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Ce mercredi 24 juin, Erwan Croixmarie, président du groupe Croixmarie, Nicolas Bergerault, co-fondateur de L'atelier des Chefs, Valentin Chesneau, directeur général de Équip'jardin, et Jonas Chereau, directeur commercial de ERRIC Groupe, étaient les invités, dans l'émission Pari ETI présentée par Patrice Bégay. Pari ETI est à voir ou écouter tous les mercredis et samedis sur BFM Business.
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00:07BFM Business fait le pari des entreprises de taille intermédiaire.
00:11Paris ETI avec Patrice Béguet.
00:16Paris ETI, votre émission chaque semaine qui vous donne envie des très belles PME de croissance,
00:21des entreprises de taille idéale de tous nos territoires.
00:24Et un super plateau dès cette semaine avec Hervé Croix-Marie, le CEO de Croix-Marie,
00:29qui nous vient d'une région formidable, le centre Val-de-Loire.
00:32Bienvenue.
00:32Merci Patrice.
00:34Deuxième invité, Nicolas Bergerot, qu'on ne présente plus.
00:37Le fondateur et propriétaire de l'Atelier des chefs.
00:39Quel plaisir de t'avoir sur ce plateau, Val-Ami.
00:41C'est un plaisir partagé.
00:43Troisième invité, Valentin Chenot, également d'une région merveilleuse, le centre Val-de-Loire.
00:49Président, directeur général d'équipe Jardin et d'équipe Tous Vaux Jardins.
00:52Bienvenue à toi.
00:53Bonjour Patrice, merci.
00:54Et puis quatrième invité, contrairement à ce qu'il y a sur son très très beau suite,
01:00il ne s'appelle pas Eric, il s'appelle Jonas Chenot,
01:02mais c'est le patron d'une belle entreprise.
01:04Eric Bourgogne-Franche-Comté, bienvenue à toi.
01:07Merci beaucoup.
01:08Messieurs, est-ce que vous êtes prêts ?
01:10Oui.
01:11Alors Paris ETI, c'est parti.
01:13Paris ETI, sur BFM Business.
01:17Et on démarre avec toi, Erwan Croix-Marie, président du groupe Croix-Marie,
01:22une entreprise familiale.
01:24Erwan, toi, tu es chef d'entreprise de ce groupe, une menuiserie familiale précisément,
01:29à Saint-Jean-de-Braille, passionné de voile et donc un peu de liberté, si je peux me permettre de
01:35dire.
01:36Tu as traversé l'Atlantique en équipage, tu cherches avant tout le bonheur dans chaque étape de ta vie
01:42et tu recherches en permanence à évoluer.
01:44Alors, le groupe Croix-Marie célèbre cette année, c'est 100 ans, c'est bien ça ?
01:49C'est bien ça.
01:50100 ans spécialisé en agencement haut de gamme et en menuiserie aluminium.
01:54Le groupe place le bien-être de ses salariés au cœur de ses valeurs.
01:58Ma première question, comment structurer aujourd'hui une très belle PME de croissance
02:03et s'adapter à une taille qui demande d'avoir des services support peu présents dans les petites entreprises ?
02:11Oui, effectivement, il y a des paliers dans les tailles d'entreprise et on l'a atteint.
02:15On fait à peu près 30 millions de chiffres d'affaires qui nous obligent à structurer l'entreprise.
02:20Jusqu'à maintenant, on était une entreprise avec un savoir-faire important, des process plutôt euros.
02:25Il a fallu les écrire et créer des fonctions support.
02:28Je vais prendre un exemple tout simple.
02:29On a créé un service achat pour mutualiser nos achats et nous organiser.
02:32Et ça, c'était des choses que nous n'avions pas quand nous avions une taille de PME.
02:37Comment durer 100 ans, 100 ans, un siècle, et réussir les transitions familiales, l'adaptation à son époque ?
02:45Et puis, un clin d'œil aussi à ton grand-père.
02:48Oui, tout à fait. Mon grand-père qui a créé l'entreprise en 1926.
02:52Je pense que pour durer, déjà il y a un point important, c'est la continuité dans la passation
02:57et entre autres dans la passation père-enfant.
02:59On est une entreprise familiale et cela permet de garder les mêmes valeurs.
03:03Donc, il y a à la fois une continuité dans les années et en même temps, une adaptation au monde
03:08moderne.
03:09Le monde change, bien évidemment, que ce soit technologique, que ce soit dans la gestion des hommes et des femmes
03:13qui composent nos entreprises.
03:14Et donc, c'est un équilibre entre respect des traditions quelque part et surtout des valeurs d'entreprise et familiale
03:20et adaptation au monde moderne.
03:22Comment éviter la solitude du chef d'entreprise et rester toujours en permanence en veille
03:27et dans une posture d'évolution, j'allais dire permanente ?
