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Il espère supplanter Jean-Luc Mélenchon en tant que principal candidat de la gauche face au Rassemblement national à l'élection présidentielle. Comment réagit-il à la décision de Marine Le Pen après sa condamnation ? Raphaël Glucksmann, co-président de Place publique et député européen, est l'invité d'Olivier Boy à 8h15 sur RTL.

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00:008h19 sur RTL, l'invité d'RTL matin et le député européen, co-président de place publique et potentiel, probable,
00:06hypothétique, candidat, on ne sait plus vraiment comment le dire.
00:09Bonjour Raphaël Glucksmann.
00:10Bonjour.
00:11D'abord, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, elle l'a dit hier soir, malgré sa condamnation en appel
00:16pour détournement de fond.
00:18Il y a des doutes sur la procédure judiciaire des mois à venir, mais sur le fond, le fait qu
00:22'elle se porte candidate, est-ce que cela vous choque ?
00:25C'est une situation complètement inédite.
00:28On a pour la première fois dans notre histoire un jugement en appel, une condamnation en appel, et une personne
00:36qui décide, étant condamnée dans la même journée, d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle.
00:44Moi, là, je dois me souvenir de la règle Jospin.
00:47La règle Jospin, c'est vous êtes mis en examen, vous êtes ministre, et bien vous démissionnez.
00:51Et là, on a la règle Le Pen maintenant.
00:53C'est vous êtes condamné pour détournement de fonds, pour des faits extrêmement graves.
00:57Et vous en tirez comme conséquence que vous êtes aptes à diriger le pays, que vous êtes candidate à la
01:03présidence de la République.
01:04Je pense que c'est une déchéance dont on n'a pas vraiment pris la mesure, parce que moi, j
01:09'écoute les commentaires.
01:10Alors, sans doute, je dois être vieux jeu, je le découvre.
01:12Moi, j'écoute les commentaires, c'est alors est-ce que Jordan Bardella va bien le prendre ?
01:16Quel retour ? Quelle ténacité ? Quelle histoire ?
01:19C'est commentée sous le prisme du destin personnel.
01:23Mais en fait, c'est le pays.
01:24On est en train de discuter de notre pays, de l'avenir de la nation, de la République.
01:27J'entends le mot de déchéance morale, Boris Vallaud.
01:31C'est une déchéance politique, c'est un certain rapport à l'état de droit, c'est pas que de
01:35la morale.
01:36Ça veut dire qu'elle est malhonnête, selon vous, Marine Le Pen ?
01:38Elle a été condamnée pour détournement de fonds.
01:40Moi, je veux bien.
01:41Elle a été condamnée deux fois pour détournement de fonds.
01:43Je veux bien qu'on puisse considérer que l'argent public, c'est pas important.
01:46Et qu'en fait, on peut en faire n'importe quoi avec l'argent public.
01:48Mais là, on n'a pas le droit, tout simplement, de transformer le Parlement européen en caisse noire d'un
01:53parti politique, le Front National.
01:55On n'a pas le droit de payer avec de l'argent qui est destiné au travail parlementaire,
02:00des chauffeurs, des secrétaires personnels.
02:03On n'a pas le droit, en fait.
02:04Mais elle dit qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, par exemple.
02:06Mais quand vous utilisez l'argent public à des fins qui vous favorisent,
02:12pour payer des hommes et des femmes qui sont à votre service,
02:17qu'est-ce que vous faites ?
02:18Eh bien, vous détournez l'argent public.
02:19Alors, peut-être que c'est plus grave.
02:21Peut-être que maintenant, on s'est habitué que Donald Trump a fixé des nouvelles règles pour la politique,
02:25que finalement, c'est plus important.
02:27Moi, je reste attaché...
02:28Pourquoi vous la comparez à Donald Trump, là, dans la phrase que vous avez prononcé ?
02:32Parce que déjà, un, c'est son modèle.
