- il y a 8 heures
Chaque week-end, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00:0122h49 sur BFM, l'actualité c'est toujours la guerre entre l'Ukraine et la Russie.
00:00:05Toujours aucun répit, l'offensive russe s'est poursuivie avec des frappes sur des navires en mer noire aujourd'hui.
00:00:09La région d'Odessa a également été touchée.
00:00:12Attaque massive par ailleurs contre des installations énergétiques dans l'est de l'Ukraine.
00:00:16Côté ukrainien, une centaine de drones a été envoyé sur le territoire russe.
00:00:19Et puis le géant du e-commerce russe Walburys visait une nouvelle fois, cette fois du côté de Yekaterinbourg dans
00:00:26l'Oural.
00:00:26La Russie qui prépare une opération contre un membre de l'OTAN.
00:00:29Ce sont des informations des services de renseignement américains relayées par la presse aux Etats-Unis.
00:00:35Pas d'informations précises sur le type d'action mais elles pourraient intervenir dès l'automne.
00:00:40C'est une sorte de test pour vérifier la réaction et la cohésion des états de l'organisation transatlantique.
00:00:47On en parle avec nos invités ce soir sur ce plateau.
00:00:50Sergueï Gironov, ancien officier de renseignement du KGB.
00:00:52Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:00:54A vos côtés Michel Bersanskis, journaliste spécialiste des questions internationales enseignant à l'ESJ Lille et auteur de comprendre les
00:01:01fractures du monde contemporain.
00:01:03A nos côtés également Matt Hauser.
00:01:05Bonsoir, bienvenue.
00:01:06Vous êtes confondateur de la société Drovnivka.
00:01:09Et puis Ulrich Bounat, notre analyste géopolitique BFM TV.
00:01:13On va reprendre et analyser, décrypter toute l'actualité du jour.
00:01:17Et on va commencer par ce direct avec Cyril Amoursky du côté de Kiev.
00:01:22Bonsoir Cyril.
00:01:24On l'a dit, des frappes russes vers notamment l'est du pays avec beaucoup de centrales d'installations énergétiques
00:01:32qui ont été visées ces dernières heures.
00:01:34Oui, tout à fait.
00:01:35C'est l'est, le nord et même le sud de l'Ukraine qui ont été impactés par ces frappes.
00:01:40Et à vrai dire, ça arrive assez régulièrement en Ukraine.
00:01:42C'était d'ailleurs une stratégie utilisée par la Russie pendant cet hiver où c'était particulièrement difficile.
00:01:47Et c'était le moment où la Russie avait frappé des centrales énergétiques, mais aussi des centrales hydrauliques.
00:01:53Et tout ce qui touche tout simplement à la vie quotidienne des Ukrainiens.
00:01:55Donc ce qu'on voit en ce moment, c'est la continuité de cette stratégie.
00:01:59Et elle s'inscrit dans des frappes de plus en plus intenses du côté russe vis-à-vis de l
00:02:04'Ukraine.
00:02:04Avec évidemment ces frappes qu'on a connues ces derniers jours dans la capitale.
00:02:08Je le disais, en 2024, si sur toute l'année 2024, 24 missiles balistiques ont été utilisés sur la capitale.
00:02:15Là, on a vu qu'en 3-4 jours, la Russie a réussi à utiliser plus de 70 missiles balistiques.
00:02:20Et seulement un seul a été intercepté par l'Ukraine.
00:02:23Dans ce contexte-là, la Russie aujourd'hui ne se prive plus de frappes différentes contre des installations énergétiques.
00:02:30Non pas que c'est nouveau, mais tout simplement, aujourd'hui, l'Ukraine n'a plus vraiment les moyens de
00:02:33se protéger.
00:02:34Et donc c'est pour cela qu'on voit une situation qui se dégrade de plus en plus, notamment dans
00:02:38les régions frontalières.
00:02:39Cyril, ce soir, encore de nouvelles salves de drones signalées.
00:02:43Des drones qui font route vers le territoire russe.
00:02:47Oui, tout à fait. On vient d'apprendre cela.
00:02:48Là, plus de 300 d'hydrônes, apparemment, sont envoyés en direction de la Russie depuis l'Ukraine.
00:02:53On a vu d'ailleurs, selon les vecteurs différents, que la Crimée, territoire occupé par la Russie, dès 2014, est
00:03:01en ce moment visé.
00:03:02Et donc ça s'inscrit, là aussi, dans une autre stratégie, cette fois-ci du côté ukrainien,
00:03:06de frappe à longue distance et en profondeur sur le territoire russe ou bien en territoire occupé.
00:03:11Et la stratégie ukrainienne, aujourd'hui, c'est de montrer qu'elle est en capacité de répondre aux frappes russes
00:03:16et également, évidemment, frapper tout ce qui touche à l'économie de guerre russe.
00:03:20Donc c'est-à-dire le nerf, pardon, plutôt de la guerre, tout ce qui permet à cette guerre d
00:03:25'être financée.
00:03:26Donc les centres logistiques, les entrepôts, notamment de Walberries, une entreprise très importante,
00:03:31en quelque sorte l'équivalent d'Amazon en Russie et qui représente 4% du PIB russe.
00:03:36Les raffineries qui rapportent énormément, mais aussi des sites militaires comme des bases aériennes,
00:03:41comme par exemple des ports.
00:03:43Et d'ailleurs, on avait vu qu'aujourd'hui, l'armée ukrainienne a montré, une fois de plus,
00:03:47comme elle le dit dans son communiqué, que la Crimée appartient à l'Ukraine
00:03:50en envoyant plusieurs drones maritimes vers la ville de Yalta.
00:03:54Merci Cyril Amourski.
00:03:55On vous retrouvera un petit peu plus tard pour développer les autres thématiques de ce jour.
00:04:00Mais je voulais qu'on garde la carte qu'on vient de voir et avoir votre regard, Matauser,
00:04:05parce que ça veut dire que tous les drones qui sont lancés seront finalement identifiés, repérés
00:04:11et potentiellement peuvent être détruits par les forces russes qui sont là directement visées.
00:04:17On le voit avec ces flèches rouges.
00:04:18Tout à fait.
00:04:19Alors, en très grande partie, ces drones sont effectivement identifiés.
00:04:22Alors, ils sont probablement sous-estimés d'ailleurs par rapport à leur nombre.
00:04:24C'est compliqué de représenter une centaine de drones sur une carte de CIP.
00:04:27Mais effectivement, les Russes, en réalité, n'ont pas forcément un problème de détection de ces drones.
00:04:31En très grande partie, ils les détectent facilement avec leur système antiaérien et leur radar.
00:04:34Par contre, le problème qu'ils ont, effectivement, c'est le même problème qu'a eu l'Ukraine au début
00:04:37du conflit en 2022.
00:04:39C'est bien un problème de destruction de ces drones sans employer des moyens trop coûteux.
00:04:43Aujourd'hui, la plupart des drones qui sont employés, les UTI, les drones de Firepoint également,
00:04:49sont sous les 50 000, voire sous les 100 000 dollars pour la plupart.
00:04:53Là où les munitions pour Pantsir ou pour les différents systèmes S-400 russes, donc systèmes antiaériens,
00:04:58eux, sont beaucoup plus chers que ça.
00:05:00Donc finalement, le ratio et la guerre d'asymétrie que menait l'Ukraine avec ses intercepteurs patriotes
00:05:06contre les drones russes, aujourd'hui, la Russie se retrouve dans la même position
00:05:09de devoir choisir entre accepter des pertes sur son territoire
00:05:12ou bien dépenser de manière très coûteuse des messieurs intercepteurs
00:05:16pour abattre ces drones qui sont bien identifiés.
00:05:17– Oui, et en plus du coup, il y a un autre aspect qui est que quand vous envoyez
00:05:22des centaines de drones, en fait, les systèmes sont submergés.
00:05:25Grosso modo, la défense antiaérienne russe, elle fonctionne, il y a une espèce de barrière,
00:05:29notamment de Pantsir à la frontière entre l'Ukraine et la Russie,
00:05:32qui vise à abattre à peu près tout ce qui traverse la frontière.
00:05:35Le problème, c'est que quand vous en avez 200 à 300 qui arrivent grosso modo en même temps,
00:05:38il n'est pas possible de toucher les abattres.
00:05:40Donc une partie traverse en quelque sorte la frontière et cette barrière de protection antiaérienne.
00:05:45Et du coup, après, une fois qu'ils ont traversé cette barrière,
00:05:46c'est beaucoup plus simple, on va dire, pour les drones qui peuvent ensuite évoluer
00:05:50sur l'ensemble du territoire russe, hormis autour de certaines infrastructures stratégiques
00:05:54ou autour de Moscou, par exemple.
00:05:56– On accueille sur ce plateau Mariana Pérez-Benezouk.
00:05:58Bonsoir, merci d'être là. Vous êtes journaliste indépendante franco-ukrainienne.
00:06:02On entendait Cyril Amoursky depuis Kiev nous raconter les événements du jour,
00:06:08avec notamment ces installations électriques visées dans l'est du pays,
00:06:11et puis ces régions qui ont été largement privées d'électricité en Ukraine aujourd'hui.
00:06:16à la suite là aussi de frappes russes.
00:06:19Ça, c'est évidemment un quotidien pour la population ukrainienne,
00:06:24de vivre avec ces restrictions d'électricité, ces restrictions énergétiques.
00:06:29– Oui, les restrictions de l'électricité, les restrictions de l'eau,
00:06:34les restrictions de chauffage ou de climatisation.
00:06:39C'est même pour ça, les années précédentes,
00:06:43les attaques sur les structures énergétiques se concentraient plutôt à l'hiver,
00:06:49dans le cadre en fait de cette pression sur les populations civiles pour les privés de chauffage.
00:06:59Mais puisque l'Ukraine, comme l'ensemble de l'Europe, vit un été extrêmement chaud,
00:07:05et que c'est très très pénible,
00:07:09cette année, on a des attaques, même en été,
00:07:13précisément pour qu'il n'y ait plus de climatisation, par exemple,
00:07:16ce qui peut être un grand problème.
00:07:20Et juste à rajouter que ce n'est pas que problème pour les habitants,
00:07:27finalement, que coupure d'électricité,
00:07:30c'est que ces frappes qui sont incessantes et qui durent déjà depuis plusieurs années,
00:07:37ça provoque en fait les pannes des infrastructures beaucoup plus généralisées,
00:07:41beaucoup plus importants, et mettent les gens en danger autrement.
00:07:48Pour vous donner un exemple, ça s'est produit en hiver,
00:07:52mais c'est quelque chose de semblable peut se produire en été.
00:07:57En hiver, suite à une coupure non prévue d'électricité,
00:08:02il y a eu un, je ne sais pas comment ça s'appelle,
00:08:06le panneau électrique qui a pris feu, par exemple,
00:08:10qui a privé tout l'immeuble où vivent plusieurs milliers de personnes,
00:08:16a privé d'électricité pendant une semaine.
00:08:19Il peut y avoir également des pannes de l'eau courante, et ainsi de suite.
00:08:24– Sergei Jernov, je voulais avoir votre regard sur cette information
00:08:27qui a retenu mon attention.
00:08:29Parmi les drones lancés par l'Ukraine sur la Russie,
00:08:33il y en a notamment qui ont visé six navires de la flotte fantôme
00:08:35en mer Noire et en mer d'Azov,
00:08:37dont une base présentée comme abritant un service
00:08:41des renseignements russes dans la région ukrainienne de Kherson.
00:08:45C'est-à-dire que le renseignement russe se déplace
00:08:49jusqu'au territoire, on va dire, conquis,
00:08:52ou en tout cas en passe de lettre.
00:08:54Comment ça fonctionne le renseignement précisément ?
00:08:56– Il essaie, il essaie, parce qu'en fait, les Russes,
00:08:59si vous prenez tout le système d'exploration des mers et des océans,
00:09:06en fait, c'est un système qui fait partie du ministère de la Défense,
00:09:10curieusement.
00:09:11Et donc, en fait, les bateaux explorateurs que vous pouvez retrouver,
00:09:16non seulement en mer Noire, mais vous pouvez les retrouver aussi
00:09:18dans les océans un peu partout dans le monde,
00:09:20dans la mer Méditerranée, vous pouvez le retrouver
00:09:24sur le porto atlantique entre le Portugal, l'Espagne, la France
00:09:30et puis plus au nord, dans la mer Baltique.
00:09:33En fait, ce sont des bateaux qui sont faits pour leur renseignement,
00:09:36qui se présentent pour la plupart comme des bateaux scientifiques
00:09:42qui étudient les mers, mais en réalité, ce sont les bateaux espions.
00:09:46Ils sont équipés aussi des moyens parfois autonomes
00:09:51pour aussi faire l'exploration des fonds marins,
00:09:55donc des batiscafs ou des petits sous-marins.
00:10:00Vous pouvez les retrouver aussi en mer Méditerranée assez régulièrement.
00:10:05Et donc, ils essaient de faire le renseignement sur la mer Noire,
00:10:10sauf que, bien évidemment, en mer Noire, les Ukrainiens,
00:10:13qui n'ont pas la flotte, ils ont quand même une flotte
00:10:16développée maintenant de drones marins
00:10:19qui obligent les Russes à partir, en fait,
00:10:21le plus loin possible du coin ukrainien,
00:10:26donc au-delà de Novorossi, ce qui est au abcès.
00:10:30Mais néanmoins, les Russes, ils ont quand même
00:10:32des opérations de renseignement.
00:10:35Ils ont besoin, en fait, de renseignement.
00:10:37Vous savez, c'est parce que la guerre maritime continue.
00:10:40Les Russes frappent aussi les bateaux qui sont dans les mers,
00:10:43dans les ports actuellement sud de l'Ukraine,
00:10:46ni Mykolaïf, mais aussi Odessa,
00:10:48parce que ces ports qui sont extrêmement importants
00:10:51pour l'économie ukrainienne.
00:10:5385% d'exportation ukrainienne passe par le port d'Adessa.
