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  • il y a 15 minutes
Regardez "On refait le monde" avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Jean François Amadieu, sociologue, et Olivier Bongrand, avocat.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 25 juin 2026.

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Transcription
00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07En cas de forte chaleur, on regrette que dans la législation française, il n'y ait pas de seuil de
00:12température à partir duquel on estime qu'on ne peut pas exposer des travailleurs.
00:16L'idée de la patronne des écologistes et candidate à la présidentielle a d'abord été raillée, mais elle fait
00:22son bonhomme de chemin.
00:23Le congé climatique ne semble plus si saugrenu au moment où la canicule bat tous les records et s'éternise
00:30dans toute la France.
00:32La proposition a le mérite de poser la question des conditions de travail plus vraiment adaptées aux fortes chaleurs.
00:37Faut-il changer les règles, mieux protéger les salariés, s'adapter là aussi ?
00:42On en débat dans On refait le monde avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
00:46Bonsoir.
00:47Bonsoir.
00:48Jean-François Amadieu, professeur à la Sorbonne.
00:50Bonsoir.
00:51Olivier Bongrand, avocat au barreau de Paris, spécialisé en droit du travail, qui va nous rejoindre de même que Catherine
00:57Lopez, directrice générale de la Fédération du service aux particuliers.
01:02Alors on va rentrer tout de suite dans le vif du sujet, le congé climatique.
01:06Jean-François Amadieu, de quoi s'agit-il ? Vous avez écouté, j'imagine, Marine Dandelier le présenter.
01:12Oui, l'idée c'est de s'inspirer d'un dispositif qui est mis en place en Espagne, mais l
01:19'idée c'est d'attribuer quelques jours à un moment où il y aurait des chaleurs particulièrement importantes.
01:25Alors, c'est pas une idée qui va faire consensus, on le voit d'ores et déjà, c'est le
01:30moins qu'on puisse dire.
01:31Mais il y a peut-être, je pense qu'on l'abordera ici, il y a quand même d'autres
01:36idées qui sont sur la table et qui peuvent permettre, si on les met en oeuvre réellement,
01:41et si on les déploie, ça c'est un point important, mais qui permettent de résoudre le problème qu'on
01:46rencontre concrètement.
01:47On va en parler, mais c'est vrai que sur le congé climatique, il fait beaucoup parler de lui, ce
01:53congé climatique.
01:54Les Français ont même été sondés, selon un sondage élable, 58% des Français disent oui au congé climatique. Et
02:00vous, Sophie Minet ?
02:01En fait, nous, ce qu'on propose, c'est qu'il y ait une extension de ce qu'on a
02:05obtenu l'année dernière, le chômage partiel intempérit pour les salariés du BTP,
02:10qui n'est pas suffisant parce qu'il y a une grosse perte de la rémunération, c'est seulement environ
02:1560% de la rémunération qui est maintenue.
02:18Et aujourd'hui, on ne peut pas l'utiliser pour les salariés précaires, et donc il faudrait pouvoir l'utiliser
02:22pour tous les secteurs qui en ont besoin, sans perte de rémunération.
02:26Pour l'instant, c'est que pour le BTP ?
02:27Oui.
02:28Et combien de jours ? Parce que aussi, Marine Tondelier a évoqué 5 jours par an.
02:32Il n'y a pas de limitation de jours, en fait, ça se déclenche quand c'est nécessaire, en fonction
02:35justement des intempéries,
02:37donc ce que déclenche l'État sur alerte orange, alerte rouge.
02:39Donc ça, c'est bien, parce que du coup, on peut se dire 5 jours, pourquoi 5, pourquoi pas 4,
02:43pourquoi pas 6 ?
02:44Oui, parce que maintenant, il y a 12 jours de canicule par an en moyenne, on en est là.
02:47Et donc, par exemple, quand on travaille dans le BTP, 5 jours, c'est totalement insuffisant, c'est sûr.
02:52Donc c'est pour ça que pour nous, le dispositif, ça serait plutôt un dispositif de ce type,
02:56mais aujourd'hui, le dispositif dans le BTP, ça veut dire qu'ils perdent quasiment la moitié de leur salaire,
03:01alors que ce n'est pas de leur choix de ne pas aller travailler, c'est juste que c'est
03:04impossible et dangereux pour la santé.
03:05Et aujourd'hui, malgré le fait que ce dispositif existe, il y a plein de chantiers qui sont maintenus l
03:11'après-midi dans des départements en zone rouge.
03:13Et donc, on fait travailler des ouvriers dans le BTP par des chaleurs de 40 à 45 degrés, voire plus
03:20de 50 degrés quand on est au soleil.
03:21Et évidemment, c'est aussi le cas pour les ouvriers agricoles, pour beaucoup, beaucoup de travailleurs et de travailleuses.
03:28Alors, ça existe déjà en Espagne, on l'évoquait, on va retrouver notre correspondante à Barcelone, Aurélie Chameroy, bonsoir.
03:37Elle n'est pas encore en ligne, on la retrouvera un peu plus tard.
03:39En attendant, Olivier Bongrand, merci de nous avoir rejoints.
03:42Que disent les patrons en France quand on leur parle de ce nouveau congé, de ces cinq jours possibles de
03:48congé,
03:49sachant que l'humeur du moment, c'est plus travailler plus, on ne travaille pas assez, c'est un peu
03:53le discours qui est tenu.
03:54Le MEDEF, je peux dire déjà, a répondu, mauvaise réponse à un vrai problème.
03:59Alors, on va commencer par mauvaise réponse.
04:00En fait, la question du, aujourd'hui, climatique, ça peut se régler évidemment par des congés,
04:06mais ça doit se régler par des éléments de prévention.
04:10Et donc là, c'est là où, en réalité, il faut travailler le sujet.
04:13C'est-à-dire que la prévention pour permettre aux salariés d'être en tout point protégés lorsqu'il y
04:21a ces vagues de chaleur,
04:22ça veut dire mettre en place des droits qui soient réellement mobilisables.
04:27Aujourd'hui, par exemple, si je prends l'exemple du droit de retrait,
04:31le droit de retrait, c'est un droit qui est censé pouvoir être mobilisable par un salarié
04:36lorsqu'il estime qu'il est en situation de danger.
04:39Mais on sait aussi, notamment de la jurisprudence de la Cour de cassation,
04:43on sait aussi que si jamais il exerce ce droit de retrait,
04:46l'employeur peut estimer qu'il ne versera pas la rémunération correspondante
04:50et ensuite, ce sera aux salariés d'aller revendiquer le paiement du salaire correspondant
04:54devant une juridiction prud'homale.
04:56Et quand on connaît les délais devant une juridiction, que ce soit première instance ou appel,
05:01bon...
05:01Donc c'est un risque qu'il ne va pas prendre.
05:03Ça peut être effectivement un risque qu'il ne prend pas.
05:05Donc là, vous voyez, par exemple, on a un droit qui existe, en théorie,
05:08mais qui, dans sa mobilisation, fait complètement défaut.
05:11Alors, on va retrouver notre correspondante à Barcelone, puisqu'elle est là, je crois,
05:15elle est en ligne.
