00:00Le CAC 40, donc quasi inchangé, mais vient d'entrer dans ce studio Alexandre Ezez.
00:03Les établissements Alexandre Ezez. Bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Votre verdict, vous venez avec un verdict, comme c'est la tradition, est-ce qu'il est clair, précis, est
00:11-ce que vous l'assumez ?
00:12Je l'assume.
00:13Lequel est-il ?
00:14Écoutez, dans ce marasme au Moyen-Orient, avec la dimension énergétique assez forte,
00:21où on se pose la question sur les dynamiques d'inflation,
00:25on voit notamment les tensions qu'on peut avoir sur les taux d'intérêt,
00:28on a quand même l'impression que les banques centrales, malgré tout, malgré ce risque d'inflation,
00:32essayent de temporiser de manière assez forte pour éviter que le marché n'anticipe trop, en tout cas, dans leur
00:39réaction.
00:41Bien.
00:42Ok, on a Christine Lagarde, quand même, qui nous dit,
00:45« Attendez, moi j'ai le doigt sur le bouton, à n'importe quel moment, ça peut tomber, on peut
00:50relever les taux. »
00:51Du côté des États-Unis, le diagnostic est peut-être moins clair,
00:53mais enfin, on a des marchés qui anticipent largement des hausses de taux.
00:57Deux, côté Fed, et si on regarde les anticipations de taux, on doit être à peu près la même chose
01:00du côté de la BCE.
01:03Là, au contraire, on pourrait se dire, les banques centrales,
01:07elles ont justement comme mission de maîtriser l'inflation,
01:09et si elles ne la maîtrisent pas là, ça risque de déborder.
01:13Alors, la plupart des banques centrales n'ont pas qu'à maîtriser l'inflation.
01:16Évidemment, il y a le cas de la BCE qui est très, très spécifique.
01:19On voit Christine Lagarde qui a fait une espèce de service après-vente cette semaine
01:25par rapport à la réunion de la BCE la semaine dernière,
01:29et c'est vrai qu'elle dit clairement qu'elle a le doigt sur le bouton
01:32et qu'elle pourrait monter les taux d'intérêt.
01:34On était avant le conflit sur potentiellement une baisse de plus sur la BCE.
01:38C'est assez clair que ce que veulent les banques centrales,
01:41c'est essayer de temporiser au maximum dans cet environnement
01:46qui est flou aussi pour elles.
01:50Quand on voit aux États-Unis Christopher Waller,
01:52qui était plutôt une colombe, effectivement,
01:53qui était plutôt encore sur des baisses de taux,
01:56qui dit « maintenant, je suis plutôt sur, non pas sur une hausse de taux,
01:59mais sur un statu quo », c'est important,
02:01parce qu'on parle de plus en plus de statu quo,
02:03parce qu'il faut pouvoir analyser quels vont être
02:07effectivement cette hausse de prix sur l'inflation et sur le consommateur.
02:12Alors on a deux scénarios, en tout cas deux environnements très différents
02:16entre les États-Unis et l'Europe.
02:17Il est clair qu'en Europe, on repense à la situation de 2022
02:21avec le conflit en Ukraine et le retard qu'avaient pris les banques centrales
02:27et puis les hausses extrêmement fortes qu'on avait eues
02:31avec des impacts assez forts sur les marchés.
02:33Là, on n'est pas du tout dans la même situation
02:34parce qu'on a quand même une vraie différence,
02:36c'est qu'on n'a pas de pression sur les salaires.
02:39En tout cas, on ne voit pas comme en 2022,
02:40où on était dans une dynamique très forte de croissance.
02:43L'effet prix-salaire.
02:44L'effet prix-salaire.
02:45Et là, cette hausse, elle a évidemment peut avoir un impact ponctuel sur l'inflation,
02:50mais elle n'aura pas, en tout cas,
02:54elle n'aura pas à mettre en place ce cercle vicieux sur les salaires.
02:59Donc beaucoup price une hausse en avril.
03:02On peut à un moment avoir une hausse,
03:04mais justement pour éviter des hausses supplémentaires d'ici la fin de l'année.
03:09Le tout, c'est de rester dans un ancrage d'inflation
03:12avec des consommateurs et une situation sur les consommateurs
03:15qui est bien moins satisfaisante que l'on l'avait en 2022.
03:19Alors là, on a parlé que des considérations de taux.
03:22Le boulot des banques centrales, ça peut être aussi de rassurer les marchés
03:24en termes d'accès à la liquidité, en termes de temporisation.
03:29Alors dans ce sens-là, est-ce que ce n'est pas aussi quelque chose
03:32qu'on attend d'elle en ce moment ?
03:33Alors on attend d'elle, effectivement, qu'elle soit proactive.
