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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 6 août, Jean-Christophe Chanjou, fondateur d'APAr, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Good morning business, la matinale de l'économie.
00:04Et c'est donc le dernier jour pour déposer les offres de reprise pour Duralex.
00:08Les candidats ont jusqu'à midi pour déposer le dossier.
00:12La verrie de la chapelle Saint-Messemin est en redressement judiciaire depuis le mois de juin, le 5e en 20
00:18ans.
00:18Bonjour Jean-Christophe Changeot.
00:20Bonjour Ewan.
00:20Merci d'être à notre micro ce matin, fondateur d'Apart.
00:25Et donc, c'est une annonce que vous faites en primauté sur BFM Business.
00:30Vous êtes candidat à la reprise de Duralex, ça y est, le dossier est déposé ?
00:35En fait, nous ne déposerons pas de dossier, car le niveau d'investissement à réaliser,
00:41pour remettre juste l'entreprise à niveau, qui a été délaissée pendant de nombreuses années visiblement,
00:46nous semble être démesuré par rapport aux capacités de la structure et aux besoins surtout d'investissement
00:51sur le développement de la structure demain.
00:53Donc, pour quelque part ne pas faire perdre de temps, ni à Manu, qu'on a vu sur place
00:59et qui nous a fait visiter le site, ni à Peggy, qui est en train de se battre comme une
01:03démenée
01:03pour arriver à maintenir la structure à flot, on préfère ne pas aller sur ce dossier.
01:07Mais alors, quelle est l'annonce là ? C'est-à-dire qu'en fait, il n'y a pas
01:09d'actu, il n'y a pas d'annonce.
01:11Vous n'étiez pas candidat et vous nous annoncez que vous n'êtes pas candidat.
01:14Justement, ce projet nous a permis de prendre conscience qu'il y avait un vrai besoin d'un côté d
01:21'entreprises industrielles
01:23pour arriver à leur faire passer un cap au niveau industriel,
01:28pour leur faire prendre des prochaines vagues au niveau de l'IA et de la robotique.
01:33Et de l'autre côté, qu'on avait des compétences énormes.
01:36Aujourd'hui, j'ai réussi à mobiliser cinq personnes sur ce projet qui ont des profils extraordinaires
01:40et qui se sont levées, clairement, pour venir sur ce projet-là.
01:45Aujourd'hui, je pense qu'on a énormément de compétences d'un côté,
01:47on a une révolution aujourd'hui en face,
01:49on a une vague d'entreprises qui sont en train de partir aujourd'hui dans le mur
01:53et on a besoin d'arriver à mobiliser ces énergies pour les mettre au service de ces entreprises.
01:58Mais donc pour vous, Duralex, c'est un cas désespéré ?
02:01Je n'ai pas les clés aujourd'hui, donc je ne dis pas pour moi, je n'ai pas de
02:05vérité.
02:06Je dis simplement que ma vision des choses, qui est forcément limitée aujourd'hui,
02:10fait que je n'ai pas aujourd'hui les clés, je considère que je n'ai pas moi les clés,
02:13même malgré la qualité des gens qui sont avec moi, pour aller sur ce projet.
02:16Et donc je retiens que vous auriez aimé être candidat, vous avez étudié le dossier,
02:20et finalement, là, à quelques heures de la limite des dépôts des candidatures,
02:25vous ne déposez pas de dossier.
02:27Quel était, vous, votre projet idéal ?
02:29Qu'est-ce que vous auriez aimé faire avec cette entreprise
02:32qui est quand même dans la mémoire de tous les Français ?
02:36Moi, aujourd'hui, c'est un projet qui m'a fait rêver, pour être honnête.
02:40J'ai rencontré des gens extraordinaires sur place, je vous ai parlé de Manu,
02:43je vous ai parlé de Peggy, qui sont des gens qui m'ont vraiment bluffé,
02:45et qui m'ont vraiment motivé pour avancer dans le projet.
02:48Quand on est arrivé sur le site, on a vu qu'il y avait plusieurs choses à faire.
02:53Il y a une chose, au niveau du processus industriel,
02:56qu'il faut complètement réinvestir, dans tous les sens du terme,
03:00il faut le repenser, le rééquiper.
03:03Aujourd'hui, si vous voulez, le chargement des containers se fait à la main.
03:08C'est-à-dire que c'est un truc qui est fou.
03:10C'est-à-dire qu'on pourrait avoir quelque chose d'un petit peu automatique, ça ne l'est pas.
03:14Mais vous, vous ne pouviez pas apporter cela ?
03:16On pouvait, mais la masse d'investissement qu'il y a à faire,
03:19juste pour maintenir l'outil existant et le mettre à niveau,
03:22est tellement énorme que ça nous paraît disproportionné
03:25par rapport aux capacités de remboursement de l'entreprise.
03:31Mais donc, il n'y a pas d'avenir pour l'entreprise.
03:33En gros, c'est ça que vous dites.
