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Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros2WE à 20h du vendredi au dimanche
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00:00Bonsoir à tous, on se retrouve pour l'heure des pros de week-end et pour m'accompagner pendant cette
00:05heure, j'accueille avec plaisir Caroline Pilastre.
00:07Bonsoir Caroline. Bonsoir Elodie, bonsoir à tous.
00:08Vous êtes éditorialiste et consultante, Lara Tchékov, bonsoir. Bonsoir Elodie.
00:12Journaliste au JDD, Stanislas Godon, bonsoir. Bonsoir Elodie.
00:15Déléguée nationale Alliance et Kevin Bossuet, bonsoir. Bonsoir Elodie.
00:18On va commencer par parler des conséquences de cette vague de chaleur un peu partout en France
00:23et là on va se consacrer plutôt à ce qui se passe du côté de Paris
00:26puisque un certain nombre de monuments fermeront leurs portes plus tôt, pendant quelques jours à cause de la chaleur.
00:32C'est le cas de la tour Eiffel qui a fermé aujourd'hui à 16h au lieu de minuit 45.
00:36C'est le cas aussi du musée du Louvre ou encore du musée d'Orsay qui vont ajuster leurs horaires
00:41puisque les monuments souffrent aussi de la chaleur ainsi que ceux qui les visitent.
00:45Alors qu'en pensent les touristes ? On écoute.
00:50Je comprends qu'il fasse trop chaud et que les étages soient fermés mais on devrait pouvoir entrer et visiter
00:55le bas.
00:59En Inde, il fait aussi très chaud mais on ne ferme pas les infrastructures
01:02et quand les touristes viennent, ils peuvent visiter.
01:05Alors c'est tout à fait normal parce qu'il y a trop de chaleur
01:08et puis avec tout ce qui est métallique et tout ça, forcément ça pourrait éventuellement créer des problèmes supplémentaires pour
01:16les personnes déjà.
01:17Alors voilà. Après c'est vrai que c'est un peu dommage mais bon.
01:20Oui, oui, je pense que c'est important. La chaleur est vraiment très importante et on voit des gens qui
01:25ne sont vraiment pas bien.
01:26Donc en haut, il doit faire encore plus chaud.
01:28Donc je pense que c'est...
01:29Puis les salariés aussi, il faut penser aux gens qui travaillent.
01:32Caroline Piastre, tous ces arguments d'ailleurs, on peut évidemment les entendre.
01:35On se dit que ces épisodes de canicule et on nous prévient sont de plus en plus nombreux.
01:39C'est déjà le cas, c'est le troisième depuis le début de l'été et on voit à quel
01:43point la France n'arrive pas du tout à s'adapter.
01:46Il faut fermer les monuments, on a des transports qui tombent en panne, on a des trains qui ne roulent
01:50pas
01:50et on se dit mais si ça continue comme ça, est-ce que la France va être à l'arrêt
01:54d'ici un ou deux ans l'été ?
01:55C'est incroyable ce pays. Quand il y a deux centimètres de neige, tout s'arrête l'hiver.
01:59Déjà un centimètre, c'est compliqué.
02:01Oui, c'est la même chose. Je ne remets pas en question une seule seconde le dérèglement climatique
02:06mais il faut s'adapter, il faut aménager. La transition écolo, ça veut dire quelque chose.
02:11On en parle depuis des années. Vous le disiez, ces épisodes vont être de plus en plus fréquents.
02:15Donc comment font les pays méditerranéens ? On entendait un touriste parler de l'Inde.
02:20Eh bien, on n'arrête pas une économie en plus d'un pays qui va mal, tout simplement parce qu
02:25'il fait 40 degrés,
02:26même si c'est très difficile pour nous tous. On s'adapte une fois de plus, on fait travailler les
02:30gens plus tôt,
02:31on les fait rentrer chez eux pour faire une sieste à la rigueur, revenir en fin de journée.
02:36Mais tout s'arrête dans ce pays, c'est magnifique.
02:39Et l'année prochaine, on reparlera de ce sujet qui va devenir malheureusement un marronnier
02:43parce qu'on n'a rien anticipé une fois de plus malgré ce que dit le gouvernement,
02:50malgré les différentes injonctions.
02:53Je trouve ça hallucinant en fait.
02:55On a une dette qui est abyssale et ce pays doit s'arrêter.
02:58Et touristiquement, ça montre quoi en fait comme image auprès de ces touristes
03:03qu'ils ne vont plus venir au profit d'autres pays où justement il y aura la climatisation,
03:08où les choses...
03:09Ce sont déjà ce que disent les touristes souvent qu'on croit d'ailleurs dans la rue,
03:12qui sont étonnés du fait que la France, qui s'imagine comme un pays assez riche, soit si mal équité.
03:16Assez riche et assez innovant sur plein de sujets, qui ne l'est absolument pas en termes de modernité.
03:22Donc moi, je veux bien qu'on utilise à chaque fois des mots fourre-tout mais qui servent à quelque
03:27chose au bout d'un moment
03:28et qu'on n'arrête pas un pays, une fois de plus, économiquement qui va mal sous prétexte d'une
03:33canicule qui est réelle
03:34et qui va se répéter d'année en année.
03:37C'est vrai que, Kévin, le mot-clé qu'a utilisé Caroline, c'est celui de l'anticipation.
03:41Si on réfléchit, la canicule meurtrière de 2003, c'est donc il y a 23 ans.
03:44Alors, on a progressé, par exemple, dans les EHPAD avec la climatisation et encore pas tous les EHPAD.
03:49C'est très bien. En revanche, l'économie française, le tourisme qui vit l'été,
03:54là, on a l'impression qu'on n'a rien anticipé et surtout qu'on n'a pas franchement de
03:57solution.
03:58Oui, vous avez raison. Gouverner, c'est prévoir.
04:00Sauf que nos politiques n'ont absolument rien prévu.
04:03Je veux dire, vous avez dans plein de pays ces pays qui s'adaptent.
04:07Par exemple, vous prenez en Roumanie, 40% des foyers roumains sont équipés d'une climatisation.
04:12Quand vous allez aux États-Unis, pratiquement tout le monde a un climatisateur à la climatisation.
04:16Et vous allez en France où un musée comme le Louvre n'est pas entièrement climatisé.
04:21Mais on tombe évidemment sur la tête.
04:22Et moi, ce qui me choque, si vous voulez, Elodie, c'est qu'on a l'impression que les politiques
04:25n'assument pas.
04:26Vous avez eu notamment l'annonce du plan Orsec avec la conférence de presse.
04:30Il n'y avait pas de politique. Vous n'aviez que des technocrates.
04:32On a l'impression de revivre la période Covid où il y a un brouillon incroyable.
04:36Et moi, ce qui me choque sur ce point précis, c'est que l'image de la France est remise
04:40en cause
04:40parce que vous avez des touristes qui ont acheté des billets, qui sont là, qui sont venus rien que pour
04:45aller, par exemple, visiter le Louvre
04:46ou encore visiter le Château de Chambord.
04:48Et là, ils ne peuvent pas le faire.
04:50Et surtout, il n'y a eu aucune communication.
04:52Encore une fois, Elodie, ce soir, j'ai honte pour mon pays.
04:54Honte de notre pays.
04:55Et Lara, on se demande effectivement l'image qu'on va laisser aux touristes.
04:59Pour les touristes qui viennent de loin, ça coûte une fortune de venir en France.
05:02Ils ont une image de Paris.
05:03Ils ont une image forcément de ce qu'ils veulent faire pendant ce voyage.
05:06Et ils se disent, en fait, j'arrive en France, rien n'est prévu et je me retrouve à rentrer
05:10à l'hôtel beaucoup plus tôt
05:11parce que les monuments ferment.
05:12La pub, une fois de plus, qu'on fait de Paris et de la France, elle est quand même parfaitement
05:17chaotique.
05:18C'est sûr que ça donne une image absolument désastreuse de la France,
05:22au-delà du coût économique que cela va engendrer.
05:25Parce qu'on a les chantiers qui ferment, on a les écoles qui ferment.
05:27Maintenant, on a les monuments qui ferment à partir de 16 heures.
05:31Donc, les conséquences pour ceux qui tiennent les musées, pour les commerçants également, seront conséquentes.