03:37On a vu que, notamment dans les épisodes post-Covid,
03:41le fait que les banques centrales soient trop proactives,
03:45ça pouvait mener dans le mur.
03:47On a vu à un moment qu'elle ne croyait pas dans l'inflation
03:49et que les banques centrales avaient pris du retard.
03:52La banque centrale doit donner confiance
03:54et elle doit agir, notamment sur les taux longs.
03:57Imaginons qu'elle se maintienne
04:01et qu'elle baie, finalement, la situation économique sans lise
04:06et qu'elle décide soit de baisser les taux,
04:08en tout cas pour favoriser cette croissance
04:10et la consommation est rassurée.
04:11On pourrait avoir un effet complètement inverse
04:13sur les taux d'intérêt à long terme
04:14qui pourraient monter très très fortement
04:16et avoir un aspect complètement à l'inverse
04:18de ce qu'elle voudrait.
04:20Donc, vraiment, c'est cet équilibre
04:21que cherchent les banques centrales
04:23et notamment la Banque centrale européenne.
04:25Mais vous avez raison,
04:27c'est essayer d'être un peu contracyclique
04:30et d'essayer de rassurer le marché.
04:32Le vrai sujet, ça sera 2027
04:34pour voir si, et le temps, en tout cas,
04:36de cette hausse du pétrole,
04:38autour de 100 pendant quelques mois,
04:40ça va avoir un impact sur 2027
04:42et elle va devoir réagir, en tout cas,
04:45pour rassurer les marchés
04:46sans créer une récession
04:46parce que là, on sera en stagflation
04:48et là, la situation serait plus que délicate.
04:50Là, c'est le scénario noir, effectivement.
04:53Et on voit que c'est, oui,
04:55c'est effectivement pas tant les pointes
04:56sur le pétrole que le fait
04:57qu'il reste longtemps autour des 100 dollars
04:58comme il le fait d'ailleurs en ce moment.
05:01Bon, au milieu de tout ça,
05:02des dynamiques d'action des banques centrales
05:04en matière de taux,
05:05en matière de temporisation sur les marchés,
05:08il y a les effets de change.
05:10Et c'est vrai que là,
05:11il y a un phénomène qui est indéniable
05:12depuis quelques mois,
05:13c'est qu'on est complètement prière vert.
05:16On pensait que le dollar allait partir à la cave,
05:20que l'or était justement la valeur refuge du moment.
05:23Il se passe tout l'inverse.
05:25C'est-à-dire que c'est l'eau dollar roi,
05:27l'or baisse.
05:27Mais est-ce que vous pensez
05:29que ce qui est en train de se préparer
05:30du côté des banques centrales
05:31va continuer à alimenter ces flux positifs
05:34en faveur du dollar ?
05:35Alors, sur le dollar,
05:36finalement,
05:36on se rend compte que
05:38c'est l'actif de protection par excellence.
05:41Finalement, il n'y en a pas d'autres.
05:43Alors, il y avait l'or à un moment,
05:44mais qui était finalement assez corrélé
05:47au marché financier.
05:48Et lorsqu'on a vu la chute de marché,
05:50dans un premier temps,
05:51l'or s'est valorisé.
05:52Et dans un deuxième temps,
05:53pour couvrir notamment les pertes
05:55que certains opérateurs ont pu avoir
05:57sur les marchés financiers,
05:58il y a eu des ventes d'or
05:59qui avaient largement monté
06:01depuis les dernières années,
06:03voire les quelques mois.
06:04Donc, en fait,
06:05l'or a subi un revers,
06:07on va dire,
06:09lié principalement
06:11aux plus-values
06:12que les investisseurs avaient.
06:14Sur le dollar,
06:15effectivement,
06:16on a une situation
06:18où la plupart sont prêts à revers.
06:20La volonté de Donald Trump
06:22était plutôt de faire baisser le dollar.
06:24Dans cette hausse du pétrole,
06:26il y a quand même une chose
06:27qui est complètement différente
06:28par rapport à d'autres chocs pétroliers
06:29que nous avons eus.
06:30C'est que les États-Unis
06:33sont exportateurs
06:34de pétrole.
06:35Donc,
06:3515 millions de barils de jour,
06:36c'est le premier producteur
06:38au niveau mondial.
06:39Donc,
06:40cette guerre est amenée
06:42à renforcer le dollar
06:43de manière ponctuelle.
06:44Si les choses se restabilisent,
06:47on pourrait reprendre
06:48une marche en avant
06:49de l'euro,
06:50par exemple.
06:50Et on parlait
06:51des banques centrales.
06:53Imaginons une banque centrale
06:55européenne
06:55qui monte
06:56deux ou trois fois
06:57ses taux d'intérêt.
