- il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir maintenant sur la sécheresse et ses conséquences, parce qu'on a 70% des départements français aujourd
00:06'hui qui sont en régime de restriction d'eau.
00:10C'est inédit dans le pays, et puis alors, quand tu as parlé de la pluie, et là quand je
00:15me tourne vers Anthony Ferry, on a un horizon pour la pluie quand même ou pas ?
00:20Pour la pluie, pour des orages, ce sera samedi. En revanche, la pluie, c'est un peu plus dur quand
00:25même.
00:25Mais pour prendre la mesure concrète des restrictions d'eau, on va déjà retrouver Laura Cambo, qui va nous parler,
00:32elle, des conséquences sur les ponts,
00:35parce que cette chaleur extrême commence à faire bouger et à user aussi les infrastructures.
00:40Ensuite, sur l'eau, on sera du côté de la communauté d'agglomération de Saint-Lô, dans la Manche, où
00:45on envisage des coupures d'eau,
00:46et peut-être même des foyers, des maisons, des appartements, qui seront sans approvisionnement.
00:52Alors, on va commencer avec Laura Cambo, qui est sur un pont, dans l'Eure, où on a réduit la
00:56vitesse. Pourquoi, Laura ?
01:01Eh bien, on a réduit ici la vitesse parce que ce pont serait fragilisé. On est dans l'Eure, aux
01:07Andéli, et selon une étude qui a été faite,
01:10il y a la structure métallique qui est en train de se dilater. On entend également un bruit, un claquement
01:17étrange,
01:17quand il y a des voitures qui passent sur ce pont. Voilà pourquoi il y a deux mesures qui ont
01:22été prises.
01:23En effet, vous le disiez, on est passé de 50 km heure à 30 km heure,
01:27et on sait qu'également, il y a les poids lourds de plus de 19 tonnes qui sont interdits.
01:32Il y a une déviation qui a été mise en place. Je vous propose d'écouter quelques automobilistes.
01:39Ce n'est pas un pont qui est vraiment neuf, donc normalement, c'est des choses qui durent dans le
01:44temps, qui sont robustes.
01:48C'est inquiétant, oui, parce que c'est de plus en plus régulier maintenant,
01:50qu'il y a des problèmes avec les infrastructures, que ce soit les ponts, même les maisons d'ailleurs.
01:56Il s'avère qu'avec la sécheresse, il y a une dilatation.
01:59Je ne pense pas que ce soit les câbles, mais au niveau de joints, au niveau du sol,
02:03qui fait qu'il faut limiter le tonnage.
02:06Il faut savoir que ce pont est emprunté par 5000 véhicules tous les jours.
02:11Il permet de franchir la scène ici, dans l'Eure.
02:14Ce pont est donc très important, mais malgré cela, le conseil départemental de l'Eure
02:18va poursuivre ses mesures de précaution jusqu'à ce que l'étude soit finalement publiée,
02:23jusqu'à ce que l'on sache quels travaux seront nécessaires.
02:26Laura Camboy avec Zainab Adialo du côté des Andelis dans l'Eure.
02:30Boris Vellachef, merci d'être avec nous.
02:33Cette chaleur intense a fait bouger les infrastructures,
02:36ça les fragilise ?
02:37Que ce soit des maisons, que ce soit des ponts, que ce soit des ouvrages d'art,
02:40que ce soit même d'autorisés aux ferrovières d'ailleurs,
02:43il subit, avec ces écarts de température de plus en plus importants,
02:46il subit, comme ça a été dit, des phénomènes de contraction et de dilatation très importants.
02:52Il y a aussi ce qu'on appelle au niveau des culets des ponts, par exemple,
02:55c'est l'endroit où ça se fixe sur les deux berges,
02:59qui sont traversées par le pont.
03:00Il y a aussi, de par la sécheresse, le fait que ces berges se fragilisent.
03:07Donc, en fait, c'est toute la structure.
03:08Il y a les aciers qui sont dans le béton,
03:10il y a les structures en acier aussi qui subissent de la fatigue.
03:14Et puis, après, on a le retrait, le gonflement des argiles.
03:17On a beaucoup parlé au niveau des constructions des maisons,
03:19qui concernent presque 11 millions de constructions en France,
03:23et qui, d'ici les années 2050, risque d'en concerner près de 19 millions.
03:27C'est l'un des plus gros problèmes pour les assurances aujourd'hui,
03:32parmi les choses qui nous coûtent le plus cher.
03:33Donc, il y a une expertise générale à lancer ?
03:36Bien sûr.