05:38Ce qui était, en réalité, un fait divers météorologique devient un fait de société météorologique,
05:44étant donné qu'on vient de vivre la troisième canicule en deux mois.
05:47Donc, oui, le phénomène, effectivement, a été mal anticipé.
05:51Les touristes découvrent aujourd'hui que la tour Eiffel ferme à 16 heures.
05:56Ils n'avaient évidemment pas pu l'anticiper.
06:00Moi, ce qui me fait rire, c'est que je suis tombée sur une vidéo tout à l'heure
06:04du ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefebvre,
06:09qui était interpellé par une députée écologiste sur le climat du pays
06:18et qui lui disait que ça faisait neuf ans qu'on se préparait.
06:22Ça faisait neuf ans que la France se préparait.
06:24Et j'ai trouvé ça absolument scandaleux parce qu'Emmanuel Macron, en 2017,
06:30souvenez-vous de son « Make our planet great again ».
06:34Ensuite, il avait multiplié les conseils, multiplié les instances.
06:38Il avait même créé un conseil de défense écologique, une convention citoyenne pour le climat.
06:44En 2019, c'était une première en France.
06:47Il y avait eu 150 citoyens qui avaient été tirés au sort et qui avaient consacré 6 mois de leur
06:52vie
06:52pour faire des propositions qui seraient intégrées dans le projet de loi climat et résilience.
06:59Ils n'en ont retenu que 15.
07:01Et aujourd'hui, ce projet de loi climat et résilience, il a complètement été dénié de ces substances
07:06et il n'a été mis en œuvre que partiellement, en réalité.
07:09Et 9 ans pour se préparer, on se dit qu'effectivement, on aurait peut-être dû prendre encore un peu
07:13plus de temps
07:13tant qu'à faire étant donné le manque quand même de préparation.
07:17On est en train de parler d'habitudes qui changent.
07:19Eh bien, les habitudes, elles vont changer aussi pour le 14 juillet
07:22puisque la préfecture de Paris l'a annoncé.
07:24Si vous souhaitez assister au défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées,
07:28cette année, il vous faudra un QR code.
07:30Concrètement, il faut d'abord s'inscrire sur le site des événements officiels de l'Elysée.
07:35Vous rentrerez vos noms, un certain nombre d'informations
07:37et vous aurez le précieux QR code.
07:40Évidemment, pas question de s'échanger le QR code entre personnes.
07:44Jusque-là, c'était simplement une fouille de sacs.
07:46On a interrogé aussi ceux qui étaient sur les Champs-Elysées cet après-midi.
07:50Regardez leur réponse. Que pensent-ils de cette idée ?
07:53Ça peut permettre de réguler les flux, éviter les mouvements de foule à la dernière minute.
07:58Ça peut être bien.
07:59Oui, à part du niveau de la sécurité, c'est bien.
08:00Il n'y a pas assez de communication, en fait. Là, vraiment, on ne savait pas du tout.
08:04Par rapport à la sécurité, je trouve que c'est une très bonne chose.
08:05Malheureusement, à l'heure d'aujourd'hui, je pense qu'il faut faire quelque chose.
08:09Et malheureusement, s'il faut en passer par là, autant le faire.
08:12Concernant la sécurité, ça doit être une bonne chose pour gérer les flux.
08:15Et après, tout le monde ne maîtrise pas forcément l'outil informatique
08:18et aller sur un site pour pouvoir s'inscrire.
08:21Ça risque d'être compliqué. Ça risque de bloquer certaines personnes.
08:24Et donc, ça risque de râler pour certains.
08:28Cela dépend. Peut-être que d'un point de vue de la sécurité, c'est mieux d'utiliser un QR
08:32code.
08:34Mais je ne trouve pas ça juste de devoir s'enregistrer.
08:41Parce que tout le monde veut voir le défilé.
08:43Donc, je ne pense pas que ce soit vraiment juste.
08:45Je ne pense pas que c'est vrai.
09:15Il y a un avantage, d'abord.
09:16Alors, c'est un avantage de traçabilité, certes.
09:19Par contre, évidemment, ça ne remplacera pas les palpations de sécurité
09:23qui doivent être faites à toutes les arrivées, notamment, et les flux.
09:27Pour avoir fait quelques services de sécurité sur, notamment, cet événement national,
09:32il faut savoir qu'il y a énormément de monde, évidemment, qui veut y assister.
09:36C'est vrai, très compliqué.
09:38D'ailleurs, ils prévoient, je crois, d'arriver à 7h30.
09:40Ils ouvrent le guichet, notamment, pour scanner les QR codes.
09:44Alors, oui, ce n'est pas satisfaisant.
09:46Après, ça ne remplacera jamais, je dirais, la surveillance humaine, bien évidemment.
09:51Mais, en tout cas, ce peut être une facilité en termes de flux.
09:54Voilà, ce n'est pas... et de traçabilité.
09:56Mais sinon, en termes de sécurité en tant que telle, non, ça ne remplacera jamais, je dirais, la surveillance.
10:00D'ailleurs, ça va être quelque chose qui va mobiliser énormément de mes collègues sur le terrain.
10:05Je le rappelle, avec une température qui va être extrêmement élevée, notamment, le matin.
10:11Et puis, je pense aussi à tous mes collègues qui vont être réemployés, d'ailleurs, le soir pour la demi
10:15-finale.
10:16Et qui auront été employés la veille pour le feu d'artifice.
10:19Vous voyez, là, le travail notamment de mes collègues sur le terrain, il va être effectivement extrêmement compliqué,
10:24avec une longue responsabilité, puisque je rappelle qu'on est toujours sous le coup de menaces terroristes.
10:28Surtout avec, évidemment, le conflit qu'il y a au niveau international, les conflits qu'il y a au niveau
10:34international, puisqu'il y en a plusieurs.
10:36Donc, la tâche n'est pas simple, elle est très compliquée.
10:39Et beaucoup de mes collègues n'ont pas pu partir en congé, notamment.
10:42Je tiens à le dire aussi.
10:43Et on pense aussi à eux, parce qu'à chaque fois qu'on vous reçoit et à chaque fois qu
10:46'on parle d'événements,
10:47on parle de toutes ces forces de l'ordre qui sont sur le terrain et qui sont mobilisées,
10:50et qui, effectivement, loupent aussi du temps avec leur famille pour que d'autres puissent vivre un certain nombre d
10:55'événements.
10:55Et forcément, forcément, la question aussi sous-jacente, Kevin, c'est de se demander si cette république du QR code
11:01va ne pas devenir l'habitude.
11:03C'est-à-dire que c'est quelque chose qu'on avait tenté pendant les Jeux olympiques, y compris d
11:07'ailleurs pour le 14 juillet.
11:09Et on se demande si on ne va pas commencer petit à petit.
11:12Là, c'est le 14 juillet.
11:13Peut-être qu'on peut le faire après pour d'autres événements.
11:15On ne va pas avoir sans arrêt à devoir laisser des traces, savoir qui va où en permanence.
11:19Mais bien sûr que si.
11:21Pourquoi ? Parce que notre pays est devenu un capernaum insécuritaire.
11:25à ciel ouvert.
11:26Regardez l'étude qui est sortie récemment de Global Peace Index,
11:30qui montrait que notre pays est 99e dans l'échelle des pays de sécurité,
11:37juste derrière, notamment, le Lesotho, la Tanzanie ou le Honduras.
11:43Et de manière plus générale, vous savez ce qui me choque, Elodie ?
11:46C'est que finalement, on est en train de privatiser la fête nationale.
11:50La fête nationale, c'est une fête...
11:51Ils ne savent pas qu'ils avaient besoin de ce QR code et donc qu'ils vont se retrouver de
11:54fête privée de l'événement.
11:55Bien sûr.
11:56La fête nationale, c'est une fête populaire.
11:58Ce n'est pas une fête qui doit être faite contre le peuple et surtout sans le peuple.
12:04Sauf que comme vous venez de le dire, il y a plein de gens qui ne savaient pas qu'il
12:07fallait s'inscrire sur le site.
12:08Et là, vous venez de nous dire un truc exceptionnel.
12:10C'est qu'au moment où on en parle dans les médias, on ne peut plus s'inscrire.
12:13Donc à un moment donné, c'est quelque chose qui est scandaleux.
12:16Et encore une fois, quand vous regardez comment les autres pays européens organisent leur fête nationale, il n'y a
12:21pas tous ces QR codes.
