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Mardi 23 juin 2026, retrouvez Hervé Nougier (Président, Mediatech), Antoine Duboscq (Président, Wimi), Fabien Lavabre (Directeur de la Sécurité, Tixeo) et Thomas Baignères (CEO, Olvid) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech. Aujourd'hui je lance une nouvelle série,
00:12elle s'appelle Indépendance Tech. Voyez-y ce que vous voulez, en tout cas l'idée c'est de
00:17vous présenter l'écosystème français qui permet de faire une bascule vers des logiciels, des
00:22outils, vous verrez on va parler de visio, de messagerie, de suites logicielles notamment mais
00:27aussi d'hébergement vidéo avec des solutions françaises qui peuvent vous intéresser, donc
00:32restez connectés. Et si c'était le jour pour basculer vers une solution française, quels que soient les
00:43outils que vous utilisez ? Regardez cette émission, vous avez découvert on a un écosystème très riche,
00:47oui on a le choix pour gagner en indépendance dans les outils technologiques qu'on utilise.
00:52Autour de la table démonstration, Hervé Nougy est avec nous, il est président de Mediatek,
00:57société éditrice de Streamlike. A côté de lui Antoine Dubosc, président de WeMe, en face Thomas
01:04Bénière, le CEO de Holvid. Je vais vous présenter toutes ces solutions, vous allez voir il y en a
01:10énormément si vous voulez choisir les solutions françaises. Mais on va commencer avec vous Fabien
01:14Lavard, vous êtes le directeur de la sécurité chez Tixéo, éditeur français de solutions de visioconférence,
01:20parce qu'on en fait tellement de la visio, mais tellement peu avec des outils français quand
01:25même, il faut le dire. Et pourtant ça existe, donc solutions de visioconférence collaboratives sécurisées,
01:30vous vous adressez à qui ? Vous plutôt les petites entreprises, les grandes, le grand public ?
01:36Alors on s'adresse essentiellement à toute personne qui veut protéger ces communications de
01:43manière sécurisée. Donc effectivement historiquement Tixéo fait de la visioconférence sécurisée,
01:49à ce titre on passe régulièrement des certifications au niveau de l'ANSI. On est en cours de la quatrième
01:57CSPN,
01:58donc une certification de premier niveau. Et nos solutions sont proposées essentiellement à toutes les
02:05entités qui ont des besoins accrus dans la criticité des communications, que ce soit pour la gestion de
02:12crise, pour le travail au quotidien, pour simplement être sûr que les données d'un CODIRE, d'un COMEX, des
02:19données
02:20commerciales éventuellement, soient en sécurité, puisqu'une interception n'est pas possible avec notre
02:25technologie. On utilise du chiffrement de bout en bout, ce qui garantit le fait que depuis par exemple
02:34un poste de travail, on ne puisse pas être intercepté jusqu'à la personne à l'opposé. On passe par
02:40des serveurs qui vont
02:41simplement faire ce qu'on appelle du routage dans le jargon technique. Et contrairement aux solutions par exemple
02:47américaines, il n'y a pas d'interception possible au niveau des serveurs qui peuvent du coup récupérer, déchiffrer les
02:54communications, en faire potentiellement un bon usage ou ce qu'ils en veulent, afin ensuite de les rechiffrer et faire...
03:01Ils ont bien des solutions américaines sécurisées quand même. Pas du même niveau, c'est autre chose.
03:06Pas du même niveau ? Tout à fait. Ce que vous dites aujourd'hui, c'est que vous avez le
03:09niveau le plus haut de sécurité sur la confidentialité des communications ?
03:13Exactement. Exactement. Pour les visioconférences ? Oui. D'accord, donc ça c'est vraiment votre positionnement ? Tout à fait.
03:19Donc ça veut dire que vous adressez plutôt des administrations françaises, des entités critiques ? Alors on s'adresse effectivement
03:24aux entités critiques.
03:26La plupart de nos clients sont dans ce qu'on appelle la BITD, donc l'industrie de défense française. On
03:33a tous les acteurs de défense, on a les acteurs aussi dans le domaine bancaire, dans le domaine étatique.
03:40Et puis après, dans les hôpitaux, tout un tas d'organismes qui ont besoin à un moment donné d'échanger
03:45et d'être sûrs que la sécurité ne sera pas remise en question.
03:48D'accord, et donc c'est une solution fabriquée 100% maison ? 100% maison, ça fait 20 ans
03:54que TXO existe. On a créé notre propre stack, alors c'est la pile technique qui part aussi bien du
04:00réseau qu'aux outils de communication
04:03et le chiffrement de bout en bout qui est aussi fait maison. Et du coup, on apporte vraiment ce gage
04:10de souveraineté où...