00:10:56Et donc, actuellement, depuis une semaine,
00:10:58il n'y a plus aucun bateau qui ne rentre plus dans les ports
00:11:01parce qu'ils ont peur, en fait, des frappes.
00:11:04Et les Russes, pour diriger ces frappes,
00:11:08ils ont besoin aussi de ce genre de bateaux.
00:11:10– Michel Dersanski, Cyril Lamorski nous le disait à l'instant,
00:11:14il y a eu 7 sites pétroliers dans l'Est de l'Ukraine
00:11:16qui ont été visés.
00:11:17On parle de l'attaque la plus massive depuis le début du conflit.
00:11:20Est-ce que vous faites un lien direct avec ce qui s'est passé hier
00:11:22et le fait que l'Ukraine ait attaqué des sites,
00:11:26des raffineries, des sites énergétiques,
00:11:28très en profondeur dans le territoire russe,
00:11:30à 700 et 1300 kilomètres du front ?
00:11:33Est-ce que c'est une réponse œil pour œil, dent pour dent ?
00:11:37Ou la façon dont on détermine les cibles est plus compliquée que ça ?
00:11:41– Moi, je crois que c'est plus compliqué que ça.
00:11:43Après, on peut le lire de cette façon-là, très très basique.
00:11:47Je crois qu'en réalité, chacun a sa stratégie.
00:11:50C'est-à-dire que l'Ukraine a sa stratégie de montrer
00:11:53qu'aujourd'hui, elle importe sur le sol russe la guerre
00:11:57et elle veut rendre visible cette guerre,
00:11:59avec un résultat qui sera plus ou moins escompté
00:12:02en termes de diplomatie, en termes d'accalmie,
00:12:07en termes de montrer aux États-Unis
00:12:08qu'effectivement, ils ont des cartes en main
00:12:10et qu'ils ne sont pas dépourvus de ressorts.
00:12:14Pour ce qui est de la Russie, je pense qu'aujourd'hui,
00:12:17Vladimir Poutine continue son long chemin
00:12:21depuis qu'il a commencé cette opération spéciale.
00:12:24et c'est en rien, je dirais, quelque chose de neuf.
00:12:28Je pense qu'aujourd'hui, les Russes continuent inlassablement
00:12:34et qu'ils savent que, de toute manière,
00:12:36ils ont le temps avec eux.
00:12:37Je crois que la grande différence avec l'Ukraine,
00:12:39c'est que la Russie sait qu'elle a le temps.
00:12:41– C'est une des informations de cette soirée.
00:12:44Les sénateurs américains ont adopté à une très large majorité,
00:12:47ce soir, un nouveau paquet de sanctions contre la Russie.
00:12:50Laurent Saïm, on vous retrouve, vous êtes en direct de Washington.
00:12:53des sanctions qui ciblent particulièrement l'industrie russe des hydrocarbures.
00:12:57– Oui, absolument, ce sont des sanctions que voulait absolument
00:13:04ce sénateur qui est décédé il y a quelques semaines,
00:13:07qui s'appelait l'Instagram,
00:13:08et qui, avant sa mort, 24 heures avant sa mort,
00:13:11s'était mis en train de se filmer avec des chars en Ukraine, à Kiev,
00:13:17en disant « je vais faire passer les sanctions américaines
00:13:20pour aider le peuple ukrainien ».
00:13:22Eh bien, c'est fait.
00:13:23Cette loi s'appellera la loi Lindsey Graham,
00:13:28et ces sanctions vont toucher des oligarques,
00:13:31vont toucher également des entreprises qui font commerce avec la Russie.
00:13:35Vont toucher aussi cinq pays comme la Chine et l'Inde,
00:13:39qui continuent à faire commerce avec la Russie.
00:13:42Ça a été approuvé, comme vous l'avez dit, à la très grande majorité.
00:13:46Ce sera, comme je viens de le mentionner, une loi qui portera le nom de Lindsey Graham.
00:13:50Alors, il y a quand même un petit caveat,
00:13:53c'est que ça a été approuvé à une grande majorité par le Sénat américain,
00:13:56mais ce n'est pas encore approuvé par la Chambre des représentants
00:13:59qui part en vacances dès ce soir et qui a promis en septembre
00:14:03de faire passer cette loi pour aider le peuple ukrainien.
00:14:06– Merci, Laurent Saïm, de Washington.
00:14:08On repart à Kiev, Cyril Amosky.
00:14:10Quelle réaction ce soir en Ukraine à ce vote du Sénat américain ?
00:14:14– Alors, il faut savoir que dans la première version du texte,
00:14:17on proposait notamment des droits de douane de 500%.
00:14:19Dans la version qui a été adoptée et qui est considérée comme un compromis,
00:14:22on parle désormais de 100%, mais ça reste une victoire majeure
00:14:26d'un point de vue des Ukrainiens, tout simplement parce que c'était un sujet
00:14:29qui était évoqué depuis plusieurs mois, même depuis plus d'un an.
00:14:32C'était donc une loi qui était poussée par l'Indigram
00:14:36et l'Indigram est un personnage qui, globalement, est assez apprécié en Ukraine.
00:14:40Il avait fait beaucoup de déplacements ici.
00:14:42Il avait poussé, effectivement, pour des mesures beaucoup plus dures
00:14:45et beaucoup plus radicales vis-à-vis de la Russie.
00:14:47Et donc, ici, on estime que c'est une première bonne étape maintenant,
00:14:51tant que cela n'est pas entièrement acté.
00:14:53Les Ukrainiens sont prudents.
00:14:54Ils connaissent également le comportement du président américain.
00:14:57On se souvient qu'il y a quelques jours, il avait annoncé
00:14:59qu'il était prêt à livrer à l'Ukraine une licence pour produire des missiles Patriot.
00:15:04Désormais, il a fait marche arrière.
00:15:05Et sur d'autres sujets, il a également fait marche arrière.
00:15:07Donc, pour l'instant, les Ukrainiens se disent que c'est une excellente première étape.
00:15:10Ils espèrent vraiment que ça va se matérialiser
00:15:12parce qu'ils estiment que c'est une mesure qui ne permettra de faire mal à l'économie russe
00:15:16et que c'est, disons, en quelque sorte, presque un paquet de sanctions
00:15:20qui va vraiment avoir un impact sur les alliés de la Russie
00:15:24et qui vont faire réfléchir ces alliés.
00:15:26Laurent Saïm vient de mentionner notamment la Chine, l'Inde.
00:15:29On peut parler également de la Turquie et de certains pays de l'UE.
00:15:32Mais tant que le président américain lui-même ne signera pas ce texte,
00:15:36pour l'instant, les Ukrainiens restent quand même prudents.
00:15:38– Cyril Amosky, en direct de Kiev, merci.
00:15:41Mariana Pérez-Beneziouk.
00:15:43– Il dirait agir sur les sanctions, sur le fait qu'en Ukraine,
00:15:47c'est accueilli avec espoir, tu imagines ?
00:15:49– Je pense que c'est accueilli avec du scepticisme,
00:15:53comme en fait tout ce qui provient des États-Unis
00:15:57depuis que Donald Trump en a pris la tête,
00:16:00parce que comme chacun connaît l'inconstance légendaire
00:16:07du président américain, ça c'est la première chose.
00:16:10La deuxième chose, il faut le rappeler, c'est que Donald Trump lui-même,
00:16:14or les sanctions sont à sa guise, c'est lui qui peut les appliquer ou non,
00:16:19Donald Trump, il me semble, a menacé l'Ukraine des sanctions
00:16:22plus souvent qu'il n'a menacé la Russie.
00:16:25Et de toute façon, si on parle de l'Ukraine,
00:16:29les seules sanctions en lesquelles croient réellement les Ukrainiens,
00:16:34c'est ce qu'on appelle les sanctions aériennes.
00:16:37C'est les frappes, par exemple, sur Valdberis,
00:16:43qui, on a vu, augmentent sensiblement déjà le réjet de la guerre
00:16:50dans l'opinion russe.
00:16:52Alors, il ne s'agit pas pour l'instant de manifestations contre Poutine,
00:16:57mais en trois semaines de frappes sur l'infrastructure économique importante russe,
00:17:06et on a déjà un changement notable des opinions,
00:17:12ce qu'on n'a pas eu depuis quatre ans avec les sanctions américaines.
00:17:16– Ulrich Bounas, sur les sanctions votées ce soir à Washington.
00:17:19– Alors, effectivement, les sanctions, notamment les sanctions secondaires
00:17:22sur les pays cachés du pétrole russe, ça peut avoir un impact.
00:17:24Lorsque Donald Trump, il avait imposé des sanctions de 25, plus 25,
00:17:28donc 50% sur les achats indiens de pétrole russe,
00:17:32on avait vu une forte décroissance des achats de pétrole brut russe par l'Inde.
00:17:37Après, là où je mettrais quand même un vrai bémol,
00:17:39c'est déjà d'une part, comme l'a dit Laurence Saïm,
00:17:42il n'y aura pas de vote de la Chambre des représentants
00:17:45avant au moins le mois de septembre.
00:17:47Et ensuite, en fait, ce paquet de sanctions,
00:17:49il permet à Donald Trump d'imposer des sanctions,
00:17:51c'est-à-dire qu'il ne force pas Donald Trump à signer la loi
00:17:54pour imposer des sanctions, il ouvre la perspective à Donald Trump
00:17:56de mettre des sanctions, ce qui est complètement différent
00:17:59et rien ne présage, a priori, que Donald Trump va décider
00:18:02de mettre la pression sur la Russie
00:18:04et les pays qui achètent du pétrole à la Russie.
00:18:08Il y a, notamment sur la Chine,
00:18:10il sent quand même relativement clair depuis 2025
00:18:13que Donald Trump n'ose pas aller au conflit économique avec la Chine.
00:18:17Donc voilà, prudence par rapport à ça.
00:18:19– Alors, tous les regards se tournent évidemment vers Donald Trump.
00:18:21Laurence Saïm, vous êtes toujours en ligne avec nous,
00:18:24le président américain, qui s'est d'ailleurs exprimé
00:18:25ces dernières heures sur la situation en Ukraine.
00:18:27– Oui, et vous avez tout à fait raison avec vos invités en plateau
00:18:34de dire que, attendez, que ces sanctions soient votées,
00:18:38ça sera voté en septembre, il y a un effet d'annonce,
00:18:40c'était pour encore et toujours rendre un vibrant hommage
00:18:44à la manière de Washington, un sénateur qui est mort
00:18:46et qui, la veille de sa mort, s'est battu pour le peuple ukrainien.
00:18:50Mais hier, ici, derrière moi, dans le bureau Oval,
00:18:52quand les journalistes accrédités ont posé la question
00:18:54à Donald Trump sur l'Ukraine, on a toujours eu la même réponse.
00:18:57Un président qui est embarrassé, un président qui convoque souvent Zelensky,
00:19:02mais on voit bien que rien n'avance.
00:19:04Un président qui n'arrête pas de dire,
00:19:06« Ah ben, vous savez, l'Ukraine, c'est de la faute de mon prédécesseur Joe Biden.
00:19:11Et franchement, si moi, j'avais été président,
00:19:13l'Ukraine aurait été réglée en 24 heures. »
00:19:16Et le président Trump qui dit, « Mais voilà, les Américains ont déjà donné
00:19:20beaucoup trop de munitions aux Ukrainiens.
00:19:22Et c'est vraiment dommage que les Russes et les Ukrainiens se haïssent autant. »
00:19:26Dans les faits, il y a effectivement cette loi qui est en train de se dessiner,
00:19:32qui a été votée par le Sénat.
00:19:33Et je le redis, il faut que ce soit voté par la Chambre des représentants
00:19:37selon la Constitution américaine en septembre.
00:19:41Et pour le moment, tout le monde part en vacances.
00:19:43Et la guerre en Ukraine continue.
00:19:44– Merci, Laurent Saïm, à Washington.
00:19:47Sergei Jirnoff, au fond, Donald Trump est le seul qui serait véritablement capable
00:19:50de mettre un terme à ce conflit, s'il le souhaitait.
00:19:54Or, on a le sentiment qu'il ne veut pas s'engager davantage,
00:19:59ne pas faire pression sur la Russie notamment ?
00:20:01– Ce n'est pas l'impression, on le sait.
00:20:03On le sait malheureusement parce que s'il y a une chose
00:20:07qu'on ne puisse pas reprocher à Donald Trump, c'est d'être au clair.
00:20:10En fait, il n'a jamais considéré cette guerre comme une guerre d'agression de Russie
00:20:16contre le pays victime qui est l'Ukraine.
00:20:19Il a parlé toujours d'un conflit entre deux gamins
00:20:22qui se chamaillent dans le parc et qu'il faut séparer.
00:20:25Et donc, vous voyez, c'est une approche complètement différente.
00:20:29Donc, il met dans le même panier l'agresseur et l'agressé
00:20:32et il ne s'est jamais engagé réellement pour défendre une quelconque idéologie,
00:20:39une quelconque idée de droit de l'homme, de la défense du peuple ukrainien,
00:20:45de la lutte contre l'agression de Poutine, etc.
00:20:49Et donc, du coup, il n'y a pas beaucoup d'espoir.
00:20:52Vous savez, cette loi qu'a portée Lindsey Graham,
00:20:55le feu Lindsey Graham, le regretté Lindsey Graham,
00:20:59elle est malheureuse parce qu'il la porte depuis deux ans.
00:21:02Et donc, Donald Trump, pendant deux ans, il faisait le yo-yo.
00:21:05Tantôt, il a convoqué Lindsey Graham et il disait « prépare cette loi ».
00:21:10Lindsey Graham lui disait depuis un an et demi qu'il avait 80 sénateurs
00:21:14qui étaient prêts à voter des deux partis, en fait, pour le soutien bipartite.
00:21:18Et c'est rare d'avoir une loi qui a eu un soutien au Sénat aussi unanime.
00:21:25Mais Donald Trump, il jouait le chaud et le froid.
00:21:28Et finalement, cette loi, en fait, lui donne le droit d'appliquer les sanctions.
00:21:33Mais est-ce qu'il va les appliquer ?
00:21:35Donc déjà, ce n'est pas voté.
