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  • il y a 22 heures
Les débats de l'été avec avec Morad Bouzaiane, gérant du 716 Beach et du Raani, Fabrice Leggeri, eurodéputé Rassemblement national, ancien directeur de l’agence Frontex

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##FAIT_DU_JOUR-2026-08-06##

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News
Transcription
00:0010h-13h, les débats de l'été, Noémie Alioua.
00:04Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Sud Radio.
00:07On démarre ensemble ces trois heures d'émission de l'actualité,
00:10des débats, des coups de cœur, des coups de gueule,
00:13et surtout vos réactions, parce que vous le savez,
00:15vous êtes au cœur de cette émission.
00:17Appelez-nous dès maintenant 0826 300 300, 0826 300.
00:22Et puis vous pouvez aussi participer à ces débats sur sudradio.fr,
00:25sur Facebook, sur Instagram, sur X, sur TikTok.
00:29Une question, un avis, un témoignage, on vous écoute, on vous reçoit, on vous lit.
00:33Et c'est parti, on commence avec cette première question qui va nous intéresser ce matin.
00:38De plus en plus de communes françaises, dans les années qui viennent, vont être concernées par cela.
00:42Que fait-on quand la mer avance ?
00:44Faut-il laisser la nature reprendre ses droits,
00:47même lorsqu'elle menace des commerces, des emplois, des activités installées depuis des années ?
00:52À Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes,
00:55plusieurs restaurants de plage vont devoir fermer d'ici le mois d'octobre.
00:58En cause, le recul du trait de côte lié à la montée du niveau de la mer.
01:02Un dossier qui pose une question beaucoup plus large.
01:05Comment adapter nos côtes au changement climatique sans fragiliser ceux qui les font vivre ?
01:10Amis auditeurs, on aimerait vous entendre.
01:12Est-ce que vous auriez accepté cette décision si votre commerce était concerné ?
01:16Est-ce que vous pensez qu'il faut s'adapter dès aujourd'hui,
01:18même si cela coûte des emplois, des commerces ?
01:21Est-ce qu'il aurait fallu peut-être anticiper ce problème il y a plusieurs années ?
01:24Appelez-nous au 0800 26 300 300, 0800 26 300 300,
01:28et nous recevrons dans quelques instants le gérin de deux restaurants de plage
01:32qui doivent fermer dans les prochaines semaines.
01:34Il nous expliquera pourquoi et comment il compte contester cette décision avec le maire de sa commune.
01:41Et puis dans la seconde partie de l'émission, on reviendra sur cette frontière.
01:44Cette frontière qui est devenue le symbole de la pression migratoire
01:47aux portes de l'Europe, j'ai nommé Cheouta.
01:50Cette enclave espagnole située sur le sol africain
01:52qui est l'une des principales portes d'entrée vers l'Union Européenne.
01:56Malgré les barrières, les contrôles renforcés, la coopération avec le Maroc,
02:00des milliers de migrants tentent chaque année de rejoindre Cheouta,
02:03parfois au péril de leur vie.
02:04Pour les autorités espagnoles, la pression migratoire reste forte,
02:07mais pour l'Europe, c'est une question qui revient.
02:09Comment protéger efficacement nos frontières extérieures ?
02:12Alors ce matin, on vous donne la parole.
02:13Qu'est-ce que vous attendez concrètement de l'Union Européenne ?
02:15Est-ce que sa politique migratoire vous paraît adaptée à cette situation ?
02:21En tout cas, dans un instant, nous serons avec Fabrice Légeri,
02:25député européen décidément du Rassemblement National,
02:29ancien directeur exécutif de Frontex,
02:32l'agence européenne du garde-frontière et des gardes-côtes.
02:35C'est un beau programme qui nous attend ce matin et ça commence tout de suite.
02:3910h-13h, les débats de l'été, Noémie Alliwa.
02:43Et on voulait vous parler ce matin d'une décision qui pourrait demain
02:45concerner beaucoup d'autres communes françaises.
02:48À Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes,
02:51une dizaine de restaurants de plage devront être démontés
02:53d'ici le début du mois d'octobre,
02:55avec la redéfinition du trait de côte par les services de l'État.
02:58C'est une décision qui a été prise pour tenir compte du recul du littoral
03:02et de la montée du niveau de la mer.
03:04Résultat, des emplois sont menacés, des investissements risquent d'être perdus
03:08et les professionnels dénoncent, on le comprend,
03:10une décision prise sans véritable concertation.
03:13Alors comment protéger le littoral face au changement climatique
03:16sans condamner ceux qui y travaillent ?
03:19L'État applique-t-il simplement la loi ou va-t-il trop loin ?
