00:01RTL, Le Monde en marche
00:04Et oui, Le Monde en marche, chaque matin avec William Galibert.
00:07Et ce matin, William, vous nous parlez du début, en pleine chaleur,
00:11des mythiques et bouillantes fêtes de Pamplune au Pays Basque.
00:16Oui, 40 degrés, on arrose un peu la foule, mais surtout, on ne change rien.
00:21On a simplement demandé aux services d'urgence de la région de venir,
00:25mais pour donner le coup d'envoi de ces fêtes de Sainte-Fermine.
00:36On appelle ça le Chupinazzo, c'était hier midi.
00:39On lance une petite fusée d'artifice au-dessus de la place de l'hôtel de ville, et c'est
00:42parti.
00:47On peut enfin mettre son foulard rouge autour du cou, et c'est une marée humaine.
00:51Les bras touchent les bras, les épaules collent aux épaules.
00:54Tout le monde transpire sur tout le monde.
00:55Le blanc des chemises a déjà viré au rose, on se verse du vin, de la sangria sur la tête.
01:00Ça coule dans les cheveux, dans les yeux, le long du dos.
01:04Une foule compacte, rythmée, ivre, décrit la presse basque.
01:08Et comme il n'y a même pas assez de place pour sauter, c'est toute la ville qui saute
01:11en même temps.
01:12On ne regarde plus la fête, on est avalé par la fête.
01:15Un million de personnes, trois millions de personnes, personne ne sait vraiment.
01:19C'est parti pour plus d'une semaine, 204 heures d'enthousiasme éthylique, les fanfares, le vin, les nuits qui
01:27n'en finissent plus.
01:28Puis chaque matin à 8h, les taureaux qui sont lâchés, les ansieraux, des centaines de coureurs qui s'élancent dans
01:35les rues pour défier leur peur, et parfois jusqu'à la mort.
01:37Et il y a 100 ans tout juste, un écrivain américain avait déjà essayé de raconter tout ça.
01:42C'est Ernest Hemingway.
01:44Et alors 100 ans plus tard, on a l'impression que rien n'a changé.
01:46Je vais le citer, vous allez voir.
01:47Nous sommes venus à Pamplune pour voir les corridas, mais nous avons trouvé un carnaval qui a englouti les corridas.
01:53C'est l'endroit le plus dingue que tu puisses voir.
01:55Les rues ont la folie d'un carnaval, mais aucun carnaval ne peut rivaliser avec ces fêtes.
02:00On dansait, on buvait, le bruit ne s'arrêtait pas.
02:03Les choses qui arrivaient ne pouvaient arriver que pendant une fiesta.
02:06Tout finit par devenir tout à fait irréel, et il semblait que rien ne pouvait avoir de conséquences.
02:12C'est quelque chose qui continue jour et nuit, jusqu'à ce que tu sois si épuisé que tu ne
02:16penses plus qu'à dormir,
02:17et pourtant tu ne peux pas, à cause de la musique qui continue encore et encore.
02:22C'est comme un merveilleux cauchemar, écrivait Hemingway en 1926.
02:26100 ans plus tard, sous 40 degrés, on n'a toujours pas trouvé de meilleure définition.
02:30Plongée dans les bouillantes fêtes de Pamplune, merci beaucoup William Galibert.
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