00:21:36Mais une fois, même si c'est voté, c'est lui qui va décider s'il va les appliquer ou
00:21:40pas.
00:21:41Et donc, on a été…
00:21:43Maintenant, on est quand même très pessimiste par rapport à ça.
00:21:46Et vous savez, les promesses qu'il a données, à part la promesse, la dernière promesse
00:21:51sur les missiles patriotes dont il a parlé au sommet de l'OTAN à Ankara.
00:21:58Et en fait, il a fait très, très rapidement la machine arrière.
00:22:01Et puis, on se souvient toujours.
00:22:03Et en fait, je suis presque le seul à lui rappeler, en fait, à chaque occasion où je peux le
00:22:10faire,
00:22:10que pendant, il y a deux ans, et pendant toute la campagne électorale présidentielle,
00:22:16il a dit, j'ai un plan A et un plan B.
00:22:19Le plan A, c'est, je vais imposer à l'Ukraine, à Zelensky,
00:22:25vouloir, donc devoir se mettre en pourparler avec la Russie.
00:22:30Et si Zelensky ne le fait pas, je vais lui couper tous les vivres.
00:22:34Mais si, après, j'ai le plan B,
00:22:36si Poutine ne voudra pas se mettre à la table des négociations et conclure la paix,
00:22:40je donnerai à l'Ukraine autant d'armes qu'elle n'a jamais eues.
00:22:43Et en fait, il a complètement oublié ce plan B.
00:22:45Il est enterré.
00:22:46Et personne ne lui rappelle.
00:22:48D'ailleurs, je suis assez surpris que même les Ukrainiens ne lui rappellent ça,
00:22:53ne lui rappellent pas ça.
00:22:54Mais si vous entendiez, par exemple, les derniers temps,
00:22:57il y a Mikhail Podolyak, qui est le porte-parole de l'office de président Zelensky,
00:23:02on sent les deux dernières semaines un agacement, en fait, côté ukrainien,
00:23:10parce que je crois qu'ils ont ras-le-bol, en fait, de ce yo-yo du président Donald Trump.
00:23:16– Michel Dersensky, en fait, des sanctions votées,
00:23:20encore faut-il qu'elles soient appliquées, côté américain, côté européen,
00:23:23il y a eu volet sur volet de sanctions.
00:23:25Au fond, est-ce que ça change quelque chose ?
00:23:28Ça gêne sans doute l'effort de guerre russe,
00:23:30mais on le voit avec la flotte fantôme,
00:23:32ça n'empêche pas la Russie, malgré tout, d'écouler une partie de son pétrole.
00:23:36– Il est évident que ça a un impact.
00:23:38Après, la question que vous posez très justement,
00:23:41c'est est-ce que cet impact est suffisamment efficient ?
00:23:43On voit bien, comme vous venez de le dire,
00:23:45que la Russie a trouvé des moyens de contournement.
00:23:47Elle a trouvé des moyens de contournement avec l'Inde,
00:23:50elle a trouvé des moyens de contournement avec la Corée du Nord,
00:23:53avec la Chine, avec d'autres acteurs
00:23:55qui sont l'Iran.
00:23:56Donc les moyens de contournement, elle les a trouvés.
00:24:00Maintenant, ça a aussi une symbolique politique forte,
00:24:02le fait que l'Europe ait mis en place ces sanctions,
00:24:05même si elles n'ont pas l'efficience,
00:24:07je dirais optimum, qu'on pouvait en attendre,
00:24:11elle dit quelque chose d'un point de vue politique,
00:24:13elle met un positionnement clair d'un point de vue politique.
00:24:15La seule chose que je voudrais faire rappeler ici,
00:24:17c'est que les deux enfants qui étaient dans le bac à sable,
00:24:20celui qui a rappelé qu'il fallait les séparer,
00:24:22c'est Marc Routte, c'est le porte-parole de l'OTAN,
00:24:25et je pense que là, c'est dommageable pour l'Europe,
00:24:28parce qu'on voit bien qu'il y a un travers à ce niveau-là.
00:24:31Et enfin, sur les questions des sanctions,
00:24:33rappelons que depuis qu'il y a eu la guerre
00:24:35entre les Américains et l'Iran,
00:24:39les Américains ont rouvert, pendant plus d'un mois,
00:24:42la possibilité pour les Russes de faire de l'exportation
00:24:45d'hydrocarbures.
00:24:46Et donc ça a permis aux Russes d'engranger
00:24:48de nouveaux dollars, et pas des moindres.
00:24:51Et donc aujourd'hui,
00:24:53qu'il y ait ce train de solution qui arrive,
00:24:56pour l'instant, l'autorisation, elle court toujours.
00:24:58Ce qui veut dire que le déficit,
00:25:00ils ne l'auront pas, d'un point de vue économique.
00:25:02Et d'autre part, la question qu'ont les Russes,
00:25:04aujourd'hui, avec l'Inde,
00:25:06lorsque l'Inde leur achète de l'hydrocarbure,
00:25:09c'est que la Banque de Russie, il dit elle-même,
00:25:11on a trop de roupies.
00:25:12C'est-à-dire que l'Inde paye en roupies la Banque russe.
00:25:15Et la Banque russe, elle ne sait pas quoi faire de ces roupies
00:25:17pour les transformer sur le marché,
00:25:19en monnaies sonnantes et trébuchantes
00:25:21qui puissent réinjecter dans le système financier.
00:25:23Donc vous voyez que ce qu'on fait d'un côté
00:25:25n'est pas toujours aussi efficace que l'Assa,
00:25:27mais trouver des moyens de contournement,
00:25:29oui, la Russie continueront à en avoir.
00:25:31Et je dirais que ce que j'ai redit sur ce plateau,
00:25:34la Russie a des alliés qui sont fiables,
00:25:36la Chine et la Corée du Nord.
00:25:37Pour l'Europe, vis-à-vis de l'Ukraine,
00:25:40en fonction des élections qui vont arriver en Europe,
00:25:43ce sera beaucoup plus difficile.
00:25:45Vous évoquiez l'OTAN.
00:25:47Vladimir Poutine est-il prêt à déstabiliser
00:25:50l'organisation transatlantique avec de nouvelles opérations ?
00:25:52C'est en tout cas ce qu'affirment les renseignements américains
00:25:56relayés par la presse aux États-Unis,
00:25:57notamment le Wall Street Journal.
00:25:59Laurence Haïm, on vous retrouve toujours à Washington.
00:26:02La Russie, donc, qui envisagera une opération
00:26:04contre un des États membres de l'OTAN.
00:26:09Oui, alors, il faut quand même faire attention à cette histoire
00:26:12parce que c'est des sources du renseignement américain
00:26:15qui ne sont pas du tout d'accord avec la politique
00:26:18menée par l'administration Trump
00:26:20et qui parlent sous couvert d'anonymat au Wall Street Journal.
00:26:23Et pour le moment, il n'y a que le Wall Street Journal
00:26:25qui fait état de ça en disant que dans les prochaines années,
00:26:30le président Poutine pourrait totalement jouer la division des pays de l'OTAN
00:26:36en faisant des opérations militaires atypiques.
00:26:39Alors, on parle beaucoup de la cybersécurité.
00:26:42Il y a beaucoup d'inquiétudes à Washington et véritablement au sein de la CIA,
00:26:46mais aussi au sein du Pentagone,
00:26:48sur des attaques cyber qui pourraient toucher principalement l'Europe,
00:26:52mais aussi peut-être les États-Unis,
00:26:53si à un moment donné, les relations entre Vladimir Poutine et Donald Trump ne sont pas bonnes.
00:26:58En tout cas, le Wall Street Journal évoque cela au conditionnel
00:27:01en disant que selon des employés des services de renseignement américains,
00:27:09Vladimir Poutine pourrait vraiment toucher la stabilité des pays de l'OTAN.
00:27:13Et on l'a vu avec ce qui s'est passé en Europe il y a quelques jours
00:27:16et ce drone en Pologne.
00:27:18Évidemment, il y a beaucoup d'inquiétudes par rapport à ça.
00:27:21Merci beaucoup, Laurence Haïm, en direct de Washington.
00:27:23On est en ligne avec le général Jean-Paul Palomero,
00:27:26ancien chef d'état-major de l'armée de l'air et ancien commandant allié de l'OTAN.
00:27:29Vous connaissez parfaitement le sujet général.
00:27:32Est-ce que vous partagez au fond la prudence exprimée à l'instant par Laurence Haïm à Washington
00:27:36où vous vous dites, ça semble évident que la Russie prépare en tout cas des opérations
00:27:41pour tester à la fois la réaction et la cohésion des membres de l'organisation ?
00:27:47Oui, la prudence, elle est de mise parce qu'évidemment, il y a toujours…
00:27:54Les pays de l'OTAN, je les connais bien, les pays baltes, c'est pas illogique,
00:28:01font monter la pression en permanence pour être sûrs d'être soutenus le moment venu
00:28:08si des opérations de cette nature advenaient.
00:28:11Donc, je pense que personne n'a raison d'autant.
00:28:15Ce qui est certain, c'est que l'OTAN ne peut pas dormir sur ses deux oreilles
00:28:19depuis plusieurs années.
00:28:23L'OTAN doit être là pour répondre à ce défi,
00:28:26mais au-delà de l'OTAN, c'est l'ensemble des pays européens
00:28:30qui doivent continuer à préparer une résilience, si vous voulez, partagée,
00:28:37parce que les coups, nous les prendrons un jour ou l'autre.
00:28:41C'est sans doute pas demain, on ne sait pas,
00:28:44ça va dépendre de l'évolution de la guerre en Ukraine,
00:28:46la coalition des volontaires se montre solidaire,
00:28:50et ça, évidemment, ça énerve M. Poutine,
00:28:53qui voudra sans doute répondre d'une manière ou d'une autre.
00:28:56Il fait monter aussi un certain nombre de forces en Biélorussie,
00:29:01à regarder du coin de l'œil, si je puis dire.
00:29:03Il est toujours présent, bien sûr, dans l'emploi de Kaliningrad,
00:29:06donc rien n'a changé dans le paysage,
00:29:08et on sait que Vladimir Poutine n'a qu'une idée,
00:29:12c'est de déstabiliser l'OTAN d'une manière ou d'une autre.
00:29:15Il ne va pas la déstabiliser par la force brute,
00:29:18en tout cas pas dans le court terme, à mon avis,
00:29:20mais en revanche, on le voit,
00:29:23des drones par-ci, des drones par-là,
00:29:27semer en quelque part le doute,
00:29:30voilà ce qu'il vise,
00:29:31et attendre des jours meilleurs,
00:29:33en fonction, effectivement, des différentes élections,
00:29:37se dire, je vais peut-être recueillir quelques soutiens.
00:29:41Il suffit qu'il y ait quelques pays qui,
00:29:44même sans s'opposer à ce qui doit être fait
00:29:48pour parer ces attaques hybrides,
00:29:51qui hésitent.
00:29:54L'hésitation, c'est terrible face à quelqu'un comme Poutine,
00:29:57or, je l'ai entendu à l'instant,
00:30:01les Américains, aujourd'hui, hésitent.
00:30:05Et on peut comprendre, enfin, les Américains,
00:30:08Donald Trump hésite à réellement soutenir les Ukrainiens,
00:30:13réellement punir les Russes,
00:30:14tout ça n'est pas à la hauteur des enjeux, c'est clair.
00:30:19Ce n'est pas un normal qui est au sein du gouvernement américain,
00:30:24mais surtout au sein du Congrès et des militaires,
00:30:28d'autres voix qui s'expriment en disant,
00:30:30mais attendez, ce sont des alliés.
00:30:32C'est Vladimir Poudin qui est en train de commettre au quotidien
00:30:38des crimes de guerre, en frappant des civils,
00:30:40en frappant des...
00:30:44Comment dirais-je ?
00:30:46En s'en prenant directement aux populations civiles,
00:30:48en russifiant les populations ukrainiennes.
00:30:51Enfin, le nombre de crimes de guerre,
00:30:52voire contre l'humanité,
00:30:54sera impressionnant à compter,
00:30:58au bout du compte, malheureusement.
00:31:00Donc, oui, l'OTAN doit se préparer
00:31:03à ce type d'attaque incontestablement.
00:31:05On revient vers vous dans un instant général.
00:31:07Mariana Pérez-Benezou, vous voulez réagir ?
00:31:09Oui, je voudrais juste rajouter qu'il est vrai qu'aux Etats-Unis,
00:31:14il arrive aux journalistes de travailler beaucoup à neuf
00:31:19et même parfois avec des sources,
00:31:21en ayant une seule source.
00:31:23Mais cette information, elle n'est absolument...
00:31:25Et cette rumeur, elle n'est absolument pas nouvelle
00:31:27et elle ne provient pas que de fuite de services américains.
00:31:31Il faut dire qu'il y a déjà eu une information similaire
00:31:35dans les médias britanniques il y a quelques jours à peine
00:31:39et qu'à l'origine, c'est le président ukrainien,
00:31:45au début de cette année, à Niver,
00:31:47qui avait publiquement prévenu l'Europe
00:31:51que selon les informations des services ukrainiens,
00:31:54donc à la base, c'était les informations des services ukrainiens,
00:31:57qu'il y avait des plans d'offensive
00:32:01ou d'une attaque contre les pays de l'OTAN en préparation,
00:32:07au point que la ministre des Affaires étrangères,
00:32:11Letton, a dû officiellement de mentir cela.
00:32:16Et ensuite, pendant plusieurs mois,
00:32:18nous avions eu de fuites dans des médias européens divers,
00:32:25de services des renseignements européens divers,
00:32:28notamment allemands,
00:32:29qui corroborent le même scénario.
00:32:33Général Palomero, vous êtes toujours avec nous.
00:32:37Risques donc annoncés par les services américains,
00:32:41relayés par la presse aux États-Unis.
00:32:42En même temps, quand on voit qu'un missile de croisière russe
00:32:45est tombé récemment en Pologne
00:32:46ou encore qu'il y a des incursions de drones en Roumanie,
00:32:49est-ce qu'on n'est pas déjà dans ces scénarios
00:32:52de guerre hybride et de tests russes
00:32:55face à la capacité de réaction de l'OTAN ?
