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  • il y a 5 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Voilà ce qu'on pouvait dire pour les incendies, on va y revenir dans la deuxième partie de l'émission
00:03bien sûr, mais là maintenant nous allons reparler du piratage du fisc.
00:07Alors que les données fiscales d'environ 700 000 Français ont été dérobées il y a quelques jours, le parquet
00:12de Paris a ouvert une enquête, on sait que déjà ces données ont tout ou partie d'ores et déjà
00:17été revendues.
00:18Mais enfin, on va reprendre déjà l'affaire dans son ensemble avec vous Julien Migomuller, depuis maintenant 48 heures, 3
00:26jours, que sait-on de ce piratage massif ?
00:28Alors déjà, le nombre de victimes, un peu plus de 678 000 comptes ont été touchés, ça concerne aussi bien
00:35des particuliers que des entreprises, à peu près moitié-moitié.
00:38Et surtout, ce qu'on se demande, c'est quelles sont les données qui ont été piratées ?
00:41Eh bien, concernant les particuliers, il y a les noms, les prénoms, le conscient familial, le revenu fiscal de référence
00:47et le taux de prélèvement à la source.
00:50Concernant les entreprises, maintenant, ont été volés les numéros sirènes, les adresses des entreprises ainsi que les mandataires.
00:56Venons-en à présent aux hackers.
00:59Qui est-ils ou qui sont-ils ?
01:00Nom de code, Zero Bytes.
01:02Ce serait deux Français qui pourraient se cacher derrière ce pseudonyme.
01:05Quant à la motivation, eh bien, elle est simple, elle est claire.
01:08L'argent et rien de plus.
01:10Si vous avez été piraté, vous le saurez vite parce que les impôts devraient vous envoyer un e-mail,
01:15une campagne qui est censée commencer aujourd'hui et qui pourrait en fait durer plusieurs jours parce que tout ça,
01:20ça ne se fait pas en quelques heures.
01:22Enfin, un mot pour terminer sur l'ampleur du piratage en France.
01:26Depuis le début de l'année, 910 sites ont été touchés aussi bien des fédérations sportives que des organismes publics.
01:34Je pense à la Santé publique France, notamment la NTS, vous savez ce qui permet de faire à la fois
01:38les cartes d'identité et les passeports,
01:40l'INSEE ou encore France Travail et puis des entreprises privées comme le C-Drive d'Intermarché.
01:45On va en parler avec nos invités, Mélanie Bertrand du service Polyjustice de BFM TV.
01:50Nous sommes avec Maître Labrouillère, avocate en droit numérique, Sento, expert en risques numériques, Clément Domingo, hacker éthique, expert en
01:58cybersécurité.
01:59Mais justement, un mot quand même sur, comment s'appellent-ils les pirates ? Zero Bytes. Vous les connaissez ou
02:06pas ?
02:07J'ai pu échanger avec eux. Donc là, on a probablement deux Français. Ils restent quand même assez mystérieux et
02:13en discutant…
02:14Vous dites échanger, vous avez échangé comment ?
02:16Échanger avec eux au travers d'une messagerie et ce qui est très marrant, donc ce qu'il faut un
02:20peu expliquer à vos téléspectateurs à la Marshall,
02:23c'est que lorsqu'ils font la revendication, ils en font un peu comme sur un équivalent de ce qu
02:26'on appelle un peu le bon coin de la cybercriminalité.
02:28Donc vous avez une annonce, vous avez des échantillons et derrière, vous avez parfois un prix ou parfois simplement le
02:34moyen de contacter ces cybercriminels.
02:37Et puis après, derrière, le contact s'établit et donc là, on peut commencer un peu à discuter.
02:41Donc c'est aussi le cas pour des potentiels acheteurs.
02:44Et d'ailleurs, l'information que je peux vous donner, c'est que là, ils me disaient juste avant d
02:48'arriver sur votre plateau que la base donnée,
02:50ils auraient vendu la base donnée à deux personnes pour quelques milliers d'euros.
02:54Ça veut dire quoi, quelques milliers d'euros ?
02:56Ils restent très évalifs. Donc on ne sait pas si on est plutôt sur 10 000, sur 20 000, plutôt
03:00sur 2 000, 3 000.
03:01Mais actuellement, la base donnée, donc les 700 000 personnes concernées par cette cyberattaque,
03:06aujourd'hui sont dans les mains d'autres cybercriminels, d'autres arnaqueurs ou d'une tierce partie.
03:10Français, internationaux ?
03:11Impossible de le dire. Et c'est bien un peu ce qui est terrible.
03:15Que sait-on de ces Zero Bytes ?
