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  • il y a 14 heures
En compagnie de Philippe Lavil, Nathalie Schraen-Guirma nous propose de faire connaissance avec une Bretagne vibrante, de la côte sauvage de la Mer d'Iroise jusqu'aux Monts d'Arrée, berceau de nombreuses légendes. C'est l'occasion pour le chanteur de "Elle préfère l'amour en mer" et "Il tape sur des bambous" d'explorer le Finistère, terre de ses ancêtres. Ce voyage nous permet notamment de découvrir l'île de Molène, longtemps redoutée des marins et de nous imprégner du dynamisme de la ville de Brest avant de prendre la direction du Parc naturel régional d'Armorique. À proximité de la forêt d'Huelgoat, une rencontre avec un authentique druide nous plonge de manière inattendue au coeur de la culture bretonne. Année de Production :

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Transcription
00:00Musique
00:34Nous voilà en Bretagne, à nous les galettes saucisses, le Queen Yaman, le bon cidre.
00:40Nous sommes sur une route qui traverse l'un des plus beaux parcs naturels de France.
00:44Je vous propose de partir de la côte sauvage de la mer d'Iroise jusqu'aux forêts chères aux druides
00:49au cœur du Finistère.
00:51L'occasion d'explorer ensemble le berceau des légendes bretonnes, les rivières argentées et les mystérieux chaos rocheux.
00:59De nombreuses étapes nous attendent, du petit port du Conquet jusqu'au fameux Mont d'Arrée qui abrite une ferme
01:05d'exception,
01:06en passant par Brest, ville historique qui sait vivre avec son temps.
01:10Un voyage entre terre et mer qui nous fera découvrir la diversité du paysage breton.
01:17Et pour m'accompagner, quelqu'un qui connaît bien ces paysages.
01:21Un chanteur que l'on associe à notre terre entourée d'eau à plusieurs milliers de kilomètres.
01:25Et pourtant, ses racines sont ici.
01:28Il est de Bretagne d'ailleurs.
01:30Son ailleurs, c'est la Martinique.
01:32Il s'agit de Philippe Laville et on va retrouver avec lui le pays breton de ses ancêtres.
01:37Bienvenue sur notre route mythique de l'Armorique.
01:44Bonjour Philippe.
01:45Bonjour Nathalie.
01:45Ça va ?
01:46Oui, je suis contente.
01:47Moi aussi.
01:48De faire cette route.
01:49Je suis ravi.
01:50Alors tu m'as donné rendez-vous ici, en bord de mer, en Bretagne.
01:54Exactement.
01:54Et on va passer une journée formidable.
01:57Si tu veux bien.
01:58Ah oui ?
01:58Alors là, ici, on est au Conquet.
02:00Là, on est vraiment dans la commune la plus à l'ouest de France.
02:03Enfin là, on est vraiment à l'ouest de l'ouest.
02:04Totalement à l'ouest de la France.
02:06Exactement.
02:07Alors, je vais te montrer le trajet.
02:08Oui, mais ça, on va voir ça après.
02:09Ah bon ? Pourquoi ?
02:10Parce que je vais t'emmener sur une île qui s'appelle Molène, qui est là-bas.
02:15Et je me suis arrangé pour que la météo soit plutôt bonne.
02:18Pour la traverser ?
02:19Pas trop de mer, donc c'est pas la peine de prendre un sac en plastique.
02:22Tu seras pas malade.
02:23Et on aura pas mal de soleil aujourd'hui.
02:25Donc moi, je t'emmène sur le continent.
02:27Et moi, je t'emmène en mer.
02:28Et toi, tu retournes sur une île.
02:29On retourne en mer.
02:30En fait, c'est la pelle de l'île.
02:31Voilà, exactement.
02:31Tu peux pas t'en empêcher.
02:32Non, on y va ?
02:32Ouais, je te suis.
02:33Allez, on y va.
02:34Merci beaucoup.
02:34Marchons comme ça.
02:34Je suis ravie en tout cas.
02:35Moi aussi, je suis très heureux.
02:37Molène est une mise en bouche idéale à ce road trip.
02:40L'occasion de s'offrir une virée en mer
02:42avant de revenir sur la terre ferme
02:44pour retrouver notre fidèle combi.
03:01À quel âge tu as commencé à venir en Bretagne,
03:04découvrir justement la terre de tes ancêtres ?
03:06Je suis venu une ou deux fois
03:07lorsqu'on était, j'étais adolescent,
03:09mais sans vraiment comprendre.
03:11J'avais pas pris conscience
03:12de ses lointaines racines, je dirais.
03:15Après, on a fait une tournée
03:17qui s'est arrêtée à Poudal-Meuzeau,
03:18je me souviens.
03:20On a fait une tournée,
03:21on a chanté à peu près
03:21dans toutes les villes de Bretagne.
03:23Le déclic, ça a été, je pense,
03:25la révérence, enfin, le départ de mon père.
03:28Et donc là, je me suis commencé
03:29à m'intéresser, à regarder.
03:31Je suis venu à la pointe du Râ.
03:33Je suis allé voir les endroits
03:34un petit peu...
03:35T'as fait le tour de la Bretagne, quoi.
03:36C'était ce besoin de...
03:37Ouais, là, j'ai eu besoin.
03:38J'avais fait une chanson
03:39qui s'appelait De Bretagne ou D'Ailleurs,
03:42et qui racontait un peu l'aventure
03:44de ces gens qui partaient
03:46pour coloniser.
03:47C'était comme un déclic pour toi.
03:48T'as eu besoin d'écrire sur cette Bretagne
03:50au lycée de ton papa ?
03:51Ouais, j'ai eu besoin
03:54de sortir quelque chose, quoi.
03:55C'était une espèce d'exutoire.
03:57Alors, j'entends parler de Molène
03:58depuis quelques années
03:59parce que j'ai un bon copain
04:01qui est brestois
04:02et qui a une maison.
04:05À la limite,
04:06quand il t'en parle,
04:06t'as l'impression
04:06que ce sont ses racines
04:07qui sont là.
04:09Et je lui ai dit,
04:10un jour, il faudrait que j'aille.
04:11Il faudrait que tu m'invites chez toi.
04:12Il m'a dit,
04:13je vais t'inviter chez moi.
04:14Et c'est l'occasion aujourd'hui.
04:15Et donc on va aller chez lui ?
04:16On va aller chez lui.
04:17Très bien.
04:17Il s'appelle François.
04:25Ah ben, il y a François
04:26qui nous attend, là.
04:29Merci, messieurs.
04:31Voilà.
04:33François.
04:33Oui, bienvenue.
04:35Merci de nous recevoir
04:37chez toi.
04:38Bonjour, François.
04:39Tu m'en as tellement parlé.
04:40Enchantée.
04:41Nathalie.
04:54Donc là, on est vraiment
04:54sur la terre
04:55de vos ancêtres, François.
04:56Oui, complètement.
04:58Mon grand-père
04:59a quitté l'île
04:59dans les années 20
05:01parce qu'il avait neuf enfants
05:02et sa femme voulait
05:03que ses enfants
05:03fassent des études.
05:05Oui.
05:05Donc il fallait rejoindre le continent.
05:06Ils sont partis
05:07inviter au conquet.
05:08Mais en gardant quand même
05:08des attaches.
05:09En gardant des attaches ici.
05:11C'est marrant
05:12parce que vous êtes restés
05:13pendant longtemps ici
05:14à l'heure de Greenwich.
05:15C'est-à-dire qu'en fait,
05:16le breton, vous disiez
05:17qu'il était zème,
05:19il était tué également.
05:20Il ne voulait pas
05:20l'heure continentale.
05:21Oui, oui, tout à fait.
05:22Comment vous l'expliquez, ça ?
05:24C'est la vie des pêcheurs.
05:25Donc les pêcheurs,
05:26ils fonctionnent avec la marée,
05:27pas avec l'heure solaire
05:30ou l'heure de Greenwich.
05:32Alors, question désagréable.
05:33Est-ce qu'ici,
05:35il y a la susceptibilité
05:36des insulaires,
05:38la légendaire susceptibilité
05:39des insulaires ?
05:40Oui, je ne sais pas.
05:41En tout cas,
05:41c'est un tempérament particulier.
05:43On n'a pas besoin
05:44d'aller vivre aux Antilles
05:45pour avoir le tempérament.
05:47Je pense qu'on retrouve
05:47à peu près partout
05:48le même tempérament.
