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  • il y a 33 minutes
Le mardi 7 juillet, la cour d'appel rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires du RN. Un verdict décisif pour Marine Le Pen qui sera définitivement fixée sur sa possibilité de concourir à l'élection présidentielle de 2027. Une échéance attendue au sein de son parti mais également par les autres formations politiques, car l'impact sur l'élection présidentielle est grand. On en parle avec Adélaïde Zulfikarpasic, directrice Générale du pôle Société d'Ipsos BVA elle est l'invitée d'Olivier Bost dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Bost du 07 juillet 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:03Et à 7h45, l'interview d'Olivier Bost.
00:05Bonjour Olivier.
00:06Bonjour.
00:06Vous recevez ce matin Adélaïde Zulfi-Karpazik, directrice générale de BVA France.
00:12Marine Le Pen ou Jordan Bardella, qu'est-ce que ça change à l'élection présidentielle ?
00:16C'est ce que nous allons voir.
00:18Adélaïde Zulfi-Karpazik, bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Cet après-midi, nous saurons donc si Marine Le Pen peut se présenter ou pas à l'élection présidentielle
00:25et donc si Jordan Bardella reprend le flambeau.
00:28Tout d'abord, dans les sondages d'intention de vote, Marine Le Pen ou Jordan Bardella,
00:33est-ce que c'est peu ou prou le même score ?
00:35C'est effectivement peu ou prou le même score.
00:38Surtout ce qu'il faut avoir en tête, c'est qu'aujourd'hui, sachant qu'on a une offre politique
00:42qui est encore très peu structurée, il domine largement les enquêtes quelles qu'elles soient au premier tour
00:47avec des scores au-delà de 30%.
00:49Alors un peu plus pour Jordan Bardella qu'on mesure selon les hypothèses de vote entre 33 et 36%
00:54alors que Marine Le Pen on la mesure autour de 31-32.
00:59Cette différence, ça veut dire quoi ?
01:00Ça veut dire que les Français, quelque part, sont déjà passés à Jordan Bardella ?
01:03Exactement. En partie, ils ont quand même intégré la décision en première instance
01:07qui a condamné Marine Le Pen à 5 ans d'inéligibilité.
01:10Donc pour l'instant, ils ont fait un transfert vers elle.
01:12C'est sans doute l'explication principale de ce léger décalage entre eux.
01:15Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, sur la décision historique et inédite de la Cour d'appel
01:21pour le sort d'une candidate à l'élection présidentielle, ça veut dire que finalement la surprise pour tout le
01:27monde,
01:27ça serait que Marine Le Pen puisse se présenter.
01:30Jordan Bardella, quelque part, ne serait qu'une confirmation.
01:32C'est l'impression que ça donne dans les enquêtes.
01:35En tout cas, que les Français ont intégré le fait que Marine Le Pen ne sera pas candidate,
01:39qu'ils le sont projetés vers Jordan Bardella.
01:41Toutes les enquêtes nous montrent qu'effectivement, il a un léger avantage,
01:44même si sur le socle électoral, la base des sympathisants du RN,
01:49il y a très peu d'écarts, très peu de différences.
01:51Qu'on parle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella,
01:53on sent vraiment une adhésion sur l'ensemble des dimensions.
01:57Mais effectivement, on va dire que sur le reste de la population,
01:59il y a un léger avantage à Jordan Bardella.
02:01Est-ce qu'un autre élément vient confirmer ce que vous dites ?
02:03C'est qu'au moment de la condamnation en première instance de Marine Le Pen,
02:06elle avait attaqué la justice et organisé même une manifestation, on s'en souvient.
02:11Mais ça veut dire que l'opinion n'avait pas suivi,
02:13ne s'était pas offusquée de cette condamnation ?
02:16Non seulement l'opinion ne s'était pas offusquée de cette condamnation,
02:18mais elle l'avait même soutenue.
02:20On avait eu effectivement cette petite musique,
02:22notamment des proches de Marine Le Pen,
02:23qui trouvaient que la justice se mêlait trop du calendrier électoral.
