- il y a 15 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00L'autre titre à la une ce soir, ce sont ses mots maîtres, c'est moi, Cédric Jubilard, à part
00:06ses mots, avouer à ses avocats sa responsabilité dans la mort de Delphine Jubilard.
00:10Des aveux, enfin, enfin des aveux, presque six ans après la disparition et la mort de l'infirmière du Tarme.
00:16Un coup de théâtre, Jubilard voulait, d'après ses avocats, libérer sa conscience, alors que son procès en appel est
00:23prévu en septembre pour le moment.
00:24Libérer sa conscience, il est prêt à coopérer et à dire où il a caché le corps de son ex
00:29-femme.
00:30Ce mystère-là reste entier ce soir, on va en parler avec nos invités qui me rejoignent à l'instant,
00:35avec l'Isadef, avec le général Fonbonne, avec Maître Batik.
00:39Bonsoir Maître, merci d'être là, vous êtes l'avocat de l'oncle et de la tante de Delphine Jubilard,
00:43avec Maître Slama.
00:44Bonsoir Maître, avocat pénaliste, avec Joseph Agostini, bonsoir, psychologue et psychanalyste.
00:49Et avec Dominique Rizet, évidemment, qui nous rejoint. Bonsoir à nouveau, Dominique.
00:54Pour commencer, je voulais qu'on réentende l'un des nouveaux avocats, d'ailleurs, de Cédric Jubilard, ce soir, nous
01:02dire donc ce que leur a écrit Jubilard dans une lettre, il y a une semaine.
01:07Après plusieurs semaines de discussion avec lui, Cédric Jubilard reconnaît, oui, c'est moi.
01:16Il m'a dit, écoutez Maître, il faut que je vous dise la vérité, c'est moi. C'est moi,
01:21c'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme.
01:26L'explication qu'il donne est la suivante. Il s'agit d'un couple qui s'est dégradé inexorablement depuis
01:32plusieurs mois, avec des tensions de plus en plus fortes.
01:35Et c'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale que les choses ont mal tourné et que celui
01:40-ci se retrouve donc à l'origine de la disparition de sa femme.
01:44Dominique Rizet, qu'est-ce qu'il reconnaît précisément, Cédric Jubilard ? Je dis précisément parce que c'est très
01:49important pour la suite.
01:49– Il reconnaît avoir donné la mort à son épouse. Donc rien sur les circonstances, ça n'est pas un
01:56meurtre, ça n'est pas un assassinat, il a donné la mort à son épouse.
02:00C'est une phrase tellement prudente qu'on se demande si c'est une phrase de lui.
02:05Si c'est lui qui a eu cette formule, moi je serais son avocat, je lui dirais…
02:09– Ou si c'est une phrase dictée par ses avocats, c'est ce que vous voulez dire ?
02:11– Si j'étais Mourad Batik ou Dylan Slama, je lui dirais, tu devrais, prends cette formule-là, avoir donné
02:17la mort, rien de plus.
02:20– Pourquoi ? Qu'est-ce que ça change ?
02:23– Ça change énormément de choses, ça veut dire qu'avoir donné la mort, ce n'est pas forcément volontaire,
02:28c'est même d'ailleurs, et c'est ce qu'il dira, involontaire, parce que ça sera son explication.
02:31– L'avocat l'entendait tout à l'heure, il dit qu'il n'y avait pas l'intention de
02:34tuer.
02:34– Mais comme tous les hommes qui tuent leur femme, c'est un féminicide, ce n'est pas un meurtre
02:39passionnel,
02:40un crime passionnel, contrairement à ce que veut bien dire son avocat, d'ailleurs ça n'existe plus,
02:43et ça n'a jamais existé. Quelqu'un qui tue sa femme, c'est un féminicide.
02:47– Donc là, l'avocat essaie de tirer l'affaire vers le bas, il n'a pas voulu, il n
02:52'avait pas l'intention,
02:53il ne souhaitait pas, c'est arrivé contre sa volonté, c'est une dispute qui a mal tourné.
03:00Ça commence, vous voyez, on met en place tout ce qu'il faut pour planter, donc dans ce terreau,
03:06la petite graine qui va être, c'est pas lui, c'est pas lui, il ne l'a pas voulu.
03:09– On rappelle qu'il y aura un procès en appel, il était prévu en septembre, on verra s'il
03:13est maintenu ou pas,
03:13mais il y aura un procès en appel, ça vous fait réagir tout de suite général ?
03:15– Oui, parce que ça ressemble effectivement à une stratégie de défense qui est d'ailleurs tout à fait intelligente.
03:22Il a été condamné en première instance à une peine extrêmement lourde.
03:25– 30 ans.
03:26– 30 ans sur la foi d'éléments qui s'accumulent et qui flèchent une culpabilité,
03:32en l'absence de tout élément qui flècherait une innocence.
03:36La logique voudrait que dans deux mois, le 21 septembre, devant la cour d'assises d'appel,
03:40les mêmes causes produisent les mêmes effets, 30 ans ou perpétuité.
03:44Là, on a quelque chose qui ne joue plus sur les faits, l'avocat l'a dit très bien dans
03:49son intervention,
03:51il a dit on ne va pas devant la cour d'assises avec des éléments qui sont indiscutables sur la
03:55culpabilité,
03:56là on va dans le mur.
03:57Donc, les faits sont reconnus par Jubilat, mais on joue sur quoi ?
04:01On joue sur le mobile, c'est-à-dire, oui je reconnais les faits,
04:05mais je me suis énervé, je n'ai jamais eu l'intention de la tuer,
04:09et évidemment, on change de catégorie, de montant de peine encourue,
04:14et on a une instruction supplémentaire qui va sans doute retarder le procès,
04:20et on a quelque chose de très intéressant, compte tenu de sa personnalité,
04:24c'est qu'il devient, je dirais, le gentil garçon qui va maintenant travailler avec la justice,
04:29qui va participer avec la justice, mais médiatiquement, il reprend la main.
04:32Maître Batik, je vous donne les mots aujourd'hui des avocats de Cédric Jubilat.
04:40C'est une énième dispute conjugale.
04:43Les choses ont mal tourné, et celui-ci se retrouve donc à l'origine de la disparition de sa femme.
04:49Elle est morte, mais il n'a pas eu l'intention de la tuer.
04:53On écoute Maître de Buisson.
04:56Le meurtre, c'est la volonté de tuer.
04:58Il n'a jamais eu la volonté de tuer son épouse.
05:01Cet accès de violence s'est traduit ce soir-là par quelque chose de particulier.
05:04Il n'est pas question ce soir, d'ores et déjà, avant qu'il ne se soit expliqué,
05:08que nous choisissions, nous, avocat, la qualification qui sera retenue.
05:11Nous sommes là pour simplement traduire ce qu'il nous a dit,
05:14et ce qu'il nous a dit, c'est que ce n'était pas du tout un meurtre.