05:49Dans les mêmes îles.
05:50Dans les mêmes îles.
05:50Dans les îles, oui.
05:51Quelle que soit
05:53la latitude ou la longitude.
05:56Voilà, c'est là
05:56où j'habite.
05:59Avec le sémaphore juste en face
06:01et ce ciel bleu.
06:02Et ce ciel bleu, habituel.
06:04Et la porte est ouverte.
06:05Je vous suis.
06:06Après vous.
06:22Est-ce qu'on peut dire, François,
06:23qu'il y a des passerelles
06:24entre les Antilles
06:25et la Bretagne ?
06:26Il y a des passerelles
06:29historiques.
06:29Beaucoup de l'Otans
06:31sont partis là-bas.
06:33Peut-être que Philippe,
06:34d'ailleurs,
06:35en fait partie.
06:36Enfin, c'est les ancêtres.
06:36Entre la Bretagne
06:37et les Antilles,
06:38c'est aussi
06:39le monde de la mer,
06:41le monde des marins.
06:42Voilà.
06:43Une histoire commune.
06:44Une histoire commune, oui.
06:45Le reste,
06:46c'est cette partie
06:47de la Bretagne.
06:48Quand on part,
06:49après,
06:50c'est l'Amérique,
06:51c'est les Antilles.
06:52Et voilà,
06:53on passe au-dessus
06:54que lorsqu'on part en avion
06:56pour la Martinique
06:57ou la Guadeloupe.
06:58Donc, oui,
06:59il y a une histoire
07:00et il y a déjà l'histoire
07:02qui n'a pas toujours été...
07:03Bon,
07:04elle a été douloureuse aussi.
07:06On peut le signaler.
07:08Il y a aussi
07:08une très belle biodiversité
07:09dans la région.
07:10Bien sûr, oui.
07:11Ici,
07:12on est au cœur
07:13du parc marin,
07:13de la mer d'Ivoise.
07:14J'ai l'habitude de dire,
07:15mais il ne faudra pas
07:15le répéter à mes amis
07:17et aux centains,
07:17ici, c'est une vraie île.
07:19Pourquoi ?
07:20Parce que,
07:21quel que soit l'endroit
07:22où on se trouve,
07:23on voit la mer
07:24ou on entend la mer.
07:25Là, on ne l'entend pas
07:25parce qu'il n'y a pas
07:26beaucoup de vent,
07:27mais quand il y a la tempête,
07:28moi, d'où je suis,
07:29j'entends les galets
07:30qui roulent.
07:30C'est impressionnant, ça.
07:31Oui, oui.
07:32Et donc, voilà,
07:34c'est effectivement
07:34une ambiance particulière.
07:37Et qu'est-ce qu'on recherche
07:37en venant vivre ici ?
07:38Est-ce que c'est justement
07:39l'isolement,
07:39se couper du monde ?
07:41Pas l'isolement.
07:42Moi, ce que j'ai recherché,
07:43c'est à la fois
07:44être prêt et loin de Brest.
07:47On est prêt
07:48parce que s'il y a
07:49quelque chose qui se passe
07:51en une demi-heure de bateau,
07:52on y est.
07:53Et puis loin
07:53parce que quand rien ne se passe,
07:56on reste ici.
07:56On est ailleurs.
07:57On est ailleurs.
07:58On est complètement
07:58au bout du monde.
07:59Ce qui impressionne beaucoup
08:01les gens qui viennent ici,
08:02c'est le silence.
08:04Philippe Torretton,
08:05qui était venu
08:05il y a une dizaine d'années,
08:06m'avait dit
08:06ici, j'écoute le silence.
08:08Ici, on écoute la nature,
08:09moi, je dirais.
08:10Parce que justement,
08:11depuis tout à l'heure,
08:12tu as vu,
08:12on s'arrêtait
08:12pour écouter les oiseaux.
08:14On sent qu'elle est très présente
08:15cette nature.
08:16Voilà, et là,
08:17il y a une livraison
08:18qui vient d'arriver.
08:19Je pense qu'on va avoir
08:20une bonne surprise.
08:22Bonjour, monsieur.
08:24Montrez-nous un peu
08:24ces bestiaux.
08:26Waouh, waouh.
08:26Crabe et araignée.
08:28Regarde ça.
08:30Eh bien, dis donc,
08:30en même temps,
08:31le port de pêche
08:32de l'île de Molenne
08:33est très connu.
08:34Oui, oui.
08:34Notamment pour le crabe.
08:35C'est un beau bestiaux.
08:36C'est vous qui l'avez pêché ?
08:37Les enfants.
08:38C'est vrai.
08:40C'est la relève.
08:41C'est la relève.
08:42Ben, dis donc,
08:43on va pouvoir tenir
08:44un petit moment
08:44avec tout ça, François.
08:45On va manger ça vite.
08:46C'est parce que...
08:48Merci beaucoup, Minot.
08:49De rien, de rien.
08:50Moi, je vais venir
08:50m'installer sur l'île de Molenne.
08:52Si t'en es aussi bien accueillie.
08:53C'est un vrai bonheur.
08:59Moi, j'observe
09:00pour être capable
09:01de le refaire.
09:01Alors, c'est quoi la technique,
09:02François ?
09:03Il ne faut pas l'éclater.
09:04Il ne faut pas le rater.
09:05Voilà, ça, c'est fait.
09:07Un bon coup bien sec.
09:09Un coup franc.
09:13On peut dire
09:14que l'île de Molenne
09:15et la pêche,
09:15c'est indissociable.
09:16On est d'accord.
09:17C'est une île
09:17historiquement de pêcheurs,
09:19alors que Wesson,
09:20c'était plutôt
09:20la marine marchande
09:21et la marine militaire.
09:24Pourquoi est-ce que cette île
09:25était redoutée
09:26par les marins à l'époque ?
09:27Pourquoi est-ce qu'on disait
09:28justement qu'il voit Molenne
09:29voit sa peine ?
09:30Il y a des rochers partout.
09:31Et puis avec...
09:32Avec les marées.
09:33Les marées qui modifient
09:34complètement le paysage.
09:36L'île de Molenne,
09:37c'est aussi l'île
09:38des sauveteurs en mer.
09:41Il y a eu des drames importants.
09:43Il y a un peu plus d'un siècle,
09:45un bateau anglais
09:45qui s'appelait
09:46le Drummond Castle
09:47s'est échoué
09:48entre Molenne et Wesson
09:49avec plus d'une centaine de morts.
09:51Certains, d'ailleurs,
09:52les corps qui ont été retrouvés
09:54sont enterrés
09:55au cimetière de Molenne.
09:56Est-ce que tu pêches,
09:57toi, Philippe ?
09:58Oui, je pêche
09:58parce que quand je suis aux Antilles,
10:00je pêche.
10:01En Méditerranée,
10:01j'ai beaucoup pêché.
10:03Mais je vais revenir
10:04parce que là,
10:06ça te donne vraiment envie
10:07d'y aller, quoi.
10:09Moi, je le prends comme ça.
10:12Ouais.
10:13À peine d'en.
10:13Hum.
10:34Si mon compas est bien réglé,
10:36nous nous dirigeons vers Brest.
10:38Au programme,
10:38un chantier naval en pleine activité
10:40et un autre
10:41qui vient de connaître
10:42une reconversion surprenante.
10:54Allez, c'est parti.
11:09Tu sais que je suis un peu triste
11:11d'avoir quitté cette mer d'Iroise.
11:12J'ai adoré cette virée sur...
11:14Moi aussi.
11:15C'était vraiment un très, très, très beau moment.
11:18À quoi ressemblait ton enfance aux Antilles ?
11:20Ah.
11:21Tu es né à Fort-de-France, toi.
11:23J'ai né à Fort-de-France
11:24d'une maman
11:24qui était originaire du Nord-Ouest
11:28et d'un papa
11:29qui était originaire du Plain-Est.
11:32Donc, voilà.
11:33Je suis né à Fort-de-France,
11:34quasiment au milieu, quoi.
11:36et l'enfance était...
11:39Comment t'expliquer ?
11:40Magique.
11:41Oui.
11:41Oui, oui, parce qu'on était souvent dehors.
11:44On a eu la chance de vivre
11:46pendant un an et demi
11:47dans une maison
11:47alors qu'elle était perdue
11:49au milieu des bois.
11:50On vivait presque en autarcie, quoi.
11:53Puis on était dans la nature,
11:54complètement dans la nature.
