00:00Très très vite dans la French Tech, 143 millions d'euros levés après seulement 9 mois.
00:04Je cherchais le nom de l'entreprise ce matin, mais c'est normal parce qu'elle est toute neuve.
00:08Bonjour Frédéric Marache, vous êtes le cofondateur de Bionira.
00:12Bionira, 9 mois d'existence et déjà un record de levée en série A.
00:16Jamais une biotech en France n'avait levé autant d'argent.
00:18Et quand on regarde les records, Anthony, jamais personne quasiment n'avait...
00:21Je regardais même Mistral en série A, si je ne dis pas de bêtises, c'était 105 millions, quelque chose
00:25comme ça.
00:26Donc vous êtes au-dessus de ce que vous levez des entreprises comme Mistral.
00:29Frédéric Marache, vous travaillez sur la dermatite atopique sévère et des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.
00:37Qu'est-ce que vous faites précisément pour ces maladies qui sont aujourd'hui peu adressées ?
00:41Bonjour déjà et puis merci de m'avoir invité.
00:45On développe des nouveaux médicaments.
00:47Au jour d'aujourd'hui, si on regarde les patients les plus sévères souffrant de dermatite atopique,
00:52de maladies inflammatoires de l'intestin ou bien d'autres maladies auto-immunes,
00:56à peu près 50% n'ont pas une réponse satisfaisante.
01:00Donc il faut des nouvelles solutions et donc des médicaments qui sont plus efficaces
01:03que les médicaments existants ou qui marchent chez les patients qui ont eu des échecs thérapeutiques.
01:08Et donc là, on parle de quoi ? C'est des maladies de Crohn, ce genre de maladies ?
01:11Exactement, la Crohn, la rectocolite hémorragique, les formes d'eczéma sévère.
01:15Voilà, absolument.
01:16Et donc la promesse, c'est quoi en fait ?
01:18Et ce qui explique aussi cette levée de fonds qui est assez spectaculaire,
01:21c'est que là vous avez des candidats médicaments qui sont plus efficaces que ce qui existe aujourd'hui sur
01:26le marché ?
01:27On l'espère, seront plus efficaces.
01:29En fait, c'est un petit peu la proposition de Bionira, c'est pour ça qu'on a levé autant
01:32d'argent.
01:32On arrive d'emblée avec des candidats médicaments qu'on a acquis dès le début de la création d'un
01:38site.
01:38Parce que vous travaillez sous forme de licence, ce sont des choses qui existent déjà ?
01:41Tout à fait, tout à fait. Et donc pour ça, il faut des financements pour acquérir les licences.
01:45Et puis comme on va directement passer au stade des études cliniques, il faut financer ces études cliniques.
01:50Donc nous, notre proposition, c'est vraiment d'avoir des candidats qui, on le pense, sont extrêmement prometteurs
01:54et puis de pouvoir accélérer rapidement vers des études de patients pour bientôt pouvoir vous dire si on a l
02:00'effet escompté.
02:00Et comment on le sait ça avant les études cliniques ?
02:03Encore une fois, j'en reviens à ce montant qui est incroyable.
02:05Quelle licence, c'est pas l'autre ?
02:06Quand on n'a pas fait les essais sur les patients, qu'est-ce qui est prometteur à ce point
02:10-là en fait ?
02:11Ah bah écoutez, c'est je dirais les secrets de la biologie, c'est-à-dire qu'on s'appuie
02:17sur déjà beaucoup d'expertise et d'experts
02:20et de gens qui nous ont conseillé pour bien sélectionner ce qu'on appelle les cibles.
02:25Donc c'est les molécules que nos médicaments vont aller bloquer.
02:29Une des particularités de ce qu'on fait, c'est qu'on part sur un existant qui est déjà validé.
02:34Donc la plupart des médicaments qu'on va développer sont des médicaments qui vont cibler plusieurs cibles en même temps
02:40et des cibles dont on sait qu'elles sont déjà efficaces par elles-mêmes.
02:43Donc quelque part, on se dit, si on prend deux choses dont on sait qu'elles marchent et qu'on
02:46les bloque en même temps,
02:47on n'a qu'à une probabilité élevée d'avoir une efficacité supérieure à ce qui existe aujourd'hui.
