00:00Puisque pendant tout l'été, Sud Radio s'accoude au comptoir des bistrots et des cafés de France à travers
00:04tout le pays.
00:05Aujourd'hui, nous avons rendez-vous en région parisienne.
00:07Nous sommes à Vitry, sur scène dans le Val-de-Marne, notre hôte du jour.
00:11C'est Laurent Roucou. Bonjour Laurent.
00:14Bonjour, bonjour Benjamin.
00:15Et merci d'être avec nous et de nous ouvrir les portes de votre établissement.
00:19Il s'appelle l'imprévu. Déjà, pourquoi ce nom-là de l'imprévu ?
00:24Ça s'appelait déjà comme ça en 1968 quand on est pas en gros prix.
00:28Donc nous, on est restés pareils. Mais c'est assez drôle, quoi.
00:32C'est l'imprévu.
00:33C'est l'imprévu.
00:33Pour bien s'amener, il faut rester une demi-heure.
00:36Ouais, on arrive. On sait pas pour combien de temps on va rester et quelle rencontre.
00:39Tout à fait.
00:39On va faire. C'est ça l'idée. Vous l'avez dit.
00:42Et vous l'avez repris. La famille, votre famille a repris ce bistrot dans les années 60.
00:46C'est une histoire vraiment familiale.
00:49C'est ça pour vous ? C'est toute votre vie, finalement, ce bistrot ?
00:52C'est toute ma vie. J'y suis né.
00:55Bon, j'espère pas y mourir, mais...
00:57Donc voilà, c'est toute ma vie. C'est toute ma vie.
01:01Réconter-le.
01:03Oui.
01:03Mes parents sont arrivés en 1968 pendant les émeutes en mai.
01:08Ah oui, oui.
01:09Et ils ont repris une librairie. Ils ont transformé en bistrot.
01:14Et moi, avec mon cousin, on l'a repris en 2002.
01:18Et là, mon fiston va reprendre avec moi, voilà, je pense, en fin d'année, quoi.
01:24Ben oui, la transmission est assurée. C'est quoi l'ambiance à l'imprévu ?
01:28Vous dites, c'est le Parlement du peuple. Qu'est-ce que vous entendez par là, exactement ?
01:33Eh ben, au bistrot, on peut dire ce qu'on ne peut pas dire dans la rue.
01:37Il n'y a pas... Tout le monde est devant son café à 1,20€.
01:41Il n'y a pas de religion. Il n'y a pas d'ethnie.
01:45Il n'y a pas de patron. Il n'y a pas d'ouvrier.
01:47Tout le monde est au même niveau, dans le bistrot.
01:49Et tout le monde peut ramener ce qu'on peut dire derrière un comptoir.
01:52On ne le dirait pas dans la rue.
01:53Il n'y a pas de différence de milieu social ?
01:57Parce que vous avez aussi bien des patrons d'entreprise, des maires que des ouvriers, quoi.
02:01Tout à fait.
02:02Le gars qui vient boire un café avec un verre d'eau quand il fait chaud.
02:05Et quand il fait froid, il est bien content d'avoir un café.
02:08Voilà. Et puis, il y a des patrons.
02:10Personne ne sait qui c'est.
02:11Et tout le monde discute ensemble.
02:12Tout le monde donne son avis.
02:14Et c'est assez drôle.
02:15Parce que bon, c'est des niveaux sociaux qui ne sont pas les mêmes.
02:20Mais tout le monde est au même niveau.
02:21Là, il y a devant le café à 1,20€.
02:25Il n'y a pas de patron.
02:26Il n'y a pas de couleur de poule.
02:28Il n'y a rien.
02:29Un distro et son comptoir, c'est un lieu de vie, un lieu d'échange où on discute.
02:33Vous l'avez dit.
02:34On dit les choses franchement.
02:35C'est quoi les sujets de discussion du moment à Vitry-sur-Seine dans votre établissement ?
02:40C'est Sud Radio qui lance un truc.
02:42Tu as toujours un gars qui dit « Ah ouais, non, mais là, il a tort. »
02:46C'est Le Parisien, le journal sur le comptoir.
02:49La radio qui fonctionne du matin au soir.
02:53Ça démarre souvent des médias, les discussions.
02:57Du journal, parce qu'il y a le journal qui traîne.
03:00Forcément, vous avez dit Le Parisien, aujourd'hui en France, qui traîne sur le comptoir.
03:03Et du coup, à partir de là, on discute, on échange et chacun a son avis.