11:55La maison était ouverte tout le temps.
11:57Beaucoup de gens qui passaient,
11:59des copains,
12:01des pêcheurs qui rentraient
12:03et qui s'arrêtaient au bout du petit quai
12:05pour laver du poisson
12:06qui sortait de l'eau,
12:07au pêcher.
12:07C'était du bonheur, quoi.
12:08Oui, c'était vraiment quelque chose...
12:10Le paradis sur Terre.
12:11Voilà.
12:11Cette enfance sous les cocotiers,
12:14sous le soleil,
12:15elle a duré combien d'années ?
12:1613 ans.
12:17C'est pas si long que ça, 13 ans.
12:19Non, c'est pas très long.
12:20Je suis allé dans une pension,
12:22dans la Drôme.
12:23J'avais une scolarité chaotique,
12:25on va dire.
12:26Je foutais rien.
12:28En fait, ça ne m'intéressait pas.
12:29Et c'est dans ces années au pensionnat
12:31que tu vas découvrir
12:33ta passion pour la musique.
12:35Oui, oui.
12:36C'est là que je vais...
12:38D'abord, mes parents m'avaient fait un cadeau,
12:40ils m'avaient offert une guitare
12:41achetée en Espagne.
12:42Je me suis mis à faire des chansons,
12:44je devais avoir 16 ou 17 ans.
12:45Ton vrai nom, j'ai enquêté,
12:46c'est pas la ville.
12:47C'est une belle simplification
12:49de ton temps de naissance.
12:50Oui, mais c'est un petit hommage
12:52à mon grand-père paternel.
12:53Parce que tu t'appelais comment ?
12:54Tu t'appelais les Durand
12:55de la ville jaigüe du Freinet.
12:58Oui, oui.
12:58C'était un peu compliqué
12:59pour faire une carrière avec ça.
13:01Oui, c'est ça.
13:01Après, si tu mets tout ça,
13:02t'as plus de place
13:03pour mettre le nom de la chanson, tu vois.
13:05Mon grand-père,
13:06on l'appelait
13:08monsieur de la ville Jésus,
13:09de la verge aiguë, etc.
13:11Il disait à tout le monde,
13:12écoutez, appelez-moi la ville, quoi.
13:13Voilà.
13:14Donc, j'ai enlevé un L et un U,
13:15puis j'ai fait la ville à la VIL.
13:17C'est un hommage à mon...
13:18Enfin, un hommage.
13:18Et ton grand-père,
13:19on l'appelait déjà de la ville, quoi.
13:20On l'appelait monsieur la ville.
13:21Voilà.
13:21On allait chez la ville,
13:22parce que les gens,
13:23ils écorchaient.
13:25Alors, j'ai pris ça, quoi.
13:26Et puis, de toute façon,
13:27tous les noms biens étaient déjà pris, hein.
13:29Johnny Alillet,
13:31tout ça, c'était déjà...
13:31Eddie Mitchell,
13:32Jacques Dutron,
13:33tout ça, c'était déjà pris, tu vois.
13:35Et tes parents,
13:35ils ont vécu comment ?
13:37Tes premiers succès de musique.
13:38Ils ont été vachement bien,
13:39parce que j'avais beau leur dire
13:41c'est ce que je veux faire.
13:43Bon, j'ai eu un premier succès d'estime
13:45en 69,
13:46une chanson qui s'appelait
13:47Alicali Fourchon.
13:48T'es avec quel âge ?
13:49J'étais un jeune con,
13:51j'avais 20 ans,
13:52j'avais 21 ans.
13:53Ouais, tu étais tout jeune.
13:54J'étais un jeune con,
13:55vraiment un jeune con.
13:55Ouais, avec Alicali Fourchon,
13:56on se rappelle tous, hein.
13:57Voilà, avec Alicali Fourchon.
13:58Et après ça,
14:00il y a eu un peu,
14:01un peu des...
14:04deux ou trois trucs.
14:05Et puis, on a fait un...
14:07J'ai chanté une chanson
14:08qui s'appelait
14:08Avec les filles, je ne sais pas.
14:10Avec les filles, je ne sais pas.
14:11Exacto.
14:12Ouais, t'as une mémoire folle.
14:14Ne dis pas que t'étais déjà née.
14:16T'étais pas née.
14:16Non, mais écoute,
14:17l'avantage de tes tubes, Philippe,
14:19c'est que...
14:20on les repasse constamment, quoi.
14:22Ce sont des tubes.
14:23Ça fait partie
14:23du patrimoine musical français.
14:25Jean-Jacques Goldman,
14:26un jour, m'a dit
14:26t'as de la chance,
14:27à un moment où j'étais
14:28un peu déprimé,
14:28il m'a dit
14:29mais attends,
14:29t'as de la chance
14:30d'avoir trois chansons
14:31qui sont rentrées
14:32dans la mémoire collective.
14:33Deux mois,
14:34les trois chansons ?
14:35Alors, il y a
14:35Avec les filles,
14:36je ne sais pas,
14:36il y a
14:38Il tape sur des bambous.
14:39Il tape sur des bambous
14:40et c'est numéro un.
14:42Voilà.
14:42Il y a
14:42Elle préfère
14:43l'amour en mer
14:44qui est une musique des filles.
14:45Elle préfère
14:45l'amour en mer.
14:45Excuse-moi,
14:46j'ai envie de toutes les chansons.
14:47Toutes les chanter.
14:48C'est là,
14:48tu vois vraiment
14:49à quel point
14:49tu le dis,
14:50ça fait partie
14:50de notre mémoire collective.
14:51Il n'y a rien à faire
14:52chante-fou
14:52et pourtant,
14:53ça me vient tout seul.
14:54Et puis,
14:54il y en a une
14:55qui a mis une expression
14:57dans la langue française courante
14:59qui est collé-séré.
15:00Ah bah oui,
15:00collé-séré.
15:00On retrouve ça
15:01dans plein d'articles
15:04de journaux
15:05où on voit...
15:06Mais collé-séré,
15:07c'est un carton international.
15:08Ouais,
15:09je crois.
15:10Ah mais oui,
15:10c'est...
15:11Ça,
15:11c'est une grande fierté.
15:12Ah mais...
15:13C'est incroyable.
15:13C'est une grande fierté.
15:33On est à Brest,
15:34on va sur le port de Brest.
15:35Toi qui aimes la mer,
15:37toi qui aimes le pied marin,
15:38on va au chantier naval du Guip
15:40et on va y rencontrer
15:41ses ébénistes,
15:42ses charpentiers de marine.
15:43Ce sont des...
15:44On peut dire
15:45des anges gardiens
15:45du patrimoine maritime.
15:47Ah ouais.
15:48Et je pense que tu vas
15:49aimer les lieux.
16:08C'est fou, hein ?
16:09Ça sent bon,
16:10il y a une isoleur magnifique ici.
16:20Bonjour Yann.
16:21Bonjour.
16:22On vous dérange ?
16:23Non, non,
16:23je suis en calfatage
16:25et ça ne me dérange pas.
16:26C'est une restauration,
16:27réparation.
16:28L'idée,
16:28c'est de refaire
16:29tel qu'il était
16:30parce qu'autrement,
16:30on perd le sens
16:31de l'histoire.
16:32On perd
16:33les mises en œuvre
16:35et puis chaque bois
16:36a sa spécificité.
16:37On ne va pas chercher
16:38n'importe quel pain.
16:39Il faut qu'on aille le chercher
16:39en altitude
16:40pour qu'il ait poussé lentement.
16:41Et c'est ce que recherchent
16:42vos clients, j'imagine ?
16:43Oui.
16:44Des bateaux qui ont une histoire
16:45comme celui-ci ?
16:46Oui, et puis les gens
16:46qui ont des bateaux comme ça
16:47sont amoureux de leur bateau
16:49et sont aussi amoureux
16:50de l'histoire,
16:51sont très intéressés
16:52par l'histoire du bateau.
16:53Ce n'est pas facile pour ce bateau
16:54parce que c'est un bateau
16:54qui a été conçu
16:55par un des plus grands chantiers allemands
16:56qui s'appelle
16:56Abbeking Rasmussen,
16:58qui est en bourg
16:59mais qui a été complètement bombardé
17:00pendant la Seconde Guerre mondiale.
17:01Donc tous les archives sont parties.
17:03Donc on a retrouvé
17:04des bribes de plans
17:05qui avaient été publiées
17:07ou des choses comme ça.
