00:006h46, Raphaël, vous terminez la semaine avec le dernier rapport de la Cour des Comptes, ça ne vous a pas
00:04fait de bien ?
00:04Vous avez été en colère toute la semaine, mais alors là, ça ne vous a pas arrangé ?
00:07Oui, alors qu'il fait chaud, mais on va s'échauffer encore un peu plus.
00:10Oui, en colère de voir un pays, alors aussi riche, aussi ingénieux, aussi talentueux,
00:14s'enfoncer dans une forme de paupérisation qui est franchement indigne de la 7e puissance économique mondiale.
00:19Cette semaine, je n'ai finalement fait que raconter une seule histoire,
00:24celle d'un pays qui s'affaisse parce que ceux qui le dirigent ne font pas leur travail.
00:29Lundi, j'ai dénoncé l'inaction des pouvoirs publics face au réchauffement climatique.
00:32En 25 ans, on a produit des milliers de pages de lois, de normes et de rapports,
00:37mais on n'a pas été capable de mettre la clim dans nos écoles et nos hôpitaux.
00:41Mardi et mercredi, après le déni climatique, je me suis attaqué au déni démographique
00:45avec ce rapport du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale
00:49qui nous explique en substance que les cotisations retraites ne pèseraient pas davantage sur les actifs,
00:55mais les députés qui ont voté le gel de la réforme borne,
00:58quand l'Allemagne, elle, s'adapte au réel avec une réforme ambitieuse, importante.
01:03Les Allemands, eux, regardent la réalité en face quand nous, on se plonge la tête dans le sable.
01:11Déni climatique, déni démographique.
01:14Et hier, c'est la Cour des comptes qui nous rappelle qu'on est aussi en plein déni sur les
01:19finances publiques.
01:20La situation est alarmante, nous crient les magistrats.
01:25Alors, ils nous le disent régulièrement, effectivement, la presse tendance à ne plus les écouter,
01:29mais pourtant, ça n'a jamais été aussi vrai.
01:31La situation est alarmante et nous regardons ailleurs.
01:35Le déficit qui est à 5%, pas 3, 5% risque de repartir à la hausse.
01:40On va devoir payer 100 milliards de charges d'intérêt sur la dette très bientôt.
01:44Et tout le monde s'en fout.
01:46Le sujet, c'est quand même beaucoup la hausse des taux.
01:48Oui, enfin, elle vient surtout de l'incompétence.
01:52C'est la réponse technique, la hausse des taux.
01:55Et c'est vrai que c'est ça qui fait que ça renchérit le coût de la dette.
01:57Mais cette situation, elle vient surtout de l'incompétence de ceux qui nous gouvernent depuis un quart de siècle.
02:04Après-guerre, il a fallu 40 ans pour qu'on arrive aux 1 000 milliards de dettes.
02:08Il n'a fallu que 10 ans supplémentaires pour arriver aux 2 000.
02:1210 ans de plus pour arriver aux 3 000.
02:14Et là, dans moins de 3 ans, on sera probablement aux 4 000 milliards avec 100 milliards d'euros de
02:19charges d'intérêt annuels sur la dette.
02:22Alors, il y a quand même des choses qui marchent, ces entreprises ?
02:25Oui, effectivement. Et c'est grâce à eux que le pays tient encore aux entreprises, aux familles qui se mobilisent,
02:30aux associations, aux soignants, aux enseignants et aux élus locaux.
02:34Mais qui bricolent tous des solutions malgré le système.
02:39Aujourd'hui, quand l'école ferme, on est tous obligés de garder nos enfants à la maison.
02:44Ou alors, c'est les entreprises, vous les emmenez au bureau.
02:46Aujourd'hui, c'est Google à Paris qui va ouvrir ses portes pour accueillir les enfants dans un nilot de
02:51fraîcheur.
02:51Mais si on regarde l'actualité des derniers jours, on aurait pu aussi vous parler des dysfonctionnements de la justice
02:59révélés par l'affaire Liana.
03:02Des 520 jours nécessaires en France pour accéder à certains médicaments contre 56 jours seulement en Allemagne.
03:10On vous en parlait hier sur BFM Business, c'est l'alerte du LEM.
03:13On voit l'effondrement de la France.
03:16À chaque fois, c'est le même problème.
03:19Ce n'est pas tant que la France manque d'argent, même si on croule sous les déficits et la
03:23dette.
03:23On est le pays le plus dépensier au monde.
03:27On n'a jamais autant dépensé.
03:30Le problème, c'est qu'on manque de décision, de bonne décision, de responsabilité et de résultat.
03:40Le problème, c'est que la Maison France n'est plus tenue.
03:45Nos dirigeants à venir, on rentre dans la campagne, je veux dire, ce constat lucide, il faut le faire.
03:50Nos dirigeants ont du pain sur la planche.
03:52Mais franchement, on regarde leur tracking record.
03:55Le bulletin de notes, c'est de saison, le bulletin de notes de fin d'année devrait être extrêmement sévère.
04:01C'est médiocre, c'est passable.
04:03Et encore, le conseil de classe a été assez indulgent.
04:05C'est parti, c'est parti.
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