02:34C'est le modèle de l'extrême droite européenne.
02:36C'est le modèle du Rassemblement national.
02:38Ils ont tous célébré, et Jordan Bardella en tête, le vent de liberté que signifiait l'élection de Donald Trump.
02:43Mais au-delà de ça, c'est tous ces modèles qui font la même chose.
02:45L'extrême droite au pouvoir, où que ce soit, que ce soit aux Etats-Unis ou que ce soit en
02:48Europe, c'est ça.
02:49Elle a dit que M. Orban, le Premier ministre hongrois, était son modèle politique,
02:55que c'était son ami, que c'était son partenaire de combat.
02:57M. Orban, c'est l'homme qui détournait les fonds publics européens pour enrichir ses amis.
03:02C'est son ami plombier qui devient multimilliardaire, qui devient l'homme le plus riche,
03:07et qui d'ailleurs dit cette fameuse phrase en disant « Je suis devenu riche grâce à Dieu, grâce à
03:11la chance et grâce à Orban ».
03:12Donc, en fait...
03:13Mais en l'occurrence, Donald Trump que vous citez, il gagne à la fin l'élection.
03:18Ça vous met une forme de pression ? Parce que Marine Le Pen, pendant que vous prononcez ces mots...
03:21J'espère bien que je ne suis pas le seul à qui ça met une forme de pression.
03:23J'espère bien que ça met une pression à tous les Français qui sont attachés à la République et à
03:27l'État de droit.
03:27Mais c'est vous qui êtes ce matin au micro d'RTL, au lendemain de cette annonce,
03:30alors que Marine Le Pen est ce matin sur un marché de la Sartre, qu'elle fait campagne,
03:33avec à ses côtés son binôme, désigné comme tel en tout cas Jordan Bardella,
03:38avec une équipe d'ITEL en place, est prête à faire campagne.
03:41Et vous, vous êtes toujours dans l'entre-deux.
03:44Écoutez, moi je suis prêt à me battre jusqu'au bout pour empêcher que la France bascule dans le camp
03:50des démagogues,
03:51des xénophobes, des poutinistes, des trumpistes, de ceux jugés, justement, qui foulent au pied l'État de droit,
03:57de ceux qui mobilisent contre les juges, de ceux qui mobilisent contre les journalistes indépendants qui font des enquêtes,
04:02de ceux qui refusent les contre-pouvoirs. C'est ça l'extrême droite.
04:05Et pourquoi ils refusent les contre-pouvoirs ? Pourquoi ils veulent casser les contre-pouvoirs ?
04:08Mais c'est justement pour être libres de faire ce qu'ils veulent avec l'argent public une fois qu
04:12'ils sont au pouvoir.
04:13C'est la même histoire.
04:14Vous décrivez une situation très grave, une urgence à porter ces arguments-là.
04:19Est-ce que vous êtes candidat pour le faire, nommément, sur le devant de la scène, en étant prêt à
04:24en assumer toutes les conséquences ?
04:25Vous le saurez très bientôt.
04:28Vous allez répondre à ça pendant combien de temps ?
04:31Vous le saurez très bientôt, et vous avez parfaitement compris ce que je veux dire.
04:34Moi, j'ai annoncé une chose très simple.
04:38Je ne veux pas être une candidature de plus.
04:40On est déjà, je ne sais plus combien, j'ai abandonné le compteur de candidatures sur l'espace de la
04:45gauche démocratique.
04:45Moi, ce que je veux, c'est qu'on rassemble et qu'on fasse une candidature puissante qui puisse battre
04:48l'extrême droite.
04:49Parce que sur nos épaules pèse une responsabilité immense.
04:51Moi, je ne pense pas que les Françaises et les Français veuillent un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron à
04:56l'Elysée.
04:56Je ne pense pas qu'ils veulent continuer les dix dernières années avec les mêmes noms, les mêmes méthodes, les
05:01mêmes politiques.