03:07Voilà.
03:07Il y a la radio qui est allumée du matin au soir.
03:09Donc, tout le monde donne son avis.
03:11Il a raison.
03:12Il a tort.
03:13Après, ça part.
03:14Voilà.
03:14C'est assez drôle.
03:16Vous avez des clients qui écoutent Sud Radio en ce moment, qui vous écoutent ?
03:20Ah bah oui, là, le bistro, il est sur Sud Radio.
03:22Oui, bien sûr.
03:23Là, il y a des clients parce que c'est un grand honneur de passer à Sud Radio quand même.
03:29Donc, voilà.
03:29Donc, j'avais prévenu un peu ce matin les clients et tout ça.
03:35Ils vont vous dire si vous vous en trouvez bon ou pas, du coup.
03:38Ah bah, je vais être jugé, c'est clair.
03:40Je vais être jugé.
03:42Bon, en tout cas, c'est un lieu où, voilà, on a des amitiés qui se créent, on a des
03:46rencontres qui se créent, des amours aussi qui se nouent, qui naissent.
03:50Bien sûr.
03:51Bien sûr.
03:52De toute façon, c'est le Facebook.
03:54C'est le Facebook du 19e siècle et du 20e siècle.
03:57Les gens, avant, venaient au bar, ils savaient que telle personne était décédée, que lui,
04:01il allait se marier, que lui, bon, il était cocu.
04:05Bon, voilà.
04:05C'était le Facebook du 19e siècle.
04:10Tu savais tout.
04:11Toi, derrière ton comptoir, tu étais le moteur de recherche idéal.
04:17Vous l'êtes toujours, vous, avec votre bistro, même si, c'est vrai, il y a de plus en plus
04:22de bistrots, de cafés qui ferment leurs portes chaque année.
04:25Oui, ça, c'est dommage parce que c'est vraiment la vie sociale.
04:29Mais moi, quand je suis en vacances, une fois que j'ai pris ma douce, premier truc, je vais
04:36boire le café dans un bistro.
04:38J'ai besoin de retrouver ce truc, dans des bistrots dans l'Aveyron ou partout où je suis,
04:44j'aime bien aller boire un café pour avoir l'ambiance.
04:46Et c'est pour ça que ces comptoirs, c'est dommage que les gens suppriment ces comptoirs.
04:50Il faut obligatoirement s'asseoir.
04:52Ah bah tiens, il y a mon fiston qui est là.
04:53Je vais vous présenter la relève.
04:55Il s'appelle comment ?
04:56C'est lui qui a point à la fin de l'année.
04:58Voilà.
04:58Jean-Adrien.
04:59Et il y a sa soeur qui est dans le milieu aussi, qui est chef de cuisine sur les Tours
05:07du Haut dans le 13ème là.
05:08Avec une cuisine, justement, une cuisine, c'est la tradition française, c'est la cuisine
05:15française, traditionnelle.
05:16Qu'est-ce qu'on a au menu du jour là ? Dites-nous.
05:19Là, aujourd'hui, on a carpaccio de bœuf, on a beaucoup de salades fraîcheurs, mais
05:24on laisse des calicules encore.
05:26Bah oui, forcément.
05:28En plus, les températures vont remonter dans la semaine du côté de la région parisienne.
05:34Merci, merci beaucoup Laurent Roucou.
05:37Et puis merci, on salue votre fils aussi qui est à vos côtés.
05:39Merci de nous avoir ouvert les portes de votre bistrot.
05:42L'imprévu, tenez, je donne l'adresse pour ceux qui sont dans le coin, c'est à Vitry-sur-Seine,
05:45donc dans le Val-de-Marne, au 94 avenue Anatole-France.
05:48C'est bien ça Laurent ?
05:50Et bah voilà.
05:50C'est super.
05:51Merci à vous.
05:52Merci beaucoup Benjamin.
05:53Et au plaisir.
05:54Au plaisir.
05:54Au plaisir Benjamin.
05:55Et merci pour ce que vous faites.
05:57Avec grand plaisir, c'est important.
05:59Bah oui, Sud Radio qui soutient ces cafés, ces bistrots, je le disais.
06:02Ils sont de plus en plus nombreux à fermer leurs portes.
06:04Et c'est bien dommage parce qu'on en a véritablement besoin.
06:07Ce sont ça, c'est ça les lieux de vie, effectivement, et aussi dans nos villages.
06:11Bien évidemment.
06:11Bonne.
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