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Pierre Ouzoulias, sénateur PCF des Hauts-de-Seine et vice-président du Sénat, répond aux questions de Jacques Serais.

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Transcription
00:00Les 8h10, Jacques Serret, vous recevez Pierre Ouzoulia, sénateur PCF des Hauts-de-Seine et vice-président du Sénat.
00:06Bonjour Pierre Ouzoulia.
00:07Bonjour à vous.
00:08J'aimerais commencer cette interview par le sujet, par l'enjeu de la fin de vie.
00:11On en parlait dans le journal de 8h, la loi légalise l'euthanasie et le suicide assisté.
00:15Cette loi a été définitivement adoptée le 15 juillet, elle est maintenant devant le Conseil constitutionnel.
00:21Le gouvernement qui a soutenu ce texte reconnaît lui-même que certaines garanties peuvent être insuffisantes.
00:26Le délai de réflexion de 48h, la situation des majeurs protégés sous tutelle, la liberté des établissements de santé.
00:32Est-ce que vous êtes surpris de voir le gouvernement soulever aujourd'hui des fragilités sur une loi qu'il
00:38a lui-même défendue ?
00:39Le gouvernement a toujours été ambigu par rapport à cette proposition de loi.
00:45Ce n'est pas un projet, donc ce n'est même pas lui qui l'a déposé.
00:48Il a demandé, il a laissé faire un député, donc je ne suis pas surpris.
00:53Moi, je pense que l'essentiel est acquis.
00:56C'est une grande loi laïque qui garantit la conscience de l'individu jusqu'à la fin de sa vie.
01:04Et ça, c'est quelque chose de fondamental.
01:06Qu'il faille ensuite mieux encadrer, pourquoi pas, tout est ouvert.
01:10Mais je pense que l'essentiel est acquis.
01:12Vous, vous êtes favorable à ce texte depuis le début.
01:16Ceux qui attaquent ce texte démontrent qu'il y a certaines failles,
01:20que tout n'est pas cadré totalement.
01:22Ce n'est pas du tout votre sentiment.
01:24Aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'il n'y a pas de failles derrière ce texte ?
01:29Mais au Sénat, ils ont refusé d'en discuter.
01:33Par deux fois.
01:34Moi, j'étais prêt à travailler avec l'opposition de droite essentiellement
01:38pour mieux encadrer le texte, sauf qu'ils l'ont refusé.
01:42Et pour des raisons dogmatiques religieuses, disons les choses.
01:46Il y a eu une opposition constituée qui est refusée par principe l'idée même du suicide.
01:54Parce que derrière, il y a le tabou religieux.
01:55Et les choses auraient pu être dites comme ça, ça aurait été plus simple pour tout le monde.
01:59Mais l'un des points soulevés par Sébastien Lecornu aujourd'hui,
02:02c'est par exemple la question de ce délai de 48 heures.
02:06Après l'accord du médecin, un patient peut confirmer sa demande deux jours plus tard.
02:10deux jours pour confirmer une décision irréversible.
02:13Vous, vous trouvez ça suffisamment protecteur ?
02:16Et quand il reste trois jours à vivre,
02:18s'il faut 48 heures pour confirmer la décision,
02:22à quoi ça sert le texte ?
02:23À quoi ça sert ?
02:24On est bien dans la situation de personnes dont les jours sont comptés.
02:30Il s'agit d'une question d'heures, de jours, mais même pas de semaines.
02:35Donc il ne faut pas vider de tout son sens tout le dispositif.
02:41Fondamentalement, c'est est-ce que je peux décider, moi seul, de ma fin de vie ?
02:48Et le Parlement a répondu oui, c'est l'essentiel.
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