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  • il y a 3 semaines
Les débats de l'été avec nos auditeurs !

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##PRENEZ_LA_PAROLE-2026-07-15##

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Transcription
00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:050826-300-300, on poursuit la conversation, on poursuit la discussion, on poursuit l'échange sur Sud Radio.
00:10Vous parlez vrai, vous le savez, c'est votre radio 0826-300-300, vous nous appelez, c'est le camarade
00:15Manu qui est au standard aujourd'hui.
00:18Et on vous interroge avec vous, Mathéo, sur un sujet qui est au cœur là de l'actualité.
00:22Exactement Maxime, c'est le texte sur la fin de vie qui est soumis une dernière fois aujourd'hui au
00:26vote des députés.
00:27Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué hier qu'il saisirait le Conseil constitutionnel sur une partie des dispositions après
00:34le vote.
00:34Et vous, vous réagissez donc au 0826-300-300 avec cette question que l'on vous pose, est-ce possible
00:40de mourir dans la dignité ?
00:41Question bien sûr sur les réseaux sociaux au standard 0826-300-300, vous l'avez rappelé Mathéo, il y a
00:46également les réseaux sociaux ainsi que l'application.
00:48Si on vous repose la question, c'est parce que tout à l'heure on l'a eu avec nos
00:50débatteurs à 10h30 et vous avez été très nombreux à réagir.
00:53Parce qu'il y a plusieurs questions, mourir dans la dignité, est-ce que ça signifie déjà quelque chose ?
00:57Et puis est-ce que c'est à l'État en réalité de s'occuper de ce genre de questions
01:00?
01:00Quand ça touche à l'intime, quand ça touche au privé, quand ça touche aussi parfois à des moments d
01:04'une vie où on n'a plus forcément conscience de ce qu'on fait, de ce que l'on dit,
01:08de ce que l'on pense.
01:09Vous avez certainement dans votre entourage, dans votre famille, auprès de vos amis, des proches, vous avez connu cette situation,
01:15vous avez dû gérer cette situation.
01:16Ce qui vous inquiète ou ce qui vous rassure à l'évocation de cette loi, venez témoigner 0826 300 300.
01:22Bonjour Chantal.
01:24Oui, bonjour.
01:25Merci beaucoup d'être avec nous Chantal sur Sud Radio. Comment vous regardez, vous, ce midi, cette question de la
01:30fin de vie ?
01:31Je trouve que c'est une...
01:37Je n'ai pas de mots pour dire, tellement je trouve ça horrible.
01:40C'est-à-dire, qu'est-ce qui vous frappe, qu'est-ce qui vous marque, qu'est-ce qui
01:43vous inquiète Chantal ?
01:45Déjà, la fin de vie, c'est la mort.
01:49La mort, ça fait partie, on naît, on vit, on meurt.
01:54C'est un cycle normal.
02:04Ensuite, mourir dans la dignité, j'ai déjà dit sur votre antenne, je voudrais déjà qu'on essaye de vivre
02:11dans la dignité.
02:13C'est-à-dire qu'il y a quoi ?
02:15Est-ce que, Chantal, vous faites partie des personnes, non pas inquiète parce que le mot est trop fort,
02:18mais en tout cas, circonspecte à l'idée, tout d'un coup, que des politiques mettent au centre de leurs
02:23préoccupations
02:24cette idée de mort qui, plus est, à la fin d'un quinquennat ?
02:27Non, non, mais je suis très inquiète.
02:29En plus, bon, moi, je suis personnel de santé.
02:35Je suis quelqu'un qui a un handicap.
02:39J'ai perdu la vue à 19 ans.
02:41Je peux vous dire que si quelqu'un était venu me dire, à 19 ans, est-ce que vous voulez
02:46qu'on vous aide à partir,
02:47et j'aurais peut-être dit oui.
02:49Vous savez ?
02:50Donc, je crois que ce n'est pas au moment où les gens sont vulnérables pour leur poser la question
02:55et qu'on est 48 heures pour réfléchir.
03:00Deuxièmement, je pense qu'il y a la loi Léonetti, avec les directives anticipées,
03:05qui sont là pour ça, pas d'acharnement thérapeutique, développer les soins palliatifs,
03:09qu'ils n'ont pas fait.
