- il y a 2 heures
Une heure d'information, d'analyses et de débats en direct du lundi au vendredi, en codiffusion avec CNEWS.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00On revient sur ce qui s'est passé du côté de Toulouse.
00:03Trois policiers municipaux agressés, deux blessés lors d'une attaque au couteau
00:07avec des propos à caractère terroriste qui ont été signalés.
00:10C'est ce qu'a dit Désir le maire de la ville, Jean-Luc Moudinque.
00:14On fait le point sur la situation avec Corentin Alonso.
00:18Vers 18h, ce lundi, rue d'Austerlitz en plein cœur de Toulouse,
00:23un homme fait mine de chercher un renseignement auprès de trois policiers municipaux.
00:28Une fois à proximité, l'homme sort un couteau à huître
00:32et attaque les forces de l'ordre sous les yeux des passants.
00:39Dans un premier temps, il a attaqué le collègue masculin.
00:42Il l'a attaqué directement à la gorge.
00:44Heureusement, il ne l'a pratiquement pas atteint.
00:46Il est légèrement coupé à la gorge, mais rien de grave.
00:49Il a ensuite essayé de se protéger et il a été blessé au coude.
00:53Et l'individu s'est ensuite jeté sur la collègue
00:55et lui a assainé plusieurs coups de couteau au niveau du flanc sur le gilet pare-balles.
01:00Heureusement, le gilet pare-balles a rempli sa fonction.
01:03Ça n'arrête pas que les balles, heureusement.
01:04Selon une source policière, l'assaillant aurait crié « Alakbar » avant de passer à l'acte.
01:10Le maire de la ville, Jean-Luc Moudinque, a lui évoqué des propos à caractère terroriste.
01:15Les policiers municipaux, bien qu'armés à Toulouse,
01:18n'ont fait usage que de leur bâton télescopique.
01:20Ça nous montre bien que les policiers municipaux restent des cibles,
01:24que les policiers municipaux sont exposés au même titre
01:27que leurs collègues policiers nationaux et gendarmes
01:29et que c'est ce qu'on appelle le continuum de sécurité.
01:32Tout le monde est exposé au même risque.
01:34Les deux policiers blessés ont été transportés
01:36puis pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueuil.
01:39L'agresseur a été interpellé.
01:42Il était en possession de deux autres couteaux.
01:45Célia Barot du service police-justice de CNews.
01:47On le disait, donc, cet auteur a été interpellé.
01:50Il a été placé en garde à vue.
01:52Une garde à vue qui a été levée, Célia ?
01:53Oui, une garde à vue levée est confirmée par le parquet de Toulouse
01:57puisque son état a été jugé incompatible avec une mesure de garde à vue.
02:01Les causes de cette incompatibilité relèvent du secret médical.
02:05Il était effectivement, nous dit-on, porteur de trois armes blanches
02:08dont un couteau à huîtres,
02:10dont il s'est servi pour agresser les trois policiers municipaux.
02:13Il était légèrement alcoolisé
02:15et les analyses toxicologiques sont toujours en cours.
02:17À cette heure, nous ignorons toujours son identité
02:20qui fait donc l'objet de recherches au niveau international,
02:24l'intéressé étant a priori étranger.
02:26À partir de là, nous pourrons rechercher ses antécédents
02:29et partant ses motivations,
02:31l'intéressé ayant tenu des propos, nous dit-on,
02:33faisant référence à une idéologie terroriste
02:36qu'il convient de vérifier avant d'envisager,
02:39bien sûr, la saisie par le parquet national antiterroriste.
02:42Merci beaucoup, Célia Barotte, sur le terrain.
02:45On retrouve Julia Ferrand.
02:47Bonjour et merci d'être avec nous.
02:49Julia, le pire a été évité du côté de Toulouse
02:53avec, évidemment, cette décision qu'on a prise
02:55dans la journée d'une garde à vue levée
02:57pour raison médicale, pour l'auteur des faits.
03:02Bonjour Élodie.