00:32:58– Je crois qu'il ne faut pas mélanger.
00:33:00C'est complexe, les guerres hybrides.
00:33:02J'ai présenté ça en 2014 au ministre de la Défense de l'OTAN
00:33:06pour leur expliquer que ce serait l'avenir.
00:33:08Malheureusement, c'est ce qui s'est produit.
00:33:09C'est complexe parce qu'on peut se tromper.
00:33:12Par exemple, vous dites qu'il y a un missile balistique,
00:33:15qui tombe en Pologne.
00:33:17Quand on voit le nombre de missiles balistiques
00:33:19que tire M. Poutine contre l'ensemble de l'Ukraine,
00:33:22ça n'a rien d'étonnant qu'il y en ait qui tombent,
00:33:25malheureusement, dans les pays limitropes,
00:33:27dans les pays voisins.
00:33:28Je ne considère pas forcément,
00:33:30bien sûr, c'est pas considéré,
00:33:32pourquoi ça s'est passé, etc.
00:33:33Mais je ne considère pas ça vraiment
00:33:35comme une attaque ou un test.
00:33:38M. Poutine connaît parfaitement les moyens,
00:33:40ou le manque de moyens d'ailleurs,
00:33:41des alliés de l'OTAN en termes de missiles balistiques.
00:33:45Ce n'est pas le sujet.
00:33:47C'est sans doute ce qu'on ne voit pas,
00:33:49qu'il faut en permanence aller rechercher,
00:33:52aller profondément voir comment il peut déstabiliser,
00:33:55peut-être, les régions.
00:33:57On a vu différentes méthodes.
00:34:00On se souvient de la Biélorussie
00:34:02qui avait poussé des immigrants
00:34:04aux portes de l'Union européenne, etc.
00:34:07Donc, il faut surtout travailler, évidemment,
00:34:10sur le renseignement
00:34:11qui doit rester le cœur du sujet partagé
00:34:14entre les alliés
00:34:15pour bien évaluer ces risques
00:34:19et puis avoir une vision très large.
00:34:22Les risques adviennent généralement là-haut.
00:34:25On ne les attend pas.
00:34:27Donc, que quelques drones survolent à Roumanie,
00:34:30ce n'est pas bien
00:34:30et ça serait mieux si on pouvait les abattre.
00:34:32Mais ça ne me paraît pas être un signe suffisant,
00:34:37disons directeur,
00:34:38pour orienter une véritable politique de résilience.
00:34:41En revanche,
00:34:42quand on commence à parler de drones
00:34:45sur des aéroports allemands,
00:34:47voire armés,
00:34:49là, attention,
00:34:51là, méfiance.
00:34:52Parce que là,
00:34:52on est vraiment dans des opérations hybrides
00:34:55de vie-force,
00:34:56en quelque sorte.
00:34:57On commence à se rapprocher
00:34:58d'attentats terroristes
00:35:00et ça devient de plus en plus grave.
00:35:03Donc, oui, oui,
00:35:04il ne faut aucun doute éveiller les consciences,
00:35:08mais surtout travailler mieux ensemble.
00:35:10Je pense que les alliés,
00:35:12je me permets cette critique,
00:35:13ne font pas encore assez
00:35:15sur le partage du renseignement.
00:35:16Je sais que c'est douloureux,
00:35:17c'est difficile,
00:35:18parce que chacun veut retenir un peu ce qu'il sait.
00:35:20Mais aujourd'hui,
00:35:22c'est du renseignement en temps réel
00:35:23et une évaluation permanente
00:35:27de la situation qu'il nous faut
00:35:29pour pouvoir détecter les signaux faibles.
00:35:31C'est de là que tout doit partir,
00:35:34s'adresser à des experts
00:35:35qui sont là pour identifier,
00:35:37justement,
00:35:38en quoi ces signaux faibles
00:35:39peuvent impacter l'Alliance,
00:35:42l'Union européenne
00:35:43et être sur le qui-vive.
00:35:45Ne pas se démobiliser,
00:35:47que ce soit pendant des vacances,
00:35:49des périodes électorales ou autres,
00:35:50parce que les Russes,
00:35:52avec leurs amis,
00:35:53comme on disait tout à l'heure,
00:35:54eux ne s'arrêteront pas
00:35:55et ils saisiront la première occasion
00:35:59d'essayer de déstabiliser l'OTAN.
00:36:02Merci, merci beaucoup,
00:36:03Général Jean-Paul Palomar,
00:36:04d'avoir été en direct avec nous.
00:36:06Cyril Lamorski,
00:36:07vous êtes toujours à Kiev,
00:36:08vous écoutez le débat en plateau,
00:36:10ça fait réagir en Ukraine,
00:36:12ces informations relayées aujourd'hui
00:36:14par la presse américaine ?
00:36:17Écoutez, comme l'a dit Mariana Péry-Bénissiouk,
00:36:19en réalité, c'est un sujet
00:36:20qui n'est absolument pas nouveau.
00:36:21Là, ce qui est intéressant,
00:36:22c'est qu'il y a une source
00:36:23au niveau des États-Unis
00:36:24qui confirme cela,
00:36:25mais en réalité,
00:36:26quand on écoute les renseignements européens,
00:36:28cela fait déjà au moins deux ans
00:36:29qu'on en parle.
00:36:30Au total, j'ai vérifié,
00:36:31il y a une dizaine de pays
00:36:32qui ont fait un constat assez similaire.
00:36:34Le premier pays
00:36:35qui en avait vraiment parlé,
00:36:36c'était l'Allemagne,
00:36:37il y a deux ans,
00:36:37en disant qu'il y avait un risque
00:36:38de confrontation directe
00:36:40avec la Russie
00:36:41dans les années à venir.
00:36:42Et donc là, maintenant,
00:36:43ce qu'on apprend,
00:36:44c'est qu'apparemment,
00:36:45des sources américaines
00:36:46confirment plus ou moins
00:36:47la même chose.
00:36:48Et ce qu'on entend
00:36:49de la part des Ukrainiens,
00:36:50notamment quand on fait des reportages,
00:36:51quand j'étais allé
00:36:52sur la ligne de front,
00:36:53quand j'ai discuté notamment
00:36:54avec des artilleurs de mortier,
00:36:55c'est qu'eux, justement,
00:36:56considèrent qu'ils sont aujourd'hui
00:36:58en quelque sorte
00:36:58le bouclier de l'Europe.
00:36:59Et ce qu'ils veulent dire
00:37:01à chaque fois
00:37:01et ce qu'ils souhaitent transmettre
00:37:03aux téléspectateurs européens
00:37:04ou bien tout simplement
00:37:05aux partenaires européens
00:37:06quand ils sont écoutés,
00:37:07c'est que les Ukrainiens,
00:37:09finalement,
00:37:09se considèrent comme une étape
00:37:10avant une prochaine étape
00:37:12qui est celle de l'attaque
00:37:13contre les pays de l'OTAN
00:37:15ou de l'Union européenne.
00:37:16Et donc, les Ukrainiens
00:37:17se considèrent véritablement
00:37:18comme un bouclier ici.
00:37:19Et je me permets de dire
00:37:20deux ou trois choses aussi
00:37:21par rapport aux frappes
00:37:22qui ont eu lieu
00:37:23sur le territoire de l'OTAN.
00:37:24Alors oui,
00:37:24il se peut qu'il y ait
00:37:25quelques attaques
00:37:26qui aient eu lieu
00:37:27tout simplement par hasard
00:37:28pour telle ou telle raison.
00:37:29Mais on sait qu'en Roumanie,
00:37:31notamment cette année,
00:37:32plusieurs drones russes
00:37:33sont tombés
00:37:34sur le territoire roumain
00:37:35de façon tout à fait délibérée.
00:37:37C'est-à-dire qu'on a pu vérifier
00:37:38la trajectoire de ces drones
00:37:40et il n'y avait absolument
00:37:41aucun doute
00:37:42que leur but était vraiment
00:37:43de tomber en Roumanie.
00:37:44Donc, on voit qu'il y a déjà
00:37:45une tentative de la part de la Russie
00:37:46d'impressionner
00:37:48les alliés européens,
00:37:50aussi d'envoyer un message
00:37:51aux populations
00:37:51et à l'opinion publique
00:37:53comme quoi,
00:37:53si vous continuez
00:37:54à soutenir l'Ukraine,
00:37:55nous, on est en capacité
00:37:56de répondre.
00:37:57Et enfin,
00:37:57il y a quand même
00:37:58un autre sujet,
00:37:59c'est la possibilité
00:38:00de voir peut-être
00:38:02un petit contingent
00:38:03de l'armée russe
00:38:03au niveau de villes
00:38:06qui sont à la frontière
00:38:07avec la Russie.
00:38:08On a évoqué ce cas
00:38:09pendant la journée,
00:38:10notamment celui de Narva
00:38:11en Estonie
00:38:11où une partie considérable
00:38:14de la population,
00:38:1490% de la population
00:38:16était équipement russe
00:38:17et une grande partie
00:38:18de la population
00:38:18parle russe.
00:38:19Donc, la Russie
00:38:20pourrait utiliser
00:38:20un argument similaire
00:38:21à celui qu'elle a utilisé
00:38:22notamment avec l'invasion
00:38:23du Donbass en 2014
00:38:25en prétendant
00:38:26qu'elle défendait
00:38:26la population russophone
00:38:27mais aussi, par exemple,
00:38:28le cas de Dogafpil.
00:38:29C'est une ville
00:38:30en Lituanie
00:38:31qui pourrait être ciblée
00:38:35aussi dans ce genre
00:38:35d'opérations.
00:38:36Et toute dernière chose,
00:38:37il faut savoir
00:38:38que les dirigeants européens
00:38:39et notamment les dirigeants
00:38:40de ces États
00:38:41limitrophes à la Russie
00:38:42sont tout à fait conscients
00:38:44de ce danger
00:38:44à un tel point
00:38:45que même le président
00:38:46nationaliste polonais
00:38:47qui en ce moment
00:38:48n'est pas dans les meilleurs
00:38:48termes avec l'Ukraine,
00:38:49aujourd'hui,
00:38:50lors de sa date anniversaire
00:38:53de première année
00:38:53de mandat
00:38:54en tant que président,
00:38:55a annoncé
00:38:55que c'est dans les intérêts
00:38:56de la Pologne
00:38:59de soutenir l'Ukraine
00:39:00parce qu'ils sont
00:39:01tout à fait conscients
00:39:02du danger russe
00:39:03vis-à-vis des États
00:39:04de l'OTAN.
00:39:05– Et Cyril Amorski
00:39:07en direct de Kiev,
00:39:08Matauser,
00:39:08vous voulez réagir ?
00:39:09– Oui, tout à fait.
00:39:10Là, je vois le bandeau
00:39:11effectivement qui titre
00:39:12sur le fait que la Russie
00:39:13pourrait tester
00:39:14la cohésion de l'OTAN,
00:39:15notamment sa réaction
00:39:16à ces sujets.
00:39:17Je pense qu'en fait,
00:39:18les tests sont concrètement
00:39:19déjà en cours,
00:39:19c'est-à-dire que le test,
00:39:20il n'est plus à prévoir,
00:39:21il est actuel.
00:39:22Je repense à ces sujets
00:39:23il y a quelques jours
00:39:24à Leipzig en Allemagne
00:39:25où on a quand même trouvé
00:39:26sur une piste d'un aérodrome
00:39:27en partie civile
00:39:28et militaire
00:39:29un drone
00:39:30avec chargé d'explosifs,
00:39:31un drone Kamika
00:39:32chargé d'explosifs,
00:39:32800 grammes de Semtex environ,
00:39:34ce qui est deux fois
00:39:35la charge employée
00:39:36par exemple sur l'attentat
00:39:37du vol de Lockerbie.
00:39:38Donc c'est une charge
00:39:39qui aurait entièrement
00:39:40détruit l'avion.
00:39:41Je ne sais pas encore
00:39:42si on ne sait pas encore
00:39:43l'enquête est en cours,
00:39:44c'est bien la Russie
00:39:45qui est derrière
00:39:45cette tentative d'attaque.
00:39:47Ce qui est certain,
00:39:48c'est que si c'est le cas,
00:39:48qu'ils aient réussi
00:39:49ou échoué à dessein,
00:39:51le message est passé.
00:39:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:39:52la Russie est capable,
00:39:53je l'ai cité Mao,
00:39:55d'avoir ses agents
00:39:56de renseignement
00:39:56comme un poisson dans l'eau
00:39:57sur le territoire européen,
00:39:58de mener des opérations
00:40:00avec probablement
00:40:00les agents du GRU
00:40:01qui font décoller des drones
00:40:02depuis le territoire allemand,
00:40:03le GRU,
00:40:04donc le renseignement
00:40:05militaire russe,
00:40:06qui peuvent donc
00:40:07se balader tranquillement
00:40:08en Allemagne,
00:40:08faire décoller des drones
00:40:09avec de l'explosif
00:40:10et repartir sans être inquiétés.
00:40:12Et je pense que ça correspond
00:40:13quand même au mode opératoire
00:40:14des Russes en grande partie
00:40:15qui est le déni plausible,
00:40:17c'est-à-dire qu'ils se permettent
00:40:17beaucoup de choses
00:40:18en niant à chaque fois,
00:40:19même si on a
00:40:20des grandes suspicions
00:40:21effectivement que ça puisse
00:40:22venir du Kremlin,
00:40:23mais tant qu'on ne le met pas
00:40:24en cause nous-mêmes,
00:40:24côté européen,
00:40:25en fait ils continueront
00:40:26probablement ces tests
00:40:27et avec raison,
00:40:28ça veut dire qu'ils attendent
00:40:29finalement la limite qu'on posera,
00:40:30j'aurai dit cette limite
00:40:31elle est quand même
00:40:32loin devant nous,
00:40:33en tout cas on ne l'a pas encore vue.