03:11Qu'ils n'ont pas fait.
03:13Donc, il y a d'autres moyens qu'on accompagne, les personnes et les familles,
03:18je ne veux pas en tant que professionnels de santé.
03:21C'est tout à fait normal.
03:23Ce n'est pas à nous de décider.
03:26Maintenant, si les gens veulent se suicider, c'est leur problème.
03:29Ça ne me regarde pas.
03:31C'est un choix.
03:32En fait, ce qui vous inquiète aussi, Chantal, les deux points que je comprends dans notre conversation,
03:36dites-moi si je me trompe, mais le premier point, c'est une véritable inquiétude
03:40quant à aujourd'hui ce que peuvent représenter les soins palliatifs en France.
03:43Mais il y a aussi, pour un choix aussi intime, le problème que l'État s'en mêle, c'est
03:48ça ?
03:49Exactement.
03:50Et puis, c'est les cas par cas.
03:53Chaque personne a vécu quelque chose.
03:55Quand on fait une loi, c'est pour l'intérêt général.
04:00Ce n'est pas pour nos exemples à chacun.
04:03Donc, bien entendu, il y a 40 ans, on ne gérait pas aussi bien la douleur.
04:09On accompagnait moins bien.
04:12Quoique les familles étaient beaucoup plus entourées, les malades et les proches étaient là,
04:16les gens mouraient aussi à la maison.
04:17C'est encore autre chose.
04:20Donc, on est dans une société où on va commencer par les gens qui sont disant
04:24On demande surtout qu'entre les maladies dont on connaît, comme la maladie de Charcot,
04:30où on connaît la faim, après, ça va être l'handicap.
04:35Quelqu'un qui est tétraplégique, c'est terrible.
04:37Mais c'est un handicap.
04:39Ce n'est pas une maladie.
04:40On peut vivre 40 ans en étant tétraplégique.
04:44Donc, où s'arrête la limite ?
04:46Les maladies mentales, c'est-à-dire qu'un stress, une détresse psychologique...
04:52Évidemment, Chantal, évidemment.
04:53Donc, après, on va nous mettre les mineurs.
04:55On a vu, c'est passé aux Pays-Bas, un enfant de moins de 12 ans.
04:59Après, on va nous mettre même les personnes âgées qui n'ont plus les moyens de se loger,
05:04qui ne peuvent plus rester à la maison.
05:06Oui, vous, Chantal, vous rejoignez aussi, c'est la discussion un peu qu'on avait tout à l'heure,
05:09c'est-à-dire que tout d'un coup, un projet de loi qui soit fait pour la fin de
05:12vie,
05:12on va dire pour un rapport au corps, pour un rapport à la mort aussi,
05:16si tout d'un coup, il est déployé comme il se doit par cette loi,
05:19devienne à un moment ou un autre un argument économique.
05:23Mais ça en est un.
05:25Ça en est un.
05:27Mais vous aussi, Chantal, pardonnez-moi, vous avez aussi une position intéressante en tant que personnel de santé.
05:31Ça va aussi avoir des conséquences sur votre métier.
05:34Je ne sais pas ce que vous êtes précisément, quand vous dites personnel de santé,
05:37c'est quoi votre métier précisément, Chantal ?
05:38Moi, j'étais chimie-thérapeute.
05:40Je travaillais dans un centre de rééducation.
05:43Où j'ai eu des personnes, des patients avec des maladies de charcot.
05:47On a eu beaucoup de personnes âgées qui, des fois, avaient fait une chute,
05:51s'étaient cassés le bassin, etc.
05:53Les personnes âgées, quand elles se voient dans le cercle hospitalier,
06:00pour eux, c'est infernal.
06:01C'est-à-dire que quand ils arrivaient de l'orthopédie en rééducation,
06:06qu'ils avaient 90 ans, qu'est-ce qu'ils disaient, les gens ?
06:10Ils disaient, mon Dieu, j'en ai marre.
06:12Mais oui, il faut que vous le dites.
06:13Allez, venez, on va travailler, on va y arriver.
06:16Ils disaient, non, mais laissez-moi mourir.
06:17C'est ce qu'on appelle le syndrome de glissement.