02:26Et là, les Français nous avaient dit dans les enquêtes,
02:28une majorité, certes assez courte,
02:30mais une majorité nous disait que la justice, c'est son travail et ses biens naturels.
02:33Par ailleurs, les Français considéraient que Marine Le Pen
02:35devait être traitée comme une justiciable comme les autres.
02:38Et ce qui est intéressant, c'est que c'est aussi pour moi
02:40le moment où ça vient parachever son exercice de dédiabolisation, de normalisation.
02:45Elle n'est pas une politique au-dessus des lois,
02:48elle doit être traitée comme les autres.
02:49Est-ce que les électeurs Rassemblement National que vous avez décrits
02:54est un bloc d'électeurs aujourd'hui très solide, exceptionnellement solide ?
02:58On n'a jamais, de mémoire de sondeuse,
03:01mesuré le Rassemblement National à un tel niveau,
03:04à cette échéance d'une élection présidentielle.
03:08De mémoire, en 2017, on mesurait Marine Le Pen,
03:11flirtant avec les 30% à certains moments,
03:14et elle a fait un score moindre finalement.
03:16Mais en fait, il faut aussi avoir en tête un élément,
03:19c'est qu'aujourd'hui, on a une offre électorale,
03:23je l'ai dit tout à l'heure, qui est extrêmement peu structurée,
03:25à part Jean-Luc Mélenchon qui est le seul candidat déclaré.
03:27D'ailleurs, aujourd'hui, à l'heure où on se parle,
03:29on sait juste que Jean-Luc Mélenchon sera candidat pour tout le reste.
03:31On ne sait pas encore d'ailleurs...
03:32Ah, vous parlez de la gauche, oui.
03:34Même au RN, on saura dans quelques heures,
03:36mais pour l'instant, on ne sait pas qu'il y ait candidat du RN.
03:38Mais voilà, en termes d'architecture idéologique,
03:41si je puis m'exprimer ainsi,
03:43on a le RN et on a la France Insoumise.
03:45Et donc, effectivement, ça vient contribuer à cette domination
03:47des deux dans les enquêtes.
03:49Explorons maintenant les différences entre Marine Le Pen et Jordan Bardella.
03:53Est-ce que les Français portent exactement le même regard sur l'un et sur l'autre ?
03:58Alors, pas exactement, même si en réalité,
04:00les traits d'image sont assez proches.
04:03On avait mesuré ça chez Ipsos BVA dans une enquête il y a quelques semaines.
04:08Ils sont très proches.
04:09Quand vous soumettez à un échantillon de Français
04:12toute une série de traits d'image,
04:14on voit qu'en fait, les écarts sont très très ténus.
04:17Ils n'excèdent jamais six points.
04:19Mais ils ont toutefois chacun des singularités
04:20et qui, à mon avis, peuvent faire la différence dans une campagne électorale
04:23puisque, certes, Jordan Bardella apparaît aujourd'hui
04:27comme étant celui qui incarne le plus le renouvellement.
04:30C'est normal, il est plus jeune, il est plus nouveau.
04:32Donc, 53% des Français nous disent qu'il peut vraiment changer les choses.
04:36C'est un peu plus que pour Marine Le Pen.
04:37Donc, l'âge, les 30 ans de Jordan Bardella ne sont pas un handicap, a priori ?
04:42A priori.
04:42Sur le papier, ce n'est pas un handicap.
04:44C'est la modernité.
04:46Ça peut aussi devenir une expérience et être quelque chose de handicapant dans une campagne.
04:51Donc, il incarne le renouvellement.
04:52Il apparaît aussi un petit peu plus en proximité avec les électeurs,
04:55proche de leurs préoccupations.
04:56Alors que ça a été longtemps une force de Marine Le Pen.
04:58Il la dépasse d'une légère tête.
05:00Mais quand je vous dis légère tête, on parle de deux points.