17:08On a le droit
17:08de vous rejoindre là-haut ?
17:09Oui, bien sûr.
17:10Parce que je veux faire
17:11une confidence,
17:12Philippe, il adore sentir
17:13les essences de bois.
17:14Il adore sentir le bateau
17:15de 1930.
17:16Oui, j'adore ça.
17:17Les résineux, ça,
17:18c'est des bois qui sont super,
17:19pleins de résine.
17:20Ah oui, c'est génial.
17:21C'est génial, oui.
17:27Salut.
17:27Ça va ?
17:29Voilà.
17:30Attendez, je vais vous dépasser.
17:34T'as vu, tu peux le sentir.
17:37Alors là, t'as du bois
17:39qui est très âgé, là.
17:40C'est du bois qui est
17:40depuis la construction.
17:42Ça, là ?
17:43De 1930 ?
17:441913.
17:451913 ?
17:46Oui.
17:46Et la peinture,
17:47ça va être décapé, non ?
17:49La peinture, oui,
17:49ça va être refait, oui.
17:51Combien d'heures de boulot
17:51en tout,
17:52donc pour remettre à niveau
17:54ce bateau ?
17:55Parce que là,
17:55c'est une petite restauration.
17:56C'est une petite restauration,
17:57mais on va bien passer
17:586 000 heures de travail.
18:00C'est énorme.
18:01Parce qu'on a changé
18:02toutes les pièces métalliques
18:03à l'intérieur.
18:04Et c'était très intéressant
18:05pour nous.
18:05C'est une technique
18:06qu'on n'avait jamais faite,
18:07qui ne se fait plus
18:08et qu'on a dû réapprendre.
18:09Une façon de préserver
18:11le savoir-faire,
18:12le geste artisanal.
18:14Donc, vous allez constamment
18:15à la recherche
18:15de ce qui se faisait avant,
18:17vous le réappropriez,
18:18essayez justement
18:19de perpétuer la tradition.
18:20C'est important ce que vous dites.
18:22On est obligé de...
18:23Des fois,
18:24on est un peu presque obligé
18:24d'aller à la recherche
18:25de gestes
18:26où la transmission
18:27ne s'est pas tout à fait faite.
18:28Il faut qu'on analyse le bateau,
18:29qu'on comprenne
18:29et qu'on retrouve les gestes.
18:31Et on fait très attention
18:32à former tout le temps
18:33parce que finalement,
18:35la charpente de la balle,
18:36si elle meurt un jour,
18:37c'est par manque
18:37de charpentier
18:38parce qu'à un moment,
18:39il va y avoir une césure
18:39qu'on va se dire
18:40c'est trop compliqué,
18:41on n'a plus les gens
18:41pour le faire.
18:42Donc, il faut toujours
18:42qu'il y ait les gens
18:43pour le faire
18:43pour que notre métier
18:44continue à vivre
18:45et que les bateaux
18:45soient entretenus.
18:46Autrement,
18:47les gens vont chercher
18:47des techniques modernes.
18:48Au lieu de faire du classique,
18:49on va faire du bois collé.
18:51Au lieu de faire du rivet,
18:52on va faire de la soudure
18:53et on va perdre
18:54toute la richesse
18:55du savoir-faire.
18:56C'est pas la même...
18:57Oui, et puis c'est pas
18:58la même poésie,
18:59c'est pas la même humanité.
19:00C'est-à-dire,
19:01la part de l'homme
19:01est beaucoup plus réduite.
19:02C'est-à-dire,
19:03on fait des choses
19:03qui sont reconstituées
19:05où la logique finalement
19:07est de réduire
19:07la part de l'homme
19:08parce qu'elle coûte
19:09de l'argent
19:09et on perd
19:10toute cette humanité,
19:11toute cette poésie,
19:12toute cette beauté du geste,
19:13tout ce savoir ancestral.
19:14C'est fou, hein ?
19:15Un bateau comme celui-ci,
19:17quels sont tous les corps
19:17de métier
19:18qui vont intervenir
19:20pour le restaurer ?
19:21D'abord,
19:21nos ébénistes sont intervenus
19:23pour démonter
19:23les aménagements intérieurs
19:24et nos techniciens
19:26pour démonter le moteur
19:27et les systèmes intérieurs
19:28pour qu'on puisse accéder
19:29à la structure.
19:30Ensuite,
19:30les charpentiers
19:31s'en sont emparés.
19:32Ils ont commencé
19:33à démonter
19:33les membres métalliques
19:34et avec nos forgerons,
19:38qui sont nos techniciens,
19:40il y a aussi des forgerons
19:41qui ont reconstitué
19:43les structures métalliques.
19:44Jusqu'à être en métal ?
19:45Oui,
19:46on a eu les ébénistes,
19:47on a eu les motoristes
19:49techniciens,
19:49ensuite les charpentiers
19:51de marine,
19:52ensuite les forgerons.
19:53En accord avec
19:54les charpentiers de marine,
19:55on a remonté,
19:56là vous voyez,
19:56c'est toutes les fixations
19:57des membres métalliques,
19:58on a remonté
19:59la structure métallique
20:00sur le bordage en bois
20:02et les charpentiers
20:03ont continué
20:03en changeant
20:04tous les bordés,
20:05ils vont calfater
20:06et on a actuellement
20:08les ébénistes
20:08qui sont en train
20:09de remonter
20:09les aménagements.
20:10Là,
20:10vous voyez,
20:11ça nous a permis
20:12de fixer,
20:13on a bouché avec du bois
20:14mais il y a un boulon
20:15à chaque fois
20:15qui vient relier la cornière,
20:17c'est une cornière métallique
20:18donc c'est un aile métallique
20:20sur lequel on vient
20:21mettre un boulon
20:22pour fixer le bordé.
20:23Il y a deux attaches
20:23à chaque bordé,
20:24vous voyez,
20:24il y a un bordé.
20:25On cache les boulons.
20:26Un bordé,
20:27à chaque fois,
20:28il y a deux boulons.
20:28Ça, c'est le chanvre goudronné
20:30qui a une odeur
20:31tout à fait particulière.
20:32Je peux.
20:33C'est vraiment
20:35une forte odeur
20:36de goudron,
20:36ça a une forte odeur
20:37de goudron.
20:38On n'a pas l'impression
20:38mais c'est beaucoup plus
20:39complexe de restaurer
20:41que de construire
20:42parce qu'on est hors logique.
20:43En même temps,
20:43c'est ça qui est passionnant
20:44parce que si c'était
20:45du billard,
20:47machin,
20:47C'est ça qui nous amuse,
20:48c'est-à-dire,
20:49c'est un métier
20:50où on est toujours
20:50à réfléchir,
20:52tu te remets toujours
20:53en jeu,
20:54c'est-à-dire,
20:55tu n'es jamais sûr
20:55de...
20:56Tu vois le boulot,
20:57tu vois comment les gars
20:57ont travaillé,
20:58tu vois qu'ils ont fait
20:58un boulot super.
20:59Tu te dis,
20:59est-ce que je vais être capable
21:00de faire le même boulot ?
21:01Est-ce que c'est un défi
21:02à chaque fois d'y arriver
21:03et de trouver les techniques ?
21:04Des fois,
21:06on tâtonne un petit peu.
21:07Ce n'est pas quelque chose
21:07qui arrive.
21:08Tout n'est pas écrit.
21:09Il y a des choses
21:09qui sont cachées.
21:13Merci beaucoup, Yann.
21:14Merci, Yann.
21:15C'est très gentil.
21:16Je vous fais la bise.
21:17Au revoir.
21:19Merci beaucoup.
21:20Merci, Yann.
21:20Et puis, bon travail.
21:21Il y a encore des heures
21:23de boulot, là.
21:23C'est magnifique.
21:23C'est magnifique
21:24ce que vous faites.
21:25Non, je passe devant.
21:25Ah oui, c'est vrai.
21:26Les hommes passent devant.
21:27La galanterie masculine.
21:29Pour te récupérer
21:31si tu tombes.
21:31Pour la récupérer, oui.
21:32Il est galant, Philippe.
21:42C'est impressionnant,
21:43cette petite visite-là.
21:45Ça t'a plu ?
21:46Ah oui.
21:46Oui, parce que ce sont,
21:47en fait,
21:49des artistes,
21:52les deux.
21:53Oui, et ça,
21:54c'est un mot
21:56qui doit revenir,
21:58je ne dis pas à la mode,
21:59mais qui doit reprendre
22:00sa vraie valeur,
22:01l'artisanat, l'artisan.