03:03Effectivement, l'agresseur à l'arme blanche
03:06des deux policiers municipaux dont la garde à vue
03:09avait lieu juste derrière moi,
03:11au commissariat central de police de la ville,
03:14a été hospitalisé en unité psychiatrique
03:17à l'hôpital de Purport.
03:18Vous l'avez dit, Célia, son état a été jugé incompatible
03:21avec son maintien en garde à vue.
03:23L'identité de cet homme inconnu au fichier des empreintes digitales
03:28n'a pas été formellement identifiée à ce stade.
03:32Et les enquêteurs sont toujours dans l'attente
03:34des résultats des prélèvements ADN.
03:37Lionel Rico, secrétaire départemental
03:39Alliance Police Nationale Haute-Garonne,
03:42que nous avons interrogé tout à l'heure,
03:44nous a confié le ras-le-bol général des forces de l'ordre
03:47et a pointé le manque de moyens ici à Toulouse.
03:50Les deux policiers agressés à l'arme blanche
03:53ont été blessés légèrement au bras.
03:56Ils ont pu sortir de l'hôpital après leur prise en charge.
03:59L'auteur des coups de couteau sera à nouveau placé en garde à vue
04:03dès que son état psychiatrique sera compatible
04:06et donc sa sortie de l'unité dans laquelle il se trouve.
04:09L'enquête se poursuit pour préciser les circonstances
04:12de cette agression, Elodie.
04:13Merci beaucoup, Julia Ferrant et Florian Doré qui vous accompagnent.
04:16On verra s'il y a de nouveau une garde à vue,
04:18ce qui pour l'instant évidemment n'est pas encore garanti
04:20en fonction de l'état psychiatrique de ce mis en cause.
04:24Nous sommes avec Pierre Lamotte.
04:25Bonsoir et merci d'être avec nous sur CNews et sur Europe 1.
04:28Vous êtes psychiatre et criminologue.
04:31On le sait, aujourd'hui c'est forcément très compliqué
04:35d'identifier les profils qui ont véritablement
04:39un trouble psychiatrique qui est totalement incompatible
04:42avec une garde à vue.
04:43Et puis sans doute, aujourd'hui, certains qui tentent
04:45pour se dédouaner d'expliquer qu'il n'aurait pas de discernement,
04:50c'est là justement où rentrent en vigueur les psychiatres
04:54pour savoir effectivement sur lequel des deux profils on s'oriente.
04:59Alors ça n'est pas une clinique qui est complètement fixée,
05:02c'est très personne dépendant.
05:04On l'a bien vu pour l'affaire de Sarah Halimi
05:06où il y a eu un peu un scandale
05:08qu'on déclare l'irresponsabilité pénale
05:11alors qu'il y avait eu manifestement
05:12des moyens mis en œuvre, un but
05:15qui montrait qu'il y avait quand même quelque chose
05:17qui représente un projet concerté dans ce passage à l'acte.
05:21Nous savons ici, le peu qu'on sait,
05:23parce qu'on a encore beaucoup de choses à découvrir,
05:25mais nous savons ici qu'il a demandé des renseignements faussement.
05:29Donc il a eu une stratégie pour entrer en contact
05:32avec les gens qu'il a agressés.
05:33Rien que ça, ça oriente déjà un petit peu vers le dialogue,
05:38vers la discussion qui peut être soit de suivre un peu le droit romain,
05:42c'est-à-dire de dire que la malignité du crime,
05:45l'organisation en quelque sorte du crime prime sur la folie,
05:49par analogie à ce qu'on disait pour les mineurs,
05:52mais ça peut aussi être l'orientation vers des psychiatres experts
05:57qui vont dire non, la folie prime,
05:59et peu importe si ça a l'air d'être organisé,
06:01et c'était quelque chose qui a été commis en irresponsabilité pénale.
06:05C'est ça qui est intéressant,
06:06parce que souvent on a tendance à se dire,
06:08à partir du moment où il y a, je mets des gros guillemets,
06:10une préméditation, comme dans ce cas-là,
06:12où il essaye d'attirer les policiers à lui,
06:15le commun des mortels a tendance à se dire,
06:17donc ça veut dire qu'il sait ce qu'il fait.
