00:03Et notre invité à 7h47 avec ce sujet dont on vous parle beaucoup, on va en parler toute la journée.
00:09L'état au chevet de la Gironde, le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:13Six membres du gouvernement sont attendus dans les minutes qui viennent sur place.
00:17La Gironde, département en partie ravagé par les flammes, évidemment cet été on le rappelle, ce chiffre terrible.
00:2342 000 hectares de forêts et de végétation ont disparu dans ces terribles incendies,
00:29principalement autour des communes du Porges et de l'Eche-Cap-Ferret.
00:32Invité de RTL donc ce matin, Jean-Luc Glaisse. Bonjour à vous.
00:36Bonjour.
00:36Vous êtes le président du conseil général de la Gironde.
00:39D'abord, un point de la situation sur le terrain.
00:41Tous les feux sont éteints, contrôlés, maîtrisés, mais ils sont toujours actifs, pas très loin de chez vous, dans les
00:46Landes.
00:47On semble sortir en Gironde de cette rude période.
00:51Est-ce que vous avez le sentiment, Jean-Luc Glaisse, que le cauchemar s'éloigne, en tout cas pour cette
00:55année ?
00:57Oui, peut-être maintenant, même si nous avons vécu 2022 avec deux feux qui se sont succédés.
01:02Je rappelle l'Andiras 1, l'Andiras 2 à l'époque, à quelques semaines d'intervalle.
01:07Je pense que nous avons passé le 15 août que les températures quand même nocturnes, malgré tout,
01:12et l'hygrométrie sont un peu plus en faveur de l'arrêt de ces incendies.
01:17Je resterai très prudent parce que l'été peut être encore long et il peut encore y avoir des reprises
01:22de feu.
01:22Un mot aussi des Girondins, des Girondines qui ont perdu leur maison dans ces incendies.
01:27Ça représente des dizaines de familles.
01:28Je pense aussi à celles qui ont dû évacuer leur domicile dans l'urgence.
01:32Au niveau du relogement, du retour à la maison, ça se passe comment ?
01:36Alors nous avons, nous départements, mis en place précisément, aux côtés de l'État, une cellule de relogement.
01:41Et nous avons reçu bon nombre de ces familles qui ont besoin d'un relogement à long terme.
01:45Certaines avaient trouvé des solutions à très court terme, mais il faut évidemment imaginer plusieurs mois,
01:51voire peut-être deux années avant de retrouver une habitation.
01:55Et donc tout ce travail-là est effectué avec une grande sensibilité, notamment des accompagnements psychologiques aussi,
02:02parce que le traumatisme est très important.
02:04Quand on perd une maison, on perd les pans entiers de sa vie et on perd aussi une partie des
02:07souvenirs qui étaient à l'intérieur.
02:09C'est donc terrible et dramatique pour ces familles.
02:11Ça passe aussi sans doute par des aides, notamment des aides financières.
02:16Est-ce que ça fait partie des choses dont vous allez parler tout à l'heure avec le Premier ministre
02:20Sébastien Lecornu ?
02:21Alors nous verrons quels sont les sujets qui seront abordés.
02:24J'aurai personnellement un rendez-vous quasiment tête-à-tête avec lui,
02:27mais pour parler peut-être des sujets plutôt liés aux enseignements à tirer des incendies.
02:32En tout cas, la question des aides est évidemment importante.
02:36Il y a d'abord le sujet des assurances.
02:38Il faut que les assurances jouent le jeu rapidement, qu'elles permettent une indemnisation à la hauteur des besoins des
02:43personnes.
02:44Et évidemment, il y aura sans doute des aides, en tout cas auprès des communes et des collectivités locales, c
02:48'est certain,
02:49mais aussi sans doute auprès des habitants qui en ont forcément énormément besoin.
02:52Jean-Luc Glaze, cette visite du Premier ministre et d'une partie du gouvernement, on rappelle, six ministres l'accompagnent.
02:59Concrètement, vous en attendez quoi ?
03:01J'ai entendu ce week-end que c'était une visite sous tension.
03:04Est-ce que vous avez une idée de l'ambiance, de la manière dont ça peut se passer tout à
03:08l'heure ?
03:09Écoutez, il y a différentes choses.