04:12Ça vous plaît ça, ce terme de souveraineté ? Tiens, je voulais vous poser la question à tous. Vous êtes
04:16content que tout le monde ait ce mot à la bouche en ce moment ?
04:19Alors oui, parce que du coup, ça va dans la tendance de ce qu'on crée depuis de nombreuses années.
04:25Maintenant, pour moi, c'est même une logique, c'est-à-dire qu'on devrait d'abord privilégier les outils
04:30nationaux,
04:31une préférence à la française, avant de voir s'il n'y a pas d'autre solution peut-être à
04:35l'étranger. C'est ce que font les États-Unis avec d'abord une préférence nationale.
04:39Oui. Petit tour de table sur ce sujet de la souveraineté. Ça vous plaît, ce terme de souveraineté ? Vous
04:45trouvez qu'il est bien employé ?
04:47Le terme en particulier, je ne sais pas, mais les raisons qui poussent à l'employer plus régulièrement, en fait,
04:51j'ai l'impression que les gens prennent conscience
04:54qu'il y a un sujet. Il y en a toujours eu un, quelque part, mais maintenant, c'est devenu...
04:57Tout le monde en a pris conscience. Et ça, je pense que c'est important.
05:01OK. Et pour vous, c'est un terme adapté ?
05:05C'est adapté, c'est un objectif, mais il ne faut pas que ce soit un buzzword, que ce soit
05:09juste un élément de marketing,
05:11comme on a eu aussi sur l'éco-responsabilité, des choses comme ça, où tout le monde...
05:17Tout le monde se...
05:18Mais là, c'est difficile de faire du souveraineté washing, parce qu'à part prendre vraiment une solution...
05:24Ah, ben, ça dit, je dis ça, mais non, oui, on peut, c'est possible.
05:27C'est pas forcément impossible. La souveraineté, de notre point de vue, c'est beaucoup de choses.
05:33C'est pas forcément atteignable à 100% dans certains cas de figure. Dans notre cas de figure, c'est
05:37un petit peu compliqué.
05:40Mais donc, c'est un objectif qu'on veut atteindre.
05:43Et certains vont, juste parce que leur hébergement est français, par exemple, se considérer comme souverain,
05:49il y a beaucoup d'autres choses. Il y a la gouvernance, il y a la portabilité des données, il
05:53y a un certain nombre de choses.
05:54C'est vrai.
05:54Donc, c'est un ensemble.
05:56Et pour vous, Antoine ?
05:57Oui, le terme de souveraineté numérique qui s'est imposé à nous, aux acteurs, finalement, c'est pas nous qui
06:01avons choisi ce terme.
06:03Il a été notamment choisi par le président de la République lorsqu'il a inscrit ça dans l'émission et
06:10dans les titres à partir de l'élection 2017
06:13de ministres du ministre des Finances et maintenant aussi des ministres délégués au numérique.
06:21Donc, la souveraineté numérique, il y a une connotation politique dans le terme.
06:26Et c'est pas tout à fait étonnant, mais en réalité, ce qui se passe au plan géopolitique, aussi, on
06:34ne peut pas ignorer qu'il y a une dimension politique
06:36dans ces sujets de souveraineté. Vous utilisez le terme d'indépendance qui a aussi ces connotations politiques.
06:42Et en réalité, qu'on le veuille ou non, il y a une dimension technique, il y a une dimension
06:46politique dans tous ces sujets qu'on ne peut pas ignorer.
06:51C'est intéressant parce que Hervé disait qu'on ne peut pas forcément garantir qu'on va être 100%
06:57français sur toutes les strates.
07:00Vous pensez qu'il faut avoir cette exigence, vraiment, d'être souverain de bout en bout, comme vous faites du
07:07chiffrage de bout en bout ?
07:09Alors, disons que nous, au niveau logiciel, on est 100% souverain.
07:14Au niveau de l'entreprise, on est également. Au niveau des financements, on l'est aussi.
07:19Ce qu'il faut comprendre, c'est que si on parle de l'entièreté de la souveraineté, il faut aborder
07:27la couche énergétique.
07:28Jusqu'à la couche, maintenant, on parle de LLM, donc de tout ce qu'il y a.
07:32Et toute cette phase de transition, on va retrouver des acteurs.
07:35Et aujourd'hui, on n'a pas le choix que de se baser tôt ou tard sur des acteurs, notamment
07:39américains ou chinois, pour certaines puces, etc.
07:44Il se trouve qu'on est tous obligés, tôt ou tard, surtout sur la partie hardware, de faire appel à
07:49des technologies étrangères.