05:16Bonsoir Aurélie Chamorrois.
05:18Bonsoir.
05:18Alors, depuis quand le congé climatique est mis en place en Espagne et comment ça fonctionne ?
05:25Alors, c'est un congé payé comme les autres, en fait.
05:27Il est rémunéré à 100% du salaire.
05:30Il peut durer jusqu'à 4 jours.
05:31Il a été mis en place après les grandes inondations de Valence en automne 2024.
05:36Alors, c'est un congé qui sert à éviter qu'un salarié soit obligé de se déplacer
05:40ou de rester à son poste en cas de risque grave lié au climat.
05:44Donc, les alertes d'inondations, les tempêtes, les incendies,
05:47et donc, en cas de chaleur extrême.
05:49Pour le demander, l'employé doit justifier du risque.
05:52Alors, ça peut être une alerte météo, une recommandation de la protection civile
05:56ou de la mairie, par exemple.
05:57Et c'est ensuite à l'entreprise de décider si, effectivement, la demande est légitime
06:02ou si, au contraire, les conditions sont réunies pour que l'employé puisse travailler sans risque.
06:06Et la rémunération, elle est de quel pourcent du salaire habituel ?
06:10100% du salaire.
06:12100%. Et ça marche ? Est-ce que les salariés et les employeurs s'en sont emparés ?
06:16Alors, il n'y a pas de chiffre officiel sur ce congé qui n'est finalement pas encore très connu
06:21des salariés et qui était avant tout un outil de dissuasion pour les entreprises.
06:26Ça doit être vraiment le dernier recours si aucune solution n'est trouvée
06:29pour garantir de bonnes conditions de travail.
06:31Dans les faits, l'immense majorité des entreprises en Espagne sont climatisées
06:36puisque, dans une loi de 2023, les températures ne peuvent pas dépasser 27 degrés pour un travail de bureau
06:42et 25 degrés pour des travaux légers.
06:44Et en extérieur, en cas d'alerte météo orange ou rouge,
06:48l'employeur, lui, est obligé aussi d'adapter le travail.
06:51Dans les faits également, depuis plus de 20 ans, en fait, de nombreuses entreprises espagnoles
06:55proposent un horaire d'été, c'est-à-dire que les salariés commencent plus tôt le matin,
06:58ils partent ensuite en début d'après-midi
07:00et certaines proposent aussi de faire plus d'heures le reste de l'année
07:03pour partir plus tôt en été et éviter les grosses chaleurs.
07:07Merci beaucoup Aurélie.
07:09On va revenir aussi sur la température maximale qui a été rejetée par le ministre du Travail.
07:18Une patronne nous a rejoint, la directrice générale de la Fédération du Service aux particuliers.
07:22Et que dites-vous de ce congé climatique ?
07:27Alors, excusez-moi, j'arrive un petit peu...
07:28Alors, sur ce congé climatique, alors effectivement, les entreprises de service à la personne,
07:34notamment, sont pleinement concernées par la problématique, à deux titres.
07:39Les transports aussi.
07:41Les transports, bien sûr.
07:42À la fois parce que nous accompagnons les personnes à domicile,
07:47nous accompagnons les enfants dans les crèches et dans les micro-crèches.
07:50Donc, effectivement, en termes de locaux, on est concernés
07:53parce qu'il faut qu'on puisse offrir des conditions acceptables
07:56pour les enfants et pour les salariés.
07:58C'est la double préoccupation.
08:01Et puis, bien évidemment, on l'est aussi parce que, voilà,
08:06les salariés, elles sont impactées directement.
08:09Je dis les salariés, elles sont, parce qu'on est une majorité...
08:11Beaucoup de femmes, oui, bien sûr.
08:13Elles sont impactées bien parce que les écoles ferment,
08:17donc elles ne peuvent pas assurer le service.
08:20Elles sont impactées parce que les transports, effectivement,
08:22en milieu urbain, pour faire de l'accompagnement à domicile,
08:25ce sont les transports en commun et donc c'est très difficile.
08:29Donc, bien sûr, on peut réfléchir au congé climatique.
08:32On peut aussi réfléchir à comment on anticipe un peu plus cette question.
08:37parce que ce que ça pose derrière, c'est la question des transitions.
08:42Et la transition démographique est une transition essentielle.
08:46Donc, c'est un secteur qui est sous-financé.
08:50Il n'y a pas de politique de l'autonomie,
08:51il n'y a pas de politique de la petite enfance
08:53et on aurait besoin de cet accompagnement
08:55pour, justement, faire face, demain, en 2050,
08:59mais dès demain, à comment nous, on améliore nos locaux,
09:02comment on met de la climatisation dans nos locaux.
09:05Et ça, c'est indispensable de se poser cette question-là.
09:08On va l'aborder.
09:08Jean-François Amadieu,
09:10aujourd'hui, que dit la loi sur cet arrêt du travail dans les entreprises ?
09:16Le préfet peut ordonner une suspension du travail ?
09:20Oui.
09:20Alors, le Code du travail et les conventions collectives
09:23ne disent rien de précis sur la température
09:26à partir de laquelle on ne va pas travailler.
09:28Ce ne sont que des recommandations et des chiffres
09:30qui sont donnés, par exemple, par l'INRS.
09:32Mais, si vous voulez, après, on laisse l'employeur
09:35qui, je le rappelle, a une responsabilité
09:37de préserver la sécurité et la santé des travailleurs.
09:40Donc, c'est lui, normalement, qui est le seul juge
09:42du fait qu'il a exposé à un danger, à des accidents,
09:45parce que c'est ce qui se passe quand il fait trop chaud, les gens.
09:49Donc, ça, c'est...
09:51Finalement, le système français s'en remet beaucoup à la bonne volonté.
09:54Sauf intervention, en effet, des préfets.
09:55Et, comme Sophie Binet le disait très bien il y a un instant,
10:00alors que le ministre du Travail a mis en avance cette solution,
10:03qui est une solution plutôt intelligente, je rappelle,
10:05faire en sorte qu'après 13 heures,
10:06on ne travaille pas dans le bâtiment et les travaux publics.
10:09D'autant plus qu'on peut commencer à travailler,
10:11là aussi, le ministre l'a rappelé,
10:12on peut commencer à 5 heures du matin
10:14et aller jusqu'à 13 heures.
10:16Je voudrais dire quand même que, dans beaucoup de pays du Sud,
10:18on sait adapter les horaires de travail
10:19en fonction de la température,
10:20ce qui est quand même le minimum
10:21dans des emplois très exposés à de fortes températures.
10:24Et, effectivement, il est curieux que le Premier ministre,
10:29mais le ministre du Travail, en tous les cas,
10:31n'ait pas fait en sorte que les préfets,
10:34en grand nombre, dans tous les départements concernés,
10:36n'aient pas dit, écoutez, vous arrêtez à 13 heures,
10:37quitte à commencer avant.
10:38Je crois que ce qui manque dans le système français,
10:40ce n'est pas forcément...
