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  • il y a 8 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Alors Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA.
00:03J'ai parlé de milliards d'euros, je voudrais peut-être être plus précis.
00:06Sur les fourrages par exemple, la perte est supérieure aux milliards d'euros.
00:10Quand il s'agit des productions végétales, nous avons une baisse de récolte de l'ordre de 5 à 10%.
00:16Et nous savons que sur les récoltes d'automne, je parle du maïs, je parle du tournesol,
00:20on aura des baisses très importantes qui vont se chiffrer en centaines de millions d'euros.
00:26Et puis en production spécialisée, notamment arboriculture,
00:30maraîchage, il y a là aussi des impacts très forts.
00:33On a besoin d'avoir des réponses très concrètes pour la poursuite de l'activité des entreprises,
00:38pour simplement pouvoir continuer à investir et produire.
00:42Je rappelle que l'enjeu, c'est notre souveraineté alimentaire.
00:45C'est comment on continue à produire pour nourrir les Français
00:48et éviter une fois de plus qu'on fasse appel à de l'importation.
00:51Arnaud Rousseau au micro européen de Jacques Serret ce matin.
00:55Ophélie Roch, Antonin André.
00:57Alors c'est vrai que lorsqu'on entend Arnaud Rousseau, c'est un cri d'alarme, un appel au secours,
01:02parce que les agriculteurs, alors ne seront pas les seules victimes,
01:06mais ce sont eux qui nous nourrissent,
01:08donc ce seront quand même parmi les principales victimes de cette sécheresse,
01:12et c'est déjà le cas.
01:13Lorsque vous entendez notamment les partis de gauche et les écologistes radicaux,
01:22les activistes qui réclament par exemple la fin des méga-bassines pour le stockage de l'eau,
01:27Antonin André, qu'est-ce que ça vous inspire ?
01:29Y a-t-il une déconnexion de la part quand même de ces activistes très citadins
01:35qui se rendent à Sainte-Soline et qui justement refusent comme ça les différents stockages,
01:41les méga-bassines, lorsqu'on est dans un contexte comme celui-ci ?
01:45Y a-t-il quatre forces majeures ?
01:47Oui, il y a quatre forces majeures,
01:48et le débat d'ailleurs sur les méga-bassines et les retenues d'eau a évolué,
01:51c'est-à-dire que depuis effectivement les événements de Sainte-Soline,
01:54le débat politique qui s'est enclenché derrière a fait évoluer les positions,
01:59c'est-à-dire qu'aujourd'hui on peut plus facilement faire des retenues d'eau,
02:03mais pas suffisamment encore,
02:05et ça impacte localement souvent les politiques locales.
02:09Évidemment c'est un débat qui est nécessaire
02:11parce qu'on doit pouvoir aujourd'hui gérer l'eau en fonction des besoins de la population.
02:15L'agriculture a besoin d'énormément d'eau,
02:17mais on a aussi besoin d'eau ne serait-ce que pour s'alimenter.
02:20Aujourd'hui il y a des communes où on n'a plus d'eau potable,
02:22où on achemine de l'eau potable par citerne.
02:24Donc la gestion de l'eau par définition, il y en a moins,
02:27donc il faut la répartir équitablement.
02:29Ce débat-là est un débat qu'on va avoir encore pendant des années et des années.
02:32Un débat très complexe selon vous, Antoine André ?
02:34Très complexe, et peut-être qu'il faut aussi s'interroger sur les cultures,
02:37c'est-à-dire que Arnaud Rousseau évoquait le maïs.
02:39Aujourd'hui, le maïs est une culture qui a besoin d'énormément d'eau.
02:43Aujourd'hui, est-ce que la France a raison de cultiver du maïs,
02:46compte tenu de son système hydrique ?
02:49Peut-être qu'il faut s'orienter vers d'autres cultures qui sont moins gourmandes en eau,
02:54et n'en déplaise à Arnaud Rousseau,
02:56importer le maïs de pays qui en produisent.
02:58Moi, je ne suis pas absolument pour qu'on produise tout ce qu'on mange en France.
03:02C'est-à-dire que par définition, ça n'est pas possible.
03:04On ne peut pas produire tout ce qu'on mange en France.
03:06Il faut tenir compte des contraintes climatiques, des contraintes phytosanitaires,
03:10et donc il faut aussi s'adapter parfois en produisant ce qu'on peut produire,
03:15mais le maïs aujourd'hui est presque anachronique comme type de culture.
03:18Oui, je vais quand même recontextualiser cette discussion,
03:21parce que c'est du jamais vu.