06:22Donc, si à chaque fois qu'une personne âgée m'a donné cette information,
06:28et que j'avais dit, dire au médecin, voilà, elle veut mourir,
06:30et qu'elle n'avait que 48 heures à changer,
06:31alors qu'il faut leur apporter du réconfort, de l'amour, de la générosité, de peur.
06:40Oui, c'est ce qui prime.
06:41Merci beaucoup, Chantal, d'avoir été avec nous sur Sud Radio ce midi au 0826 300 300.
06:45On a entendu vos inquiétudes, presque aussi la pointe de colère,
06:48tout d'un coup, de ne pas forcément réaliser ce que sous-entend ce texte,
06:51de le mettre à disposition, même si l'expression est certainement maladroite,
06:55mais de certains patients en souffrance, avec votre expérience,
06:57vous venez de le dire, Chantal, de kinésithérapeute,
06:59ce que parfois, ce que les patients veulent, c'est du soutien, c'est du réconfort,
07:04c'est certains mots qu'ils n'entendent pas forcément,
07:05et ce syndrome de glissement que vous décrivez,
07:07presque la facilité de l'accès à la mort, méfions-nous de ça aussi.
07:10Merci beaucoup de votre témoignage, Chantal,
07:12et je vous souhaite une très belle journée sur Sud Radio.
07:150826 300 300, sujet important pour vous, amis auditeurs,
07:18qui nous concernent, qui va nous concerner,
07:20qui va même, à un moment ou à un autre, faire passer peut-être la France
07:22dans une autre catégorie de pays,
07:24le pays qui donne la mort,
07:26comme plein d'ailleurs de voisins européens autour de nous.
07:28C'est un véritable che-mangement,
07:29mais de philosophie, c'est quelque chose de très profond pour le pays.
07:330826 300 300,
07:35est-ce qu'on peut vraiment mourir dans la dignité ?
07:38Est-ce que c'est à l'État de gérer ces questions-là ?
07:40Venez témoigner, dialoguer, partagez avec nous vos avis,
07:42vos opinions, vos idées, au 0826 300 300.
07:45Nicolas, vous êtes avec nous, bonjour.
07:47Oui, bonjour.
07:49Merci beaucoup d'être avec nous, Nicolas, ce midi.
07:52C'est avec plaisir.
07:53J'avais deux avis à donner.
07:55Le premier avis, c'est une expérience malheureusement personnelle,
07:58j'ai ma maman qui avait 90 ans
08:00et qui glissait doucement vers l'Alzheimer.
08:04Elle a de moins en moins de mémoire.
08:06Et depuis des années, elle voulait en finir.
08:08Elle a essayé la Belgique,
08:12la Suisse, le Luxembourg,
08:13mais comme elle n'avait pas une maladie de souffrance,
08:18dans le sens de cancer,
08:19personne ne voulait l'aider.
08:22J'imagine qu'il y a aussi la question,
08:24Nicolas, pardonnez-moi de vous interrompre,
08:25mais il y a aussi, j'imagine, la question quand il y a l'Alzheimer,
08:28la question de savoir si la personne,
08:31oui ou non, a toute sa tête.
08:32Est-ce qu'elle est dans une période, on va dire,
08:34de réalisation de ce qui se passe
08:35ou elle est dans une période sans mémoire ?
08:37J'imagine que pour les médecins,
08:38ça aussi, ce n'est pas quelque chose
08:39qui peut être tranché facilement.
08:41Alors, moi, elle n'était pas du tout d'accord avec ça
08:44parce qu'elle avait fait une lettre bien avant,
08:47en disant, moi, dès que vous pouvez m'aider à partir,
08:54vous le faites-le.
08:55C'est-à-dire que sa décision a été prise
08:58et de quel droit on la force à rester ?
09:02Donc, c'est moi qui ai dû l'aider,
09:04parce qu'elle ne me reconnaissait pas,
09:06et comme je n'avais pas de personne
09:08qui voulait m'aider dans ce sens-là,
09:10il a fallu que je cumule les médicaments
09:12pour lui donner, lui l'administrer et l'aider.
09:14Et jusqu'à la fin, elle m'a dit,
09:16vas-y, aide-moi, je n'en peux plus.
09:18Donc, il y a plus...
09:18C'est presque vous, Nicolas,
09:20c'est un témoignage très fort que vous nous racontez ce midi.
