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  • il y a 9 minutes
Ce jeudi 25 juin, les résultats spectaculaires de Micron en Bourse, la forte hausse des marchés asiatiques, et la baisse des cours du pétrole à des niveaux d'avant-guerre, ont été abordés par Vincent Juvyns, responsable de stratégie d'investissement chez ING, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Les résultats, largement au-delà des attentes, il faut juste regarder la réaction d'après-bourse, plus 14%.
00:05Il faut dire que le groupe a quand même dégagé 28 milliards de profit net en l'espace de trois
00:09mois,
00:10c'est plus 20% par rapport aux attentes des analystes, donc une nouvelle fois.
00:15Eh bien, les analystes ont sous-estimé la puissance de Micron et de l'ensemble de cette chaîne des semi
00:21-conducteurs.
00:22Bonjour Vincent Juvins, responsable de la stratégie d'investissement d'ING.
00:26C'est vrai que le marché a visiblement sous-estimé Micron, alors qu'en bourse, on est quand même sur
00:32un parcours spectaculaire.
00:33Ça vaut plus de 1000 milliards en bourse, ça a été multiplié par trois depuis le début de l'année,
00:37fois neuf en l'espace d'un an.
00:38Et visiblement, il y avait encore de la place pour des bonnes surprises.
00:42Oui, certainement, et vous l'avez souligné, finalement des résultats largement au-dessus des attentes, plus de 20%,
00:48à la fois dans l'ex-poste où on a de très très belles réalisations, mais également dans la guidance.
00:53On voit que finalement, le marché sous-estime systématiquement les tensions qu'il peut y avoir dans le secteur des
00:59semi-conducteurs,
01:00le fait que la demande dépasse structurellement l'offre, et cette année, mais également pour les deux, trois prochaines années
01:07à venir,
01:08ce qui donne une relativement bonne lisibilité sur les perspectives pour le secteur.
01:12Des chiffres qui viennent rassurer à un moment où c'est vrai que les investisseurs commençaient un petit peu à
01:16douter
01:17de la soutenabilité du mouvement de hausse du secteur de la tech et du secteur, en tout cas, des semi
01:22-conducteurs en particulier.
01:23On avait vu ce mouvement de défiance en début de semaine, où on avait vu notamment une grosse volatilité sur
01:29des indices asiatiques
01:30comme le Cospi en Corée.
01:32Cospi qui rebondit fortement ce matin, comme la plupart des valeurs de la tech,
01:36et c'est quelque chose qu'on verra évidemment en Europe ce matin et au cours de la journée,
01:40et plus tard aux États-Unis, où les futurs pôles Nasdaq sont également bien orientés.
01:45C'est vrai que l'Asie, avec une belle séance ce matin, plus de 5% de hausse pour le
01:49Cospi, plus 4% pour le Nikkei.
01:52Et puis, comme je le disais en préambule, nous à Paris, on est stable.
01:55Bon, l'Eurostox prend 0,3%.
01:57Voilà, on n'a pas besoin de faire de dessin.
01:59Malheureusement, on n'a pas de valeur technologique et donc on est encore et toujours pénalisé, Vincent.
02:04Oui, alors c'est évidemment un coup d'opportunité pour l'Europe qui est trop exposée, évidemment, au secteur technologique.
02:10Soulignons toutefois, évidemment, le fait qu'aujourd'hui, on peut s'attendre à ce que le marché de l'AEX
02:16aux Pays-Bas,
02:16évidemment, fonctionne bien, grâce à SML notamment, mais il est absolument indispensable.
02:20Je pense que les dirigeants européens sont conscients de s'assurer de la création d'un écosystème intelligence artificielle européen
02:29pour à la fois profiter, évidemment, de cette dynamique, conscients aussi, et on l'a vu dans ces dernières semaines,
02:36qu'on peut parfois être privé de l'accès aux technologies les plus innovantes
02:41lorsque des pays comme les États-Unis, en l'occurrence, bloquent l'accès à certains opérateurs comme en tropique.
