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  • il y a 9 heures

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00:00Marie-Estelle Dupont, 15h-16h sur Europe 1.
00:05Romain Desarbres.
00:06Bonjour à tous, bonjour à tous, bienvenue sur Europe 1 pour et si on en parlait avec vous Marie-Estelle
00:11Dupont.
00:11Bonjour Marie-Estelle.
00:13Bonjour Romain.
00:14Votre regard de psychologue clinicienne sur l'actualité et sur les choses de la vie à retrouver chaque jour entre
00:1915h et 16h et en podcast sur l'application Europe 1.
00:23Notez bien le numéro de téléphone d'Europe 1, j'allais dire encore plus aujourd'hui que les autres jours,
00:28vous allez comprendre pourquoi.
00:2801-80-20-39-21, 01-80-20-39-21, Amandine et Romain sont là pour prendre tous vos appels.
00:37Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'aujourd'hui, Marie-Estelle Dupont, vous vouliez mettre à l'honneur une
00:42émission capitale sur l'antenne d'Europe 1.
00:45Oui, tout à fait, l'actualité est difficile, notre émission aborde des sujets durs assez souvent.
00:51Alors avec cette canicule, je me suis dit qu'on avait besoin d'un peu de douceur et de fraîcheur.
00:55Et j'ai donc proposé à Valérie Darmont, qui anime la libre antenne du vendredi au dimanche soir, de nous
01:02rejoindre.
01:03Moyen le plus simple d'avoir un peu de douceur et de fraîcheur à l'antenne.
01:06C'est l'adorable.
01:06Pour évoquer les coulisses de la radio et puis offrir une carte blanche aux auditeurs qui vont avoir certainement envie
01:13de vous poser des questions.
01:15On est réunis aujourd'hui pour que vous nous interrogiez tous azimuts et c'est promis, chers auditeurs d'Europe
01:201, nous n'aurons pas de joker, on vous dit tout.
01:22Mais avant cela, j'ai quand même une petite annonce pour Romain Desarbres.
01:26C'est la période des examens, le suspense est insoutenable.
01:29Alors, cher Romain, il faut que je vous remercie.
01:31Vous avez enduré toutes ces heures de psychologie cette année.
01:34Vous qui avez déjà le mérite de vous lever à une heure et demie du matin pour nous donner les
01:37informations à 6h sur CNews.
01:39Et vous avez très clairement obtenu votre master de psychologie clinique avec mention très bien et les félicitations du jury
01:46à l'unanimité.
01:49Bravo !
01:51Vous maniez avec une aisance déconcertante des concepts obscurs.
01:54Vous maîtrisez à la perfection la différence entre l'anxiété, le burn-out, le stress post-traumatique et la dépression.
01:59Et franchement, Romain, je suis bluffée.
02:02Tout ça en un an, en plus.
02:04Tout ça en un an.
02:04Franchement.
02:05Même pas.
02:06Ah, c'est adorable.
02:07Merci, Marie-Estelle.
02:07Si vous saviez, quand on s'est appelé au mois de juillet l'année dernière, il m'a dit
02:11« Allô, Marie-Estelle, je te dérange pas ? »
02:13Ben non.
02:14Eh ben, ça y est, on va bosser ensemble.
02:16Oui, mais je ne sais pas ce qu'on va faire.
02:18Et puis finalement, on l'a fait.
02:21Merci, Romain.
02:21C'est vrai que quand on me demande de parler un peu de l'émission comme ça, quand on me
02:26questionne,
02:26je dis déjà, je m'estimais être en première année.
02:30Allez, d'avoir ma première année de psychologie.
02:32On partait de loin, parce que c'est une matière que je ne connaissais pas avant.
02:36Mais je n'étais pas là pour en parler.
02:38C'est vous qui en parlez.
02:39Moi, je suis là pour jouer un peu, peut-être pas le candide, mais en tout cas, vous interrogez, Marie
02:43-Estelle Dupont.