12:22Parce que la France est devenue ingérable, parce qu'il y a une insécurité qui est grandiloquente, parce qu'on
12:26a peur pour les forces de l'ordre.
12:27On est incapable aujourd'hui d'assurer la sécurité de certains chefs d'État sans entrer dans des mesures liberticides.
12:35Encore une fois, ça en dit long de ce qui est devenu notre pauvre pays.
12:39Oui, et puis c'est vrai que Lara, on ne peut pas se satisfaire de se dire qu'aujourd'hui,
12:43on est obligé d'en arriver là.
12:44Parce que si on en arrive à mettre en place un QR code le jour du 14 juillet et peut
12:49-être plus tard sur d'autres événements,
12:50c'est parce qu'en amont, en fait, on n'arrive pas à gérer.
12:53On n'arrive pas à gérer la délinquance, on n'arrive pas à gérer ceux qui veulent semer le trouble
12:57ces jours-ci.
12:57Donc on espère qu'un QR code puisse, tant bien que mal, gérer la sécurité.
13:02Si on impose un QR code, ce n'est pas pour rien.
13:05C'est qu'il y a une menace sécuritaire et terroriste qui est présente sur le pays.
13:09Là, en l'occurrence, on impose ce QR code parce que c'est le dernier 14 juillet d'Emmanuel Macron
13:14et qu'il a invité tous les chefs d'État étrangers à être présents autour de lui.
13:18Je suis d'accord avec vous quand vous dites que c'est quelque part une manière de privatiser cette fête
13:24nationale
13:26où les Français, le peuple français, c'est l'occasion pour le peuple français de venir rencontrer son armée.
13:31Et là, en quelque sorte, on verrouille cette avenue des Champs-Élysées qui est censée appartenir à tous les Français
13:37et on nous demande un QR code.
13:39Moi, ça me rappelle évidemment le QR code qu'on nous demandait pendant le Covid avant d'entrer dans les
13:45restaurants,
13:46le QR code qu'on nous demandait pendant les Jeux olympiques avant d'assister à un match.
13:51Même avant de se déplacer dans les fameuses zones rouges ou grises, exactement.
13:55C'est-à-dire que désormais, à chaque événement populaire, à chaque manifestation, à chaque festival, à chaque concert, à
14:01chaque feu d'artifice,
14:03on peut nous demander un QR code.
14:04Donc finalement, qu'est-ce que ça montre ?
14:06Ça montre qu'il y a une barrière, finalement, pour le 14 juillet en l'occurrence,
14:11une barrière entre le pouvoir politique et les Français.
14:15Je parle en termes de symbolique, si vous voulez.
14:18Et par ailleurs, j'ajoute juste une chose, c'est que ce 14 juillet sera probablement un jour de canicule.
14:26Et en plus, ce jour-là, on va probablement interdire aux Français de se rendre au bal des pompiers.
14:32On va probablement leur interdire les pétards, leur interdire la vente d'alcool à partir de 18 heures.
14:38Donc ça fait quand même beaucoup de restrictions, je trouve.
14:40Beaucoup de restrictions.
14:41Et ce que j'allais dire, justement, Caroline Pillas, Flara, a raison.
14:44C'est autant de restrictions que petit à petit on accepte.
14:46Après le Covid, on s'est dit, plus jamais je m'auto-signe une autorisation de sortie.
14:52Après, les Jeux olympiques, c'est une période particulière.
14:54Ce sont les Jeux olympiques.
14:55Oui, mais petit à petit, toutes ces exceptions, pardon, elles semblent devenir la règle, en fait.
15:01Pour beaucoup, cela passe encore pour une injonction liberticide.
15:05Effectivement, c'est un peu un aveu d'échec.
15:07Vous l'avez tous dit en filigrane.
15:10C'est une aide, une complémentarité sécuritaire qui peut, évidemment, venir un peu en aide aux forces de l'ordre.
15:17N'oublions pas aussi que ce jour-là, ça va être aussi une journée à risque.
15:21Parce qu'il y a le match France-Espagne.
15:25Donc, tout est combiné, en fait, pour le 14 juillet.
15:28Mais effectivement, s'il y a également ce QR code, c'est parce que M. Macron fait son dernier tour
15:33de piste,
15:35qu'il a invité énormément d'hommes politiques.
15:39On a déjà eu Donald Trump en tribune présidentielle, ce n'est pas pour autant qu'on avait un QR
15:42code.
15:42C'est vrai, mais là, ils vont être très nombreux.
15:45Et je pense que, justement, les forces de l'ordre devront être partout.
15:49À un moment donné, il va bien falloir aussi gérer un minimum la sécurité sur le plan étatique.
15:56Selon moi, je ne suis pas, évidemment, dans les dossiers du gouvernement.
16:01C'est dommage.
16:03Quoi qu'il en soit, oui, ça grignote nos libertés.
16:06Oui, ça empêche à certains Français qui n'étaient même pas au courant.
16:09Moi, ce qui m'a aussi sidérée, c'est d'entendre ces jeunes femmes témoigner en disant
16:12« Écoutez, on n'a pas été prévenus, il n'y a pas eu de communication. »
16:15On en revient sans arrêt.
16:16On en a pas entendu parler, honnêtement.
16:18Au manque d'anticipation.
16:20Quoi qu'il en soit, quels que soient les secteurs sociétaux, c'est toujours la même chose.
16:24Donc, peut-être que des gens ne vont pas suivre, vont se déplacer,
16:27seront empêchés d'assister à notre fête nationale sur les Champs-Elysées.
16:32Et c'est quand même dommageable avec une période en plus de canicule.
16:36Donc, tout ça est réuni pour faire quand même un genre de gloubi-boulga
16:40qui n'est pas très agréable pour un 14 juillet.
16:43Et justement, la preuve par l'image, puisque David a vérifié peut-être lui-même a-t-il tenté de
16:48prendre ses places,
16:48c'est que vous voyez sur le site de l'Elysée, c'est le site officiel sur lequel on est
16:52censé s'inscrire.
16:52Madame, Monsieur, nous sommes au regret de vous informer qu'il n'y a plus de places disponibles
16:56pour participer à la cérémonie du 14 juillet 2026.
16:59Aucune inscription sur place n'est possible, même si effectivement, avec le manque d'informations,
17:04il y a quand même un risque que des personnes se rendent malgré tout aux abords des Champs-Elysées mardi.
17:08On va parler maintenant du protoxyde d'azote. On en a déjà beaucoup parlé sur ces plateaux.
17:13C'est ce qu'on appelle ce fameux gaz hilarant. C'est un fléau en France à cause des accidents
17:17notamment qu'il cause,
17:19accidents routiers, à cause aussi des dégâts assez irréversibles.
17:23Eh bien, au Danemark, pour le coup, il est devenu totalement interdit.
17:27Comment le pays a réussi à bannir son autorisation ? Les explications de Mathilde Couvillère-Flormois.
17:33Il aura fallu un drame pour que la loi change.
17:36En 2020, Aya, une fillette de 5 ans, meurt écrasée par un chauffard à Copenhague.
17:42Le conducteur de 21 ans qui l'a tué était sous protoxyde d'azote.
17:46En 2019, sa consommation avait atteint son paroxysme.
17:50Une étude montre que cette année-là, 12% des lycéens danois avaient déjà expérimenté le gaz hilarant.
17:56Depuis la tragédie de la petite Aya et d'autres accidents de la route impliquant cette substance,
18:01une loi a été votée par le Parlement interdisant la vente et la possession du protoxyde d'azote dans les
18:07espaces publics.
18:08Cette loi s'applique depuis le 1er juillet 2023 au Danemark.
18:12Depuis novembre dernier, le protoxyde d'azote est classé comme stupéfiant à l'égal du cannabis, du LSD ou encore
18:19de la cocaïne sur la route.
18:20Le 1er janvier dernier, la politique zéro tolérance a conduit à la mise en place d'un prototest similaire à
18:27l'alco-test à réaliser sur le bord de la route en soufflant dedans.
18:31En cas de contrôle positif, la verbalisation est sévère. Le permis est retiré 3 ans.
18:37Avant de revenir sur l'exemple danois, Stanislas Godon, on rappelle évidemment ce fléau qui est le protoxyde d'azote.
