00:00Ces images, Donald Trump qui partait du sommet de l'OTAN à Ankara en Turquie, qui monte à bord d
00:06'Air Force One avec la délégation qui le suit ensuite par l'arrière.
00:11C'est comme ça que ça marche normalement.
00:13Sauf que ce qu'on apprend ce matin, c'est qu'en réalité, l'avion a décollé mais Donald Trump
00:18n'était pas à l'intérieur.
00:20Pourquoi ? Philomène Rémy, expliquez-nous.
00:22Parce que Donald Trump, en fait, aurait été exfiltré pas n'importe où.
00:26Dans un petit conteneur qui sert normalement à livrer les plates au repas.
00:29Tout à fait. Alors, une fois que Donald Trump arrive en haut de cet avion, donc en réalité, il est
00:35ressorti discrètement de l'autre côté.
00:38Donc là, peut-être vous arrivez à voir sur ces images, il aurait été dissimulé dans un camion réfrigéré qui
00:45sert normalement à livrer les plateaux au repas,
00:47dont la plateforme peut monter directement jusqu'à la porte de l'avion.
00:51Le camion l'aurait ensuite conduit jusqu'à un C-32 de l'US Air Force, c'est la version
00:56militaire en fait, du Boeing 757, stationné ailleurs, sur l'aéroport.
01:02Trump y aurait embarqué discrètement.
01:05D'ailleurs, il aurait été rejoint par son secrétaire à la défense, Pete Exet, pendant que les journalistes et le
01:12personnel de la Maison Blanche, eux,
01:14sont restés dans l'autre avion, l'avion donc de diversion, et les stores de l'appareil auraient même été
01:20refermés,
01:20ce qui est normalement le dispositif employé lorsque l'on survole des zones de guerre.
01:26Alors, c'est quand même assez dingue, parce que là, tout le monde a été berné, y compris les collaborateurs
01:31de la Maison Blanche.
01:32Pour une grande partie, tout le monde pensait sincèrement que Donald Trump était à l'intérieur de l'avion.
01:37C'est une opération de diversion digne d'un scénario de film, mais ce que ça vient surtout dire en
01:43fait,
01:43c'est que les services de renseignement ont jugé une menace contre le président des États-Unis assez crédible
01:50pour mobiliser tout ce personnel pour cette opération de diversion.
01:55C'est une menace suffisamment sérieuse pour que le président américain n'embarque pas à bord d'Air Force One.
02:02Alors que, Sergei Jernoff, merci de nous avoir rejoints, c'est censé être l'endroit le plus sécurisé pour un
02:08président américain, Air Force One.
02:10C'est dans l'air, dans le ciel qu'on va, lorsqu'il y a en l'occurrence un attentat
02:15sur le sol américain.
02:15On pense au 11 septembre 2001, à l'époque, George W. Bush est envoyé dans les airs, dans l'avion,
02:22parce que ces services de sécurité estiment que c'est là, finalement, qu'il est le moins menacé.
02:27En fait, il y a plusieurs scénarios, mais ce scénario, c'est encore pire ce qu'on vient de rencontrer,
02:32parce que ça, c'est le dernier acte de ce scénario qu'on raconte.
02:36Parce que, vous vous souvenez, en fait, il est arrivé avec un nouvel avion.
02:40Cet avion qui s'est fait construire, c'est l'avion qui lui a été présenté comme cadeau par le
02:46Qatar,
02:46et donc qui était emménagé en nouveau Air Force One.
02:49Et donc, il est venu en Turquie avec cet avion-là, et puis on nous a raconté,
02:54et donc nous, sur le plateau, on a commenté déjà le fait qu'il n'a pas pu prendre cet
03:00avion pour le retour,
03:01et donc il aurait dû prendre le vieux Air Force One que vous voyez à l'écran.
03:06Et en réalité, c'est encore plus compliqué que ça.
03:09C'est l'histoire dans l'histoire, qui était déjà abracadabrantesque.
03:13Il y avait pas mal de mystères, de questions. Pourquoi ce changement d'avion ?
03:16Déjà, on a passé pas mal de temps à la commenter, parce que c'est pas anodin qu'un président
03:23américain se rend dans un avion,
03:25mais on a expliqué que le nouvel avion n'était pas encore équipé,
03:28parce que, vous savez, c'est venu à la dernière minute, en quelque sorte.
03:32En fait, c'est fait avec beaucoup, beaucoup de rapidité, en fait, les aménagements de cet avion.
03:38Il était très fier, il l'a présenté au mois de juin, c'était au tour de son anniversaire.
03:42Et là, il était obligé, en quelque sorte, de prendre le vieil avion, parce que l'avion, cet Air Force
03:49One, il date d'au moins 40 ans.
03:52Ça ne veut pas dire qu'il est mauvais, il vole toujours.
03:56Et donc, en fait, on nous a expliqué que lui, il était beaucoup mieux équipé, parce que, par exemple, il
04:02a un certain nombre de leurres.
04:04Par exemple, si jamais il y a un missile qui l'attaque, il peut dégager les leurres pour écarter le
04:09missile de cet avion.
04:11Et donc, vient actuellement l'acte 2, qui est encore plus intéressant, parce que, non seulement, il n'a pas
04:18pris, en réalité, cet avion de remplacement,
04:21et donc, nous apprenons que toute cette histoire qu'on a racontée, cette histoire, c'était un leurre aussi.
04:27En réalité, c'est pour détourner la tension, et que les mesures exceptionnelles, parce que, quand vous faites ça,
04:33ça veut dire que tout le personnel, vous soupçonnez même les tops à l'intérieur de la Maison Blanche.