03:31C'est certainement un des points, je pense, les plus compliqués et peut-être les plus risqués du poste du
03:36chef d'entreprise.
03:37C'est effectivement cette solitude qui fait qu'à un moment donné, on peut perdre un petit peu la route.
03:42On peut oublier un peu les bonnes pratiques pour faire perdurer nos entreprises.
03:47Et sortir de cette solitude, pour moi, c'est être accompagné.
03:51Être accompagné durant toute notre vie, ça peut être par des réseaux.
03:54On est rentré en tant que PME de croissance au Club BTI.
03:57C'est un réseau qui nous permet de comprendre beaucoup de mécanismes.
04:00Et puis, être accompagné, j'ai créé dernièrement un COSTRAT, un comité stratégique,
04:04qui est formé de quatre de mes pairs qui, tous les trimestres, me challengent avec bienveillance,
04:10mais à la fois avec vérité et qui me permet de garder toujours un œil attentif sur la gestion de
04:15mon entreprise.
04:15Toi, Nicolas Bergerot, fondateur et propriétaire de l'Atelier des chefs.
04:19Alors, tu as travaillé dans des grands groupes, chez L'Oréal, chez Nestlé, à Paris, à Dubaï, à Toronto,
04:24avant de créer l'Atelier des chefs en juillet 2004, avec deux de tes associés, François, qui est ton frère,
04:32et Jean-Sébastien Bonboil, qui est un ancien chef de cuisine du Ritz.
04:36L'Atelier des chefs, créé en 2004.
04:40Première mission, remettre les Français au fourneau.
04:42On dit souvent en ce moment, remettre les Français au travail.
04:45Aujourd'hui, 60 000 clients par an dans les ateliers de cours de cuisine, amateurs,
04:51et depuis 2017, une plateforme très originale, de formation, 100% digitale, au métier de la main,
04:59et Dieu sait que c'est important, et de l'humain pour aider chacun à s'accomplir.
05:0340 000 personnes sont déjà en formation, 10 000 ont déjà terminé et sont diplômées.
05:10J'ai envie de te dire, en te regardant avec les yeux brillants, c'est merveilleux, bravo, t'es un
05:15chef.
05:16Donne-moi un truc pour dynamiser aujourd'hui les TPE, les PME, les ETI.
05:20Un truc, objectivement, quand on est une petite boîte, Erwan en parlait, on doit gérer, mais on doit gérer surtout
05:26la trésor.
05:27Et moi, si aujourd'hui j'étais au pouvoir, il y a une mesure qui ne coûte pas d'argent,
05:30les délais de paiement.
05:32Ça a déjà été initié, il y avait une loi Châtel qui avait été votée sous Sarkozy,
05:35mais les délais de paiement, si les grosses boîtes et l'État nous payaient plus vite les petites boîtes,
05:39on aurait plus d'aisance, plus d'agilité, plus d'oxygène pour pouvoir développer nos boîtes.
05:44Moi, c'est le truc sur lequel j'agirais, parce que vraiment, ça ne coûterait à personne.
05:48Que manque-t-il à notre société et à nos sociétés pour qu'elles aillent un petit peu mieux ?
05:52Alors, la société et nos sociétés, pour moi, il y a un mot qui manque, clairement, c'est la confiance.
05:57La confiance dans les autres, la confiance dans ceux avec qui on travaille, au-dessus, en dessous, à côté,
06:03et puis la confiance dans l'avenir, mais tout ça est complètement lié.
06:06Je crois qu'avec cette confiance, si on arrive à redonner de l'espoir, voilà, de la confiance,
06:13c'est ça qui manque pour se respecter et puis pour avancer dans la même direction.
06:17Confiance pour plus de croissance aussi.
06:19Confiance pour plus de croissance, c'est là-dessus que ça reposera.
06:21Les entreprises françaises, est-ce qu'on pourrait dire, parce que des fois on entend beaucoup de critiques,
06:25est-ce qu'elles sont has-been ?
06:26Mais non.
06:27On a les meilleurs mathématiciens, etc., qui créent de la techno partout.
06:31On n'a d'ailleurs pas besoin de faire de la techno pure pour faire des très beaux métiers.
06:34Je crois qu'on va parler de plein de métiers de la main aujourd'hui, donc ça tombe bien.
06:37On n'est pas has-been.
06:38En revanche, on croule sous les contraintes.
06:41Donc le risque, c'est quoi ?
06:42On croule sous les contraintes, pas simplement les contraintes françaises, mais aussi les contraintes européennes.
06:46On se tire dans le pied tellement souvent pour s'empêcher.
06:49On est quand même le gros continent qui consomme le plus, 500 millions d'habitants qui sont prêts qu'à
06:52consommer.
