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  • il y a 23 minutes
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00La guerre sur le terrain, guerre hybride aussi et informationnelle avec ce nouvel épisode aujourd'hui.
00:05L'entourage de Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle, a annoncé avoir été visé par une ingérence en provenance
00:12de Russie.
00:12Vous voyez des fausses unes avec des informations erronées ou diffamantes.
00:16Ce sont des faux contenus publiés donc sur les réseaux sociaux qui ont usurpé l'identité visuelle de plusieurs médias
00:21français,
00:21dont BFM TV qui a engagé des démarches auprès des plateformes pour obtenir leur retrait et une action en justice
00:27est en cours.
00:28Pour Viginum, le service qui est chargé en France de lutter contre les ingérences numériques étrangères,
00:33annonce avoir détecté une opération de désinformation imputée, une confiance élevée au réseau pro-russe Matryoshka.
00:40Sergei Girnov, quel est ce réseau pro-russe ?
00:43Vous savez, ce n'est pas la première fois qu'on en parle de lui.
00:47Je crois qu'il y a deux ans, ils ont mené aussi une campagne assez importante parce que ça, c
00:53'est leur façon d'agir.
00:55Ça veut dire qu'en été, ils utilisent les moyens actuels, ça veut dire les moyens, vous savez, avec l
01:01'intelligence artificielle et avec tous les logiciels,
01:04c'est facile en fait de produire les fausses unes, d'utiliser les vrais logos de médias,
01:12les mises en page qui ressemblent comme deux goûts d'eau à des vrais médias.
01:17Et donc, ils ont déjà, on les a connus déjà par le passé avec cette histoire.
01:25Et là, il y a Gabriel Attal, vous l'avez montré, mais il y a aussi Raphaël Glucksmann qui s
01:30'est plaint.
01:30Oui, il y a eu plusieurs effectivement candidats.
01:32Il y a eu plusieurs hommes politiques en fait.
01:33Donc, ça veut dire que la campagne française a commencé déjà pour les Russes.
01:37Ça veut dire que les Russes, ce n'est pas la première fois, vous vous souvenez déjà,
01:42pendant la première réélection d'Emmanuel Macron, il y a eu les ingérences russes.
01:47La deuxième réélection, il y a eu les ingérences russes.
01:50Et là, c'est déjà la nouvelle campagne électorale de l'année prochaine qui a commencé.
01:56Et donc, Gabriel Attal a été la première victime, une des victimes, et ce ne sera pas certainement la dernière.
02:02Oui, je souscris à ce que Cyriel vient de dire sur le fait que d'un point de vue russe,
02:06d'un point de vue Kremlin,
02:07la campagne a déjà commencé en fait.
02:09Et dès lors qu'un candidat va s'annoncer à la présidentielle, il va être visé.
02:15Pourquoi ?
02:16À mon avis, d'abord et avant tout, d'un point de vue du Kremlin, pour polariser les opinions
02:20et pour absolument cliver les opinions, le pays, et tester là encore les capacités des structures régaliennes,
02:27vous avez mentionné Viginome, etc., à réagir, à traiter ces différentes formes de désinformation, etc.
02:34Donc, on est sur un sujet qui va s'accélérer dans le temps
02:36et qui, par rapport aux campagnes électorales de 2017, de 2022, etc., va allier une puissance technologique
02:44qui n'est plus du tout la même, notamment avec l'IA, où on est ici sur des objets qui
02:47sont décuplés.
02:48Donc, ils vont aller beaucoup plus vite et beaucoup plus massif.
02:52Alors, aujourd'hui, je parle de défense, mais j'ai été militant par le passé.
02:55Et moi, je me souviens que j'étais bénévole au sein de, à l'époque, la campagne d'Emmanuel Macron.
02:59Et j'étais présent le dernier soir de campagne quand il y a eu l'annonce du piratage.
03:02Alors, à l'époque, c'était un piratage qui ensuite servait à des bots.
03:06Donc, c'était des bots, des intelligences artificielles de l'époque qui permettaient de pousser des contenus.
03:10Ensuite, dans les années suivantes, on s'est rendu compte que les Russes sont allés en Afrique.
03:13Et ils ont recruté des gens, et c'est des vrais êtres humains, qui postaient des contenus en masse.
03:19À chaque fois, Emmanuel Macron a gagné en 2017.
03:23On a su contenir un peu en identifiant, en attribuant son travail, notamment de Vigilum.
03:28Mais moi, ce qui me terrifie aujourd'hui, c'est que jusque-là, c'était du texte.
03:31Jusque-là, c'était des bots. Jusque-là, ce n'était pas très subtil.
03:34Parce qu'il faut dire les choses, les services suisses n'arrivaient pas forcément à se faire passer pour des
03:38vraies personnes françaises.
03:39Mais ce qui va vraiment me faire peur, c'est l'IA, c'est la génération d'images et de
03:42vidéos parIA.
03:43Je pense que les médias, vous êtes capables de faire la part des choses.
03:46Le problème, c'est qu'aujourd'hui, si on va sur TikTok, c'est 40 millions de Français, c'est
03:50le premier réseau social utilisé.