05:16Il n'avait pas du tout, bien sûr, l'intention de tuer son épouse dans un appartement ou dans une
05:21maison
05:21où il y avait deux enfants en train de dormir, qui auraient pu découvrir le cadavre.
05:25Il faut employer cette expression de leur mère.
05:28Et sur ce terrain, donc, c'est quelque chose de parfaitement réflexe, de parfaitement spontané,
05:32qui n'a pas du tout été organisé.
05:34Et malheureusement, il a fallu ensuite donner une suite.
05:38Votre réaction ce soir ?
05:39Ah oui, il n'a pas voulu la tuer.
05:41C'était un trop-plein d'amour.
05:42Il l'aimait très fort.
05:43Et puis il l'aimait trop fort.
05:45Et puis finalement, c'est quand même un chic type, Cédric Jubilard.
05:48Il a tellement été sympa qu'il a voulu épargner le corps de la maman aux enfants.
05:54Enfin, je veux dire, à un moment donné, ça suffit, ce cirque, ça suffit.
05:57On vient nous expliquer à travers les médias, sans respecter l'institution judiciaire,
06:03nous l'avons appris, quand je dis nous, je dis ce que je représente,
06:06à savoir la famille de Delphine.
06:08Nous l'avons appris dans les médias ce matin ce qu'est ce courrier.
06:13C'est absolument indigne.
06:15C'est absolument scandaleux.
06:16Je ne sais pas quelle est la prochaine étape.
06:19Donc, si vous pensez que Cédric Jubilard est coupable, tapez un.
06:23Si vous pensez qu'il doit être acquitté, tapez deux sur votre téléviseur.
06:27Je veux dire, il y a des règles.
06:28Nous sommes dans un état de droit.
06:29Ce courrier, il aurait dû être transmis au président de la cour d'assises.
06:35Nous, avocats, nous aurions dû l'avoir dans un temps raisonnable.
06:40Nous aurions dû avertir nos clients, les préparer psychologiquement à cela.
06:45Avant que ça sorte médiatiquement, c'est ce que vous voulez dire.
06:47Avant que ça sorte dans les médias.
06:49On était tout à l'heure avec la vocale des enfants, Jubilard.
06:51Si ce n'est le sens de cette conférence de presse, si ce n'est, encore une fois, comme je
06:55le dis depuis le premier jour,
06:56que Cédric Jubilard impose son tempo, que Cédric Jubilard impose son planning, qu'il soit le maître des horloges.
07:02Ça n'a aucun sens et c'est absolument scandaleux comme procédé.
07:06Pardon, il se défend.
07:07Il fait avancer l'enquête ce soir en expliquant, bah oui, je suis à l'origine de la disparition de
07:13ma femme.
07:14Oui, là...
07:14Vous pensez qu'il fait avancer l'enquête ?
07:16Enfin, je veux dire, ce qu'il dit, c'est cousu de fil blanc.
07:17Il suffit d'ouvrir le dossier, je le dis depuis 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans.
07:21J'explique qu'il y a des éléments dans le dossier.
07:23On a crié partout que je disais n'importe quoi, que ce dossier est vide.
07:27Et on m'a expliqué que je contribuais à une erreur judiciaire énorme, puisque Cédric Jubilard est innocent.
07:36Eh bien, on se rend compte aujourd'hui qu'il ne fait que dire ce que nous avons constaté depuis
07:39longtemps,
07:40à savoir qu'il y a effectivement des éléments de culpabilité très importants dans le dossier.
07:45Donc il ne nous dit quoi ?
07:46Rien.
07:47Il ne parle que de lui.
07:49Il ne fait que parler de lui.
07:50La seule chose que nous voulons savoir aujourd'hui, ce n'est pas ce que Cédric Jubilard pense.
07:55Je vais vous le dire, on s'en fiche.
07:56On veut savoir où est le corps de Delphine.
07:58C'est tout.
07:59Point à la ligne.
08:00Il dit ce soir, en tout cas à travers ses avocats, qu'il est prêt à aider la justice
08:03et à amener les enquêteurs jusqu'au corps de Delphine Jubilard.
08:06Eh bien, attendons le manipulateur, attendons le maître des horloges.
08:11Peut-être nous le dira-t-il dans 3 jours, dans 3 semaines, dans 3 mois.
08:15Peut-être dira-t-il qu'il nous le dira.
08:16Ah, où est le corps ?
08:17Si et seulement si, on repousse le procès.
08:20Et puis si et seulement si, on repousse le procès, qu'il est remis en liberté ou peut-être
08:23qu'il sort de l'isolement.
08:25Eh bien, continuons à suivre patiemment, pas après pas, ce que Cédric Jubilard veut
08:29bien nous dire et ce que Cédric Jubilard veut bien nous concéder au fur et à mesure
08:33des semaines.
08:34Oui.
08:35Maître Slama, comment vous réagissez-vous ?
08:36Oui, alors, il y a quelque chose que je remarque, c'est que lorsqu'on est avocat de la défense,
08:41il y a une chose qu'on sait, c'est qu'être accusé, c'est pas facile.
08:44C'est pas facile parce qu'en fait, quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, quel que soit le
08:48moment où on le fait, on a tort et on se prend, et ça peut être légitime, mais on se
08:52prend
08:52des levées de bois verts par les avocats de parties civiles et traumatiques à l'instant,
08:56et il est tout à fait dans son rôle, ou par les commentateurs qui viennent dire que c'est
09:00trop peu, que c'est trop tard.
09:01Et en vérité, ça va faire 10 ans que je suis avocat essentiellement en défense, mais
09:06aussi en partie civile régulièrement, et en fait, je constate cette chose-là, les
09:09aveux ne sont jamais satisfaisants.
09:12C'est-à-dire que lorsqu'il n'y a pas d'aveux, on dit que ce n'est pas
09:14normal, que c'est
09:15scandaleux, et lorsque, au contraire, on a un individu qui vient faire des aveux, ce n'est
09:18jamais assez.
09:19Et en vérité, je ne suis pas sûr d'avoir déjà assisté à une cour d'assises où
09:23j'entends des aveux, et j'entends des parties civiles ou un avocat général dire « ces
09:28aveux sont circonstanciés, ces aveux me satisfont et satisfont les parties civiles ».
09:32J'entends qu'en tant que victime, on puisse ne pas s'en satisfaire, mais il faut comprendre
09:35aussi qu'un accusé ne peut pas donner plus que ce qu'il a, et ça, c'est important de
09:39le dire aussi.
09:40– Pardon maître, il y a les aveux, et puis il y a ce qui entoure les aveux aujourd'hui,
09:44les explications qui sont données par les avocats de Sélix Jubilard.
09:47« Ça s'apparente plus ou moins à un crime passionnel ». Premier point, c'est
09:50ce terme-là qui fait bondir ce soir maître bâtique.