02:44Et effectivement, petit à petit, à force de parler, de vous écouter, de manier ces concepts, évidemment,
02:51il y a des connaissances qui rentrent, qui finissent par...
02:55Mais vous avez une super prof aussi.
02:57Même si elle n'est pas professorale du tout, vous avez la meilleure.
03:00Et nous, on aimerait bien même l'avoir comme psy.
03:02Vous êtes gentille.
03:02Non, mais vous le savez, Marie-Estelle, je vous l'ai déjà dit.
03:04Si on ne se connaissait pas, je vous prendrais comme psy.
03:06Voilà, c'est simple.
03:07C'est un très joli compliment.
03:08Et je ne suis pas la seule.
03:10Merci Valérie.
03:11Merci beaucoup.
03:12Et d'ailleurs, les auditeurs...
03:13Vous qui écoutez les auditeurs la nuit, le week-end.
03:16Les auditeurs vous appellent par votre prénom, Marie-Estelle Dupont.
03:19Et je pense que ça dit beaucoup de choses.
03:21Je le note à chaque fois.
03:22Vous êtes Marie-Estelle.
03:23Il y a une proximité que vous avez réussi à créer en un an.
03:26Et je pense que les auditeurs qui nous écoutent voient parfaitement de quoi je vous parle.
03:31Et ils veulent parler à Marie-Estelle.
03:33Voilà, quand ils vous appellent.
03:35Alors, c'est drôle parce que dans la rue, quand les gens me reconnaissent ou m'interpellent,
03:39c'est mais vous êtes Marie-Estelle ?
03:41Voilà.
03:42Donc, je pense qu'il y a une proximité qui s'est créée depuis le Covid aussi.
03:46Parce qu'on a parlé du quotidien difficile des gens.
03:49Donc, finalement, c'est le prénom qui est resté.
03:53Et puis, c'est le média radio.
03:54Et heureusement, je préfère un prénom qu'un titre.
03:55Eh oui, aussi.
03:56Mais c'est le média radio aussi qui fait ça.
03:58Parce que la radio, on est beaucoup plus dans l'intimité des gens aussi que la télé.
04:01La télé, c'est presque un fond sonore.
04:03C'est vrai.
04:03La radio, on se branche.
04:04On a des rendez-vous.
04:06Maintenant, il y a le podcast.
04:07Moi, je sais que je réécoute beaucoup les émissions de Marie-Estelle.
04:09Elle le sait.
04:09J'envoie des textos en direct souvent.
04:11Pour dire...
04:12Merci, oui, c'est vrai.
04:13C'est vrai, depuis le début.
04:15Après, moi, je suis férue de psychologie.
04:17Et voilà.
04:18Et j'aime la démarche de Marie-Estelle.
04:20Elle le sait.
04:21Puisqu'on avait fait des émissions spéciales avant même d'avoir l'émission.
04:24Et au-delà de ça, il y a les podcasts.
04:26Donc, on a des rendez-vous qui sont encore plus, je trouve, présents et plus forts en radio.
04:32Et vous aviez un témoin.
04:33Mais justement, vous...
04:50Parce que les gens qui se sentent seuls la nuit vous écoutent et vous avez une fonction indispensable, finalement.
04:58Parce que votre voix les berce et vous rentrez particulièrement dans l'intimité des gens.
05:02Dans la nuit, je pense qu'ils se confient autrement.
05:04Alors, moi, ce que j'aime, c'est leur dire, vous pouvez vous endormir avec ma voix.
05:08J'adore ça quand ils se connectent comme ça et qu'ils peuvent se laisser aller à un moment donné
05:13au sommeil.
05:14Et revenir au témoignage, revenir à l'émission.
05:16Et c'est vrai que même dans l'atmosphère du studio, Marie-Estelle, vous le savez, puisque vous êtes venue,
05:21on crée une ambiance très, très intime, très authentique, très sincère, où on peut se livrer.
