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  • il y a 3 heures
Ce mardi 7 juillet, les inquiétudes des Français concernant la dette publique et son impact potentiel sur l'élection présidentielle de 2027, ont été abordés par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Est-ce que c'est l'héritage François Bayrou ?
00:01Peut-être, en tout cas selon l'adresse, en 2025, 70% des Français se disent préoccupés par la dette
00:07publique.
00:08Il n'était que 52% en 2023.
00:10Aminelle Lechy, vous êtes face à Jean-Marc Daniel.
00:12Aujourd'hui, est-ce que ça pourrait changer la présidentielle si les Français prennent conscience du problème de la dette
00:17?
00:18Alors attribuer ce mérite à François Bayrou, pourquoi pas, sachant que ça fait quand même...
00:22C'est parce que le sondage est fait à l'automne.
00:23Oui, mais sachant que depuis son livre de l'élection présidentielle de 2007,
00:30il avertissait déjà sur le sujet et l'opinion n'était pas vraiment prête à l'époque.
00:38Non, ce qu'on voit, c'est que pour que finalement la donne politique change en France,
00:45il faut qu'il y ait tout un tas de morceaux du puzzle qui s'assemblent.
00:49Or, on voit aujourd'hui que ces morceaux sont en train de s'assembler pour faire de l'élection présidentielle
00:55de 2027,
00:56sans doute la plus importante pour la France depuis l'élection de François Mitterrand en 1981.
01:02D'abord parce qu'on est dans un monde, dans un environnement complètement nouveau.
01:06Il faut bien rappeler que ce monde qui est né en 1981, qui est le monde du libéralisme,
01:11de l'abolition des frontières, du repli des États, de l'hyperconcurrence, etc.,
01:16est en train de faire place à un monde dans lequel les règles ont radicalement changé.
01:20Aujourd'hui, on veut de la proximité, on veut des frontières, on veut de la protection,
01:25on veut le retour des États, on veut de la géopolitique.
01:30Et donc ça, c'est un monde déjà dans lequel la France est plus à l'aise.
01:33Donc ça, c'est la première donne internationale qui change considérablement.
01:37Deuxièmement, la donne change du coup en France,
01:40parce qu'on voit que dans tous les pays, quand même,
01:44les réformes commencent quand il y a une prise de conscience dans l'opinion.
01:48Ça a été le cas en Allemagne avec les lois Hartz sur la réforme du marché du travail.
01:53Ça a quand même été le cas dans les pays qui ont redressé leurs finances publiques,
01:57nos amis espagnols, canadiens, suédois, etc.
02:01Et là, on n'est pas sur une fluctuation de l'opinion,
02:04on est sur un véritable basculement.
02:06Les chiffres, il faut quand même les donner.
02:07Donc vous y croyez, vous, au fait que vraiment réduire la dette, baisser les dépenses ?
02:13Je crois que c'est une prise de conscience structurelle.
02:15Attendez, vous avez quand même aujourd'hui plus de Français qui disent
02:20qu'il faut réduire le déficit de la Sécu
02:22que de Français qui disent qu'il faut préserver les prestations.
02:25Donc il y a quand même cette prise de conscience.
02:28Ça tombe au moment où on va voter,
02:30on va élire un nouveau, un vrai nouveau président.
02:33Donc moi, je pense que c'est un game changer de la présidentielle.
02:38Jean-Marc, je ne suis là que depuis 15 ans.
02:40Mais j'ai déjà l'impression qu'on tourne en rond, quand même.
02:42Ah mais complètement. Écoutez, je pourrais multiplier les citations.
02:45Je vais faire deux citations et puis je vais revenir.
02:47Voilà, nous sommes à une époque que vous allez peut-être reconnaître,
02:51même si vous n'êtes là que depuis 15 ans.
02:53Un Premier ministre qui s'adresse, qui vient d'annoncer
02:56qu'ils ont gagné de façon magistrale les élections
02:59sur la base d'une inquiétude de la population,
03:00notamment vis-à-vis de la situation des finances publiques.
03:03Et ce Premier ministre déclare,
03:05D'ores et déjà, j'en préviens l'opinion publique,
03:07nous serons obligés de demander à tous des sacrifices
03:09pour assurer le redressement que vous attendez.
03:11Il faut buzzer, préparez-vous Emmanuel.
03:12Que vous attendez.
03:13Bien entendu, je ferai en sorte que les Français les plus démunis,
03:16ceux qui sont déjà dans le besoin,
03:18soient épargnés par cet indispensable effort.
03:21Pompidou ?
03:22Qui est ce Premier ministre ?
03:24Alors c'est Balladur, Edouard Balladur,
03:26qui annonça en 1993.
03:28Je prends un autre Premier ministre,
03:30qui prend une grande déclaration.
03:32François Fillon.
03:33Et donc il dit...
03:34Non, c'est vrai qu'il faut un choc fillet.
03:36Ah, pas avant la cité de la France.
03:36Et donc il dit...
03:37Voilà, effectivement, les Français sont inquiets
03:39et sont inquiets de la situation de leur finance publique.
03:42Sous ce regard inquiet des Français,
03:44nous dansons sur un vent qui gronde de plus en plus fort.
03:47Certains continuent pourtant à nier l'évidence.
03:49Combien de fois un homme peut-il tourner la tête
03:51en prétendant qu'il ne voit pas
03:52aurait demandé le prix Nobel de littérature de l'année passée ?
03:56C'est pas Sarkozy ?
