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Sur le Zorg, en 1781, des personnes esclavagisées étaient enfermées dans un entrepont ravagé par la dysenterie, puis enregistrées comme une « cargaison ».

Numéro, sexe, âge, signes distinctifs… Lorsqu’une personne mourait, elle était simplement soustraite du total.

Ce passage de Siddharth Kara révèle comment la traite transatlantique avait transformé la barbarie en procédure administrative.

Source : Siddharth Kara, Le Zorg. La tragédie à l’origine de l’abolition de l’esclavage, éditions Paulsen, p. 112-115.


#LeZorg #TraiteTransatlantique #Histoire

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sur ce navire négrié, lorsqu'un être humain mourait, on le soustrayait simplement du total.
00:06Ce navire, c'est le Zorg. J'en parle beaucoup en ce moment.
00:08Nous sommes au printemps 1781, sur la côte de l'Or.
00:12Luke Collingwood, le capitaine, vient d'en prendre le commandement.
00:15Dans sa cabine, un lit, une table et une vaisselle, ainsi que du vin et de l'eau de vie.
00:20Juste sous ses propres pieds, des personnes esclavagisées sont enfermées dans l'entrepont.
00:25La compagnie demande d'abord à ses officiers d'acheter des femmes et des enfants.
00:29La majorité des captifs sont parqués à l'arrière directement sous la cabine du capitaine.
00:35Siddhar Kharat, dans l'ouvrage Le Zorg, écrit ceci, je cite.
00:46Ceci, vous le retrouvez à la page 113.
00:48Lorsque Collingwood descend dans l'entrepont, il est accompagné de marins armés, de pistolets et de sabres.
00:55La grille s'ouvre, une bouffée d'air qu'on qualifierait de fédide leur saute au visage et aux narines.
01:01La chaleur et l'humidité sont telles que, selon un marin britannique, les chandelles y refusent de brûler.
01:08Ça, toujours à la page 113.
01:09En 10 minutes, les chemises des officiers, des matelots, sont trempées.
01:13Mais les captifs, eux, vivent ici depuis des mois.
01:17Collingwood se fraye un passage parmi les malades et les morts.
01:20La dysenterie ravage l'entrepont.
01:22Les récipients destinés aux déjections n'ont probablement pas été vidés depuis la capture du navire.
01:29Les excréments ont, de ce coup, dû se répandre partout.
01:33Puis vient le geste qui résume toute la logique du système.
01:36À la page 114 de l'ouvrage, nous pouvons lire ceci, je cite.
01:39Collingwood commence un registre dans lequel il répertorie les êtres humains qui composent la cargaison.
01:43Pour chaque personne, un numéro, un sexe, un adulte ou un enfant, puis les signes distinctifs.
01:51Les morts sont soustraits du total et leur décès est classé par soie, fièvre, flux ou tout simplement suicide.
01:59Collingwood ordonne ensuite de faire monter les captifs pour les laver et les nourrir.
02:04L'entrepont est nettoyé.
02:05Puis, il doit reprendre l'achat d'autres personnes esclavagisées pour rejoindre l'île de Jamaïque.
02:10Le Zorg montre comment la traite transatlantique ne détruisait pas seulement les corps.
02:15Elle comptait, classait et soustrayait des vies humaines.
02:19La barbarie avait un registre.
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