07:50Oui. Et alors, donc, comment est-ce que vous adressez cette problématique ?
07:55Si vous travaillez, vous, vous dites avec des entités critiques, vous leur faites une promesse sur une partie, finalement, de
08:01la chaîne de leur communication ?
08:04Alors, oui et non. C'est-à-dire qu'en fait, nous, à TXCO, on permet d'utiliser le logiciel,
08:09soit sur notre propre cloud, qui est hébergé en France, chez HotScale, donc filiale de Dassault.
08:16De Dassault Systèmes, oui.
08:17Mais on peut aussi le donner à ce qu'on appelle une premisse, c'est-à-dire directement au client,
08:23et lui, le met dans son propre data center.
08:25A lui, la charge d'assurer la sécurité, la localisation des données et tout ce qui va autour.
08:31D'accord.
08:31Donc, c'est comme ça qu'on peut garantir cette souveraineté. C'est aussi au client de faire l'effort,
08:38on peut l'accompagner, d'installer comme il se doit ce qui va avec.
08:42Et par exemple, aujourd'hui, on parle beaucoup d'IA. Chez TXCO, on utilise différentes IA, dont Mistral.
08:50Mais Mistral, c'est le produit NEMO, ce qui fait qu'on peut le fournir à nos clients, qui peuvent
08:58l'installer chez eux, puisque ça peut tourner en local.
09:00Et donc, on n'a pas besoin d'avoir une connexion permanente vers l'extérieur, dans un cloud, où on
09:06pourrait se poser la question sur les données.
09:07Pourquoi ? Pour résumer ce qui s'est dit lors de la question.
09:09Pour les résumés, les transcriptions, les traductions aussi, puisque du coup, on peut traduire une vidéo après coup.
09:17Voilà.
09:18Donc, aujourd'hui, vous offrez une gamme de services qui est à peu près équivalente à ce qui se fait
09:22avec les outils plus largement utilisés, on va dire.
09:25Oui, tout à fait.
09:27Bon. Thomas Bénière, vous êtes le CEO d'Olvid, messagerie instantanée, française donc, chiffrée de bout en bout.
09:35Donc, vous êtes un petit peu cousin, finalement.
09:37On est, on se connaît bien.
09:38En matière de technologie, vous connaissez bien. Vous travaillez ensemble, peut-être ?
09:41Alors, pas en ce moment, en tout cas. Mais on a travaillé ensemble par le passé, puis on se croise
09:46très souvent.
09:47Voilà, on a des problématiques similaires. Voilà, tout ce qui a été dit.
09:50Là, ça résonne, mais en fait, on a le même genre de situation.
09:53Est-ce que Olvid, de la même façon, c'est plutôt destiné, d'ailleurs, à des entités critiques ?
09:57Alors, ça peut l'être, mais on avait une ambition un peu folle, et on l'a toujours, d'ailleurs,
10:02de créer une messagerie, en fait, qui s'adresse à tous.
10:05Donc, nous, le parti pris, c'est de dire, il n'y a pas tellement de raison.
10:08Dès lors qu'on a un produit qui est simple à utiliser, avec un très haut niveau de sécurité, on
10:12considère que c'est bien de le rendre accessible, gratuit.
10:17Voilà, il y a aussi, donc, au-delà des...
10:19Le président de la République dit utiliser Olvid.
10:21Tout à fait, voilà. Et on en était très heureux, donc on le savait, évidemment, mais on n'avait évidemment
10:25pas le droit de le dire.
10:27Donc, nous, on le savait, mais on se taisait là-dessus, donc on était vraiment très, très heureux qu'il
10:30le fasse savoir,
10:31parce que c'est des choses qui ont un impact, notamment à l'international, qui est absolument énorme.
10:36C'est-à-dire qu'à un moment donné, avant, disons, ces déclarations-là, on était quand même une messagerie
10:40très franco-française.
10:41Depuis, on a des utilisateurs, enfin, la courbe d'utilisateurs, des européens étrangers a explosé.
10:46Parce que vous dites, moi, je rêve finalement de m'adresser à tout le monde, mais alors, qu'est-ce
10:50qui fait la spécificité ?
10:51Pourquoi on va aller voir Olvid si on n'a pas forcément de protéger des conversations secrète-défense, quoi ?
10:57Alors, mon point de vue, c'est la protection des données personnelles.
11:00C'est-à-dire qu'on est, on va dire, un état d'esprit assez français, européen, dans lequel le
11:05produit est conçu.