09:52– Mais encore une fois, il est dans son rôle, mais « crime passionnel ». Enfin, je veux
09:55dire, après, il faut le définir, et encore une fois, le débat…
09:57– Le crime passionnel, confrère, c'est l'idée de dire qu'il a trop aimé et que ce trop
10:12-plein
10:12d'amour a consisté à finalement ôter la vie de cette personne. Enfin, vous conviendrez
10:17avec moi que c'est un terme scandaleux, qu'on ne peut plus accepter aujourd'hui
10:21en 2026. C'est un terme qui était valable dans les années 60, moyennement valable
10:26dans les années 70, tout à fait contestable dans les années 80, et qui aujourd'hui
10:30est un terme totalement désuet, qui est effectivement, comme Dominique Rizel a dit, qu'il n'a aucune
10:34base juridique. Et on ne peut pas aujourd'hui se satisfaire de dire que ce trop-plein d'amour,
10:38comprenez, il aurait aujourd'hui ôté la vie de David Jules.
10:41– Dans le code pénal, ça n'existe pas.
10:42– Non, mais dans le code pénal, ce qui compte, il y a plein de gens qui sont employés
10:46et qui ne sont pas dans le code pénal. Peut-être qu'à un moment, on va lui poser la
10:48question
10:49de l'amour. L'amour, ce n'est pas dans le code pénal, ce n'est pas pour autant
10:51que ça n'a pas un rôle. Le but d'une cour d'assises, ce n'est pas seulement de
10:54mettre
10:54des qualifications juridiques sur des actes, même si c'est aussi ça, c'est d'essayer
10:57de comprendre les choses. Alors soit on s'intéresse à l'explication, aux explications
11:02psychologiques, psychiatriques, on essaye de savoir si l'amour a eu un rôle ou pas
11:05dans ce crime, ça ne veut pas dire qu'on l'excuse, ça ne veut pas dire qu'on justifie,
11:08ça veut dire qu'on essaye de comprendre et d'expliquer. Soit on se désintéresse
11:11totalement des clés de compréhension psychologique et psychiatrique, et à ce moment-là, oui,
11:14ne parlons pas, n'entendons pas les accusés, n'entendons pas ce qu'ils ont à dire,
11:18et en fait, on va simplement se contenter d'être comme des ordinateurs, si vous voulez,
11:21des outils à essayer de comprendre ce qui s'est passé, la vérité matérielle,
11:24et de ne pas comprendre ce qui s'est passé dans les individus. Moi, je pense qu'une cour d
11:27'assises
11:27s'est aussi fait pour comprendre les individus, les causes des individus, et je pense que
11:31deux secondes, lorsqu'un accusé parle, lorsqu'un accusé dit les choses, je trouve que c'est toujours intéressant
11:35d'écouter. – Le match, il est déjà fait, on lui a proposé de parler,
11:39Mourad Batik, vous lui avez demandé, vous lui avez dit, vous vous êtes confronté à lui.
11:43– Vous vous êtes confronté à lui. – À de nombreuses reprises, et qu'est-ce qu'il a fait
11:44?
11:45Il n'a pas voulu… – Il a menti. – Il a menti, il a manipulé,
11:49et je veux dire, je comprends votre argument, mais votre argument, il aurait été valable
11:55si on parlait à cinq semaines du début de l'enquête, et ce que vous dites serait
11:59complètement valable. On est à cinq ans après les faits. Il a eu combien d'occasions ?
12:03Et puis, ce n'est pas juste qu'on balaye d'un revers de main sa parole.
12:08Cette enquête, elle, a coûté extrêmement cher aux contribuables.
12:11Ceux qui nous écoutent, ils ont contribué à cette enquête, où ils se moquaient de nous,
12:14où ils disaient que c'était une erreur judiciaire, où ils disaient qu'on était en train
12:17de reproduire manifestement l'une des plus grandes erreurs judiciaires de ces dernières années.
12:22Et donc, nous, patiemment, les magistres instructeurs ont fait un travail remarquable.
12:25Elles ont été traînées dans la boue par les avocats de la Défense en première instance.
12:30On a tout dit d'elles. On a tout dit des enquêteurs.
12:32On a dit qu'ils faisaient mal leur travail, qu'ils cherchaient uniquement la culpabilité
12:37de Cédric Jubilard. Et qu'est-ce que disait Cédric Jubilard pendant ce temps-là ?
12:39« Mais oui, mais regardez, on n'en a que contre moi, tout est concentré sur moi,
12:44l'enquête n'est concentrée que sur moi, alors qu'en fait, ça n'est pas moi.
12:47C'est un amant, c'est un passant, c'est un extraterrestre, c'est la Syrie. »
12:53Il a été jusqu'à convoquer un départ en Syrie, jusqu'à l'indécence, confrère.
12:58Et donc, on voudrait dire qu'aujourd'hui, ce n'est pas de sa faute
13:01et que l'institution judiciaire ne l'a pas suffisamment écoutée.
13:04Je crois que l'institution judiciaire a lui attendu non pas une, non pas dix,
13:07non pas vingt, non pas cent, mais des centaines de perches qu'il n'a pas saisies
13:11parce qu'il n'a pas voulu les saisir.
13:12Vous savez, des perches, il y en a trois pour en accuser.
13:14Il y a un, l'instruction, deux, le procès de première instance, trois, le procès en appel.
13:17Il n'a pas saisi les deux premières, il semble qu'il saisisse la troisième.
13:20On peut aussi s'en satisfaire, vous ne vous en excusez pas, c'est votre rôle, c'est votre droit.
13:24Maintenant, encore une fois, le procès, la procédure pénale n'est pas finie.
13:27Il y a trois perches dans une procédure pénale.
13:28Il semble qu'il souhaite saisir cette troisième perche et que pour l'institution judiciaire,
13:31y compris pour les victimes d'ailleurs, c'est peut-être une bonne chose.
13:34Plusieurs choses. Dans un instant avec l'Isadef, on parlera de ce qu'on peut qualifier
13:37de mensonge répété, de celle avec Jubilard.
13:39– Je rappelle juste une chose, vous savez que j'entends les aveux, j'entends tout ça,
13:43ils restent présumés innocents.
13:44Ce n'est pas une fiction juridique que la présumption des innocents.
13:47Aujourd'hui, c'est les déclarations de ces avocats.
13:49Aujourd'hui, c'est les déclarations de ces avocats.
13:52– Si vous voulez, on a pas mal d'exemples, y compris des affaires
13:55qui ont fait grand bruit médiatique, je pense à Patrick, je pense à d'autres,
13:57où il y a eu des aveux, où on a cru que les aveux étaient l'alpha et l'oméga.
14:01Là, pour l'instant, on n'a pas entendu le son de sa voix.
14:02Il reste présumé innocents.
14:03– C'est pour ça que je disais, même, au regard de ce que dit aujourd'hui,
14:07à l'instant T, celle avec Jubilard.