03:21Et cette situation à Villeneuve-Loubet annonce-t-elle
03:24ce qui attend demain d'autres et de nombreuses autres communes du littoral français ?
03:28Pour répondre à toutes ces questions, nous recevons ce matin
03:31Mourad Bouzaïan, gérant du 716 Beach et du Rani,
03:35deux établissements directement concernés par cette décision.
03:39Bonjour M. Bouzaïan.
03:41Bonjour.
03:41Bonjour. Alors peut-être pour commencer, est-ce que vous pouvez nous raconter
03:44qu'est-ce qui va se passer très concrètement pour votre décision,
03:47pour votre restaurant dans les prochaines semaines
03:49et comment vous avez appris cette décision ?
03:52Alors comment ça va se passer ?
03:54C'est que là il nous demande de quitter les lieux
03:58et de remettre les clés d'ici le mois d'octobre.
04:02Comment vous avez reçu cette décision ?
04:05Alors j'ai reçu un courrier de la part de la DDTM
04:08où il était stipulé dessus que j'avais 4 mois
04:12pour quitter justement l'établissement.
04:15Ce qui a été un choc total.
04:20Parce que je ne m'attendais pas à ça du tout.
04:24Donc vous avez juste reçu un courrier qui vous annonce simplement comme ça
04:27que vous devez fermer dans quelques semaines votre commerce.
04:30C'est-à-dire que vous n'avez pas eu plus d'explications,
04:32plus d'anticipations, vous n'avez pas eu de coups de téléphone
04:34il y a quelques mois, quelques années,
04:36peut-être par les services de l'État
04:38qui auraient pu vous prévenir de cette situation.
04:40Vous l'avez reçu comme un coup près sur la tête.
04:44Oui, c'est ça.
04:45Si on m'avait expliqué auparavant
04:49qu'est-ce qui pouvait se passer en fait,
04:50qu'il y avait justement de l'érosion
04:54ou qu'on m'a rappelé
04:55ou qu'on nous aurait pris un rendez-vous tout simplement,
04:57on nous aurait tout expliqué de à z,
04:59on aurait pu comprendre
05:00qu'il y ait un risque d'érosion, etc.
05:02et qu'il faut tant d'années,
05:04préparez-vous,
05:05bientôt vous allez devoir quitter les lieux.
05:07Mais là aujourd'hui, pour moi,
05:08ça a été brutal,
05:09ça a été un choc brutal
05:10parce qu'on ne s'attendait pas du tout à ça.
05:12Des années d'investissement,
05:14des années de travail
05:15pour qu'on vienne aujourd'hui
05:16de jour au lendemain
05:17parce que 4 mois pour moi,
05:19c'est du jour au lendemain.
05:20Pour moi, c'est une décision active
05:22et qu'on vous dise
05:23oui, vous avez 4 mois pour partir
05:24sans solution.
05:26Pour moi, je trouve ça,
05:27c'est complètement injuste
05:29et je vous dis clairement,
05:31ce qui se passe là,
05:32c'est que je n'arrive même pas
05:35à trouver des mots,
05:35je me perce
05:36parce que je suis entre désolation,
05:38tristesse,
05:39j'ai toutes les émotions
05:41qui s'emballent
05:41parce que je n'arrive toujours pas
05:43à comprendre
05:44qu'on puisse faire ça
05:45à un commerçant
05:45qui paye des impôts en France,
05:47qui crée de l'emploi
05:49et nous faire partir comme ça
05:51sans indemnité,
05:52sans aucune solution
05:53après des années de vie.
05:55Ce n'est pas normal en fait.
05:574 mois pour partir
05:58sans aucune indemnisation,
06:00indemnisation,
06:01on traite des gens,
06:01on ne peut pas un dossier.
06:02Là, on parle de la vie
06:03et de conséquences humaines.
06:06Oui, on comprend très bien
06:07votre désarroi.
06:09Ça fait combien d'années
06:09que vous avez ces deux établissements ?
06:11Alors,
06:13un établissement,
06:14le 716,
06:14ça fait presque 10 ans.
06:16On va dire que je suis là-bas,
06:17je suis rentré dans la neuvième année,
06:20donc ça va faire presque 10 ans.
06:21Et là,
06:21le Rahani,
06:22ça a été un projet
06:23où ça fait presque,
06:25je suis à presque 2 ans de travaux
06:28et j'ai ouvert en décembre 2025.
06:31Donc,
06:32c'est tout récent.
06:34Oui,
06:34donc c'est tout récent.
06:35Alors d'abord,
06:36est-ce que vous comprenez au fond
06:38les arguments de l'État,
06:40c'est-à-dire cette nécessité au fond
06:42d'adapter les côtes
06:42face au changement climatique ?