11:06En deux mots, quand vous allez voir des solutions américaines, ou du TikTok, ou de l'Instagram,
11:12fondamentalement, on va aller vous expliquer que c'est gratuit, effectivement, vous n'avez rien déboursé pour l'utiliser,
11:16mais il faut bien qu'il se rémunère, et il se rémunère sur le temps que vous allez passer devant
11:18votre écran.
11:19Et donc, ça veut dire que leurs ingénieurs, une de leurs tâches, une des plus fondamentales,
11:23c'est de faire ce qu'il faut pour créer des algorithmes qui vont faire que vous allez rester.
11:27Je pense que leur premier concurrent, c'est le sommeil.
11:29Ce n'est pas du tout l'état d'esprit dans lequel, nous, on a envie de créer des produits.
11:32Nous, la personne qu'on respecte, c'est celle qui est juste à son écran.
11:35Si elle veut utiliser Olvid une fois par mois, par an, très bien.
11:38Si elle veut utiliser 2000 fois par jour, très bien.
11:41Elle en fait bien ce qu'elle veut.
11:42On ne va pas l'inciter à y revenir.
11:44On est à son service, et ce n'est pas l'inverse.
11:46Ce qui est très différent par rapport aux messageries qu'on connaît, c'est qu'elles ne se connectent pas
11:50à notre carnet d'adresse.
11:51Tout à fait.
11:52Donc ça, c'est une autre particularité, c'est qu'on ne demande pas de données personnelles pour fonctionner.
11:56Je veux dire que c'est un peu perturbant, parce qu'on se dit, comment je vais me connecter à
12:01mes contacts ?
12:02Mais bon, une fois qu'on a compris le fonctionnement, il n'y a pas de soucis.
12:05Et ça permet de faire réagir, justement, quand d'autres outils nous demandent d'avoir accès aux photos, aux vidéos,
12:12au carnet d'adresse.
12:13On se dit, ah oui, en fait, on peut faire autrement.
12:15On peut.
12:16Typiquement, la première chose, c'était les photos qui, moi, m'horripilaient.
12:20Des applications qui demandaient un accès permanent à toute la pellicule.
12:23Donc, on ne parle pas juste des photos qu'on décide de partager avec l'appli.
12:25On parle des photos, de toutes les photos qu'on va prendre, qu'on a prises et qu'on prendra
12:30dans le futur.
12:31Quand bien même on n'utilise pas l'appli, tout d'un coup, on lui a donné un droit.
12:33Pour peu qu'on l'oublie, elle y a juste accès.
12:35Oui, c'est assez fou.
12:39Sur ce besoin qu'on a aujourd'hui de protéger les données, est-ce qu'il y a un peu
12:45une touche française ?
12:46Est-ce que c'est un sujet, il vous semble particulièrement français ?
12:50C'est vrai qu'on peut se dire qu'on peut se féliciter en Europe d'avoir le règlement européen
12:53sur la protection des données personnelles,
12:55d'avoir eu la CNIL qui était très en pointe en France sur ces sujets-là déjà.
12:59Est-ce que ça fait partie, parce que vous avez chacun des solutions différentes,
13:03d'une préoccupation que vous avez peut-être plus que vos concurrents étrangers ?
13:07Mon sentiment, c'est que oui.
13:09Pardon d'intervenir là-dessus.
13:10Il faut penser de constater que vous avez parmi les meilleurs du monde à la table pour vous dire
13:15« Nous, on a développé des solutions dans divers domaines. »
13:18Et comme le disait XO tout à l'heure, est-ce qu'il y a des solutions similaires, on va
13:21dire, étrangères ?
13:21La réponse est non, en fait.
13:23Et c'est presque surprenant, d'une certaine manière, parce que si on l'a fait, c'est que ce
13:26n'est pas impossible de le faire.
13:27Il ne faut pas non plus se faire plus grand qu'on est.
13:29Donc c'est technologiquement faisable.
13:30Il y a des ingénieurs qui sont capables de le faire.
13:32Il se trouve que ces solutions, elles arrivent en France, en Europe.
13:34Parce que le besoin de confidentialité, tout le monde l'a.
13:36Oui, tout à fait.
13:38On avait, je pense, fini par voir le numérique comme une commodité, un outil pratique,
13:46mais qui n'avait pas d'enjeu, finalement, sérieux.
13:50Et certainement pas stratégique.
13:52Ce qui est nouveau, c'est que c'est la prise de conscience du caractère stratégique du numérique.
13:57Alors, c'était déjà le cas pour ce qui est des industries de défense,
14:00et pour ce qui est des sujets comme des groupes comme Thalès et d'autres de la BITD que vous
14:04évoquiez tout à l'heure,
14:06et qui avaient des systèmes souvent propriétaires.