09:22Dis-vous, Nicolas, vous avez presque dû,
09:24littéralement, aider votre maman à mourir.
09:27Je n'ai pas eu presque dû, je l'ai aidé.
09:32J'ai remplacé...
09:34Je l'ai fait, parce que ça faisait des ailes
09:37qu'elle n'en voulait plus.
09:38Elle était consciente quand elle m'a dit ça,
09:40juste avant que je l'aide.
09:42Et j'avais un autre raisonnement par rapport à Chantal.
09:46C'est très joli de vouloir aider les gens.
09:48Mais quand vous mettez des gens
09:50qui ont des problèmes de santé, de ci, de ça,
09:52ils se sont aidés pendant 5 minutes par jour
09:54par des infirmières qui n'ont pas le temps
09:56parce qu'elles ne sont pas assez moroses.
09:57Et elle est où, l'aide ?
09:59Ça veut dire que pendant 5 minutes par jour,
10:00on l'aide, pendant le reste du temps,
10:02les gens se morfondent et attendent la mort.
10:04C'est ça, l'aide que Chantal propose ?
10:07Il faut se rendre compte de la réalité.
10:10Et toutes ces EHPAD,
10:12je suis désolé, mais les EHPAD et le gouvernement,
10:15ils sont tous de mèche, à mon avis.
10:16C'est juste une source de revenus
10:19et une source d'emplois pour l'État
10:21pour avoir moins de personnes au chômage
10:24et trouver des emplois.
10:25C'est pour ça qu'on ne va pas accéder à leurs demandes.
10:28Parce que si on accède à leurs demandes,
10:30il n'y aura plus personne dans les EHPAD.
10:31S'il n'y a plus personne dans les EHPAD,
10:33les gros groupes financiers n'auront plus l'argent.
10:37Nicolas, pour revenir au cœur de votre témoignage,
10:40comment ça s'est passé aussi avec votre maman ?
10:42Parce que j'imagine,
10:43et je pense à tous ceux qui sont en train de nous écouter actuellement,
10:46ils disaient,
10:46attendez, mais comment un fils a pu aider sa maman à partir ?
10:49Vous aviez des médicaments à proximité ?
10:52Vous avez demandé de l'aide à des médecins à l'étranger ?
10:56À des médecins autour de vous ?
10:57Pas du tout.
10:59On a fait le tour des médecins avec ma maman.
11:02C'est ma maman qui demandait à plusieurs médecins,
11:04aidez-moi, j'en peux plus,
11:06ma vie est en enfer,
11:07j'ai plus le goût,
11:09même si je passais la voir régulièrement,
11:11une fois par jour, ça ne suffit pas.
11:13On ne peut pas aider les gens 24h sur 24.
11:16Et après, on m'a lâché des noms de médicaments comme ça,
11:20je m'en suis fait précrire pour moi,
11:22je les ai cumulés,
11:24et quand elle m'a demandé de lui donner,
11:26je vais les donner.
11:27Et comment on se sent, Nicolas,
11:28quand on prend une telle décision,
11:29même si c'est en accord avec sa maman ?
11:30On imagine à quel point, pour un fils,
11:32c'est l'une des situations face à laquelle
11:34on n'aimerait jamais se retrouver confronté.
11:37Surtout quand l'opération des médicaments ne fonctionne pas jusqu'au bout.
11:45Donc comment on se sent après ça ?
11:48Comment on réagit ?
11:49Comment on y réfléchit a posteriori ?
11:52Moi, je n'y pense tous les jours.
11:55Mais c'était sa volonté,
11:57et elle était malheureuse.
11:58Donc il arrive un moment,
12:01vouloir maintenir les gens en vie,
12:05c'est de la philosophie.
12:06Vous n'êtes pas dans la peau des gens.
12:08Si les gens sont malheureux,
12:10souffrent,
12:11on ne peut pas aider tout le monde.
12:12Et puis il y a des gens qui ne veulent pas être aidés.
12:14Donc forcément,
12:15on est obligé parfois de prendre des dix ans.
12:17Ça reste leur choix de vie.
12:20Parce qu'ils ont traversé différentes épreuves,
12:23parce qu'il y a 80, 90 ans,
12:26on a envie de tourner la page.
12:27Oui, et ça, c'est ce que vous avez fait,
12:30visiblement, avec beaucoup de courage aussi avec Vogue Maman.