06:58et à l'inverse,
06:59aux États-Unis,
07:00on voit qu'ils sont
07:00beaucoup plus prudents.
07:02On pourrait
07:04retourner
07:04dans une tendance
07:06de baisse
07:06du dollar
07:07par rapport
07:08à l'euro.
07:09Alors,
07:10si on regarde
07:10la carte
07:12du monde,
07:13en tout cas,
07:13États-Unis,
07:14Europe,
07:15en matière
07:15d'allocation d'actifs,
07:16c'est vrai que le mouvement
07:18actuel
07:19était plus
07:19à jouer l'Europe
07:21pour se protéger
07:22contre la baisse du dollar.
07:23Maintenant,
07:23la hausse du dollar
07:24change un peu
07:24le paradigme.
07:26C'est plus la valorisation
07:27maintenant de Wall Street
07:28qui pose
07:31un certain nombre
07:32de questions.
07:33On se dit même
07:33que Wall Street
07:34pourrait souffrir
07:34dans les prochaines semaines.
07:36Donc,
07:36au final,
07:37les choses s'équilibrent
07:38et les dynamiques
07:39restent à peu près
07:39les mêmes.
07:40Les dynamiques
07:40restent à peu près
07:41les mêmes.
07:42Ce qui est certain,
07:43c'est que l'impact
07:44de ce choc énergétique,
07:46en tout cas au niveau
07:48macroéconomique,
07:48touche de manière
07:49plus importante
07:50l'Europe
07:50que les États-Unis.
07:52Alors,
07:52vous avez parlé
07:53tout à l'heure
07:54de la hausse
07:55du galon
07:56qui impacte
07:56le consommateur
07:57et des problèmes
07:59de raffinage,
08:00mais ce sont
08:01les États-Unis
08:02en tout cas
08:02qui produisent
08:03d'une certaine manière
08:04leur propre pétrole.
08:05Nous,
08:05on est complètement
08:06dépendants.
08:07Ce qui est intéressant
08:08aux États-Unis
08:09sur un marché
08:10qui reste,
08:10on a eu une correction,
08:11mais qui reste encore
08:12sur des niveaux
08:13assez hauts
08:14aux États-Unis,
08:16ce qui est intéressant,
08:16c'est qu'on peut voir
08:17quand même
08:17une dynamique
08:18encore baissière
08:19de 5 à 10%
08:21sur un indice
08:23comme le Standard & Poor's,
08:24mais ce qui est intéressant,
08:25c'est la dynamique
08:26à l'intérieur des indices.
08:28On retrouve maintenant
08:30dans les 7 magnifiques
08:31des grandes valeurs
08:32qui ont maintenant
08:34des niveaux de valorisation
08:35par rapport
08:36aux résultats attendus
08:37qui sont tout à fait
08:38satisfaisantes
08:39et favorables
08:39à des reprises
08:40d'investissement.
08:41On a, à mon avis,
08:43jeté très tôt
08:44et de manière
08:44très importante
08:45les GAFAM
08:47et là,
08:48elles pourraient
08:48effectivement
08:48revenir sur le devant
08:50de la scène
08:50des Apple,
08:51des Google
08:52qui maintenant
08:52se valorisent
08:53à 25 fois les résultats
08:54avec des niveaux
08:55de croissance
08:56parce qu'à la fin des fins,
08:57c'est quand même
08:57les résultats
08:58qui comptent
08:58des entreprises
08:59qui ne sont pas
09:00du tout remis en cause
09:01par l'aspect
09:02géopolitique actuel.
09:04Et sur les valeurs
09:05européennes,
09:06singulièrement
09:07sur les valeurs françaises,
09:08on a vu
09:09pas mal de valeurs
09:10réagir
09:11effectivement
09:12à la crise énergétique.
09:13La plus réactive
09:14sur le CAC 40,
09:15c'est sans doute
09:16ArcelorMittal
09:17qui perd encore
09:183,3% en ce moment
09:19à 44,57 euros.
09:21Est-ce qu'il y a
09:22certains titres,
09:23certains secteurs
09:24qui vont longtemps
09:24porter les stigmates
09:25de ces tensions
09:26du moment ?
09:27Alors, évidemment,
09:28tous les secteurs
09:29qui sont très énergivores
09:31vont souffrir
09:32de manière assez forte.
09:33À l'inverse,
09:34on peut estimer,
09:35notamment dans une dynamique
09:36européenne
09:37qui est axée
09:38sur la souveraineté
09:39énergétique
09:39et la souveraineté
09:40sur la défense,
09:41des plans de relance
09:43et des investissements
09:44qui seront faits,
09:45des Schneider,
09:46des Saint-Gobain
09:46qui ont aussi souffert
09:48mais qui pourraient
09:49être favorisés
09:50dans les prochaines semaines
09:52voire les prochains mois
09:53dans une dynamique
09:54européenne
09:55vers, encore une fois,
09:56plus de souveraineté.