06:44Alors,
06:45ce que je comprends,
06:47c'est qu'il y ait un effet climatique justement,
06:49donc on parle de l'érosion.
06:51Oui,
06:51la montée du niveau de la mer,
06:53c'est ça ?
06:53La montée du niveau de la mer,
06:54mais par contre,
06:55ce que je ne comprends pas aujourd'hui,
06:56c'est l'urgence dans laquelle il la traite
06:58et c'est là où on est,
07:00parce que je parle en mon nom
07:02et en eau des restaurateurs,
07:03on est dans l'incompréhension totale.
07:05Là,
07:05aujourd'hui,
07:05on nous donne 4 mois.
07:07Mais où est l'urgence
07:08quand on sait qu'une érosion,
07:09ça se construit sur des années
07:11et non pas sur des mois ?
07:12C'est-à-dire que là,
07:13aujourd'hui,
07:13on peut parler en dizaines
07:15ou en quinzaines d'années
07:16et là,
07:16on vient nous dire 4 mois pour quitter,
07:19mais c'est totalement irrationnel
07:21et c'est là où je ne comprends pas.
07:24Oui,
07:24c'est-à-dire que si on entend bien
07:25votre témoignage,
07:27M. Bouzaian,
07:28au fond,
07:29ce n'est peut-être pas la décision
07:30qui a été prise
07:31qui est contestable,
07:33c'est vraiment la façon
07:34dont on vous a annoncé les choses
07:36et la façon tardive aussi
07:39de vous l'avoir annoncé,
07:40c'est-à-dire la manière
07:41dont cette décision a été prise.
07:43Ben oui.
07:44Là,
07:44on a l'impression
07:44de se retrouver dans une cour d'école.
07:46Parce que,
07:47pourquoi je dis ça ?
07:48C'est comme là,
07:48quand ça va être
07:49peut-être pas irrationnel,
07:51c'est comme maintenant
07:52les jeunes de maintenant,
07:52quand ils quittent
07:54leurs copines,
07:54ils leur envoient un message
07:55et ils ne viennent pas
07:56lui dire en face
07:57« je trouve ça lâche,
07:58je trouve ça lâche »
07:59parce que normalement,
08:00on aurait dû nous convoquer,
08:01les restaurateurs,
08:02dans un bureau,
08:03peu importe,
08:04la DDTM ou quoi,
08:04en nous expliquant les choses.
08:06Voilà,
08:06écoutez,
08:07il y a une montée
08:08de niveau d'eau,
08:09une érosion,
08:10donc ça commence
08:11à devenir dangereux,
08:12il va falloir quitter les lieux.
08:13Par contre,
08:14voilà,
08:14on va vous trouver
08:15une solution.
08:16La solution,
08:17c'est ou donner
08:18des années
08:18ou peut-être
08:19trouver une solution.
08:20parce que là,
08:21aujourd'hui,
08:22il n'y a aucune solution.
08:24Là,
08:24aujourd'hui,
08:25ce serait la solution,
08:26pour moi,
08:26une des solutions,
08:27nous dire par exemple,
08:28écoutez,
08:29on va vous faire ça
08:30en démontable,
08:30vous allez pouvoir
08:31exploiter l'été
08:32parce que l'hiver,
08:33c'est peut-être dangereux
08:34ou quoi,
08:35et au fur et à mesure,
08:37voilà,
08:37vous serez exproprié.
08:39Mais l'expropriation,
08:41elle passe par deux causes.
08:43L'intérêt du domaine public
08:44est une juste compensation
08:46pour la personne
08:47qui est sur place.
08:48Et là,
08:48du coup,
08:49il n'y a rien.
08:50Il n'y a rien.
08:50Rien du tout.
08:51On ne vous a absolument
08:52rien proposé autrement
08:54de solution de rechange
08:56ou de...
08:57On ne vous a strictement
08:58rien proposé.
08:59On ne vous a simplement dit
08:59vous devez fermer
09:00votre commerce,
09:01c'est comme ça,
09:01il n'y a pas d'autre solution.
09:03C'est exactement ça.
09:04Surtout,
09:05ce qu'il faut savoir,
09:05c'est que déjà,
09:06en fait,
09:06à la base,
09:07ce terrain,
09:08c'est un terrain privé
09:10depuis plus de 70 ans.
09:11Il appartient à un propriétaire,
09:13M. Jacques De Boule.
09:14Donc,
09:15je ne comprends pas.
09:16On ne peut pas comme ça.
09:17On n'est plus à l'époque
09:18des colons, là.