05:02Je pense qu'il y a un très fort sentiment de colère et d'injustice dans le pays.
05:06Et qu'il faut donner un débouché à cette aspiration au changement qui soit démocratique, qui soit attachée à l
05:12'État de droit,
05:12qui soit attachée à cette idée de la République française que le Rassemblement National combat depuis l'origine.
05:19Et pour avancer dans votre camp, comment vous allez faire pour vous mettre d'accord à gauche ?
05:24On va déjà se rassembler, se réunir, trouver la personne qui est la plus à même de nous faire gagner.
05:31Est-ce qu'il faut une primaire pour ça ?
05:32Moi, je le rappelle, je rappelle une chose très simple.
05:35Cette élection, ce n'est pas une élection anodine.
05:38Et donc, on doit aller à cette élection pour la gagner.
05:41Je n'en peux plus, moi, de cette gauche qui joue le coup d'après, les coups de billard à
05:45douze bandes,
05:45qui se dit qu'il faut être au bon endroit derrière pour pouvoir récupérer...
05:49Là, nous avons une situation où les militantes et les militants du Parti Socialiste
05:53vont se prononcer sur le type de processus qu'ils veulent pour désigner leur candidate ou leur candidat.
06:00Qu'est-ce que vous dites ce matin ?
06:00Vous êtes prêts à vous y soumettre à une primaire pour enfin se mettre d'accord ?
06:03Qu'est-ce que vous nous dites ?
06:04Et moi, ce que je dis d'abord, c'est que j'ai un immense respect pour les militantes et
06:09les militants du Parti Socialiste
06:10et que je ne veux pas m'interférer dans leur décision souveraine,
06:14contrairement à tous les autres qui donnent leur point de vue.
06:16Maintenant, j'ai toujours été très clair.
06:17La primaire fourre-tout de Bagneux où, finalement, on repousse l'échéance sans cesse
06:23et on se parle entre nous alors que Marine Le Pen va faire campagne,
06:27que Jean-Luc Mélenchon est déjà en campagne, ce n'est pas la bonne solution.
06:31Et une primaire, pour être tout à fait concret, si vous pouvez nous répondre,
06:34une primaire place publique, PS, avec potentiellement François Hollande qui s'y prépare.
06:39Est-ce que vous êtes prêts à solliciter ?
06:41Nous verrons le résultat du vote des militantes et des militants socialistes qui s'expriment le 9.
06:46S'ils disent oui, si le PS dit oui, on est d'accord, on invite Raphaël Lusman, on se met
06:50d'accord, on fait un vote entre nous.
06:51Là, vous êtes prêts à y aller.
06:53On dit ça. Moi, ce que j'ai toujours dit et ce que je pense de plus profondément,
06:56et c'est la vertu des partis démocratiques où il n'y a pas seulement trois adhérents,
07:00mais où il y a une vie démocratique, c'est que ce sont les militantes et les militants
07:03qui désignent leur candidat ou leur candidate à la présidentielle.
07:07C'est la souveraineté des militantes et des militants.
07:09Je suis particulièrement attaché à ça, en particulier après dix années où on a un gouvernement et un président
07:15qui ont maltraité les corps intermédiaires.
07:16Moi, vous savez, ce n'est pas populaire.
07:18Alors, ça fait la deuxième fois que je vais vous dire que je suis vieux jeu.
07:20D'abord, je pense qu'il faut respecter l'état de droit et qu'être condamné pour détournement de fonds
07:23publics, c'est grave,
07:24et qu'on ne doit pas être candidat à la présidence de la République
07:26quand on est condamné pour détournement de fonds publics.
07:28Mais là, je vais être à nouveau vieux jeu.
07:30Moi, j'aime les partis politiques.
07:31Alors, ça, c'est la phrase la plus impopulaire que vous pouvez entendre.
07:34Vous confrontez à François Hollande ? Vous êtes d'accord ?