06:19En revanche, vous nous expliquez que ce n'est pas si simple que ça,
06:22il a pu certes demander à des policiers des renseignements.
06:26Une certaine partie de la psychiatrie estime
06:27que c'est aussi un raisonnement qui doit être tenu.
06:30Mais il est vrai qu'on a aussi la loi de 2022
06:34qui nous dit que s'il était sous l'empire de toxiques,
06:38il ne peut pas revendiquer son irresponsabilité
06:41dans le passage à l'acte,
06:43parce qu'il était sous l'empire de toxiques.
06:45Au contraire.
06:47Sur justement l'importance aussi de la psychiatrie,
06:50on en parle malheureusement dans de nombreux cas,
06:52on a tendance à penser que c'est un peu le parent pauvre de la justice,
06:55que disait déjà à l'époque Éric Dupond-Moretti.
06:58Parfois, on voit des cas où il y avait des obligations de soins,
07:01où il devait y avoir un suivi qui n'est pas fait.
07:04Et souvent, en fait, ce sont des suivis qui ne sont pas faits de manière effective
07:07parce qu'en fait, on manque de moyens.
07:09C'est ça, c'est des tartes à la crème.
07:10Je suis désolé, nous avons énormément de patients que nous suivons.
07:14Et quant à dire qu'on n'a pas de moyens,
07:16quand un psychiatre dit qu'il a assez de moyens,
07:18on l'enferme avec ses malades.
07:19Il faut reconnaître que la nation a mis énormément d'argent là-dedans.
07:23On ne peut pas soigner tout le monde
07:25et surtout, on ne peut pas contraindre tout le monde à se soigner.
07:27Mais tous les jours, nous accueillons des gens
07:29dans les unités judiciaires
07:30ou dans des unités psychiatriques spécialisées de suivi
07:33pour des obligations de soins,
07:35des injonctions de soins du suivi socio-judiciaire
07:37avec un certain succès.
07:39Mais alors comment on peut expliquer justement
07:41qu'aujourd'hui, on est autant d'affaires ?
07:45Personne ne peut garantir un succès à 100%.
07:47On ne peut pas dire d'abord qu'on va repérer
07:49tous les criminels potentiels
07:51et prévenir avant qu'ils agissent.
07:53Et même pour ceux pour lesquels on sait qu'il y a un risque,
07:57nous vivons quand même dans un pays de liberté.
07:59Regardez toutes les difficultés qu'on a eues
08:01à mettre en place la rétention de sûreté
08:03qui n'est jamais appliquée.
08:05Eh bien, nous sommes quelque part un pays de liberté.
08:08Et c'est une valeur qui est quelquefois malheureusement
08:12en opposition avec les mesures de précaution
08:15qu'il faudrait prendre.
08:16Merci beaucoup à Pierre Lamotte,
08:18psychiatre et criminologue,
08:19d'avoir été avec nous sur CNews et sur Europe 1.
08:22Najoua, elle a été.
08:23Alors effectivement, il y a sans doute,
08:24et on le souhaite,
08:25beaucoup de fois où le suivi psychologique
08:27ou psychiatrique est fait et bien fait.
08:29Malheureusement, on a l'impression
08:30que c'est peut-être dans les cas les plus graves
08:32où ça n'est pas fait.
08:33Et on retrouve des individus
08:35qui vont donner des coups de couteau
08:37à des policiers ou à des gens dans la rue.
08:39Là, quand il devait y avoir une obligation de soins,
08:41non seulement elle n'est pas faite
08:42et qu'ils se retrouvent à poignarder des gens,
08:43je ne suis pas sûre que le suivi,
08:45véritablement, là, soit très opérant.
08:47Tout à fait.
08:48D'autant que, oui,
08:49la psychiatrie et le parent pauvre,
08:51ce n'est pas une tarte à la crème,
08:52je peux vous le dire, moi, en tant que...
08:53Pour le coup,
08:54l'Amérique du Pond-Moretti le disait.