09:19Là, aujourd'hui,
09:20moi,
09:20je vous dis honnêtement,
09:21moi,
09:22je catégoriserais ça
09:23comme un racket légal
09:25parce que c'est totalement
09:26ce qui est en train
09:26de se passer, là.
09:27Là, aujourd'hui,
09:28on nous prend tout
09:29sans rien nous donner.
09:31Aujourd'hui,
09:32par exemple,
09:32sur un des deux commerces,
09:34moi,
09:34j'ai un crédit
09:34qui est en cours
09:35que je suis en train de payer.
09:37Je suis en train de rembourser
09:38160 000 euros.
09:39Et là,
09:40on me dit,
09:40monsieur,
09:41prenez partez,
09:42vous vous débrouillez avec ça.
09:43Donc,
09:43du coup,
09:44l'État m'endette
09:45et moi,
09:46je dois payer,
09:47continuer à payer les dettes.
09:49C'est complètement irrationnel.
09:52On comprend complètement
09:52votre colère.
09:54Justement,
09:55expliquez-nous peut-être
09:56très concrètement,
09:57vous avez investi
09:58dans vos établissements,
10:00vous employez forcément
10:00des salariés.
10:01Qu'est-ce que cette fermeture,
10:02elle représente concrètement
10:03pour vous et pour vos équipes ?
10:04Vous avez donc
10:05un prêt sur le dos.
10:06Expliquez-nous concrètement,
10:08expliquez aux éditeurs
10:09ce que ça représente
10:10pour vous
10:10la fermeture de ce commerce.
10:13Pour moi,
10:13déjà,
10:14j'ai des employés
10:15qui travaillent avec moi
10:16dont des étudiants,
10:20dont un étudiant
10:21qui,
10:21ça fait cinq ans,
10:22qui travaille
10:23chaque été pour moi.
10:24Je veux dire,
10:25c'est un job d'été pour lui.
10:26Il a l'habitude
10:27de travailler chez nous
10:28et ça lui plaît.
10:30Écoutez,
10:30aujourd'hui,
10:31nous,
10:31c'est une entreprise,
10:32on va dire,
10:33limite,
10:34même s'il n'y a pas
10:35des membres de ma famille
10:35qui travaillent dans cette société-là,
10:37ou dans les deux,
10:38c'est limite familiale.
10:39Parce que voilà,
10:40on s'entend tous bien,
10:41on travaille dans la joie,
10:41la bonne humeur,
10:42on est face à la mer.
10:44La clientèle,
10:45c'est une clientèle,
10:47on va dire,
10:48familière aussi.
10:49Bon,
10:50je ne parle pas des touristes,
10:50mais on a des gens
10:51qui viennent tout le temps,
10:53qui viennent tout le temps,
10:54la façon dont on les traite,
10:56tout ça.
10:57Et là,
10:58on va dire,
10:58sous prétexte
10:59que c'est l'État,
11:00excusez-moi,
11:00je reviens encore dessus
11:01parce que c'est ce qui me choque le plus.
11:03Et je vais donner un exemple,
11:05je vais donner un exemple,
11:06si vous me le permettez.
11:08Là,
11:08aujourd'hui,
11:08si vous prenez un malfrat
11:09qui va raqueter,
11:10parce qu'on parle de restaurateur,
11:11qui va raqueter un restaurateur,
11:13ce malfrat va être poursuivi
11:16et condamné à une peine de prison.
11:18Aujourd'hui,
11:19l'État se permet
11:21de nous raqueter
11:23et ça devient légal.
11:26C'est là où je ne comprends plus rien.
11:27Je me dis qu'on est en France,
11:28dans un pays de droits,
11:29de libertés,
11:31de lois,
11:32évidemment.
11:33On entend votre colère.
11:34Merci beaucoup,
11:35merci,
11:35merci beaucoup,
11:36Mourad Bouzaïen,
11:37d'avoir été avec nous ce matin.
11:38Merci pour votre témoignage.
11:39On a une pensée,
11:40évidemment,
11:40pour tous les professionnels du littéral
11:42qui se retrouvent aujourd'hui
11:43confrontés à ces décisions
11:44et qui cherchent des solutions
11:45pour préserver leur activité.
11:47Restez avec nous sur Sud Radio.
11:49Dans un instant,
11:49on reviendra sur cette question
11:50qui divise les Européens,
11:52l'Union Européenne protège-t-elle
11:53suffisamment ses frontières ?
11:54Et nous serons en direct
11:56avec Fabrice Légeri,
11:58député européen
11:58du Rassemblement National
11:59et ancien directeur exécutif
12:01de Frontex,
12:02l'agence européenne
12:03de garde frontière
12:03et de garde côte.