05:02C'est plutôt intuitif, oui, comme chiffre.
05:03Oui, mais on parle de deux points d'écart, en réalité.
05:06En revanche, là où Marine Le Pen, elle dispose d'autres atouts spécifiques,
05:09rappelons qu'elle a été candidate à l'élection présidentielle trois fois,
05:12elle se distingue par son expérience, justement, et notamment sa stature présidentielle.
05:16Les Français nous disent qu'ils pensent qu'elle a la stature pour être présidente,
05:20quatre points de plus que Jordan Bardella, à 42%.
05:22Elle est perçue beaucoup plus solide sur les enjeux internationaux,
05:26avec six points d'écart par rapport à Jordan Bardella.
05:29Et elle est perçue aussi comme étant plus solide pour faire face à une crise majeure,
05:33ou encore perçue comme étant mieux entourée pour gouverner.
05:36Et, mine de rien, dans une campagne électorale,
05:38et quand on se projette sur une élection présidentielle, c'est pas neutre.
05:41D'un côté, l'incarnation du changement, mais peut-être aussi la jeunesse et l'inexpérience.
05:45De l'autre, la solidité, la stature présidentielle.
05:48Jordan Bardella a été attaqué sur sa vie privée,
05:50sa vie avec Maria Carolina de Bourbon, des deux Siciles.
05:53Est-ce que ça modifie, dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs,
05:55la perception des Français ?
05:57Est-ce que vous le mesurez dans les enquêtes d'opinion ou pas du tout ?
06:00Alors, on ne le mesure pas du tout pour l'instant.
06:02Et effectivement, vous avez rappelé tout à l'heure des chiffres d'enquête.
06:05On voit que Jordan Bardella est vraiment encore en pôle position.
06:08Si vous me passez ce jeu de mots, parce que je ne voulais pas parler de Monaco,
06:10mais ça me permet de faire la transition.
06:11Il y a aussi ces images qui ont pu être commentées de Jordan Bardella
06:14au Grand Prix de Formule 1 de Monaco.
06:17On ne le mesure pas, et ça pourrait être, si on le mesurait,
06:19peut-être que ça va sortir dans les prochaines semaines,
06:21notamment dans ce qu'on appelle les études qualitatives.
06:23Ce sera double tranchant.
06:24D'un côté, vous avez quelque chose qui relève de l'accès un peu à un rêve.
06:29Sa relation avec sa compagne que vous évoquez, c'est aussi un peu...
06:32Il y a un petit côté Disney, c'est la réussite, c'est accessible pour nous
06:35dans un contexte où on sait que les électeurs du RN ont souvent l'impression
06:38d'être des laissés pour compte, des déclassés.
06:41Donc, c'est nous aussi qu'on peut accéder à tout ça.
06:43De l'autre côté, et moi, j'aurais un tout petit peu à pencher pour ça,
06:46si ça se multiplie, et je pense notamment, encore une fois, au Grand Prix de Monaco,
06:50il peut y avoir un petit côté bling-bling qui, in fine,
06:54traduit une déconnexion avec sa base électorale.
06:56Donc, attention à ne pas trop poursuivre dans cette voie pour Jordan Bardella.
06:59Alors, les autres candidats à l'élection présidentielle
07:01ont tous prévu, à notre connaissance, de réagir à la décision de justice
07:05de cet après-midi.
07:06Peut-être preuve que la campagne présidentielle commence vraiment maintenant,
07:09mais est-ce que les Français, eux, ont la tête à ça et s'y intéressent déjà ?
07:13Vous parlez du procès ou vous parlez de la campagne en général ?
07:15Alors, dans les enquêtes, ils nous le disent qu'ils s'y intéressent.
07:1986%, donc c'est un chiffre extrêmement élevé.
07:22Mais force est de constater qu'ils ne s'y intéressent pas vraiment.
07:24Je pense que c'est une sorte d'intérêt théorique,
07:26parce que ça reste l'élection phare, l'élection reine.