02:47Il est absolument urgent, à la fois d'un point de vue boursier, mais d'un point de vue économique
02:52et d'un point de vue stratégique,
02:53que l'Europe se dote d'outils, en tout cas équivalents à ce qui peut se faire aux États-Unis,
02:58mais également en Asie.
03:00Et je parle évidemment ici sur la thématique intelligence artificielle, évidemment sur les semi-conducteurs.
03:06Là, c'est quelque chose sur lequel on a beaucoup de retard.
03:08On avait envisagé, évidemment, de construire des usines, notamment en Allemagne, en la matière.
03:12On n'est pas parvenu jusqu'ici à attirer suffisamment d'investisseurs
03:17pour créer ces usines de fabrication de semi-conducteurs sur notre territoire.
03:21– Autre nouvelle favorable dans ce segment, c'est Qualcomm, hier soir,
03:25qui a relevé, bien au-delà des attentes, là aussi, son objectif de chiffre d'affaires pour 2029 à 40
03:31milliards de dollars.
03:32C'est le double de son objectif précédent.
03:35Bon, ça, c'est le fait du jour.
03:36Qualcomm, Micron, et puis aussi les cours du pétrole, Vincent Juvens,
03:41qui, cette nuit, sont revenus, alors ça n'a pas duré longtemps,
03:44quelques centimes en dessous de leur niveau d'avant-guerre.
03:47On est à 72 dollars pour le Brent, 70 dollars pour le WTI.
03:52Bon, c'est une bonne nouvelle, quand même.
03:53Là aussi, ça défie un petit peu les pronostics et les prévisions
03:57que le marché pouvait se faire il y a quelques semaines de cela encore.
04:01– Certainement.
04:01Alors, à la faveur, évidemment, en tout cas, d'une plus grande fluidité dans le détroit d'Ormous,
04:06c'est vrai qu'on voit ces prix pétroliers refluer.
04:08Prudence, tout de même.
04:09C'est vrai qu'on voit ces discussions entre Iran et États-Unis quand même séterniser,
04:14même si de timides accords semblent gagner sur certains aspects du dossier.
04:19Il me semble que les positions sont quand même fortes divergences
04:22sur certains aspects essentiels, en tout cas, d'un accord de paix définitif.
04:27Je pense notamment aux inspections sur les sites nucléaires iraniens
04:30où il semble qu'il n'y a, objectivement ici, jusqu'ici, pas d'accord.
04:33Donc, on est encore très loin d'un accord final,
04:36étant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien.
04:39Donc, gardons-nous de tout optimisme ou d'euphorie en la matière,
04:42sachant aussi que beaucoup d'infrastructures dans la région ont été détruites.
04:45Donc, dans nos perspectives, on est toujours dans cette idée,
04:47et les brains futures l'indiquent également,
04:49qu'on devrait avoir a priori des prix pétroliers plutôt aux alentours des 70,
04:53voire légèrement au-dessus pour le reste de l'année.
04:56Si, à la faveur d'un accord définitif,
04:58on pourrait imaginer alors des prix pétroliers qui retombent plus franchement à partir de 2027.
05:03Mais pour l'instant, en temps pour horizon,
05:04ces risques, en tout cas, d'inflation induites par les prix pétroliers demeurent.
05:09Et en parlant d'inflation, on devrait d'ailleurs avoir des chiffres importants
05:12cet après-midi aux États-Unis, puisqu'on s'attend à la publication du PCE.
05:17Les données d'inflation du mois de mai.
05:20Dans ce contexte, on a un baril de pétrole qui est à 70 dollars ou presque.
05:24Est-ce que ça vous donne envie de mettre un petit peu plus d'Europe en portefeuille,
05:28dans le sens où l'Europe a été grandement pénalisée
05:30depuis le début de ce conflit par rapport à Wall Street ?