03:36Et puis, au niveau des ponts, il faut savoir que,
03:39contrairement à ce que beaucoup de gens croient,
03:40des ponts, il y en a plus, on en a entre 200 000 et 250 000 en France.
03:43C'est énorme, c'est un chiffre conséquent.
03:45En plus, on n'a toujours pas aujourd'hui presque de liste exhaustive de tous ces ouvrages,
03:50parce qu'il y en a qui sont entretenus par la responsabilité de l'État.
03:53On les connaît, on les surveille assez.
03:55Après, il y en a qui sont même entretenus et sous la responsabilité de communes,
03:59qui n'ont ni les moyens techniques, ni les moyens humains,
04:01ni les moyens financiers de pouvoir gérer tout ça.
04:04Donc, il y en a plein dont on ne connaît pas les pathologies particulières.
04:06Les routes aussi, il faut parler des routes.
04:07Voilà, il y a toutes les routes, les infrastructures.
04:09Avec la chaleur, on sait que les bitumes, par exemple, souffrent.
04:11On a des ouvertures de lit de poule, etc.
04:13Mais on a aussi l'infrastructure qui est sous-jacente au bitume,
04:16qui aussi est fragilisée,
04:18de par ces effets de contraction, de dilatation des terres,
04:23avec les achachements suivis de grandes périodes de fortes pluies,
04:28comme on l'avait eues au printemps.
04:30Et tout ça, ça joue.
04:31On avait déjà ce phénomène dans les routes de montagne, par exemple.
04:34En Savoie, on le savait.
04:35C'est qu'on est depuis longtemps à la fonte des neiges.
04:36Il y a une détérioration de tout le réseau routier,
04:38qui sont des routes qu'on refaisait très souvent, justement, à cause de ça.
04:41Mais là, on est confronté à ce problème-là, en fait,
04:44sur l'ensemble du territoire,
04:45de par ces écarts de température,
04:46ces écarts d'humidité et de sécheresse
04:48qui font que ça joue sur les infrastructures et sur les sols.
04:51Alors, des infrastructures, on va s'intéresser à l'eau aussi,
04:55parce que ça va être un enjeu majeur.
04:57On va tout de suite poser la question à Jean-Luc Lerouxselle,
05:00il est vice-président de Saint-Lau-Aglo.
05:02Il est en charge de l'eau et de l'assainissement.
05:05Merci d'être avec nous, M. Lerouxselle,
05:06parce que du côté de Saint-Lau-Aglo, du côté de la Manche,
05:09vous avez des perspectives qui sont guère réjouissantes
05:13en ce qui concerne la distribution de l'eau.
05:16Oui, effectivement, on a une situation
05:17qui devient de plus en plus tendue.
05:19Il faut savoir que sur le secteur de Saint-Lau-Aglo,
05:22115 % de l'eau potable provient de l'eau superficielle,
05:26en cas de longue période santé,
05:28un secteur donc plus fragilisé.
05:31Actuellement, on a un débit de la Vire,
05:33donc on est alimenté principalement par un riviac,
05:35qui s'appelle la Vire,
05:36et un barrage.
05:38Actuellement, le débit de la Vire
05:41est de 0,3 m3 secondes,
05:44ce qui est très, très faible.
05:46Bon, ça permet encore de prélever.
05:48Espérons qu'on pourra encore prélever
05:50au moins une semaine, voire dix jours dans la Vire.
05:53Et après, en secours,
05:54on aura le barrage du semis,
05:57donc alimenté par un petit ruisseau
06:00qui s'appelle le semis,
06:02mais qui ne coule presque plus.
06:03Mais ça veut dire, attendez, Jean-Luc Leroussel,
06:07mais qu'on comprenne bien,
06:08ça veut dire que vous allez demander aux habitants
06:11de rationner leur eau
06:12et qu'éventuellement,
06:14ils pourront avoir des coupures d'eau ?
06:19Nous, le secteur de Saint-Lau-Aglo
06:21est passé en crise sécheresse,
06:23donc au maximum au niveau de la sécheresse,
06:26depuis une semaine.
06:28S'il ne pleut pas,
06:29les prévisions météorologiques
06:30ne m'annoncent pas beaucoup d'eau
06:31dans les dix jours.
06:32Effectivement, dans les quinze jours,
06:34voire trois semaines,
06:35on peut amener,
06:36donc il faut déjà faire des restrictions d'eau,
06:39mais on peut amener également
06:40à faire des coupures.
06:41Faire des coupures ?
06:42Attendez, vous dites,
06:43il y a les restrictions d'eau,
06:45ça c'est le geste qu'on peut faire soi-même,
06:46et ensuite, les coupures.
