00:00Daphne Burkier, hop là, une nouvelle tête.
00:04Et ma nouvelle tête ce matin s'appelle Maddy Street.
00:07Maddy, M-A-2-D-Y.
00:09Street comme la rue en anglais.
00:11Exactement.
00:11Yael est artiste, auteur, compositeur, interprète, réalisateur de tous ses clips.
00:16Yael est née dans le bocage normand de parents anglais
00:18et a grandi entre le rock britannique, le football, les Montipitons et une campagne
00:23qui est devenue au fil du temps le décor de son imaginaire.
00:39Et oui, Sonia, Charline, c'est un son assez irrésistiblement dansant, très drôle,
00:46avec des images punk façon do it yourself, redoutablement efficace.
00:50Pour Maddy Street, la musique, c'est un endroit où l'on n'a pas plus besoin de choisir
00:55entre le français, l'anglais, entre le rock, le pop, le rap ou encore l'électro.
01:00Comme en musique, certaines identités ne se résument pas à l'étiquette
01:03qui leur est attribuée dès le départ.
01:05Alors Maddy Street est non binaire, normand, frontal, électro, rock, pop
01:08et un peu hyperactif.
01:10Bonjour, bienvenue sur Pense Inter.
01:11Bonjour Daphne.
01:14Bienvenue.
01:14Ça parle de quoi ce titre d'ailleurs ?
01:15Il s'appelle Ra, Sonia, ce titre.
01:17Ça dépend pour chaque personne.
01:19Il y en a, c'est leur ex, il y en a, c'est leur patron.
01:21Moi, c'est le PDG de Total.
01:22Enfin, chacun son rat, quoi, chacun son rat.
01:25Chacun son rat, c'est bien ça ?
01:27C'est bien, je cherche, j'en ai trop.
01:29Allez, je vais dire Bolloré, allez.
01:31Chacun son rat, bon, en effet, Ra, ça fait partie de votre projet
01:35qui s'appelle No Limits.
01:36No Limits, le but est de sortir un morceau tous les deux mois.
01:39L'idée, je trouve, est assez brillante parce qu'elle vous permet
01:42d'explorer tous les styles musicaux sans jamais vous enfermer dans un seul.
01:45Et au fond, est-ce que c'est pas un peu votre manière à vous
01:48de travailler dès le début ?
01:50Est-ce que c'est en explorant qu'on finit par se trouver ?
01:53Oui, ou alors l'exploration, ça devient notre direction artistique aussi.
01:57On n'est pas forcément obligé d'explorer pour trouver un but précis.
02:00Mais moi, j'explore pour continuer à explorer par la suite, je pense.
02:03C'est très agréable à écouter.
02:04Un autre son, par exemple, qui s'appelle Problème.
02:21Puisqu'on parle d'industrie musicale, finalement, l'an dernier, il y a un programmateur de festival
02:26qui a expliqué que c'était hyper difficile de programmer des femmes dans le rock,
02:30qu'on en trouve peu et que lui, il ne programme qu'aux talents.
02:34Deux heures plus tard, vous lui avez répondu en musique.
02:40Vous avez écrit un morceau qui aligne les noms de dizaines et de dizaines de groupes composés de femmes,
02:48ou en tout cas d'au moins une femme.
02:49On écoute.
02:55Et on entend comme ça le nom des groupes qui s'enchaînent, qui s'enchaînent.
02:59Énorme viralité de cette vidéo.
03:01Grande joie aussi pour tous ces groupes qui se sont entendus cités dans votre chanson.
03:05Est-ce que lui a fini par entendre ce titre ?
03:08Apparemment, oui, parce que là, il a refait son festival et il a fait attention à la programmation.
03:11Il l'a même dit dans un entretien.
03:13C'est totalement, totalement, totalement.
03:14Et il y a même eu des groupes, j'ai cités, qui ont été programmés à cet événement-là qu
03:18'il a fait cette année.
03:18Donc, ça a eu de vraies répercussions.
03:19Donc, c'est trop chouette, trop bien.
03:21Ça fonctionne.
03:21Oui, comme quoi.
03:23Action, réaction, en fait.
03:24Oui, comme quoi, un peu de culot, ça peut aller loin.
03:26Mais c'est peut-être ça.
03:27Bah, je pense.
03:27Madi, la district, c'est peut-être le culot finalement.
03:30Un petit peu, oui.
03:31Il y a quelque chose dans l'action, réaction.
03:33Il se passe quelque chose, vous réagissez immédiatement.
03:34Oui, carrément.
03:35Je ne me vois pas faire autrement.
03:37J'ai envie d'ouvrir ma gueule, donc je le fais, quoi.
03:40Vous avez fait un titre qui s'appelle Kick Scene.
03:43Je vous propose de le tenter ce matin au micro de France.
03:45Allez.
03:46Le studio est à vous.
03:47I want to fight it, I want to trust all of the info they feed us.
03:51But the underworld needs sales and scripts, not when it's written in our stones.
03:54So I sing, so I dance, forget to come lift those hands.
03:57Don't make too many plans and enjoy this west you can.
04:01When the kick kicks in, I forget that we're dying, baby.
04:07Come and kiss my lips, let the bass go through your body.
04:14When the kick kicks in, I forget that we're dying, baby.
04:20Come and spread those wings, let the bass lift up your body.
04:30Ça se balade comme ça.
04:32On va raconter un petit morceau de votre vie, parce que vous avez joué au football de vos 6 ans
04:36à vos 18 ans.
04:37Sport étude à Caen, supporter de Chelsea.