06:53On n'arrête pas de se tirer dans le pied face aux US, face à la Chine.
06:56C'est un peu dommage.
06:57Voilà.
06:57Donc, confiance et pousser les contraintes.
07:00En face de toi, Valentin Cheneau, équipe Jardin, donc une belle PME familiale avec ton papa, avec ton frère, fondée
07:08en 1989 à Orléans et qui regroupe aujourd'hui une trentaine de magasins, 300 collaboratrices et collaborateurs.
07:13Tu recrutes, tu recrutes, tu recrutes.
07:16Et une équipe, j'allais te dire, chaque année, vous équipez des milliers de professionnels, des gens qu'on dit
07:25souvent des passionnés.
07:27Du paysage, les robots de tonte, vous avez les tracteurs, les autres produits.
07:32Des tronçonneuses, des débroussailleuses, tout ce qu'il vous faut pour entretenir un espace vert.
07:35Et une ambition remarquable, une ambition remarquable.
07:38Prouver qu'une entreprise familiale, française et indépendante, veut et peut croître.
07:44Alors, est-ce que la France, c'est vraiment un pays où il est encore possible de faire grandir une
07:50entreprise dans les territoires, justement ?
07:53Parce que c'est ça qui est intéressant.
07:54Aujourd'hui, des entreprises comme toi, c'est une quinzaine de départements.
07:58Tout à fait.
07:58Voilà.
07:59Et puis, la croissance, elle passe par des femmes et des hommes qui sont dans les territoires.
08:05Et sans des sièges qui seraient comme les vôtres, partout en France, ça sera un peu triste quand même la
08:11France.
08:12C'est clair.
08:12Donc la réponse est oui.
08:13En France, on peut se dire qu'il y a des difficultés administratives, des difficultés fiscales, des difficultés au niveau
08:20du marché de l'emploi pour entreprendre.
08:22En revanche, ce qu'on a en France, c'est des talents avec des organismes de formation, comme on parlait
08:27à l'instant, des écoles de formation, des infrastructures qui nous aident à grandir.
08:31Et surtout, on a un accompagnement en France, j'en parlais tout à l'heure, de la banque publique d
08:35'investissement qui accompagne les entreprises à se développer.
08:37Et ça, en étant en lien avec nos territoires, nos élus locaux, nos collectivités, on peut en faire de belles
08:42choses et on peut perdurer et créer des entreprises stables en France.
08:45Est-ce que travailler en famille, c'est quelque chose que tu as envie vraiment de conseiller ?
08:50Oui, mais il faut bien le border. Je m'explique. Travailler en famille, c'est d'abord une histoire de
08:54transmission de valeurs, des transmissions autour du respect de nos clients, du respect de nos collaborateurs, de l'envie d
08:59'entreprendre.
09:00C'est aussi une confiance à 100%. Quand on échange avec son père ou son frère, comme c'est le
09:04cas pour moi, on est 100% en confiance, encore plus qu'avec nos membres d'une équipe de direction.
09:10Par contre, il faut bien le border, il faut bien définir le qui fait quoi, quelle responsabilité à chacun pour
09:15ne pas qu'on se marche sur les pieds et que des relations personnelles et familiales arrivent dans l'entreprise.
09:19Pour toi, les forces des ETI de notre pays, c'est quoi ?
09:22On est à la parfaite croisée des mondes entre une PME qui est agile, qui va pouvoir réagir du jour
09:27au lendemain pour faire face à une demande de clientèle qui change, à une stratégie à changer du jour au
09:33lendemain, comme je le disais.
09:34Et on a aussi la force d'une grosse entreprise qui peut investir, innover pour pouvoir avancer dans le long
09:42terme, tout en étant proche de nos territoires, en étant proche de nos clients et de nos collaborateurs.
09:47Allez, on passe du centre Val-de-Loire et on va en Bourgogne-France-Comté.
09:53Toi, Jonas, le CEO du groupe Eric, tu es attaché à ton territoire plus que jamais.
09:59On en parlait hors antenne et à nos industries.
10:02D'ailleurs, on peut dire qu'on se retrouvera du 29 septembre au 2 octobre à Besançon pour le Grand
10:08Salon International Micronora.
10:10Eric, c'est une entreprise familiale, troisième génération, en plein développement, à l'export en Europe, mais également aux États
10:18-Unis.
10:20Diversification toujours en cours autour des solutions techniques pour l'industrie, robotique, périphérique, machine, outils et lavage.
10:29Quand tu vois tout ça, j'ai une question simple à te poser.
10:32Tu aimes ton travail ?
10:33J'adore.
10:34On rencontre énormément d'entreprises très diversifiées sur plein de territoires différents,
10:39aussi bien le nôtre avec le Rhône-Alpes, avec la France, mais également à l'export avec nos voisins italiens,
10:46suisses.