14:09Pardon, maître Batik, mais vous réagissez sur Crimes passionnels,
14:12vous réagissiez aussi tout à l'heure aux explications qui sont données
14:16par les avocats sur pourquoi est-ce que celle avec Jubilard dissimule le corps.
14:21Voilà ce que disent ces avocats aujourd'hui.
14:24Tétanisé quand il a repris ses esprits et qu'il a réalisé son geste,
14:27après avoir donc donné la mort à Delphine Jubilard,
14:30il a tout de suite pensé à ses enfants.
14:31Il n'a pas voulu leur infliger cette vision du corps inanimé de leur mère.
14:34Il a pris la décision de déplacer le corps.
14:36C'est ça aussi qui vous met en colère ce soir ?
14:39– Écoutez, on peut pousser l'indécence toujours plus loin
14:42et creuser toujours plus bas et plus profond.
14:44Enfin, à un moment donné, nous dire que Cédric Jubilard est un chic type
14:48qui a fait ça pour préserver ses enfants.
14:52Je veux dire, pour préserver ses enfants,
14:54non, d'abord, il ne s'est jamais intéressé à ses enfants.
14:56Les relations qu'il avait avec ses enfants, on l'a vu en procédure,
14:59c'est parfaitement détestable.
15:02Vous voyez, on n'est pas dans l'archétype du papa poule ou du papa idéal.
15:07Il y avait des violences physiques, il y avait des violences psychologiques,
15:09il y avait des insultes.
15:11Et donc non, il n'a pas voulu préserver ses enfants,
15:13il n'a pas voulu préserver Delphine,
15:14il n'a pas voulu préserver son entourage.
15:17Cédric Jubilard ne veut préserver qu'une personne, lui-même.
15:20Quand il parle, il parle de lui.
15:21Quand il réfléchit, il réfléchit à lui.
15:23Quand il prend des décisions, elles sont faites à l'aune de son bilan coût-avantage.
15:28Et ça n'est que pour lui.
15:29Aujourd'hui, il est 23h08, je suis sur votre plateau,
15:31je ne sais toujours pas où est Delphine Jubilard.
15:34Les avocats de Cédric Jubilard disent qu'il a souhaité libérer sa conscience,
15:38l'ISA-DEF, on peut dire qu'à plusieurs reprises dans cette affaire.
15:40Jubilard, au vu de ce qu'il dit aujourd'hui,
15:42aurait donc menti, dissimulé, voire manipulé.
15:44Oui, d'abord, presque toute la famille de Delphine
15:47décrit Cédric Jubilard comme un menteur.
15:48La grande sœur de Delphine va jusqu'à dire
15:50qu'elle n'a jamais pu lui faire confiance.
15:53Le 16 décembre 2020, à 8h du matin, à peine quelques heures
15:56après avoir signalé la disparition de sa femme à la gendarmerie,
15:59Cédric Jubilard appelle son beau-frère Sébastien.
16:01Il dit « Où est ta sœur ? Je sais qu'elle est chez toi.
16:04Je vais appeler les flics. »
16:06Sébastien décrit alors un ton agressif.
16:08Le lendemain, il va voir Cédric Jubilard accompagné d'un cousin
16:11et ils décident tous les deux d'enregistrer leur conversation
16:13sans rien dire à Cédric Jubilard.
16:16Delphine Jubilard est portée disparue depuis 33 heures maintenant
16:18et cet échange est très révélateur
16:20parce que depuis toujours, Cédric affirme qu'il dormait
16:23au moment de la disparition de Delphine.
16:24Il ne l'a donc pas vue, ni sortir de chez eux,
16:27ni rentrer, comme il l'explique très clairement.
16:314 à moins 10, 4 à moins 4, c'est la petite qui m'a réveillé.
16:34C'est la petite qui m'a réveillé.
16:34C'est la petite qui m'a réveillé comme ça.
16:34Non, c'est la petite qui avait perdu la sucette,
16:37donc je me suis levé.
16:38Puis là, tu vois, personne dans le lit.
16:40Je me suis dit « Elle s'est endormie sur le canapé. »
16:42Tu vois, elle s'est endormie.
16:46Personne.
16:46Bon, elle est au WC.
16:47Pas fait gaffe.
16:48C'est salle de bain.
16:51Puis là, j'ai commencé un peu à l'appeler.
17:14Pourtant, sur ce même enregistrement,
17:16il donne des détails surprenants.
17:18Détails sur la tenue que portait Delphine Jubilard.
17:20Avant, écoutez attentivement de se reprendre.
17:23Qu'est-ce qu'elle avait comme chaussure ?
17:25Des espèces de boots.
17:27Des trucs chauds.
17:29Non, mais c'est des trucs très chauds.
17:31C'est des trucs chauds l'hiver, quoi.
17:33Et une jean, ça nous donne blanche d'hiver.
17:36Et le pyjama dessous.
17:40C'est ce que je suppose.
17:42C'est ce que je suppose.
17:43Encore plus déroutant, toujours dans certains enregistrements clandestins,
17:46on peut entendre Cédric Jubilard fondre en larmes.
17:48Et les deux hommes, Sébastien, son beau-frère,
17:50et son cousin qui lui apporte soutien et réconfort.
17:55Courage, hein ?
17:56Tu sais qu'on est là.
17:57Oui, je sais que vous êtes là.
17:59Cherche comme tu peux.
18:00Cherche tout ce que je t'ai dit, Cédric.
18:02D'accord ?
18:04Oui.
18:05Fais tout ce que tu peux pour la retrouver, s'il te plaît.
18:09Si t'as quelque chose, c'est ça, mais fais tout.
18:11J'essaye d'aider au mieux comme je peux tout le temps.
18:14Fais ce que tu peux.
18:15Après les pleurs, Cédric Jubilard critique Delphine et parle déjà d'elle au passé.
18:19Elle ne foutait rien à la maison.
18:21Elle avait la tête ailleurs.
18:22Elle s'occupait juste d'organiser Noël.
18:25C'est ce qu'il dit.
18:25Le frère de Delphine évoque aussi du chantage.
18:27Si la famille parle à la presse, Cédric Jubilard menace de ne plus leur confier les enfants pendant les vacances.
18:32Sébastien admet, je l'ai vite soupçonné.
18:34Il y a aussi ce que dit Cédric Jubilard à son ancienne compagne, Jennifer.
18:38Oui, leur histoire au parloir a poussé Cédric Jubilard à lui confier un certain nombre de choses.
18:42Et à l'approche du procès, Jennifer a fini par lui demander si c'était lui.
18:45Il a dit oui avant de mimer à trois reprises des gestes d'étranglement.
18:49Cédric Jubilard dit qu'elle ment.
18:51Elle s'est sentie manipulée, dit-il, parce qu'à chaque fois qu'elle venait me voir, je lui demandais
18:54du shit.
18:54Elle se venge.
18:56Défense absurde pour Jennifer qui confirmera bien avoir recueilli ses aveux troublants.