14:09Et la France fait partie des pays qui sont dans le domaine de la défense.
14:14C'est un des premiers exportateurs au monde.
14:17En même temps, en France, on a aussi beaucoup de voix qui s'élèvent du côté du ministère de l
14:23'Intérieur
14:23pour dénoncer l'absence de portes dérobées, de messageries dans lesquelles on ne peut pas pénétrer.
14:30On a déjà eu beaucoup ces débats ensemble, et c'est un peu paradoxal.
14:34Je peux vous faire réagir, peut-être.
14:37Est-ce que vous connaissez bien ce milieu ?
14:38Je connais bien ce milieu, tout à fait, pour être un ancien de certains services du ministère de l'Intérieur
14:44aussi.
14:45Effectivement, le côté policier ou des magistrats, c'est de pouvoir avoir accès aux données,
14:51puisque du coup, il faut pouvoir avancer dans les enquêtes et, in fine, pouvoir trouver les auteurs.
14:57De l'autre côté, nous, on pense que ce n'est pas en donnant, entre guillemets, des bacs d'or
15:04qu'on va déjà, un, assurer la sécurité garantie du produit tel qu'on l'a aujourd'hui,
15:07et, deuxièmement, ça reviendrait simplement à faire en sorte que la délinquance,
15:12elle utilise d'autres moyens que nous.
15:16À l'asier des produits étrangers, on va déplacer le problème.
15:21Donc, ça ne réglerait pas le problème à l'arrivée.
15:23Donc, il ne faut pas détériorer notre niveau de sécurité.
15:27Nos clients nous font confiance.
15:28Je pense que c'est important de le préciser, quelles que soient nos solutions.
15:31Et il faut vraiment, au contraire, garantir cette sécurité, prouver...
15:36Aujourd'hui, c'est aussi un nouveau terme qui va arriver,
15:39qu'on est résilient aux chiffres quantiques, puisqu'on parle de ses futures obligations,
15:44qu'on est sur des certifications estampillées par l'ANSI,
15:49qu'on a certains qui sont, c'est que NIMcloud aussi,
15:52pour s'assurer que le service est, de manière globale, sécurisé.
15:56Et tout ça, ça va rassurer le consommateur final,
15:58qui aujourd'hui, essentiellement, est du privé, au sens entreprise.
16:02Mais ça rassure quand même de savoir que les données sont protégées au mieux.
16:07Allez, on passe à l'hébergement vidéo,
16:08puisqu'il n'y a pas que des Américains dans ce domaine.
16:11Il y a aussi Streamlike.
16:14Hervé Nougier, vous êtes le président de Mediatek,
16:16qui est la société éditrice de cette plateforme Streamlike.
16:19Expliquez-nous ce que ça fait par rapport à ce qu'on imagine dans l'hébergement vidéo.
16:25Quelle est la spécificité de Streamlike ?
16:27Déjà, l'hébergement vidéo, on a tendance à faire une confusion,
16:31à se dire que si on doit déposer une vidéo, c'est sur YouTube.
16:35Ou Dailymotion.
16:36Oui, Dailymotion, qui sont des réseaux sociaux.
16:40En fait, on confond un petit peu tout ce qui va être solution professionnelle
16:45d'hébergement et de diffusion,
16:47avec des réseaux sociaux qui ont une vocation totalement différente,
16:51basée sur l'économie de l'attention, etc.
16:53Et puis, quand on parlait à l'instant de sensibilité à la protection des données,
16:59l'utilisation d'un réseau social veut dire qu'on accepte le dépôt de cookies
17:02et qu'on va donner accès aux données des visiteurs.
17:06Donc, on est sur un domaine qui est complètement différent.
17:09Nos clients sont principalement des grosses entreprises.
17:12Ce sont des grands groupes, industriels, banques, énergie, etc.
17:18Et donc, on gère tous leurs actifs digitaux,
17:25tous leurs contenus, que ce soit pour de la formation,
17:31donc de la communication interne, mais aussi de la communication externe,
17:35de manière souveraine, contrôlée, maîtrisée.
17:39Il n'y a pas de partage de la propriété,
17:42il n'y a pas tous ces mécanismes que vous retrouverez sur des réseaux sociaux.
17:47Et pourtant, beaucoup d'entreprises, d'organismes publics, etc.
17:52vont continuer à utiliser par facilité, par économie,
17:57probablement aussi, des réseaux sociaux
17:59pour diffuser des contenus qui ne sont pas destinés à buzzer.
18:03Mais alors, ces contenus-là hébergés sur Streamlight
18:06peuvent quand même être utilisés pour faire un peu de trafic sur les réseaux sociaux ?
