00:03Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
00:07Et oui, c'est pas forcément une bonne nouvelle, les prix des légumes vont s'envoler de plus de 30
00:11% par endroit et en fonction des produits.
00:13J'espère que vous n'êtes pas fan des artichauts, c'est plus de 100% nous dit-on.
00:17Les professionnels préviennent d'un automne cher et directement lié à la sécheresse.
00:22La production baisse et menace les cultures.
00:25On est avec Bruno Villa. Bonjour M. Villa, vous êtes président UDC Roseline et coprésident de Légumes de France et
00:34donc professionnel du secteur.
00:36Avec vous, on va essayer de comprendre ce qui se passe.
00:38J'imagine que la canicule et la sécheresse ont eu un impact direct que vous ressentez déjà sur votre filière.
00:46Oui, tout à fait. Depuis la fin du mois de mai, on a subi plusieurs canicules qui ont impacté les
00:54productions.
00:55Et aujourd'hui, l'impact est quand même terrible pour les producteurs puisqu'il y a eu à peu près
01:00entre 25 et 100% de pertes de production de légumes sur les exploitations maraîchères.
01:06Avec des épisodes qu'on n'avait jamais connus de façon aussi intense et répétitive pendant l'été et avec
01:12un gros déficit hydrique également.
01:14Ce qui fait qu'on a beaucoup moins de volume et les producteurs sont vraiment très impactés par la situation.
01:20Voilà, et pour bien comprendre Bruno Villa, c'est comme ça que ça marche.
01:23Il y a moins de production parce que les producteurs sont obligés de jeter une partie de ce qu'ils
01:30voulaient produire.
01:32Et malheureusement, au bout du compte, comme il y a de la rareté, forcément les prix montent.
01:38Quels sont les légumes les plus touchés ?
01:40Aujourd'hui, tout ce qui est carottes, poireaux, toute la gamme salade est extrêmement touchée.
01:49Les choux, de façon moins importante, les légumes se serrent comme la tomate et le concombre qui aussi pâtissent de
01:56manque de volume actuellement.
02:00Donc, c'est l'ensemble de la gamme légumes qui est touchée.
02:03Et comme vous l'avez bien dit, la rareté fait que les prix augmentent naturellement
02:09puisqu'en fait, les prix des fruits et légumes évoluent selon l'offre et la demande.
02:14Et compte tenu du fait qu'il y a de moins en moins de production et de moins en moins
02:20de volume,
02:21clairement, les prix montent parce que la demande est forte et encore plus
02:25puisque avec la saison et les températures, les consommateurs consomment aussi plus de fruits et légumes
02:32et donc la demande est plus forte, ce qui fait que ça fait augmenter les prix.
02:36Ce qui est quand même, il faut le dire, plutôt une bonne chose pour les producteurs
02:40parce que ça pourra compenser une partie des pertes, mais pas totalement, loin s'en faut.
02:47Il faudra effectivement les accompagner un peu plus
02:50parce que ça va être une année terrible au niveau économique pour les producteurs maraîchers.
02:54Si je comprends bien, Bruno Villa, on pourra se consoler en se disant
02:57qu'en payant un peu plus cher, on contribue aussi à ce que nos agriculteurs
03:03finalement amortissent un peu mieux le choc.
03:06Vous disiez que les tomates n'étaient pas concernées, en tous les cas celles qui sont sous serre,
03:11mais je vois quand même que dans les chiffres, il devrait y avoir deux fois moins de tomates cet été.
03:17Oui, oui, non, j'ai bien dit que les productions sous serre étaient également concernées,
03:23globalement, de façon moins significative que les producteurs de plein sang
03:27qui ont plus souffert encore de la canicule parce que la serre est un abri,
03:31donc ça permet de préserver un peu plus les cultures.
03:34Mais là, sur les différentes canicules, les productions de tomates et de concombres
03:39ont souffert aussi des températures et les volumes actuellement sont très faibles,
03:43ce qui fait que les produits ont aussi un niveau de prix plus élevé que d'habitude en saison
03:51et de fait, forcément, le consommateur retrouve des produits dans les rayons plus chers.
03:57Néanmoins, le prix rayon n'est pas le prix payé consommateur.
04:00Il y a entre le prix consommateur et le prix producteur, la marge des distributeurs également,
04:07qui, parfois, est un peu élevé, ce qui fait que ça a un effet multiplicateur, on va dire, des prix
04:16qui augmentent.
04:18Il faudra veiller à ce que les distributeurs n'en profitent pas pour augmenter encore sur le dos des agriculteurs
04:25et en disant que la canicule et la sécheresse sont là et donc on va encore plus augmenter.
04:30J'espère qu'ils n'augmenteront pas leur marge d'autant.
04:34Ben voilà, il faut que ce soit raisonnable puisque clairement, il faut que nos produits restent accessibles malgré tout pour
04:40les consommateurs.