03:34On n'y va pas parce qu'il n'y a pas de vision et il n'y a pas
03:37d'espoir.
03:38C'est mon point de vue.
03:39Mon point de vue, c'est que je n'ai pas aujourd'hui, moi, les clés pour le faire.
03:42Quel est, vous, votre parcours, votre expérience ?
03:44Parce que vous êtes habitué quand même aussi à regarder ce genre de dossier.
03:48Alors, effectivement, dans ma dernière expérience,
03:51si vous voulez, j'ai participé à un projet
03:52où on est monté de 9 à 80 participations
03:57en l'espace de 6 ans
03:59pour un chiffre d'affaires consolidé de l'ordre de 400 millions d'euros.
04:01Donc, mon métier, si vous voulez, c'est d'acheter des entreprises.
04:03Ce qui me permet d'avoir un regard, si vous voulez,
04:05qui est à la fois, je vais lier l'affect,
04:07parce qu'il faut que j'y croie,
04:09et le rationnel, quelque part, qui doivent fonctionner ensemble.
04:12L'affect était là, simplement, avec mes clés.
04:15Et je ne dis pas que j'ai la vérité.
04:17Je ne voyais pas le rationnel, donc du coup, j'ai préféré ne pas y aller.
04:20Mais parce que vous, vous connaissez plutôt la gestion de crise
04:22dans une industrie très différente.
04:24Je crois que c'est la pharmacie.
04:25Tout à fait.
04:25Et peut-être une manière totalement différente de gérer aussi l'entreprise.
04:30Tout à fait.
04:30Alors, ce n'était pas, effectivement, vous avez raison, la même industrie.
04:33Après, le critère, si vous voulez, fondamental que je regarde,
04:37c'est, et ça, je pense que tout le monde sera d'accord avec ça,
04:40c'est la viabilité.
04:40C'est est-ce que je peux tenir mes engagements ?
04:42Donc, est-ce que je peux payer mes salariés ?
04:45Est-ce que je peux payer mes créanciers ?
04:47Et voilà.
04:48Aujourd'hui, sur ces critères-là,
04:51les hypothèses que j'ai dû faire pour arriver à sortir quelque part
04:55l'entreprise de l'eau me semblent, avec mes moyens, pas réalisables.
04:59Jean-Christophe Chanjou, il y a quand même 250 salariés chez Duralex
05:03qui attendent un repreneur, une suite,
05:06qui ont un espoir, probablement, de continuer dans cette entreprise.
05:11Beaucoup, lors de la SCOP, avaient investi leur propre argent
05:14pour que Duralex puisse rester pérenne.
05:18Qu'est-ce que vous leur dites ?
05:19Peut-être certains d'entre eux nous écoutent ce matin.
05:24Je pense qu'il y aura certainement des gens
05:26qui ont la capacité d'apporter des projets différents.
05:28Et c'est le jeu, d'ailleurs, et c'est bien.
05:31Et qu'avec ces gens-là, il faut construire,
05:32il faut se tourner vers l'avenir, surtout.
05:34C'est-à-dire qu'aujourd'hui, s'attacher au passé
05:38ne permet pas d'avancer.
05:39Aujourd'hui, il faut regarder l'avenir
05:40et considérer que tout ce qui va arriver
05:42comme outil d'industrialisation et d'automatisation,
05:46ce seront des chances, quelque part,
05:47pour sauver des emplois et pour sauver Duralex.
05:49Mais donc, repartir de zéro,
05:51licencier des effectifs,
05:52aller rechercher des profils plus tech.
05:54Vous parlez d'intelligence artificielle.
05:56Il faut aussi de l'IA dans la verrie.
05:58Je pense qu'il faut garder la maîtrise des compétences.
06:02Les compétences sont la clé,
06:03parce que sinon, l'IA part n'importe où.
06:05Et il faut trouver une juste alliance
06:07entre ces compétences et les nouvelles technologies
06:11pour arriver à avancer.
06:12Et c'est l'enjeu, clairement,
06:14des trois, quatre prochaines années
06:16pour l'industrie française.
06:17Jean-Christophe Changeou, fondateur d'Apart,
06:20qui n'est donc pas candidat à la reprise de Duralex,
06:23contrairement à ce qu'on croyait nous-mêmes.
06:24Parce que vous êtes venu en nous disant
06:26que vous alliez déposer un dossier.
06:29On l'a pris jusqu'au dernier moment, en fait.
06:30Oui, c'est-à-dire jusqu'à ce matin.
06:32Jusqu'à hier.
06:33Jusqu'à hier.
06:34Et finalement, vous n'êtes pas candidat
06:36pour toutes les raisons que vous venez d'expliquer.
06:38Il y a donc, à ma connaissance,
06:40un candidat officiel, peut-être un deuxième dossier.
06:42On sera probablement à midi,
06:44puisque c'est l'heure butoir
06:46pour déposer les dossiers
06:48pour la reprise de Duralex.
06:49Merci d'avoir été à notre micro ce matin.
06:51Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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