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  • il y a 26 minutes
Frédéric Marrache, cofondateur et PDG de Bionyra, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mercredi 24 juin. Il est revenu sur la levée de fonds 143 millions d'euros et le traitement des maladies inflammatoires par les biothérapies innovantes, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Très très vite dans la French Tech, 143 millions d'euros levés après seulement 9 mois.
00:04Je cherchais le nom de l'entreprise ce matin, mais c'est normal parce qu'elle est toute neuve.
00:08Bonjour Frédéric Marache, vous êtes le cofondateur de Bionira.
00:12Bionira, 9 mois d'existence et déjà un record de levée en série A.
00:16Jamais une biotech en France n'avait levé autant d'argent.
00:18Et quand on regarde les records, Anthony, jamais personne quasiment n'avait...
00:21Je regardais même Mistral en série A, si je ne dis pas de bêtises, c'était 105 millions, quelque chose
00:25comme ça.
00:26Donc vous êtes au-dessus de ce que vous levez des entreprises comme Mistral.
00:29Frédéric Marache, vous travaillez sur la dermatite atopique sévère et des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.
00:37Qu'est-ce que vous faites précisément pour ces maladies qui sont aujourd'hui peu adressées ?
00:41Bonjour déjà et puis merci de m'avoir invité.
00:45On développe des nouveaux médicaments.
00:47Au jour d'aujourd'hui, si on regarde les patients les plus sévères souffrant de dermatite atopique,
00:52de maladies inflammatoires de l'intestin ou bien d'autres maladies auto-immunes,
00:56à peu près 50% n'ont pas une réponse satisfaisante.
01:00Donc il faut des nouvelles solutions et donc des médicaments qui sont plus efficaces
01:03que les médicaments existants ou qui marchent chez les patients qui ont eu des échecs thérapeutiques.
01:08Et donc là, on parle de quoi ? C'est des maladies de Crohn, ce genre de maladies ?
01:11Exactement, la Crohn, la rectocolite hémorragique, les formes d'eczéma sévère.
01:15Voilà, absolument.
01:16Et donc la promesse, c'est quoi en fait ?
01:18Et ce qui explique aussi cette levée de fonds qui est assez spectaculaire,
01:21c'est que là vous avez des candidats médicaments qui sont plus efficaces que ce qui existe aujourd'hui sur
01:26le marché ?
01:27On l'espère, seront plus efficaces.
01:29En fait, c'est un petit peu la proposition de Bionira, c'est pour ça qu'on a levé autant
01:32d'argent.
01:32On arrive d'emblée avec des candidats médicaments qu'on a acquis dès le début de la création d'un
01:38site.
01:38Parce que vous travaillez sous forme de licence, ce sont des choses qui existent déjà ?
01:41Tout à fait, tout à fait. Et donc pour ça, il faut des financements pour acquérir les licences.
01:45Et puis comme on va directement passer au stade des études cliniques, il faut financer ces études cliniques.
01:50Donc nous, notre proposition, c'est vraiment d'avoir des candidats qui, on le pense, sont extrêmement prometteurs
01:54et puis de pouvoir accélérer rapidement vers des études de patients pour bientôt pouvoir vous dire si on a l
02:00'effet escompté.
02:00Et comment on le sait ça avant les études cliniques ?
02:03Encore une fois, j'en reviens à ce montant qui est incroyable.
02:05Quelle licence, c'est pas l'autre ?
02:06Quand on n'a pas fait les essais sur les patients, qu'est-ce qui est prometteur à ce point
02:10-là en fait ?
02:11Ah bah écoutez, c'est je dirais les secrets de la biologie, c'est-à-dire qu'on s'appuie
02:17sur déjà beaucoup d'expertise et d'experts
02:20et de gens qui nous ont conseillé pour bien sélectionner ce qu'on appelle les cibles.
02:25Donc c'est les molécules que nos médicaments vont aller bloquer.
02:29Une des particularités de ce qu'on fait, c'est qu'on part sur un existant qui est déjà validé.
02:34Donc la plupart des médicaments qu'on va développer sont des médicaments qui vont cibler plusieurs cibles en même temps
02:40et des cibles dont on sait qu'elles sont déjà efficaces par elles-mêmes.