04:41Comme vous l'avez dit, il faut que les consommateurs comprennent que si le prix augmente,
04:46c'est lié aux conséquences des canicules et de la faible production chez les producteurs maraîchers
04:53et que, quelque part, il y en a aussi besoin parce qu'entre les augmentations de charges que nous avons
04:58et que nous devons assumer malgré les productions faibles,
05:03clairement, on a besoin de valoriser les productions, y compris celles qui sont dans un état, on va dire,
05:11de présentation qui est un peu moins bien que d'habitude avec des légumes de plus petit calibre,
05:18parfois un petit peu abîmés.
05:20Justement, Bruno Villa, il va falloir peut-être être un peu moins exigeant et jeter un peu moins
05:25et peut-être nous proposer des légumes et des fruits moches, tant pis,
05:30des légumes qui sont peut-être un peu atrophiés, pas terribles à la présentation,
05:34mais qui peuvent être proposés peut-être à des prix inférieurs, non ?
05:39Oui, tout à fait. L'objectif, c'est de valoriser tout ce qui peut l'être aujourd'hui quand même
05:43parce que c'est source de revenus malgré tout.
05:46Il faut que les exigences au niveau de la qualité, de l'agréage des produits, notamment,
05:53soient un peu assouplis parce qu'un petit légume qui a des défauts,
05:58quelque part, il est aussi bon, même si l'aspect est peut-être moins joli.
06:03On s'en fiche qu'il ne soit pas beau, on le coupe et puis on le met dans la
06:05poêle,
06:06et puis ce n'est pas grave ça.
06:0740% pour les petits pois, 60% pour le brocoli, 100% pour les artichauts,
06:12mais c'est terrible ce qui nous attend, là, dites-moi Bruno Villa.
06:15Oui, c'est terrible. Après, c'est malheureusement les conséquences de cette évolution climatique
06:21que nous subissons et qui a un impact important sur les productions de légumes,
06:26et notamment, on le voit sur la façade ouest, où on a subi un climat que l'on n'avait
06:32jamais vu
06:33avec des canicules répétitives, des températures nuit et jour très élevées
06:37et un déficit de pluie énorme aussi, on le voit y compris sur la Bretagne
06:42qui subit aussi également de fortes baisses de production et qui impacte les producteurs.
06:48Voilà, ça c'est la réalité de ce que nous vivons aujourd'hui
06:51et on peut quand même constater que, voilà, aujourd'hui, il va falloir qu'on s'y prépare,
06:57qu'on trouve des solutions.
06:58Alors, justement, parmi les solutions, Bruno Villa, est-ce que l'idée, c'est pas de s'approvisionner ailleurs ?
07:04Ça m'écorche la bouche de vous le demander, parce que je préfère qu'on ne s'approvisionne qu'en
07:08France
07:08et que nos agriculteurs soient, évidemment, les premiers à fournir nos fruits et légumes, évidemment, en France,
07:17mais dans le contexte de cet été, est-ce qu'il va y avoir des approvisionnements ailleurs en Europe ?
07:24Là, après, je ne sais pas quelle sera la politique de certains enseignes.
07:30Nous, en tout cas, on milite pour développer la production française et c'est notre souveraineté alimentaire.
07:37Aujourd'hui, il y a des solutions, effectivement, pour être capable de produire en France,
07:42comme le font d'autres pays qui, d'ailleurs, eux-mêmes, ont subi l'effet de la chaleur.
07:46On n'est pas les seuls. Je pense que l'Espagne est dans la même situation que nous
07:49et d'autres pays méditerranéens qui produisent des légumes aujourd'hui,
07:54y compris, d'ailleurs, les pays du Nord, puisque la vague, elle a touché quand même l'ensemble de l
07:58'Europe.
07:58Évidemment, absolument.
07:59Et donc, le pays qui dit, il est partout, mais en France, on s'est moins bien préparé que certains
08:05pays
08:05à la situation que nous traversons.
08:07Il faut travailler un peu plus au niveau du stockage de l'eau pour sécuriser l'irrigation.
08:11Il faut accompagner les producteurs pour développer des outils de production sous serre,
08:15parce qu'on voit que, quelque part, c'est ce qui protège le mieux les cultures pour les légumes
08:19qui peuvent être cultivés sous serre.
08:21Et on a des solutions pour continuer à produire en France.
08:26Clairement, il faut les mettre en œuvre.
08:27On a pris du retard.
08:28C'est indispensable, aujourd'hui, de mettre la marche avant
08:31et de développer des productions maraîchères sur notre territoire,
08:36qui ont toutes leurs places.
08:37Et je pense que le consommateur, il est aussi attentif.
08:39Absolument, c'est indispensable de repenser, effectivement,
08:42toutes ces questions que vous venez d'évoquer.
08:44Merci beaucoup, Bruno Villa, président UDC Rougeligne
08:47et coprésident de Légumes de France,
08:49face donc à l'augmentation à venir des légumes.
08:52À suivre, les escapades de l'été...
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