05:27D'abord, parce qu'on a là...
05:28Effectivement, on n'est pas à l'image.
05:29Enfin, moi, je le suis maintenant.
05:31Mais eux ne le sont pas.
05:32Donc, ils peuvent tout dire.
05:33Ils peuvent tout se permettre.
05:34Ils peuvent s'autoriser.
05:36Les lumières sont baissées.
05:37Donc, on est dans le calme et on est dans la tranquillité.
05:41Et même le ton de la voix change aussi.
05:44Voilà, ma voix est peut-être parfois différente, imposée.
05:46Je les accompagne en fonction de leur rythme, de là où ils en sont.
05:49Et c'est vrai que les émissions de la nuit, elles ont...
05:51Parce qu'elles sont la nuit, effectivement, ce n'est pas le même rythme que le jour.
05:56Pour nous non plus, d'ailleurs, ce n'est pas le même rythme que le jour.
05:58Parce que forcément...
05:59Non, votre voix n'est pas la même.
06:01Votre voix n'est pas la même.
06:02C'est vrai, quand on vous écoute à la libre antenne,
06:05mais on est tellement bien qu'on n'a pas envie de s'arrêter d'écouter.
06:09Et effectivement, ça nous accompagne aussi.
06:10Mais si j'avais une voix comme ça quand j'étais petite, j'aurais fait moins d'insomnie.
06:14Ah bah, merci !
06:16À la fois, votre propos est très intéressant,
06:19mais le ton est tellement enveloppant
06:21qu'effectivement, je pense que ça aide beaucoup de personnes âgées
06:22qui ont du mal à dormir, à s'apaiser, à se tranquilliser.
06:26C'est ça.
06:26On est contenant comme on essaie de l'être au cabinet,
06:28mais ça, c'est différent.
06:29Mais c'est vrai que le soir, on en vit comme ils sont seuls souvent,
06:32puisqu'ils nous appellent.
06:33Ils nous appellent tard, c'est jusqu'à une heure du matin.
06:36Et puis, ils attendent parfois.
06:37Et vous prenez l'antenne à 22h30.
06:4022h30 d'émission, c'est un long format.
06:41Et c'est aussi la plus vieille émission d'Europe 1.
06:4350 ans d'émission.
06:45En fait, c'est le principe même de la radio.
06:48C'est-à-dire que des auditeurs qui appellent pour passer à l'antenne,
06:52c'est le plus simple et, j'allais dire, le plus efficace.
06:54Le plus efficace, mais d'ailleurs sur Europe 1,
06:56du matin au soir, on écoute nos auditeurs.
06:59Bien sûr.
06:59Voilà, donc la libre-antenne, c'est toute la journée sur l'antenne d'Europe.
07:02Et ça, c'est important.
07:04Le besoin de parler des auditeurs, Marie-Astelle Dupont,
07:07qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
07:09Qu'est-ce que ça dit, ce besoin de parler, de se raconter ?
07:13Ce n'est pas une évidence, ce n'est pas, comment dire,
07:16ce n'est pas effectivement une obligation que de se livrer à la radio
07:20quand on a un souci.
07:22Parce que souvent, ce sont des auditeurs qui ont des soucis,
07:24qui viennent vous raconter une vie compliquée.
07:26Souvent, oui, mais on a quand même des hommages aussi qui sont rendus.
07:30On a quand même des gens qui nous appellent pour nous donner des bonnes nouvelles.
07:33On a eu une femme la semaine dernière qui nous a appelée pour nous dire
07:35« Je vous appelle pour vous raconter mon moment de bonheur dans ma vie. »
07:39Elle a choisi de parler du bonheur.
07:41Une petite parenthèse.
07:43Donc souvent, ce sont des problématiques.