06:47Les coupures, ça veut dire
06:49que ça pourrait être des coupures quand ?
06:50En milieu de journée ?
06:52Des coupures d'une demi-heure ?
06:53De dix minutes ?
06:54D'une heure ?
06:55Plus ?
06:56Est-ce que vous l'avez déjà en tête ?
06:58Non, on a encore pour tout à fait étudier
07:00le protocole qu'on va mettre en place,
07:02mais bon, oui, effectivement,
07:03on peut aller aux coupures
07:04et aux distributions de bouteilles d'eau.
07:06À la population ?
07:08À la population.
07:09Vous commencez à prévenir, justement,
07:11les administrés ?
07:12Vous commencez à leur dire ?
07:14Alors là, on a déjà envoyé un courrier,
07:16enfin, il y a un courrier
07:17qui va partir aujourd'hui
07:18pour les maires des communes concernées,
07:21pour qu'ils alertent un peu leurs habitants,
07:24et puis il faut communiquer au maximum
07:27pour faire des économies d'eau.
07:30D'accord.
07:32Jean-Luc Leroux, c'est-à-dire prendre des douches,
07:34pas prendre de bain, notamment, c'est ça ?
07:36Essayer de tirer le moins possible
07:39sur l'eau du robinet,
07:40de ne pas trop utiliser les lave-vaisselles,
07:42les arrosages ?
07:44Oui.
07:45Donc ça va changer le quotidien ?
07:46Pas de mal de voitures.
07:48Ben, effectivement, oui.
07:49Merci d'avoir été avec nous,
07:51M. Leroux,
07:51Axel, ça, il faut s'y préparer,
07:54il faut comprendre,
07:55c'est simplement de la prévention
07:57avant de tomber dans la coercition,
07:59c'est-à-dire dans les coupures.
08:01Et puis même la coercition,
08:02elle n'est pas forcément liée
08:05à une politique publique,
08:06elle est aussi au fait
08:07que la ressource n'existe plus,
08:08vous n'avez plus d'eau.
08:09Le ruisseau, la nappe phréatique
08:11dans laquelle vous puisez
08:12ne vous permettent pas d'avoir de l'eau.
08:14Et donc, effectivement,
08:14ce sont des crises qu'il faut anticiper.
08:16On a des exemples de choses
08:17à ne pas faire,
08:19et on peut le voir
08:22sur l'entretien des réseaux,
08:23sur le financement,
08:24sur les investissements
08:25sur ces réseaux d'eau potable
08:27et évidemment l'eau
08:29pour les agriculteurs.
08:30L'entretien des réseaux,
08:31ça, c'est des travaux
08:33qui sont inconstants
08:34parce qu'on perd des milliards
08:35de mètres cubes d'eau
08:36à cause de ça.
08:38Bien sûr,
08:38et donc, si vous voulez,
08:39l'investissement à faire
08:40tous les ans,
08:40les canalisations qui ne sont pas aux normes,
08:42qui sont vieilles.
08:43Exactement,
08:43qui ont mal vieilli
08:44et puis qui travaillent aussi.
08:46Il n'y a pas que les routes
08:46et les ponts.
08:48Malheureusement,
08:49heureusement,
08:49parfois,
08:50ces réseaux d'eau potable
08:51passent dans des ouvrages d'art aussi.
08:53Et donc,
08:53il faut imaginer que
08:54si l'ouvrage d'art,
08:54le pont travaille,
08:55la canalisation d'eau aussi.
08:57Et donc,
08:58si vous voulez,
08:59c'est là où,
09:00en prévention,
09:01je dis souvent
09:01qu'on est le parent pauvre
09:02de la crise.
09:03Tout l'argent
09:04que l'on n'a pas mis
09:05à entretenir
09:06dans ces réseaux,
09:07c'est aujourd'hui
09:07cet argent
09:08que l'on dépense
09:08cinq,
09:09dix fois plus
09:09parce qu'il faut faire
09:11soit ces travaux en urgence,
09:13soit vous perdez
09:13de l'attractivité
09:14de votre territoire
09:14parce que vos gîtes,
09:16et ça a été le cas
09:16dans les Pyrénées-Orientales,
09:18l'industrie touristique
09:19a dû s'adapter
09:20et proposer
09:21à ses clients
09:21d'aménager
09:23les douches
09:24pour pouvoir
09:25soit recycler
09:26les eaux grises,
09:27donc les eaux issues
09:28de la vaisselle
09:29et des douches,
09:30soit proposer aussi
09:31à ses clients
09:32de prendre des douches
09:33plus courtes,
09:34de ne pas utiliser
09:35de baignoire
09:36pour pouvoir ménager
09:37évidemment la route
09:38sans eau
09:38qui ne se faisait rare
09:39dans les Pyrénées-Orientales.
