00:00Vous recevez Clément Domingo, alias Saxe, hacker éthique et expert en cybersécurité.
00:05Bonjour Clément Domingo.
00:06Bonjour Jacques Serret.
00:07Merci d'être avec nous ce matin en direct sur Europe 1.
00:10Les informations de près de 700 000 français sont dans la nature à la suite du piratage du site des
00:15impôts.
00:16Vous avez pu entrer en contact avec les hackers.
00:19Comment avez-vous fait ? Qui sont-ils ? Et surtout, que vous ont-ils dit ?
00:23Pour bien comprendre comment on rentre en contact avec des cybercriminels,
00:27tout part une fois de plus vraiment de la revendication qu'il y a eu la semaine dernière,
00:31là où on découvre que, hélas, les données du fisc, de pas loin de 700 000 français en France, avaient
00:38été piratées.
00:39Écoutez, ces cybercriminels, ils font une publication sur ce que j'appellerais,
00:43j'axerais l'équivalent du le bon coin de la cybercriminalité.
00:46Et surtout, vous avez un peu un moyen de les contacter, donc aussi simple par ce biais-là.
00:51Et donc ça, je le fais aussi depuis de nombreuses années sur d'autres cyberattaques.
00:55Donc là, j'ai pu entrer en contact avec eux.
00:57Et là, en effet, j'apprends beaucoup de choses, comme déjà le fait qu'ils sont deux dans ce collectif,
01:03que la cyberattaque de la DGFIP n'était pas du tout planifiée.
01:07Ils tombent par hasard sur des identifiants.
01:09Et c'est de là qu'ils décident de pirater la DGFIP,
01:13qu'ils le font essentiellement et exclusivement pour l'argent,
01:17que ce jeune avec lequel j'ai pu discuter français actuellement est sans emploi.
01:22et surtout qu'il avait postulé il y a quelques temps de ça, il y a quelques années de ça,
01:27dans une entreprise d'informatique.
01:28Donc, deux hommes, jeunes et français.
01:33Voilà pour le profil des hackers.
01:37Exactement.
01:37Des français encore, vous savez, un peu comme les cyberattaques précédentes qu'on a eues en France.
01:41Ça fait maintenant de nombreux mois qu'on en parle.
01:44Je fais par exemple référence, vous savez aussi, un peu à la cyberattaque,
01:47au piratage massif qu'il y a eu sur l'ANTS, l'Agence Nationale des Titres Sécurisés,
01:51où là encore, c'était un jeune adolescent français de 15 ans.
01:54Il y a aussi eu le ministère de l'Intérieur, 17 ans, il y a aussi les hôpitaux.
01:59Et donc là, à chaque fois, on a plus ou moins le même type de profil,
02:02soit des ados, 13, 14, 15, 16, 17, soit des adolescents, 18, 19, 20, en tout cas la vingtaine,
02:08qui piratent désormais la France.
02:10Oui, sur ce genre de cyberattaque, il n'y a pas eu, en tout cas ce n'est pas des
02:15sortes des attaques venues de l'étranger.
02:19Et c'est même réellement, moi, ce qui m'inquiète beaucoup, ce qui inquiète aussi beaucoup dans la profession,
02:24de se dire quand même qu'aujourd'hui, vous avez des jeunes avec des moyens très limités
02:28qui sont quand même un peu capables de venir pirater peut-être les institutions les plus sécurisées en France
02:33qui se retrouvent être le fisc français, mais surtout ce qui est lunaire dans toute cette affaire.
02:37Et donc, il faudra que l'administration, il faudra que d'ailleurs la cellule de crise,
02:42que cet après-midi va diriger Sébastien Lecornu, le Premier ministre, pour parler de ça,
02:46puisse nous apporter de vraies réponses, mais surtout de se dire, j'axerais que cette cyberattaque,
02:50on ne l'aurait jamais découverte si encore ce cybercriminal n'avait pas fait la revendication la semaine dernière.
02:56Et ça, je trouve ça totalement fou.
02:58À un moment donné, on parle beaucoup, vous savez, de souveraineté numérique.
03:01On est aussi en train désormais d'aborder les ingérences étrangères.
03:05Donc, imaginez un peu si un pays hostile à la France mettait toutes ses forces pour nous pirater.
03:11Là, ce serait une catastrophe nationale.
03:13Le FISC parle d'une attaque sophistiquée.
03:16Vous êtes en train de nous dire que ce n'était pas tant sophistiqué que ça ?
03:21C'est même pas que je le dis, je vous l'affirme.
03:23Et puis d'ailleurs, ça, j'ai très rapidement un peu commenté lorsque le ministre David Amiel parle un peu
03:29d'une attaque sophistiquée.
03:30Non, ça, ce n'est pas du tout ce qu'on peut appeler une attaque sophistiquée.
03:33Peut-être pour expliquer à vos auditeurs, c'est là, il y a eu un compte qui a été volé.
03:36Ils sont connectés derrière un VPN, mais surtout le fait qu'ils puissent sortir de l'information petit à petit
03:42sans qu'il n'y ait aucune détection pose énormément de soucis.
03:45Si je devais prendre une autre image, c'est comme si le FISC, c'était un énorme bâtiment, un énorme
03:50entrepôt et qu'il y avait peut-être des caméras dans la salle principale qui n'ont pas vu,
03:55qu'il y avait eu des voleurs, des intrus et que ces intrus-là sont partis petit à petit avec
03:59des objets.
03:59Donc, ça pose beaucoup de questions. Si on devait parler de cyberattaque sophistiquée, peut-être aussi pour vous donner un
04:05autre exemple dont on a parlé,
04:07enfin, dont vous avez aussi parlé sur votre antenne, vous savez, ça a été la cyberattaque de OpenAI, lorsque leur
04:12intelligence artificielle s'échappe de leur prison dorée,
04:15se connecte à Internet et va pirater une autre entreprise avant de revenir.
04:19Là, on peut parler de cyberattaque sophistiquée, mais là, dans le cadre de la DGFIP, je suis désolé, je pense
04:25qu'il faut aussi un peu être transparent avec les Français,
04:28même si ça reste des éléments de communication du côté du ministère, mais on ne peut pas du tout parler
04:31de cyberattaque sophistiquée.
04:34Donc, c'est un...
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