18:11Bien sûr.
18:11L'un n'empêche pas l'autre.
18:12Sur les réseaux sociaux, pas forcément.
18:14En fait, la plupart des utilisateurs, je vais reprendre l'exemple,
18:19on a parlé tout à l'heure du président de la République
18:21qui utilise une messagerie souveraine, sécurisée, etc.
18:25Sur le site de l'Elysée, vous avez des vidéos qui sont hébergées par YouTube.
18:31Ce qui veut dire que le visiteur partage ses données, etc.
18:37Ça veut dire que, quelque part, quand une entreprise met une vidéo YouTube sur son site,
18:43elle accepte que d'autres contenus puissent venir, des contenus associés, etc.
18:47Donc, en fait, au niveau maîtrise, on n'est pas du tout...
18:50C'est zéro, en fait.
18:51C'est zéro maîtrise, zéro souveraineté à ce niveau-là.
18:53Donc, en termes de gouvernance, en termes de tout ça.
18:58Donc, nous, on ne va pas alimenter les réseaux sociaux avec nos vidéos.
19:02Par contre, un client qui met ses vidéos chez nous a la possibilité de se construire,
19:08par exemple, son propre réseau social, sa propre communauté.
19:11On a une banque qui fait ça, avec tous ses collaborateurs qui font partie d'une communauté,
19:17qui peuvent poster leurs vidéos, se connectent en SSO.
19:21Donc, ils sont connectés avec leur annuaire interne.
19:23Ils sont reconnus sur la plateforme.
19:25Ils peuvent mettre des commentaires, etc.
19:28Et toute cette communauté appartient à la marque.
19:33Elle n'appartient pas à un tiers américain.
19:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous êtes sur YouTube, vous n'avez pas accès à votre communauté.
19:38Et les clients qui adoptent votre solution, c'est leur motivation principale ?
19:44Pourquoi est-ce qu'ils viennent vous voir ?
19:46Alors, la motivation, c'est vraiment la maîtrise des contenus.
19:49C'est un petit peu...
19:51Alors, ce n'est pas vraiment un critère, mais on s'est vraiment engagé sur l'éco-responsabilité.
19:58Donc, ça fait, en tout cas depuis 2019, qu'on s'est intéressé à l'impact environnemental du streaming.
20:03On a travaillé avec le Shift Project.
20:06Et il a mis en place une mesure des émissions de gaz à effet de serre liées aux vidéos, etc.
20:13Donc, on a beaucoup de clients qui sont très sensibles à ça, mais ils ne sont jamais venus pour ça.
20:17Alors, en fait, ça fait partie des critères.
20:19C'est le cadeau bonus.
20:21C'est le cadeau bonus.
20:22Et quelque part, l'aspect français, souveraineté ou indépendance, c'est aussi un petit cadeau bonus.
20:27Donc, on vient pour la technologie, la maîtrise des contenus et le service.
20:33Et après, on a des bonus.
20:35Antoine Dubois, vous êtes le président de WIMI.
20:38Donc, on va parler avec vous de la possibilité d'avoir des suites collaboratives françaises.
20:43Oui.
20:44Mais c'est-à-dire ?
20:45Notre sujet, c'est qu'on adresse un besoin qui est celui de la collaboration dans sa globalité
20:51pour les organisations qui utilisent des suites collaboratives,
20:54ce qui est devenu aujourd'hui d'usage commun,
20:58marché dominé par ce qu'on appelle les suites des hyperscalers,
21:01des grandes suites américaines.
21:02On n'a même pas besoin de les citer.
21:05Et jusqu'à présent, il n'y avait pas vraiment d'alternative.
21:08Donc, il y a des approches, des acteurs qui offrent des solutions sur telle ou telle brique
21:15et qui peuvent être très bonnes.
21:19Mais il y a un certain nombre de clients qui ont besoin d'avoir une approche plus globale,
21:23plus intégrée.
21:24Et c'est là qu'on parle d'une suite collaborative.
21:27Alors, c'est plus compliqué en un sens,
21:29parce qu'il faut pouvoir offrir l'ensemble pour que ce soit sans couture
21:34et qu'il n'y ait pas de fuite de données depuis la visio, les emails,
21:40le partage de documents, le drive et la messagerie instantanée, etc.
21:45Et donc, ce sont des investissements longs.
21:48Comment construire une suite collaborative made in France, alors ?
21:51Alors, nous, ça a été notre point de départ, l'entreprise a 15 ans.
21:54Ça a été notre point de départ, cette vision d'avoir une approche intégrée globale.