19:00Et autre élément déconcertant, Cédric Jubilard a participé aux recherches le 23 décembre 2020, date de la première battue.
19:07Il était resté discret, mais il était bel et bien présent.
19:10Cédric Jubilard était aussi présent à la battue du 17 mai 2021.
19:14Mais cette fois-ci, il a quitté les lieux avant le début des recherches.
19:18Séverine, une autre des ex-compagnes de Cédric Jubilard, qui le décrit d'ailleurs comme un manipulateur bipolaire,
19:23dit qu'elle ne l'a jamais vraiment vu chercher sa femme.
19:25Elle a eu l'impression, dit-elle, qu'il venait aux battues pour se montrer.
19:29– Joseph Agostini, qu'est-ce que vous faites de tous ces éléments-là ?
19:32D'un homme qui, on l'a vu dans d'autres affaires, participe aux recherches,
19:37qui pleure face aux cousins, etc.
19:40– Oui, mais il faut redire qu'on est au cœur de la dramaturgie judiciaire classique.
19:46Vous savez, on essaye de réintroduire de l'émotion dans un dossier très technique.
19:50C'est une évolution de la ligne de défense.
19:52Et en quelque sorte, pourquoi ?
19:54Cela peut influencer tout simplement l'appréciation de la cour par rapport à la personnalité de l'accusé.
20:01C'est une requalification narrative des faits.
20:03Et moi, ce que je dirais, c'est qu'on essaye d'humaniser cet homme,
20:08de ne pas en faire un prédateur, de ne pas en faire un agresseur,
20:11mais simplement un homme abîmé par l'infidélité de sa femme qui se serait vengé.
20:15Mais en quelque sorte, il ne faut pas perdre de vue que tout ce petit manège
20:20consiste simplement à avoir un peu plus de clémence, un peu plus d'indulgence.
20:25En aucun cas, en quelque sorte, la vérité des faits n'est absolument pas entachée.
20:31– Je cherche les mots exacts donnés tout à l'heure par les avocats de Cédric Jubilard
20:36qui parlaient effectivement, vous allez découvrir un nouvel homme,
20:39vous allez découvrir l'humanité de Cédric Jubilard.
20:41Ce sont des mots qui ont été employés tout à l'heure par les avocats.
20:43– C'est-à-dire qu'on juge des faits, on juge un homme.
20:45Mais il passe de la catégorie du mal absolu, c'est-à-dire celui qui a tué la mère de
20:53ses enfants,
20:54à quelque chose qui est abominable parce que c'est un féminicide,
20:57mais qui devient explicable, évidemment pas excusable, mais qui devient explicable.
21:03Il s'est énervé, un coup est parti, évidemment involontaire, et la mort s'en est suivie.
21:08On est dans une logique de victimisation, c'est-à-dire j'ai déplacé le corps finalement
21:13parce que mes enfants étaient là, il ne manque plus qu'une fin de phrase,
21:17c'est-à-dire c'est presque de leur faute.
21:19Je me suis mal conduit, j'ai tué ma femme, mais parce qu'elle m'avait mis dans une situation
21:23de victime.
21:24Et on est dans un renversement de l'attitude qui fait qu'effectivement les avocats disent
21:29vous allez voir arriver un homme nouveau, c'est-à-dire j'ai réfléchi,
21:32je suis passé aux aveux, on a toutes les difficultés du monde à croire
21:35le fait qu'il ait attendu cinq ans pour le faire.
21:37Je vais maintenant collaborer avec la justice, certainement qu'il va mener les enquêteurs
21:42sur les lieux de la découverte du corps parce que c'est dans la logique de sa défense.
21:46Et il va aller effectivement repentant devant une cour d'assises d'appel
21:49alors qu'on appelle, comme je le disais tout à l'heure, avec les éléments de départ,
21:53il aurait eu certainement la même peine, voire même une peine aggravée.
21:57On va parler du corps dans une seconde, mais Dominique Rizet,
21:59les avocats changent de stratégie, il a changé d'avocat, récemment c'est avec Jubilard,
22:05il change de stratégie, aujourd'hui il avoue, même partiellement, mais il avoue.
22:09Et puis les avocats, ils chargent, ils chargent les médias,
22:14ils chargent l'institution judiciaire, les enquêteurs qui ont mal fait leur boulot,
22:17fiasco, enquête bâclée, etc.
22:19Est-ce qu'on peut parler d'enquête bâclée dans cette affaire-là ?
22:22Non, l'enquête n'a pas été bâclée, les gendarmes étaient à la peine
22:25parce qu'ils n'ont jamais réussi à prouver que celui qu'ils avaient en phase 2
22:29et dont ils étaient convaincus qu'il était bien l'auteur du meurtre de sa femme.
22:32Ils n'ont jamais réussi à le prouver.
22:34Ils ont pourtant cherché le corps de Delphine Jubilard,
22:37ils ont fait de la géolocalisation de son téléphone portable,
22:41ils ont fait des études du rayon dans lequel il aurait pu circuler
22:45pour aller déposer le corps de sa femme et revenir à la maison entre-temps
22:49puisqu'il l'a bien fait.
22:50Il est parti, il a laissé les enfants.
22:52Bon, tout ça a été vérifié, on a recoupé, il y avait beaucoup d'éléments,
22:57mais les gendarmes n'ont rien trouvé.
22:58Vous savez, on l'a dit déjà, mais il arrive parfois que les enquêteurs n'aient pas de chance
23:03et que le meurtrier ait de la chance.
23:05Et quand ça se télescope ou quand ça se croise ou quand ça se tresse
23:09dans une enquête judiciaire, ça donne l'affaire Jubilard.
23:14Les faits se passent dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
23:19Le 18 juin, on s'en souvient, quelques mois plus tard,
23:22donc on est en 2021, le procureur de la République de Toulouse,
23:25on l'a accablé.
23:26Et moi, je l'ai accablé parce qu'il fait une conférence de presse,
23:28il nous raconte tout et il raconte tellement de choses qu'il en dit trop
23:31et qu'il se trompe même sur certains éléments.
23:33La couette dans la machine à laver, ben non, il n'était pas dans la machine à laver.
23:36Les 40 pas qu'aurait fait Jubilard avec son téléphone portable dans la maison...
23:41Sous-entendu, il ne l'aurait pas cherché, Delphine.
23:43Il ne l'a pas cherché très longtemps.
23:44Mais le procureur nous dit quand même, ça c'est mes notes de l'époque, vous voyez,
23:49Cédric Jubilard a fourni des explications évolutives et contradictoires,
23:53même entre elles, et des mensonges, tout au long de sa garde à vue.
23:57C'est-à-dire que dès le début, on sait qu'on a affaire à quelqu'un qui a menti,
24:01qui a donné plusieurs versions.
24:02Sauf que donc, changement d'attitude ce soir, Cédric Jubilard avoue être à l'origine de la disparition de sa
24:09femme.
