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  • il y a 19 heures
Georges Fenech apporte des explications sur l'annulation du transfert de Rédoine Faïd : «Ce sont des individus extrêmement dangereux».

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Transcription
00:00Oui, effectivement, la décision de la juge de l'application des peines était quand même assez étonnante.
00:05Il faut quand même rappeler le profil d'Orévin Failly.
00:07Deux évasions, une par explosif, une deuxième par hélicoptère.
00:11Il faut rappeler qu'il a été aussi organisateur de hold-up qui ont entraîné la mort de la policière
00:16municipale Aurélie Fouquet.
00:18Donc, c'est un profil particulièrement dangereux.
00:20C'est pour ça qu'il est soumis, effectivement, à un régime strict de quartier de haute sécurité, on peut
00:25dire.
00:26Les anciens QHS qui, aujourd'hui, sont devenus des prisons de haute sécurité.
00:31Et si, aujourd'hui, les juges d'application des peines commençaient, effectivement, à organiser les conditions de vie dans les
00:38détentions, dans les prisons françaises,
00:40en s'intéressant à la dignité, je pense qu'il y aurait beaucoup, beaucoup, beaucoup de transferts à effectuer.
00:46Quand vous savez qu'il y a aujourd'hui 3 000 matelas par terre, compte tenu de la surpopulation carcérale,
00:53donc c'est un vrai souci. Mais en l'espèce, la Cour d'appel de Caen, la Chambre d'accusation
00:59de Caen, a heureusement annulé cette décision.
01:03Il y a eu sans doute quelques ajustements au niveau de la condition proprement dit de vie de Redouine Fahy,
01:09notamment l'accès au sport qui pourrait avoir droit, ou par exemple encore les activités culturelles,
01:16l'accès au téléphone fixe dans des conditions strictes.
01:19Voilà, donc je pense qu'il y a eu quelques ajustements, mais sur le fond de ces décisions rendues par
01:25les juges d'application des peines,
01:26il y a de quoi véritablement porter une réflexion globale.
01:29Est-ce qu'il appartient à un juge isolé d'application des peines d'organiser les conditions de détention dans
01:35ces établissements de haute sécurité ?
01:37Moi, personnellement, je ne le crois pas.
01:38Oui, puis c'est vrai que, Georges, ce qui peut étonner, c'était pour principe de contraire à la dignité
01:43humaine.
01:44Vous le rappeliez, il y a des détenus, et on l'a dit régulièrement sur ces plateaux, qui dorment sur
01:49des matelas, dans des cellules surchargées.
01:51C'est loin d'être le cas pour Redouine Fahy, il est dans une cellule seule, il a évidemment plus
01:56d'espace.
01:57Et on voit des juges d'application des peines qui se disent, pour ces détenus si dangereux,
02:02Redouine Fahy disait notamment que psychologiquement, ne pas serrer ses proches dans ses bras, c'était très compliqué.
02:07Parfois, on a du mal à comprendre comment un juge d'application des peines cède, entre guillemets, à ses arguments.
02:13Il n'a pas de condition de détention indigne, Redouine Fahy, de toute évidence.
02:16Il a des conditions de détention qui sont prévues par la loi, les décrets, qui ont été d'ailleurs validées
02:22par le Conseil d'État.
02:23Ce sont des mesures qui ont été mises en place par M. Darmanin.
02:27Effectivement, que voulez-vous ? Pas de parloirs familiaux avec des contacts,
02:30parce qu'il y avait des risques d'échange, d'introduction d'outils ou d'armes ou quoi que ce
02:35soit.
02:36Donc, il y a effectivement un lignaphone qui est aujourd'hui sécurisé entre le détenu et sa famille.
02:44Ce sont des individus qui sont extrêmement dangereux.
02:46Enfin, souvenez-vous de l'évasion Mohamed Amra, la mort des deux survivants.
02:51Là, on ne peut pas tomber dans de l'angélisme par rapport à des profils aussi dangereux.
02:56Ils sont détenus dans des conditions qui sont dignes, me semble-t-il, même si elles sont dures.
03:01Évidemment, les conditions sont dures puisqu'il est à l'isolement.
03:04Il n'a que deux heures de sortie de sa cellule.
03:06Mais ça, vous savez, les autres détenus aussi, c'est toujours difficile, les conditions de détention,
03:11compte tenu effectivement du manque de moyens.
03:13Aujourd'hui, les détenus n'ont pas accès au travail, il faut le dire.
03:15Donc, ils passent 22 heures sur 24 dans leur cellule, en réalité.
03:19Et ça, c'est un vrai sujet. La dignité, elle est là.
03:21C'est-à-dire qu'attend-on pour construire des places de prison
03:24et puis faire en sorte que chaque détenu puisse bénéficier d'un minimum
03:28pour pouvoir ensuite se réinsérer.
03:30Mais là, nous sommes sur des profils particulièrement dangereux.
03:33Il faut être extrêmement vigilant sur ces conditions de détention.
03:36Merci.
03:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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