12:31Merci beaucoup Nicolas d'avoir été avec nous sur Sud Radio
12:34pour apporter ce témoignage de la loi sur la fin de vie.
12:36Vous n'étendez Nicolas, vous n'étendez Chantal.
12:38L'une était soignante.
12:39Nicolas a eu une épreuve plus que douloureuse.
12:41Vous venez de l'entendre dans l'intimité.
12:42Est-ce que c'est à l'État de s'occuper de ces questions-là ?
12:44Mathéo, c'est la question aussi qu'on pose aux auditeurs
12:46qui plus est avec un contexte politique
12:47qui va se jouer dans les prochaines heures
12:49autour de cette question de la fin de vie.
12:50Oui, Maxime, puisque ce texte est soumis
12:53pour la dernière fois aux députés
12:55aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
12:57Et le Premier ministre Sébastien Lecornu
12:59a indiqué hier qu'il saisirait ensuite,
13:01une fois ce vote terminé,
13:03le Conseil constitutionnel.
13:04Et c'est dans ce cadre-là qu'on vous interroge,
13:06amis auditeurs.
13:070826 300 300, vous avez entendu Chantal,
13:10vous avez entendu Nicolas à l'instant,
13:11vous avez peut-être vous aussi un témoignage,
13:13une interpellation, des interrogations,
13:15peut-être aussi même des volontiers, des convictions.
13:17L'antenne de Sud Radio est faite pour ça,
13:18vous le savez, vous parlez vrai,
13:20on vous écoute, Sud est votre radio.
13:21Et on vient dans une poignée de secondes.
13:22A tout de suite.
13:230826 300 300.
13:24Sud Radio.
13:26Parlons 10h-13h, Maxime Liedot.
13:30Avec Mathéo Lamblot sur l'antenne de Sud Radio,
13:32on vous interroge, amis auditeurs.
13:330826 300 300, un sujet particulièrement d'actualité.
13:36Et on veut l'avis des auditeurs, Mathéo.
13:37Et oui, exactement, vous continuez à réagir sur ce texte sur la fin de vie,
13:41soumis une dernière fois aujourd'hui au vote des députés.
13:44On vous pose cette question au 0826 300 300,
13:47est-ce possible de mourir dans la dignité ?
13:49Et vous venez participer également à la conversation via les mails,
13:52sur Sud Radio, le site et l'application,
13:54ainsi que les réseaux sociaux.
13:55Vous avez entendu Chantal et Nicolas,
13:57tout à l'heure, deux témoignages extrêmement forts,
13:59opposés, bien sûr, presque complémentaires.
14:01L'un, l'une soignante, en disant que je ne crois pas sur la fin de vie,
14:04je vois ce que c'est dans le cabinet,
14:05et quelqu'un qui l'a vécu dans sa chair, cette obligation,
14:07qui plus est, avec un être de sa famille, sa maman,
14:10dans l'obligation de l'aider à partir,
14:12faut-il légiférer ?
14:13Et ça, l'état de faire tout ça ?
14:14On vous pose la question, comme vient de le dire Mathéo,
14:170826 300, 300, vos témoignages sont nombreux,
14:19à commencer par le vôtre, Eve, bonjour.
14:22Oui, bonjour, je vous écoute.
14:24Merci beaucoup d'être avec nous ce midi, Eve.
14:26Comment vous regardez cette question, vous ?
14:29Écoutez, il y a des moments où j'ai envie de réagir,
14:31puis il y a des moments où je me dis, ça ne sert à rien.
14:33Mais puisque vous me donnez la parole,
14:35eh bien, je vais essayer de l'apprendre
14:38d'une manière la plus simple possible.
14:42Je suis pour, en fait, je ne suis pas suffisamment,
14:47comment dire, je ne suis pas suffisamment,
14:50je ne suis du verbe suivre,
14:52je ne suis pas suffisamment les textes de loi
14:54pour dire exactement ce qu'il serait permis de faire
14:58ou d'interdire ici, dans notre pays, la France.
15:01Par contre, je trouve que, par exemple,
15:05ce qu'il y a en Suisse est une ouverture
15:09sur la liberté individuelle.