09:40Mais Boris Véliachef,
09:41tout à l'heure,
09:41nous avions François Gemmène
09:42qui est avec nous,
09:43qui est un éminent scientifique.
09:44Il y a une véritable planification
09:47de grands travaux
09:48à lancer là ?
09:48Les transferts d'eau
09:49d'une région à une autre,
09:50ça se fait déjà
09:51plus ou moins
09:51par des systèmes
09:52de canal
09:52ou de canalisation,
09:54mais on n'a pas
09:55des systèmes
09:56qui permettent
09:56d'envoyer de l'eau
09:58de très loin,
09:59donc de toute façon
10:00il y a peut-être des réseaux.
10:00Il y a certains pays
10:01qui sont équipés
10:01de ce genre de système,
10:03mais c'est encore expérimental
10:04à ce niveau-là,
10:06donc c'est vrai
10:07qu'on pourrait faire
10:07des transferts,
10:09mais sur un territoire
10:10de la taille de la France,
10:10c'est assez complexe
10:11à mettre en œuvre
10:12et ça demanderait
10:13un système géré nationalement
10:15avec des travaux énormes.
10:17Il est certain
10:18que ce sont surtout
10:19les mesures
10:20qui consistent
10:20à préserver
10:22cet élément eau,
10:23à la consommer
10:24de façon plus judicieuse,
10:26plus raisonnable,
10:27à économiser.
10:28Il y a aussi
10:28des choix économiques
10:29au niveau de l'agriculture,
10:30entre autres,
10:31au niveau de l'industrie,
10:33de l'utilisation
10:33de cette eau dans l'industrie,
10:35qu'il va falloir faire
10:36de façon...
10:36– Surtout quand on va arriver
10:37avec les data centers
10:38pour l'intelligence artificielle.
10:40– Les data centers,
10:40il y a des...
10:41– En France,
10:42on va avoir besoin
10:42d'énormément d'eau,
10:43ou est-ce qu'il se passe
10:43avec les centrales nucléaires aussi ?
10:44– Il y a des choses
10:45qui consomment de l'eau,
10:45il y a des choses
10:46qui rejettent l'eau dans la nature,
10:48qui la remettent dans le cycle,
10:49et c'est vrai que tout ce qui est réinjecté
10:53dans l'agriculture,
10:53dans les plantes,
10:54en général,
10:55ça c'est consommé,
10:55c'est tout-là.
10:56Et puis ce qui est dans le nucléaire aussi
10:58et dans les data centers,
11:00oui,
11:00ça c'est de l'eau consommée.
11:01Par contre,
11:02c'est vrai que ce qui pourrait être réutilisé,
11:06c'est-à-dire épuré,
11:07réutilisé comme ça se fait,
11:08en France,
11:08on est quand même un parent pauvre
11:10dans ce domaine-là,
11:11puisqu'on recycle,
11:12on réutilise à peu près 1% de notre eau.
11:14Donc c'est très peu
11:15par rapport à d'autres pays
11:16comme l'Espagne
11:17qui en seraient à 14%.
11:18Alors ce ne sont pas des bons élèves
11:19forcément les Espagnols
11:20pour la consommation d'eau.
11:21– Avec l'agriculture notamment.
11:22– Oui, bien sûr,
11:23mais bon,
11:23il y a d'autres pays
11:24qui recyclent beaucoup plus l'eau,
11:26ce qui n'est pas tout le cas.
11:27Alors c'est une chose,
11:28il y a aussi,
11:28comme vous l'avez dit,
11:29sur les réseaux
11:29qui sont en très mauvais état,
11:30on a des pertes énormes
11:32au niveau de l'eau,
11:32donc là aussi,
11:33il y a des choses à faire.
11:34C'est tout un ensemble
11:35en fait de mesures
11:36qui sont à prendre
11:37vraiment d'urgence.
11:38On aurait dû le faire
11:38depuis très longtemps,
11:39on le voit comme vient de le dire Gaël,
11:42on paye ici une inaction
11:45depuis des décennies
11:46à ce niveau-là.
11:47C'est encore pire
11:47dans les territoires d'outre-mer d'ailleurs,
11:49dans certains départements,
11:50c'est catastrophique,
11:51les réseaux d'eau.
11:52Donc il y a un ensemble
11:53de mesures à prendre
11:54de façon à préserver
11:56un élément
11:57qui est vraiment essentiel
11:58et vital.