00:40:35Je suis complètement d'accord
00:40:36avec ce qui vient d'être dit,
00:40:36c'est-à-dire que
00:40:37on est déjà,
00:40:38la Russie se considère
00:40:39encore une fois
00:40:40en guerre contre l'Occident
00:40:41en Ukraine
00:40:41et donc effectivement
00:40:42elle cherche à nous déstabiliser,
00:40:44on est déjà complètement
00:40:44en guerre hybride,
00:40:45alors il y a l'attentat
00:40:46de Leipzig,
00:40:46on pourrait citer
00:40:47tous les sabotages
00:40:47sur les voies ferrées
00:40:48en Allemagne,
00:40:49en Pologne,
00:40:49je rappellerai aussi
00:40:50puisqu'on parle de drones
00:40:51qu'il y avait eu 23 Gerbera
00:40:53donc qui sont des drones
00:40:54Schaed sans explosifs
00:40:55qui avaient survolé
00:40:56le territoire polonais
00:40:57en 2025,
00:40:58ce n'était pas un hasard,
00:40:59en fait il n'y a pas 23 drones
00:41:01qui se sont perdus
00:41:01au-dessus du territoire polonais
00:41:02bien au contraire,
00:41:03donc c'était effectivement
00:41:04il y a des tests
00:41:05très très très réguliers
00:41:06de la part de la Russie
00:41:07pour voir comment on réagit,
00:41:08pour voir si effectivement
00:41:09ça crée des coins
00:41:10au sein des populations civiles
00:41:11si les civils ont peur
00:41:13et décident d'arrêter
00:41:15d'encourager le gouvernement
00:41:18à soutenir l'aide à l'Ukraine,
00:41:20en revanche sur une opération militaire
00:41:23véritablement,
00:41:23une invasion à grande échelle
00:41:25semble complètement hors de propos
00:41:26mais même une invasion
00:41:27on va dire
00:41:27d'opération militaire spéciale
00:41:29qui verra un petit contingent russe
00:41:31entrer sur un territoire
00:41:32d'un pays de l'OTAN
00:41:33que ce soit les Pays-Baltes
00:41:34ou le Svalbard,
00:41:35en fait c'est quand même
00:41:36pas le scénario le plus probable
00:41:37à très court terme,
00:41:38c'est l'analyse qu'en font
00:41:40les services de renseignement
00:41:41le capot estonien,
00:41:43c'est aussi,
00:41:44enfin si je cite par exemple
00:41:45le ministre de la Défense
00:41:47l'étonien aujourd'hui
00:41:48qui a dit que
00:41:49à très court terme
00:41:50l'invasion n'était pas
00:41:50le scénario le plus probable,
00:41:52on est vraiment,
00:41:52effectivement il y a une montée
00:41:53en puissance des actions
00:41:54de déstabilisation de la Russie
00:41:55en guerre 8,
00:41:56c'est une évidence
00:41:57et on le voit depuis 2022
00:41:58ça va crescendo,
00:41:59encore une fois l'attentat
00:42:00de Leipzig le montre,
00:42:01en revanche,
00:42:02il y a encore un pas
00:42:04avant une invasion
00:42:05et de toute façon
00:42:06la meilleure façon
00:42:07d'éviter que ce scénario
00:42:08du pire se produise,
00:42:09c'est de mobiliser en fait
00:42:10en quelque sorte
00:42:11l'ensemble des forces européennes
00:42:12et de l'OTAN
00:42:12pour monter en puissance
00:42:14en fait en termes de défense,
00:42:15le général Paloméros
00:42:16parlait d'échanges de renseignements,
00:42:17il y a ça
00:42:18et aussi cette capacité
00:42:19à finalement positionner
00:42:20des forces
00:42:20pour justement servir
00:42:22de dissuasion vers la Russie.
00:42:23Et on évoquait
00:42:24ce drone explosif
00:42:25découvert à Leipzig
00:42:26cette semaine,
00:42:27réaction aujourd'hui
00:42:28de l'ambassade de Russie
00:42:29à Berlin
00:42:30qui parle d'une provocation
00:42:32montée de toute pièce.
00:42:33Sergei Jernoff.
00:42:34Bon après,
00:42:35le ministère russe
00:42:36des affaires étrangères,
00:42:37ça fait depuis des années
00:42:39qu'il n'est plus
00:42:39le ministère des affaires étrangères
00:42:41mais le ministère
00:42:42de la propagande.
00:42:43Et donc à chaque fois
00:42:44on a l'impression
00:42:44vraiment d'avoir
00:42:45les gens
00:42:46qui véhiculent
00:42:48juste des narratifs
00:42:50mais en se moquant de nous,
00:42:52ça veut dire
00:42:53en ayant l'évidence
00:42:54et en nous prenant
00:42:55pour des imbéciles.
00:42:56Mais vous savez,
00:42:56on cherche
00:42:57les signaux faibles
00:42:59comme disait
00:43:00le général
00:43:01tout à l'heure
00:43:02dans le renseignement
00:43:03de cette future attaque
00:43:06et pourtant
00:43:07parfois
00:43:08avec Poutine
00:43:08il suffit
00:43:09tout simplement
00:43:10de regarder
00:43:11ce qui se passe
00:43:12bien en vue.
00:43:14Ça veut dire
00:43:14que la Russie
00:43:15depuis deux ans
00:43:16a reconstruit
00:43:17deux circonstances
00:43:18militaires
00:43:19celles
00:43:20de Saint-Pétersbourg
00:43:22de Leningrad
00:43:22en fait
00:43:23et de Moscou.
00:43:25Cette circonstance
00:43:26de Moscou
00:43:27est destinée
00:43:27à être en face
00:43:29des Pays-Baltes
00:43:30des trois Pays-Baltes
00:43:31et éventuellement
00:43:31de la Pologne
00:43:32et celle
00:43:33de Saint-Pétersbourg
00:43:34est en face
00:43:35de la Finlande
00:43:36et reconstruise
00:43:37les casernes
00:43:38et construise
00:43:38de nouvelles casernes.
00:43:40Poutine
00:43:40a augmenté
00:43:41en deux années
00:43:42a augmenté
00:43:43trois fois
00:43:43le nombre
00:43:45de militaires
00:43:46au ministère
00:43:47de la Défense
00:43:47et donc
00:43:48la Russie
00:43:48a passé
00:43:49d'un million
00:43:49à un million cinq
00:43:50actuellement
00:43:51de forces armées
00:43:54officielles
00:43:54inscrites
00:43:55dans la loi militaire
00:43:56et puis
00:43:58encore quelque chose
00:43:59qui est parfaitement visible
00:44:00ça veut dire
00:44:01ils ne se cachent pas
00:44:02ils avaient
00:44:03la structure
00:44:04de brigades
00:44:05qui étaient organisées
00:44:06en fait
00:44:06les forces armées
00:44:07dans ces circonscriptions
00:44:09militaires
00:44:09étaient organisées
00:44:10par brigades
00:44:11et là
00:44:11la Russie passe
00:44:12dans l'organisation
00:44:14divisionnaire
00:44:15et en réalité
00:44:15vous demandez
00:44:16à n'importe quel expert
00:44:17militaire
00:44:17il vous dit
00:44:18lorsque
00:44:18on change
00:44:19de brigade
00:44:19à la division
00:44:20ça veut dire
00:44:20qu'on se prépare
00:44:22en fait
00:44:22à la guerre
00:44:23et on augmente
00:44:24en fait
00:44:25la capacité
00:44:28structurelle
00:44:28des forces armées
00:44:30face à l'ennemi
00:44:31qui est potentielle
00:44:32et donc
00:44:32qu'est-ce qu'il faut encore
00:44:33vous avez
00:44:34des bateaux
00:44:35qui ont rompu
00:44:36les câbles
00:44:37dans la mer baltique
00:44:38vous savez
00:44:39cette liste-là
00:44:40si on voulait
00:44:40la faire
00:44:42on passera
00:44:43toute la soirée
00:44:44en fait
00:44:45à faire
00:44:46et à prouver
00:44:47que ce n'est pas
00:44:48au conditionnel
00:44:49qu'il faut mettre
00:44:49je suis d'accord
00:44:50avec Ulrich
00:44:52ça fait des années
00:44:53que les russes
00:44:54font déjà ça
00:44:544 ans et demi
00:44:55d'une guerre
00:44:56meurtrière
00:44:57de Partedro
00:44:58d'autres
00:44:58la Russie et l'Ukraine
00:44:59qui cherchent évidemment
00:45:00des soldats
00:45:02Maëva Lamy
00:45:03nous rejoint
00:45:04parce qu'on a eu
00:45:04ces informations
00:45:05aujourd'hui
00:45:06côté ukrainien
00:45:07on en sait un peu plus
00:45:08sur le nombre
00:45:09de combattants étrangers
00:45:10qui sont actuellement
00:45:12engagés dans le conflit
00:45:12oui tout à fait
00:45:13Jérémy
00:45:13il y a des chiffres
00:45:14qui ont été donnés
00:45:15par une médiatrice
00:45:16militaire ukrainienne
00:45:17elle indique
00:45:18qu'ils sont près
00:45:19de 16 000
00:45:2016 000 volontaires étrangers
00:45:21à servir
00:45:22dans les forces
00:45:23de défense ukrainienne
00:45:24et ces 16 000 volontaires
00:45:26ils viennent
00:45:26d'au moins
00:45:2772 pays différents
00:45:29et ce qui est intéressant
00:45:30c'est qu'il y a eu
00:45:31un basculement
00:45:32au premier mois
00:45:32du conflit
00:45:33les ressortissants étrangers
00:45:34venaient surtout
00:45:35d'Europe
00:45:36ou d'Amérique du Nord
00:45:37aujourd'hui
00:45:38près de 40%
00:45:39d'entre eux
00:45:40sont des ressortissants
00:45:41de pays d'Amérique latine
00:45:42alors comment expliquer
00:45:43cet afflux
00:45:43de combattants
00:45:44sud-américains
00:45:46et bien il y a
00:45:46des motivations personnelles
00:45:48parfois il y a aussi
00:45:48la question de la solidarité
00:45:49envers l'Ukraine
00:45:50et puis surtout
00:45:51il y a un intérêt
00:45:52financier
00:45:53qui n'est pas négligeable
00:45:54puisque pour ces soldats
00:45:57les salaires peuvent atteindre
00:45:58près de 4000 euros
00:46:00mensuels au front
00:46:01et puis il y a aussi
00:46:02forcément un intérêt
00:46:03pour l'Ukraine
00:46:03puisque des pays
00:46:05comme la Colombie
00:46:05disposent en fait
00:46:06d'un vaste vivier
00:46:07de militaires
00:46:08qui possèdent
00:46:08une solide expérience
00:46:09de combat anti-guéria
00:46:11avec donc des compétences
00:46:12tactiques extrêmement précieuses
00:46:14et donc ces profils
00:46:15sont très recherchés
00:46:16par l'état-major ukrainien
00:46:17et ce n'est qu'un début
00:46:19pour l'Ukraine Maëva
00:46:19tout à fait
00:46:20puisque l'ancien ministre
00:46:21de la défense ukrainien
00:46:22qui a récemment été
00:46:23limogé
00:46:24avait annoncé
00:46:25un objectif clair
00:46:26faire en sorte
00:46:28que dans les troupes d'assaut
00:46:29c'est-à-dire dans les soldats
00:46:30sur le terrain
00:46:30qui sont vraiment
00:46:31sur les lignes de front
00:46:32et bien que 30 à 50%
00:46:34de ces soldats
00:46:35soient étrangers
00:46:36alors un objectif
00:46:37qui était très ambitieux
00:46:38aujourd'hui
00:46:39on en est quand même
00:46:39très loin
00:46:40mais l'Ukraine comprend
00:46:42finalement qu'elle a
00:46:43des problèmes
00:46:43au niveau de sa mobilisation
00:46:45surtout que ces postes-là
00:46:46sur les lignes de front
00:46:47ce sont les plus dangereux
00:46:48les plus exposés
00:46:50aux frappes de drones
00:46:51c'est aussi là
00:46:52forcément que les soldats
00:46:53peuvent gagner
00:46:54le plus d'argent
00:46:55Merci Maéva
00:46:56on est en ligne
00:46:56avec Anthony Dabila
00:46:57chercheur associé
00:46:58à l'Institut d'études
00:46:59de stratégie et de défense
00:47:00bonsoir
00:47:00merci d'être avec nous
00:47:02on vient de l'entendre
00:47:03près de 40%
00:47:04des volontaires étrangers
00:47:06actuellement engagés
00:47:06dans le conflit
00:47:07en Ukraine
00:47:08viennent de pays
00:47:09d'Amérique latine
00:47:10est-ce que ça
00:47:11vous surprend ?
00:47:14non
00:47:15car comme cela a été dit
00:47:17c'est une ancienne zone
00:47:19de guerre
00:47:20pour certains pays
00:47:21donc il y a du savoir-faire
00:47:22tactique
00:47:23ce qui est très important
00:47:24et ce qui se monnait
00:47:26très facilement
00:47:28avec des salaires
00:47:30qui sont assez conséquents
00:47:31que l'on vient de mentionner
00:47:33et également
00:47:36une adhésion certaine
00:47:38dans cette région
00:47:39d'une partie de la population
00:47:41à cette lutte
00:47:43qui est identifiée
00:47:45à un certain
00:47:45anti-impérialisme
00:47:48contre les Etats-Unis
00:47:50qui ne sont pas
00:47:51très populaires
00:47:52dans une certaine
00:47:53frange de l'opinion
00:47:54dans cette région
00:47:56il y a aussi
00:47:58la fin du conflit
00:47:59en Colombie
00:48:00qui a démobilisé
00:48:01beaucoup de combattants
00:48:01et on sait que
00:48:03la fin des combats
00:48:04est très difficile
00:48:05pour certains combattants
00:48:07quand on a vécu
00:48:09la guerre
00:48:09pendant longtemps
00:48:10c'est très difficile
00:48:11d'en sortir
00:48:11c'est le thème
00:48:12de films comme
00:48:13American Sniper
00:48:14ou Rambo bien sûr
00:48:15Aller faire la guerre
00:48:16dans un pays
00:48:17qui n'est pas le sien
00:48:18est-ce que c'est un phénomène
00:48:19qu'on a toujours
00:48:20un peu connu
00:48:21ou là ça prend des proportions
00:48:22quand même particulières
00:48:23dans ce conflit
00:48:24entre la Russie et l'Ukraine ?