03:10Il y a d'abord les sinistrés eux-mêmes qui sont effectivement à la fois dans le post-trauma qu
03:16'ils ont vécu,
03:17souvent avec beaucoup de colère par rapport à la situation et par rapport aux besoins qui sont les leurs aujourd
03:23'hui.
03:24Donc je pense qu'ils sont plutôt dans un moment effectivement colérique, qui est compréhensible et qu'il faut entendre
03:31et qu'il faut écouter.
03:32Je pense qu'il est important de parler avec eux.
03:35Ensuite, il y a les besoins qui vont être ceux des enseignements attirés, notamment des moyens aériens.
03:42J'aurai l'occasion, et ce sera consécutif aux deux courriers adressés au Président de la République la semaine dernière,
03:47de réclamer à nouveau ce que nous réclamions en 2022, c'est-à-dire une base aérienne présente de Canadair
03:54sur place,
03:55sur le massif des Landes de Gascogne.
03:57On ne peut plus concevoir d'avoir un massif d'un million d'hectares, qui est le plus grand massif
04:02de résine d'Europe,
04:03qui est dépourvu de moyens lourds, puissants en permanence.
04:07Il faudra les faire évoluer d'ailleurs, ces moyens.
04:09Les Canadair, c'est bien, les Dach aussi, mais il existe d'autres moyens.
04:12On a vu le Chinook intervenir sur les Landes et nous faisons des propositions au Président de la République,
04:17à mes collègues des Landes et du Lot-et-Garonne, pour demander les moyens plus puissants,
04:21qui puissent notamment larguer en nocturne.
04:24Le Premier ministre a un petit peu bousculé son programme.
04:27Il était dès hier soir, dès hier en Gironde.
04:30Il a rencontré notamment les habitants et les élus autour du Porche,
04:34qui est une des communes, une des régions en Gironde, qui a le plus souffert.
04:39Ce n'était pas forcément prévu, ça, ce contact avec la population.
04:41Vous pensez que Petit A, il fallait le faire, et que Petit B, c'est susceptible de calmer aussi,
04:47un peu la colère, le ressentiment des habitants ?
04:50Je ne suis pas certain que la visite suffisait à calmer,
04:53mais en tout cas, elle me paraît importante.
04:54Je l'ai dit à un de vos collègues hier matin,
04:56je ne savais pas que le Premier ministre viendrait rencontrer éventuellement des sinistrés,
05:01mais j'indiquais qu'il me semblait nécessaire quand même
05:03que la parole des sinistrés soit entendue au plus près,
05:06parce que c'est cette parole-là qu'il faut recueillir,
05:08aussi difficile soit-elle à entendre.
05:10Et il faut, à partir de là, prendre les actions, les mesures qui sont en réponse aux attentes
05:16pour faire en sorte de sortir, notamment la commune du Porges,
05:19qui est effectivement la plus touchée de la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve.
05:24C'est aujourd'hui, évidemment, des maisons brûlées,
05:26c'est aussi tout un paysage qui a été dévasté,
05:28et ce sont des élus locaux, des bénévoles qui se sont beaucoup engagés et qui fatiguent.
05:33Il faut donc que le relais soit pris.
05:35Il y a eu des mesures déjà qui ont été mises en place, mais il faut aller beaucoup plus loin.
05:38Et je pense que la parole des sinistrés doit être entendue.
05:41Au-delà de la réparation des dégâts de cet été terrible,
05:44il faut aussi parler du prochain, donc l'année prochaine, 2027.
05:47J'imagine qu'avec les élus girondins, les maires, la région, peut-être le gouvernement,
05:52vous vous y préparez déjà.
05:53Est-ce que ça passe notamment par la prévention ?
05:55C'est un volet important aussi, ça ?
05:57Oui, c'est un volet important, évidemment.
06:00L'incendie le plus facile à maîtriser est celui qui ne se répand pas,
06:03qui s'est à peine déclaré que l'on a réussi à coiffer immédiatement.
06:06Et donc, je le dis, sur les moyens aériens,
06:09il y a un travail de prévention important qui peut être fait,
06:12notamment avec des groupes aériens armés qui peuvent circuler préventivement
06:17et qui peuvent immédiatement éteindre tout départ de feu.