24:09C'est comme ça que ses avocats le disent ce soir.
24:11C'est le nouveau Cédric Jubilard.
24:13Et vous verrez qu'aux assises, aux assises en appellent,
24:16donc ça ne sera sans doute pas le 21 septembre,
24:18mais c'est un autre personnage qui viendra peut-être pas habillé comme il est habillé là,
24:22avec son survêtement, ça sera le nouveau Cédric Jubilard.
24:25On verra ça, mais en attendant, effectivement, nouvelle stratégie de défense,
24:30nouvelles explications fournies, et ce soir, ses avocats,
24:32et je vous donnerai dans un instant nos toutes dernières informations là-dessus,
24:35ses avocats expliquent que Cédric Jubilard est prêt à coopérer
24:37et prêt à amener les enquêteurs jusqu'au corps de Delphine.
24:41Il nous a dit, je sais où on peut retrouver le corps
24:44et je suis à la disposition de la justice pour tout faire pour qu'on le retrouve.
24:48Il va être entendu, un, il va reconnaître,
24:50deux, on l'amènera sur place pour qu'il retrouve le corps, bien évidemment,
24:53et après, il y aura toutes les expertises utiles, bien sûr,
24:56qui nous diront dans quelles conditions Delphine a pu être tuée.
25:02Pour compléter ce qui vient d'être dit par maître Dubuisson,
25:04il y a des informations ce soir du service police-justice de BFM.
25:06Oui, service police-justice, grâce auquel on sait ce soir
25:09que Cédric Jubilard a donné plus de détails à ses avocats.
25:11Il dit avoir porté le corps de Delphine sur ses épaules
25:14avant de le charger dans le coffre de la voiture,
25:16de rouler sans moteur au point mort, c'est dans une descente,
25:19et de déposer le corps dans un endroit qui, je cite, reste à préciser.
25:23Bon, en général, les enquêteurs ont fouillé la maison, ont fouillé la voiture.
25:29Dominique Zé dit, parfois, il manque de chance, pardon.
25:32Ils n'ont rien trouvé, ni dans la maison, ni dans la voiture.
25:37Alors, c'est un peu normal, parce que c'est une voiture familiale.
25:40Ça veut dire que l'ADN, les cheveux, des éléments d'identification
25:47de Delphine Jubilard, se trouvent naturellement dans cet endroit.
25:52Lorsque vous avez l'ADN de la petite Maëlys qui est dans une voiture,
25:55avec une trace de sang, il n'y a pas de doute à l'y émonter,
25:58et à l'y émonter d'une façon anormale qui va intéresser l'enquête.
26:02Là, c'est la voiture familiale.
26:04Donc, il peut y avoir également ce qu'on appelle un crime sec,
26:07c'est-à-dire que, dans la maison où ça s'est passé,
26:10les lunettes sont retrouvées sous un meuble,
26:12les coups ont été manifestement portés dans cette maison.
26:17Il se passe quoi ?
26:18Là, vous voyez les photos de la maison.
26:20On peut très bien avoir une suffocation, un étranglement.
26:22On peut avoir un coup qui ne provoque pas de plaie
26:25et qui est donc sans hémorragie.
26:28À partir de ce moment-là, on a effectivement, de la même façon,
26:31les empreintes digitales, l'ADN, tous les éléments d'identification de la victime,
26:35mais elle est chez elle.
26:36Donc, à partir de ces constatations, on ne peut tirer aucune conséquence judiciaire,
26:41absolument aucune mise en accusation.
26:43Les seuls éléments qui parlent avec la voiture, rappelez-vous, Maxime, c'est la buée,
26:46c'est le fait que le sens de circulation, de stationnement avait été inversé,
26:51avec des témoins qui donnent une raison tout à fait objective,
26:54en disant, Delphine garrête toujours la voiture comme ça,
26:56sinon les enfants étaient entre la voiture et la route,
26:59et c'était dangereux pour eux.
27:00Maître Batik, j'ai bien compris vos doutes ce soir.
27:02Doutes que vous partagez d'ailleurs avec la propre mère de Cédric Jubilard,
27:05qui a un doute sur le fait qu'il aille jusqu'au bout de la démarche,
27:08et qu'il mène les enquêteurs, elle dit moi j'attends de voir,
27:10et qu'il mène, elle le dit à BFMTV,
27:12qu'il mène les enquêteurs jusqu'au corps.
27:14Alors imaginons que ce soit le cas, est-ce que 5 ans, 6 ans après,
27:18vous espérez ce soir que le corps de Delphine Jubilard
27:22amène à cette enquête, comment dire,
27:26des explications, une clarification de ce qui a pu se passer ce soir-là ?
27:29Écoutez, on a des espoirs qui sont minces,
27:33au bout de 5 ans, 6 ans, la décomposition du corps,
27:36et je ne veux pas rentrer dans des détails macabres,
27:40mais effectivement on ne va pas retrouver grand-chose de Delphine,
27:42mais c'est quand même important qu'on retrouve ce qu'il reste de Delphine
27:46pour la famille, pour les proches, pour qu'il puisse y avoir une sépulture,
27:49pour qu'ils puissent se recueillir, pleurer, raconter leur quotidien,
27:53donc c'est fondamental pour nous, pour les clients que je représente.
27:57Maintenant, ce que l'on retrouvera du corps, 5 ans ou 6 ans après,
28:01il n'en restera pas grand-chose, et donc Cédric Jubilard
28:04aura tout le loisir de compléter les failles
28:07pour expliquer une version qui lui conviendra le mieux possible.
28:12Mais ça veut dire qu'on va voir dans les jours, les semaines qui viennent,
28:17cette scène de Cédric Jubilard allant avec les gendarmes ?
28:21Je l'ai enterrée là, venez avec moi, c'est ici ?
28:24Comme on en a vu plein, Maxime.
28:26On a vu la mère de la petite Fiona, Cécile Bourgeon,
28:30dans un parc à Clermont-Ferrand,
28:32qui avait dit que sa fille avait disparu dans un parc à Clermont-Ferrand,
28:34qu'on l'avait enlevée, on l'a vue partir dans une forêt
28:37avec son ex-compagnon, c'est eux qui l'avaient tuée,
28:39on ne l'a jamais retrouvée.
28:40On a vu Michel Fourniray, souvenez-vous,
28:43dans le parc du château du Sotou,
28:45qu'il avait acheté avec l'argent du gang des postiches,
28:47et où il avait enterré deux corps, dont celui d'Elisabeth Brichet,
28:51cette jeune fille qui venait de Namur.
28:53Donc on l'a vu avec, souvenez-vous, c'est une image terrible,
28:56son gilet pare-balles, des lunettes noires
28:58que lui avait fait poser Yves Charpenel,
29:02qui était le procureur de Reims,
29:04et Francis Lagbar.