03:57Non, ça c'est Édouard Philippe.
03:59Et le prix Nobel de l'année passée, c'est Bob Dylan.
04:02Et c'est un extrait de sa chanson « Blow in the wind ».
04:05Et donc, Édouard Philippe nous dit
04:08« La France attend le redressement des comptes publics ».
04:10Édouard Balladur nous dit
04:11« La France attend le redressement des comptes publics ».
04:13À l'époque d'Édouard Balladur,
04:14il y a 40% de dettes par rapport aux PID.
04:17Et donc la France attend toujours le redressement.
04:19Mais là, c'est l'adresse qui nous le dit.
04:20Oui, c'est l'adresse qui dit que la France attend le redressement des comptes publics.
04:23Ce que vous dites ne fait que conforter finalement les marges de manœuvre.
04:29C'est que les politiques ont beau s'agiter, le changement ne vient pas des politiques.
04:34Ce n'est pas les gouvernements qui décident comme ça de se lancer dans des réformes considérables.
04:38Si l'opinion n'est pas mûre, rien ne montre qu'à l'époque l'opinion était mûre.
04:42C'est là où ils ont menti.
04:43L'opinion n'était pas mûre.
04:44Écoutez, Balladur dit « J'ai gagné les élections sur la base de ce programme de façon magistrale ».
04:48Ça prouve que l'opinion atteint ce type de politique.
04:51Concrètement, ça veut dire quoi ?
04:52Ça veut dire que l'opinion, vous lui dites « Il faut se désendetter ».
04:55Elle répond « Oui ».
04:55Mais si je reprends le message de François Méroux, il disait aussi « Il faut travailler plus ».
05:00Parce que pour s'en déter, vous avez deux façons.
05:02Vous appauvrissez une partie de la population.
05:04Vous vous abattez sur les riches, vous vous abattez sur les vieux,
05:07vous vous abattez sur un groupe de la population en disant « Eux, de toute façon, il faut qu'ils
05:11payent ».
05:11Soit vous dites « L'ensemble de la population va élargir le gâteau.
05:15Et en élargissant le gâteau, on va augmenter la part de l'État,
05:17les recettes de l'État, non pas la part de l'État,
05:20mais la recette de l'État, parce que le gâteau sera plus gros.
05:22Et donc, à partir de ce moment-là, on sortira de la situation.
05:24– On ne dit pas dans le sondage ce que préfèrent les Français.
05:26– Non, et on ne dit pas ce que disent.
05:27Sauf que vous parliez de François Méroux.
05:29Ce qu'on retient quand même du bilan de François Méroux,
05:31c'est que quand il leur a dit « Il va falloir travailler plus ».
05:33– Il a sauté.
05:34– Il a sauté.
05:35Quand on a désigné un successeur, la première chose qu'il a faite,
05:38c'est de dire « Vous allez travailler moins,
05:39puisque l'on va rapporter la réforme de la retraite ».
05:43– C'est vrai, Emmanuel.
05:44– Donc, les Français sont, par principe, contre la dette,
05:48mais des factures.
05:49– Comme la paix.
05:50– Les prises de conscience.
05:51– Comme pour la paix.
05:52– Ils sont pour la paix, mais concrètement,
05:54ils n'ont pas pris conscience de la réalité.
05:56– Pas du tout.
05:57Les prises de conscience,
05:58ce n'est jamais des phénomènes progressifs.
05:59C'est des paliers qui sont franchis.
06:02Et là, il y a quand même des paliers importants qui sont franchis.
06:05Un, les Français comprennent aujourd'hui que la dette, c'est un problème.
06:09Quand vous mettez aujourd'hui la charge de la dette
06:11face à toutes les dépenses d'investissement
06:14dont on nous dit qu'il va falloir les financer,
06:15les Français comprennent qu'aujourd'hui, c'est un problème.
06:19Et puis, il y a aussi, moi, ce qui me choque,
06:21enfin, ce qui me frappe,
06:22c'est cette perception que tout ce modèle de dépense publique,
06:26de protection sociale qu'on a mis en place,
06:29dont on pensait qu'il était finalement increvable, irrésistible,
06:32que tout ça, c'était acquis,
06:33eh bien, les Français finissent par se dire
06:35que peut-être que ce modèle, il est aujourd'hui menacé
06:38et qu'il va falloir faire quelque chose.
06:39C'est quand même une prise de conscience importante.
06:42Et on va rappeler que dans les pays
06:43qui ont fait des réformes douloureuses,
06:46quand l'opinion publique en était consciente,
06:49quatre gouvernements sur cinq ont été réélus.
06:51C'est bien que les Français,
06:53enfin, que les citoyens étaient conscients.
06:55Donc, je suis d'accord avec Jean-Marc,
06:56on a franchi une étape importante.
06:59L'étape la plus importante, après,
07:01c'est peut-être de se dire qu'il va vraiment falloir
07:03travailler plus, etc.
07:05Mais il faut quand même laisser les opinions maturer.
07:07En tout cas, chaque présidentielle, c'est la même question.
07:09Mais là, on a franchi...
07:10Travailler plus, c'est le déficit,
07:11et la dette, c'est grave.
07:12Là, on n'avait pas du tout cet état de l'opinion
07:14et ces rapports de force entre ce qui est important...
07:16Eh bien, vous êtes tout neufs
07:17pour cette nouvelle campagne présidentielle.
07:19C'est une bonne nouvelle.
07:19La plus importante depuis 81, je vous dis.
07:22C'est...
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