18:43Aujourd'hui, je le disais fléau parce qu'on a beaucoup parlé des accidents de la route qui sont causés
18:47à cause de ce gaz.
18:49Mais on a aussi pu suivre avec ces news des personnes en rééducation.
18:53Et peut-être que les jeunes qui en consomment ne se rendent pas compte des dommages que ça fait sur
18:57le cerveau.
18:57On a vu notamment des jeunes qui réapprennent à marcher, par exemple.
19:00Il y a beaucoup de jeunes qui ne se rendent pas compte de grand-chose en ce moment.
19:04Le constat, il est un peu malheureusement assez général.
19:08Je rappelle aussi qu'il y a des tests grandeur nature qui ont été faits sur les impacts directs du
19:13protoxyde d'azote,
19:14notamment sur la perte de connaissances, la perte d'attention.
19:17Surtout, évidemment, lorsqu'on conduit un véhicule à moteur.
19:20D'ailleurs, qu'il soit un deux-roues ou qu'il soit un véhicule à quatre roues, peu importe.
19:23Ce sont des dangers sur la route.
19:25Moi, ce qui me désole un peu, c'est qu'il y a une loi quand même riposte qui est
19:29en cours d'examen,
19:30notamment dans la navette parlementaire,
19:33qui doit normalement durcir le ton en s'inspirant un peu de ce qui s'est passé au Danemark.
19:39Mais il y a un petit souci, c'est que pour l'instant, le protoxyde d'azote, on ne peut
19:42pas le détecter.
19:43Parce qu'il n'y a pas d'outil qui a été encore homologué.
19:47Et d'ailleurs, ce n'est même pas prévu dans la loi pour l'instant.
19:49Donc, si vous avez par exemple quelqu'un, je vous coupe, pardonnez-moi,
19:51mais des jeunes qui sont au volant, il n'y a aucun moyen de tester des prix du protoxyde d
19:55'azote ?
19:55Il n'y a pas de moyen de le détecter, sauf après coup, avec une prise de sang.
19:59Et encore, le protoxyde d'azote, il ne reste que 4 heures dans l'organisme.
20:04Donc, c'est vous dire si ça va être extrêmement compliqué.
20:06Alors, il y a effectivement un dispositif qui a été mis en place au Danemark,
20:10qui apparemment a l'air de donner satisfaction.
20:13Mais ce qui m'interroge, c'est encore une fois, on parlait d'anticipation tout à l'heure,
20:16mais là, on est en train de faire une loi plutôt dure,
20:18puisqu'il y a eu d'abord l'interdiction de la vente pour les mineurs.
20:21Ensuite, il y a eu la responsabilisation pour notamment tous les établissements,
20:24parce que le problème du protoxyde d'azote, c'est que ça sert notamment dans la chaîne alimentaire aussi.
20:29Et donc, c'est là la difficulté de le classer comme stupéfiant.
20:33Parce que j'entendais la mère notamment de ce jeune qui disait,
20:38il faut le classer comme stupéfiant pour lui donner en fait toute la partie dure, réglementaire, législative,
20:44pour que nous, on puisse agir notamment en cas de détection.
20:46Mais encore, faut-il nous donner l'outil pour détecter de manière extrêmement fiable, non contestable,
20:52parce que vous vous doutez bien que tous les avocats vont essayer de défendre et de contester le dispositif ?
20:57Justement, vous avez parlé des dispositions dans le projet de loi Riposte porté par Laurent Nunez.
21:02On va voir ce que cela prévoit, même si vous venez déjà de nous expliquer à peu près pourquoi ça
21:06n'allait pas marcher.
21:07Mais voilà en tout cas les mesures concernant le protoxyde d'azote.
21:11Donc, inhaler du protoxyde d'azote, ça devient un délit passible d'une peine d'un an de prison et
21:15de 3 750 euros d'amende.
21:18Le transport du produit sans motif légitime, passible de deux ans de prison et 7 500 euros d'amende.
21:23La conduite sous protoxyde d'azote, trois ans de prison et 9 000 euros d'amende.
21:27Et sa vente strictement encadrée justement pour ceux qui en ont besoin, les professionnels de l'alimentaire qui en ont
21:34besoin.
21:34Mais donc, Kevin Bossuel, quand je lis ça, je me dis pourquoi pas ?
21:37Et en même temps, on vient d'entendre justement Stanislas Godon,
21:41s'il y a de la prison quand on conduit sous l'empire de protoxyde d'azote,
21:44mais qu'on n'est pas capable de savoir que la personne concernée en a inhalé,
21:49est-ce que cette disposition est encore très utile du coup ?
21:51Non, ce sont des effets d'annonce.
21:53On a affaire à un gouvernement qui est en fin de course,
21:55qui essaye de proposer des choses pour surfer en effet sur l'actualité,
21:58parce que ce gouvernement a bien senti que le protoxyde d'azote était un sujet
22:02qui commençait à monter au sein de la société française.
22:05Et pour une fois, je vais vous dire une chose, Elodie,
22:07il faut peut-être insister sur la prévention,
22:09parce que vous avez beaucoup de parents, beaucoup d'enseignants,
22:12et beaucoup de jeunes qui ne sont même pas au courant des dégâts que cela peut occasionner.
22:17Et les dégâts, on les connaît.
22:18Ça peut être des troubles au niveau neurologique, au niveau des nerfs des membres,
22:23ça peut être une atteinte de la moelle épinière engendrant notamment des paralysies,
22:29ça peut être également une atteinte au niveau du cerveau.
22:32Et il y a un truc aussi qui est incroyable avec cette drogue,
22:34c'est que ça a un effet qui dure très peu dans le temps.
22:37Donc c'est-à-dire que toutes les 30 minutes environ,
22:39si vous voulez que l'effet euphorisant de cette drogue dure,
22:44vous êtes obligés d'inhaler à nouveau du protoxyde d'azote.
22:48Donc peut-être qu'il faut commencer par la prévention.
22:50Quant au reste, si vous voulez, c'est comme sur le trafic de drogue.
22:53À un moment donné, tant qu'il n'y aura pas une fermeté qui soit applicable,
22:58forcément, on ne résoudra rien.
22:59Et encore une fois, vous avez des mineurs qui sont dans ce trafic de drogue,
23:03notamment en provenance des pays de l'Est, ou tout simplement de la prison ferme.
23:07C'est tout.
23:07C'est comme ça qu'on réussira à lutter contre ce trafic de drogue
23:09qui tue aujourd'hui dans notre pays.
23:11Avec l'enjeu aussi peut-être, Caroline, de la prévention,
23:13parce qu'on le voit, ce sont souvent des très jeunes mineurs qui le prennent.
23:17Et j'insiste vraiment parce que le reportage qu'on avait pu tourner pour CNews
23:20était effarant.
23:21C'est-à-dire que des jeunes qui, pour s'amuser,
23:24je ne suis pas sûre que ce soit très drôle d'inhaler du gaz hilarant,
23:25mais pourquoi pas, qui, pour s'amuser entre copains, inhalent ce gaz
23:29et qui se retrouvent à ne plus pouvoir marcher,
23:31à être complètement bloqués dans un fauteuil.
23:33Peut-être que ça, ou j'ose espérer, que si on dit à des jeunes
23:36« attention, voilà ce qui peut arriver »,
23:37peut-être que ça peut fonctionner avant de passer au répressif.
23:41Je serai toujours, vous me connaissez, pour la prévention et la sensibilisation.
23:45Effectivement, c'est catastrophique médicalement.
23:48Quand on est jeune, souvent, on se pense immortel, invincible,
23:51et on ne pense pas aux conséquences.
23:53Ce qui compte, c'est l'instant présent.
23:54Mais si on les emmenait voir des gens jeunes comme eux
23:58qui ont subi la même chose parce que c'est une addiction auprès de certains,
24:02c'est devenu ça, c'est ce que tu expliquais, Kévin.
24:04Quand on en reprend au fur et à mesure, en plus, ça ne coûte pas cher.
24:07C'est pour que l'été continue.
24:08Exactement.
24:08Jusqu'à temps que cela s'arrête définitivement médicalement.
24:12Et là, évidemment, il n'y a pas de point de non-retour.
24:18Juste, je voulais quand même mettre le volet sur la partie répressive.
24:22C'est que là, il y a un arsenal législatif qui nous est présenté.