10:47Et aujourd'hui, on travaille à développer les États-Unis.
10:50Ça nous paraît être une belle opportunité pour nous pour continuer de faire de la croissance.
10:54Comment arrêter la désindustrialisation qui s'opère en France ?
10:58C'est un vaste sujet.
10:59On est une petite PME.
11:01On est, nous, acteurs sur de la performance industrielle pour aider nos entreprises à être plus performants.
11:06Je pense qu'une notion simple, c'est vraiment de remettre l'industrie au centre de nos vies
11:10et que les gens soient conscients du bien-être que l'on a dans nos entreprises
11:15et d'en parler, de positiver autour de nos industries.
11:18Je pense que c'est quelque chose d'important.
11:19Pourquoi également participer à de grands salons internationaux comme Micronora ?
11:23Ça nous permet de rencontrer énormément de gens, de faire de la veille technologique,
11:27de donner de la visibilité à nos entreprises,
11:29et puis de partager aussi des moments qui sont très conviviaux et très sympathiques.
11:34Messieurs, après cette entrée en matière, je dirais, dans le stade de Paris-ETI,
11:38est-ce que vous êtes prêts pour le débat ?
11:40Oui, oui.
11:40Oh là là, ils sont prêts, Paris-ETI.
11:42Le débat, c'est parti.
11:45Paris-ETI, sur BFM Business.
11:49Allez, une première question qui va être adressée, puis tout le monde va y participer.
11:53Quels sont les enjeux aujourd'hui pour les ETI qui vont se présenter dans le futur
11:58et comment challenger, j'allais presque vous dire, une performance durable ?
12:04Il faut s'adapter à un monde qui change, où les attentes sont sur la durabilité de ce que l
12:08'on fait.
12:08Donc, dans chaque action qu'on va prendre avec notre entreprise,
12:11on doit avoir cette notion de, est-ce que je m'inscris dans le long terme ?
12:14Quand je prends l'exemple des machines que l'on commercialise,
12:16on veut vendre des machines qui vont être commercialisables et réparables
12:19pendant 10, 15, 20 ans, et pas du jeu de table.
12:21Ça, c'est très important aujourd'hui.
12:22Arouane ?
12:23En termes de communication, je pense que ce que l'on fait aujourd'hui,
12:27ce que tu organises, c'est primordial.
12:28Les ETI sont certainement des tailles d'entreprises
12:30qui ne sont pas connues par tout le monde.
12:32Et les mettre en avant, expliquer ce que c'est,
12:34parce que c'est des problématiques très particulières,
12:36on l'a évoqué, ce ne sont pas des PME, ce ne sont pas des grands groupes.
12:38Et les mettre en avant, communiquer et avoir des échanges
12:41avec nos donneurs d'ordre, avec le monde public,
12:43me paraît indispensable.
12:44Nicolas ?
12:45C'est assez symptomatique, on est quatre invités, merci beaucoup,
12:48que des boîtes du fer, pas du soft, pas du je ne sais pas quoi.
12:52On est dans une vraie transition.
12:53L'IA va tout chambouler, nos métiers, dans 30 ans, ils seront encore là.
12:57Donc, c'est ça qui est l'avenir.
12:59En revanche, tout à fait d'accord, ETI, c'est encore probablement
13:02un mot qui est peu connu.
13:03Il faut qu'on fasse grandir les PME,
13:05en nous lâchant un peu les baskets.
13:07Et il faut que les grosses boîtes nous aident aussi.
13:08En Allemagne, il y a ces écosystèmes,
13:10ces espèces de vols en escadrille d'une grosse boîte
13:12avec plein de petites en dessous, c'est ça qu'il faut qu'on ait en fait.
13:14C'est pour ça qu'on organise un sommet, justement.
13:16Le sommet entre les ETI et les grands groupes,
13:19les directions d'achat, pour développer tout ça,
13:22et pour avancer et en faire un chaque année.
13:25Évidemment, indispensable.
13:26Ça, c'est clé.
13:27Jonas, justement, cette question-là,
13:28les enjeux pour les ETI, pour toi ?
13:30Les opportunités, aujourd'hui, chaque difficulté,
13:32chaque nouvelle actualité qui pose question,
13:35nous, on le voit beaucoup plus comme une opportunité de développement
13:37et de pouvoir sourire et de rester positif face à l'adversité,
13:41et c'est quelque chose qui est important pour passer les étapes.
13:43Tu parlais de l'international, tu parlais des États-Unis.
13:45Bonne nouvelle, quand même.
13:47On va faire un micro-noirat spécial en 2027
13:49qui aura lieu au Canada,
13:50avant d'enchaîner avec l'Inde deux ans après.
13:53On sera présent.
13:55Plus que jamais.
13:56Comment les ETI peuvent-elles attirer encore plus de talents ?