11:58On va en parler
11:59avec Esther Creuser-Delbourg
12:00dans un instant
12:01économie spécialiste de l'eau,
12:02mais on va revoir
12:02cette carte des restrictions
12:03avec vous, Anthony Ferry,
12:05pour bien comprendre
12:05l'ampleur du phénomène
12:06là aujourd'hui.
12:08On a plus de 70%
12:09effectivement du territoire
12:10qui est concerné
12:11par ces restrictions,
12:12c'est du jamais vu
12:12tout simplement depuis 2013,
12:14c'est-à-dire depuis le début
12:15des relevés,
12:16car nous avons plus de 80%
12:18de nos petits cours d'eau
12:19qui sont malheureusement
12:20à secs
12:21et donc vous voyez vraiment,
12:22c'est surtout vraiment
12:22les régions du centre,
12:24ainsi par exemple
12:24que le Grand Est
12:26avec les Vosges
12:26et l'extrême ouest
12:28au niveau de la Bretagne
12:29qui sont concernés
12:30parce qu'en fait là,
12:31les caractéristiques
12:33de ces zones,
12:33c'est que leur sol,
12:34c'est notamment du granit,
12:36que ce soit pour la Bretagne,
12:37les Vosges
12:37ou encore l'Auvergne
12:38et malheureusement,
12:39en fait,
12:39ce sol,
12:40ces masses granitiques
12:41retiennent peu facilement,
12:43enfin retiennent difficilement
12:44l'eau
12:44et donc c'est pour ça
12:45qu'aujourd'hui,
12:46elles sont extrêmement à secs
12:48ces nappes phréatiques
12:49sur ces secteurs-là.
12:50Nous sommes avec
12:51Esther Creuser-Delbourg,
12:52je vous disais économiste
12:53spécialisée dans l'eau
12:54et dans l'environnement.
12:56La bataille de l'eau
12:56a commencé,
12:57Esther Creuser-Delbourg ?
13:00Alors,
13:00c'est vrai qu'on avait connu
13:022022 qui était déjà
13:03une année qui nous a réveillés
13:04et qui a éveillé
13:05les consciences
13:05sur les sujets de l'eau.
13:06Il y a eu plan 2023
13:07et on pensait
13:08que c'était suffisant
13:09et en fait,
13:092026 est bien pire
13:10et bien pire
13:11parce qu'il touche
13:12encore plus l'agriculture,
13:13l'industrie,
13:13la navigation fluviale
13:15et évidemment
13:15la production énergétique.
13:17Du coup,
13:17il y a une forme
13:18de bataille d'eau
13:18qui a commencé,
13:19surtout une forme de...
13:20Maintenant,
13:21il va falloir apprendre
13:21à la partager
13:22pour qu'économiquement,
13:24on ne mette pas le pays
13:25dans un déficit
13:25encore plus grand
13:26qu'il ne l'est
13:26et donc aujourd'hui,
13:27on se rend compte
13:28qu'effectivement,
13:28il y a l'eau domestique,
13:29il y a l'eau agricole.
13:30D'ailleurs,
13:31les agriculteurs ont demandé
13:31des milliards d'euros
13:32pour venir les aider
13:33sur cette année dramatique.
13:35L'industrie,
13:35pour l'instant,
13:36reste encore discrète
13:37mais on sait que,
13:38notamment à Saint-Lô,
13:38c'est un grand bassin
13:39aussi industriel
13:40et qu'il va y avoir besoin d'eau
13:41et il y a la production
13:42d'électricité nucléaire
13:49est-ce qu'on ne parle pas
13:50forcément de guerre
13:51parce que si on parle de guerre,
13:52les gens vont avoir peur.
13:53En revanche,
13:54se dire que là,
13:54il faut traiter l'eau
13:55comme un sujet
13:56de souveraineté économique,
13:57comme un sujet
13:57de souveraineté nationale,
14:00comme d'électricité.
14:01D'accord,
14:01mais on a entendu tout à l'heure
14:04Jean-Luc de Rouxelles
14:05qui est vice-président
14:05de Saint-Lô agglomération
14:06donc dans la Manche
14:08nous dire,
14:09nous,
14:09voilà comment l'eau
14:11vient de l'ac,
14:12elle vient de cours d'eau,
14:13elle vient des nappes phréatiques,
14:14les niveaux sont bas,
14:15il va falloir qu'on restreigne
14:17et peut-être qu'on fasse
14:19coupures,
14:19c'est vrai qu'on se dit
14:20des coupures en France,
14:22des coupures d'eau
14:23et on imagine peut-être
14:25des agglomérations
14:26des communes
14:26où les gens vont se dire
14:27mais pourquoi moi ?