07:45C'était une histoire d'amour qui avait duré un certain temps
07:49et qui avait permis de la mettre sur la voie de la liberté.
07:53De sa liberté intérieure.
07:55Donc souvent, c'est des problématiques, évidemment.
07:57D'autant que nous, notre promesse, c'est la solidarité, c'est l'entraide.
08:01Et donc, la communauté de la Libre Antenne, les auditeurs d'Europe 1,
08:04se donnent beaucoup de solutions, beaucoup d'adresses,
08:09beaucoup de tuyaux, beaucoup de numéros de téléphone.
08:13C'est pourquoi, moi, je travaille étroitement avec Nicolas Thoreau,
08:16qui est mon collaborateur hyper important parce qu'il est le premier filtre.
08:20Il les écoute parfois une heure avant l'émission.
08:23Alors que Philippe Gildas nous disait « On ne fait jamais l'émission avant l'émission. »
08:26Ce qui est un vrai principe, normalement.
08:28Ce qui est un vrai principe.
08:29Mais là, ils ont tellement besoin de parler
08:31que de toute façon, ils sont déjà accompagnés avant l'émission.
08:37Et ensuite, ils parlent évidemment, souvent avec moi,
08:39comme pour Marie-Estelle, ils attendent le rendez-vous.
08:41Ils demandent le rendez-vous.
08:43Ça, c'est très touchant aussi pour nous.
08:45Très, très touchant.
08:47Ça donne du sens à ce qu'on fait.
08:49Et ça, c'est important.
08:49Mais je pense, vous disiez que c'était la plus vieille émission.
08:52Et en réalité, je pense qu'elle est plus que jamais un besoin, cette Libre Antenne,
08:57parce qu'on est vraiment à l'heure de l'IA.
08:59Pour certaines personnes, maintenant, le psy, c'est Tchad GPT.
09:02On se désincarne, on digitalise énormément.
09:05Et finalement, il y a une épidémie de solitude.
09:07Il y a un besoin de lien qu'on espère combler avec la technologie,
09:11mais qui ne fait qu'entretenir ce sentiment de déconnexion dans la connexion.
09:16Et je pense que de pouvoir parler véritablement avec les auditeurs,
09:21c'est un lien chaleureux beaucoup plus simple, beaucoup plus humain.
09:24On revient à quelque chose de primordial,
09:27qui est que ce soit la difficulté ou que ce soit le bonheur,
09:33on a besoin de le partager.
09:34On ne peut pas tout vivre seul.
09:36Et oui, notre vie n'a du sens que s'il y a un témoin pour en témoigner.
09:40Donc, de toute façon, on a besoin de l'autre à un moment donné.
09:42Et nous, en plus, ce qu'on fait dans la libre antenne le soir,
09:44parce qu'on n'a pas de format, ça, c'est un vrai plus aussi.
09:47C'est-à-dire que si quelqu'un...
09:48Alors, c'est vrai que parfois, au 7.39.21,
09:50on en a quelques-uns qui nous disent
09:52« Ah, c'est trop long, c'est un peu long, etc. »
09:54Et en fait, moi, je sens parfois qu'il y a des grandes tristesses,
09:57des grands chagrins.
09:58Et même pour 10 minutes de plus,
10:00c'est pas grave, on peut les prendre,
10:01parce qu'on a 2h30 de format.
10:03Tout en étant évidemment garant du rythme de l'émission.
10:07Ça, c'est évident qu'on fait aussi de la radio.
10:09Je le dis pour les auditeurs qui nous écoutent
10:11et qui, parfois, ont tendance à l'oublier,
10:12parce qu'on donne beaucoup le numéro de téléphone, etc.
10:15Mais ce qui est important, c'est qu'on les met en lien entre eux.
10:18Donc, en fait, on va avoir plein de gens
10:20qui vont rappeler, qui vont vouloir intervenir
10:22sur le témoignage qu'ils sont en train d'entendre.