06:20On a eu des exemples pendant l'incendie de Somos de feux
06:22qui ont été éteints par des largages du Canadair,
06:25enfin, en tout cas, qui ont été atténués par des largages du Canadair
06:28et éteints par les zones au sol.
06:29Et donc, on voit l'utilité de la présence des moyens aériens.
06:32Et encore une fois, on ne peut pas laisser la situation à l'État.
06:36Dans notre massif, il doit y avoir des moyens aériens présents en permanence
06:39dès que le risque s'annonce sévère.
06:41Et puis, il faut améliorer aussi le financement des services départementaux
06:44d'incendie de secours.
06:46Nous le réclamons depuis 2022.
06:48Je suis co-rédacteur d'un rapport de département de France à l'époque sur le sujet.
06:52Il nous faut une part de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance plus importantes
06:56parce que tout bien sauvé, c'est un bien qui n'est pas besoin d'être indemnisé
06:59par le régime assurantiel.
07:01Jean-Luc, Sébastien Lecornu est donc chez vous,
07:04dans votre département en Gironde aujourd'hui.
07:05Le président de la République lui était venu fin juillet.
07:07On était alors au cœur des incendies.
07:09Est-ce que là, avec un tout petit peu de recul, d'après vous,
07:13l'État a été au rendez-vous et a pleinement pris conscience de ce qui s'est passé ?
07:19L'État a déployé une cellule d'aide aux victimes qui a évidemment été utile.
07:23L'État a amené un certain nombre de moyens aériens assez conséquents,
07:27y compris de moyens au sol avec des militaires, etc.
07:30Mais le vrai sujet, c'est celui que vous venez d'évoquer,
07:32c'est la question de la prévention en amont.
07:34Nous devrions pouvoir éviter qu'un incendie comme celui-ci
07:37prenne l'ampleur qui a été la sienne.
07:39Or, ce que nous savons, c'est que le temps nécessaire aux moyens aériens
07:43avant qu'ils arrivent est trop tardif
07:45et qu'il faudrait impérativement qu'ils puissent intervenir très vite.
07:48L'incendie actuel sur les Landes est un incendie
07:51qui a relativement évolué rapidement,
07:54mais qui a pu quand même être un peu contenu
07:56parce que les moyens aériens étaient présents
07:58sur le massif des Landes de Gascogne.
08:00Donc moi, je reste convaincu que la question de la prévention est fondamentale
08:03et qu'il faut à ce titre que l'État ne soit pas dans le déni,
08:06mais constate qu'il n'y a pas suffisamment de moyens aériens en France
08:09et qu'il faut qu'ils soient beaucoup plus puissants
08:11et qu'ils puissent larguer en nocturne.
08:13D'un mot, la canicule, la sécheresse, les méga-feux,
08:16on le sait, malheureusement, ça va se répéter à l'avenir.
08:19L'an prochain, on vote pour la présidentielle.
08:21Est-ce que ce dossier du réchauffement climatique
08:23doit enfin être au cœur du débat des programmes ?
08:27François Hollande était en Gironde il y a quelques jours.
08:29Il sera possiblement candidat l'année prochaine à l'Élysée.
08:33Il faut que ces questions soient vraiment au cœur
08:35de ce qu'on va nous promettre pour l'an prochain ?
08:38Écoutez, c'est l'ouverture du courrier que nous avons adressé
08:40au président de la République avec mon collègue Deslandes
08:42et ma collègue du Lot-et-Garonne.
08:43Ce que nous disons, c'est que nous sommes déjà dans le monde d'après,
08:46c'est-à-dire le monde des canicules,
08:48le monde des incendies, des méga-feux,
08:50le monde des inondations aussi.
08:52Je rappelle que nous avons connu d'importantes inondations
08:54en février dernier.
08:55C'est le monde aussi des tempêtes exceptionnelles,
08:5799, 2009, deux tempêtes qui ont marqué
08:59le massif des Landes de Gascogne.
09:01Oui, nous sommes dans le monde d'après.
09:02Et oui, la question, évidemment, des transitions environnementales
09:06est aujourd'hui un sujet qui doit être au cœur
09:08d'une campagne présidentielle,
09:10parce que nous ne pouvons pas éviter ce sujet-là
09:13qui aujourd'hui met en péril des biens et des personnes.
09:15Merci Jean-Luc Glez d'avoir...
Commentaires