22:02Elle est jaunie, cette ville.
22:03Elle est étonnante
22:04sur le plan architecturant.
22:05Oui, parce qu'il y a une partie
22:06qui a été reconstruite.
22:07Ah, la beauté du truc.
22:10Là, on est sur la recouvrance.
22:11Le pont de la recouvrance.
22:13C'est magnifique.
22:14Tiens, on a une vue
22:14sur l'arsenal.
22:16Oui.
22:16Notre arsenal du 19e.
22:19Qui est très bon.
22:20Qui est devenu
22:20un lieu de culture.
22:26Retrouvons-nous
22:26de l'autre côté
22:27de la Penfeld,
22:28grâce à un téléphérique
22:29flambant neuf,
22:30afin de découvrir
22:31comment les chantiers
22:32navals d'hier
22:33ont été transformés
22:34de manière inattendue.
22:54avec nos petits bateaux.
22:55Tiens, regarde,
22:56on voit la vieille ville.
22:57C'est bien arrivé.
22:58Le Fort Vauban.
22:58C'est super.
23:00C'est super.
23:04Bonjour Alain.
23:05Bonjour.
23:06Monsieur le directeur général.
23:07Monsieur le directeur.
23:08Je dis bonjour.
23:09Monsieur le directeur.
23:10Merci beaucoup
23:11de votre venue.
23:12Merci à vous
23:12de nous accueillir ici.
23:13C'est magnifique.
23:14Très agréable.
23:15Les Brestois sont fiers
23:16de cet endroit.
23:16Ils sont extrêmement fiers
23:18parce que c'était pour eux
23:19pendant très longtemps
23:20ça a été la cité interdite
23:21ici puisque c'était
23:23très réservé
23:24aussi à la marine nationale
23:26puisque c'était
23:26un atelier de construction
23:28marine nationale
23:29donc un lieu protégé
23:30par essence.
23:32Donc la reconquête
23:32de ce lieu
23:34fait pour les Brestois
23:35un sentiment de fierté
23:36assez important.
23:37Et maintenant
23:37ils ont droit
23:37à cette vue exceptionnelle.
23:38Tout à fait.
23:39Et donc ici
23:40on domine
23:41la Pinfeld
23:42l'entrée de la Pinfeld
23:43avec au bout
23:45le château
23:46et l'ensemble
23:47du musée
23:49d'histoire
23:50de la marine
23:51sur Brest.
23:52Le bout de la rate
23:53qui est là-bas
23:54la tour Tanguy
23:54on a un panorama
23:56à 180 degrés
23:58ici
23:58sur l'ensemble
23:59de ce que constitue
24:01vraiment le cœur de Brest.
24:02Il y en a ça aussi
24:03qui rappelle un peu
24:04le passé de l'Arsenal
24:06les radoubes c'est ça ?
24:07Oui c'est les formes
24:08de radoubes
24:08alors chez les militaires
24:09on appelle ça des bassins
24:10mais ce sont des bassins
24:12en activité
24:12où l'ensemble
24:13de la marine nationale
24:14vient remettre
24:16en état
24:17des bateaux
24:17et vous avez
24:18toujours
24:19un ou deux bateaux
24:20en service
24:21dans ces bassins.
24:23C'est impressionnant.
24:25Et si on se tourne
24:26on a
24:27un des plus beaux
24:27vieux bâtiments
24:28de Brest
24:29qui est
24:30le bâtiment au Lyon
24:32qui est en cours
24:33de réfection
24:33et qui fait
24:35l'arrivée
24:36entre l'Arsenal
24:37la partie militaire
24:38et la partie
24:39dite publique
24:40de l'ensemble
24:41et on a
24:41la plus vieille rue
24:42de Brest
24:43qui arrive au pied
24:44qui est la rue
24:44de Saint-Malo
24:45qui est une des seules rues
24:46qui a été conservée
24:47malgré le bombardement.
24:48C'est un mélange
24:49de futur
24:50de passé
24:50de patrimoine
24:51tout ça est chargé
24:52d'histoire en fait.
24:52On a ici
24:54vraiment un lieu
24:55un peu mythique
24:57qui reprend vie
24:58qui redonne goût
24:59à la vie aussi
25:00par ici.
25:01On a envie de voir
25:02ce qui se passe
25:02à l'intérieur non ?
25:03Ce serait bien
25:05ce serait intelligent.
25:06C'est devenu
25:06un lieu de culture
25:07c'est ça
25:08accessible à tous.
25:08C'est un lieu de culture
25:10très ouvert.
25:19C'est un lieu de culture
25:42Ici, on est dans l'espace commercial des ateliers des Capucins.
25:47Cet espace va être réservé à de la restauration, de la culture, etc., ici à l'intérieur.
25:54Tous ces puits de lumière, c'est magnifique.
25:55Oui, en fait, vraiment, le bâtiment a été gardé dans sa conformité,
26:00c'est-à-dire qu'on a gardé des ouvertures en or pour avoir toujours cette lumière,
26:04les chèdes, la neuf centrale et les autres parties sur l'ensemble du bâtiment.
26:09Donc, ça nous donne vraiment une dimension assez cathédrale de ce bâtiment.
26:15C'est exactement ça. Et même au niveau de l'acoustique.
26:21Il y a un petit écho, quand même.
26:23Il y a un léger écho.
26:24Vous voyez, dans ce bâtiment qui fait quand même pratiquement 12 000 m² sur cette partie-là.
26:3012 000 m² ?
26:31On a quand même un équilibre du saut.
26:34Oui, c'est vrai, on peut se parler.
26:36On imagine que s'il y a beaucoup de monde, ça ne va pas être un brouhaha.
26:39Terrible, quoi.
26:41Il faut savoir qu'ici, au sein des ateliers des Capucins,
26:44ont été construits le Charles de Gaulle, le porte-avions.
26:50La Jeanne d'Arc a été construite en partie ici.
26:52On a vraiment ici un site mémoriel au niveau du patrimoine maritain.
26:57Et vous allez mettre ça en exergue un jour ?
26:59Il y aura éventuellement bateau, une maquette du bateau avec des photos et des archives ?
27:05Alors, on va faire mieux que ça.
27:07Sur le tour qui est là-bas, le tour Saumua, qui est un tour qui fait plus de 22 mètres
27:11de long,
27:11on va réinstaller l'arbre de la Jeanne d'Arc, l'arbre d'hélise de la Jeanne d'Arc,
27:15avec l'hélise de la Jeanne d'Arc, qui va être mise là-bas.
27:18Et ensuite, on aura d'autres accompagnements, notamment un pôle des Excellences Maritimes,
27:23où on va installer tout ce que Brest regorge comme infrastructure au niveau de la mer.
27:29Donc, musée, en mémoire du passé, des lieux, auditorium, j'ai entendu dire médiathèque également ?
27:35Médiathèque, une des plus grandes médiathèques de France, pratiquement 10 000 mètres carrés,
27:39pratiquement 200 000 ouvrages à l'intérieur, très connecté en plus.
27:45À la pointe !
27:45À la pointe, à la pointe de vrai !
27:48De l'innovation !
27:50C'est un lieu des possibles, on a toutes sortes de pratiques,
27:52on a des danseurs, on a des chanteurs qui viennent,
27:55ils s'installent là dans le kiosque, et ils ont une acoustique assez intéressante.
27:59Je peux aller voir l'acoustique du kiosque ?
28:01Je vais voir l'acoustique du kiosque.
28:04Il faut se concentrer.
28:08Alors, ça part par là un petit peu.
28:12Là, c'est beaucoup mieux.
28:14Donc, c'est de là qu'il faut chanter.
28:15Ah ah ah !
28:16On t'attend ?
28:17On peut presque organiser un petit showcase.
28:20Un petit showcase, ça peut être très sympa.
28:21Et je vois qu'il y a des dessins d'enfants.
28:23Oui, parce que c'est aussi...
28:25Il y a des ateliers pour les enfants.
28:25Il y a des ateliers pour les enfants, d'appropriation de la ville, d'appropriation des lieux, etc.
28:30C'est engagé par Passerelle, qui est le centre d'art contemporain de la ville de Brest,
28:35et qui permet à plein d'enfants de manipuler des objets, de dessiner et de voir comment leur ville est
28:40construite.
28:41C'est un lieu familial.
28:42Complètement, entièrement familial.
28:44Merci beaucoup Alain de nous avoir fait visiter ces lieux.