00:48:28Non, il y a eu
00:48:29beaucoup de conflits
00:48:30de la guerre froide
00:48:30qui ont été menés
00:48:31par procuration
00:48:33notamment la guerre d'Angola
00:48:34qui a été très peu
00:48:35commentée
00:48:36mais dont
00:48:37les historiens
00:48:38ont montré l'importance
00:48:39il y avait beaucoup
00:48:40de pays étrangers
00:48:41qui étaient impliqués
00:48:42notamment des Cubains
00:48:44et c'est peut-être
00:48:46le cas aujourd'hui
00:48:47également
00:48:47en Russie
00:48:49et en Ukraine
00:48:50je n'ai pas d'éléments
00:48:51pour appuyer
00:48:52ce que je dis maintenant
00:48:54mais c'est une probabilité
00:48:55tout à fait importante
00:48:57étant donné
00:48:58la proximité ancienne
00:49:00entre Cuba
00:49:00et la Russie
00:49:01aussi au niveau
00:49:02idéologique
00:49:03il y a également
00:49:05des volontés
00:49:08de combler
00:49:09certains trous
00:49:10du côté russe
00:49:11et là
00:49:11clairement
00:49:12le fait que la Russie
00:49:14mène
00:49:14une grande opération
00:49:16à ses frontières
00:49:17avec une grande partie
00:49:19de soldats
00:49:20qui ne sont pas
00:49:21des nationaux
00:49:22et bien cela
00:49:23en dit long
00:49:24sur l'adhésion
00:49:25à cette guerre
00:49:26et les pertes
00:49:28assez importantes
00:49:29qu'a subie
00:49:30la Russie
00:49:30sur le front
00:49:31et qu'elle a du mal
00:49:32à remplacer
00:49:33Il y a des éléments
00:49:35tout à fait concrets
00:49:36par rapport aux Cubains
00:49:37parce qu'en fait
00:49:37il y a la liste
00:49:38des personnes
00:49:39qui étaient sanctionnées
00:49:40par les Américains
00:49:40parmi ces personnes
00:49:41il y a des attachés
00:49:43militaires
00:49:43dans les ambassades
00:49:45cubaines
00:49:45dans un certain
00:49:47nombre de pays
00:49:48auxquels
00:49:49on reprochait
00:49:50justement
00:49:50de servir
00:49:52de relais
00:49:53pour l'enrôlement
00:49:54des Cubains
00:49:55dans cette guerre
00:49:57en Russie
00:49:58l'histoire
00:49:59a connu aussi
00:50:00vous souvenez
00:50:01la guerre en Espagne
00:50:02la guerre en Espagne
00:50:03il y avait
00:50:03des volontaires
00:50:04du monde entier
00:50:05qui sont venus
00:50:06combattre
00:50:07aux côtés
00:50:07des révolutionnaires
00:50:09de gauche
00:50:10contre Franco
00:50:12dans les années 30
00:50:13et donc en fait
00:50:14ces phénomènes existent
00:50:16ils ont toujours existé
00:50:17il y a le phénomène
00:50:19aussi de globalisation
00:50:20en quelque sorte
00:50:21parce qu'en fait
00:50:21les gens deviennent
00:50:22de plus en plus
00:50:23faciles
00:50:24à se déplacer
00:50:25et donc
00:50:26les compétences
00:50:28quand ils sont
00:50:28quelque part
00:50:29on les retrouve
00:50:30sur tous les terrains
00:50:31de guerre
00:50:31vous les retrouvez
00:50:32aussi en Afrique
00:50:33vous les retrouvez
00:50:34sur tous les
00:50:35tous les terrains
00:50:35de conflit
00:50:36en fait
00:50:36il y a toujours
00:50:37un peu
00:50:38de volontaires
00:50:39tout en sachant
00:50:40que quand même
00:50:42le nombre
00:50:42il faut le reporter
00:50:43en fait
00:50:43l'armée ukrainienne
00:50:45c'est un million
00:50:45de personnes
00:50:46et donc 16 000
00:50:47reportés à un million
00:50:48ça reste quand même
00:50:50assez marginal
00:50:51comme pour la Russie
00:50:52la même chose
00:50:53vous savez
00:50:53les Russes
00:50:54ont aussi
00:50:54des volontaires
00:50:55qui viennent
00:50:56de plusieurs pays
00:50:56mais ça reste aussi
00:50:58quelque chose
00:50:59de marginal
00:51:00Mariana Pérez-Bénézouk
00:51:01oui je voudrais
00:51:02juste rajouter
00:51:03dans la continuité
00:51:04de ce que vient
00:51:05de dire Sergueï
00:51:06il y a quand même
00:51:07une grande différence
00:51:08entre l'Ukraine
00:51:09et la Russie
00:51:10la Russie
00:51:11précédemment
00:51:11l'Union soviétique
00:51:12et même
00:51:13la Russie tsariste
00:51:15avant
00:51:15avait une grande
00:51:17tradition
00:51:18quand même
00:51:18c'est quelque chose
00:51:19qui est très ancré
00:51:20que de participer
00:51:22dans des conflits
00:51:23armés
00:51:23partout
00:51:24dans le monde
00:51:25et pour cela
00:51:26utiliser
00:51:27les mercenaires
00:51:28les mercenaires locaux
00:51:30voire des mercenaires
00:51:31de pays tiers
00:51:32importés
00:51:33pour combattre
00:51:35dans un conflit
00:51:36sur le sol étranger
00:51:38donc
00:51:39c'est quelque chose
00:51:40qui est absolument
00:51:41organique
00:51:42pour la Russie
00:51:42et c'est quelque chose
00:51:44qui a été fait
00:51:44et que la Russie
00:51:46essayait de faire
00:51:46dès le départ
00:51:47en ce qui concerne
00:51:48l'Ukraine
00:51:49au départ
00:51:50c'était plus un problème
00:51:51qu'autre chose
00:51:52par ailleurs
00:51:52ce problème a commencé
00:51:53en 2014
00:51:54où il y a eu
00:51:55un certain nombre
00:51:56de citoyens
00:51:57en fait
00:51:58Belarus
00:51:59voire Russes
00:52:00qui souhaitaient
00:52:01combattre
00:52:01contre l'Ukraine
00:52:02ce qui est interdit
00:52:03par la loi ukrainienne
00:52:05ce qui fait
00:52:05qu'au fil de temps
00:52:06on a dû
00:52:07modifier la législation
00:52:08pour pouvoir
00:52:10offrir un titre
00:52:11de séjour
00:52:12à ces combattants
00:52:13et voire
00:52:14de les intégrer
00:52:15d'une manière
00:52:16ou d'une autre
00:52:18à ce que je sais
00:52:19quand même
00:52:20les services ukrainiens
00:52:21n'ont jamais
00:52:22bien vu ça
00:52:23sauf qu'en 2022
00:52:25le flux
00:52:27des volontaires
00:52:28qu'on peut comparer
00:52:30un tout petit peu
00:52:31aux volontaires
00:52:32qui allaient
00:52:33qui se rendaient
00:52:34par exemple
00:52:34en Espagne
00:52:35pour combattre
00:52:36Franco
00:52:37était tel
00:52:38qu'on n'a pas eu
00:52:39d'autre choix
00:52:40d'autre choix
00:52:41que de trouver
00:52:42un moyen
00:52:43de les légaliser
00:52:44et je voudrais
00:52:46juste rajouter
00:52:46c'est que
00:52:47dès le départ
00:52:48dès le départ
00:52:49les colombiens
00:52:50étaient la première
00:52:51nationalité
00:52:51même quand il y avait
00:52:53environ un millier
00:52:54c'était déjà
00:52:55la première
00:52:56la première nationalité
00:52:58présente en Ukraine
00:52:58Matauser
00:52:59oui tout à fait
00:53:00je vais rebondir
00:53:00effectivement sur ce point
00:53:02et sur ce qui avait pu
00:53:02être évoqué aussi
00:53:03concernant les motivations
00:53:04de ces volontaires étrangers
00:53:05qui sont en Ukraine
00:53:06le narratif russe
00:53:07en grande partie
00:53:08consiste à dire
00:53:08que ce sont avant tout
00:53:09des mercenaires
00:53:09qui viennent pour l'argent
00:53:11pour s'enrichir
00:53:11j'ai la chance
00:53:12de côtoyer beaucoup
00:53:13de vétérans
00:53:14notamment des européens
00:53:15qui combattent en Ukraine
00:53:16des américains aussi
00:53:16certains colombiens
00:53:17et en grande majorité
00:53:18ils me disent tous
00:53:19que leur prime de combat
00:53:20et leur salaire en Ukraine
00:53:21leur permet de vivre
00:53:22de s'acheter du matériel
00:53:23de vivre correctement
00:53:24en unité sur position
00:53:25mais la plupart
00:53:26ont perdu de l'argent
00:53:27depuis leurs 4 ans
00:53:28de guerre en Ukraine
00:53:28très peu se sont réellement
00:53:30enrichis en réalité
00:53:30dans ce conflit
00:53:31donc la motivation
00:53:32de ces soldats
00:53:32peut-être que pour
00:53:33certains colombiens
00:53:33effectivement
00:53:34pour qui effectivement
00:53:35le niveau de vie
00:53:35en Colombie
00:53:36par rapport au salaire ukrainien
00:53:37s'ils survivent au conflit
00:53:38est intéressant
00:53:39mais pour l'immense majorité
00:53:40notamment des volontaires
00:53:42européens et américains
00:53:43qui sont d'ailleurs
00:53:43ceux que la Russie
00:53:44cible dans sa propagande
00:53:45hostile en prétendant
00:53:46que les armées européennes
00:53:48seraient déjà impliquées
00:53:48la plupart de ces combattants
00:53:50sont avant tout là
00:53:50pour des raisons
00:53:51soit de goût du risque
00:53:52ça existe aussi
00:53:53mais pour une grande partie
00:53:54une sympathie pour l'Ukraine
00:53:55pour la cause ukrainienne
00:53:56et beaucoup
00:53:57ça c'est un point important
00:53:58beaucoup de profils
00:53:58que je rencontre
00:53:59sont des gens
00:53:59qui se sont engagés
00:54:00en tant que volontaires
00:54:01donc volontaires
00:54:02au sens humanitaire
00:54:03ont assisté
00:54:04à des décès de civils
00:54:05etc
00:54:05et pour cette raison
00:54:06pour combattre la Russie
00:54:07sur le terrain
00:54:08ensuite sont passés
00:54:09dans l'engagement
00:54:09au sein de l'armée ukrainienne
00:54:11parce qu'il faut rappeler
00:54:11d'ailleurs
00:54:11c'est le point important
00:54:12que tous ces volontaires étrangers
00:54:13ne sont pas des mercenaires
00:54:14qui vaugraient un petit peu
00:54:16dans tous les sens
00:54:16mais ils sont bien intégrés
00:54:17dans des régiments réguliers
00:54:18ukrainiens
00:54:19comme pourraient être en France
00:54:20évidemment
00:54:20les légions étrangères
00:54:22françaises
00:54:22avec des militaires
00:54:23sous contrat
00:54:24exactement
00:54:24Eric Bounin
00:54:25je vous donne la parole
00:54:25dans un instant
00:54:26on va faire un détour
00:54:27du côté de Kiev
00:54:27parce que Cyril Amours
00:54:28qui nous appelle
00:54:30des sirènes
00:54:31qui retentissent ce soir
00:54:32nouvelle alerte aérienne
00:54:33dans la capitale
00:54:35on vient tout juste
00:54:36elle vient se terminer
00:54:37enfin on n'entend plus
00:54:38mais elle est toujours en cours
00:54:39on vient de
00:54:41pardon
00:54:42on vient d'apprendre
00:54:43qu'il y a une alerte aérienne
00:54:45en ce moment
00:54:45à Kiev
00:54:46dans la capitale ukrainienne
00:54:47mais également dans la ville
00:54:48de Dnipro
00:54:48donc beaucoup plus à l'est
00:54:50du pays
00:54:50et il s'agit en tout cas
00:54:52cette fois-ci
00:54:52d'une alerte aux drones
00:54:53pas de missiles balistiques
00:54:55a priori pour l'instant
00:54:56et on vient d'apprendre
00:54:58là il y a seulement
00:54:58quelques instants
00:54:59que sept drones
00:55:00vont en direction
00:55:01de la capitale
00:55:02et de la ville
00:55:02à côté de Brovary
00:55:04on sait que la Russie
00:55:05utilise ces derniers temps
00:55:06beaucoup moins de drones
00:55:07pour frapper l'Ukraine
00:55:08en profondeur
00:55:09mais cela continue
00:55:11tout de même
00:55:11on a vu d'ailleurs
00:55:12que sur le mois précédent
00:55:14plus de 1000 drones
00:55:15ont été utilisés
00:55:16sur la capitale
00:55:18donc c'est un chiffre
00:55:19qui est en baisse
00:55:20par rapport à des mois précédents
00:55:21mais qui reste très important
00:55:22très conséquent
00:55:23et donc c'est
00:55:24une fois de plus
00:55:25ce qu'on voit ce soir
00:55:27et bien c'est la continuité
00:55:27de cette stratégie
00:55:29ce type d'attaque
00:55:30a surtout lieu d'ailleurs
00:55:31le soir
00:55:32lorsque la population
00:55:33est bien chez elle
00:55:34lorsqu'elle se repose
00:55:35et donc on va voir
00:55:36qu'est-ce qui va se passer
00:55:38au cours de cette nuit
00:55:38mais il est fort à parier
00:55:40que malheureusement
00:55:41on aura aussi
00:55:42des dégâts
00:55:43au niveau
00:55:43de l'infrastructure civile
00:55:44comme c'est très régulièrement
00:55:45le cas
00:55:46lorsque la Russie
00:55:47décide d'attaquer l'Ukraine
00:55:48et vous revenez vers nous
00:55:49Cyril
00:55:49dès que vous avez plus
00:55:50d'informations
00:55:51sur l'alerte