12:04A tout de suite
12:05sur Sud Radio.
12:0810h-13h,
12:09les débats de l'été,
12:10Noémie Aliwa.
12:11Et nous sommes de retour
12:12sur Sud Radio.
12:13Il est 10h16 précisément
12:15et ce matin,
12:16on revient sur la situation
12:17à Chiouta.
12:18Cette situation
12:19qui remet une nouvelle fois
12:20la question migratoire
12:21au cœur du débat.
12:23Au-delà de l'urgence
12:24sur le terrain,
12:24c'est toute la politique
12:25migratoire européenne
12:26qui est régulièrement
12:27remise en question.
12:28Contrôle des frontières,
12:29coopération avec les pays d'origine,
12:31d'accueil,
12:32droit d'asile.
12:33Les défis sont nombreux
12:34et pour en parler ce matin,
12:35nous sommes en direct
12:36avec Fabrice Légeri,
12:38député européen
12:39du Rassemblement National
12:40et ancien directeur exécutif
12:41de Frontex,
12:42l'agence européenne
12:43de garde frontière
12:44et de garde côte.
12:45Bonjour monsieur
12:45le député européen.
12:47Bonjour madame.
12:48Bonjour, merci d'être avec nous.
12:50Ces images de Chiouta
12:51ont marqué l'actualité
12:52ces derniers jours.
12:53Est-ce selon vous
12:53la preuve au fond
12:54que la stratégie européenne
12:56en matière d'immigration
12:56ne fonctionne pas ?
12:58Alors, en ce qui concerne
13:00cette submersion migratoire
13:02de 60 000 personnes
13:04ou 70 000 personnes
13:06à Chiouta
13:06qui comptent 80 000 personnes,
13:08c'est d'abord, je pense,
13:10le problème du laxisme
13:12du gouvernement espagnol,
13:14socialiste,
13:14gouvernant avec l'extrême gauche.
13:16Parce que depuis plusieurs mois,
13:18le gouvernement espagnol
13:21a lancé une régularisation
13:23qui a annoncé régulariser
13:24500 000 clandestins.
13:26Il s'avère qu'il y a
13:27plus d'un million de clandestins
13:29en Espagne
13:29qui ont demandé
13:30les régularisations.
13:31Et donc, si vous voulez,
13:32ça affaiblit l'idée
13:34qu'on ne doit pas
13:36entrer clandestinement
13:37en Espagne
13:38et par conséquent
13:40clandestinement
13:40dans l'Union européenne.
13:43Je pense que ça,
13:44c'est quand même
13:44le point de départ.
13:46Ensuite,
13:47que s'est-il passé ?
13:48Comment se fait-il
13:49que 60 000-70 000 migrants
13:51massés à la frontière
13:52n'aient pas été aperçus ?
13:54Il y a des polémiques
13:56pour savoir
13:57si ce sont, je cite,
13:58des menaces hybrides,
13:59une instrumentalisation géopolitique,
14:01par qui, comment,
14:02tout ça.
14:02Il faudra peut-être
14:03l'analyser.
14:04Mais je crois que de toute façon,
14:06ça révèle effectivement
14:07que l'Union européenne
14:09et ses États membres
14:09sont encore trop faibles
14:10par rapport
14:12à la politique migratoire
14:14et au contrôle des frontières.
14:15C'est-à-dire que nous ne sommes
14:16pas pris au sérieux.
14:17Oui, donc ce serait
14:18le gouvernement
14:19de Pedro Sanchez
14:20qui a lancé
14:21un appel d'air
14:21finalement
14:22avec cette politique
14:23qui est pour
14:24la régularisation
14:25assez massive
14:26des migrants.
14:28C'est vrai que certains
14:29considèrent qu'au fond,
14:31il est possible
14:32que le royaume du Maroc
14:33ait aussi laissé intervenir
14:35également pour d'autres raisons
14:36de politique
14:38et notamment de géopolitique.
14:40Vous savez,
14:41il y a eu
14:42des précédents.
14:44Par exemple,
14:44la Turquie
14:45en février-mars 2020
14:47a officiellement
14:49revendiqué
14:50qu'elle allait envoyer
14:51des dizaines de milliers,
14:52des centaines de milliers
14:53de migrants
14:53vers l'Union européenne
14:54et vers la Grèce.
14:55Il y a eu
14:55à partir de 2021
14:57la Biélorussie
14:59qui a fait de même
15:00en envoyant
15:01des dizaines de milliers
15:02de migrants
15:03vers la Pologne,
15:04vers les États baltes.
15:05Donc c'est quelque chose
15:06qui peut exister.