10:41On n'a pas forcément besoin d'aller vers ces fameux jours de congés,
10:45mais très fortement d'adapter à chaque situation,
10:47parce qu'elles ne sont pas toutes les mêmes,
10:49évidemment, beaucoup, les horaires de travail,
10:51afin que le travail soit possible à ces heures-là.
10:54Je voudrais juste ajouter un point.
10:55Le ministre a dit...
10:57Le ministre Jean-Pierre Farandou ?
10:58Farandou a dit, les cinq jours,
11:00ça ne va coûter 4 ou 5 milliards.
11:02Bon, il a dit ça, ça va coûter cher.
11:03Les cinq jours de congés climatiques envisagés par Marine Tondolier.
11:06Oui, le congé climatique, ça va coûter cher.
11:07Mais il y a quelque chose qui est peu connu,
11:08il faut quand même le dire,
11:09c'est qu'on a beaucoup d'études internationales,
11:12très nombreuses,
11:12qui prouvent, sans ambiguïté,
11:14que quand les gens travaillent dans une température trop élevée,
11:17et pas juste dans le bâtiment des êtres publics,
11:20mais partout,
11:21perdent 50% de leur productivité.
11:23Ils se blessent,
11:24ils sont moins bons,
11:25donc on perd de l'argent.
11:26Les entreprises perdent de l'argent
11:27à faire travailler des gens
11:28dans des conditions qui ne sont pas bonnes.
11:29Ce n'est pas seulement dangereux pour les gens,
11:32ce n'est pas juste un problème de conditions de travail,
11:33c'est qu'économiquement, c'est absurde.
11:35Donc, il faut beaucoup plus d'adaptation des horaires.
11:37Alors justement,
11:38on va mesurer à quel point travailler
11:40est peut-être dangereux en pleine canicule
11:42et pas forcément rentable,
11:44comme vous l'évoquiez.
11:45Ce sera après l'essentiel de l'info d'Alban Le Prince.
11:51Merci d'écouter RTL.
11:53J'aimerais te serrer dans mes bras,
11:56te dire que la vie est une fête,
11:58toi et moi, on a la recette.
12:02RTL, votre radio.
12:05Anne-Sophie Lapix.
12:06On refait le monde sur RTL.
12:08Il est 19h30,
12:09l'essentiel de l'info avec vous,
12:11Albane Le Prince.
12:11Dans deux heures et demie,
12:12vigilance rouge levée
12:14pour 11 départements de l'ouest du pays.
12:16Elle sera maintenue pour 61 départements.
12:18L'épisode n'est pas encore fini.
12:20Est-ce que redoutent les autorités désormais ?
12:22Après une semaine de canicule,
12:24c'est l'impact sanitaire.
12:26Le nombre de passages aux urgences
12:27est multiplié par 4.
12:29À l'instant,
12:29le préfet de police de Paris
12:31annonce que les hôpitaux sont saturés.
12:33Il interdit à partir de demain midi
12:35la consommation d'alcool à Paris.
12:37Ce jeudi qui a été aussi chaud qu'hier.
12:40Journée déjà la plus chaude
12:41jamais enregistrée en France depuis 1947.
12:4530 degrés en moyenne.
12:46Des records absolus ont été battus
12:48à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique
12:50avec 41 degrés 3
12:52ou encore Octeville dans la Manche.
12:5439 degrés 1.
12:55Des drones mobilisés pour localiser le plongeur
12:58disparu hier soir dans l'effondrement
13:00d'un pan de falaise à Biarritz.
13:01Le corps de sa compagne
13:03a quant à lui été retrouvé hier
13:04par les secouristes.
13:06Et puis au Venezuela,
13:07la course contre la montrée
13:08est lancée dans les décombres
13:10de dizaines d'immeubles effondrés
13:11après un double séisme
13:13d'une puissance jamais vue
13:14depuis plus d'un siècle.
13:15Le bilan encore très provisoire
13:17fait état de 164 morts.
13:20Merci Alban,
13:20on vous retrouve à 20h.
13:22Anne-Sophie Lapix,
13:24on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
13:27On se souvient du drame
13:28du 26 mai dernier
13:29lors de la précédente canicule.
13:31Ce jeune ouvrier de 19 ans
13:32mort d'hyperthermie
13:34après avoir travaillé
13:34toute la journée sur un toit.
13:36Travailler pendant la canicule
13:37peut être dangereux.
13:39Évidemment,
13:39c'est particulièrement vrai
13:40quand on travaille à l'extérieur.
13:42Mais dans les usines,
13:43des ouvriers s'inquiètent également
13:45et s'apprêtent à faire grève.
13:47On en débat avec nos invités.
13:48Sophie Binet,
13:49secrétaire générale de la CGT.
13:51Jean-François Amadieu,
13:53professeur à la Sorbonne.
13:55Olivier Bongrand,
13:56avocat au barreau de Paris
13:57spécialisé en droit du travail.
13:59Et Catherine Lopez,
14:00directrice générale
14:00de la Fédération du service
14:02aux particuliers.
14:03On refait le monde sur RTL.
14:06On est juste à côté de la cuisine
14:07dans l'entrée du restaurant.
14:09On a le bar à notre gauche également.
14:11C'est où l'endroit le plus chaud ?
14:13Alors l'endroit le plus chaud,
14:14ça va être en cuisine
14:16à côté de la plancha,
14:17source de chaleur importante.
14:18La personne qui va être
14:19à la plancha le midi
14:20ne travaille pas le soir.
14:21Et inversement,
14:22on essaie aussi
14:23de ne pas shifter trop de gens
14:24les jours où il fait chaud.
14:26Là, en ce moment,
14:26ils sont sur un jour de travail,
14:28un jour de repos.
14:29Alors là,
14:30c'est un témoignage recueilli
14:31par Valentin Boisset
14:33dans RTL Événement.
14:34On parle de serveurs,
14:35mais en fait,
14:36on se rend compte
14:36qu'il y a énormément de secteurs
14:38qui sont affectés par la chaleur.
14:39Sophie Binet,
14:40pour vous,
14:40quels sont les secteurs
14:41qui souffrent le plus aujourd'hui ?
14:43La quasi-totalité.
14:44D'abord, évidemment,
14:45en premier,
14:45toutes celles et ceux
14:46qui travaillent en extérieur.
14:48Hier, il y a eu un mort.
14:49Donc un intérimaire
14:51qui est mort.
14:52Il travaillait dans une usine
14:53dans la métallurgie
14:54en Normandie.
14:55Et je sais que
14:56depuis le début de l'épisode,
14:57il y en a eu d'autres,
14:58des morts
14:59qui n'ont pas été remontées,
15:01comptabilisées.
15:01Donc il faut rappeler,
15:02moi, je trouve ça très choquant.
15:03À chaque fois qu'on met en avant
15:04des propositions,
15:05on nous répond,
15:06ça coûte cher.
15:07C'est quand même indécent
15:08d'entendre parler
15:09de productivité,
15:10d'argent, etc.
15:11Quand on parle de vie,
15:12c'est un...
15:13Le congé,
15:14enfin,
15:14qu'évoquait Marie Tondelier,
15:15ce n'était pas uniquement
15:16pour des personnes
15:17qui étaient en danger.