00:55:51qui est en cours
00:55:52ce soir
00:55:52notamment dans la capitale
00:55:54ukrainienne
00:55:55Juste sur les mercenaires
00:55:56colombiens
00:55:57je suis complètement d'accord
00:55:58avec ce que disait
00:55:58Mattheuser
00:55:59je pense qu'il y a
00:55:59différentes raisons
00:56:00pour lesquelles
00:56:01les gens s'engagent
00:56:02les étrangers s'engagent
00:56:03pour l'Ukraine
00:56:05mais dans le cas
00:56:06des mercenaires colombiens
00:56:07quand même
00:56:07une large majorité
00:56:08c'est pour des raisons financières
00:56:09et l'Ukraine
00:56:11n'est pas le seul cas
00:56:12les mercenaires colombiens
00:56:13c'est quelque chose
00:56:14qui est assez connu
00:56:14depuis une dizaine d'années
00:56:18dans les guerres menées
00:56:19par proxy interposé
00:56:20par les Émirats Arabes Unis
00:56:22notamment au Yémen
00:56:23et au Soudan
00:56:23donc en fait
00:56:24c'est un phénomène
00:56:24assez connu
00:56:25tellement connu
00:56:26qu'on estime
00:56:26à plusieurs dizaines
00:56:27de milliers
00:56:27des mercenaires colombiens
00:56:28à l'étranger
00:56:28ce qui a forcé
00:56:29le gouvernement colombien
00:56:30au mois de mars
00:56:31à voter
00:56:32et à reconnaître
00:56:33la convention
00:56:34contre le mercenariat
00:56:35de l'ONU de 1989
00:56:36pour essayer justement
00:56:37de tarir un petit peu
00:56:38ce robinet
00:56:39qui commence à poser
00:56:40des vrais problèmes
00:56:41au niveau international
00:56:42à la Colombie
00:56:43juste pour donner un exemple
00:56:44il y avait deux Colombiens
00:56:45qui rentraient d'Ukraine
00:56:46qui avait fait un stop-over
00:56:47enfin qui avait fait
00:56:48une escale au Venezuela
00:56:49et qui avait du coup
00:56:50été arrêté par la police
00:56:51vénézuélienne
00:56:53extradé en Russie derrière
00:56:54ce qui avait créé
00:56:55un vrai problème diplomatique
00:56:56entre la Colombie
00:56:57et la Russie
00:56:57donc effectivement
00:56:59les Colombiens
00:57:00essayent désormais
00:57:01de réduire un petit peu
00:57:02le flux
00:57:02je pense qu'il y en aura
00:57:03toujours qui partiront
00:57:03à l'étranger
00:57:04parce que je crois
00:57:04que la solde
00:57:05d'un pensionné
00:57:08de l'armée colombienne
00:57:09c'est 300 ou 400 dollars
00:57:10donc c'est largement moins
00:57:12que les 4000
00:57:12qu'on a vus tout à l'heure
00:57:13mais effectivement
00:57:14ce phénomène
00:57:14ne va pas non plus
00:57:15prendre une ampleur énorme
00:57:16Michel Vercens
00:57:16ça pose la question
00:57:17des ressources humaines
00:57:18évidemment
00:57:19après 4 ans et demi de guerre
00:57:20et de ce point de vue là
00:57:21la Russie paye
00:57:22un tribut plus lourd
00:57:24parce que c'est la puissance
00:57:27qui agresse
00:57:28attaquante
00:57:29merci Sergueï
00:57:30il y a une différence
00:57:32quand même de ce point
00:57:32ce qu'il y a
00:57:33c'est qu'aujourd'hui
00:57:34sur la ligne de front
00:57:35des 1200 km
00:57:37du Donbass
00:57:39et qui est en confrontation
00:57:41avec l'Ukraine
00:57:42il est évident
00:57:44que lorsque les Russes
00:57:45s'attaquent
00:57:45on dit toujours
00:57:46en termes je dirais
00:57:47militaires
00:57:48que ce sont les attaquants
00:57:50qui perdent plus
00:57:51que ceux qui défendent
00:57:52et aujourd'hui
00:57:53les Ukrainiens
00:57:54ont renforcé
00:57:55leur ligne de défense
00:57:56donc effectivement
00:57:56je crois que c'est
00:57:582-6 pour 4
00:58:00ou ce type de rapport
00:58:02donc effectivement
00:58:04les Russes perdent de plus
00:58:05mais il faut quand même
00:58:06se rendre compte d'une chose
00:58:07c'est qu'aujourd'hui
00:58:08si demain
00:58:09la Russie
00:58:09décidait de faire
00:58:11une mobilisation générale
00:58:12elle aurait un nombre
00:58:13de soldats
00:58:15qui seraient bien
00:58:15plus supérieurs
00:58:16à ce qu'elle peut mettre
00:58:17aujourd'hui sur le front
00:58:18ou même à ce qu'elle met
00:58:19aujourd'hui sur le front
00:58:20la difficulté
00:58:21à la différence
00:58:21avec l'Ukraine
00:58:22c'est que
00:58:23pour des raisons politiques
00:58:25l'Ukraine
00:58:26a décidé
00:58:26de privilégier
00:58:28les hommes
00:58:28de tranche d'âge
00:58:29intermédiaire
00:58:30il faut se rappeler
00:58:30qu'aujourd'hui
00:58:31les hommes qui sont
00:58:32sur le terrain
00:58:32qui se battent en ligne de front
00:58:34ils ont plus de 40 ans
00:58:34en moyenne
00:58:35et qu'il y a eu
00:58:37à un moment donné
00:58:38une volonté
00:58:38de la part
00:58:39de la présidence
00:58:41Zelensky
00:58:41de faire en sorte
00:58:43que les jeunes
00:58:43viennent au combat
00:58:44de les enrôler
00:58:45vous avez vu
00:58:46toutes les difficultés
00:58:46qu'il y a
00:58:47le débat qu'il y a
00:58:48dans la société ukrainienne
00:58:49alors on dit que
00:58:50d'un côté
00:58:51c'est une façon
00:58:51de préserver
00:58:52cette société ukrainienne
00:58:53et d'éviter
00:58:55que demain
00:58:55il y ait un collapse
00:58:56de cette société
00:58:58et de ne pas sacrifier
00:58:59ces jeunes
00:58:59parce qu'ils sont
00:59:00l'espoir
00:59:00de cette société
00:59:02en même temps
00:59:02c'est vrai que
00:59:03quand on regarde
00:59:04aujourd'hui
00:59:05un conflit
00:59:06on pourrait partir
00:59:07du principe
00:59:08que
00:59:09moi je compare
00:59:10souvent
00:59:11à l'état israélien
00:59:12c'est que l'un
00:59:13fait état nation
00:59:14l'autre ne fait pas
00:59:14état nation
00:59:15c'est à dire que
00:59:15l'un est une nation
00:59:16en guerre
00:59:17l'autre n'est pas
00:59:18une nation en guerre
00:59:19c'est la grande différence
00:59:20je rappellerai simplement
00:59:21une chose
00:59:22à la veille du 7 octobre
00:59:24tous les israéliens
00:59:25qui étaient dans le monde
00:59:25entier
00:59:26dans le monde entier
00:59:27ont pris des avions
00:59:28pour réengager
00:59:30Tzahal
00:59:31il n'y a pas eu
00:59:32de mercenaire
00:59:32il n'y a pas de mercenaire
00:59:33d'accord
00:59:35là
00:59:35il y a du mercenariat
00:59:37de part et d'autre
00:59:38ça fait partie de la tradition
00:59:39il faut quand même rappeler
00:59:40que l'Ukraine
00:59:40elle fait partie de l'URSS
00:59:41il y a cette tradition
00:59:42il y a cette porosité
00:59:43mais je crois aussi
00:59:44qu'aujourd'hui
00:59:46l'Ukraine apprend
00:59:47à être un état nation
00:59:48en guerre
00:59:49mais ils ne le sont pas
00:59:50alors on peut le comprendre
00:59:51on peut l'entendre
00:59:51le fait de protéger
00:59:53ces jeunes
00:59:54pas se dire
00:59:55demain ce sera l'avenir
00:59:56mais en même temps
00:59:58c'est compliqué
00:59:59je pense
00:59:59dans la société ukrainienne
01:00:01et on a des témoignages
01:00:02de soldats
01:00:03qui reviennent du front
01:00:04et qui ne comprennent pas
01:00:05ce qui se passe
01:00:06dans la société ukrainienne
01:00:08aujourd'hui
01:00:08et qui fait dissension
01:00:09donc je pense qu'il y a tout cela
01:00:10Mariana Pérez-Benezouk
01:00:12il faut réagir
01:00:13oui je pense que c'est quand même
01:00:19c'est quand même un jugement
01:00:22extrêmement catégorique
01:00:23qui est très loin
01:00:24de réalité ukrainienne
01:00:26je donne juste un exemple
01:00:27quand j'étais
01:00:28la dernière fois
01:00:29que j'étais en Ukraine
01:00:30il faut aller chercher
01:00:33quand même
01:00:33derrière les apparences
01:00:36je prends un thé
01:00:38avec ma mère
01:00:39et sa meilleure amie
01:00:41et sa meilleure amie
01:00:42et on me propose
01:00:43d'aller
01:00:43si je veux me faire couper
01:00:45les cheveux
01:00:46d'aller voir sa coiffeuse
01:00:48parce que c'est
01:00:48c'est une fille très gentille
01:00:50elle coupe très bien
01:00:51et là comme ça
01:00:52au détour d'une phrase
01:00:53elle dit
01:00:53le soir
01:00:54elle chasse les chaèdes
01:00:56donc ce n'est pas
01:00:57parce qu'on voit
01:00:58une jeune femme
01:00:59qui est coiffeuse
01:01:00que le soir
01:01:01elle ne chasse pas
01:01:02les chaèdes
01:01:02et en fait
01:01:03il y a une forme
01:01:04de contrat social
01:01:06comme ça
01:01:06en Ukraine
01:01:07qui concerne
01:01:09toute la société
01:01:10c'est que
01:01:11qu'on soit par ailleurs
01:01:13homme ou femme
01:01:14soit tu es dans l'armée
01:01:15soit tu fais quelque chose
01:01:17d'utile
01:01:17pour l'armée
01:01:18cela peut être
01:01:19du volontariat
01:01:20on a beaucoup
01:01:21de volontariat
01:01:23des initiatives caritatives
01:01:25à la fois
01:01:26à la faveur
01:01:29de l'armée
01:01:29mais également
01:01:30des vétérans
01:01:31des orphelins
01:01:32voire autre chose
01:01:33par exemple
01:01:34ma mère
01:01:34elle fait des cadeaux
01:01:37maison
01:01:38pour les soldats
01:01:40ou elle fait
01:01:40alors les
01:01:43comment on dit
01:01:44les net
01:01:44les filets
01:01:45les filets
01:01:47c'est extrêmement courant
01:01:49en fait
01:01:49tout le monde
01:01:50fait
01:01:50le pays tout entier
01:01:51fait des filets
01:01:52pour masquer
01:01:54l'équipement
01:01:56donc
01:01:57ce n'est pas
01:01:58parce qu'on n'en parle
01:02:00pas trop
01:02:00ouvertement
01:02:01mais tout le monde
01:02:03participe
01:02:03d'une manière
01:02:04ou d'une autre
01:02:04la participation
01:02:05d'une manière
01:02:06ou d'une autre
01:02:07n'est pas la même chose
01:02:07que de constituer
01:02:08un corps armé
01:02:09et de mobiliser
01:02:10sa nation
01:02:11au service
01:02:12de la liberté
01:02:13de cette nation
01:02:14mais il y a quand même
01:02:14un corps armé
01:02:16mais il y a un corps armé
01:02:17il y a l'armée ukrainienne
01:02:18on est toujours en ligne
01:02:18avec Anthony Dabila
01:02:20sur justement
01:02:21la question
01:02:22du manque de soldats
01:02:24de votre point de vue
01:02:24est-ce que
01:02:25c'est la Russie
01:02:26ou l'Ukraine
01:02:27le pays
01:02:28qui souffre le plus
01:02:30de manque
01:02:30de bras
01:02:31et d'hommes
01:02:34c'est difficile
01:02:35de se prononcer
01:02:36de manière aussi
01:02:37catégorique
01:02:38mais les deux pays
01:02:39ont des difficultés
01:02:41qui sont dissemblables
01:02:43la mobilisation ukrainienne
01:02:45elle est réelle
01:02:46et de toute manière
01:02:47il n'y a pas besoin
01:02:48d'avoir un million
01:02:49de soldats
01:02:50en plus
01:02:50c'est une guerre
01:02:51qui est assez technologisée
01:02:53et le front
01:02:54est tenu
01:02:55donc il y a
01:02:56une mobilisation
01:02:57certes
01:02:58qui n'est pas celle
01:02:58de la première guerre mondiale
01:03:00avec les classes d'âge
01:03:01les plus jeunes
01:03:02de gens autour
01:03:03de 19-20 ans
01:03:04qui vont au front
01:03:05mais ce n'est pas
01:03:07nécessaire aujourd'hui
01:03:08et c'est une bonne chose
01:03:10que l'Ukraine
01:03:10soit en mesure
01:03:11de pouvoir
01:03:12ne pas faire appel
01:03:14aux plus jeunes
01:03:15pour préserver
01:03:16leur formation
01:03:18et leur capacité
01:03:19à monter
01:03:20de toute manière
01:03:20la guerre a commencé
01:03:21à 4 ans et demi
01:03:22donc ceux qui avaient
01:03:2321 ans
01:03:24à l'époque
01:03:25du déclenchement
01:03:26de la guerre
01:03:26sont aujourd'hui
01:03:27ceux qui sont mis
01:03:30dans des régiments
01:03:32et sous les drapeaux
01:03:33donc c'est une réussite
01:03:36plutôt de ce point de vue
01:03:37parce que le défi
01:03:38était de trouver
01:03:39les hommes
01:03:40qui manieraient
01:03:40les armements
01:03:42qui ont été mis au point
01:03:43et financés
01:03:45par l'aide extérieure
01:03:46ou fournis