05:35Alors pénaliser, peut-être, en tout cas, à moins profiter du rebond.
05:39Néanmoins, lorsque je regarde la tendance en termes d'évolution de valorisation des marchés,
05:45la valorisation de Wall Street a cette année baissé plus franchement
05:48que la valorisation du marché européen.
05:51Je m'explique, Wall Street a peut-être de meilleures performances que l'Europe,
05:55mais a vu ses bénéfices augmenter encore plus.
05:57Aujourd'hui, en tant qu'investisseur, moi c'est vrai que je vais regarder des valorisations,
06:01mais enfin, je vais encore plus regarder les perspectives de croissance.
06:04Or, aujourd'hui, malheureusement, à quelques rares exceptions,
06:07et en Europe, je noterai en tout cas certainement les valeurs financières
06:10ou le secteur de la pharma,
06:11mais je préfère objectivement toujours Wall Street à l'Europe pour l'instant,
06:15ou en tout cas, quitte à sortir d'Europe,
06:18je préfère largement les pays émergents à l'Europe pour l'instant.
06:21Les pays émergents ont l'avantage d'offrir des valorisations encore plus attractives que l'Europe,
06:25et justement d'offrir une exposition à cette thématique technologique semi-conducteur
06:30qu'on vient d'évoquer ce matin.
06:32Les segments des semi-conducteurs, toujours en portefeuille,
06:34quels sont les autres secteurs aujourd'hui qui vous intéressent
06:37ou que vous surpondérez, Vincent Juvins ?
06:39Ils sont en rang 3, donc la technologie, évidemment, largement le commenter.
06:44Nous aimons bien les valeurs financières de part et d'autre de l'Atlantique.
06:48On a eu d'ailleurs, à cet égard, les résultats de stress tests de la Fed
06:51qui ont été publiés cette nuit,
06:53qui montrent que le secteur financier américain est tout à fait solide,
06:56à même d'ailleurs de faire face à un choc majeur.
06:59Les stress tests de la nuit portaient notamment sur un ride-on d'à peu près 700 milliards.
07:04Finalement, 700 milliards, c'est pas loin aussi du montant qui fait parfois peur,
07:08qui est le niveau d'encours dans les marchés de dettes privées,
07:11puisqu'on parle d'1,2 trilliard.
07:13Donc, Wall Street est capable d'encaisser, a priori, ce type de choc.
07:16Et on sait que de part et d'autre de l'Atlantique,
07:18on entend diluer, en tout cas, les contraintes liées aux réglementations de balle 3
07:22pour permettre aux banques de libérer une partie de leur capital
07:27en opération de marché, en opération de prêts à l'économie.
07:31Et ça, évidemment, c'est quelque chose qui pourrait être bénéfique pour ce secteur.
07:34J'ajouterais aussi que le fait que les taux remontent en Europe
07:37ne baissent pas aux États-Unis est plutôt favorable.
07:39Même sur la courbe des taux, les banques ont une rentabilité relativement importante.
07:45La rémunération de l'épargne n'est pas calquée intégralement
07:48sur la rémunération des dépôts des bancaires auprès de la BCE.
07:51Donc là, il y a certainement d'intérêt.
07:53Et puis, le secteur pharma, alors c'est un peu, évidemment,
07:56un secteur avec lequel on a le plus difficile depuis le début de l'année en portefeuille.
07:59Soyons transparents à cet égard.
08:01Néanmoins, il faut être conscient qu'il faut de la diversification en portefeuille.
08:05Être uniquement tributaire de ce secteur technologique
08:07serait un petit peu dangereux en termes de diversification.
08:09Donc, la pharma vient compléter ce triptyque,
08:12en tout cas en termes de choix sectoriels en ce qui nous concerne.
08:15Merci beaucoup, Vincent Juvens, de nous avoir partagé ce matin vos convictions
08:19depuis ING, où vous êtes responsable de la stratégie d'investissement.
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