14:00Les talents, t'en recrutes, tu les formes.
14:03Clairement, aujourd'hui, cette évolution du marché,
14:07il faut être un peu visionnaire.
14:09En 1984, Chevenement, il avait dit qu'il voulait que 80% d'une génération ait son bac
14:13parce qu'il pensait qu'il allait faire de la France un pays de col blanc.
14:17Ce n'est pas forcément le meilleur moment de le faire.
14:20Donc, on a vidé nos industries, on a vidé tous nos métiers d'artisanat.
14:23Donc, voilà, il faut bien regarder les grandes tendances
14:26et toutes les PME d'aujourd'hui qui sont sur ces métiers du fer
14:29vont devenir des ETI de demain.
14:31Donc, voilà, il faut avoir confiance.
14:32J'en parlais tout à l'heure.
14:33Il faut avoir confiance, il faut regarder sa stratégie
14:35et il faut investir là où il y a du potentiel.
14:39Le recrutement, c'est vraiment le point majeur.
14:41Il est plus difficile aujourd'hui, je trouve, de faire un bon recrutement
14:44que de traiter une belle affaire.
14:45C'est quand même impressionnant.
14:47Ça veut dire que ce recrutement, il faut une énergie phénoménale.
14:49Il faut en permanence être à l'écoute.
14:51Et aujourd'hui, une des réponses que l'on peut amener
14:53dans une taille justement d'ETI où on est structuré,
14:56on a des services de support, c'est finalement
14:58d'être en recherche permanente, d'être à l'écoute permanente,
15:01d'être sur la formation et de ne pas attendre d'avoir besoin.
15:03Je pense qu'un des pièges peut-être de se dire
15:05« je vais chercher à recruter ou à former quand j'en ai besoin ».
15:08En fait, non.
15:08Il faut être en permanence en éveil, en permanence en train de regarder
15:11en interne, en externe, le potentiel
15:13et recruter le moment où on le peut.
15:16Et la taille d'ETI, je pense, est une taille attirante.
15:19On est entre la PME qui a toujours le côté humain
15:22au centre de sa gestion
15:24et puis une taille d'entreprise qui permet de faire des beaux dossiers.
15:26Valentin ?
15:27Je vais rebondir sur ce que disait Erwan sur le recrutement.
15:30Parce qu'en fait, c'est les talents qui font nos entreprises,
15:32c'est nos équipes qui font la force de nos entreprises.
15:34Et donc, il faut qu'on arrive à attirer ces talents
15:36en proposant des parcours de carrière à nos jeunes,
15:38en leur proposant de la formation.
15:40C'est à nous d'accompagner pour promettre un avenir
15:43qui soit agréable à ces jeunes dans nos entreprises
15:45et sur le long terme.
15:46Jonas ?
15:47Un petit peu d'aide de nos politiques
15:48pour que pouvoir prendre de l'alternance
15:50soit moins onéreuse à nos entreprises.
15:52Prendre des alternants, aujourd'hui,
15:54ça nous coûte à peu près le même prix
15:56que d'avoir un salarié.
15:57En même temps, il faut l'accompagner, il faut le former.
15:59Et c'est vrai que d'être un petit peu plus accompagné
16:01par nos politiques, je pense qu'on pourrait avoir
16:04plus d'alternants dans nos entreprises
16:05et faciliter un petit peu nos recrutements.
16:07Comme le dit si bien Samuel Thuel, le patron d'Actual,
16:09faire du travail une chance, c'est plus que jamais d'actualité.
16:13Une question.
16:14Comment les ETI, aujourd'hui,
16:17peuvent se développer à travers,
16:19j'allais vous dire, un mot ou deux mots,
16:22l'optimisme de combat ?
16:25Tiens.
16:25J'évoquais la confiance tout à l'heure.
16:28On ne peut pas être optimiste si on n'est pas confiant,
16:30confiant dans l'autre, confiant dans l'avenir,
16:31confiant en soi-même.
16:32Ça commence par ça.
16:36Et travail.
16:37Le mot travail.
16:39Cité Samuel.
16:40Mais le travail,
16:41on a tellement dévalorisé la valeur travail.
16:43Alors là, on est en train d'encenser,
16:45tous ceux qui ont inventé les 35 heures,
16:47formidable.
16:48Je dis simplement que le travail,
16:50c'est la vie de tous les jours,
16:53la rencontre,
16:54la construction,
16:55l'ouverture d'esprit.
16:56Si on revalorise la valeur travail
16:58et qu'on dit que c'est un plaisir,
16:59une chance pour chacun de travailler,
17:01dans une petite,
17:01dans une moyenne,
17:02dans une grande entreprise,
17:03on aura gagné.
17:03Ce que disait Jonas,
17:04la première question que je t'ai posée,
17:05est-ce que tu es heureux de votre travail ?