14:28Pourquoi ça tombe sur moi
14:29alors qu'il y a des industriels
14:30qui en consomment
14:31alors qu'on fait de l'eau minérale
14:33et on pompe à tout va
14:34dans les nappes phréatiques ?
14:36Donc vous voyez,
14:36il risque d'y avoir aussi
14:37cet espèce de sentiment
14:38d'injustice quoi.
14:41Bien sûr,
14:41il va y avoir de l'incompréhension.
14:42Alors,
14:43il y a quand même
14:43un système hiérarchique
14:44qui est bien fait en France
14:45où normalement,
14:46si on commence à couper
14:47dans le domestique,
14:47ça veut dire qu'on a déjà
14:49coupé l'irrigation
14:50et qu'on a déjà coupé
14:51l'industrie.
14:51Donc il faudrait préciser
14:52au niveau de l'agglomération
14:53de sa l'eau
14:54mais normalement,
14:54ça veut dire que
14:55les domestiques viennent en dernier
14:56donc c'est finalement
14:57les gens chez eux
14:58à qui on coupera l'eau en dernier
14:59et normalement,
15:00l'irrigation a déjà été arrêtée
15:01et notamment le nucléaire
15:01a été restreint
15:02mais là où vous avez raison,
15:03c'est que,
15:04alors ça sera qu'en été,
15:05c'est-à-dire que ce sera
15:05les mois très compliqués
15:06on va dire de juin, juillet, août
15:08où on aura des restrictions
15:09et dans deux, trois mois
15:10quand la température va baisser,
15:12quand les pluies normalement
15:13vont commencer à revenir
15:14et bien on va quelque part
15:15oublier en fait
15:16ce moment de bataille.
15:17C'est pour ça que c'est
15:18très important finalement
15:18de se dire que c'est
15:19un regard holistique.
15:20Là, on se prend une crise
15:22de plein fouet.
15:22Il faut l'avoir
15:23comme une crise économique
15:24comme un choc pétrolier
15:25ou comme la crise de subprime.
15:27Il faut se dire
15:27qu'on est frappé de plein fouet
15:28et que quand ça va revenir,
15:30il va falloir qu'on s'organise
15:31comme ça a été dit avant.
15:32Ça veut dire qu'il va falloir
15:34avoir une réflexion
15:35à long terme
15:36sur des travaux,
15:37sur l'irrigation,
15:39sur les retenues d'eau.
15:40Mais vous savez
15:41que ça va être à la fois
15:41une bataille politique,
15:43une bataille écologique aussi
15:45et que ça va être compliqué
15:46de mettre tout le monde d'accord.
15:48Absolument.
15:49Là où vous avez raison,
15:49c'est qu'on a plein de contextes
15:51qui sont compliqués.
15:52On a le contexte présidentiel
15:53qui arrive.
15:54On veut entendre plein de choses
15:55bien et mauvaises
15:56mais aussi opportunistes.
15:57On a la loi d'urgence agricole
15:58qui vient d'arriver
15:59qui elle,
15:59était vraiment une loi d'urgence
16:01donc elle ne fait rien de bien
16:02sur l'eau sur le long terme.
16:04Et puis derrière,
16:05vous avez effectivement
16:05cette année catastrophique
16:06où il va falloir venir
16:07rendre aux agriculteurs,
16:08aux industriels
16:09et à l'énergie
16:09qu'il n'a pas pu produire.
16:11Donc effectivement,
16:11ça va être très compliqué.
16:12Mais le plan eau
16:13pose des bonnes bases.
16:14Elles ne sont pas assez ambitieuses.
16:16Nous, on a les bases
16:16de la sobriété,
16:17on a la base du fait
16:18qu'il ne faut pas leur compter.
16:20Imaginez-vous
16:20qu'on ne compte pas l'eau
16:21alors qu'on compte notre électricité
16:23mais aujourd'hui,
16:23peu de Français savent
16:24combien ils consomment
16:25et combien ils payent l'eau
16:26ce qui veut dire beaucoup
16:27sur finalement notre éveil
16:28sur ce sujet-là.
16:29Donc il y a la sobriété,
16:30il y a le fait de la compter,
16:32il y a le fait de rénover
16:33les infrastructures
16:33parce qu'il y a beaucoup de fuite
16:34comme vous le dites
16:35et il y a le fait d'apprendre
16:35à savoir que tout simplement
16:36on a un pays
16:37qui peut manquer d'eau.
16:38Avant 2022,
16:39on avait de la chance,
16:40on avait beaucoup d'eau
16:41et on en avait un peu partout
16:41et maintenant,
16:42on ressemble un peu plus
16:44à ce que l'Espagne
16:45connaît depuis des années,
16:46à ce que la Grèce
16:46connaît depuis des années
16:47notamment sur le feu.