24:25Aujourd'hui, on sait dans quel état est notre justice
24:28en matière d'application des peines.
24:30Je rappelle qu'il y a un peu moins de 100 000 peines non exécutées en France.
24:35C'est le dernier chiffre connu parce qu'évidemment,
24:37il est un peu caché par rapport à la place Vendôme.
24:42Donc, moi, je me dis, mais quand est-ce qu'on va se mettre à appliquer
24:45déjà les textes existants ?
24:46Alors là, il y en a un nouveau qui va arriver sur la table.
24:49Mais si c'est pour faire la même ligne que ce qui est déjà fait auparavant,
24:53on ne va forcément pas avancer.
24:54On ne va pas avoir la réponse adaptée qui doit s'accompagner de la prévention.
24:57Je suis d'accord avec vous.
24:58Bien sûr, on n'empêche pas l'autre.
24:58Mais je pense qu'il faut jouer sur les deux tableaux si on veut arriver à indiquer
25:02ce phénomène qui a déjà pris beaucoup, beaucoup trop de terrain, à mon sens.
25:06Et si je peux me permettre, juste pour terminer, vous laisser la parole, bien sûr.
25:09C'est une addiction qui est appelée par certains l'addiction, la drogue du pauvre
25:13actuellement.
25:14Si les pays scandinaves arrivent à l'indiquer, ce sont quand même des sociodémocrates.
25:20Ce sont des gens qui sont très novateurs dans plein de sujets sociétaux.
25:24Ça veut dire que si eux font preuve de fermeté, on est capable de le faire aussi.
25:28Évidemment, le faire aussi.
25:28C'est vrai que, Lara, quand on voit les mesures qui sont prévues dans le projet de loi Riposte,
25:32on peut se féliciter parce que ça semble très répressif avec à chaque fois des années
25:36de prison qui sont prévues.
25:39Mais en réalité, on sait l'état de notre justice, comme le disait Stanislas Godon,
25:42l'absence de place de prison.
25:44Je ne suis pas vraiment sûre qu'il y ait beaucoup de personnes qui consomment du protoxyde
25:46d'azote qui finissent en prison, hormis si malheureusement elles en viennent
25:49à tuer quelqu'un sur la route.
25:51Alors, je suis d'accord avec vous pour les effets d'annonce.
25:53Je suis d'accord avec vous pour les places de prison.
25:55J'ajouterais que déjà qu'on a du mal avec les trafiquants de drogue.
25:58Alors là, franchement, où va-t-on ?
26:01Le protoxyde d'azote, c'est la nouvelle drogue des jeunes.
26:04Ça s'achète comme du bonbon.
26:06C'est le nouveau poison de la jeunesse et c'est un véritable désastre.
26:10À Paris, les dégâts, on l'a vu pendant les grands événements, ça a été un ravage.
26:16On voit que ça traîne dans les rues, ça traîne dans les caniveaux.
26:18Et au-delà de ça, c'est un désastre environnemental également.
26:21Là où la loi Riposte va dans le bon sens, je trouve,
26:25c'est que ça, ce sera difficile d'y échapper,
26:28c'est qu'elle va permettre de fermer tous les commerces
26:31qui en vendent de manière illicite.
26:34Moi, je souhaiterais qu'il y ait une interdiction totale
26:37de vente de protoxyde d'azote en France,
26:41tout en sachant que le nombre d'affaires judiciaires liés à cela
26:45a augmenté de 76%.
26:50Et nos voisins européens, comme d'habitude, font beaucoup mieux que nous.
26:54On parle donc du Danemark.
26:55Le gouvernement britannique qui a aussi classé la substance
26:59parmi les drogues de classe C,
27:01de même que pour les Pays-Bas.
27:03En Allemagne également, parce qu'en Allemagne,
27:06il se vendait carrément ce protoxyde d'azote
27:08dans les distributeurs automatiques avec les bars chocolatés et les bonbons.
27:11Et je vais encore plus loin en vous donnant juste l'exemple de New York
27:17où ils l'ont évidemment interdit totalement.
27:20Et eux, ils sont même allés jusqu'à interdire la vente de chantilly,
27:24de bombes chantilly aux mineurs de moins de 21 ans, si vous voulez.
27:28Oui, donc on voit qu'effectivement, certains autres pays ou villes y parviennent.
27:31On va marquer une pause dans cette heure des pros week-end
27:33et puis on reviendra avec une enquête passionnante
27:36de nos confrères du Figaro à Nantes
27:38sur les squats et les occupations illicites.
27:42Vous allez voir à quel point cela met en danger l'économie nantaise.
27:45On sera notamment avec la journaliste du Figaro
27:47qui a signé cette enquête.
27:49Restez avec nous, à tout de suite.
27:51De retour pour la deuxième partie de l'heure des pros week-end.
27:55Je vous le disais avant la pause,
27:56je voudrais qu'on s'intéresse à cette enquête du Figaro
27:59qui concerne notamment la ville de Nantes.
28:02Occupation illicite de Rome et gens du voyage,
28:05un vrai cauchemar économique pour les entrepreneurs nantais.
28:08Et justement, nous sommes avec Lorraine Triard.
28:10Bonsoir et merci beaucoup d'être avec nous.
28:13Vous êtes journaliste et c'est vous justement
28:14qui avez réalisé cette enquête
28:17qui est extrêmement éclairante et extrêmement intéressante
28:18sur ce qui se passe à Nantes.
28:20J'ai relevé un certain nombre d'exemples de personnes
28:23que vous-même avez rencontrées.
28:25On va rentrer tout de suite dans les exemples concrets.
28:27Vous interrogez notamment un entrepreneur nantais
28:30qui explique qu'après une occupation illicite,
28:32regardez, le montant des réparations s'élève à 2,5 millions d'euros.
28:36Il dit j'ai reçu 180 000 euros de mon assurance.
28:39L'inspecteur venu a décrit le site comme une scène de guerre.
28:43Gardant en mémoire ce chef d'entreprise,
28:44toujours amer aujourd'hui, j'ai failli déposer le bilan
28:46et mettre 80 personnes au chômage.
28:48C'est là où votre enquête est très intéressante.
28:50C'est qu'on découvre véritablement à quel point
28:52ces occupations illicites sont une vraie tare
28:55pour l'économie nantaise.
28:58Oui, tout à fait.
28:59Merci pour votre invitation.
29:01Alors, on parle souvent du fléau pour les collectivités,
29:03des caravanes qui investissent des terrains de mairie,
29:06des salles de spectacle,
29:07mais on parle très peu du sujet des entrepreneurs.
29:11Et de fait, ils sont un grand nombre à Nantes,
29:13là où je travaille.
29:14J'entendais depuis quelques temps ce sujet
29:16qui revenait dans l'actualité.
29:18Et en fait, ils récupèrent souvent leurs bâtiments
29:21squattés pendant des années
29:22parce que les procédures prennent beaucoup de temps.
29:24Ils les récupèrent dans des états,
29:25mais vraiment lamentables.
29:27C'est un petit peu ce que j'ai recueilli comme témoignage.
29:30C'est ces entrepreneurs qui sont démunis
29:32face à parfois des bâtiments refaits à neufs,
29:34qui perdent de la valeur des mois, des années plus tard.
29:37Et puis, ils n'ont pas le choix.
29:39C'est des entrepreneurs.
29:40Donc certes, les assurances couvrent une partie,
29:42mais souvent, c'est pour eux, pour leur poche.
29:44Certains disent, j'ai failli déposer le bilan.
29:46Certains accusent des pertes de chiffre d'affaires considérables.
29:50Donc c'est vrai que c'est un véritable fléau.
29:52Je voudrais qu'on cite un deuxième exemple,
29:54toujours de votre enquête.
29:55Il s'appelle Jacques Champy,
29:57il est gérant de BTP Sécurité.
29:58Il lui dit qu'il s'est retrouvé occupé plusieurs fois
30:01entre la deuxième et la troisième occupation.
30:03J'avais mis une centaine de blocs béton.
30:05Ça n'a pas suffi.
30:06Les Roms ont détruit la clôture.
30:07Ils ont fini par être évacués au bout d'une procédure.
30:10J'ai rajouté 200 blocs
30:12et j'ai employé les grands moyens
30:14en décroutant tout l'enrobé.
