00:00Un enfant placé a 122 fois plus de risques d'être hospitalisé en pédopsychiatrie qu'un enfant en population générale,
00:05qui vont être dans la précarité à l'âge adulte.
00:08Vous l'avez dit avec les statistiques que maintenant beaucoup de gens connaissent,
00:11beaucoup de personnes sans domicile fixe nées en France sont directement issues de l'aide sociale à l'enfance.
00:18Parfois les plus jeunes sortent tout juste de foyers ou de familles d'accueil au mépris de la loi,
00:22puisque ma génération et cette génération qui se bat pour obtenir de nouveaux droits pour les enfants placés.
00:27Le dernier en date qu'on a obtenu, c'est l'avocat pour tous.
00:30Avant cela, on avait obtenu l'obligation pour les collectivités, pour les départements,
00:33de maintenir une protection pour chaque enfant qui a bénéficié d'une mesure d'aide sociale à l'enfance,
00:38à la majorité, c'est-à-dire de 18 ans à 21 ans.
00:41Et encore aujourd'hui en 2026, malgré le vote de cette loi en 2022,
00:44on a des enfants, des jeunes majeurs qui continuent d'être jetés dehors.
00:47Donc c'est absolument dingue, voilà, c'est dingue.
00:49Ces 400 000 mineurs et jeunes majeurs suivis par l'aide sociale à l'enfance,
00:5257% placés en famille d'accueil, en foyer ou dans d'autres structures.
00:55Et donc cette politique sociale qui est en ruine, ça a été très bien dit.
01:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne fait qu'investir, c'est même pas de l'investissement en
01:04fait,
01:04c'est-à-dire qu'on met de l'argent public pour protéger ses enfants,
01:08pour essayer en tout cas de protéger ses enfants,
01:10sans se dire que ses enfants, si on ne les accompagne pas jusqu'à une majorité,
01:14jusqu'à une formation diplômante, jusqu'à un métier,
01:17en fait, c'est un public qu'on va retrouver dans les bénéficiaires des minimas sociaux,
01:22qu'on va retrouver parfois dans la délinquance, parfois dans la prostitution,
01:25parfois même dans la grande délinquance ou dans le terrorisme.
01:28Je rappelle encore une fois que les frères Kouachi et Koulibaly, c'était des enfants de l'AZE.
01:32Donc aujourd'hui, si on n'investit pas justement,
01:35et je pense que le mot investissement n'est pas le bon actuellement,
01:37mais il faut investir sur ses enfants, parce que c'est les enfants de la République,
01:41c'est ceux qu'on doit protéger, c'est notre responsabilité collective.
01:43Et en plus, en termes économiques, l'argent qu'on va mettre à leur minorité,
01:49on ne les retrouvera plus dans la majorité,
01:51parce qu'ils seront autonomes et indépendants vis-à-vis de la solidarité nationale.
01:55– Et comment vous expliquez ?
01:56Parce que quand on vous entend dire ça,
01:57on a l'impression qu'il ne peut pas y avoir un responsable politique
02:00qui, face à ce constat et cette préconisation,
02:02va dire autre chose que comment on avance ensemble.
02:04– Encore une fois, on fonctionne en silo.
02:07C'est-à-dire que les services ne fonctionnent pas entre eux.
02:09C'est-à-dire ceux, par exemple, dans un département,
02:11ceux qui s'occupent, par exemple, des bénéficiaires du RSA,
02:15ce n'est pas les mêmes qui vont gérer les enfants de la ZEU
02:17et ce n'est pas les mêmes qui vont gérer la MDPH,
02:19donc la Maison du Handicap.
02:21Et donc, il n'y a pas de politique sur le long terme.
02:23En fait, on a une politique sur le court terme
02:24et c'est ce qui, à mon avis, est une des raisons de ce dysfonctionnement.
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