08:56Mais bien sûr.
08:56Alors oui, les moyens ont augmenté.
08:58Oui, c'est vrai.
08:59Les moyens ont augmenté.
09:01Mais ça demeure le parent pauvre.
09:02Moi, je vois en prison des gens qui ont besoin d'être suivis
09:08de manière, je ne dis pas tous les jours,
09:10mais un suivi quand même régulier, même deux fois par mois.
09:15Et bien ça, je suis désolée, en prison, c'est très, très compliqué.
09:19Et je vous assure qu'il y a des cas psychiatriques en prison
09:25qui méritent un suivi vraiment sérieux.
09:29Deuxièmement, moi, j'ai eu l'exemple d'un client
09:33qui a eu des problèmes psychiatriques.
09:36Alors, il a été hospitalisé.
09:40On a évité la peine pénale, une sanction pénale,
09:44parce qu'il était considéré comme irresponsable pénalement.
09:47Eh bien, on a eu énormément de mal à lui trouver une place.
09:53On a eu énormément de mal.
09:55Moi, je me battais avec les parents.
09:56Donc, on ne peut pas dire que tout va bien, que les places existent.
10:01C'est faux. C'est faux.
10:03Moi, je l'ai vécu avec des parents où ils étaient prêts à se tirer les cheveux
10:07parce qu'à chaque fois, on leur disait,
10:08ben non, non, on n'a pas de place.
10:10Ah ben non, on ne peut pas suivre votre fils.
10:12Ah ben non, etc.
10:13Et puis suivi parce que ce client et ce patient
10:18n'étaient pas libérés dans la nature.
10:21La justice suivait ce qu'il devenait.
10:24Donc, on devait rendre un rapport au juge de l'application des peines.
10:28Mais dire que c'est facile de trouver une place, c'est faux, archi-faux.
10:33C'est faux.
10:33Oui, et puis c'est là la différence aussi, Vendry de Guerpel,
10:35entre bien évidemment la prison ou les centres psychiatriques.
10:39C'est qu'en prison, on se dit, bon, ben, quand il n'y a plus de place,
10:41on ne les fait pas rentrer puisque, par définition,
10:43on ne va pas faire sortir tous les prisonniers.
10:45En revanche, on voit aussi comment ça marche.
10:46Najouel Haïté le disait.
10:47Dans des centres psychiatriques, quand il faut du suivi,
10:50quand on n'arrive plus à soigner tout le monde,
10:52il y a forcément des gens qu'on laisse un peu dans la nature
10:53parce que, par définition, en fait, on n'y arrive pas.
10:56On n'arrive pas à traiter tout le monde.
10:58Oui, mais là, je crois qu'on ne se déplace un peu trop sur le débat.
11:01C'est-à-dire que là, on a le cas d'un assaillant
11:05qui est armé de trois couteaux,
11:08qui hurle à la Ouagbar,
11:10donc qui a un caractère terroriste, en réalité, islamiste, en l'espèce.
11:14Et là, on essaye de dire
11:18que c'est parce qu'il a des problèmes psychologiques.
11:21Non, non, on est en train d'essayer de parler de la suite.
11:22Exactement, on essaie de parler de la suite.
11:24Mais il faut que le problème, c'est que
11:27quel message on envoie à la société aujourd'hui ?
11:29C'est celui de dire que c'est un fou du bus.
11:30De toute façon, c'est un fou du bus.
11:33Il n'est pas psychologiquement équilibré.
11:36Donc, en fait, il ne répondra pas de ses actes.
11:38Mais donc, dans ce cas-là, n'importe quel délinquant
11:41peut dire qu'il est psychologiquement faible
11:44et déséquilibré.
11:44Et donc, aujourd'hui, ce qu'attendent les Français,
11:46c'est que des gens comme celui-là
11:49se fassent arrêter et se fassent enfermer.
11:52Et s'ils sont sous le coup d'une QTF,
11:54qu'ils rentrent chez eux.
11:55Voilà, c'est tout simple.
11:56Et c'est juste ce que demandent les Français.
Commentaires