04:40Si vous pensiez vraiment, d'ailleurs, que votre vie, elle passerait par le football et puis tout s'arrête à
04:45cause d'un détail administratif.
04:47Vous n'avez pas encore la nationalité française et vous ne pouvez pas intégrer la structure semi-professionnelle que vous
04:53visiez.
04:54Alors on parle souvent des rêves qu'on réalise et un peu moins de ceux qu'on nous retire finalement.
05:00Avec le recul, est-ce que ce rêve-là, il devait forcément s'arrêter pour que ma district puisse commencer
05:05?
05:05Je pense, ouais. Et entre nous deux, je ne suis pas sûre que j'étais assez bon au foot pour
05:09aller jusqu'à l'équipe de France.
05:10Donc en soi, ça a été une belle période de ma vie.
05:12Ça m'a appris plein de trucs sur la discipline, le collectif, etc.
05:16Mais je pense que la musique, ça a toujours été ma passion première quand même.
05:19Et maintenant, j'ai l'honneur d'en vivre et que ça soit ma passion et mon métier.
05:23Et ça, c'est fantastique.
05:24Il y a eu un métier juste avant ?
05:25Ouais, prof d'anglais.
05:26Ouais, ouais ?
05:27Ouais, carrément. J'avais fait des études de langue et je faisais ça en parallèle.
05:31Et j'avais pas assez d'argent pour financer le projet, quoi.
05:34Donc j'ai bossé et bossé jusqu'à me mettre assez de côté, me mettre au chômage et me lancer
05:38à fond là-dedans
05:39et obtenir l'intermittence un an plus tard.
05:41Et depuis, ça roule et je suis très très heureuse et très contente.
05:44Et depuis, ça n'arrête pas. Sur scène, vous faites le plein.
05:47Ça a démarré direct. Ça a été assez fou.
05:49Si on entend les « who », c'est parce que c'est l'un des groupes qui tournait en
05:53boucle chez vous.
05:55Votre père écoutait la radio sans arrêt.
05:57Et puis, il y avait les Beatles, le rock britannique.
06:00C'était le musicien de la famille.
06:01C'est celui qui faisait danser votre mère.
06:03Est-ce que c'est lui qui vous a transmis l'imaginaire de la scène ?
06:07Lui et ma maman, parce qu'elle dansait de façon totalement libre dans le salon.
06:11On faisait du lip-sync ensemble avant même que ça soit la mode.
06:14Tous les trois, et même avec mon petit frère, il y avait une liberté autour de bouger son corps et
06:18de chanter.
06:18qui était trop chouette et qui m'a permis d'être libre et comme je suis sur scène.
06:23Je ne sais pas si c'est lui qui vous a vraiment donné envie de monter sur scène.
06:26Parce qu'apparemment, ça s'est passé à l'âge de 11 ans.
06:28J'étais un peu étonnée. Vous chantiez une chanson de Christophe Maé.
06:31Je n'ai pas compris le rapport entre ma district et Christophe Maé.
06:34C'est le premier album que j'ai acheté, c'est un album de Christophe Maé.
06:36C'est pour ça que j'étais fan.
06:37Parlez si bien d'anglais pour chanter Christophe Maé sur scène.
06:42Je n'ai pas vu venir.
06:43Mais surtout, ce qui est drôle, Sonia, c'est que ce n'était pas tellement Christophe Maé.
06:48C'est quand vous avez chanté, il y a quelqu'un qui s'est mis à pleurer.
06:50Ah mais plusieurs mamans.
06:51Et là, vous vous êtes dit, il y a un super pouvoir.
06:55Oui, peut-être.
06:56Tu arrives à faire pleurer les gens.
06:59Oui, peut-être.
07:00Je crois que je continue un peu à le faire.
07:02Ou les faire danser, ou crier, un peu de tout.
07:04Tant que je leur procure quelque chose, ça me va.
07:06C'est ça, la mission de ma district ?
07:08Oui, procurer ça et continuer ce truc de liberté pour eux,
07:12comme pour moi.
07:13Moi, sur scène, je suis libre.
07:14Dans le public, les gens se sentent libres et ils se lâchent et c'est cool.
07:16Pour votre carte blanche ce matin, peut-être qu'il y avait un petit lien avec le père
07:20parce que vous avez choisi les Beatles.
07:22Oui, tout à fait.
07:22On n'aura pas part.
07:24Je vous propose d'aller rejoindre la scène.
07:26La reprise, ce sera « I want to hold your hand » des Beatles.
07:30Ah oui, on avait longtemps celle-là.
07:31Elle est lignée celle-là pour ce matin.
07:33Juste pour les auditeurs de France Inter.
07:35Alors, ma district attrape sa guitare.
07:39On se met en place.
07:41Et le studio de France Inter est à vous.
07:44Merci.
07:46I want to hold your hand
07:51And when I touch you, I feel happy inside
08:00It's such a feeling that my love
08:05I can't hide
08:07I can't hide
08:09I can't hide
08:12I can't hide
08:12I can't hide
08:13Yeah, you've
08:13God, that's something
08:16I think you'll understand
08:20But when I say that's something
08:26I want to hold your hand
08:30I want to hold your hand
08:34See, I want to hold your hand
08:41Bravo.
08:42C'était Maddy Street.
08:43M-A-2-D-Y.
08:45Vous pouvez aller à la maroquinerie le 11 décembre.
08:48Moi, je trouve que ce serait une bonne idée.
08:50Ou alors à Rock en Seine, où ça jouera.
08:52Merci encore une fois.