28:46Oui, c'est très sympa.
28:47Il viendra peut-être chanter ?
28:48Oui.
28:49Vu qu'il y a une bonne acoustique.
28:58Nous quittons Brest et la côte de la mer d'Iroise.
29:01Cap maintenant sur les paysages sublimes des monts d'Arrée, qui font la fierté des Bretons.
29:06Nous allons vite comprendre qu'ils ont bien raison.
29:32Pas mal comme endroit, cet arsenal pour dédier la culture.
29:35Oui, c'est un projet magnifique. Je trouve que c'est courageux d'avoir fait ça, parce que c'est
29:42un gros chantier.
29:43Tu as surtout vu être séduit par l'acoustique des lieux.
29:48Oui, c'est vrai qu'on va dans des endroits comme ça, on se dit qu'on pourrait peut-être
29:52faire des concerts là-dedans,
29:53on pourrait faire des choses un petit peu originales.
29:55Le live, c'est important pour toi ?
29:57Oui, moi j'adore ça. J'adore l'avant-spectacle, le pendant-spectacle et l'après-spectacle.
30:04Et puis, mine de rien, quand tu réfléchis un petit peu, un spectacle qui dure entre, on va dire, 1h30
30:11et 1h50.
30:13Parce que pour moi, au-delà de 2h, j'ai l'impression que je peux emmerder les gens. Je, je
30:18parle pour moi.
30:19Trois quarts d'heure avant, tu rentres dans une espèce de petite bulle, tu vois, où tu t'installes, tu
30:27t'habilles.
30:281h30, 2h moins le quart sur scène.
30:32Et on te caresse dans le sens du poil, on te dit que t'es beau, que tu chantes bien,
30:37que t'as de jolies chaussures, etc.
30:40Et après, tu as une petite redescente qui dure, une descente qui dure, allez, on va dire entre une demi
30:48-heure et trois quarts d'heure.
30:49Et après, on se retrouve. Tu vois ?
30:52Il y a un partage qui est formidable. Et surtout, pendant à peu près 2h30, 3h, tu es totalement en
30:57dehors de la réalité.
31:10T'as vu comme ça change par rapport à la côte ?
31:13Ah oui, complètement.
31:13La végétation n'a plus rien à voir.
31:15Complètement, complètement.
31:16T'as vu un peu cette lumière là, comme ça, sur cette verdure, c'est beau.
31:20Oui, c'est très, très beau.
31:21Cette nuance, cette nuance de verre.
31:23Et puis les verres, voilà, exactement. C'est ce que j'allais te dire.
31:26Je trouve que les maisons ont du charme, tu vois, parce que elles sont complètement bouffées par la nature.
31:30Peut-être pas celles qu'on voit à gauche là, mais elles sont vraiment dans la nature.
31:35C'est sauvage, hein ?
31:37C'est un paysage où tu pourrais facilement trouver l'inspiration.
31:42Bon, l'inspiration, elle vient partout.
31:43Elle vient partout, même dans un bistrot, dans un centre-ville, dans la rue.
31:48Tu sais, je peux te raconter une petite histoire.
31:50J'avais fait le texte d'une chanson qui s'appelle « La part des anges » et je trouvais
31:54pas…
31:54J'ai passé quatre jours avec deux guitares et machin. Je trouvais pas une note qui…
31:59Deux notes intéressantes pour faire une mélodie.
32:03Donc j'ai envoyé tout ça à un pote et en lui disant « Est-ce que tu peux me
32:08faire une mélodie sur ce texte ? »
32:11Il m'a dit « Bon, écoute, je verrai ».
32:13Et mon fils m'a appelé et m'a dit « Est-ce qu'on peut dîner ensemble ? »
32:18Trois minutes après que j'ai envoyé le mail.
32:23« D'accord, donc voilà, pap, pap » et je descends de chez moi, je fais 150 mètres dans la
32:27rue et me viens.
32:30Mais à toute vitesse, le couplet, il le refera.
32:34Mais en 30 mètres, tu vois ? D'un seul coup.
32:40C'est pas beau ce paysage ?
32:42C'est beau, c'est vallonné, c'est vraiment… Il y a un sentiment de quiétude incroyable.
32:49Je t'emmène dans les hauteurs de la Bretagne.
32:52Où m'emmènes-tu d'ailleurs ?
32:54Les Bretons ont leurs montagnes.
32:56Les Monts d'Arrée.
32:58Les Monts d'Arrée ?
32:59Toi qui es un Breton de la terre, tes ancêtres étaient dans les terres.
33:03Les Monts d'Arrée, c'est un endroit qui est exceptionnel, assez mystérieux.
33:07Je pense que tu vas adorer.
33:08C'est un peu les montagnes des Bretons.
33:10Enfin, on parle de montagnes, c'est plutôt des collines.
33:12Les collines des Bretons.
33:13Chez nous, on dit les Mornes aux Antilles.
33:15Les Mornes, voilà, les Mornes des Bretons.
33:17Oui.
33:49Bonjour Delphine.
33:50Bonjour.
33:53Bonjour Delphine.
33:54Vous allez bien ?
33:54Bienvenue au domaine de Minesmeur.
33:56Très bien.
33:57On est content d'être là.
33:58Je suis ravie de vous accueillir.
33:59On a l'impression d'être dans un autre pays.
34:00Ah oui, tout à fait.
34:01On a quitté la côte, là, ça ne peut rien avoir.
34:03On est en montagne, dans les Monts d'Arrée.
34:06350 mètres d'altitude.
34:08Oui, d'où les chartes.
34:093500 décimètres.
34:11Oui, c'est bien, ça a l'impression d'être gigantesque.
34:17Alors, ici, c'est le domaine de Minesmeur.
34:19Oui.
34:19Qui veut dire grande montagne en bouton.
34:21C'est ça.
34:22On se croirait presque en Écosse.
34:23Et pourtant, nous sommes dans les Monts d'Arrée.
34:25Oui.
34:26C'est splendide.
34:27Alors, elle est où notre rate de Brest ?
34:28Alors, vous la voyez ici.
34:30Ah bah ouais.
34:31Elle est là-bas.
34:32On voit là où c'est blanc, tu vois, au fond.
34:35Avec le bleu de la mer, on le voit bien ici.
34:37On découvre aussi ces paysages de l'Ande, une végétation très rase.
34:42La tourbière sauvage également.
34:44La tourbière, un petit peu plus loin, effectivement.
34:46Donc, toutes ces ambiances qui sont vraiment emblématiques de la Bretagne.
34:49Et puis, on comprend en voyant ces paysages qui aujourd'hui sont sous le soleil,
34:53mais qui, en fonction des saisons ou des périodes, peuvent être dans la brume.
34:58On comprend tout l'imaginaire breton qui a pu se développer dans de tels paysages.
35:02Vous êtes fière de votre Bretagne ?
35:04Bah écoutez, on ne peut que l'être.
35:06En voyant ces paysages, je pense.
35:08C'est vrai, c'est vrai.
35:09Petite question.
35:09Ces fleurs jaunes, ce ne sont pas des genets ?
35:12Ce ne sont pas des genets.
35:13Ici, ce sont des ajons.
35:14L'ajon de Le Gall, en particulier.
35:17Donc, effectivement, qui fleurit, qui fleurit de ces belles teintes jaunes.
35:21Et vous pourrez sentir les fleurs.
35:23Elles ont un parfum solide de noix de coco.
35:26C'est vrai.
35:26Bah attendez, il y en a juste là.
35:27Alors, on va y aller tout de suite.
35:28Alors.
35:28Je vais y aller tout de suite.
35:29La noix de coco, ça te parle ?
35:32Bah ça me parle.
35:33Si nous sommes arrivés jusqu'ici, c'est magnifique.
35:35Tu es d'accord que ça sent la noix de coco ?
35:36C'est incroyable.
35:37C'est rigolo, ouais.
35:38Tu es d'accord que ça sent vraiment la noix de coco ?
35:40Ouais, ouais, ouais.
35:40Incroyable.
35:41Ah !
35:42Il y a des épines, fais attention.
35:43Il y a des épines terribles.
35:45J'adore.
35:47Oui, c'est rigolo.
35:48Et donc, il y a une flore très variée ici.
35:50Oui, tout à fait.
35:51Alors, vous avez ici ce qui est aussi surprenant, la silène maritime.
35:55Donc, encore une fois, on est dans cette...
35:56Alors, c'est quoi ?