15:12Je parle bien de liberté, c'est-à-dire que,
15:15effectivement, lorsque l'on est sain de corps et d'esprit
15:19et qu'on déclare, même avant d'avoir la maladie d'Alzheimer,
15:23ou de maladie encore Alzheimer,
15:25ce n'est pas si grave que ça, c'est grave.
15:27Mais je veux dire qu'on n'est peut-être pas malheureux,
15:29surtout si on n'a pas d'autres mots, M-A-A-U-X.
15:33Bien sûr.
15:34Par contre, je ne sais pas si l'État peut trancher,
15:41la seule chose qu'il y a, c'est qu'il ne faut pas tomber
15:44dans des textes de loi qui pourraient accuser des médecins
15:47d'avoir donné la mort.
15:49Ce matin, vous aviez, je ne sais pas le nom de la personne
15:53qui était interviewée et qui disait « Tuer ».
15:57Tuer en parlant de mourir.
16:00Entre se donner la mort et tuer quelqu'un,
16:05entre demander à être aidé à mourir et tuer quelqu'un,
16:10vous n'avez absolument pas réagi en fin d'antenne.
16:13S'il y a quelqu'un qui a repris un petit peu derrière...
16:16C'est moi qui ai repris, en disant qu'on ne pouvait pas dire...
16:19Eh bien, bravo !
16:20Pardon, c'est vrai, moi je comprends que ce soit une opinion,
16:23mais on ne peut pas non plus caricaturer le débat à ce point.
16:25Quand bien même c'est dit pour provoquer et pour faire des parallèles philosophiques,
16:28il faut toujours être vigilant à ce qu'on dit,
16:30parce qu'il y a des gens qui sont dans la souffrance,
16:31il y aura aussi une loi, un cadre, quand bien même on n'est pas d'accord.
16:34On ne peut pas dire que ça fait le lien avec des slogans fascistes
16:36ou que c'est pour tuer plus vite, ça, ce n'est pas vrai.
16:39Non, mais non, bien sûr, justement.
16:41Moi, je suis entourée de, dans ma famille,
16:46quelqu'un qui a des mots, quelque chose qui est invisible
16:49et qui vient d'atterrir dans un EHPAD.
16:51Quand tu vas la voir dans l'EHPAD,
16:54je n'ai rien à dire parce que je ne sais pas
16:56si quelqu'un voudrait ou pas arrêter,
17:00mais c'est moi, moi je trouve que la vie,
17:02c'est quelque chose, entre guillemets, de vivant.
17:05C'est-à-dire que...
17:06Merci beaucoup, Ève, d'avoir été avec nous.
17:08On a bien compris les différentes notions,
17:10mais aussi l'importance des mots qu'on doit utiliser
17:12quand on aborde ce sujet, notamment sur la fin de vie.
17:14Et puis, vous vous avez rappelé, en conclusion,
17:16c'est vrai, l'importance aussi de ce que représente un tel geste
17:20et l'importance de la vie aussi qu'on néglige parfois dans ces débats-là.
17:240826-300-300, vous êtes nombreux à réagir
17:27et vous en faites partie de ces réactions.
17:28Serge, bonjour.
17:29Oui, bonjour, oui, je vous écoute avec attention.
17:32Merci beaucoup, Serge, dites-nous.
17:33Le témoignage de Nicolas, il est poignant.
17:35Non, en fait, moi, je voulais dire qu'il aurait été mieux de faire un référendum.
17:43Moi, j'ai vu pour ma maman, où elle était en fin de vie, je dirais, toute seule,
17:49c'est-à-dire que, ben, elle vieillissait, quoi.
17:51Et quand j'ai été voir les médecins, etc., ils m'ont dit, bon, maintenant, on lui donne, je ne
17:55sais plus,
17:56un truc au sucre ou un traveineuse.
17:58Bon, j'avais compris qu'elle partait.
18:00Et parce qu'il ne la soignait plus, quoi, et ce n'était plus la peine.
18:04Je ne suis pas vraiment intervenu.
18:06Et j'ai vu, je me suis dit, bon, mais j'avais vécu ça aussi avec ma grand-mère, c
18:10'était pareil.
18:11Ou à la fin, je ne sais plus ce que c'est, c'est du goutte-à-goutte au sucre.
18:15Moi, je ne suis pas médecin, je n'y connais rien.
18:16Mais j'ai vu ça.