30:16Ce qu'on voit aussi dans votre enquête,
30:18c'est que premièrement,
30:19quand ils arrivent à les déloger,
30:20ça ne suffit pas parce que souvent,
30:22ils reviennent.
30:23Et c'est aussi, vous parliez du coût,
30:24parce que pendant ce temps-là,
30:25les bâtiments sont inutilisables,
30:27mais aussi les coûts en matière de sécurité
30:28pour ces gérants.
30:31Oui, parce qu'on pense souvent aux portails.
30:33Déjà des portails très sécurisés à installer.
30:36Alors là, par exemple,
30:36j'avais un restaurateur qui me disait
30:37que ça allait lui coûter 6 000 euros.
30:39Mais c'est vrai que ça dépend des sites.
30:41Ça, souvent, ça ne suffit pas.
30:43Les caravanes arrivent et le cassent.
30:45On pense aussi à Nantes.
30:47Quand on se promène dans l'agglomération,
30:48on voit des petits talus
30:50qui sont là pour empêcher aussi
30:52de rentrer les caravanes.
30:53Mais il est vrai que ça ne marche pas forcément.
30:55On peut voir que certains, du coup,
30:57emploient des agents de sécurité.
30:59Mais ça, c'est très onéreux.
31:01Plusieurs m'ont dit que faire sécuriser 24 heures sur 24 un site,
31:05c'est quasiment 20 000 euros par mois.
31:07Donc, c'est quand même considérable.
31:10Donc, on va peut-être en parler après,
31:12mais certains trouvent d'autres arrangements.
31:14Mais c'est vrai que c'est un réel coût
31:15pour se protéger de ces intrusions totalement illicites.
31:20Vous parlez des autres arrangements.
31:22Je pense que vous faites référence, justement,
31:23à ce qu'on voulait mettre en avant maintenant.
31:25C'est toujours un entrepreneur.
31:27Je crois que vous avez changé son prénom pour le contexte.
31:30400 roms ont débarqué dans son usine
31:31qui était flambant neuve.
31:33Outre la dépollution,
31:34qui quand même lui a coûté 350 000 euros,
31:36les bâtiments ont dû être démolis.
31:38Eh bien, regardez la solution qu'il a trouvée.
31:39Après avoir tenté le gardiennage avec un chien
31:41pour un coût astronomique de 20 000 à 25 000 euros,
31:44la vidéosurveillance ou l'installation de barricades
31:47pour un résultat jugé inefficace,
31:49il a changé son fusil d'épaule.
31:51Notre seule solution est d'installer des gens du voyage
31:53qui gardent les lieux et empêchent toute intrusion.
31:56Quand on lit ça, Lorraine Tria,
31:58c'est à peine croyable.
31:59C'est-à-dire que des entrepreneurs se sont dit
32:00« On va mettre d'autres caravanes, en fait, sur le parking
32:03pour éviter que les roms entrent à l'intérieur. »
32:06On en est là, quand même.
32:07On en est là.
32:08C'est vrai que je l'ignorais totalement
32:10en commençant mon enquête.
32:11Et plusieurs, vraiment, plusieurs entrepreneurs
32:13m'ont parlé de cette solution assez incroyable.
32:16Ce qu'ils m'ont dit,
32:17c'est qu'avec les gens du voyage,
32:19souvent, il est possible de négocier.
32:21Si je puis dire, il y a une forme d'accord
32:22qui peut se faire entre eux.
32:25Souvent, ça marche, pas tout le temps,
32:26mais voilà, ils arrivent, ils disent
32:28« Bon, voilà, vous restez un certain temps
32:30et la famille part et accepte. »
32:33Et donc, certains en sont arrivés là
32:35à sceller ce genre d'accord
32:37en leur disant « Venez sur le terrain
32:39un mois, deux mois, parfois plus. »
32:41Il y en a, ça dure depuis des années.
32:43Et résultat, ça sécurise l'entreprise,
32:45le bâtiment, le lieu vacant
32:47ou bien là où des employés viennent travailler.
32:51Merci beaucoup, Lorraine Triard,
32:53d'avoir été avec nous.
32:54Je rappelle que vous êtes journaliste au Figaro
32:55et c'est vous qui avez notamment signé
32:58cette enquête passionnante sur l'impact,
33:00notamment de l'économie.
33:01Mais c'est vrai que, Kevin,
33:02on marche sur la tête.
33:03Il y a tout un tas d'exemples.
33:04On en a donné trois,
33:05mais il y a beaucoup d'exemples.
33:06Un restaurateur explique
33:07qu'il a eu 40 % de chiffre d'affaires
33:09en moins, qu'il a dû ne pas renouveler
33:11quatre personnes en période d'essai.
33:14C'est vrai, comme elle le disait,
33:15souvent, on parle de cette problématique
33:17sous l'angle des communes
33:18qui ont du mal à les déloger.
33:20Là, ça devient un vrai poids économique
33:21pour la métropole nantaise.
33:23Bien sûr.
33:24Et moi, j'aimerais juste reprendre
33:26la déclaration des droits de l'homme
33:27et du citoyen dans son article 17.
33:29La propriété est un droit inviolable et sacré.
33:33Je me demande véritablement
33:34si c'est le cas dans notre pays.
33:36Donc là, vous avez un très bon exemple
33:38des conséquences de la privation
33:40de la propriété privée
33:41sur l'économie d'une ville
33:43ou sur l'économie d'une métropole.
33:45Mais parfois, ça met des particuliers
33:47dans une mise incroyable.
33:49Moi, j'ai le souvenir
33:50de cette dame
33:51qui avait cotisé toute sa vie,
33:53qui avait mis de côté
33:54pour pouvoir se payer
33:55un petit pied-à-terre.
33:57Et ce petit pied-à-terre
33:58était occupé.
33:59Elle était incapable
34:00de récupérer ce bien.
34:02La vérité, c'est qu'on est
34:02dans un pays communiste.
34:04C'est-à-dire qu'à partir du moment
34:05où on vous prend votre bien,
34:07il faut des tas
34:08de procédures judiciaires
34:10pour essayer de récupérer son bien.
34:12C'est quand même incroyable.
34:13Et dernière chose aussi
34:13que j'aimerais dire,
34:14regardez la loi,
34:15toutes les lois sur l'écologie
34:17qui interdit aux propriétaires
34:19de louer leurs biens
34:20parce qu'ils ont un DPE
34:22qui n'est pas au niveau.
34:24Mais ça, pareil,
34:24c'est une atteinte
34:25à la propriété privée.
34:26Moi, si je suis locataire
34:27et que j'ai envie
34:28de louer un logement
34:30avec un DPEF
34:31ou un DPEG,
34:33c'est quand même mon droit.
34:34Mais que l'État
34:34se mêle de ses oignons.
34:36Qu'est-ce que c'est
34:36que cet État
34:37qui s'immisce absolument partout
34:39et notamment dans notre vie privée ?
34:40Il y en a marre.
34:41C'est le communisme institutionnalisé.
34:44Justement, vous parliez de l'État
34:45parce que, Caroline,
34:46en ce qui concerne
34:47l'agglomération d'Anthès,
34:48il y a deux problèmes.
34:48Premièrement,
34:49on voit bien
34:49que les entrepreneurs,
34:51ils se gèrent tout seuls,
34:52ils trouvent des solutions tout seuls.
34:54Et puis, deuxièmement,
34:55dans l'agglomération d'Anthès,
34:56il y a cette culture de l'accueil.
34:57On voit aussi parfois
34:58où ça mène
34:58parce que, du coup,
34:59les personnes arrivent
35:00et elles s'installent.
35:01Quand on voit
35:01que par deux ou trois fois,
35:03elles envahissent la même usine,
35:04on se dit
35:05qu'ils se pensent
35:05quand même un petit peu chez eux.
35:06On en revient
35:07aux questions idéologiques
35:09pour changer.
35:10Mais honnêtement,
35:11je ne pensais pas
35:11que ce phénomène
35:13avait autant d'ampleur
35:14concernant les entrepreneurs.
35:16Sincèrement, je l'apprends.
35:17Je le savais pour les particuliers.
35:18On en a très souvent parlé.
35:19On pourrait égrener
35:21un maintes et maintes cas.
35:22Maintes et maintes cas, pardon.
35:24Oui.
35:25Tout simplement
35:25parce que c'est un traumatisme.
35:28Évidemment.