15:07Maintenant, moi,
15:08je n'ai pas les éléments
15:09indiquant que c'est
15:11une volonté géopolitique
15:12étatique
15:13de qui que ce soit.
15:15Mais en revanche,
15:16il y a aussi eu
15:17une décision de justice
15:19de la Cour suprême espagnole
15:20qui a peut-être été
15:22le déclencheur
15:23à la fin du mois de juin,
15:24début du mois de juillet
15:25puisque cette décision
15:26de justice espagnole
15:28dit que
15:29les autorités espagnoles
15:30n'ont plus le droit
15:31de renvoyer immédiatement
15:33le même jour
15:34les clandestins
15:34qui arrivent à Séouta
15:35en provenance du Maroc
15:36s'ils arrivent
15:38à la nage.
15:39Et donc,
15:40ça a provoqué,
15:41malheureusement,
15:43je dirais,
15:44un contournement
15:45de la barrière physique
15:47puisque c'est une frontière
15:48terrestre
15:49entre Séouta
15:50et le Maroc.
15:52Il y a eu
15:52un contournement
15:54par,
15:55je dirais,
15:56une nage
15:57de quelques centaines
15:58de mètres
15:58entre une plage
15:59marocaine
16:00et une plage espagnole.
16:01Donc,
16:01il y a eu aussi
16:01cet élément
16:02d'une décision de justice
16:03que,
16:04personnellement,
16:05je trouve irresponsable
16:07s'il y a là
16:08pour conséquence
16:09que des milliers
16:10de personnes
16:11se jettent à l'eau
16:11pour passer.
16:12Il y a quand même
16:13eu plus de 70 morts.
16:15Ça,
16:15c'est aussi du côté
16:16des migrants.
16:16Oui,
16:1775 selon
16:18les derniers chiffres.
16:19Vous avez dirigé
16:20Frontex,
16:21d'ailleurs,
16:21pendant plusieurs années.
16:22Est-ce que vous pouvez
16:22nous dire concrètement
16:23de quoi manque
16:24aujourd'hui l'Europe
16:25pour mieux se protéger
16:26face à ces afflux
16:29massifs
16:29de migrants ?
16:31Je pense que
16:32ce qu'il faut à ce stade,
16:33c'est qu'il y ait
16:34l'assurance
16:34d'une détermination
16:35politique très ferme.
16:38Parce que,
16:39je vois encore
16:40les conclusions
16:41du Conseil des ministres
16:42des Affaires intérieures
16:44des États
16:45de l'Union européenne
16:46ces jours-ci,
16:47on a toujours
16:49un catalogue
16:50de mesures
16:51qui consiste
16:52à renforcer
16:53les effectifs,
16:54à renforcer
16:54les moyens
16:55de Frontex,
16:55à renforcer...
16:56On parle d'argent
16:57et de personnel,
16:59on parle parfois
17:00un petit peu
17:01de méthode opérationnelle,
17:03mais ce qu'il faut,
17:04c'est vraiment
17:05que l'on ait
17:06une position
17:07ferme
17:07et que nous soyons
17:08pris au sérieux.
17:10Quand je vois
17:10qu'il y a eu
17:12en Espagne,
17:13je vous le disais,
17:14cette politique
17:15de laxisme
17:16depuis plusieurs mois,
17:17mais vous voyez aussi
17:18que le gouvernement français
17:19et Emmanuel Macron,
17:21alors que la France
17:22est le premier
17:23pays concerné
17:24par ce qui se passe
17:25en Espagne,
17:25puisque nous avons
17:26400 kilomètres
17:27de frontières communes
17:28entre la France
17:29et l'Espagne,
17:30et que la France
17:31est le point de passage
17:32obligé
17:33pour tous les migrants
17:35clandestins
17:35qui voudraient aller
17:36d'Espagne
17:36vers le reste
17:37de l'Europe.
17:37Donc nous devrions,
17:39nous, Français,
17:40avoir une politique
17:41ferme.
17:42Le Rassemblement National,
17:43par la voie
17:44de Jordan Bardella,
17:44a demandé
17:46le rétablissement
17:46des contrôles
17:47aux frontières
17:48intérieures
17:49entre la France
17:49et l'Espagne.
17:50Bon, j'ai l'impression
17:51que le gouvernement français
17:52fait un petit peu
17:53de la figuration,
17:55mais il n'y a pas
17:57la volonté ferme
18:00unanimement exprimée
18:00par tous les dirigeants
18:02et donc ça,
18:03c'est l'une des faiblesses
18:04aujourd'hui.