07:36On verra. Moi, je ne sais même pas s'il est candidat à François Hollande.
07:38Je ne sais pas quelle est sa stratégie, je ne sais pas quelle est sa position.
07:42Mais en tout cas, avoir un débat avec François Hollande, moi, je suis ravi de débattre avec François Hollande, je
07:46vous le dis.
07:46Et de vous soumettre au choix des électeurs de gauche là-dessus ?
07:49On verra ce que fera François Hollande et ce que les militantes et les militants socialistes décideront.
07:53Et là, j'aurai une position extrêmement simple et extrêmement claire là-dessus.
07:57Pourquoi vous débattriez en particulier avec François Hollande ?
07:59C'est vous qui me posez la question de François Hollande.
08:00Mais est-ce qu'il est candidat, selon vous ? Est-ce qu'il est probable qu'il soit candidat
08:05pour l'EPS ?
08:06Je n'en sais rien.
08:08Et vous savez, j'ai une règle en politique.
08:10Quand je ne sais pas, je dis que je ne sais pas.
08:12C'est un peu bizarre parce que les politiques, normalement, ils font tous semblant d'être omniscients.
08:16Ils ont réponse à tout, surtout, ils ont des petites notes et ça.
08:18Moi, je n'en sais rien.
08:19Vous lui poserez la question.
08:20Ce que je sais, c'est qu'on aura besoin de tout le monde.
08:22J'ai lu, comme vous, qu'il se préparait.
08:24Moi, je veux poser un message aujourd'hui.
08:27C'est très bien qu'il se prépare.
08:28Et vous, vous voulez vraiment y aller ?
08:30Vous voulez aller au bout de cette élection ?
08:32Moi, je suis plus déterminé que jamais.
08:34Et je pense qu'aujourd'hui, on vit un moment particulièrement important dans cette campagne.
08:38Parce qu'on sait quelle est la candidate du Rassemblement National.
08:42Et le Rassemblement National, disons-le, est favori de cette élection.
08:46En réalité, aujourd'hui, c'est le premier parti de France.
08:48Quand on regarde les sondages, parce qu'il faut arrêter de faire semblant de ne pas regarder les sondages,
08:51il y a une menace que réellement le Rassemblement National s'empare du pouvoir dans notre pays.
08:56Et c'est très dangereux.
08:58Alors, je veux que toutes les personnes qui nous écoutent plongent en elles-mêmes.
09:02Oui, il y a de la colère.
09:03Oui, il y a de la colère.
09:04Et une colère qui est parfaitement légitime par rapport à l'État dans lequel les gouvernants successifs,
09:09depuis longtemps, ont laissé le pays.
09:12Une colère qui est légitime.
09:13Mais ensuite, il faut que chacune et chacun s'interroge.
09:17Est-ce que nous voulons que notre pays, la France, ressemble à la Hongrie de Orban,
09:23à la Russie de Poutine, ou aux États-Unis de Donald Trump ?
09:26Est-ce que nous voulons que la France bascule dans le camp des régimes
09:29qui sont hostiles à la construction européenne et à la démocratie libérale ?
09:34Eh bien, moi, je vous dis non.
09:36Ce n'est pas cela le destin de la France.
09:37Et je me battrai jusqu'à mon dernier souffle
09:39pour que la France soit à l'avant-garde du combat pour les libertés dans le monde.
09:42Merci beaucoup, Raphaël Guxman, d'avoir été avec nous ce matin.
09:46Merci beaucoup.
09:46Début européen, je le rappelle évidemment, co-président de Place Publique.
09:49Et bientôt, peut-être candidat, vous ne l'avez pas annoncé encore, ce sera en septembre ?
09:54Septembre, vous êtes sûr de le dire ? Oui, non ?
09:55Vous le saurez très vite, je l'ai dit trois fois.
09:58Bonne journée, Raphaël Guxman, à bientôt sur RTL.
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