16:48Et pour finir,
16:49on parlait des gros projets
16:51finalement de routes
16:52et d'infrastructures.
16:53Alors la Chine,
16:53elle, c'est le champion
16:54de ça depuis toujours.
16:55La Chine fait des transferts
16:56d'eau énormes du sud
16:57vers le nord.
16:58Le Maroc en fait aussi.
16:59L'Espagne en fait aussi.
17:01J'espère que ça ne va pas
17:01venir tout de suite en France
17:02parce qu'en réalité,
17:03on a suffisamment d'eau
17:04pour faire tout ce qu'on veut.
17:05L'important,
17:06c'est évidemment
17:06de bien la gérer,
17:08de bien la louer
17:08et d'en perdre le moins possible.
17:10Merci Esther Creuser-Delbourg.
17:11Merci d'avoir été avec nous.
17:12C'est vrai qu'au moment
17:13où on doit avoir une réflexion
17:15ou peut-être on doit planifier,
17:17on a une élection présidentielle
17:20qui arrive.
17:20Alors est-ce que c'est
17:21une bonne opportunité ou pas ?
17:23Là, c'est la question.
17:25Parce qu'il va y avoir
17:26des propositions,
17:27il va y avoir de la démagogie aussi,
17:29il va y avoir des trucs
17:30un peu absurdes,
17:31mais c'est le moment.
17:32Il faut espérer
17:33que les choses bougent.
17:33Ça fait tellement longtemps
17:34que je suis dans la partie
17:35et que je vois que ça ne bouge pas.
17:37J'ai du mal à être positif en fait.
17:41Et en plus,
17:41une chose qu'il faut bien dire,
17:43c'est qu'aujourd'hui,
17:43cette année,
17:43on est dans une année exceptionnelle
17:45comme ça a été dit
17:45au niveau de...
17:47Enfin, c'est un petit peu historique
17:48au niveau de la sécheresse,
17:49etc.
17:49Mais on a des nappes.
17:50On a eu un printemps
17:51qui était arrosé.
17:52On peut tout à fait,
17:52l'année prochaine,
17:53avoir une année aussi sèche,
17:56mais en plus,
17:56sans pluviométrie au printemps.
17:58Donc, ça va être encore pire.
17:59Et là, il faut vraiment
18:00se préparer à ce genre de situation.
18:01Justement,
18:02on va en discuter aussi
18:02avec Jérôme Despé,
18:04qui est premier vice-président
18:05de la FNSEA dans l'Hérault.
18:07Bonsoir, M. Despé.
18:08On a entendu la FNSEA
18:09demander plusieurs milliards.
18:11Les dégâts,
18:12le manque à gagner
18:13pour les agriculteurs,
18:14ça va chiffrer en milliards.
18:15Mais est-ce que c'est le moment aussi
18:16pour l'agriculture
18:17de se repenser
18:19face à ces températures records
18:20et ce manque d'eau ?
18:21Bien sûr.
18:23D'abord, il y a l'urgence
18:23qui doit être gérée.
18:26Et c'est pour ça
18:26que la FNSEA a demandé
18:27à la ministre de l'Agriculture
18:28et au gouvernement
18:29de mettre des moyens,
18:31parce que c'est un choc climatique
18:32que vivent aussi
18:33ces agricultrices
18:35et ces agriculteurs.
18:36Et il faut des réponses
18:38de la part de l'État.
18:40Mais aussi, il faut repenser.
18:41Moi, je suis d'accord
18:43sur travailler
18:44au travers de l'innovation,
18:46aussi d'un grand plan
18:47d'investissement.
18:49On parle de retenue hivernale.
18:50Moi, je suis dans une région
18:52où, entre le mois de janvier
18:53et le mois de mai,
18:55j'ai eu 500 millimètres d'eau
18:57qu'on n'est pas capable
18:58de stocker.
18:59Et donc, à un moment donné,
19:00stocker, réutiliser l'eau usée,
19:02la partager avec les pompiers
19:04pour lutter contre les incendies,
19:06c'est le travail qu'on doit mener,
19:07comme le travail
19:08sur l'aspect des cultures,
19:10où on doit travailler différemment
19:11que les sols.
19:13On doit travailler
19:13sur des cépages résistants.
19:15Moi, je suis viticulteur
19:16pour permettre de nous adapter.
19:18Mais ça, c'est un enjeu
19:20sur lequel vous pouvez vous retrouver
19:22aussi avec les écologiques,
19:23les écologistes, pardon, ou pas ?