01:03:47par l'aide extérieure
01:03:48la Russie
01:03:49elle
01:03:51puise beaucoup
01:03:52dans les régions
01:03:53périphériques
01:03:54dans les minorités
01:03:56ethniques
01:03:57qui sont souvent
01:03:58plus désœuvrés
01:03:59et à recours
01:04:01à des incitations
01:04:03financières
01:04:03qui sont très
01:04:04coûteuses pour elles
01:04:05tandis que
01:04:06c'est beaucoup moins
01:04:07le cas
01:04:08pour l'Ukraine
01:04:09et cet argent
01:04:10il ne vient pas
01:04:11de nulle part
01:04:12il vient de la rente
01:04:12pétrolière
01:04:13et des fonds
01:04:14qui avaient été
01:04:15constitués
01:04:16les années précédentes
01:04:17qui ont en grande partie
01:04:20disparu aujourd'hui
01:04:21donc l'effort de guerre
01:04:22de la Russie
01:04:23a permis d'injecter
01:04:25les économies
01:04:26dans l'économie
01:04:27ce qui a stimulé
01:04:28une certaine croissance
01:04:30au début
01:04:31mais cette croissance
01:04:32n'est pas infinie
01:04:32c'est comme si
01:04:33vous vous retrouviez
01:04:34au chômage
01:04:36ou avec un emploi
01:04:37qui vous rapporte moins
01:04:38vous avez mis un peu
01:04:39de côté
01:04:39au départ
01:04:40vous dépensez vos économies
01:04:41vous n'avez pas l'impression
01:04:42que votre niveau de vie
01:04:43baisse
01:04:44mais un jour
01:04:45les économies
01:04:46ont une fin
01:04:47et ça pourrait arriver
01:04:49un jour
01:04:49pour la Russie
01:04:50qui n'ose pas
01:04:52aller puiser
01:04:53dans les réserves
01:04:54de jeunesse
01:04:55de ces grandes villes
01:04:56de Moscou
01:04:57de Saint-Pétersbourg
01:04:58des autres grands centres urbains
01:05:00de la Russie
01:05:00d'Europe
01:05:01et les difficultés
01:05:03pourraient être réelles
01:05:05pour la Russie
01:05:05parce qu'elle a
01:05:07des grands problèmes
01:05:08pour remplacer
01:05:09les pertes énormes
01:05:11qu'elle a
01:05:12il y a
01:05:12plus de 1000 soldats
01:05:15qui sont perdus
01:05:16par jour
01:05:16ça fait environ
01:05:1735 000
01:05:18par semaine
01:05:19tués ou blessés
01:05:20je vous rappelle
01:05:22que depuis la fin
01:05:23de la guerre d'Algérie
01:05:23l'armée française
01:05:25a perdu 800 hommes
01:05:27là on est à plus
01:05:28en une semaine
01:05:29merci beaucoup
01:05:30Anthony Dabila
01:05:31d'avoir réagi
01:05:32en direct
01:05:32ce soir
01:05:33sur BFM TV
01:05:34vous parliez
01:05:34de conflits
01:05:36technologisés
01:05:37on voulait vous montrer
01:05:37ces images
01:05:39qui nous sont parvenues
01:05:40aujourd'hui
01:05:40des forces russes
01:05:41qui ont modifié
01:05:42un drone
01:05:43kamikaze
01:05:44de 17 pouces
01:05:45pour lui permettre
01:05:46de transporter
01:05:46de larguer des lourdes
01:05:47charges explosives
01:05:48avec dit-on
01:05:50une grande précision
01:05:51Mauthauser
01:05:52est-ce que c'est
01:05:52une rupture technologique
01:05:54dans la course actuelle
01:05:55à la performance
01:05:56au drone
01:05:57alors c'est clairement
01:05:58une rupture technologique
01:05:59côté russe
01:06:00puisque en fait
01:06:01ce nouveau drone
01:06:02est en fait
01:06:03une variante
01:06:04du VT40
01:06:05qui est un peu
01:06:05le drone
01:06:06le premier drone
01:06:07standardisé vraiment
01:06:08par l'armée russe
01:06:09en 2023-2024
01:06:10le plus utilisé
01:06:11au fond
01:06:11c'est le plus
01:06:12l'un des plus utilisés
01:06:13en tout cas
01:06:13l'un des plus connus
01:06:14et d'ailleurs
01:06:15très critiqué
01:06:15par les russes
01:06:16comme par les ukrainiens
01:06:16parce qu'ils le trouvent
01:06:17justement
01:06:18trop dur
01:06:19on va dire
01:06:19et trop compliqué
01:06:20à faire évoluer
01:06:21puisqu'il est très standardisé
01:06:22et très centralisé
01:06:23et effectivement
01:06:24ce drone
01:06:25qu'on voit à l'écran
01:06:2617 pouces
01:06:26les exploitateurs
01:06:27ne se rendent pas
01:06:27forcément compte
01:06:28mais c'est extrêmement grand
01:06:29pour un drone FPV
01:06:29c'est-à-dire que c'est compliqué
01:06:30de le tenir en main
01:06:31dans une seule main
01:06:32et ce drone
01:06:33a la capacité
01:06:33effectivement
01:06:34de mener
01:06:34trois types de missions
01:06:35soit de larguer
01:06:36des explosifs
01:06:37sur l'adversaire
01:06:37soit de frapper l'adversaire
01:06:39comme un drone kamikaze
01:06:40et aussi
01:06:41un point qui n'a pas été
01:06:41trop relevé
01:06:42par les commentateurs
01:06:43ukrainiens
01:06:43ou russes
01:06:44c'est qu'il peut miner
01:06:45des routes
01:06:45ce qui est aujourd'hui
01:06:46l'un des cas d'usage
01:06:47les plus utiles
01:06:47il permet de nuit
01:06:48d'aller miner des routes
01:06:49qui vont faire exploser
01:06:50au matin
01:06:51les véhicules
01:06:51et les convois
01:06:52et un point extrêmement
01:06:53important sur ce drone
01:06:54c'est que ce type de drone
01:06:56donc un peu modulaire
01:06:57hybride
01:06:58qui peut faire plusieurs missions
01:06:59en fait c'est un drone
01:07:00qu'ils ont copié
01:07:01sur le Queen Hornet
01:07:02qui est la version ukrainienne
01:07:04de ce drone
01:07:04qui existe depuis
01:07:05plus d'un an et demi
01:07:05donc finalement oui
01:07:06une rupture côté russe
01:07:08mais qui vient juste rattraper
01:07:09un retard qu'ils avaient
01:07:10sur ce type de drone
01:07:11parce que ça existe déjà
01:07:12pour les ukrainiens
01:07:12parce que ça existe côté ukrainien
01:07:13et ça fait énormément de dégâts
01:07:15notamment aux alentours
01:07:16de Vovchansk
01:07:18et un petit peu également
01:07:19dans le Donbass
01:07:19donc c'est vraiment un drone
01:07:20qui fonctionne bien
01:07:21et parce qu'il fonctionne bien
01:07:22les russes l'ont copié
01:07:24avec un petit temps de retard
01:07:25et il faut le dire aussi
01:07:25avec une forme
01:07:26un manque d'agilité aujourd'hui
01:07:27qui est quand même caractéristique
01:07:28de ce que font les russes
01:07:29il s'améliore
01:07:30et d'ailleurs je tiens à rappeler
01:07:31que ce drone
01:07:32est en dotation
01:07:33au sein de l'unité
01:07:33donc sonidienne
01:07:34qui veut dire
01:07:35le jour du jugement dernier
01:07:36donc un apocalyptique
01:07:37qui est un peu le corollaire
01:07:39de l'unité Rubicon
01:07:40dont on parle beaucoup
01:07:40en Europe de l'Est
01:07:41c'est-à-dire
01:07:41une unité qui s'encède
01:07:42dans l'innovation
01:07:43l'hyper-innovation
01:07:44mais qui malgré tout
01:07:45peine à vraiment rattraper
01:07:46le retard et l'agilité
01:07:47que peuvent avoir
01:07:47les ukrainiens sur ces sujets
01:07:48Eric Boulin
01:07:49deux choses déjà
01:07:50effectivement sur la vidéo
01:07:51la première
01:07:52la vidéo précédente
01:07:53qu'on voyait
01:07:53effectivement on voyait
01:07:54le drone larguer
01:07:54une mine anti-char
01:07:55probablement une TM62
01:07:57donc effectivement
01:07:57ça permet d'avoir une idée
01:07:59à peu près
01:07:59ce qu'on voit là
01:08:00effectivement c'est une mine anti-char
01:08:01donc ce genre de drone
01:08:02permet de larguer des mines
01:08:04et sur les routes notamment
01:08:06premier point
01:08:07et deuxième point
01:08:07en fait là où aussi
01:08:09on peut mesurer
01:08:09le progrès fait
01:08:11alors depuis 2022
01:08:12mais même un peu avant
01:08:13en fait pendant la guerre
01:08:15au Donbass
01:08:15entre 2015 et 2022
01:08:17les unités
01:08:18notamment ukrainiens
01:08:19ont commencé à développer
01:08:19des drones
01:08:20alors ils ont commencé
01:08:20à avoir des drones
01:08:21d'observation
01:08:22mais ils ont commencé
01:08:23à développer des drones
01:08:24qui larguaient des grenades
01:08:24c'était très très artisanal
01:08:26mais par contre
01:08:27en fait c'était
01:08:27quelqu'un qui montait
01:08:29un peu comme ça
01:08:29avec une imprimante 3D
01:08:30éventuellement
01:08:31un truc où on larguait
01:08:32une grenade
01:08:32et c'est fou de se dire
01:08:34enfin fou
01:08:34ce qui est assez impressionnant
01:08:35c'est de se dire
01:08:36qu'en finalement
01:08:36en quelques années
01:08:37en 5-6 ans
01:08:38on est passé de vraiment
01:08:39de quelque chose
01:08:40d'hyper artisanal
01:08:41fait par 2-3 personnes
01:08:42dans un garage
01:08:43pour monter une grenade
01:08:44sur un drone DJI Mavic
01:08:46à ces drones
01:08:47on va dire
01:08:48faits de façon industrielle
01:08:49capables de larguer
01:08:50des mines anti-chars
01:08:51de plusieurs
01:08:51de quasiment une dizaine de kilos
01:08:53ça montre effectivement
01:08:55l'écart technologique
01:08:56en quelques années de guerre
01:08:57Mathauser
01:08:58vous nous avez apporté
01:08:59une surprise
01:08:59si je puis dire
01:09:00tout à fait
01:09:01alors les téléspecteurs
01:09:02le verron à l'écran
01:09:02je tiens à rassurer
01:09:03également tout le plateau
01:09:04donc c'est une charge
01:09:05qui est d'entraînement
01:09:06donc qui est totalement vide
01:09:07totalement factice
01:09:08totalement factice
01:09:10légale
01:09:10qui permet effectivement
01:09:11de rebondir
01:09:12sur ce que dit Ulrich Bounat
01:09:13à savoir
01:09:13le côté artisanal
01:09:15de cette guerre
01:09:15en fait
01:09:15qui est à la fois
01:09:16d'un côté hyper technologique
01:09:17avec des centres de R&D
01:09:18qui font des choses
01:09:19au quotidien
01:09:19et qui innovent
01:09:20en quelques semaines
01:09:21et de l'autre côté
01:09:21extrêmement artisanal
01:09:22et low tech
01:09:23d'une certaine manière
01:09:23avec donc ce type de charge
01:09:25qui est la charge
01:09:26près standard
01:09:26mais il n'y a pas vraiment
01:09:27de standard
01:09:27sur les drones FPV classiques
01:09:32c'est le type de modèle
01:09:32qui pourrait exister en Ukraine
01:09:33côté russe comme ukrainien
01:09:34à savoir une simple canette
01:09:37scotché par dessus
01:09:38un tube d'aspirine
01:09:39ou équivalent
01:09:39donc qui permet
01:09:40de rendre étanche
01:09:40la partie détonateur
01:09:41les câbles
01:09:42qui permettent
01:09:42d'activer le détonateur
01:09:43et sur l'avant
01:09:44alors là évidemment
01:09:45des tiges
01:09:46qui sont un fil de fer
01:09:47simple fil de fer
01:09:47mais des tiges
01:09:48qu'on appelle les moustaches
01:09:49qui quand le drone
01:09:50va aller toucher sa cible
01:09:51permettent de connecter
01:09:52le détonateur
01:09:52et donc d'activer la charge
01:09:54sur la cible
01:09:54c'est pour un sapeur
01:09:57ukrainien ou russe
01:09:57qui connaît bien son travail
01:09:58ça prend une dizaine de minutes
01:10:00à monter très concrètement
01:10:01et en fait
01:10:01ce qu'ils ont fait à la base
01:10:02pour ce type de charge
01:10:04c'est qu'ils ont simplement
01:10:04désaussé
01:10:05des explosifs militaires
01:10:06dont ils avaient
01:10:07en quantité
01:10:08des explosifs
01:10:08des mines
01:10:08des grenades
01:10:09ils ont récupéré l'explosif
01:10:10et ils ont monté
01:10:10de cette manière
01:10:11des dizaines de petites charges
01:10:12à partir d'une seule grosse
01:10:13qui leur permettait
01:10:14d'exprimer du feu
01:10:15sur l'adversaire
01:10:16et donc d'avoir un effet
01:10:17destructeur sur l'adversaire
01:10:18donc vraiment
01:10:18on y revient
01:10:19mais cette guerre
01:10:21hyper technologique
01:10:22dans un sens
01:10:22est extrêmement artisanale
01:10:24je reviens sur
01:10:25ce qui a été dit
01:10:25sur les baboukas ukrainiennes
01:10:27qui montent des drones
01:10:28dans leur coin
01:10:28qui a été assez mal perçu
01:10:29par une population ukrainienne
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