21:59C'est difficile de le faire, à vrai dire, si on ne l'a pas conçue dès le départ comme
22:03ça,
22:03parce qu'au point de vue technique, la logique, l'architecture,
22:06nous, notre point de ancrage, c'est ce qu'on appelle le projet.
22:09Les organisations travaillent en général par projet, pas forcément par type de contenu.
22:15Le développement du collaboratif s'est fait dans les années 2010,
22:18surtout sur des verticales.
22:21Par exemple, dans les documents, il y a eu Dropbox,
22:25et puis Box, et puis dans les messages instantanés, il y a eu Slack, etc.
22:32Mais finalement, les usages modernes, l'évolution du travail,
22:35fait qu'on a besoin d'une même plateforme dans laquelle un même projet.
22:38Dans un projet, on va travailler avec une messagerie.
22:42Donc, nos clients, la plupart du temps, l'utilisent pour,
22:44lorsqu'on travaille sur des projets de 5, 10, 15, 20, parfois 200 personnes.
22:49Typiquement, vous avez 200 ingénieurs sur un projet complexe
22:52dans le domaine d'une industrie industrielle ou aérospatiale.
22:57C'est parfois pour des petites équipes.
23:01Et à partir de là, il faut pouvoir avoir une offre qui soit intégrée.
23:04C'était notre projet.
23:07Donc, c'est un outil de travail collaboratif
23:09et qui réunit l'ensemble des outils dont on a besoin
23:13pour travailler ensemble à distance.
23:15Voilà, c'est ça.
23:16Travailler ensemble à distance.
23:17Le travail a beaucoup évolué ces dernières années.
23:20Maintenant, sur un projet, il y a plus de parties prenantes
23:22qu'il y a quelques années.
23:24Parce que, par exemple, un projet dans une entreprise,
23:25on va vérifier sa compatibilité écologique.
23:28Par exemple, on va impliquer d'autres parties prenantes.
23:31Il y a l'État où les collectivités locales peuvent être parties prenantes.
23:34Donc, sur un sujet, si le sujet est un peu sensible,
23:39paradoxalement, il faut l'exposer à plus de personnes.
23:41Donc, on a une problématique de gestion des droits, en particulier.
23:44Tout le monde n'a pas accès à la même information.
23:47Donc, il faut que la plateforme puisse gérer ça.
23:50Et donc, votre spécificité, c'est aussi sur le sujet de la sécurité ?
23:54Oui, les deux vont vraiment de pair.
23:59La sécurité numérique et la souveraineté numérique.
24:02Parce qu'en réalité, si on a une souveraineté sans sécurité,
24:05c'est une passoire.
24:07Et donc, en réalité, on a une illusion de souveraineté.
24:10Et la sécurité sans souveraineté,
24:12ça pose des problèmes pour de plus en plus de groupes en Europe,
24:16dans les industries, dans la banque.
24:19C'est notamment, par exemple, le risque juridique.
24:21On n'a pas évoqué là le Patriot Act.
24:24En fait, les États-Unis se sont dotés de tout un ensemble de règles.
24:28On a des raisons de penser que les Chinois vont aller dans des territoires similaires
24:32concernant certaines de leurs avancées technologiques, notamment dans l'IA.
24:36Donc, vous êtes, à partir du moment où vous utilisez un outil qui n'est pas souverain,
24:40vous êtes soumis à un droit qui est extra-européen
24:42et qui peut s'imposer à vous, qui peut coûter.
24:45Dans certains cas, on a vu des banques payer des amendes considérables
24:50qui se chiffrent en milliards d'euros.
24:51Donc, ça, c'est une prise de conscience qui a eu lieu.
24:55Et pour ça, il faut protéger l'ensemble de la chaîne.
24:57Est-ce que cette prise de conscience, elle est vraiment réelle à l'échelle, très largement ?
25:03Je ne suis pas certaine.
25:05Non, on avait fait un sondage, on avait demandé à Ipsos
25:07quelle était la sensibilité du grand public.
25:09Alors, nous, on s'adresse plutôt à des organisations qu'au grand public,
25:11mais ça nous intéressait de savoir, parce que finalement, à la fin,
25:13les utilisateurs, ce sont des collaborateurs, des salariés.
25:16Et on s'était rendu compte qu'il y a une véritable sensibilité au sujet.
25:19Mais simplement, les personnes se sentaient souvent impuissantes.
25:22Il n'y a pas finalement d'alternative.
25:23Donc, on a considéré que le numérique et la France étaient souveraines
25:26en matière, par exemple, aérospatiale,
25:29dans un cadre français pour les avions de chasse,
25:32européens pour d'autres domaines.
25:35Mais finalement, que le numérique, on avait renoncé.