10:24Et on va les prendre, on va les basculer en direct.
10:26Moi, je ne sais pas du tout de quoi il va retourner.
10:29On est vraiment dans du direct.
10:30Moi, j'arrive à l'antenne avec deux feuilles.
10:32Mais vous connaissez le thème de...
10:34Pas du tout.
10:35Vous ne savez pas ce que l'auditeur va vous raconter ?
10:36Pas du tout, pas du tout.
10:37Nicolas, c'est mon garant de la qualité de l'émission.
10:41Donc, ils appellent le standard,
10:43donc le 0180-2039-21.
10:45Voilà, on le répète, parce que pour vous aussi, c'est important.
10:48Et il va me dire, dans le casque,
10:51alors je suis déjà en train d'échanger avec un auditeur ou une auditrice,
10:54on a Lorraine qui veut parler.
10:56Voilà, mais je ne sais pas de quoi Lorraine va parler.
10:58Et parfois, on a trois, quatre personnes ensemble qui vont parler,
11:01parfois qui vont débattre.
11:02On a eu un sujet il y a à peu près un mois qui a été très intéressant,
11:05sur l'amour avec une très grande différence d'âge.
11:08Mais oui, j'étais là.
11:09Ah ben, c'était avec vous ?
11:10C'était le 9 mai.
11:12Ah ben, c'était ça, où on a changé de point de vue en cours d'émission,
11:15Marie-Estelle, c'est celle-ci ?
11:16C'était pendant le pont du 8 mai, donc c'était le samedi 9 mai.
11:19Je me rappelle très très bien de ce jeune homme qui disait être avec une femme de 73 ans,
11:22je crois, et lui, on avait 27 ou 28.
11:25Voilà, c'est ça.
11:26Et la semaine d'avant, on avait déjà...
11:28Il rebondissait aussi sur cette thématique qui avait eu lieu,
11:32parce qu'en fait, elles se construisent chaque soir différemment.
11:35Et souvent, d'ailleurs, il y a un fil conducteur qui se dessine.
11:37Il y a des synchronicités, évidemment, puisque le laser n'existe pas,
11:40en tout cas dans mon point de vue.
11:42Et donc, on se rend compte qu'au fil des interventions,
11:45et nous, d'ailleurs, c'est ce qui nous était arrivé, Marie-Estelle,
11:47au début, on se regardait un peu comme ça,
11:49eh ben, on s'assouplit.
11:51On s'assouplit.
11:53Non pas qu'on s'adapte, c'est pas ça du tout,
11:55mais on change un peu de point de vue.
11:57On élargit nos horizons.
11:59C'est l'histoire de la vie, en fait.
12:00On s'écoute.
12:02Et il s'écoute.
12:03Et donc, au départ, on peut avoir des réactions au 7-39-21
12:07qui sont un peu dures, 30 ans d'écart,
12:09oui, mais quand même, etc.
12:10Et puis, finalement, à la fin,
12:13si on s'aime, on s'aime.
12:15Et c'est joli.
12:17Et nous aussi, on peut être bousculé dans nos idées.
12:21Et c'est ça qui est bien.
12:23Oui, alors, je crois que ça, c'est le propre
12:24de nos métiers d'origine.
12:25Enfin, moi, en tant que psychologue,
12:29mes patients ont passé toute ma vie en cabinet
12:33à me bousculer, non ?
12:34Ah ben oui, c'est certain, puisqu'on est en miroir.
12:36Donc, c'est clair qu'à chaque fois qu'on les voit,
12:38on n'a jamais nos patients par hasard.
12:40C'est ce que me disait mon professeur en hypnose
12:42qui s'appelle Olivier Lecarte.
12:44Voilà, on a les patients qu'on doit.
12:45Et au fil de nos vies...
12:46On a les patients dont on a besoin, oui.
12:48Voilà, exactement.
12:49Et en fait, c'est toujours la même chose.