03:52Et qu'est-ce qu'on fait si, au soir de l'entre-deux-tours, par exemple, alors que les
03:55médias ne parlent plus de la campagne, ne peuvent plus le faire,
03:57on se retrouve inondé de fausses vidéos qui visent Glucksmann, qui visent Attal, qui visent Philippe ou qui visent d
04:02'autres candidats.
04:03Qu'est-ce qu'on fait si on a des candidats qui sont soutenus par la Russie, je ne vais
04:06pas donner des noms, mais aux extrêmes, qui bénéficient de ce mouvement ?
04:10Et aujourd'hui, ça m'intéresse beaucoup, ça m'inquiète beaucoup, parce qu'on n'a pas l'habitude de
04:14gérer des images.
04:15On fait confiance aux images et aux vidéos.
04:16Éric Boulard.
04:17Oui, mais justement, sur ça, en fait, ce qui est assez intéressant, c'est de voir qu'il y a
04:20un certain nombre de pays qui passent par là,
04:21et on voit qu'il y a des pays qui sont beaucoup plus résistants que d'autres.
04:23Si je prends l'exemple de la Finlande, si je prends l'exemple des Pays-Baltes, ce sont des pays
04:27qui, déjà, effectivement, ont une capacité de détection,
04:30et on a Virginie, mais ça fonctionne très bien.
04:32Mais en fait, au-delà de la détection, ça passe aussi par une prise de conscience des populations qu'il
04:38y a un vrai risque,
04:39qu'il ne faut effectivement pas tout prendre au pied de la lettre, et en fait, finalement, apprendre à détecter
04:43aussi la désinformation,
04:45mais plus globalement, les tentatives d'influence, parce qu'on parle de la Russie,
04:47mais on pourrait parler d'autres pays qui tentent de nous influencer.
04:49Et donc, finalement, en fait, c'est ça. Les Finlandais ont développé ce concept de défense totale,
04:55mais grosso modo, c'est ça, c'est de faire prendre conscience à la population et aux services de l
04:59'État, etc.,
05:00qu'il y a un vrai risque, une vraie menace. Je pense que le fait que le gouvernement français annonce,
05:05en quelques jours, qu'il y a eu différentes campagnes, ça montre une volonté, déjà, de montrer qu'on est
05:09vigilants, d'une part,
05:10mais ça montre aussi, c'est un message qui est adressé à la population française, pour lui faire comprendre qu
05:14'il y a un vrai risque,
05:15et qu'effectivement, il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre et prendre conscience qu'on est
05:18soumis à des opérations d'influence.
05:19On est en ligne avec Clément Domingo, chercheur en cybersécurité. Bonsoir, merci d'être avec nous.
05:24Est-ce que vous partagez les inquiétudes exprimées sur ce plateau, justement, après ce nouvel épisode de campagne de désinformation
05:31visant un candidat à l'élection présidentielle française ?
05:35Eh bien, écoutez, je les partage totalement, et je pense même que ces épisodes qu'on est en train de
05:40vivre,
05:40et celui actuel qui touche typiquement Raphaël Guzman, mais aussi Édouard Philippe,
05:46je pense qu'elles ne feront que de préfigurer ce qui nous attend pour septembre 2026, pour la fin 2026,
05:53et surtout pour début 2027, parce que pour la première fois, on va peut-être vivre un son précédent,
05:58un son précédent qui est peut-être exacerbé aujourd'hui par l'intelligence artificielle.
06:02Et ce qui est drôle, c'est que ces campagnes de désinformation ne sont pas du tout nouvelles,
06:06mais les modes opératoires, eux, pour le coup, aujourd'hui diffèrent et sont de plus en plus sophistiqués,
06:12avec, comme ici c'est le cas, des sites, ce qu'on appelle un peu des sites miroirs,
06:17donc qui sont vraiment quasi identiques, si ce n'est identiques aux sites originaux en eux-mêmes,
06:23avec, en plus de ça, vous allez un peu avoir soit de l'image, soit de la vidéo, soit de
06:28la voix,
06:29qui va venir être amplifiée, et surtout, ce cocktail-là, vous le balancez sur les réseaux sociaux
06:34et vous laissez faire à la fois d'autres médias, soit des contre-médias,
06:37soit des médias aussi un peu classiques comme le vôtre.
06:40Et petit à petit, la sauce prend et on se retrouve avec des campagnes de désinformation,
06:46des campagnes d'ingérence qui vont d'une manière ou d'une autre.
06:48Et je reste convaincu que pour l'élection présidentielle de 2027,
06:52tout va se passer sur les réseaux sociaux.
06:54Alors comment on peut faire concrètement, justement, pour endiguer,
06:57essayer de contenir ces vagues de désinformation ?
07:01J'entendais juste avant un autre collègue qui disait qu'il fallait vraiment prévenir la population.
07:06Et moi, je pense en effet qu'il est primordial d'expliquer à la population,
07:10mais surtout de donner aussi à la population des grilles de lecture.
07:13Si vous ne donnez pas des grilles d'information à la population,
07:16ça va être très compliqué de se dire que campagne de désinformation,
07:19après campagne de désinformation, comment on va venir un peu les désamorcier ?