03:22En France, depuis 50 ans, près de 70% du territoire est concerné en ce moment par des restrictions d
03:29'eau.
03:29Alors, restrictions d'eau, ça veut dire quoi ?
03:30Plus possible d'arroser son jardin, de remplir des piscines, de laver sa voiture,
03:34l'irrigation des cultures, effectivement, Antonin André le rappelait,
03:38peut aussi être concerné.
03:4060% au Féliroc, 60% des nappes phréatiques sont en dessous du seuil d'alerte.
03:46Sommes-nous, au Féliroc, suffisamment armés pour faire face ?
03:50Parce que même notre parc nucléaire est impacté.
03:54Je lisais que notre parc a diminué sa productivité d'environ 15%,
03:59car il n'y a pas assez d'eau pour refroidir les réacteurs.
04:02Il y a quelque chose qui se passe.
04:03Alors, attention, ce n'est pas l'apocalypse,
04:05mais il y a quelque chose qui se passe quand même.
04:07J'ai presque envie de dire que ce n'est pas encore l'apocalypse.
04:10Le problème, c'est qu'on voit bien que nos besoins en eau ne font qu'augmenter d'année après
04:14année.
04:15Et avec les data centers qui sont en train de s'implanter partout sur le territoire,
04:18on sait très très bien que la guerre de l'eau va être de plus en plus tendue.
04:22Le problème, c'est qu'il faudra un moment que la France choisisse.
04:24Or, pour l'instant, on fait semblant.
04:27Mais choisir entre quoi et quoi ?
04:28C'est ça la vraie question.
04:29C'est-à-dire qu'à un moment, on doit choisir les priorités.
04:32On ne pourra pas faire plaisir à tout le monde.
04:34La vérité, c'est qu'on essaye, en voulant faire plaisir à tout le monde,
04:36finalement, vous fragilissez toutes les filières.
04:39Et quant à la place des agriculteurs,
04:41je crois que la France, ça fait bien longtemps, hélas, qu'elle les a abandonnées.
04:44Il suffit de voir, par exemple, les normes qu'on leur impose.
04:49Il faut reconnaître que le combat des agriculteurs
04:53est parfois percuté par la réalité, j'entends, écologique du monde
04:59et de notre pays, Ophélie Roch.
05:02Si vous voulez, la réalité écologique,
05:03moi, je pense qu'il y a de la place encore en France
05:05pour une agriculture, que ce soit une vraie agriculture écologiste.
05:08Et le problème, c'est qu'on est dans une sorte d'entre-deux.
05:10C'est-à-dire que d'un côté, on met des normes,
05:12mais ces normes-là, elles empêchent les agriculteurs de taille moyenne de prospérer.
05:17Et puis, de l'autre, on ne permet pas non plus,
05:21si vous voulez, d'avoir un maillage territorial
05:24qui permette aux agriculteurs, finalement, de pouvoir prospérer comme ils le souhaitent.
05:27Donc, on est face à une impasse où, d'une certaine manière,
05:30ils sont à la fois dans une agriculture biologique par certains aspects
05:33et de l'autre, ils sont à la fois dans une agriculture
05:35qui leur demande de plus en plus d'aller vers l'industrialisation
05:37s'ils veulent être rentables.
05:39Or, je suis désolée, mais cette industrialisation-là,
05:41ce n'est pas de l'agriculture.
05:42C'est une forme, tout simplement, d'industrie.
05:45Donc, est-ce qu'on veut conserver une agriculture
05:46qui soit, en effet, plus modeste
05:48et qu'on leur laisse peut-être un petit peu les mangues ?
05:49Et peut-être une agriculture, ce que disait,
05:51une culture plutôt moins gourmande en eau.
05:54Sans doute, sans doute.
05:56C'est peut-être, en effet, des choix qui sont nécessaires.
05:58Par exemple, il y a des aspects positifs.
06:00Aujourd'hui, dans le sud de la France,
06:01on recultive des amendes.
06:03Avant, on les importait toutes des États-Unis.
06:05Quasiment 90% de notre consommation d'amendes
06:07était importée des États-Unis.
06:09Aujourd'hui, le climat dans le sud de la France
06:10est propice à la culture des amendes.
06:12C'est devenu une culture rentable.
06:13Et donc, on reproduit des amendes en France
06:15qu'on ne faisait plus loin d'avant.
06:17Donc, les pratiques d'agriculture doivent évoluer aussi
06:20en fonction de l'évolution de chaque territoire.
06:22Et en fonction de nos moyens, malheureusement.
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