15:17C'était aussi pour des personnes
15:19qui travaillaient
15:19dans des conditions
15:20très difficiles.
15:21Parce qu'on ne parle pas
15:22forcément de vie systématiquement,
15:23mais de conditions de travail
15:24extrêmement difficiles.
15:25Oui, tout à fait.
15:26Et donc c'est pour ça
15:26que nous portons cette proposition
15:28d'avoir un congé,
15:29un système de chômage partiel
15:31intempéries
15:31pour permettre
15:32d'arrêter le travail
15:33dans les situations dangereuses.
15:35Ce que nous pensons,
15:36c'est qu'il faut mettre
15:36des températures maximum
15:37de travail
15:38dans le code du travail
15:39pour que les choses soient claires.
15:40Ces températures,
15:41elles sont définies
15:42par l'INRS
15:43qui évalue
15:43le niveau de risque
15:44à partir de 28 degrés
15:46pour les travaux physiques
15:47et 30 degrés
15:48pour les métiers sédentaires.
15:49C'est dangereux.
15:50Et donc,
15:51il devrait être obligatoire
15:52à partir de ce moment-là
15:53de mettre en place
15:53des mesures d'adaptation.
15:55Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
15:56Le problème,
15:57c'est que la prévention,
15:58elle est obligatoire
15:59en théorie,
16:00mais il n'y a pas de sanctions.
16:02Ça fait plus d'un an
16:03que toutes les entreprises
16:04devraient avoir mis en place
16:05un plan de prévention
16:06en matière de canicule.
16:07Il n'y en a quasiment
16:08aucune qui l'ont fait.
16:09Pourquoi ?
16:09Parce qu'il n'y a pas de sanctions
16:10et il n'y a pas d'inspecteur
16:11et d'inspectrice du travail
16:12pour appliquer les sanctions.
16:13Vous évoquiez
16:14la température maximale
16:16qui existe
16:16dans certains pays.
16:17On parlait de l'Espagne.
16:18Oui, un pays chaud en plus.
16:20C'est 27 degrés
16:20et effectivement,
16:21ils ont l'habitude.
16:21Mais Jean-Pierre Farandou
16:23a répondu d'ailleurs
16:24sur ce plateau.
16:25Il dit qu'il vaut mieux
16:26garder une certaine souplesse
16:28qu'en fonction de l'entreprise.
16:30Ce n'est pas forcément
16:30la même température.
16:32On peut l'écouter.
16:33J'entends parler certains
16:34qui parlent de 28 degrés
16:35ou 30 degrés.
16:36Vous arrêtez la France.
16:3728 degrés, 30 degrés,
16:38on connaît ça
16:39en France
16:39tout le mois de juillet
16:40au mois d'août.
16:40Donc ça ne marche pas.
16:42Et si vous la montez
16:43à 40 degrés,
16:44vous risquez de dire
16:45qu'on va aller jusqu'à 40 degrés
16:46alors que parfois,
16:47il faut s'arrêter bien avant.
16:48Donc je pense que la bonne idée
16:49ce n'est pas fixer une température,
16:50c'est d'avoir des mesures adaptées.
16:53Non mais d'abord,
16:53ce n'est pas certain,
16:54c'est l'INRS.
16:56Ensuite, nous,
16:57ce qu'on propose,
16:57c'est une température
16:58avec l'obligation de mesure
17:00d'adaptation par l'employeur
17:02négociée avec les syndicats.
17:03Ça ne veut pas dire
17:03arrêter de travailler
17:04quand on attend.
17:05Exactement.
17:05Ça permet qu'on adapte les choses
17:07en fonction de chaque situation de travail.
17:08Il y a des salariés
17:09qui travaillent par plus de 30 degrés.
17:11Il y en a plein aujourd'hui.
17:12Par exemple,
17:12les ouvriers, fondeurs
17:14qui sont à côté de four
17:15à des centaines de degrés,
17:16ils travaillent par des températures
17:17très chaudes.
17:18Mais on a mis en place
17:19depuis des années
17:20des systèmes d'adaptation du travail
17:21avec un temps de travail
17:22plus allégé,
17:23des pauses,
17:25la prise en compte
17:25de la pénibilité, etc.
17:27C'est ça qu'il faut généraliser
17:28dès qu'on dépasse
17:29les 28 degrés
17:30pour les métiers pénibles,
17:31par exemple.
17:32Aujourd'hui,
17:33Jean-François Amadieu,
17:34l'inspection du travail
17:35peut signaler
17:36un employeur
17:36qui fait travailler
17:37ses employés
17:38dans des conditions
17:40insupportables ?
17:42Oui.
17:43C'est ce qui se passe ou pas ?
17:44Oui, mais il ne peut pas
17:45arrêter le travail.
17:46Non, il ne peut pas.
17:47Et puis,
17:50oui, effectivement,
17:50alors en particulier
17:51parce qu'il y a plusieurs choses.
17:53Il y a l'inspection du travail
17:55qui peut faire remarquer
17:56qu'on est dans un département
17:58et une situation
17:59avec alerte rouge.
18:01Donc, depuis un an,
18:02il y a assez de possibilités.
18:03Donc, normalement,
18:04l'employeur est censé
18:05prendre des mesures.
18:06Et puis après,
18:06il y a aussi
18:09des contraintes particulières
18:10pour les jeunes travailleurs.
18:12Si vous avez des jeunes travailleurs,
18:13puisque vous mentionniez
18:14un jeune de 19 ans,
18:15mais disons,
18:15c'est en dessous,
18:16entre 15 et 18 ans,
18:17vous ne pouvez pas
18:17les exposer non plus
18:18à des chaleurs importantes.
18:19Donc là,
18:19l'employeur pourra
18:20en être tenu
18:21pour responsable.
18:24mais c'est vrai
18:25qu'il n'y a pas un pouvoir
18:27de sanctionner l'employeur
18:29en dehors de ces cas de figure.
18:30Donc, en fait,
18:30les règles ne sont pas
18:31très réellement posées.
18:31Non, mais les employeurs
18:32ont beaucoup de liberté.
18:33C'est ça.
18:34Et après,
18:36si des accidents surviennent,
18:37si la responsabilité
18:39de l'employeur
18:39peut être mise en cause
18:40parce qu'il n'a pas pris
18:41les mesures
18:41qu'il aurait dû prendre
18:43pour protéger
18:43la sécurité de ses travailleurs,
18:45là, évidemment,
18:45il peut être en difficulté.
18:47Mais si ça n'est pas le cas,
18:49pour l'instant,
18:49le système français
18:50est un système
18:51où il n'y a,
18:51une fois de plus,
18:52pas de température indiquée,
18:54pas de contraintes.
18:55On dit juste aux employeurs,
18:57écoutez,
18:58compte tenu du seuil atteint,
18:59vous devez réfléchir
19:01à des mesures.
19:02Mais lesquelles...
19:02Et on voit le résultat
19:03aujourd'hui.
19:03La réflexion est toujours en cours.
19:04Oui, s'ils ne le font pas,
19:05il ne va rien se passer.
19:06La réflexion est en cours.