35:29On a la sensation
35:30que la justice,
35:31une fois de plus,
35:32est du côté plus des coupables
35:33que de la victime.
35:35Moi, je me souviens aussi
35:36de personnes âgées
35:37qui dormaient dans leur voiture
35:38pour essayer de récupérer
35:39leurs biens,
35:40qui devaient faire appel
35:41à des voisins
35:42ou de la famille proche
35:43pour les aider.
35:44Et certains
35:46vivaient cette situation
35:47terrible et injuste
35:48durant des années
35:49sans avoir
35:50de solution pérenne.
35:52Donc, effectivement,
35:53ces gens-là
35:53ne devraient pas être esselés.
35:55C'est leur bien.
35:55Ils n'ont rien volé.
35:57Ils ne doivent rien à personne.
35:58Ils doivent le récupérer
35:59comme tout un chacun.
36:01Et quand ni la municipalité
36:03ni l'État
36:06et parfois même
36:07les préfets
36:08ne leur donnent
36:09gain de cause,
36:10on peut en arriver
36:11à des drames même personnels.
36:12Il y a également
36:13des suicides,
36:13des gens qui sont
36:14acculés littéralement.
36:16Alors, la loi a évolué
36:17ces dernières années
36:17pour les particuliers,
36:18mais pour ce cas de figure
36:19qui revient aussi
36:21comme un marronnier
36:22d'année en année,
36:24puisque forcément,
36:25vous avez beaucoup
36:26de gens du voyage
36:28qui s'installent
36:29illégalement,
36:29et vous avez
36:30beaucoup de maires
36:31qui reprochent
36:33aussi cet état de fait
36:34à l'État
36:34et tout le monde
36:35se renvoie la balle.
36:36Donc, rien n'évolue.
36:37Mais moi, en fait,
36:38je pense aux victimes
36:39qui sont dans une situation
36:40terrible
36:41et qui n'arrivent pas
36:42à s'en sortir
36:42en dehors de l'endettement.
36:43Et puis, on parle aussi
36:44évidemment du défi
36:45que ça représente
36:45pour les forces de l'ordre.
36:46C'est là ce Godon
36:47parce qu'un entrepreneur,
36:48par exemple,
36:48qui dit
36:49c'est 400 caravanes
36:51qui arrivent sur le parking.
36:53Évidemment,
36:53quand il faut les déloger
36:54parce qu'ils arrivent
36:55ensemble parfois la nuit
36:56quand c'est un peu plus discret
36:57pour les forces de l'ordre,
36:59bon courage aussi
36:59pour tenter de les déloger.
37:01Et puis, c'est surtout
37:01qu'il faut avoir l'autorité
37:04notamment pour le faire
37:05parce que les procédures
37:06d'expulsion
37:07et d'usage
37:08de la force publique
37:09pour déloger
37:10des caravanes,
37:11ça ne se fait pas comme ça
37:12d'un claquement de doigts.
37:13Il y a des voies de recours
37:14notamment.
37:15Alors, c'est vrai
37:16que la loi anti-squat
37:16elle a beaucoup évolué.
37:18Là, j'entends parler
37:19qu'on enrôle
37:20des gens du voyage
37:21pour empêcher
37:22les rampes de venir.
37:23Les gens du voyage
37:24qui aussi ne respectent pas
37:25les aires d'accueil
37:26qui occupent des terrains
37:27illégaux
37:28et qui sont très difficiles
37:29à déloger
37:29surtout en période estivale
37:31d'ailleurs.
37:31C'est souvent le cas.
37:33Donc, en fait,
37:34on n'est pas armé juridiquement
37:35et là, je rejoins
37:35ce qu'a dit Kevin
37:36sur comment on défend
37:38le droit de propriété.
37:39Le droit de propriété
37:40des entrepreneurs,
37:41le droit de propriété
37:41des particuliers
37:43qui, à mon avis,
37:44devrait être
37:45au centre du sujet
37:46et qu'on devrait préserver
37:49et qu'à chaque fois
37:50qu'il y a violation
37:51de ce droit de propriété,
37:52je suis désolé,
37:53les voies de recours
37:54elles ne s'appliquent pas.
37:55C'est l'expulsion
37:57manu militari
37:58y compris
37:59à l'aide
38:00de la force publique
38:00si besoin.
38:02Oui, parce que là,
38:02on voit bien
38:03vraiment le côté
38:05totalement surréaliste
38:06de la situation.
38:07Ce sont des entrepreneurs
38:08qui ne peuvent plus travailler,
38:09qui ont une entreprise
38:10qui est à l'arrêt,
38:11une entreprise
38:11qui subit des dégâts.
38:12Un entrepreneur
38:13dit quand même
38:13qu'il a fallu détruire
38:14tous les bâtiments.
38:15Et derrière,
38:16il faut en plus payer
38:17tout ce que l'assurance
38:18ne prend pas en charge,
38:19c'est quand même beaucoup.
38:19Il faut ensuite
38:20payer un service
38:21de sécurité.
38:22Honnêtement,
38:22pour ces entrepreneurs,
38:24c'est juste intenable.
38:25Ils perdent de l'argent,
38:25ils jettent de l'argent
38:26par les fenêtres quasiment.
38:27Oui, je suis d'accord
38:28avec vous
38:29quand vous dites
38:30que c'est une grande injustice
38:32parce que finalement,
38:33les squatteurs
38:34ont beaucoup plus de droits
38:35de manière générale
38:37que les propriétaires.
38:39Les policiers
38:40ne peuvent plus
38:40les expulser
38:41au bout de 48 heures.
38:43Ils ont
38:43les aides juridictionnelles,
38:45les bons alimentaires,
38:47les assistants sociaux
38:48quand ils ont des enfants,
38:50les demandes
38:51d'allocations familiales,
38:53etc.
38:53Donc, il y a
38:53une grande injustice
38:55à Nantes.
38:56Je ne sais pas
38:56si vous vous souvenez
38:57de Marie-Claude
38:59qui avait touché
39:00beaucoup de Français,
39:01qui était une dame
39:02qui avait entamé
39:04une grève de la faim
39:05parce que le locataire
39:06de sa maison
39:07avait siliconé
39:08sa serrure,
39:09ne voulait pas partir
39:11et on avait pointé
39:12à ce moment-là
39:13l'inaction totale
39:14de la mère PS
39:16de Nantes,
39:17Johanna Roland,
39:18qui n'avait strictement
39:19rien fait.
39:20Moi, j'ai noté
39:21deux choses toutefois
39:22dans le projet
39:23de loi Riposte
39:25sur les squatteurs
39:26qui vont plutôt
39:27dans le bon sens
39:29et ce qui va changer,
39:31c'est que,
39:31notamment pour les meublés
39:33touristiques,
39:34désormais,
39:35ceux qui les occupent,
39:37donc on voit notamment
39:38une prolifération
39:40avec les Airbnb,
39:41etc.,
39:42ils pourront être expulsés
39:43directement par un préfet
39:45et non plus par le juge.
39:46Donc, ça ira
39:47beaucoup plus vite
39:49et la procédure
39:49sera beaucoup plus rapide
39:51parce qu'on ne sera pas
39:52obligés d'attendre
39:53la décision de la justice.
39:55Ça, c'est le principal changement.
39:56Il y a également
39:57un deuxième changement
39:58parce que les députés
39:59ont voulu aller
40:00encore plus loin
40:02et ont ajouté
40:02un amendement
40:04à cette procédure rapide,
40:06c'est qu'également,
40:08cette règle
40:09s'appliquera aussi
40:11pour les commerces,
40:12les bureaux,
40:13les hangars
40:13et les exploitations agricoles
40:16où c'est désormais
40:17le préfet
40:18qui pourra expulser
40:20beaucoup plus rapidement
40:21que lorsqu'un juge
40:22est saisi.
40:22Et on verra effectivement
40:23si en application,
40:24cela permet un petit peu
40:25de faciliter
40:27la vie
40:27de certains entrepreneurs
40:28et particuliers.
40:30Il nous reste peu de temps
40:31mais je voudrais
40:31vous parler maintenant
40:32de l'attentat de Nice.