17:06Bien sûr.
17:07Aujourd'hui, on parle tout à l'heure
17:09de réseaux,
17:10de groupements d'entreprises.
17:11Nous, on l'appelle le chassé en meute
17:12parce qu'on organise des salons,
17:14on part à quelques copains entrepreneurs
17:16pour pouvoir chasser en meute
17:18et rencontrer des gens
17:19et croiser les informations.
17:21C'est quelque chose qui est important.
17:25Je rebondis sur le sujet,
17:26c'est passionnant.
17:27On parle énormément de QVT.
17:29Et moi, je suis complètement d'accord
17:30avec la qualité de vie au travail
17:31dans l'effort.
17:32Et je rejoins complètement
17:33ce qui a été dit.
17:34Dans le travail,
17:35on peut trouver un moyen
17:37de s'épanouir.
17:38J'ai eu la chance dans mon entreprise
17:39de voir des couples se faire
17:41et ne pas se défaire d'ailleurs,
17:42ce qui est quand même assez exceptionnel.
17:43Et donc, il est possible
17:44dans le travail,
17:45dans le monde de l'entreprise
17:46de vivre des aventures extraordinaires.
17:48Et ça, il faut le mettre en avant,
17:49il faut le partager.
17:50Valentin ?
17:50J'aime beaucoup ces deux mots
17:51optimisme et combat
17:52parce que c'est un combat quotidien.
17:53On va au travail,
17:54on doit pouvoir pousser,
17:55on doit toujours être motivé
17:55pour aller travailler.
17:56Mais si on ne le fait pas
17:57avec le sourire,
17:57avec un optimisme,
17:58en se disant que ça va aller
17:59et que ça va bien se passer,
18:00ça ne marche pas.
18:00Donc, les deux sont hyper importants.
18:02Deux valeurs essentielles,
18:03vous savez,
18:03que vous avez
18:04et qu'on ressent sur ce plateau,
18:05c'est la volonté et l'optimisme.
18:06C'est des valeurs
18:07des entrepreneurs.
18:09En quoi l'inventivité stratégique
18:11des ETI
18:12est un atout
18:13pour la réindustrialisation
18:14de notre pays ?
18:16Alors, il ne faut pas prendre de retard.
18:17Quelle que soit la taille d'entreprise,
18:19et c'est encore plus vrai
18:19pour les ETI,
18:20petite anecdote,
18:21mon père,
18:22à l'époque où l'entreprise
18:23avait une vingtaine de salariés,
18:25achète un ordinateur.
18:26À l'époque,
18:26les ordinateurs faisaient
18:27la taille d'une pièce.
18:28Il faut toujours être en avant.
18:30Être en avant,
18:30ça veut dire se tenir au camp
18:32des nouvelles technologies.
18:32On parle beaucoup d'IA,
18:33évidemment, aujourd'hui.
18:35Les adapter dans nos entreprises,
18:36ne pas attendre
18:37que les choses s'installent,
18:38toujours être en amont
18:39et être plutôt pilote
18:41dans nos entreprises.
18:41Je crois que c'est indispensable
18:42pour garder des ETI moteurs.
18:45Pour une industrie française,
18:47il faut qu'on joue
18:47sur la qualité
18:48des produits qu'on fabrique
18:49et sur la durabilité
18:52et la longévité
18:52de ces produits-là.
18:53Pour moi,
18:54c'est primordial
18:54pour qu'on puisse lutter
18:55contre les produits
18:58manufacturés
18:58loin de chez nous.
19:00Jonas ?
19:00On parle de l'IA.
19:01De notre côté,
19:02on s'est fait effectivement accompagner
19:03pour essayer de l'intégrer
19:05le plus intelligemment possible
19:06et améliorer les rentabilités
19:07de nos entreprises
19:08et de nos actions.
19:09Nicolas ?
19:10De manière très pragmatique,
19:11nous, on avait une solution
19:11de formation digitale
19:12à tous les métiers
19:13de la main et de l'humain
19:13et on voulait la proposer
19:14à tous les CFA de France.
19:16Ça les a beaucoup intéressés
19:17pendant le Covid
19:18et puis beaucoup moins après.
19:20Comme on n'arrivait pas
19:21à rentrer là-dedans,
19:22on a créé notre propre CFA.
19:23Ça, c'est une agilité
19:24qu'on peut avoir
19:25dans une PME,
19:26dans une ETI.
19:26Il faut capitaliser à fond
19:28là-dessus
19:29jusqu'à ce qu'on soit
19:30peut-être trop gros
19:31pour avoir cette agilité.
19:32Mais c'est tellement chouette
19:32de pouvoir décider,
19:34implémenter, suivre, corriger.