12:50Et c'est ce que j'aime aussi dans votre émission
12:52à tous les deux.
12:53C'est que ça va bien plus loin
12:54dans tout ce que vous transmettez.
12:55Il y a beaucoup de foi
12:59dans ce qu'on est,
13:00dans nos possibilités d'évolution.
13:01J'étais en train de dire,
13:02deux fois en l'humanité, ça je ne sais pas.
13:04Mais en tout cas, deux fois en ce qu'on est,
13:06en notre capacité d'évoluer,
13:08de se modifier,
13:10de venir travailler notre nature profonde.
13:12Et c'est exactement ce qu'on met aussi en lumière
13:14dans la libre antenne le soir,
13:17avec des ouvertures aussi sur le spirituel.
13:19Et ça, c'est...
13:20Moi, je remercie beaucoup la direction d'Europe 1 pour ça.
13:23Parce qu'on a une vraie carte blanche.
13:25Et ça, c'est important.
13:26Parce que partir sur ces sujets
13:28qui, à mon sens, sont fondamentaux,
13:30parce que nous, on a l'habitude de travailler la psyché
13:32avec Marie-Estelle.
13:33Mais on est aussi une âme
13:35et on est aussi un corps.
13:36Donc, tant qu'à faire,
13:37autant travailler les trois quand on peut.
13:40Ou ouvrir des petites portes, en tous les cas.
13:43Marie-Estelle Dupont,
13:44sur les valeurs qui vous meuvent.
13:50Oui, bien sûr que nous,
13:52on fait des métiers.
13:53Enfin, notre métier,
13:54c'est d'accompagner la métamorphose.
13:56Donc, on sait que
13:58ce dont un patient a un besoin,
13:59un moment T,
14:00ce n'est pas ce dont il aura besoin
14:02dix ans plus tard.
14:03Et nous-mêmes, d'ailleurs,
14:04en tant que passeurs,
14:05il peut nous arriver de dire,
14:06enfin, moi, ça m'est arrivé de dire
14:09à des patients,
14:09je pense qu'on arrive à un moment
14:11où je vous ai donné ce que moi,
14:13je pouvais vous offrir.
14:14Et qu'aujourd'hui,
14:15il serait bon pour vous
14:16que vous continuiez le chemin
14:18avec quelqu'un d'autre.
14:19Parce qu'on est un peu comme des passeurs.
14:21C'est-à-dire que les gens viennent nous voir
14:23quand il y a un gouffre,
14:25quand il y a quelque chose à traverser.
14:26Ils ne peuvent pas le faire tout seuls.
14:27Ils ne savent pas comment le faire.
14:28Ils ne peuvent pas le contourner.
14:30Et nous, on va être des passeurs.
14:31On ne va pas le faire à leur place.
14:33Mais ils ont besoin de cette alchimisation
14:36qui se fait dans le cabinet
14:36pour pouvoir transformer quelque chose.
14:39Et je crois qu'il y a des moments
14:42où on est indispensable
14:43pour que le patient s'alchimise.
14:45Et puis, il y a des moments
14:46où il faut pouvoir dire aussi au patient,
14:49peut-être qu'on approche du moment
14:50où il faut qu'on se dise au revoir.
14:51Ça ne veut pas dire
14:52que vous n'avez pas d'autre chose à explorer.
14:53Mais je ne serai peut-être plus
14:54la meilleure personne.
14:55Et je trouve qu'on le sent
14:58quand on doit tenir bon,
14:59même si c'est très dur
15:00et que le patient nous demande
15:01beaucoup de pugnacité.
15:02Je pense notamment
15:03à des patients anorexiques
15:05que j'ai eus quand j'étais jeune
15:06qui mettaient en difficulté
15:08ma pugnacité
15:09parce que je sentais toujours
15:10cette menace vitale
15:11et il fallait être persévérant.
15:13Il ne fallait pas se décourager.