40:34Mardi, cela fera malheureusement
40:3510 ans
40:36et on apprend aujourd'hui
40:37une nouvelle
40:38qui peut faire froid
40:40dans le dos
40:40puisqu'on apprend
40:41que le frère
40:41du terroriste de Nice,
40:43lui aussi,
40:43squattait un appartement
40:45ce qui est déjà un problème
40:46mais surtout
40:47qu'il squattait
40:47un appartement
40:48qui était situé
40:49à 250 mètres
40:51de la promenade
40:52des Anglais.
40:53Un homme qui est resté
40:53sur place
40:54et qui est même resté
40:55juste à côté
40:56de l'endroit
40:57où son frère
40:57a commis
40:58cette folie meurtrière.
41:00On regarde d'abord
41:00les précisions
41:01de Sabrina Berlin-Bouillet
41:02de notre service
41:03Police Justice.
41:05On apprend que le frère
41:07de l'auteur
41:07de la tuerie
41:08du 14 juillet 2016
41:09à Nice
41:10squattait un logement
41:11un logement à Nice
41:13à moins de 200 mètres
41:15de la promenade
41:15des Anglais
41:16là où son frère
41:17a commis
41:18ce terrible attentat.
41:19Il occupait cet appartement
41:20de manière illégale
41:22et c'est la gestionnaire
41:23des lieux
41:23qui a décidé
41:24de porter plainte.
41:25Une enquête
41:26de flagrance
41:27a été ouverte
41:28et des chefs
41:28de dégradation
41:29et de maintien illicite
41:30dans un local
41:31à usage d'habitation.
41:33Jeudi soir,
41:33le frère de Mohamed
41:35Louège-Bouillet
41:35a été interpellé.
41:37Il aurait été alors
41:38porteur d'un couteau
41:39sur lui.
41:39En tout,
41:40ce sont même
41:41cinq individus
41:42qui ont été interpellés
41:43dans cette affaire.
41:44Ils étaient tous
41:45en situation irrégulière.
41:47Depuis,
41:47le parquet de Nice
41:48nous informe
41:49que les mesures
41:49de garde à vue
41:50ont été levées
41:51avec une poursuite
41:52de l'enquête préliminaire.
41:54Ces cinq suspects
41:55sont maintenant
41:56pris en compte
41:56par la préfecture
41:57des Alpes-Maritimes
41:58puisqu'ils résident
42:00en France
42:00de manière irrégulière.
42:02Nos confrères de Nice
42:03ce matin précisent
42:04que le frère
42:04du terroriste de Nice
42:05a été placé
42:06en rétention administrative.
42:08Une OQTF
42:09une obligation
42:10de quitter le territoire
42:11français
42:12lui aurait été délivré
42:13ce vendredi
42:14avec un objectif
42:15qu'il soit expulsé
42:17vers la Tunisie.
42:18Dix ans après,
42:19Kevin,
42:19on se rend compte
42:20que le frère
42:20du terroriste
42:21est en situation
42:21irrégulière en France
42:22qu'il squatte un logement
42:23et qu'en plus
42:23il se paye le luxe
42:25de squatter un logement
42:26à 250 mètres
42:27de l'endroit
42:27où son frère
42:28a tué
42:29des familles entières.
42:31Ça ne gêne personne.
42:32Non,
42:32c'est un crachat
42:33fait à la figure
42:35des victimes
42:35et fait carrément
42:36à l'État français.
42:38Et juste rapidement,
42:40on est quand même
42:40dans un pays
42:41où le terrorisme islamiste
42:42tue.
42:43On tue des professeurs,
42:44on tue le prêtre,
42:46le père Hamel,
42:47on tue des journalistes
42:48avec Charlie Hebdo,
42:49on tue des gens
42:50qui étaient à une terrasse,
42:51qui allaient voir
42:52un spectacle.
42:53Et j'ai l'impression
42:53que les politiques
42:54ne prennent pas
42:55l'ampleur du danger
42:57qui nous guette.
42:58Il va y avoir
42:59des échéances électorales
43:00et je pense que
43:00ce sera maintenant
43:01ou jamais.
43:02Ce que les Français
43:02vont décider en 2027,
43:04ça va dessiner
43:05la lutte
43:06contre le terrorisme islamiste
43:07parce qu'il y a encore
43:08des gens
43:09qui, au sein
43:10du personnel politique,
43:11sont des béni-oui-oui,
43:13qui continuent
43:13à mettre
43:14cette chose-là
43:15de côté
43:16alors que c'est central.
43:17Il y a des gens
43:18sur notre sol
43:18qui veulent notre mort,
43:20qui veulent nous tuer,
43:21qui détestent notre pays
43:22et qui n'attendent
43:23qu'une chose,
43:24que nous disparissions.
43:25Vous le rappeliez
43:25justement en tout début
43:26d'émission,
43:27Stanislas Gaudon,
43:28mais la menace terroriste,
43:30même si peut-être
43:30qu'on en parle moins
43:31aujourd'hui,
43:32évidemment,
43:32elle reste extrêmement
43:33présente sur le territoire
43:34et elle reste
43:35l'une des préoccupations
43:36évidemment des forces
43:37de l'ordre
43:37quand ils sécurisent
43:38notamment le 14 juillet
43:39ou les grands événements.
43:40Oui, dans le cadre
43:41de tous les événements
43:42et puis croyez-moi,
43:43tous les services
43:44notamment de renseignement
43:45sont à pied d'œuvre.
43:47Ils ont une charge
43:48de travail qui est énorme
43:49à la fois en analyse,
43:51en anticipation
43:51parce qu'il y a
43:52beaucoup de choses
43:53qui ne sont pas dites
43:53évidemment.
43:54Tous les attentats déjoués
43:55qui ne font pas l'objet
43:57d'une communication
43:57en tant que telle
43:58et d'ailleurs,
43:59ce n'est pas plus mal
44:00parce que les agents
44:02du renseignement
44:03font un travail de l'ombre aussi
44:04et je crois que c'est important
44:06de le préserver.
44:07Après, j'espère que
44:08pour cette obligation
44:09de quitter le territoire français,
44:11on ne va pas être encore
44:11dans un brilio administratif
44:14avec le problème
44:15qui est toujours récurrent
44:16des laissés-passés consulaires.
44:18La Tunisie,
44:19normalement,
44:19n'est pas réputée
44:20pour être le plus réfractaire
44:21sur les laissés-passés consulaires.
44:23J'espère que ça va aller
44:25jusqu'au bout
44:26de l'action administrative
44:28parce que c'est
44:29une action administrative
44:30parce que sinon,
44:32là encore,
44:32une fois,
44:32ce sera un pied de nez
44:33effectivement à l'État,
44:34à l'autorité de l'État
44:35parce que je rappelle
44:36que les OQTF,
44:37le taux d'exécution,
44:38il est quand même
44:39extrêmement faible
44:40en France,
44:41malheureusement.
44:42On termine avec
44:43cette information
44:44puisque tout à l'heure,
44:45je vous disais
44:45qu'il n'y avait plus de place
44:46pour le 14 juillet.
44:48C'est juste que le site,
44:48visiblement,
44:49aurait bugué.
44:50Il y a dû avoir
44:50trop d'inscriptions.
44:52en même temps,
44:53surtout,
44:53n'allez pas tous
44:54de nouveau sur le site
44:55parce que ça va refaire
44:56le même problème.
44:57Je ne sais pas,
44:57trouver des créneaux
44:58pour qu'on y aille
44:58trois par trois,
44:59pas plus,
45:00parce que le site
45:01pour s'inscrire
45:01n'était visiblement pas fait
45:02pour qu'on s'inscrive
45:03trop en même temps.
45:05En tout cas,
45:05voilà,
45:05pour ceux qui souhaitaient
45:06aller sur les Champs-Alysées,
45:08c'est peut-être encore possible.
45:09C'est presque pire
45:10que le concert de Céline Dion,
45:11cette histoire,
45:12les gens vont s'y la part.
45:13On va faire bientôt
45:13une liste d'attente.
45:15Merci beaucoup
45:15à tous les gars
45:16d'avoir été les invités
45:18de l'heure des pros
45:19de week-end.
45:20Tout de suite,
45:20vous retrouvez
45:21Laurence Ferrari
45:21et Michel Onfray
45:22pour Face à Onfray
45:23et puis à 22h,
45:24100% politique
45:25avec Olivier de Quai-Renflech.
45:27Bonne soirée
45:27sur CNews.
45:28Sous-titrage Société Radio