25:38Et ce qui est nouveau, c'est que finalement, on repart au défi.
25:43Il n'y a pas de raison.
25:44La France est très, très avancée sur le numérique.
25:46Il y a beaucoup de Français qui sont à la tête
25:49ou dans des rôles éminents, aux États-Unis notamment et ailleurs.
25:53dans des postes numériques.
25:54La France, c'est vraiment le pays...
25:56On dirait que l'Allemagne est très connue pour ses machines outils.
25:59On est connus pour notre numérique.
26:00Donc, s'il y a un pays qui doit proposer une alternative dans le monde
26:03au match entre la Chine et les États-Unis,
26:06ça devrait être logiquement la France.
26:07Donc, vous êtes confiant, vous, tout cela autour de la table ?
26:10Vous y croyez qu'on peut imposer...
26:12Enfin, imposer...
26:13Que peuvent s'imposer presque naturellement
26:15des solutions françaises dans le numérique
26:17en alternative à celles des Américains ?
26:20Moi, j'y ai toujours cru.
26:22Oui.
26:22Je ne sais pas...
26:24Sinon, j'aurais peut-être pas fait ce qu'on a fait.
26:25Peut-être.
26:26Non, mais il y a des freins.
26:28Parce que...
26:29Oui.
26:29Il y a quand même des freins.
26:30Il y a des défis.
26:30D'abord, il n'y en a pas.
26:31C'est difficile de changer.
26:31D'abord, il y a la question des financements.
26:33Il faut changer les habitudes.
26:34Oui.
26:35Le frein culturel.
26:36Il faut se faire connaître aussi.
26:37Il faut se faire connaître.
26:37Que je vous invite.
26:39Absolument.
26:39Merci.
26:41Et puis, il y a...
26:43Si on prend des cas concrets qu'on rencontre,
26:46pour un directeur des systèmes d'information,
26:48un DSI, qui est typiquement le type de client
26:50dans les organisations qui va choisir une plateforme,
26:53il faut qu'il évalue un risque par rapport à un autre risque.
26:55Oui.
26:56Et donc, il y a les risques d'avoir une dépendance numérique.
26:59En face, il y a les risques de prendre des solutions
27:01qu'on ne connaît pas.
27:02Un challenger.
27:02Un challenger.
27:03Voilà.
27:04Donc, il faut rassurer aussi sur l'excellence.
27:06Il faut rassurer.
27:07Sur l'excellence du produit.
27:09On a l'ANSI, en France, l'Agence nationale de sécurité.
27:13C'est une formation qui est une des agences les plus...
27:15qui est peut-être l'agence la plus en pointe en Europe
27:17sur le système de sécurité.
27:19Donc, on a une des façons de rassurer, c'est d'aller...
27:21C'est un label qui aide.
27:22C'est d'aller chercher.
27:22Voilà.
27:23Donc, on est allé sur le Secnum Cloud,
27:24sur d'autres variants.
27:26Donc, on a le Secnum Cloud depuis peu,
27:28qui donne un élément de rassurance
27:30qui, pour nos clients dans notre marché, est important.
27:33Il y a d'autres éléments.
27:35C'est, petit à petit, la pénétration.
27:37Et c'est, je crois, ce qu'on connaît tous,
27:38les entrepreneurs du secteur.
27:39C'est-à-dire qu'on convainc les clients.
27:40Et puis, il y a un phénomène...
27:43Il y a un phénomène de pénétration progressive.
27:45Donc, quand on a un premier bon client un peu costaud,
27:47ça...
27:47Et puis, souvent, on rentre...
27:49Et puis, parfois, on pénètre un petit...
27:51Par un petit...
27:52Le client vous confie un petit sujet,
27:53puis il voit que ça marche et vous grossissez.
27:56Merci beaucoup d'être venu présenter vos solutions.
28:00Merci.
28:00J'espère que ça aura convaincu plein de monde derrière l'écran.
28:04Thomas Bénière d'Olvid,
28:05Hervé Nougier de Streamlike,
28:07Antoine Dubost de Wimi
28:09et Fabien Lavabre de Tixéo.
28:11Merci beaucoup.
28:12Merci à tous de suivre Smartech sur la chaîne Bsmart.
28:16On se retrouve très bientôt,
28:17pas plus tard que jeudi.
28:19On sera en direct à 10h45 pour débriefer de l'actu.
28:22Bonne journée à tous.
28:22Sous-titrage Société Radio-Canada
28:27Sous-titrage Société Radio-Canada
28:29Sous-titrage Société Radio-Canada
28:30Sous-titrage Société Radio-Canada
28:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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