07:30Mais en réalité, ils ont plutôt les yeux rivés sur les sujets du quotidien.
07:34On a eu toute une série d'actualités extrêmement fortes ces derniers temps.
07:38C'est quoi le sujet de préoccupation numéro un, aujourd'hui, que vous mesurez ?
07:40Ça reste le pouvoir d'achat. Très clairement, ça reste le pouvoir d'achat,
07:43qui est en résonance avec d'autres sujets de préoccupation,
07:46comme les crises internationales, qui peuvent justement,
07:48par très impact, la crise énergétique,
07:51être en résonance avec cette question du pouvoir d'achat.
07:53La question climatique aussi, qu'on a vue de très très près,
07:56et qu'on voit encore de très près avec la question notamment des canicules,
07:59elle vient poser la question de l'isolation,
08:03de comment est-ce qu'on fait face à la canicule,
08:05et elle vient encore s'arrimer à la question du pouvoir d'achat.
08:07Ça reste la préoccupation numéro un des Français,
08:09devant la question de la préservation du système social français,
08:13qu'on parle retraite ou santé.
08:15Donc on est d'abord sur ces enjeux-là,
08:17et donc les Français, ils sont dans l'actualité,
08:20et pas du tout les yeux arrivés sur la présidentielle.
08:22Présidentielle qui, d'ailleurs, pour l'instant,
08:23n'aborde pas vraiment ces sujets de fond,
08:25mais qui est plutôt sur la question de la bataille
08:27de la désignation des candidats.
08:29Vous avez cité tout à l'heure Jean-Luc Mélenchon,
08:32Marine Le Pen ou Jordan Bardella,
08:33on vient de largement en parler.
08:36Après, on a une offre qui, pour l'instant,
08:38est assez éclatée, effectivement,
08:39parce qu'il y a pas mal de candidats à la candidature,
08:42on va dire ça comme ça.
08:43Est-ce que les choses ont commencé à se cristalliser ?
08:47Est-ce que les électeurs peuvent être déjà,
08:49quelque part, en train de chercher des solutions pour leur vote ?
08:51Ou pas du tout ?
08:52S'ils s'y intéressent, s'ils sont 8 sur 10 à s'y intéresser ?
08:56Je pense qu'ils ne sont pas encore en train de se poser
08:58la question de leur vote,
08:59puisque l'offre électorale, vous l'avez rappelé,
09:01elle n'existe pas, elle est encore évanescente.
09:04En revanche, certains, et je pense notamment à gauche,
09:08sont préoccupés par la question de l'accession de la gauche
09:12au second tour.
09:13Et il y a effectivement une espèce de petite musique
09:15qui a pu s'installer et qui fait craindre un second tour
09:18opposant le candidat du RN à Jean-Luc Mélenchon
09:22et qui fait que certains électeurs peuvent se projeter
09:24dans une logique de vote utile en se disant
09:25qui est le meilleur candidat, quel qu'il soit,
09:27pour empêcher ce scénario.
09:29Toute dernière question pour la directrice générale de BVA.
09:31Que pensez-vous de l'idée, alors qu'il n'a pas été beaucoup reprise,
09:34mais d'Olivier Fort, le patron du Parti Socialiste,
09:36d'interdire les sondages ?
09:37Je pense qu'il faut se poser la question
09:39de pourquoi est-ce qu'il veut interdire les sondages.
09:41À mon avis, le fait que les sondages jouent un rôle majeur
09:44dans l'élection, et notamment dans la désignation des candidats,
09:47c'est dommage, c'est trop, mais à mon avis,
09:50c'est plus un symptôme que la cause,
09:53un symptôme d'un effaiblissement idéologique des partis
09:56et d'une crise de leadership de partis
09:58qui n'arrivent pas à imposer des candidats naturels dans la campagne.
10:01Merci beaucoup.
10:02Merci beaucoup Olivier Bost,
10:04merci Adélaïde Zulfi-Karpazik,
10:06directrice de BVA France,
10:07d'avoir été avec nous ce matin.
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