04:39– Oui, on en est là, quand même.
04:40– On est là, on est assoupçonné, même l'entourage le plus direct du président, et il faut l'exfiltrer
04:49avec…
04:50Ça, c'est vraiment comme dans les films d'espionnage, dans les films de guerre.
04:55En fait, on a vu les présidents américains qui étaient attaqués, les Américains adorent ces films-là,
05:01mais je crois que c'est pour la première fois, en plus, on apprend ça.
05:06Ça veut dire qu'ils ont attendu, quand même, un mois pour nous raconter, enfin, la vraie histoire.
05:11Mais cette menace, on ne va pas sourire, parce que, vous savez, il y a plein de gens qui vont
05:15dire
05:16« Oh, Donald Trump, il a subi déjà des attentats », en fait, il en rajoute.
05:19Il en rajoute parce qu'il est en campagne, parce qu'il est en perdition de popularité.
05:24Donc, il y a plein de théories de complot qui vont se développer en disant « Oui, c'est n
05:28'importe quoi, c'est du théâtre qui l'invente ».
05:31Non, le service secret, quand il oblige le président de faire tout ce cirque-là, ça veut dire que la
05:36menace est réelle.
05:37Et je vous rappelle que les Iraniens ont lancé une fatwa sur la tête de Donald Trump.
05:42– Parce que très concrètement, là, on peut le dire, la menace était une menace de l'Iran.
05:47– C'est ça.
05:47– Exactement, la menace la plus crédible venait de l'Iran, mais il faut savoir qu'en fait,
05:51depuis plusieurs années, les autorités américaines, elles accusent l'Iran de chercher à assassiner
05:55plusieurs anciens responsables américains.
05:58Tout ça, ça part de l'assassinat du général Kassem Souleymane, tué en janvier 2020.
06:05Petit rappel, c'est une figure du régime, c'était une figure du régime,
06:09chef d'une des branches d'élite des gardiens de la révolution.
06:12Et depuis ce moment, les menaces se multiplient contre Trump.
06:16Mais pour rebondir en plus sur ce que vous avez signalé,
06:18c'est-à-dire que quand il est monté à bord de cet ancien Boeing 747,
06:22il a même blagué devant les journalistes en disant que monter à bord de cet avion
06:26lui rappelait, je cite, le bon vieux temps.
06:28– Oui, oui, tout à fait.
06:30Et en réalité, c'est vrai qu'il se vantait d'avoir participé aux assassinats
06:37des dirigeants iraniens, et notamment du général Souleymane.
06:41À plusieurs reprises, elle a dit, vous voyez, moi je suis vraiment un grand mec,
06:45je n'hésite pas à employer la force.
06:49Et donc, bien évidemment, c'est une menace réelle.
06:51– Il sait, à ce moment-là, lorsqu'il monte à bord d'Air Force One,
06:55que tout est de la comédie et qu'il va en ressortir quelques minutes après
06:58par une petite porte dans un petit conteneur, encore une fois,
07:02qui sert à transporter les plates au repas,
07:03ou c'est à l'intérieur qu'on lui explique le plan ?
07:05– Ça, malheureusement, nous ne le savons pas, nous ne pouvons pas le savoir.
07:10En tout cas, il est le seul, avec son chef de service de sécurité,
07:14qui est tout courant. Il est le seul.
07:18Après, c'est à lui de décider, est-ce qu'il implique encore quelqu'un ou pas ?
07:22– C'est l'image que l'on voit, manifestement, ce conteneur que l'on voit
07:25à l'arrière de l'avion. D'ailleurs, il y a quand même un peu de sécurité autour,
07:29mine de rien, même s'il ne faut pas attirer l'attention,
07:30mais c'est là-dedans que Donald Trump aurait été exfiltré, encore une fois,
07:34selon deux responsables américains cités par la presse américaine.
07:37Ça signifie aussi que, quoi qu'il en soit, ce n'était pas une question de temps
07:41pour le secret de service d'écarter la menace.
07:45Cette menace était là, elle ne pouvait pas être empêchée,
07:48et c'est pour ça, donc, qu'il fallait arriver au système D
07:52en mettant le président américain dans ce petit camion.
07:54– En revanche, il y a une chose, quand même,
07:56et ça, vous parlez quand même à un ancien professionnel du renseignement,
08:01c'est quelque chose qui m'étonne dans cette histoire,
08:04c'est qu'il nous raconte cet acte.
08:07Ça, c'est quelque chose d'étonnant,
08:09parce qu'à la limite, tout le cirque avec le changement d'avion,
08:13bon, ça, on aurait compris que c'est quelque chose
08:17qui aurait pu servir dans les médias, etc.
08:20Mais raconter en détail l'exfiltration d'un président américain,
08:24en plus des détails qui posent des questions,
08:29qui nous donnent le modus operandi du service secret.
08:34– Voilà, il ne pourra pas se refaire deux fois, du coup.
08:36– Disons que, pour moi, c'est presque une faute professionnelle,
08:39parce qu'en réalité, ça, on ne doit pas raconter ça,
08:42parce que, bien évidemment, vous imaginez que les malfaisants,
08:45maintenant, ils sauront qu'il est capable,
08:48et son service est capable de nous inventer des scénarios comme ça,
08:52et donc, la prochaine fois, s'il y a une prochaine fois,
08:57ça va être plus difficile d'inventer un nouvel scénario.
09:01– Et on va d'ailleurs guetter, bien sûr, sur BFM TV,
09:03vous tenir au courant de toutes les réactions que ça suscite,
09:06quand même, cette exfiltration extraordinaire du président américain.
09:09– Sous-titrage Société Radio-Canada
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