19:07Mais est-ce que la situation,
19:09cette canicule exceptionnelle,
19:11parce qu'il y a des canicules,
19:12il y en a de plus en plus souvent,
19:13mais celle-ci,
19:14elle atteint des niveaux exceptionnels.
19:15Elle n'est pas en train
19:16de créer un électrochoc.
19:18Là, on voit que le débat évolue
19:20et dans les entreprises,
19:21parce qu'il y a tout un tas
19:22d'adaptations qu'on n'a pas faites,
19:24exactement comme on en parlait,
19:25et puis parce que les règles
19:26n'existaient pas encore
19:27et qu'il va falloir les créer.
19:29Olivier Mongrand.
19:31En fait, je reviens
19:32sur l'intervention
19:32de l'inspection du travail.
19:34L'inspection du travail
19:34a un pouvoir de mise en demeure.
19:36C'est-à-dire que si l'inspection
19:38constate que l'employeur
19:39n'a notamment, par exemple,
19:40pas adapté son document unique
19:42d'évaluation des risques professionnels,
19:44avec à l'intérieur
19:45les mesures de diagnostic
19:46et les mesures de prévention,
19:49alors, voilà,
19:50l'inspection peut adresser
19:51une mise en demeure.
19:52Il était prévu dans le décret
19:54que l'inspection puisse disposer
19:57à terme,
19:58et ça supposait malgré tout
20:01un complément de réglementation,
20:04puisse disposer de la capacité
20:06de, par exemple,
20:07d'arrêter un chantier
20:08en cas de forte chaleur.
20:09Alors, ça n'a pas été finalisé,
20:11donc aujourd'hui,
20:12ce n'est pas le cas.
20:13Mais comme, justement,
20:15ça vous a été aussi indiqué,
20:17je pense qu'on ne peut pas imaginer,
20:20en tout cas,
20:20les employeurs ne doivent pas se dire
20:21bon, parce que c'est un peu flou,
20:22on ne fait rien,
20:23parce qu'en réalité,
20:25leur responsabilité,
20:26elle est quand même très forte.
20:28Et si jamais,
20:29alors, on va dire si jamais,
20:30bah oui,
20:30mais en cas de malaise,
20:33de conséquences graves,
20:34on est sur du terrain
20:35de la faute inexcusable
20:36si l'employeur ne réagit pas,
20:38c'est-à-dire faute inexcusable,
20:39avec indemnisation forte
20:41pour, alors,
20:43pour, voilà,
20:43pour le salarié,
20:44pour éventuellement sa famille,
20:45parce que si on est aussi
20:46face à des drames possibles.
20:48Donc, on ne peut pas juste,
20:49en tout cas,
20:49les employeurs ne peuvent pas
20:50simplement se dire
20:51bon, bah non,
20:52c'est flou,
20:53bon, bah on va faire,
20:54on va mettre un peu d'eau,
20:55une fontaine à eau,
20:56et puis voilà.
20:56Non, il y a vraiment
20:57une obligation,
20:58des obligations quand même sérieuses
20:59qui doivent être respectées.
21:01Catherine Nouveau,
21:01vous êtes la seule
21:03représentante des employeurs ici.
21:04Elle ne représente pas
21:05tous les employeurs.
21:06Non, mais juste,
21:07c'est vrai que c'est un secteur
21:08très particulier,
21:09c'est pas exactement...
21:10Le secteur des services
21:10à la personne,
21:11non, mais c'est important
21:11parce qu'effectivement,
21:13je pense que,
21:14et je voudrais rebondir
21:15sur ce que vous disiez
21:15tout à l'heure,
21:16il faut vraiment
21:16distinguer aussi les secteurs.
21:19La problématique
21:19n'est pas du tout la même
21:20dans le bâtiment
21:21où, effectivement,
21:22on travaille dehors
21:23que quand on est
21:24dans des locaux
21:26qui peuvent être
21:29une crèche,
21:30une micro-crèche
21:31ou à domicile
21:32chez les habitants
21:34quand on fait
21:35de l'accompagnement
21:36à domicile.
21:37Mais il y a quand même
21:39un élément essentiel
21:40à prendre en considération,
21:41c'est que si,
21:42en termes d'aménagement,
21:43nous, on s'arrête demain,
21:44c'est dramatique.
21:45C'est-à-dire qu'il y a
21:46des personnes qui n'attendent,
21:48qui parfois ne voient
21:48que nous dans la journée
21:50pour les accompagner,
21:51pour les forcer
21:53à s'hydrater, etc.
21:55Donc, l'adaptation,
21:57elle est difficile
21:59à appliquer dans notre secteur.
22:01Qu'est-ce que font
22:01les familles
22:02si nous, demain,
22:04on leur dit
22:05fermeture de la crèche
22:06parce qu'il fait trop chaud ?
22:07En revanche,
22:08il est clair
22:08qu'on a une obligation
22:11d'adapter, effectivement,
22:12nos locaux
22:13pour être en capacité
22:15de recevoir...
22:16Et ça, ce sont de gros investissements ?
22:18Oui.
22:19Parce que, non,
22:20mais on parle aujourd'hui
22:22de la climatisation,
22:22mais...
22:23Sur lesquels,
22:23comme vous le disiez tout à l'heure,
22:25je crois qu'il y a
22:25une vraie prise de conscience
22:27et que cette prise de conscience,
22:29elle n'est pas propre
22:31à un secteur.
22:32Elle doit être
22:33une prise de conscience
22:35nationale
22:35parce qu'effectivement,
22:36on va vivre
22:37ces événements,
22:37je pense,
22:39encore,
22:40peut-être plus intenses encore.
22:41Donc, je pense que là,
22:43il y a vraiment
22:43une priorité nationale
22:44à réfléchir,
22:46à prendre en considération
22:46et comment on permet
22:48à notre société
22:49de toujours pouvoir
22:50continuer
22:51à rester en activité.
22:54Je crois que la mesure
22:55d'adaptation
22:55pour le secteur du soin
22:56et du lien,
22:57c'est l'allègement du temps
22:58et de la charge de travail.
22:59On est dans des secteurs
23:00avec une intensification
23:01très forte du travail
23:02et souvent,
23:03beaucoup de manque
23:03de personnel
23:04et de manque de moyens.
23:05Alors, encore plus
23:05en période de canicule,
23:07quand il y a une grosse fatigue
23:08pour les travailleurs
23:08et les travailleuses
23:09et plus de besoin
23:10des personnes
23:10qu'on prend en charge,
23:11il y a besoin
23:11de renfort
23:12de professionnels.
23:14Et aujourd'hui,
23:14ces renforts n'existent pas.
23:15Demain, je serai
23:16dans une crèche
23:17dans le Val-d'Oise.
23:18Elles m'ont demandé
23:19de venir
23:20parce que la température
23:21avoisine les 40 degrés
23:22avec des bébés,
23:23des locaux non climatisés.
23:25Donc, évidemment,
23:26il y a l'adaptation des locaux
23:27mais il y a aussi
23:27le besoin de renforts
23:28de professionnels.
23:29Je vous entends tout à fait.
23:30Il y a un besoin
23:31de renforts de professionnels,
23:32c'est évident.