07:23Je me rappelle quand même un peu ce qu'aujourd'hui, totalement loupoque,
07:27si l'on sait que les 18-34, cette tranche de la population,
07:31ne s'informe presque totalement et exclusivement sur les réseaux sociaux.
07:35Avec TikTok en premier, là, on va aussi avoir un peu X,
07:38qui est un peu le réseau de l'instantanité.
07:40Derrière, va un peu être amplifié sur pas mal d'autres réseaux.
07:44Mais si vous ne donnez pas ces grilles de lecture-là,
07:47ça va être hyper compliqué.
07:48C'est bien beau en France, mais on a un peu Vigénume.
07:50Mais c'est Vigénume aussi, on n'a pas une cellule spécifique qui donne,
07:54qui permet un peu de savoir, par exemple, comment reconnaître simplement un site miroir.
07:57Donc, par exemple, un site miroir, si on prend un peu votre site,
07:59ou le site de Blast, en effet, là, qui a été un peu copié,
08:03de se rendre compte que le nom de domaine va différer avec peut-être un petit tiré
08:06ou peut-être un petit point, ça va être compliqué.
08:09Pire encore, si on ne donne pas ou on n'explique pas aux gens
08:12qu'aujourd'hui, c'est très facile de prendre la voie, de prendre votre voie,
08:16de prendre, avec les modèles d'intelligence artificielle générative,
08:21de venir créer une vidéo de 10, 15, 20 secondes de l'amplifier,
08:25je pense que la bataille va être très âpre et très rude
08:28pour l'élection présidentielle de 2027 qui se prépare en France.
08:33– Il y a neuf, là, on a une asymétrie totale,
08:35on a d'un côté des démocraties assez ouvertes, on va dire,
08:39et on a une volonté de déstabiliser d'un régime totalitaire
08:43avec un président qui se maintient depuis plus de 20 ans
08:47et qui a un objectif politique précis ?
08:49– Vous savez, ça a été déjà, c'était déjà le cas
08:52pendant l'époque communiste.
08:55Vous savez, la commune terne, la commune terne qui,
08:57dans les années 30, savait très très bien utiliser, en fait,
09:00les démocraties occidentales d'entre-deux-guerres
09:04pour envoyer, pour utiliser, vous savez, c'est eux qui ont inventé
09:09cette expression, les idiots utiles de l'Occident.
09:12Et après, dans mon époque, pendant la guerre froide,
09:17le KGB avait ce qu'on appelle les mesures actives.
09:21Les mesures actives, bon, Internet n'existait pas à cette époque-là,
09:24mais c'était les publications, les publications qui étaient organisées
09:28dans un petit pays, puis après, qui étaient reprises par d'autres pays
09:32et qui arrivaient au bon moment, au bon endroit.
09:36Maintenant, le problème actuel, c'est que nous sommes arrivés
09:40dans l'air de tout numérique, et c'est ça le problème.
09:44Et il faut bien comprendre que maintenant, quand vous voyez une image,
09:49quand vous voyez un article, il faut prendre beaucoup de précautions
09:52avant de commencer à fermer quelque chose et à reposter.
09:55Parce que même nous, nous qui sommes experts dans la géopolitique,
10:02dans les affaires internationales, y compris dans le domaine de renseignement,
10:08même à nous, ils arrivent à des choses, de reposter une chose,
10:11et puis après, se rendre compte qu'en fait, on est tombé dans le panier.
10:15Donc, ça devient très subtil et ça devient très dangereux.
10:18Éric Boulin.
10:19Oui, non, mais c'est vrai qu'on est toujours contraints par l'État de droit,
10:22donc c'est ça qui est compliqué dans la guerre hybride,
10:24c'est qu'on ne peut pas se permettre de faire exactement la même chose
10:26que ce qu'on subit.
10:27Donc, ça passe par des actions d'éducation, ça passe par une meilleure vigilance,
10:31ça passe aussi par des messages, parce que la guerre hybride,
10:33ce n'est pas uniquement des campagnes de désinformation,
10:35ça peut être aussi des actions sur le terrain.
10:37Nous, en France, on l'a vu, avec des étoiles de David taquées dans Paris,
10:40des cercueils posés devant la tour Eiffel, etc.
10:42Donc, on a aussi des actions concrètes sur le terrain
10:44qui peuvent être réalisées pour essayer de nous déstabiliser.
10:46Et donc, en fait, c'est un travail assez complexe, je dirais,
10:50d'information, de lutte policière, de lutte judiciaire,
10:54de lutte aussi numérique.
10:55Mais un élément qui est extrêmement important aussi,
10:57c'est une espèce de lutte commune, en fait.
11:00Il faut bien comprendre que la Russie va viser à peu près tous les pays d'Europe,
11:03avec des stratégies d'ailleurs différentes, en s'adaptant,
11:05c'est assez subtil en général, comment c'est fait.
11:07Et donc, la meilleure défense, véritablement,
11:09c'est d'avoir une approche commune vis-à-vis de cette menace,
11:12parce qu'effectivement, pris un par un,
11:13ça va être très compliqué de résister à cette défermente.
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