02:51Mais du coup, si ça n'avait pas été testé, c'est pour des questions financières au départ ?
02:55Parce que si on le sait déjà, il y a d'autres gens qui étaient déjà au courant.
02:58Alors, c'est un tout petit peu plus compliqué que ça.
03:01C'est parce que ces nouveaux médicaments et ces nouvelles molécules qui bloquent plusieurs cibles en même temps,
03:06elles commencent à émerger en fait.
03:08Et c'est un petit peu ce sur quoi on s'appuie aujourd'hui.
03:11C'est-à-dire qu'il y a une vraie accélération, je dirais, de la production de nouveaux candidats à
03:16médicaments.
03:17Il y a plusieurs raisons pour ça.
03:19Premièrement, la science et la technologie évoluent.
03:21Il y a l'intelligence artificielle.
03:23Il y a de nouvelles géographies comme la Chine qui émergent.
03:25Et donc, tout ça nous a, je dirais, mis à disposition une boîte à outils qu'on peut vraiment utiliser,
03:30prendre pour avancer rapidement.
03:31Et donc, pour les patients concrètement, qu'est-ce que ça voudrait dire ?
03:34Alors, il ne faut pas donner de faux espoirs parce qu'il y a plein de gens qui nous écoutent,
03:36je pense,
03:36qui ont des maladies qui, effectivement, ont des crises régulières.
03:39Est-ce que ça voudrait dire justement moins de crises, moins de prises de cortisone pour des gens qui ont
03:43de l'eczéma par exemple ?
03:44C'est une amélioration de la qualité de vie et à quelle échéance potentiellement ?
03:47Alors, les échéances, on va commencer par ça.
03:49Voilà. D'ici 2028-2029, on aura vraiment une évaluation définitive de quel est le niveau d'efficacité qu'on
03:57peut attendre de ces médicaments chez des patients.
03:58Et puis après, on pourra positionner les produits pour ce qu'on appelle les études d'enregistrement.
04:02En général, le développement d'un nouveau médicament pour les maladies immunitaires comme la dermatéatopique ou la rectocolite hémorragique,
04:11entre le moment où on fait les premières expérimentations chez l'homme et le moment où le médicament est disponible
04:16sur le marché, on parle de 6 à 8.
04:18Donc nous, on est sur ces échéances-là.
04:21Ce qu'on veut offrir aux patients, c'est des médicaments qui marchent mieux.
04:24Donc marcher mieux, ça veut dire soulager tous les symptômes, les douleurs abdominales, la démangeaison dans la dermatéatopique
04:34et permettre une qualité de vie qui soit une vie normale, en fait.
04:38C'est un petit peu ça l'objectif.
04:40On dit souvent qu'on a du mal désormais à lever de l'argent pour les biotech, que tout va
04:46vers l'IA.
04:46Je vois quand même que ça fonctionne.
04:49Ça fonctionne, ça fonctionne. Je pense qu'il y a de la place pour plusieurs types de projets.
04:54Moi, je vais dire, c'est ma première création d'entreprise en l'occurrence, donc je n'ai pas forcément
04:58de référence.
04:59C'est beaucoup de travail, il n'y a pas de doute.
05:02C'est votre première boîte, vous levez plus de 100 millions.
05:05Après, je pense que j'ai eu de la chance.
05:08C'est-à-dire qu'on a la nature du projet avec des molécules qui vont aller directement dans des
05:12études cliniques.
05:12Je pense que c'est quelque chose qui est quand même très attractif pour les investisseurs.
05:17Et puis, j'ai eu la chance de pouvoir m'appuyer sur un écosystème en France qui a une certaine
05:21maturité.
05:22Je veux dire, j'ai des partenaires investisseurs comme Sophie Nova Partner, Jeto ou Sanofi Venture qui sont présents.
05:28En France, on a également des grands acteurs de l'industrie pharmaceutique comme Sanofi.
05:34On a aussi un front souverain avec les BPI.
05:35Donc, il y a quand même beaucoup de choses en France sur lesquelles on peut s'appuyer.
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