23:33Mais il faut bien
23:34prendre en considération
23:35que toutes les structures
23:36et je parle notamment
23:37des micro-crèches,
23:38elles n'ont pas
23:39la capacité
23:40d'employer
23:42une multitude de personnes
23:43parce que
23:45l'équilibre économique
23:46ne le permet pas.
23:47Donc ça,
23:47il faut quand même
23:48aussi avoir conscience
23:49de cette réalité.
23:51Et puis,
23:51il y a une autre réalité
23:52qu'on doit prendre
23:53en considération,
23:54c'est que dans le secteur
23:55de l'autonomie
23:56comme dans le secteur
23:56de la petite enfance,
23:57vous savez qu'on a
23:58une véritable difficulté
23:59à recruter.
24:00On a un problème
24:02d'attractivité.
24:02c'est parce que
24:03les salaires sont catastrophiques
24:04et les conditions de travail
24:05sont de plus en plus dures.
24:06Mais tout à fait.
24:07Et le salaire est catastrophique
24:08parce que
24:08l'équilibre économique
24:09des structures
24:10est beaucoup trop fragile.
24:12Et ça,
24:13on revient à ce qu'on disait
24:14tout à l'heure,
24:14si à un moment donné,
24:16on ne prend pas
24:16en considération
24:19de front
24:20ce besoin
24:22de mettre en place
24:23une politique publique
24:24sur l'autonomie
24:25et sur la petite enfance
24:26forte,
24:27accompagnant tous les acteurs,
24:29eh bien,
24:29effectivement,
24:30on va avoir du mal
24:30à gérer la situation
24:31dans les quelques années
24:32à venir.
24:33Et là,
24:33on s'éloigne
24:34un tout petit peu
24:35de la canicule,
24:36même si,
24:37évidemment,
24:37la canicule
24:38fait ressortir
24:40toutes les difficultés
24:41climatiques
24:42sont intimement liées.
24:43Les personnes en situation
24:44de dépendance
24:45sont en danger
24:45en période de canicule
24:46et ont besoin
24:47de plus de professionnels
24:48pour prendre soin d'elles.
24:49Et on va continuer
24:49à parler de l'adaptation
24:51des entreprises
24:52juste après la pause.
24:58Gardez RTL
24:59toujours avec vous.
25:00Plus d'infos,
25:00plus de musique,
25:01téléchargez l'appli RTL.
25:06RTL,
25:06on refait le monde.
25:08Anne-Sophie Lapix.
25:09Comment améliorer simplement
25:11les conditions de travail
25:12dans les périodes de canicule ?
25:14Parce que c'est bon
25:15pour les salariés
25:16et même bon
25:16pour les entreprises.
25:17La chaleur nuit aussi
25:18à la production,
25:19à la croissance,
25:19on l'a entendu dire
25:20par le nouveau gouverneur
25:22de la Banque de France.
25:23On en débat
25:23avec nos invités,
25:25Sophie Binet,
25:26secrétaire générale
25:26de la CGT,
25:27Catherine Lopez,
25:28directrice générale
25:29de la Fédération du service
25:30aux particuliers,
25:31Jean-François Amadieu,
25:32sociologue et professeur
25:33à l'université Panthéon-Sorbonne
25:35et Olivier Bongrand,
25:36avocat au barreau de Paris
25:37spécialisé dans le droit social.
25:39On refait le monde
25:40sur RTL.
25:42L'économie aussi
25:43souffre de la canicule.
25:45Si on en croit
25:45une étude
25:46de l'assureur allemand
25:46Allianz,
25:47le réchauffement
25:48de l'atmosphère
25:49pourrait nous faire perdre
25:50près de 200 milliards d'euros
25:51en croissance
25:52sur une période
25:53de 4 ans,
25:542026-2030.
25:56Ça voudrait dire
25:57qu'à cause
25:57du changement climatique,
25:58notre pays
25:59resterait collé
26:01peu ou prou
26:01en croissance zéro.
26:04Oui, c'était François Langlais
26:05dans son édito.
26:06C'est ce que je disais.
26:07C'est aussi mauvais
26:09pour la productivité
26:10des entreprises,
26:11cette chaleur,
26:12d'où la nécessité
26:13de s'organiser.
26:14Alors, est-ce que
26:15la première chose à faire,
26:16c'est la clim ?
26:17On en parle énormément
26:18en ce moment
26:19de la clim.
26:20Est-ce que c'est
26:20la première chose à faire
26:21pour adapter
26:22les lieux de travail ?
26:24Qui veut répondre ?
26:25Ça dépend des endroits.
26:26Dans les endroits
26:27où il y a une prise en charge
26:28des personnes dépendantes
26:29et malades,
26:30notamment dans les hôpitaux,
26:31oui, il faut
26:32de la clim.
26:33En principe,
26:33ils sont censés être
26:34climatisés les hôpitaux
26:35aujourd'hui,
26:35mais ça n'est pas le cas
26:36systématiquement.
26:37Alors, je découvre le principe
26:38parce que nous,
26:39on reçoit,
26:39la situation,
26:40elle est terrible
26:41dans tout le secteur
26:41du soin et du lien,
26:42mais notamment dans les hôpitaux.
26:43On reçoit des dizaines
26:44et des dizaines de témoignages,
26:45c'est terrible,
26:46je vais vous en lire
26:46quelques-uns.
26:4735 degrés
26:48dans le service
26:49d'hospitalisation
26:49des nourrissons,
26:50pas de climatisation,
26:52pas de ventilation,
26:53moteur en panne,
26:54la climatisation en rade
26:56dans le service
26:56de soins intensifs
26:58de cardio.
26:59Dans les véhicules
27:00de SAMU
27:00et certaines ambulances
27:01de CHU,
27:02la température dépasse
27:03les 50 degrés.
27:05De nombreuses interventions
27:06chirurgicales
27:06et hospitalisations
27:07qui sont reportées,
27:09donc ça veut dire aussi
27:09des gens qui sont en danger.
27:11Bon, j'en ai plein
27:11des témoignages comme ça
27:12et ce qui est très inquiétant,
27:14c'est qu'on a une ministre
27:14de la Santé
27:15qui nous dit
27:15tout va très bien
27:16Madame Lamarquise.
27:17Le premier ministre
27:18semble avoir entendu
27:19ses messages
27:20puisqu'il a confirmé
27:21aujourd'hui
27:21dans un courrier
27:22le doublement
27:23de l'enveloppe
27:24prévue pour la rénovation
27:25énergétique des hôpitaux
27:26entre 2026 et 2035
27:28qui seraient portés
27:29à 600 millions d'euros
27:30un courrier
27:31adressé au maire.
27:32Est-ce que là
27:32tout d'un coup
27:33il y a une réaction aussi
27:33peut-être à cause
27:34de ce genre de témoignages ?
27:36Miracle, il était temps
27:37mais en fait le problème
27:38c'est que la moitié
27:40des hôpitaux français
27:41sont surendettés
27:42aujourd'hui
27:42et sont asphyxiés
27:43par leur dette.
27:44Donc ces 600 millions
27:45c'est une goutte d'eau
27:46dans un océan d'austérité.