03:18L'un d'eux, lui me disait qu'actuellement, il est totalement sans emploi, qu'il avait postulé il y
03:24a quelques temps de ça.
03:25Il faut le prendre. Alors écoutez, à la place du gouvernement, je le recruterai maintenant.
03:29On espère en sécurité, dans le cadre d'un stage de reconversion, peut-être.
03:34Peut-être dans un premier temps, ou on peut faire un marché.
03:37Sauf que je lui ai posé la question, pourquoi il ne mettrait pas ses compétences, ses talents ?
03:40Il me dit que c'est peut-être trop tard, et vu le chemin qu'il a emprunté, il préférait...
03:44Mais c'est de la délinquance.
03:46Ils en sont bien contents.
03:48Ce que ces deux ont fait, c'est totalement illégal.
03:50Leur motivation, c'est faire du fric.
03:52En fait, c'est leur simple et unique motivation de faire de l'argent.
03:55Sauf qu'actuellement, ils sont en train d'avoir, sur tous les plateaux de France et de Nava...
03:59C'est exactement comme faire un cambriolage.
04:00Vous rentrez par infraction chez quelqu'un, vous piquez quelque chose,
04:03et ensuite vous le recélez, vous le revendez.
04:05C'est exactement...
04:06C'est un mouvement de données numériques qui ont été exfiltrées, de données hypersensibles,
04:09que l'État, la DGFIP, n'a pas su, hélas, détecter à temps.
04:12Ça, c'est le débat.
04:14Qu'est-ce qu'il risque ?
04:15Et c'est quoi l'infraction, du coup, Mélanie ?
04:17Là, c'est pour intrusion dans un système de données, notamment.
04:20L'enquête, elle est ouverte aussi pour l'association de malfaiteurs.
04:22Par exemple, pour intrusion dans un système de données,
04:26je crois que c'est au moins cinq ans de prison.
04:28C'est la section cyber du parquet de Paris qui est saisie.
04:31L'objectif, c'est de remonter jusqu'à eux,
04:33parce que la palette des infractions ensuite,
04:35qui peuvent découler de la revente de ces données,
04:37si effectivement ils disent la vérité, elle est très large.
04:39Ça peut aller de l'usurpation de l'identité
04:42à la tentative de fraude administrative,
04:45tentative de fraude aux prestations d'aide sociale.
04:47Ça peut aller dans des degrés de gravité encore plus élevés.
04:49On se rappelle tous les histoires de crypto-monnaies
04:51qu'on a notamment traitées ici à BFMTV,
04:53de kidnapping, d'extorsion.
04:55Il y a sans doute dans les personnes qui ont été hackées,
04:58des personnes fortunées,
04:59qui vont se retrouver avec tous les numéros,
05:02les cautions familiaux, les numéros...
05:04Et pour répondre d'ailleurs à ce que vous disiez,
05:05pas plus tard d'ailleurs qu'hier,
05:07ils communiquent en plus sur les réseaux sociaux.
05:08Ils disaient que dans la liste de personnes
05:11qu'il a pu avoir,
05:11il y a quand même une personne
05:12qui avait quand même déclaré pas loin de 45 millions...
05:15Oui, nous, une source,
05:16on dit que parmi les personnes hackées,
05:18il y a des personnes qui possèdent
05:19des dizaines de millions d'euros
05:20qui apparaissent dans les données volées.
05:22Donc on peut imaginer,
05:23au sein de groupes criminels,
05:25de sein de groupes délinés...
05:25Des chantages et autres...
05:26C'est vrai que le cas, hélas.
05:27Comme ça l'a été pour la crypto-monnaie.
05:29Quand des gens fortunés,
05:29détenteurs de crypto,
05:30se sont fait enlever,
05:32eux ou leurs proches,
05:33on a tous le souvenir d'affaires
05:34qui se sont terminées parfois...
05:36Ça a aussi été le cas,
05:37si vous vous souvenez,
05:37avec la Fédération française de tir.
05:39Ou quelques jours après,
05:40quelques semaines après,
05:41hélas, il y a eu un effet
05:42de causalité direct
05:43où des personnes ont été cambriolées
05:45chez elles
05:45parce qu'elles détenaient
05:46des armes de catégorie C.
05:48Mais ces données,
05:49elles peuvent être vendues
05:50une seule fois ?
05:51C'est-à-dire qu'ils mettent ça
05:52aux enchères,
05:52ils ont un acheteur,
05:53ils lui donnent tout
05:54ou ils font des copies...
05:55Je vous me permets d'interrompre.
05:56Non mais allez-y, oui.
05:57C'est pas ça le pire,
05:58c'est que ces données
05:58peuvent être redistribuées
05:59gratuitement aussi.
06:00C'est ça le vrai risque.