19:36Détaille un peu ton CFA
19:37parce que c'est intéressant ça.
19:39Tous ces métiers
19:40de la main et de l'humain,
19:41comme on les appelle chez nous,
19:41c'est des métiers d'avenir pour nous.
19:43Notamment avec l'intelligence artificielle
19:44qui va bousculer
19:45pas mal de certitudes.
19:46Donc aujourd'hui,
19:47nous, on pense
19:47que dans les 5 ans à venir,
19:48on va avoir besoin
19:49de plus de plombiers,
19:50d'électriciens,
19:50de cuisiniers,
19:51de coiffeurs,
19:51d'esthéticiennes,
19:52de paysagistes,
19:54de menuisiers.
19:55Et donc,
19:56un, on forme
19:56en reconversion professionnelle
19:57mais aussi en apprentissage.
19:58des jeunes qui ont moins de 29 ans
20:00qui vont faire un apprentissage.
20:01Alors, ils peuvent le faire
20:02partout en France
20:02que notre solution digitale
20:03est accessible partout.
20:05La théorie en ligne,
20:06la pratique chez le patron,
20:07mais ça cartonne.
20:08500 nouveaux apprentis
20:09tous les ans en ce moment.
20:10C'est fantastique.
20:11Tu as cité un mot,
20:11je pense que ce n'est pas
20:12un gros mot,
20:12l'IA,
20:13l'intelligence artificielle.
20:14Est-ce que vous pensez
20:15que ça allait créer plus d'emplois
20:17ou plus s'en détruire ?
20:18On reste avec toi.
20:18Ça va changer
20:20les modes de travail.
20:22C'est-à-dire que oui,
20:23il y a des jobs
20:23à relativement faible valeur
20:25ajoutée intellectuelle
20:26qui vont probablement
20:27ne pas survivre à l'IA.
20:28Mais on a tellement de besoins.
20:30On a fait le recensement.
20:31Surtout le métier,
20:31il y a 650 000 emplois
20:32à pourvoir.
20:33Donc, venez vous former
20:33à la plomberie,
20:34à la menuiserie,
20:35au paysage,
20:36vous aurez du boulot.
20:37Et puis l'IA, en revanche,
20:38elle crée des opportunités.
20:39Nous, on s'appuie beaucoup
20:40sur l'IA pour mieux comprendre
20:41les aspirations,
20:43les envies des gens
20:43qui se forment chez nous
20:44pour qu'ils se forment mieux,
20:45plus vite
20:45et de manière plus efficace.
20:46Donc là,
20:47on ne sait que les opportunités.
20:48Erwan ?
20:48J'espère que je verrai
20:50l'époque où les travaux manuels
20:52seront revalorisés.
20:53Et tu l'as évoqué tout à l'heure,
20:54je pense qu'avec l'arrivée de l'IA,
20:56c'est quelque chose
20:56qui peut se passer.
20:57C'est maintenant Erwan.
20:58On a trop vécu cette époque
21:00où on disait
21:00« Ah, tu n'es pas très bon à l'école,
21:01tu vas faire du travail manuel. »
21:03Et puis, alors,
21:04dans le bâtiment,
21:04c'était extraordinaire.
21:05Tu es moyen,
21:05tu vas être électricien.
21:06Tu es mauvais,
21:06tu vas être menuisier.
21:07C'est complètement aberrant.
21:09On est des travaux nécessaires
21:11et qui ont un vrai savoir-faire.
21:12Et là, je pense qu'on est
21:13à un moment
21:13où les choses peuvent s'inverser.
21:14J'espère que j'aurai le plaisir
21:16de le voir.
21:16Et je trouve ce moment passionnant
21:18l'IA est une opportunité
21:19pour nos métiers
21:20où le travail manuel existe.
21:22Oui, Erwan.
21:23Tu sais, nous,
21:24à notre époque,
21:25quand on était jeunes,
21:26on nous disait
21:26« Si je ne suis pas à l'école,
21:28tirer à l'usine. »
21:29Aujourd'hui,
21:30c'est exactement l'inverse.
21:30Bien sûr.
21:31On peut le dire.
21:32Oui, tout à fait.
21:32Moi, je voulais être cuisinier
21:33quand j'avais 15 ans.
21:34Mon père m'a dit
21:34« Va plutôt faire des études. »
21:37Il m'a très bien encouragé, etc.
21:39Mais aujourd'hui,
21:39je veux que les jeunes,
21:40les parents et les proviseurs
21:41en fin de troisième
21:42qu'ils arrêtent de dire
21:42« Bon, allez bon,
21:43vous allez passer le bac
21:44et puis les cons,
21:44vous allez faire un métier minimuel. »
21:45Non, ça c'est fini ça.
21:47Métier d'avenir,
21:48métier de la main.
21:48On a parlé des jeunes.