29:06Et donc, on l'a vu indiquer au type qui conduisait la pelleteuse,
29:12lui dire, non, non, mais plus à droite,
29:14plus jusqu'à ce que les propres puissent,
29:15attendez, M. Fourniray, c'est nous qui allons diriger les recherches.
29:20On a vu sa femme, Monique Olivier, dans une forêt des Ardennes,
29:24dire, c'est ici qu'est le corps d'Estelle Mouzin,
29:28on a retourné cette forêt, on n'a rien trouvé.
29:30Ce sont des scènes terribles qui sont imposées aux victimes.
29:33Les avocats des victimes sont ici, sont avec,
29:35et les victimes sur place.
29:36Vous, vous y serez, M. Baptiste ?
29:37Ils attendent cette vérité.
29:38J'y serais convié, j'y serais invité.
29:41Donc maintenant, on ne sait pas quand ça aura lieu,
29:45dans quelles conditions ça aura lieu.
29:46Puis on n'a même pas encore eu le courrier.
29:48Donc si vous voulez, pour l'instant, c'est déclaratif.
29:51C'est ce qu'il aurait dit à ses avocats,
29:54mais je n'ai aucun élément factuel là-dessus.
29:59On verra dans un instant.
30:00J'ai même tout le loisir de douter de ce qu'il dit.
30:03On entendra, on parlera dans un instant du procès.
30:07Procès qui est prévu en septembre.
30:08Normalement, est-ce qu'il peut avoir lieu ce procès ?
30:10Vous nous donnerez votre réponse.
30:11Mais je voudrais qu'on entende, encore une fois,
30:12les avocats de Cédric Jubilard parler de son état.
30:15Ce sont leurs termes de délabrement psychologique de Cédric Jubilard.
30:19Les avocats ont expliqué tout à l'heure
30:22que d'une certaine manière, Jubilard,
30:23notamment au moment du procès,
30:24était gavé de médicaments, quasiment de force,
30:28et que ça le mettait dans un état un peu second.
30:30C'est pour ça aussi qu'il n'avait pas tout dit à ces moments-là.
30:33On les écoute.
30:35J'étais immédiatement choqué
30:37par le délabrement psychologique de ce garçon.
30:39Alors délabrement psychologique était dû à quoi ?
30:42On vit dans cette affaire un véritable scandale.
30:45Ça n'a échappé à personne.
30:46Ça fait 5 ans, en juin,
30:48ça aura fait 5 ans, en juin, qu'il était l'isolement.
30:50Quand on sait que la Cour européenne considère
30:52que l'isolement, c'est un moyen de torture,
30:54on peut considérer effectivement qu'il y avait un abus.
30:58Un état de délabrement psychologique ?
31:01Maxime, Pierre-Igui Dubuisson n'était pas à ce procès.
31:05Mourad Batik y était,
31:06donc il faut poser la question à Mourad.
31:08Il avait l'air sous-somnifère, sous-produit.
31:11Non, mais à aucun moment.
31:12Et puis qui lui aurait donné ses médicaments ?
31:15Dans quelles conditions ?
31:15Enfin, je veux dire...
31:16Et puis si vraiment il avait été drogué,
31:18comme il le dit,
31:18pourquoi est-ce qu'on n'entend pas dans la conférence de presse
31:20qu'il dépose plainte contre celui ou ceux ou celles
31:22qui lui a donné les médicaments,
31:24qui l'a forcé à ingurgiter ses médicaments ?
31:27Enfin, je veux dire, à un moment donné,
31:28j'ai parlé d'indécence.
31:29On a vraiment franchi le Rubicon
31:33avec cette conférence de presse.
31:35Non, il n'y avait pas de médicaments.
31:37Il était tout à fait enclin à répondre à toutes les questions.
31:41Après, c'est vrai que c'est difficile de répondre aux questions
31:43quand on n'a pas la vérité de son côté.
31:45Ça, je vous l'accorde.
31:46Célèque Jubilard n'a jamais été forcé à avaler
31:48un traitement médicamenteux qui lui avait été prescrit.
31:50Ça, c'est ce que le dit une source proche du dossier à BFMTV.
31:53Maître Slama,
31:54est-ce que ce que disent les avocats de Célèque Jubilard,
31:56ça fait écho à des choses que vous pouvez connaître ?
31:59Est-ce que ça existe, ça, des détenus, des accusés
32:03qui sont shootés d'une certaine manière ?
32:05Alors, bien sûr que ça existe.
32:06Ça, c'est une certitude.
32:07Alors, est-ce que c'est contre leur gré ?
32:08Pas toujours.
32:09Parfois aussi, si vous voulez, c'est aussi un cercle vicieux.
32:11C'est-à-dire que plus on prend de médicaments
32:12et plus on est amené à accepter,
32:14je ne peux pas dire contre son gré,
32:15mais plus on est amené à les prendre de manière automatisée
32:18sans disposer pleinement de son élevé arbitre.
32:19Non, par contre, il y a une chose qui fait écho en moi
32:22lorsque j'entends la discussion,
32:23lorsque j'entends ses avocats,
32:24c'est la difficulté qu'il y a à défendre.
32:26Je constate qu'en vérité,
32:27quels que soient les dossiers,
32:27les avocats de la défense,
32:28quoi qu'ils disent, en général,
32:30ce n'est pas audible.
32:31C'est vrai que c'est dur d'être audible
32:32quand on a un avocat de la défense,
32:33plus encore quand c'est l'avocat d'un individu
32:35qui est accusé de meurtre, de crime
32:38et qui en plus passe aux aveux.
32:40Et ça, c'est une constante.
32:41Ça veut dire que c'est très difficile
32:42d'arriver à avoir un œil,
32:44je ne vais même pas dire bienveillant,
32:46je vais dire attentif
32:47à ce qui peut être dit à propos d'un individu
32:49dont on voudrait en vérité
32:50qu'on passe par-dessus le procès,
32:52qu'on dise simplement
32:53que ce qu'il a fait est abominable,
32:54qu'on le condamne
32:55et qu'on oublie les droits
32:56dont il bénéficie,
32:57parce que je le précise,
32:57un accusé et même un condamné
32:59a des droits,
33:00il reste un être humain,
33:01il a le droit effectivement
33:03à une dignité dans la prison.
33:04Ça, c'est des choses
33:05qu'aujourd'hui, actons-le,
33:06c'est des choses qui sont peu audibles.
33:07Et alors même que je suis en train de le dire,
33:08j'imagine qu'il y a des gens
33:09qui sont en train de m'écouter
33:09en disant
33:10cet individu-là ne devrait pas avoir ses droits.
33:12Eh bien si,
33:12eh bien si, il a des droits
33:13et il les aura
33:14quand bien même
33:15il serait condamné
33:16pour un crime abominable.
33:17Ça, c'est dur à entendre
33:18mais les avocats sont là pour le dire.
33:19Et si eux ne le disent pas,
33:20plus personne ne le dit.