18:05Oui, c'est-à-dire
18:06qu'effectivement,
18:07la France a décidé
18:08par la voie
18:08d'Emmanuel Macron
18:09plutôt de choisir
18:10une autre voie,
18:11c'est celle dite
18:11de la solidarité
18:12vis-à-vis de l'Espagne
18:14en considérant
18:15qu'au fond,
18:15l'Espagne n'était pas
18:17responsable vraiment
18:18de cet afflux de migrants
18:19qu'elle l'avait subi
18:20et qu'il fallait lui apporter
18:21une aide
18:21d'une certaine façon,
18:23même si vous venez
18:23de nous l'expliquer,
18:24il y a aussi
18:25si ce n'est des comportements,
18:26des attitudes,
18:27en tout cas des mesures politiques
18:28qui ont été annoncées
18:29par le gouvernement espagnol
18:30qui laissaient entendre
18:31aussi qu'il y avait
18:32des ouvertures.
18:34L'une des questions
18:38qui est posée aussi
18:38régulièrement,
18:39c'est au fond,
18:40parce que vous nous disiez
18:41Pedro Sanchez,
18:42les socialistes,
18:43etc.
18:43ont plutôt été,
18:45justement,
18:46ils n'ont pas
18:46une politique
18:47particulièrement ferme,
18:48disons les choses
18:49avec un peu d'euphémisme
18:50vis-à-vis de la question
18:51migratoire,
18:52mais par exemple,
18:53Giorgia Meloni en Italie,
18:55elle, sur le coup,
18:56elle a été élue
18:57sur l'idée
18:57d'avoir une politique
18:59plus dure
18:59en termes d'immigration
19:00et malgré tout,
19:01elle a dû,
19:02pour des raisons économiques,
19:05régulariser aussi
19:05un certain nombre
19:06de migrants.
19:07Donc, il y a des critiques
19:08aussi qui se font
19:08vis-à-vis de ceux
19:10qui ont des discours
19:11qui sont particulièrement
19:12fermes vis-à-vis
19:13de l'immigration.
19:13Vous entendez aussi
19:14cette critique
19:15qui est faite
19:15à Giorgia Meloni notamment ?
19:17Giorgia Meloni
19:19a le grand mérite
19:20d'avoir lancé,
19:21je dirais,
19:22le signal
19:23d'une politique
19:24très ferme
19:24aux frontières extérieures
19:26et d'abord
19:26aux frontières
19:27de l'Italie
19:28contre l'immigration
19:29clandestine.
19:29Il y a eu
19:30dans les trois
19:31dernières années
19:32une diminution
19:34en général
19:34de près de 65%
19:36du nombre
19:37d'arrivées
19:37en Italie
19:39en provenance
19:41de la Méditerranée.
19:41maintenant
19:42il y a aussi
19:44et ça c'est une politique
19:46qu'au Rassemblement National
19:48nous considérons
19:48comme étant
19:49une politique
19:49je dirais
19:50souveraine
19:50de chaque état membre
19:51de l'Union Européenne
19:52qui a le droit
19:54d'évaluer
19:55s'il veut
19:56ou non
19:57délivrer
19:58des visas
19:58de travail
19:59parce qu'il aurait
20:00des besoins
20:01de main d'oeuvre
20:01qui ne sont pas satisfaits
20:02et ce qu'a fait
20:03le gouvernement
20:04de Giorgia Meloni
20:05c'est de délivrer
20:07des visas
20:07mais de sélectionner
20:09une main d'oeuvre
20:10étrangère certes
20:11mais avec des conditions
20:13précises
20:14d'entrée
20:15pour quel travail
20:15et puis pour quelle durée
20:17or
20:18les politiques
20:19de régularisation
20:20sont tout le contraire
20:21parce qu'une politique
20:22de régularisation
20:23consiste à laisser
20:25entrevoir
20:25que même
20:26si vous venez
20:27en violant nos lois
20:28en violant nos frontières
20:30y compris par la violence
20:32il y a l'espoir
20:33que peut-être
20:34vous allez être régularisé
20:36et c'est ça
20:37qui affaiblit
20:38nos frontières
20:39ensuite
20:40il y a des modèles
20:41innovants
20:42de politique
20:43de gestion
20:44des frontières
20:45avec la création
20:47de centres
20:48de retour
20:50d'expulsion
20:50des migrants
20:51que nous avons
20:52voté
20:53au Parlement
20:53européen
20:54donc nous avons
20:54un règlement
20:55de législation
20:56de l'Union européenne
20:56qui a été adopté
20:57il y a quelques semaines
20:58qui prévoit
20:59de renvoyer
21:01par exemple
21:02des OQTF
21:02de pouvoir
21:04les envoyer
21:05dans des centres