09:57Mais c'est vrai
09:58que les secteurs
09:58énergivores
09:59vont souffrir
10:00pendant de nombreux mois.
10:03On va le voir
10:03dans les résultats
10:04puisqu'on va avoir
10:05les résultats
10:05du troisième trimestre
10:06avec les perspectives
10:07qui vont commencer
10:08autour de mi-avril
10:10et ce sera très intéressant
10:12de regarder,
10:14de lire entre les lignes
10:15effectivement
10:15les déclarations
10:16des chefs d'entreprise.
10:18Bon,
10:18vous allez faire
10:19comme tout le monde,
10:20vous allez attendre vendredi,
10:21deadline.
10:23Incroyable,
10:23Donald Trump
10:24qui dit
10:25en gros
10:25on va attendre
10:26la fin des...
10:27la cloche de Wall Street
10:28avant de décider
10:30ce qu'on fait.
10:31Bon,
10:31ça va être
10:31le point pivot
10:32pour les mois à venir là.
10:33Ça va être
10:34le point pivot
10:34pour les mois à venir.
10:36Il va falloir
10:37estimer en tout cas
10:38les différents scénarios
10:39de longueur du conflit
10:41et surtout
10:41de retour à la normale.
10:42On le voit,
10:43ça va être extrêmement compliqué.
10:44Donald Trump gère
10:45à peu près
10:46les doigts de douane
10:46comme il gère une guerre.
10:47Donc effectivement,
10:48c'est un pas en avant,
10:49un pas en arrière,
10:50deux pas en avant,
10:51trois pas en arrière
10:52avec la même méthodologie.
10:54Finalement,
10:55sa méthode est assez proche
10:56de ce qu'il avait fait
10:57sur les tarifs douaniers
10:58l'année dernière
10:59avec cette fois-ci
11:00une réussite.
11:01On va voir
11:01comment ça va se passer.
11:03Mais en tout cas,
11:03on peut à mon avis
11:04encore avoir
11:05de nombreuses tensions
11:07et on peut avoir
11:08une dynamique baissière
11:08sur les marchés
11:09sur les prochaines semaines.
11:11À l'exception que justement
11:12lors de cette agitation
11:13autour des tarifs douaniers,
11:14il y a deux,
11:15trois trucs
11:15qui l'avaient retenu
11:17quand même
11:17d'aller trop trop loin.
11:18Premièrement,
11:19c'était le niveau des taux
11:19et on se souvient
11:20que c'était l'agitation obligataire
11:22qui tout de suite l'avait,
11:23enfin deux,
11:24trois banquiers
11:24qui étaient allés le voir
11:25à deux,
11:26trois conseillers
11:26en lui disant
11:26non, non,
11:27il va falloir arrêter
11:28et effectivement,
11:29il avait fait machine arrière.
11:33de l'essence.
11:34Malgré tout,
11:35ça n'a pas l'air
11:35de l'arrêter en ce moment
11:36mais peut-être
11:37que la situation
11:38va être différente
11:39de ce côté-là.
11:39C'est un jusqu'au butiste.
11:42Je me rappelle
11:42être passé dans cette même émission
11:44en disant
11:44le titre c'était
11:46Donald Trump n'a peur de rien
11:47sauf des taux d'intérêt.
11:49Là, c'est assez clair
11:50et on a vu sa réaction
11:51quand les taux ont frôlé
11:52avec les 4,40, 4,50.
11:54On voit que c'est
11:54un niveau de réaction
11:55pour calmer les marchés.
11:56Donc en fait,
11:57on ne sait pas
11:57s'il parle aux Iraniens
11:58ou au marché finalement.
11:59Et puis là,
12:00on est à 4,37
12:01donc il reste peut-être
12:02encore un petit peu de marge.
12:03Il s'est peut-être
12:03mis ça sur un carnet
12:05dans un coin
12:05en disant
12:06bon,
12:0745, ouais.
12:08Exactement.
12:08On est dans une situation
12:09très délicate
12:10où la crédibilité
12:12de Donald Trump
12:13est peut-être
12:14remise en cause.
12:16Malgré les clintes
12:17d'inflation,
12:18les banques centrales
12:18essaient encore
12:19de temporiser.
12:20C'est votre punchline
12:22pour cette bourse cash
12:23à retrouver évidemment
12:24en podcast
12:25et en replay.
12:26Merci Alexandre Ezez.
12:28Merci.
12:28À une prochaine fois.
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