19:24Mais il faut arrêter ces clichés.
19:26Le temps politique...
19:27Non, mais je pense à...
19:29Vous voyez, par exemple,
19:30à l'histoire des retenues d'eau,
19:32des bassines,
19:32puisque ça, aujourd'hui,
19:33c'est un enjeu.
19:34On a besoin de retenir l'eau.
19:35Mais c'est un combat
19:36que vous avez avec les écologistes,
19:38l'irrigation,
19:40les cultures de maïs.
19:41Vous voyez, vous dites
19:42qu'on doit repenser tout ça.
19:43Mais est-ce que vous pourrez
19:44vous entendre
19:45sans que ça vire à la bataille ?
19:47Mais l'eau, on en a besoin.
19:48C'est un bien précieux
19:49pour les populations,
19:51pour les activités économiques,
19:52pour l'agriculture.
19:53On ne peut pas parler
19:54de souveraineté agricole
19:55sans avoir de l'eau.
19:57Aujourd'hui,
19:57toutes les cultures
19:58ont besoin de l'eau.
19:59Il faut la piloter.
20:01Et pour la piloter,
20:02il faut pouvoir...
20:03Les Espagnols,
20:03c'est 15 % de retenue d'eau.
20:07Nous, on est à 3 %.
20:08Voilà, il y a des efforts,
20:10il y a des investissements,
20:11il y a des grands plans
20:12d'investissement.
20:13Moi, je suis dans une région
20:14avec le canal du Rhône
20:15où Philippe Lamour
20:16a été visionnaire,
20:18a permis d'avoir,
20:20effectivement,
20:21des apports d'eau
20:22sur des territoires
20:23pour préserver,
20:25donc, l'agriculture.
20:26Il y a des lacs, aussi,
20:27qui sont faits pour ça.
20:29Et ce n'est pas
20:29s'opposer avec les écolos.
20:31Il va y avoir l'enjeu,
20:32donc, des présidentielles.
20:33C'est un enjeu, aussi,
20:35d'anticipation,
20:36de vision
20:37et de protection
20:39de notre agriculture
20:40dans notre pays.
20:41Merci, Jérôme Despey,
20:42premier vice-président
20:43de la FNSE.
20:44Et puis, la conséquence
20:45de cette sécheresse, aussi,
20:46c'est ce qui se passe
20:47du côté de Graveline,
20:48la centrale nucléaire
20:49de Graveline.
20:50Elle est dans le nord,
20:51elle est posée sur l'eau.
20:53Eh bien, il y a les méduses
20:54qui viennent mettre
20:55un peu la pagaille
20:55et qui arrêtent les réacteurs.
20:58C'est un phénomène
20:59pour lequel la centrale nucléaire
21:00de Graveline
21:01Graveline devra s'habituer.
21:03Pour être précis,
21:04aujourd'hui,
21:04trois réacteurs
21:05sont actuellement à l'arrêt.
21:06Un fonctionne à 50%,
21:08un autre est à l'arrêt
21:09pour maintenance
21:10et le dernier fonctionne,
21:11lui, à plein régime.
21:13C'est la présence
21:13de plusieurs milliers
21:15de méduses
21:16qui ont investi
21:17le système de refroidissement
21:19des réacteurs
21:20qui en est la cause.
21:21Les filtres sont
21:22tout simplement saturés.
21:24Alors, la centrale
21:24se veut rassurante.
21:26Cette situation
21:27n'entraîne aucune conséquence
21:29sur la sûreté
21:30des installations.
21:31sur la sûreté
21:32du personnel
21:33ou sur l'environnement.
21:35Et la centrale nucléaire
21:36produit évidemment
21:38suffisamment d'énergie.
21:40Ce qui est intéressant
21:40et important de souligner,
21:42c'est que le phénomène
21:42avait déjà été constaté
21:44l'année dernière
21:45et des dispositifs supplémentaires
21:47cette année
21:47de prévention
21:48ont été mis en place.
21:49La SNSM
21:50et l'association
21:51France Pêche Durable
21:53et responsable
21:54s'occupent
21:54d'aller pêcher
21:55les méduses
21:56qui se trouvent
21:57à proximité
21:57de la centrale
21:58pour les relâcher
21:59à plusieurs kilomètres
22:01de là.
22:02À ce stade,
22:02les équipes
22:03de la centrale nucléaire
22:04sont déjà en train
22:05de nettoyer les filtres
22:06pour pouvoir relancer
22:08les réacteurs
22:08qui sont actuellement
22:09à l'arrêt.
22:10de la centrale nucléaire
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