33:21Et je pense que ce serait une faillite
33:23de, excuse-moi d'employer des gros mots,
33:24mais un petit peu
33:25de l'état de droit
33:25et de l'institution judiciaire
33:27si on ne permettait pas aux avocats
33:28de dire sereinement ces choses-là,
33:30même si parfois
33:30elles sont dures à entendre
33:31et dures à accepter
33:32pour un certain nombre de gens
33:33qui regardent la télévision.
33:34Dylan, c'est tellement difficile à entendre
33:35que l'avocat de Jérôme Barrella
33:37ne s'est toujours pas exprimé,
33:39que les avocats des cinq gamins
33:41qui ont massacré le pauvre Louis
33:42ne se sont pas exprimés non plus.
33:44C'est vrai que c'est difficile à entendre.
33:46Ah oui, mais alors là-dessus,
33:47moi je ne suis pas le...
33:47Vous savez, il y a la question de la Bible.
33:49Suis-je le gardien de mon frère ?
33:49Moi, je ne suis pas le gardien de mes confrères.
33:51Donc ils ont ce qu'ils veulent
33:51de la manière dont ils le veulent.
33:53Je ne suis pas là pour dire
33:53si leur stratégie est bonne ou pas.
33:55Je suis en tout cas là pour dire
33:57qu'ils ont le droit de leur dire
33:58s'ils estiment que c'est leur rôle,
34:00je ne suis pas au moins bien pas fait
34:02pour dire si ce n'est pas le bon rôle ou pas.
34:03Ils le font en accord avec leurs clients
34:05et donc Cédric Jubilard a le droit
34:07de porter sa stratégie judiciaire-là.
34:09Personne n'a jamais empêché Cédric Jubilard
34:11de croître ce soir.
34:11Si vous parlez d'indécent,
34:12de scandale judiciaire...
34:14Bien sûr que c'est indécent.
34:14Bien sûr que c'est indécent de venir
34:16et d'expliquer que c'est pour préserver les enfants
34:18qu'on a caché Delphine.
34:19Bien sûr que c'est indécent d'expliquer
34:21qu'on a été drogué
34:22et que c'est la raison pour laquelle
34:23on n'a pas pu dire la vérité.
34:24Bien sûr que c'est indécent
34:25d'expliquer que c'est de la faute
34:26de l'institution judiciaire.
34:27Mais en fait la vérité
34:29c'est qu'en vous entendant
34:30on comprend que tout serait indécent
34:31que n'importe quelle prise de parole
34:33serait indécent.
34:33Non, non, ce qui aurait été décent
34:34et je peux vous le dire...
34:35Vous parlez de passé là.
34:36Mais aujourd'hui,
34:37qu'est-ce qui serait décent ?
34:37Aujourd'hui ce qui serait décent
34:38c'est de ne pas centrer la lumière sur soi
34:42d'expliquer que finalement
34:43on est la victime collatérale
34:45de ce mœur.
34:46J'ai pas entendu ça.
34:47Vous voyez, c'est cela
34:47que l'interprétation dit beaucoup.
34:48Non, non, c'est que j'ai pas entendu ça.
34:49C'est tout à fait objectif.
34:52Cédric Jubilard ne parle que de lui.
34:54Il ne parle pas de Delphine.
34:55Il ne parle pas des enfants.
34:57Il ne parle pas du corps.
34:58Moi j'ai entendu mes confrères dire
34:59mes premiers mots,
35:00nos premiers mots
35:01vont vers les victimes,
35:02vont vers les proches.
35:04Déjà les premiers mots...
35:05Vous ne pouvez pas y croire.
35:06En tout cas c'est dit.
35:06Vous voyez, c'est ça qu'ils vous disent.
35:08Je vais vous dire.
35:08Ils disent nos premières paroles
35:09vont vers les victimes
35:10et vous dites qu'il n'y a aucun mot
35:11vers les victimes.
35:11Alors je vais vous expliquer.
35:12Il y a une force de dissonance
35:13que je comprends.
35:13Non, non, non, non.
35:13Parce qu'elle avance.
35:14Non, non, non, non.
35:14Je vais vous répondre.
35:18Si les premiers mots
35:19de Cédric Jubilard
35:20avaient été à l'endroit des victimes,
35:22il aurait écrit un courrier
35:24aux victimes.
35:25Il s'est adressé,
35:26non pas aux victimes,
35:26mais à la presse.
35:28Point à la ligne.
35:29Mais non,
35:30il n'y a pas par cette entre-midi
35:31qui sont adressés aux victimes.
35:32Vous le savez très bien.
35:33J'ai une question pour Maître Bati.
35:34Est-ce que vous pensez
35:35que ça va aggraver
35:36le cas de Cédric Jubilard
35:38face au juré,
35:39tout ce cirque ?
35:40Je ne crois pas que ça aggrave.
35:42Je crois que personne n'est dupe
35:43dans ce dossier.
35:45Que n'a-t-on dit
35:46sur l'innocence
35:48et l'acquittement
35:49de Cédric Jubilard ?
35:50On nous a expliqué
35:51tout et son contraire.
35:52On nous a expliqué
35:53que le dossier est vide,
35:54que les magistrats
35:54ont mal fait leur travail,
35:55que les enquêteurs
35:56ont fait n'importe quoi,
35:57que c'est un fiasco,
35:59qu'il est victime
35:59d'une erreur judiciaire.
36:01Si vous voulez,
36:02nous, on est allé
36:03très tranquillement
36:03en première instance
36:04en expliquant
36:04que dans le dossier,
36:05il y a suffisamment
36:08d'éléments
36:09qui nous permettent
36:10d'envisager
36:10la culpabilité
36:11de Cédric Jubilard.
36:12On retournera
36:13devant la Cour d'appel
36:14avec cette même sérénité,
36:16fort non pas
36:17des extravagances
36:19de la partie adverse,
36:20mais simplement
36:21en avançant
36:22de manière cartésienne,
36:23pragmatique
36:24et presque mathématique
36:25pour démontrer
36:25la culpabilité
36:26de Cédric Jubilard.
36:27Ce qu'il dit,
36:28quand il est dans
36:29les dénégations
36:30ou quand il est
36:31dans les aveux,
36:32ça ne nous importe
36:32que très peu.
36:33Et vous parlez de cirque
36:34Joseph Agostini,
36:35Maître Ostama rappelait
36:35que c'était simplement
36:36la défense
36:37et qu'effectivement
36:38la défense
36:38c'était parfois
36:40difficilement audible.
36:42Merci en tout cas
36:42à vous.
36:43Il y a un sujet
36:44sur le procès,
36:45futur procès
36:46en appel
36:46prévu le 21 septembre.
36:48Est-ce qu'il pourra avoir lieu ?
36:48On verra ça
36:49dans les semaines qui viennent
36:50au vu de ce qui va devoir
36:52se passer dans l'enquête
36:53et notamment les fouilles
36:54dont on parlait
36:55tout à l'heure.
36:55sur le 21 septembre.
36:55Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires