trinquant,
10:33ancien chef de la mission française auprès de l'ONU.
10:36On va parler de la situation en Iran
10:38et le détroit d'Hormuz,
10:40décrété notamment territoire américain par Donald Trump.
10:43Des négociations complètement à l'arrêt.
10:44On va effectivement en discuter dans quelques minutes.
10:47Toujours au 0826 300 300.
10:48On a Catherine, on a Delphine, on a Gérald
10:50qui sont avec nous.
10:52Merci pour la sincérité de vos témoignages.
10:56C'est très, très fort.
10:56Ça m'a impacté.
10:57Vous l'avez entendu avant la pub.
10:58Ça veut dire que je suis toujours humain.
11:00C'est rassurant.
11:02On va accueillir Henri au 0826 300 300.
11:05Bonjour, Henri.
11:06Bonjour.
11:07Oui, bonjour.
11:08Bonjour tout le monde.
11:09Racontez-nous tout, Henri.
11:10Écoutez, j'ai beaucoup apprécié le témoignage de Delphine,
11:13ce qu'elle vient de dire,
11:14parce que moi, je suis parfaitement concerné par ça.
11:17J'ai une maladie qui commence par AC,
11:21qui vit par R.
11:23Vous allez comprendre ce que ça veut dire.
11:25Et j'avais pris déjà des dispositions
11:27il y a plus d'un an, comme ça allait très, très, très, très mal.
11:30J'avais pris des dispositions
11:31pour partir dans un pays limitrophe
11:37et faire ce qu'il faut
11:39parce que les souffrances étaient trop fortes, quoi.
11:41Beaucoup trop fortes.
11:42Maintenant, je suis plutôt bien soigné.
11:45Ça a été long pour trouver la solution.
11:48On a trouvé...
11:49Enfin, les médecins ont trouvé une solution pour moi.
11:54Ça a pas été une partie de plaisir, je vous le dis, quand même.
11:56Je suis heureux quand même d'entendre qu'il y a des solutions pour vous.
11:59Oui, entre les chimios et les opérations
12:03qui durent une dizaine d'heures.
12:06Et puis, finalement, bon, ça va mieux.
12:10Je suis heureux qu'en France,
12:11on ait pris enfin des dispositions
12:14pour des gens comme moi, quoi.
12:16Parce qu'avec mon épouse, on était d'accord.
12:19On a fait tout ce qu'il fallait pour ça.
12:22Elle aussi, elle a pris des dispositions dans ce sens-là.
12:25Les enfants sont d'accord.
12:26Enfin, tout le monde est d'accord.
12:27Mais je savais où j'allais, quoi.
12:29Je me suis dit, non, c'est hors de question
12:30de finir, comme disait Delphine,
12:33comme un légume ou comme...
12:34Non, je veux...
12:35Les gens seront autour de moi.
12:37Au moment où ça va.
12:38Mais je prendrai la décision
12:39quand il faudra la prendre
12:41parce que les souffrances seront trop fortes.
12:42C'est ce qui a été le cas à un moment donné.
12:45C'était même la panique, je vais vous dire.
12:47J'ai paniqué, quoi.
12:47Je me suis dit, non, ça va.
12:49C'est pas possible, quoi.
12:50Je peux pas continuer comme ça.
12:52Je peux pas finir au lit toute la journée
12:55et tu me tordres de douleur, quoi.
12:57C'est pas possible, quoi.
12:58Voilà.
12:58Vous entendez Delphine, ce que dit Henri ?
13:01Eh oui, c'est ça.
13:02Merci beaucoup de témoigner, monsieur.
13:04Et je souhaite beaucoup, beaucoup de courage
13:05de rien lâcher
13:07et de prévoir, effectivement,
13:09ce qui est le mieux pour vous
13:11pour traverser cette maladie
13:14paisiblement en fait.
13:16C'est gentil, parce qu'effectivement,
13:19il faut avoir une sacré niaque, je vous le dis.
13:21Il faut rien lâcher, il faut avoir...
13:22Alors, l'entourage, c'est quelque chose, c'est vrai,
13:24mais les ressources ne sont qu'à l'intérieur de la personne.
13:28Même si vous avez un entourage
13:29qui est autour de vous,
13:31moi, j'en ai un.
13:33J'ai un gros entourage qui est solide,
13:35mais quand même, les ressources,
13:38c'est à l'intérieur du bonhomme.
13:39Parce que sinon, vous lâchez tout à un moment donné
13:42et puis c'est au secours, quoi.
13:44Justement, l'entourage, Catherine,
13:48là, quand vous écoutez Henri,
13:52ça provoque quoi chez vous ?
13:55Je ne sais pas, je me dis...
14:00Heureusement que ça n'a pas été appliqué
14:02quand il le souhaitait,
14:03parce que finalement, aujourd'hui,
14:05on l'entend, il est heureux de vivre.
14:07Alors, c'est paradoxal.
14:10Moi, je voulais dire, voilà,
14:12mon père, il s'était fait opérer du cœur
14:14cinq fois il y a dix ans, etc.
