00:017h42, on est en direct avec Gilbert Collard. Bonjour Gilbert Collard.
00:05Oui, bonjour, bonjour.
00:06Merci beaucoup d'être avec nous. La Cour d'appel de Paris va dire cet après-midi si Marine Le
00:10Pen,
00:10donnée favorite de la présidentielle, va pouvoir ou pas se présenter,
00:16elle va rendre son arrêt, la Cour d'appel en tout cas, dans l'affaire des assistants parlementaires.
00:22Dans quel état d'esprit êtes-vous ce matin ? Comment est-ce que vous abordez cette journée déjà,
00:27Gilbert Collard, vous, qui êtes un avocat et qui connaissez Marine Le Pen très bien ?
00:32Comment vous abordez cette journée ?
00:35Écoutez, je pense beaucoup à Marine Le Pen et tous les électeurs qui espèrent qu'elle sera candidate
00:42et si elle devait être déclarée inéligible, les juges commettraient une erreur de justice, véritablement.
00:52Et déjà que la relation entre le justiciable et sa justice n'est pas bonne,
00:57elle ne saurait que s'aggraver cette relation.
01:00Je rappelle quand même que le Conseil constitutionnel, le 28 mars 2025,
01:07a demandé aux juges de préserver la liberté de l'électeur, préserver la liberté de l'électeur.
01:16Un signal a été envoyé aux juges de la Cour d'appel,
01:19un signal que les juges de première instance, dans leur jugement furieux,
01:23ne lui reste pas.
01:25Donc on peut espérer, moi je crois qu'il n'y aura pas d'inéligibilité,
01:29parce que le Conseil constitutionnel a été très clair dans le signal qu'il envoyait,
01:34on ne doit pas porter atteinte à la liberté de l'électeur.
01:38Or, qui des juges, trois juges, quelle que soit leur qualité,
01:42ce n'est pas quand même le suffrage universel,
01:45avaient, par le pouvoir que le Parlement, hélas, leur a donné,
01:48le moyen de gommer, d'effacer, d'éliminer une candidate aussi portée par les électeurs,
01:56ça serait une enculation démocratique, une guillotine démocratique.
02:02Je veux dire qu'on ne peut pas l'accepter,
02:05il n'y a que le peuple qui peut défaire ce qu'il a fait.
02:09Alors Gilbert Collard, si je vous suis, il faut revenir sur, dans la loi en fait,
02:16en finir avec les peines d'inéligibilité, c'est ça ?
02:19Et ne faire que condamner des personnes à des peines,
02:26et en finir avec la peine d'inéligibilité ?
02:29Et ensuite, ce sont les Français qui décident pour qui ils veulent voter.
02:34On doit pouvoir, quand un individu est effroyable, le déclarer bien sûr inéligible,
02:39mais à ce moment-là, c'est du ressort d'une juridiction particulière.
02:44Ça pourrait être le Conseil constitutionnel,
02:46où ça pourrait être une commission particulière de l'Assemblée et du Sénat,
02:51avec une composition aussi populaire.
02:53Il faut que le peuple, et le dernier mot toujours, vous comprenez,
02:56aujourd'hui on vit dans une techno-bureaucratie
02:59qui a complètement dépossédé,
03:02de l'Europe notamment, le peuple.
03:05Rendez-vous compte, Louis Aguilhaut,
03:07réélu au premier tour,
03:09réélu au premier tour,
03:11pour être inéligible,
03:13ne pas se mener au peuple,
03:15on n'a rien à foutre de ce qu'on pouvait penser et voter.
03:19Je veux dire, ce serait une gravité considérale
03:23sur le plan politique, sur le plan démocratique
03:25et sur le plan historique.
03:27Or, les juges commettraient vraiment une erreur de justice
03:31et ils ne feraient qu'aggraver le malège
03:33qui existe entre l'opinion publique et la justice.
03:38Et ça serait perçu d'une manière dramatique.
03:41– Gilbert Collard,
03:43si vous deviez conseiller Marine Le Pen,
03:47qu'est-ce que vous lui conseilleriez ?
03:51Si elle est relaxée, elle est relaxée.
03:53Si elle est condamnée à moins de deux ans,
03:57elle peut être deux ans et moins de deux ans,
04:00elle peut être candidate.