15:14Il fallait la protéger d'elle-même
15:16et il fallait la laisser
15:16faire son chemin aussi.
15:18Et puis, il y a des moments,
15:19on sent que le patient,
15:20le meilleur service qu'on peut lui rendre,
15:21c'est de lui dire
15:22vous pouvez voler un peu
15:23de vos propres ailes
15:24et reprendre un peu plus tard
15:25avec quelqu'un d'autre.
15:26Oui.
15:27Ou la porte est toujours ouverte.
15:27Et donc, ça nous apprend
15:29aussi la flexibilité.
15:31Oui.
15:32Pardonnez-moi de vous interrompre.
15:33C'était aussi pour leur dire aussi
15:36que la porte sera toujours ouverte.
15:37C'est-à-dire que c'est leur lieu
15:38et qu'il va rester leur lieu.
15:40Mais que bien sûr,
15:41aujourd'hui,
15:41l'objectif, de toute manière,
15:43c'est l'autonomie.
15:44C'est l'autonomie.
15:45Oui, bien sûr.
15:46Mais en revanche,
15:47s'ils veulent revenir,
15:48ils peuvent.
15:49Et s'ils peuvent trouver
15:51quelqu'un d'autre
15:51pour les accompagner
15:52sur d'autres registres,
15:54évidemment qu'ils ont
15:54leur libre-arbitre, en fait.
15:56On est vraiment,
15:57c'est là où je vous rejoins,
15:58on n'est vraiment
15:59que des passeurs,
16:00des passeuses.
16:01Et encore, je pense que nous,
16:02on n'est même que des instruments,
16:03en fait, pour tout dire,
16:04dans mon point de vue.
16:06Et alors,
16:07qu'est-ce qui vous a donné envie
16:07de faire de la radio
16:08en parallèle, Valérie ?
16:09Alors, c'est le contraire, moi.
16:10Moi, j'ai commencé par la radio.
16:12Ah oui, vous avez commencé
16:13par la radio.
16:13Moi, je suis journaliste
16:14depuis l'âge de 20 ans.
16:16C'est ce que je disais
16:17une fois chez Pascal Praud.
16:18J'ai été invitée
16:22à l'âge de 9 ans,
16:23je mettais sur les petites fiches
16:24« Je veux devenir journaliste écrivain ».
16:26Bon, entre-temps,
16:27je me suis perdue sur l'écriture
16:28parce que j'ai adoré le journalisme.
16:30Et il n'est pas trop tard
16:31de toutes les manières.
16:32Bon, j'ai quand même publié un livre,
16:33mais peu importe,
16:33ce n'est pas le sujet.
16:35Et j'ai commencé comme ça,
16:37à 20 ans,
16:38école de journalisme,
16:39et puis les piges,
16:41et puis les parcours.
16:42Voilà.
16:43Et puis à l'époque,
16:43c'était une autre époque aussi.
16:45Donc, beaucoup de presse écrite,
16:47beaucoup de télévision.
16:49J'ai été directrice éditoriale
16:50de boîte de production,
16:52j'ai été au maternel
16:54les cinq premières années
16:55avec Maïté Nabirabin,
16:56j'ai été dix ans
16:57au magazine de la santé
16:57avec Michel Cymès,
16:58j'ai travaillé avec Cyril Hanouna,
17:00j'ai fait du documentaire,
17:01j'ai fait des 52 minutes,
17:02des 26 minutes,
17:03enfin j'ai eu une grosse carrière journalistique.
17:05Et en parallèle
17:06avec ce journalisme
17:08que j'aime tant,
17:09et qui continue de me passionner,
17:12je m'intéresse,
17:13vous le disiez tout à l'heure
17:14en chapeau, Romain,
17:15aux vivants.
17:16Voilà, aux vivants.
17:17Aux choses de la vie.
17:18Aux choses de la vie.