27:48Le problème c'est
27:48qu'à chaque crise
27:49on dit la même chose
27:50et les leçons
27:51ne sont jamais tirées.
27:52Au lendemain du Covid
27:53Emmanuel Macron
27:54nous a dit
27:56les professionnels
27:57on va mettre de l'argent
27:58sur les hôpitaux.
27:58Depuis on a fermé
27:59des milliers
28:00et des milliers de lits.
28:01Donc moi j'invite
28:02la ministre de la Santé
28:03qui dit que tout va très bien
28:04à venir dans un hôpital
28:05demain je serai dans un hôpital
28:07dans le Val-d'Oise
28:08donc qu'elle vienne
28:09se rendre compte
28:10de la situation
28:10des professionnels
28:11aujourd'hui.
28:12Jean-François Amadieu
28:14vous avez le sentiment
28:15que le gouvernement
28:16ne se rend pas compte
28:17vraiment de la situation
28:18des hôpitaux
28:19aujourd'hui
28:20et qu'il y a un problème
28:21de laisser aller
28:24là je parle
28:25des conditions
28:26de travail
28:28en temps de canicule
28:28puisqu'on sait un peu
28:29le sujet.
28:31C'est assez logique
28:33quand vous êtes
28:33aux affaires
28:35c'est les éléments
28:36de langage
28:37vous ne pouvez pas
28:38commencer
28:38à dire tout de suite
28:39la situation
28:40est apocalyptique
28:41on en est tous responsables
28:42on aurait dû faire quelque chose
28:43et qu'est-ce que vous faites
28:44tout de suite ?
28:45Donc c'est tout à fait normal
28:46enfin je veux dire
28:46cette démarche
28:47qu'il ne faut pas être
28:48dans le déni complet
28:49mais de minimiser
28:50et puis de gagner du temps
28:51donc c'est pas tout à fait
28:52chacun aura compris
28:53que c'est assez logique
28:55finalement.
28:57Après je voudrais quand même
28:58dire que cette affaire
29:00de canicule
29:00s'ajoute
29:03à un problème
29:03très français
29:04qu'on connaît très bien
29:05par comparaison internationale
29:07c'est qu'en France
29:07on ne sait pas bien résoudre
29:08les problèmes
29:09de conditions de travail
29:10les conditions de travail
29:11françaises en général
29:12sont très médiocres
29:14comparées par exemple
29:15à tous les pays européens
29:16donc on n'est pas bon
29:17et il se trouve que là
29:18sur la canicule
29:19sur les fortes chaleurs
29:20de la même manière
29:21on n'est pas
29:23on n'est pas bon
29:25ça n'a pas été fait à temps
29:26c'est pas fait assez vite
29:28on n'a pas les souplesses
29:28nécessaires
29:29etc.
29:30Donc finalement
29:30on se retrouve un peu
29:30dans la même
29:31c'est comme si ça rajoutait
29:32une couche supplémentaire
29:33à des problèmes
29:34de conditions de travail
29:35vous mentionnez tout à l'heure
29:36l'hôpital
29:37différentes situations
29:38où on sait
29:39par comparaison
29:39c'est absolument certain
29:40c'est très bien documenté
29:41que la France n'est pas bonne
29:42donc on peut le faire
29:44notamment en associant
29:45les partenaires sociaux
29:46mais pas seulement
29:46il faut être meilleur
29:48sur les conditions de travail
29:49et là cet exemple
29:50montre encore
29:50qu'on peut être meilleur
29:51Est-ce qu'il faut changer
29:52de braquet ?
29:53Je voyais que votre collègue
29:54de la CFDT
29:56porte l'idée
29:56de la création
29:57d'une sixième branche
29:58de la sécurité sociale
29:59intitulée
29:59conditions de vie
30:00et transition écologique
30:02de créer une sixième branche
30:03uniquement
30:04pour cette adaptation
30:06finalement ?
30:07Ce qui est sûr
30:08c'est qu'il faut massivement
30:09investir pour l'adaptation
30:10climatique
30:11et que ça ne peut pas être
30:13à chaque fois
30:13le contribuable qui paye
30:15et les entreprises
30:15qui encaissent les dividendes
30:16à un moment
30:17il faut des mesures
30:17de solidarité nationale
30:18parce que les investissements
30:19sont colossaux à réaliser
30:21et donc il faut des mesures
30:22de justice fiscale
30:23Je précise que l'ancienne
30:24vice-présidente du MEDEF
30:25Dominique Carlache
30:25qui était ici
30:27il y a quelques jours
30:28nous expliquait que
30:29les patrons
30:30avaient conscience
30:31des investissements
30:32qu'ils devaient faire
30:33pour s'adapter
30:33et elle citait
30:34un chiffre de 50 milliards
30:36Oui
30:37C'est ça ?
30:3950 milliards
30:39c'est pas beaucoup
30:40c'est très sous-estimé
30:41mais c'est plutôt
30:4150 milliards par an
30:43Voilà
30:43la question c'est sur
30:44combien d'années
30:45et donc ils s'apprêtent
30:46à venir pleurnicher
30:47comme d'habitude
30:47auprès des pouvoirs publics
30:48pour que ce soit nous
30:49qui payons
30:49parce que évidemment
30:50l'argent de l'Etat
30:51c'est notre argent
30:51l'argent des comptes
30:52là elle n'est pas là
30:53mais en l'occurrence
30:53elle disait
30:54nous allons
30:54c'est pas ce qu'elle dit
30:55je vois la suite
30:57et donc il y a besoin
30:59de justice sociale
31:00et de justice fiscale
31:02et moi ce que je veux dire
31:03aux travailleurs
31:04et aux travailleuses
31:05c'est qu'il ne faut surtout
31:06pas rester seul
31:07dans cette situation
31:08contactez la CGT
31:10organisez-vous
31:10sur vos lieux de travail
31:11pour faire respecter
31:12vos droits
31:12non mais je suis sérieuse
31:13là il y a des vies en jeu
31:14et donc il faut s'organiser
31:16pour faire respecter
31:17ses droits
31:17Non mais Sophie Pignet
31:18je ne peux pas vous laisser dire
31:19qu'ils viennent pleurnicher
31:20c'est exactement
31:22ce qu'on disait tout à l'heure
31:23c'est qu'à un moment donné
31:24on ne peut pas tout faire
31:26peser sur les uns
31:27ou sur les autres
31:28Il y a une différence
31:29entre le secteur lucratif
31:30et non lucratif
31:31Bah écoutez
31:32en tous les cas
31:33il y a une exigence
31:34de qualité
31:35et d'accompagnement
31:36qui est exactement le même
31:37je ne vois pas pourquoi
31:38vous introduisez
31:39cette distinction
31:40en tous les cas
31:41dans notre secteur
31:41On l'a vu sur Orpea
31:42sur People and Baby
31:43etc.