21:49Je vais rentrer un peu
21:50dans l'intimité.
21:51Voulez-vous que votre fille
21:52ou votre fils
21:53vous suivent et pourquoi ?
21:55Sacré sujet.
21:56Donc moi,
21:56je suis la troisième génération.
21:58J'adorerais avoir
21:59une quatrième génération.
22:00Et en parallèle
22:01à la taille d'une ETI,
22:02ça va être l'entreprise
22:03qui va être vraiment primordiale,
22:05l'avenir de l'entreprise.
22:06Donc si je sens
22:07que l'un de mes enfants
22:08ou plusieurs de mes enfants
22:10ont la compétence,
22:11la capacité à y venir,
22:12je ferai tout
22:13pour qu'ils rentrent
22:13dans l'entreprise.
22:14Si je sens
22:15qu'ils ont d'autres appétences
22:16ou que ce n'est pas vraiment
22:17la meilleure voie pour eux,
22:19je ne les pousserai,
22:20je ne les obligerai pas
22:21à y aller.
22:22Alors,
22:23je n'ai pas d'enfant aujourd'hui,
22:24mais quand j'en aurai,
22:25absolument,
22:25je l'aimerai.
22:26Mais ce qui est le plus important,
22:28c'est les équipes
22:28dans notre entreprise.
22:29Et si je sens
22:30que les équipes sont en place,
22:31sont prêtes
22:35et je la transmettrai
22:36avec grand plaisir.
22:37Jonas ?
22:37Alors,
22:38on a une histoire
22:38un petit peu particulière.
22:39Le créateur est décédé
22:40assez jeune.
22:41Son fils avait repris
22:42l'entreprise.
22:43Il est également décédé
22:44assez jeune.
22:44Ce sont les enfants
22:45qui ont repris l'entreprise
22:46aujourd'hui,
22:47qui ont une trentaine d'années,
22:48Jules et Chloé.
22:49On vit cette PME familiale.
22:52C'est ultra important,
22:54comme vous l'avez montré,
22:56expliqué,
22:56quand c'est bien organisé,
22:57c'est quelque chose
22:58qui est une vraie opportunité,
22:59une vraie force
23:00d'avoir des entrepreneurs
23:03attachés à cette entreprise.
23:05Nicolas ?
23:05J'ai créé la boîte
23:06avec mon frère.
23:08Depuis,
23:08ma fille nous a rejoints.
23:09Mais,
23:10à aucun moment,
23:11on s'est dit
23:12que l'idée,
23:12c'était de construire
23:13une dynastie familiale.
23:15L'objectif principal,
23:16c'est que la boîte
23:17dure,
23:18perdure,
23:18parce qu'elle a une très belle mission,
23:19aider chacun à s'accomplir.
23:21Avec un bergerot dedans
23:22ou sans bergerot dedans,
23:22ça ne changera rien.
23:23Ce qu'il faut,
23:24c'est qu'elle progresse.
23:24Voilà,
23:25avec un point GPS loin.
23:26Exactement.
23:27Une vision.
23:27Une vision.
23:28Et une confiance.
23:28De l'ambition,
23:29de la confiance.
23:29Et une confiance.
23:30Et on arrivera avec la croissance.
23:31Et du sourire.
23:32Aider chacun à s'accomplir.
23:34C'est notre mission.
23:34Ça commence par nous,
23:35le staff,
23:36et puis les clients.
23:37C'est presque la phrase
23:37de la conclusion.
23:38Aider chacun à s'accomplir.
23:39Merci beaucoup,
23:40Erwan Croix-Marie.
23:42Merci,
23:42Nicolas Bergerot.
23:43Merci,
23:44Valentin Cheneau.
23:45Merci,
23:46Jonas Cheneau.
23:47J'ai une chose
23:48à vous dire également.
23:49On n'est rien
23:49sans les équipes.
23:50Et je voulais les remercier
23:51une fois de plus,
23:52les femmes et les hommes
23:53qui travaillent à mes côtés.
23:55Merci au chef de plateau,
23:56Charlotte.
23:57Merci au chef d'édition,
23:58Julien.
23:58Merci à la réalisation.
24:00Stéphane qui nous suit
24:01depuis de nombreux épisodes.
24:03Julien au son.
24:06Léo sur toute la partie
24:07trucage,
24:08comme vous pouvez le voir,
24:09avec les vidéos
24:10qui se lancent,
24:10etc.
24:11Et puis nous charger
24:12de prod,
24:13Hugo et Justine.
24:13Et je n'oublie pas,
24:14bien évidemment,
24:15Camille qui est à mes côtés
24:17depuis maintenant
24:18quatre ans
24:19sur cette émission.
24:21Merci messieurs
24:21et à la prochaine.
24:23Ciao.
24:23Merci, merci.
24:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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