17:19Au monde qui m'entoure évidemment,
17:21alors au départ
17:22par curiosité journalistique évidemment,
17:25et puis ensuite
17:26un peu plus
17:27le monde intérieur,
17:28et puis tout ça
17:29est en rapport évidemment
17:30avec des histoires personnelles,
17:32et donc évidemment
17:34le travail thérapeutique
17:35fait qu'on s'interroge
17:36et qu'en s'interrogeant
17:37on s'intéresse
17:38et que quand on s'intéresse
17:39on se forme,
17:39et quand on se forme
17:40on se dit
17:41ben pourquoi pas ?
17:42Surtout quand on trouve
17:43des êtres aspirants
17:44sur le chemin
17:44puisqu'on n'est fait
17:45que des rencontres
17:46que de la somme
17:47des rencontres
17:47que l'on fait
17:48dans une vie
17:49et donc à un moment donné
17:50je me suis dit
17:51ben comme je suis hyper active
17:54ben je vais faire
17:55une deuxième activité
17:56voire une troisième
17:57et j'ai décidé
17:59de me former
18:00et me former
18:01parce que j'ai besoin
18:01de légitimité
18:03et puis à un moment donné
18:03j'ai ouvert le cabinet.
18:05Voilà,
18:05et donc j'ai fait
18:06les deux métiers.
18:07Et depuis six ans maintenant
18:08que j'anime
18:09la libre antenne
18:10et ben j'ai la chance
18:11d'avoir réunifié
18:12c'est parti de moi
18:14et donc d'être
18:15une seule et même personne
18:17avec plein de parties
18:17que je ne connais pas encore
18:18évidemment
18:18parce qu'on a plein
18:19de zones aveugles
18:20puis on peut se réinventer
18:20à tout moment
18:21c'est ce que je dis
18:22aux auditeurs d'Europe 1
18:23il ne faut jamais
18:24s'interdire de se réinventer
18:26ben je fais le même métier
18:28un petit peu
18:28à l'antenne
18:29et au cabinet
18:31donc ça voilà
18:31c'est cadeau
18:32cadeau d'Europe 1.
18:35Et vous Romain Desarbres
18:36les auditeurs d'Europe 1
18:37ils vous voient
18:37depuis tellement longtemps
18:38à l'antenne
18:38qu'est-ce qui vous a donné
18:39envie de devenir journaliste ?
18:41Ah oui c'est vrai
18:43parce que ça fait des années
18:44aussi Romain
18:45Ah ça fait quelques temps
18:46oui ça fait quelques temps
18:47effectivement
18:47moi qu'est-ce qui m'a donné
18:48envie d'être journaliste ?
18:49Écoutez
18:50j'ai toujours été très curieux
18:51alors déjà
18:53savoir ce qui se passe
18:55comprends
18:56alors pourquoi tu as dit ça
18:57mais où est-ce que t'es
18:58qu'est-ce que tu fais
18:59mais qu'est-ce qui se passe
19:00tiens il y a des gyrophares
19:01par là-bas
19:01mais qu'est-ce qui se passe
19:02c'est dans l'ADN ça
19:03ah là là là
19:04il faut aller voir
19:06il faut comprendre
19:06il faut que ce soit
19:07dans la rue
19:08dans la famille
19:08chez les amis
19:09curieux
19:10et puis
19:11j'ai toujours apprécié
19:12être le premier
19:13à annoncer les choses
19:14à dire voilà
19:15tiens à repérer
19:15bon
19:16voilà il y a ça
19:17et puis après
19:17j'avais un père
19:18qui était journaliste aussi
19:20donc voilà
19:21j'avais un père
19:21qui était journaliste
19:22il était où ?
19:23qui était dans la presse professionnelle
19:25qui était dans un magazine
19:26qui traitait des relations économiques
19:27entre la France et l'Afrique
19:28vous voyez
19:29j'en suis loin
19:30j'en suis loin
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