21:06ce qui serait spécialisé
21:07mais déjà
21:07en dehors
21:08de l'Union européenne
21:09afin de finaliser
21:10l'expulsion
21:11dans le pays
21:12d'origine
21:12donc il faut aussi
21:13travailler
21:14je dirais
21:15avec la volonté
21:16politique ferme
21:17que je décrivais
21:18pour empêcher
21:19les entrées
21:20il faut aussi
21:21travailler
21:22avec cette volonté
21:23politique ferme
21:24sur des expulsions
21:25pour qu'elle soit
21:26efficace
21:26parce que si
21:27des clandestins
21:28ont l'espoir
21:29d'être régularisés
21:30ou si des clandestins
21:32comme c'est le cas
21:32en France
21:33savent qu'ils ont
21:34moins de 10%
21:35de probabilité
21:36d'être expulsés
21:37lorsqu'ils ont
21:37une OQTF
21:38alors évidemment
21:39nous ne sommes pas
21:40pris au sérieux
21:40c'est ça que je crois
21:42très important
21:43c'est d'être pris au sérieux
21:45qu'il y ait
21:45une quasi-automaticité
21:47entre la violation
21:48de la loi
21:49et ensuite
21:50la sanction
21:51qui pour un migrant
21:53clandestin
21:54signifie l'expulsion
21:55immédiate
21:56On a parlé de l'Italie
21:57on a parlé de l'Espagne
21:58on voit que ce sont
21:58des voix qui sont
21:59si ce n'est antagonistes
22:00en tout cas très différentes
22:01sur cette question
22:03migratoire
22:03est-ce que selon vous
22:04l'Union Européenne
22:05est encore capable
22:05de parler d'une seule voix
22:06sur ce sujet
22:07ou est-ce qu'on est
22:08destiné
22:09est-ce que l'Europe
22:09est destinée
22:10au fond à être divisée
22:11sur cette question migratoire
22:13Alors moi je dirais
22:14que comme j'ai un petit peu
22:17je dirais
22:17l'antériorité
22:18sur plusieurs années
22:19vous l'avez dit
22:19j'ai été directeur
22:20de Frontex
22:21il m'arrivait
22:22très régulièrement
22:23d'être auditionné
22:25lorsque j'étais directeur
22:26de Frontex
22:27et à l'époque
22:27vraiment c'était
22:29des voix de gauche
22:30c'était quand même
22:32une vision très angéliste
22:33et plutôt laxiste
22:35depuis 2024
22:36nous avons un Parlement Européen
22:38où il y a au moins
22:39un tiers des membres
22:41qui sont favorables
22:43à une politique
22:43extrêmement ferme
22:44le Rassemblement National
22:46et notre groupe
22:47d'alliés des Patriotes
22:49mais aussi
22:49le groupe de
22:50Georges Lamellon
22:51et les conservateurs
22:52et réformistes européens
22:53et même
22:54la droite
22:55entre guillemets
22:55classique
22:56du Parti Populaire
22:57Européen
22:57nous avons
22:59à plusieurs reprises
23:00formé des alliances
23:01de vote
23:02au Parlement Européen
23:03pour
23:04je le disais
23:05faire voter
23:05ce règlement
23:06sur les expulsions
23:07pour faire voter
23:07un règlement
23:08sur les pays
23:09tiers sûr
23:10qui permet
23:11de refuser
23:11de prendre
23:12des demandes
23:12d'asile
23:13et de dire
23:13à ces étrangers
23:14et bien
23:15vous pouvez aller
23:16dans tel ou tel autre
23:16pays hors de l'Union Européenne
23:18pour faire la demande d'asile
23:21optimistes
23:22politiquement
23:22sur la capacité
23:24à trouver
23:25des majorités fermes
23:26c'est ça
23:27et donc ce sera la démocratie
23:28qui à la fin
23:28gouvernera
23:29merci beaucoup Fabrice Ligéry
23:30pour votre intervention
23:31ce matin sur Sud Radio
23:32je rappelle que vous êtes
23:33député européen
23:34du Rassemblement National
23:35et ancien directeur
23:36exécutif de Frontex
23:37l'agence européenne
23:39de garde frontière
23:39et de garde côte
23:40merci d'avoir pris le temps
23:41de répondre à nos questions
23:42bonne journée à vous
23:44on est bien sur Sud Radio
23:45il est 10h28
23:46et dans un instant
23:47comme vous en avez l'habitude
23:48vos grands débats de l'été
23:50les chroniqueurs
23:51sont en train de se préparer
23:52pour des débats enflammés
23:53à tout de suite
23:54sur Sud Radio
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