02:43Donc quelque part, on se dit, si on prend deux choses dont on sait qu'elles marchent et qu'on
02:46les bloque en même temps,
02:47on n'a qu'à une probabilité élevée d'avoir une efficacité supérieure à ce qui existe aujourd'hui.
02:51Mais du coup, si ça n'avait pas été testé, c'est pour des questions financières au départ ?
02:55Parce que si on le sait déjà, il y a d'autres gens qui étaient déjà au courant.
02:58Alors, c'est un tout petit peu plus compliqué que ça.
03:01C'est parce que ces nouveaux médicaments et ces nouvelles molécules qui bloquent plusieurs cibles en même temps,
03:06elles commencent à émerger en fait.
03:08Et c'est un petit peu ce sur quoi on s'appuie aujourd'hui.
03:11C'est-à-dire qu'il y a une vraie accélération, je dirais, de la production de nouveaux candidats à
03:16médicaments.
03:17Il y a plusieurs raisons pour ça.
03:19Premièrement, la science et la technologie évoluent.
03:21Il y a l'intelligence artificielle.
03:23Il y a de nouvelles géographies comme la Chine qui émergent.
03:25Et donc, tout ça nous a, je dirais, mis à disposition une boîte à outils qu'on peut vraiment utiliser,
03:30prendre pour avancer rapidement.
03:31Et donc, pour les patients concrètement, qu'est-ce que ça voudrait dire ?
03:34Alors, il ne faut pas donner de faux espoirs parce qu'il y a plein de gens qui nous écoutent,
03:36je pense,
03:36qui ont des maladies qui, effectivement, ont des crises régulières.
03:39Est-ce que ça voudrait dire justement moins de crises, moins de prises de cortisone pour des gens qui ont
03:43de l'eczéma par exemple ?
03:44C'est une amélioration de la qualité de vie et à quelle échéance potentiellement ?
03:47Alors, les échéances, on va commencer par ça.
03:49Voilà. D'ici 2028-2029, on aura vraiment une évaluation définitive de quel est le niveau d'efficacité qu'on
03:57peut attendre de ces médicaments chez des patients.
03:58Et puis après, on pourra positionner les produits pour ce qu'on appelle les études d'enregistrement.
04:02En général, le développement d'un nouveau médicament pour les maladies immunitaires comme la dermatéatopique ou la rectocolite hémorragique,
04:11entre le moment où on fait les premières expérimentations chez l'homme et le moment où le médicament est disponible
04:16sur le marché, on parle de 6 à 8.
04:18Donc nous, on est sur ces échéances-là.
04:21Ce qu'on veut offrir aux patients, c'est des médicaments qui marchent mieux.
04:24Donc marcher mieux, ça veut dire soulager tous les symptômes, les douleurs abdominales, la démangeaison dans la dermatéatopique
04:34et permettre une qualité de vie qui soit une vie normale, en fait.
04:38C'est un petit peu ça l'objectif.
04:40On dit souvent qu'on a du mal désormais à lever de l'argent pour les biotech, que tout va
04:46vers l'IA.
04:46Je vois quand même que ça fonctionne.
04:49Ça fonctionne, ça fonctionne. Je pense qu'il y a de la place pour plusieurs types de projets.
04:54Moi, je vais dire, c'est ma première création d'entreprise en l'occurrence, donc je n'ai pas forcément
04:58de référence.
04:59C'est beaucoup de travail, il n'y a pas de doute.
05:02C'est votre première boîte, vous levez plus de 100 millions.
05:05Après, je pense que j'ai eu de la chance.
05:08C'est-à-dire qu'on a la nature du projet avec des molécules qui vont aller directement dans des
05:12études cliniques.
05:12Je pense que c'est quelque chose qui est quand même très attractif pour les investisseurs.
05:17Et puis, j'ai eu la chance de pouvoir m'appuyer sur un écosystème en France qui a une certaine
05:21maturité.
05:22Je veux dire, j'ai des partenaires investisseurs comme Sophie Nova Partner, Jeto ou Sanofi Venture qui sont présents.
05:28En France, on a également des grands acteurs de l'industrie pharmaceutique comme Sanofi.
05:34On a aussi un front souverain avec les BPI.
05:35Donc, il y a quand même beaucoup de choses en France sur lesquelles on peut s'appuyer.
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