18:17Et j'aurais aimé, en fait, qu'il y ait un référendum et qu'on explique aux gens
18:21quel est le bourg, quel est le contre, et que les Français donnent leur avis
18:26parce que je ne suis pas certain que les députés...
18:29Moi, mon député ne me représente pas, quoi.
18:32Donc, il ne va pas me dire oui, il ne va pas dire non.
18:35Enfin bon, j'aurais aimé que ça soit...
18:38Parce que je n'ai pas un avis tranché.
18:40Parce que les médecins le même, déjà.
18:41C'est aussi important ce que vous dites, Serge, sur ce sujet,
18:44parce qu'il y a aussi des critiques de la part des camps et d'autres.
18:47Globalement, le camp politique dit
18:48« Oui, mais on a pris le temps, on a fait les conventions citoyennes,
18:51on a fait le débat, plusieurs fois au Sénat, trois fois,
18:53on revient devant l'Assemblée nationale. »
18:55Donc, les discussions, elles ont eu lieu.
18:56Mais vous, pourtant, Serge, en tant que citoyen,
18:58vous vous dites « Oui, mais peut-être que l'espace public,
19:00peut-être même que le politique n'a pas fait suffisamment encore ce travail
19:03de pédagogie, d'explication, de travail sur le texte,
19:07ensuite pour venir nous l'expliquer, pour qu'on prenne une décision éclairée. »
19:10C'est ce que vous dites, nous, citoyens.
19:11« Oui, c'est ça, mais moi, j'ai vu, ma mère était dans un EHPAD,
19:15et quand j'ai dit « Comment va ma mère ? »
19:16quand j'étais voir les médecins, ils m'ont dit « Ah ben maintenant,
19:19alors franchement, je ne sais plus quel est le terme,
19:21mais ils la nourrissent, bon, ils ont fini de la nourrir, quoi.
19:26Et elle n'avait pas demandé à mourir,
19:28et moi, je n'ai pas demandé qu'elle meure non plus,
19:29mais j'ai compris qu'eux, ils n'avaient plus d'espoir,
19:32qu'elle, elle se laissait partir,
19:34et qu'elle est partie gentiment.
19:37Donc, les médecins eux-mêmes, ils font déjà le choix. »
19:39« Oui, oui, mais là, vous avez raison, Serge,
19:41en réalité, c'est qu'en plus, cette loi doit quand même
19:43venir interrompre une certaine forme d'hypocrisie,
19:46notamment parce que
19:48vous vous retrouvez face à des médecins
19:50qui, parfois, volontairement ou involontairement,
19:52font déjà le job.
19:53Et vous avez eu raison de le rappeler avec aussi cette difficulté,
19:55et je crois qu'on est beaucoup dans ce cas-là,
19:57si on est totalement francs, à avoir du mal à avoir
19:59un avis très tranché sur la question.
20:00On termine avec vous, Chantal. Bonjour.
20:03« Bonjour. »
20:05Là, c'est Chantal Denarbonne.
20:06Ravie de vous accueillir sur Sud Radio, Chantal.
20:08« Merci de votre gentillesse. »
20:10« Oui, moi, je me suis permis d'appeler
20:11parce que je suis pour l'euthanasie,
20:13effectivement, dans de bonnes conditions.
20:16Je ne généralise pas.
20:18Je pense qu'effectivement,
20:19c'est vraiment une question très personnelle,
20:21mais qu'on laisse au moins le choix.
20:23Et moi, j'ai un de...
20:25Enfin, mon frère aîné,
20:26qui est parti il y a trois ans,
20:29qui avait eu un cancer,
20:30qui s'est donc généralisé.
20:32Il vivait déjà dans un premier temps
20:34avec une poche.
20:35Et il a, quelques années après,
20:38deux ans ou trois ans après,
20:39il a fait un malaise dans la rue.
20:41On l'a réhospitalisé.
20:42On lui a dit,
20:43on vous met une deuxième poche,
20:45on vous retire un bout de maître.
20:47Enfin, voilà, je vais vous poser les détails.
20:49Et donc, il a refusé.
20:51Et il est rentré.
20:52Il a dit, je veux mourir chez moi.
20:53Et il est rentré chez lui.
20:55Et son médecin traitant voulait lui donner
20:57de la cortisone,
20:59de la morphine, pardon.