06:02Si le but est l'argent ?
06:03Ah ben, si le but est l'argent,
06:04lui, il les a vendues,
06:06les données.
06:06Ceux qui les ont achetées,
06:07ils en font ce qu'ils veulent.
06:08Ils peuvent les donner
06:08en place publique,
06:09ils peuvent les revendre
06:10à leur tour,
06:10ils en font ce qu'ils veulent.
06:11Le vrai risque, il est là,
06:11c'est que ces données,
06:12à un moment donné,
06:13soient redistribuées.
06:13C'est ce qui s'est passé
06:14avec toutes les failles de données.
06:15Toutes les fuites
06:16qu'on a eues précédemment,
06:17que ce soit celles de Free,
06:18de SFR, de Bouygues,
06:19de colis privés,
06:20prestataires de Amazon,
06:21toutes sont tombées
06:22entre gros guillemets
06:22dans le domaine public.
06:23Et le problème à l'heure actuelle,
06:25c'est que ces données,
06:25on n'a plus de mainmise dessus.
06:27On ne sait pas
06:27quelle est l'utilité finale.
06:30En fait, on ne sait pas.
06:31Ça peut être utilisé
06:32pour faire de l'arnaque.
06:32On a tous reçu ici,
06:33je pense, ces fameux SMS,
06:34vous avez un colis en attente,
06:35je vous attends en bas de l'immeuble.
06:36Ça, c'est la fuite
06:37de colis privés.
06:38On a les SMS,
06:40c'est votre banque,
06:41je dis une bêtise,
06:42la Société Générale,
06:43vous avez un paiement en attente,
06:44appelez-nous à ce numéro-ci.
06:45C'est les fuites
06:46des divers opérateurs.
06:47Donc, en fait,
06:47on peut relier
06:48toutes ces données ensemble
06:49et c'est ça ce qui fait vraiment peur,
06:50c'est l'agrégation.
06:52Il y a la fuite des cadastres aussi
06:53qui a eu lieu,
06:54qui a été revendiquée.
06:55On a 2 millions,
06:56si je ne dis pas de bêtises,
06:57d'habitations ou de personnes
06:58qui ont été identifiées.
06:59Le risque, c'est qu'en recroisant
07:01ces informations,
07:01on puisse menacer.
07:03Il y a eu des cas
07:03de fraude au faux conseil bancaire.
07:04Moi, c'est ce dont je traite principalement.
07:06On appelle les gens,
07:07on leur fait, écoutez,
07:08il y a des tentatives
07:08de cambriolage en ce moment.
07:10On va vous faire venir
07:11un agent de la Banque de France.
07:12Vous allez remettre vos biens
07:13de première nécessité,
07:15tout ce qu'il y a de l'argent.
07:16Vous remettez ça
07:16dans un coffre Banque de France
07:17et ensuite, tout va bien.
07:18Le problème,
07:19c'est qu'eux,
07:19ils partent avec l'argent
07:20et en plus avec les coordonnées bancaires
07:22et tout ce qui s'ensuit.
07:23Le vrai risque,
07:23il est là, en fait,
07:24c'est qu'on finisse
07:25à un moment donné
07:25à avoir une usurpation
07:27où on va vraiment personnifier
07:29les impôts,
07:30n'importe quel organisme d'État
07:31et à partir de là,
07:33ça sera trop tard, en fait.
07:34On est en train de foncer dedans
07:35et ça commence déjà
07:36à se démocratiser, tout ça.
07:37Donc, il faut vraiment
07:38tirer la sonnette d'alarme.
07:39Ça n'est pas normal
07:40qu'on en soit aujourd'hui
07:42dans un état de délabrement,
07:44en fait, à ce point-là.
07:44On est en état de délabrement
07:46de cybersécurité en France.
07:48Mais c'est délabré,
07:50ça a été démoli, en fait.
07:51Ça fait des années
07:52que toutes les institutions
07:54dénoncent un manque de moyens,
07:55que ça soit financier ou humain.
07:57Personne ne les a écoutés.
07:58Quand j'étais passé vendredi
07:59sur les plateaux de BFM,
08:01il y avait une dame de la CGT
08:02qui disait
08:03mais on les a alertés
08:04à un nombre incalculable deux fois,
08:05rien n'a été fait.
08:06Voilà les conséquences.
08:07Alors pourquoi ?
08:08Question de financement.
08:09Ils ne veulent pas dépenser de l'argent.
08:10On veut faire des économies.
08:11On a un pays qui est endetté.
08:13C'est très bien de faire des économies.
08:14Mais là, on fait des économies
08:15au détriment de la sécurité des Français.
08:17On ne peut pas faire ça.
08:18On met des gens en danger inutilement.
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