14:16Et la médecine a beaucoup progressé.
14:18Et donc, merci pour toutes ces années de vie
14:20qu'ils nous ont données.
14:22Mais effectivement, vers la fin,
14:26on aurait pu encore le prolonger,
14:28l'emmener à l'hôpital,
14:29le mettre en soins palliatifs.
14:32Et c'est là où c'est compliqué, quoi.
14:35C'est que la médecine a vraiment
14:36beaucoup, beaucoup progressé
14:38et on est capable de maintenir les gens
14:42très, très longtemps, en fait.
14:45Et à partir du moment où il n'y a plus l'esprit,
14:47il n'y a plus la tête,
14:49il n'y a plus la volonté.
14:51Enfin, moi, mon père, à la fin,
14:52il savait plus s'il était vivant,
14:53il était mort, il nous demandait.
14:55Vous voyez, c'est compliqué.
14:56Mais quand il y a de la douleur, Catherine,
14:59Gérald, quand il y a de la douleur,
15:00c'est difficile de maintenir
15:03cette notion d'acharnement.
15:04Vous le disiez, votre maman voulait
15:05qu'on s'acharne pour que votre père
15:07reste en vie.
15:08C'était bien normal, elle l'aimait.
15:10Et à la fois, vous n'avez pas voulu
15:11pour elle qu'on s'acharne
15:12parce que votre père, lui-même,
15:13pour lui-même, ne le voulait pas.
15:15Tout à fait.
15:16En fait, ce que dit Delphine,
15:19c'est extrêmement important
15:20dans le sens où, moi,
15:21j'ai travaillé en cancérologie
15:22pendant près de 15 ans.
15:24J'ai vécu des moments intenses
15:26avec des gens qui avaient
15:28des traitements lourds,
15:29avaient une dégradation physique
15:31à un moment donné.
15:32Ils avaient beaucoup de...
15:34Alors, la demande était forte
15:35au moment où la souffrance
15:36était importante.
15:37Par contre, quand on donnait
15:40un traitement anti-douleur,
15:42avec de la morphine,
15:43avec des choses comme ça,
15:45le patient ou la patiente
15:46ne souhaitait plus vraiment mourir.
15:49Vous voyez, c'est très compliqué.
15:51Il faut vraiment que la personne
15:53soit dans un état, je dirais,
15:57où on ne peut pas revenir en arrière,
15:59très clair,
15:59où elle ne peut plus parler,
16:01où elle n'a plus les capacités,
16:03je dirais,
16:03mais qui a fait le nécessaire avant
16:05pour éviter toute souffrance
16:07comme moi j'ai dû vivre.
16:09On a le sentiment
16:09d'avoir tout essayé.
16:11Exactement.
16:12Donc, vous savez,
16:13les traitements anti-douleurs maintenant,
16:15alors comme dit,
16:15il y a beaucoup de progrès,
16:16il y a beaucoup d'efficacité.
16:18Vous avez une douleur atroce,
16:20on vous fait une injection,
16:21vous n'avez plus mal.
16:22Le truc, il est là aussi.
16:23Vous n'avez plus mal du tout.
16:25Donc, c'est...
16:25Alors, est-ce que la personne
16:26va encore mourir ?
16:27On ne sait pas.
16:28Et c'est très, très compliqué.
16:30Moi, j'ai vu ça avec mon père.
16:34Mon père avait des souffrances
16:36très importantes.
16:37On lui administrait un traitement
16:39pour le soulager.
16:40Mais derrière tout ça,
16:41comme il ne pouvait plus parler,
16:42comme il ne pouvait plus faire grand-chose,
16:46pour la personne vivante autour,
16:48qu'est-ce qu'elle pense ?
16:50Je veux vous remercier infiniment,
16:53tous les quatre,
16:54Gérard, Catherine, Delphine,
16:56vous, Henri, on vous souhaite
16:59beaucoup de courage
17:00dans l'épreuve que vous traversez.
17:01Oui, ça va, ça va.
17:03Je me bats.
17:04Bon, c'est l'essentiel.
17:05Battez-vous.
17:06Je vous embrasse très fort,
17:08tous les quatre.
17:09Merci infiniment.
17:11C'est vous qui faites l'antenne
17:13de Sud Radio.
17:14Et merci pour ces témoignages.
17:16Très, très fort.
17:16Moi qui m'ont touché,
17:17très personnellement.
17:18Je pense que ça s'entend.
17:21Clément Barguin, dans un instant.
17:22On se retrouve dans quelques instants
17:23pour le face-à-face.
17:25On va parler de l'Iran
17:26qui menace de lancer
17:27une nouvelle offensive
17:28alors que les négociations
17:29avec les Etats-Unis
17:30sont au point mort.
17:31On reçoit le général Dominique Trinquant,
17:34ancien chef de la mission française
17:35auprès de l'ONU.
17:36A tout de suite.
17:37A tout de suite sur Sud Radio.
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