04:02Au-delà, elle ne pourra pas.
04:03Si elle venait à être condamnée,
04:05est-ce que vous lui conseilleriez d'aller en cassation,
04:08d'aller plus loin, de continuer à se battre ?
04:09– Oui, bien sûr.
04:10Moi, connaissant le caractère de Marine,
04:14je ne la vois pas battre en retraite
04:16ni prendre sa retraite.
04:18Donc, bien évidemment,
04:20elle sera un pourvent en cassation
04:21et elle va devenir,
04:22si elle est condamnée à statut du commandeur.
04:25Ils ne se rendent pas compte
04:26de ce qu'ils font en voulant l'éliminer.
04:29Ils vont lui donner une présence de souffrance,
04:31une présence d'injustice
04:33qui a toujours, dans toute notre histoire,
04:36mobilisé les Français.
04:38Mais je vous garantis que j'ai bon espoir.
04:40Moi, je connais les cours d'appel.
04:42Très souvent, on a affaire à des magistrats
04:44beaucoup plus mûrs,
04:45beaucoup plus sages,
04:46qui ont une expérience
04:48et qui ne tombent pas souvent
04:49dans la fureur des premiers juges.
04:52Ce premier jugement est un scandale.
04:53Il a été analysé de tous les côtés
04:55et tous les commentateurs l'ont dit.
04:56Bon, enfin, quand même,
04:58on est sur la base d'un texte
04:59qui a été étendu par la jurisprudence.
05:03On n'est pas sur le texte de loi.
05:05On est sur une interprétation jurisprudentielle.
05:08On est sur des faits qui consistent,
05:10finalement, en une attribution de fonds.
05:12C'est une discussion sur l'attribution des fonds.
05:15Il n'y a pas d'enrichissement personnel.
05:17Tous les partis politiques ont pratiqué
05:19ce qu'on reproche à Marine Le Pen.
05:22Bérou a été relaxé
05:24au bénéfice de l'absence d'attention.
05:26Il n'y a pas de retour,
05:26donc vous ne croyez rien du tout, en fait.
05:29Enfin, quand même, je veux dire,
05:30c'est absolument incroyable.
05:32L'affaire remonte à plus de dix ans.
05:34Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire
05:35pour éviter d'en arriver là, aujourd'hui ?
05:40Malheureusement, on ne pouvait rien faire
05:41à la mesure où il y a une entente,
05:44je veux dire, du point de vue de l'Union européenne
05:46et des autorités administratives
05:48et politiques de l'Union européenne
05:49pour utiliser le fusil judiciaire.
05:52Maintenant, je veux dire,
05:53la qualité coche judiciaire,
05:54va la voir sortir
05:56à l'occasion de toutes les élections.
05:59C'est ce qu'on appelle une fillonnade
06:01durant la semaine dernière.
06:03C'est devenu une expression
06:04qui est entrée dans le vocabulaire.
06:06Elle ne peut que subir
06:07en espérant qu'elle rencontrera des juges.
06:10Des juges serains,
06:11des juges capables
06:12de peser le droit.
06:14Il ne s'agit pas de dire
06:15que tout est bien,
06:15on se comprend.
06:18On condamne une pratique
06:20qui a été pratiquée
06:21pendant des années et des années
06:23sans que jamais on ne dise rien.
06:25À savoir, une décision
06:26d'attribution de fonds
06:28à des assistants parlementaires.
06:31La discussion, elle porte finalement
06:33sur la volonté
06:35de l'attribution des fonds.
06:37C'est une décision administrative finalement.
06:40Et on en a fait une affaire pénale
06:41tout simplement parce qu'on a voulu
06:44éliminer judiciairement.
06:46Moi, je suis effaré de voir
06:47à quel point la justice
06:48est devenue un instrument
06:50de règlement de compte.
06:51C'est effroyable
06:52quand on aime la justice,
06:54quand on aime les juges,
06:55de voir qu'ils ont pu sombrer,
06:57certains, pas tous,
06:58il faut bien le dire,
06:59certains, pas tous,
07:00dans une espèce de processus,
07:02de guillotine idéologique judiciaire.
07:04C'est très angoissant, très inquiétant.
07:07Merci beaucoup Gilbert Collard.
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