35:57Cette petite fleur blanche.
35:58C'est une petite fleur blanche.
36:00Oh là là.
36:00C'est moins parfumé.
36:01Et puis, si vous revenez dans quelques semaines, vous pourrez goûter les myrtilles parce qu'on
36:06est bien dans la montagne et on a aussi des myrtilles sauvages.
36:10Voilà.
36:11C'est magique.
36:12Alors là, on parle de la flore, mais il y a la faune qui est importante ici.
36:16Tout à fait.
36:17Alors, la faune sauvage d'abord.
36:19Donc, ces paysages de l'Ande en particulier offrent le gîte et le couvert à une faune particulière.
36:27Mais ils sont dans des enclos ou bien en liberté ?
36:29Alors là, c'est la faune sauvage en liberté qui fréquente le domaine.
36:35On a aussi des sangliers, des chevreuils.
36:39Et puis, on a dans les enclos, effectivement, un certain nombre d'animaux.
36:43Alors, les bovins et les ovins, notamment, qui nous aident à entretenir tous ces paysages,
36:47qui pâturent une partie de l'année ces paysages.
36:50Les débroussailleuses naturelles.
36:51C'est ça.
36:52Ça fait quelle superficie ?
36:53Alors, le domaine de Ménèsmeur, c'est le plus grand espace naturel sensible du département du Finistère
36:58qui fait plus de 650 hectares.
37:00Ah, ça commence à parler.
37:02Avec des landes, des forêts et puis des tourbières.
37:04Donc, les tourbières, ces fameuses zones humides où on découvre, là aussi, une fleur particulière.
37:10Notamment, la petite droséra, une petite plante carnivore.
37:12Je vais bien m'approcher un peu des animaux.
37:15Allons-y.
37:16Voir un petit peu toutes ces races minoritaires également,
37:20qui sont menacées comme nos fameux ovins et bovins.
37:46Delphine, comment on les appelle ces chèvres ?
37:48Ce sont des chèvres des fossés.
37:50Pourquoi est-ce qu'elles ont failli disparaître, ces chèvres ?
37:53Alors, les chèvres des fossés, elles étaient utilisées traditionnellement pour entretenir les bords de route.
37:58Et puis, progressivement, cet usage...
38:01Ah, d'où le long fossé ?
38:02Oui, tout à fait.
38:03Et puis, ils ont fait passer des camions avec des...
38:06Avec les pareuses, tout à fait.
38:08Alors, aujourd'hui, on a ici 10 petites chèvres, une pépinière de chevrettes,
38:12qui vont être élevées ici au domaine de Menesmeur pendant deux ans,
38:16et qui seront ensuite confiées à un éleveur.
38:20C'est une façon de permettre à des éleveurs de s'installer plus facilement.
38:26Ce sont des jeunes chevrettes, elles sont très joueuses.
38:28Et donc, cette ferme pédagogique, elle a été créée pour sensibiliser aussi bien le grand public que les agriculteurs ?
38:34Oui, c'est pour nous une vitrine de l'action qu'on mène, du conservatoire.
38:40Donc, qui permet effectivement de donner une visibilité pour les éleveurs,
38:43et puis aussi, qui permet au grand public, aux écoles, de venir au plus près des animaux.
38:49Donc ici, vous avez les petits moutons douessants.
38:52Aujourd'hui, ils ne sont plus élevés pour la viande.
38:54Vu leur gabarit, c'est vrai que ce ne serait plus tellement rentable.
38:57Par contre, on les utilise pour l'entretien des terrains, des jardins aussi.
39:02De plus en plus, on voit des petits moutons douessants dans des parcs,
39:07ou même sur le périphérique parisien pour entretenir.
39:10C'est vrai ?
39:11Tout à fait.
39:11Maintenant que vous le dites, oui.
39:13Voilà.
39:13Donc, on les qualifie de petites tondeuses écologiques.
39:17Leur toison, ça parle plus à du poil qu'à de la laine.
39:20Si vous touchez, ça fait vraiment l'aspect de poil.
39:23Un peu rasta, même.
39:24Voilà.
39:25Vous avez peut-être senti, la toison est très grasse.
39:28C'est ce qu'on appelle le suin.
39:29Et c'est ce qui imperméabilise la toison.
39:31Donc, c'est des moutons qui peuvent être toute l'année dehors,
39:34qui sont très rustiques, très résistants.
39:36Et ça peut vivre partout, ça ?
39:38Ça peut vivre partout.
39:39Après, ils vont bientôt être tondus pour pouvoir supporter la chaleur de l'été.
39:43Et qu'est-ce qu'on fait, du coup, avec la toison, une fois tondue ?
39:45Elle n'est pas valorisée pour la laine en tant que telle,
39:48mais elle peut être utilisée comme isolant écologique.
40:14Ne cherchez pas notre prochaine halte sur votre GPS.
40:17C'est un lieu secret et mystérieux que seuls les druides connaissent.
40:28C'était intéressant, cette femme pédagogique.
40:30Oui.
40:31Oui, et puis surtout cette sauvegarde de…
40:34Du patrimoine.
40:35Oui, et puis des races, surtout des races qui auraient dû disparaître, quoi.
40:40Il y a tout un travail qui est mené auprès des jeunes également,
40:43les sensibiliser à la faune et à la flore.
40:46En fait, les broutons sont très fiers.
40:48Ils ont une fierté de leur coin et ils le défendent extrêmement bien.
40:51Cela dit, ils ont raison, parce que c'est quand même que du très joli, quoi.
40:55Du très beau et du…
40:57Et très inspirant.
40:58Et touchant.
40:58Oui, et touchant.
41:11Ce qui est assez étonnant dans ta carrière, Philippe, c'est que tu as toujours su…
41:17Toujours su rebondir.
41:18Oui, c'est vrai qu'en 81, j'avais…
41:21Fin 81, j'en avais un peu marre de faire des disques.
41:24Il y a un moment de découragement, quoi.
41:26Et je fais un dernier disque, qui est « Il tape sur du bambou »
41:30avec Michel Héron, « Paix à son âme » et Didier Barbelivien.
41:33Et voilà.
41:35Gros carton.
41:36Oui, oui, oui.
41:37Et à partir de là,
41:42je me suis dit que ce serait idiot d'arrêter.
41:46Et j'ai bien fait, je pense, parce que j'ai eu des moments magnifiques, quoi.
41:51Il faut passer par là, je crois.
41:52Ça permet de faire le point, de se remettre en question éventuellement ?
41:56Tu te remets en question à chaque disque, hein.
41:59Parce que tu penses que c'est bien.
42:01Tu es content, on est content du travail.
42:04Et puis, ça fait un flop, quoi.
42:06Bon, mais il vaut mieux se casser la gueule avec un disque qu'avec un film, hein.
42:10Quand tu es producteur, tu vois.
42:12Tu as quand même connu une belle époque à tes débuts, avec tous ces artistes les plus grands, quoi.
42:17Michel Jonas, Goldman, Julien Clerc.
42:21Oui, on était avec Jean-Jacques, on était dans la même maison de disques.
42:24Je les ai côtoyés tous.
42:26Vous faites partie de la famille des tubes, j'ai envie de dire.
42:29Tous ceux qui ont fait des tubes, tous ceux qui nous ont accompagnés.
42:36On n'est plus très loin du chaos de Mardoul.
42:40Alors, peux-tu m'expliquer ce que c'est le chaos de Mardoul ?
42:43Il paraît que c'est un lieu où les blocs de pierre sont chargés d'énergie positive.
42:49Ouah, ben alors écoute, je vais peut-être essayer d'en ramener, parce que j'en ai bien besoin.
42:55On va voir ce qu'est un druide aujourd'hui.
42:58Voilà.
42:59Le druide contemporain.
43:00On va voir ceou
43:01-là. Alors,
43:08on va voir ce que l'on parle en liné. À,
43:09ça... J'en
43:19ai verde les Jahrgangs, … Il j'y
43:21est hills-là.
43:32Tu vois tous ces blocs
43:34des pierres ?
43:35Et bien c'est ces fameux blocs qui sont chargés
43:37d'énergie positive.
43:39Je me suis mis dessus tout à l'heure.
43:40Et celles-là aussi, toutes, elles sont toutes.
43:42C'est formidable.
43:44Allez, tu veux que je t'aide à grimper ou pas ?
43:47Non, ça va.
43:59Ah bah tiens, regarde, il y a quelqu'un là.
44:01Ah bah c'est Youn.