21:01Et il n'a pas eu l'autorisation
21:03de lui fournir de la morphine.
21:05Et c'était quelqu'un d'excessivement digne
21:08et de résistant qui ne s'est jamais là.
21:10Quand on lui demandait comment il allait,
21:12il a dit, on parle...
21:12Il me disait, on parle d'autre chose.
21:14Et finalement, quand il a trop souffert
21:18et qu'il ne supportait plus,
21:19eh bien, il s'est mis une balle dans la tête.
21:21Voilà.
21:22Donc, parce que je trouve
21:23qu'il y a justement un manque
21:25d'écoute, un manque de respect des gens.
21:27Ce que vous décrivez, Chantal,
21:28pardon d'interrompre votre témoignage,
21:29mais c'est en fait,
21:30c'est l'horreur du désespoir
21:32et du manque d'accompagnement
21:33à tous les niveaux.
21:33Que ce soit là, visiblement,
21:34l'interdiction de lui donner de la morphine
21:36et jusqu'au désespoir
21:37d'avoir le courage,
21:39parce que c'est une certaine sorte de courage,
21:41de prendre un pistolet,
21:41de se mettre une balle dans la tête.
21:42C'est pour éviter ça
21:43que vous, visiblement,
21:44vous semblez être favorable
21:45à cette loi.
21:47Oui, parce que je trouve
21:48qu'on a droit à cette liberté,
21:50on a droit à du respect.
21:52Or, dans les hôpitaux,
21:53quand vous êtes très très malade,
21:54enfin, je dis comme ça,
21:55je connais bien,
21:56ma fille est infirmière,
21:58elle a 19 ans à l'hôpital,
21:59elle est infirmière,
22:00maintenant, j'ai pompier,
22:01j'ai travaillé moi-même à l'hôpital
22:02à une époque.
22:03On ne peut pas vraiment
22:05toujours aider les personnes âgées,
22:07et surtout quand il n'y a pas
22:08de famille derrière.
22:09Bon, lui, ce n'était pas le cas,
22:11mais il ne souhaitait pas
22:12mourir à l'hôpital.
22:13Et donc, il n'a pas voulu
22:15cette deuxième,
22:16énième intervention,
22:17puisqu'il en avait déjà eu trois.
22:18Et il a dit,
22:19non, moi, je ne veux pas
22:20qu'on m'opère
22:21et qu'on me mette
22:22une deuxième poche,
22:23ce n'est plus une vie.
22:24Donc, voilà.
22:25Donc, la nécessité
22:26de ce type de loi, Chantal,
22:27en effet, pour éviter des scènes,
22:29comme vous les décrivez,
22:29très poignantes,
22:30bouleversantes aussi,
22:31que vous avez pu traverser
22:32avec votre frère.
22:33Merci beaucoup
22:34d'avoir été avec nous, Chantal,
22:35et d'avoir apporté,
22:36pour conclure cette conversation,
22:37la force de ces témoignages.
22:39Et merci aussi à vous,
22:40très nombreux amis auditeurs
22:41d'avoir réagi sur ce sujet
22:42au 0826, 300, 300.
22:44Les appels étaient nombreux.
22:45On aura l'occasion
22:46d'y revenir,
22:47parce que vote,
22:47donc, tout à l'heure
22:48à l'Assemblée nationale
22:49et saisine du Conseil constitutionnel.
22:50C'est ce qu'on vous rappelait
22:51à l'instant avec Mathéo Lambelot.
22:53Merci beaucoup
22:53pour cet accompagnement,
22:54camarade Mathéo.
22:55Merci, Mathieu.
22:55On se retrouve donc demain
22:56entre midi et 13h
22:57pour cet échange
22:58avec les auditeurs
22:58et les grands entretiens.
23:00Dans un instant,
23:01on prend une grande respiration.
23:03Vous passez de l'actualité,
23:04des auditeurs,
23:05des débats,
23:05des discussions
23:06avec une petite respiration
23:08au soleil
23:08du côté d'Avignon.
23:09C'est la culture
23:10et le festival
23:10avec Christophe Meillan.
23:12Très bel après-midi
23:12sur Sud Radio.
23:13Et moi, je vous dis
23:13à demain, 10h.
23:16Sud Radio.
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