31:44La qualité et l'accompagnement
31:45n'étaient pas le même
31:45parce que c'était
31:45des structures lucratives
31:46Vous l'apportez
31:47mais on représente
31:48juste 50%
31:49de l'accompagnement
31:50à domicile
31:51et dans la petite enfance
31:53donc soit les gens
31:53sont complètement fous
31:54Je ne crois pas
31:55Ils n'ont pas d'autres possibilités
31:56Si ils ont d'autres possibilités
31:58sauf que de plus en plus
31:59on fait plus confiance
32:00en l'entreprise
32:00parce que
32:01elle a des exigences de qualité
32:03elle répond à un certain
32:04nombre de critères
32:04Comme de distribuer
32:06de la valeur
32:06à ses actionnaires
32:08Les structures de l'autonomie
32:10vous ne les connaissez pas trop
32:11parce qu'il n'y a pas
32:12beaucoup d'actionnaires
32:12ce sont plutôt
32:13des petites structures
32:15La question c'est
32:15C'est le privé lucratif
32:16C'est ça le problème
32:17On ne peut pas
32:18Je ne crois pas
32:19qu'on parle du problème
32:20du privé lucratif
32:21aujourd'hui
32:21Ce n'est pas la question
32:22On est sur l'adaptation
32:23Pour vous parler
32:24des entrepreneurs qui pleurent
32:26je crois qu'on a plutôt
32:27intérêt de se dire
32:29aujourd'hui
32:29on a une exigence
32:30on a des priorités
32:32on a des priorités à définir
32:33effectivement
32:34là pour le coup
32:35c'est clair
32:36qu'il y a des priorités
32:36à définir
32:37priorité climatique
32:38priorité sur l'autonomie
32:41parce qu'on ne sait pas
32:42comment on va assurer
32:44d'ici quelques années
32:45l'accompagnement
32:46alors que la plupart des Français
32:47veulent rester à domicile
32:48oui donc il y a des priorités
32:49Et il faut de la justice fiscale
32:51et sociale
32:51pour financer ces priorités
32:52Il y a plein de moyens
32:53pour obtenir effectivement
32:54et gérer ces priorités
32:55mais là pour le coup
32:56on a besoin
32:58aussi de
32:58comment dire
32:59de vision politique
33:00pour dégager ces priorités
33:02et de tenir compte aussi
33:03des réalités économiques
33:04que nous connaissons tous
33:05aujourd'hui
33:06Donc l'adaptation
33:07c'est beaucoup d'argent
33:08ce sont des financements
33:10énormes
33:11je disais qu'il y a une prise
33:12de conscience
33:12aujourd'hui
33:13de tous
33:14qu'il va falloir
33:16absolument tout changer
33:17tout à l'heure
33:17vous parliez
33:18des horaires
33:20d'adapter
33:22les horaires
33:22est-ce qu'il faut pouvoir
33:23réagir
33:24à chaque canicule
33:25tout d'un coup
33:26on met tout le monde
33:27au fait de travailler
33:28tout le monde le matin
33:29sachant que la société
33:30n'est pas organisée
33:30pour ça
33:31Non c'est ça
33:31on n'est pas organisé
33:32mais bon
33:33c'est parce qu'on a
33:33le type de travail
33:34vous savez
33:36je suis assez vieux
33:37pour avoir connu
33:38c'était pas si longtemps
33:39que ça
33:40l'époque où il y avait
33:41zéro flexibilité
33:42dans le cadre du travail
33:42en matière d'horaires de travail
33:43et d'ailleurs
33:44il n'y avait même pas
33:45d'horaires variables
33:45il n'y avait absolument rien
33:46donc on a quand même
33:48trouvé des moyens
33:49dans un premier temps
33:50d'introduire ces souplesses
33:51et en effet
33:53c'est ce qu'il faut faire
33:54et le faire davantage
33:55de la même manière
33:57on a tendance à l'oublier
33:58mais il y a des gens
33:59quand il fait très très chaud
34:00on peut être mal chez soi
34:01on peut être aussi bien
34:02en télétravail
34:03éviter les transports en commun
34:04etc
34:04donc ça aussi
34:05on l'a découvert plus récemment
34:06le télétravail
34:07donc ce que je veux dire
34:08c'est qu'il y a des souplesses
34:09on n'est pas allé au bout
34:10des souplesses possibles
34:11et de la manière
34:13d'adapter
34:14nos régimes de travail
34:15en fonction des grosses périodes
34:17où la température est telle
34:18qu'en effet
34:19au delà de 13h
34:19on arrête de bosser
34:20dans le BTP
34:20c'est pas infaisable
34:22mais il faut revenir
34:23sur ce que encore
34:24vous disiez tout à l'heure
34:27les employeurs vont devoir
34:29dépenser de l'argent
34:30tout ça va coûter cher
34:31mais la hausse des températures
34:34coûte cher
34:34et en termes de croissance
34:37quand même
34:37on est sûr de ça
34:39c'est que si on laisse
34:41des températures importantes
34:43sans résoudre le problème
34:44on va perdre en PIB
34:47parce que les gens
34:49travaillent moins bien
34:50non mais les gens
34:50travaillent beaucoup moins bien
34:51ils sont moins productifs
34:52ils font des erreurs
34:54ils se blessent
34:55c'est pas bon économiquement
34:56donc il y a un calcul à faire
34:58et il faudrait le faire
34:59plus précisément
35:00comme disent les anglais
35:02c'est evidence based
35:02il faut regarder
35:03dans les politiques publiques
35:05et même pour les patrons
35:06il faut regarder
35:07et finalement
35:08ça peut être un investissement
35:09de résoudre ce problème
35:11de surchauffe au travail
35:12parce que la surchauffe au travail
35:13c'est pas bon
35:14on perd de l'argent
35:15donc à un moment donné
35:16il faut quand même
35:17se faire le calcul
35:18et se demander
35:19si ça ne peut pas être bénéfique
35:21voilà
35:21de trouver des solutions
35:23pas seulement
35:23les aménagements d'horaire
35:24ça peut être la clim ou autre chose
35:25mais résoudre ce problème
35:26sinon effectivement
35:27ça va coûter très cher
35:29merci beaucoup
35:30à vous d'être venu
35:31sur ce plateau
35:32pour débattre ce sujet
35:33c'est que le début
35:34je pense
35:34avec la canicule
35:35qu'on vient de connaître
35:36et avec cette prise de conscience générale
35:37je pense qu'il va falloir
35:38effectivement
35:39beaucoup débattre
35:40de ces conditions
35:41ces nouvelles conditions de travail
35:42et cette adaptation
35:43au climat
35:44merci encore d'être venu
35:45dans un instant
35:46et bien
35:47ce sera Eric Silvestro
35:49pour cette soirée foot
35:50salut Eric Silvestro
35:52mais demain
35:53Thomas Soto recevra
35:54Cécile Guillaume
35:55présidente de Picard surgelé
35:57Marc-Olivier Fogiel
35:58accueillera lui
35:59Laurent Roquier
36:00et puis bon
36:01dans un instant
36:01je vous donne la parole
36:02ah oui on s'adapte à tout
36:03vous savez le foot
36:04les orages
36:04la chaleur
36:05les terrains
36:06il faut s'adapter à tout aussi
36:06c'est pareil
36:07également
36:07à tout de suite
36:16merci d'écouter RTL
36:17C'est parti
36:19Luc
36:20C'est parti
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