44:01C'est Youn.
44:02Bonjour Youn.
44:03Bonjour.
44:04Je suis désolée de vous déranger.
44:05Ma vie a l'air très concentrée.
44:08Oh et donc ?
44:09Comment allez-vous ?
44:10Ça va ?
44:11Ça va ?
44:12Je vais faire la bise.
44:13On ne se connaît pas, mais bon.
44:15Alors vous êtes druide.
44:16Oui.
44:17Bah asseyez-vous.
44:18Vous nous invitez chez vous ?
44:20Oui.
44:20On est bien ici.
44:21C'est pas chez moi, c'est chez vous.
44:23C'est vrai ?
44:24Oui.
44:24Ah, vous voulez dire que quand on vient ici, on s'approprie un peu l'endroit, c'est
44:27ça ?
44:29Quand on aime les choses, on s'approprie.
44:31Mais c'est vraiment très, très beau.
44:34Oui.
44:34Et c'est vrai, très, très cool, serein, zen.
44:40Tu t'attendais à un druide aussi jeune ?
44:43Non ? Non ? Et puis là, votre tenue, je voyais un druide avec…
44:50Oui, les panoramics.
44:51Oui, les panoramics.
44:52Là, c'est vrai.
44:53Alors j'en ai une, mais je la mets que pour les cérémonies.
44:58Et voilà, quand je vais me promener, quand je vais prendre un petit peu de temps pour moi, j'ai
45:05pas besoin d'habit pour ça, j'y vais comme ça.
45:08Alors, quelle est la mission d'un druide ?
45:10On est là pour faire en sorte que la nature qui nous environne, qui nous accompagne, en fait, reste belle
45:17et faire attention à ne pas l'abîmer, quoi.
45:20Comment devient-on druide ?
45:22Il faut faire sa demande, écrire une lettre, comme quoi on a envie d'être druide et que ça nous
45:27intéresse depuis très longtemps, ça nous intéresse déjà.
45:30On n'est pas forcément obligé d'avoir des parents druides.
45:33Non, pas du tout.
45:34Il y a des femmes druides ?
45:35Bien sûr.
45:36Ah oui.
45:36C'est très proche d'une forme de transmission de patrimoine, quand même.
45:40C'est la mémoire de la culture de la langue bretonne.
45:46De la culture de la langue bretonne.
45:48D'ailleurs, ça se fait.
45:49Lorsque vous parlez, vous parlez en breton.
45:51Les cérémonies au Gorset de Bretagne se font en breton.
45:56Donc il faut savoir parler breton si on veut devenir breton ?
45:58Alors c'est vrai que c'est ce qui est demandé.
46:00Alors soit on fait la promesse de l'apprendre, soit on le connaît.
46:04Et vous, vous l'aviez appris à la maison ou bien vous avez fait la promesse ?
46:07Non, j'ai fait la promesse de l'apprendre et ayant peur de ne pas la tenir, cette promesse, je
46:14me suis inscrit tout de suite après au cours de Breton.
46:19Et pourquoi le chaos ?
46:21Pourquoi cet endroit est-il autant apprécié par les druides ?
46:25Alors je pense que tout endroit naturel est apprécié par les druides.
46:33Mais le chaos, ce qui est intéressant dans ce chaos-là, mais comme dans les autres, c'est vrai, il
46:39y a tout.
46:40Il y a tous les éléments.
46:42On a le minéral, que ce soit au niveau de la roche comme de l'eau aussi qui s'écoule.
46:49Puis les arbres, la mousse, les oiseaux qui chantent.
46:52Et puis voilà, la chaleur du soleil, il y a tout ce qu'il faut pour être bien.
47:02Et c'est vrai que c'est, je disais à Philippe en arrivant, que ces blocs de pierres étaient chargés
47:07en énergie positive.
47:09C'est vrai qu'il y a des pierres comme des menhirs, on sait qu'ils ont été placés à
47:12des endroits vraiment particuliers, de croisements de lignes énergétiques, qui eux dégagent de l'énergie.
47:23Après, naturellement, je pense que si ça dégage, sinon les gens n'iraient pas.
47:28On le teste ? On va marcher au bord de l'eau ?
47:30Bien sûr, on va marcher déjà au bord de l'eau.
47:32Ça te dit Philippe ?
47:33Oui, on est bien là pour toi.
47:34De sautiller sur les rochers au bord de l'eau.
47:35Non mais là, je suis en pleine méditation, tout va bien.
47:38Tu es en train d'être gagné par la sagesse druidique ?
47:40Mais va savoir, il serait peut-être temps.
47:43C'est ce qui est à prendre le breton ?
48:03C'est marrant ces rochers, ils ont tous des formes différentes.
48:06Oui, et puis des formes évocatrices.
48:10Oui, c'est très marrant.
48:13Ça, moi je vois une otarie là, qu'est-ce que tu dois Philippe ?
48:16Un sarcophage.
48:17Un sarcophage ?
48:18Oui.
48:20Allez, viens.
48:20Hop là.
48:21La couleur de l'eau est assez étonnante, c'est un peu marronnâtre.
48:23Marronnâtre ?
48:24Oui, il y a beaucoup de fer dans l'eau.
48:27Ah, c'est du au fer ?
48:28Voilà, ça donne cette couleur un peu rousse.
48:31Il y a du poisson là-dedans ?
48:32Oui.
48:33De la truite ?
48:34Ah !
48:34Ah, les pêcheurs n'est jamais bien loin, Philippe.
48:37Tu sais que tu as un point commun avec Youn ?
48:40Ah bon ?
48:40Oui, c'est un artiste également.
48:42Ah bon ?
48:43Oui, n'est-ce pas Youn ?
48:44Un artiste ?
48:46Vous écrivez, vous chantez ?
48:47Alors, je n'écris pas, mais je chante en fes-nose.
48:52Ah, c'est des chants traditionnels bretons.
49:09C'est encore une belle découverte.
49:10Oui, superbe.
49:11J'ai envie de revenir là.
49:13D'ailleurs, je crois que je vais rester en fait.
49:17C'est vrai ?
49:17Oui, parce que j'ai vu avec Youn, il va me donner des cours de guide.
49:22Tu vas me refaire un druide ?
49:23De guide druide.
49:24Eh bien, pourquoi pas ?
49:25C'est vrai ?
49:26Oui, je te laisse partir.
49:27Ah, mais j'ai adoré faire cette route avec toi en tout cas.
49:29Moi aussi.
49:29Je comprends que tu as envie de rester en Bretagne, sur la terre de tes ancêtres.
49:33Et puis, on a surtout rencontré des gens formidables.
49:35Cette île magnifique.
49:37L'île de Molène.
49:37L'île de Molène.
49:39Tu as passé un bon moment alors ?
49:40Oui, oui, vraiment.
49:41J'ai passé un moment formidable.
49:43Ah, je suis contente.
49:44Puisque je reste là, et que tu es un tout petit peu plus petite que moi.
49:49Je te remercie.
49:51C'était un vrai plaisir de faire cette route avec toi.
49:52Merci de m'avoir invité.
49:53Ça m'a fait un plaisir immense.
49:54Youn, vous en prenez soin.
49:56Je compte sur vous.
49:57Je le garde.
49:59Oui, mais sous le coude.
50:00Il reviendra.
50:01Il n'est pas perdu ici.
50:02Non, non, non.
50:03Mais là, les pierres, c'est en train de monter.
50:05L'énergie positive.
50:08Au revoir, messieurs.
50:09Bisous, bisous.
50:10Et encore, merci beaucoup, Philippe.
50:11Qu'est-ce qu'il y a à vous ?
50:12À bientôt.
50:13À bientôt, Philippe.
50:14On retourne dans les bois.
50:15Allez.
50:15Voilà.
50:20Incroyable, cette route avec Philippe.
50:22Vous avez vu, c'est étonnant le nombre de points communs entre la Martinique et la Bretagne.
50:26La couleur de la mer, la nature sauvage et même l'agent de Le Gall qui sent la noix de
50:31coco.
50:31J'ai abandonné Philippe à sa formation de druide.
50:34Je suis sûre que ses paysages et ses rencontres vont lui inspirer plein de nouvelles chansons sur la Bretagne.
50:40Quant à moi, maintenant que je sais taper sur des crabes avec des bambous, je suis parée pour toutes les
50:45aventures.
50:46Je vous dis quai Navo et à très bientôt sur de nouvelles routes mythiques de France.
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