00:00Il y a eu des annonces aujourd'hui faites par le Premier ministre, il y a environ 100 millions d
00:03'euros d'après le chiffrage du gouvernement,
00:04des annonces pour les entreprises, pour aider au chômage partiel, pour les particuliers, pour reloger également ceux qui n'ont
00:10plus de logements.
00:12100 millions d'euros, des mesures également pour la reconstruction de la forêt.
00:15100 millions d'euros, est-ce que vous estimez, malgré les critiques qu'on vient d'entendre de votre part,
00:19que tout ça est à la hauteur ?
00:20Alors 100 millions d'euros c'est l'État, parce qu'après les assurances vont mettre aussi, et puis il
00:25va y avoir tout un tas d'autres argents.
00:27État, collectivité, 100 millions d'euros.
00:28Il y a aussi des réductions d'impôts, donc ce sont des coûts qui vont s'additionner.
00:34100 millions d'euros, ça montre exactement que ne pas anticiper le réchauffement climatique, ne pas anticiper les événements extrêmes,
00:43coûte beaucoup plus cher que de les anticiper.
00:46Et en fait c'est tout le sujet aujourd'hui des politiques publiques, c'est qu'à force de se
00:49mettre la tête dans le sable comme des autruches sur le réchauffement climatique,
00:54de ne pas vouloir voir, de ne pas vouloir entendre, de ne pas vouloir lire les publications des chercheurs et
01:00chercheuses,
01:01eh bien on se retrouve avec un coût immense.
01:04Parce que moi j'avais lu aussi que l'ensemble de la canicule et des feux allait coûter jusqu'à
01:0815 milliards d'euros à nos dépenses.
01:10Ce sont les chiffres donnés par Monique Barbu qui dit qu'elle a cité les chiffres de l'INSEE, l
01:14'INSEE dit qu'on n'a pas pour l'instant évalué ce coût, ce qui ne veut pas dire que
01:17ça n'atteindra pas ça.
01:18C'est extrêmement cher, de toute façon ça coûtera extrêmement cher.
01:20J'entends ce que vous dites sur la nécessité de préparer, de se préparer à ces phénomènes à répétition.
01:27Il y a une question qui se pose par exemple, c'est la question du débroussaillage.
01:31Pourquoi ça vous fait sourire ?
01:32Ça me fait sourire parce qu'au moment où il y avait la canicule, on m'a posé la question
01:35de la climatisation.
01:36Au moment où il y avait le feu, on pose la question des canadaires et maintenant on pose la question
01:39du débroussaillage.
01:40Mais vous voyez bien qu'on n'est que dans des petites mesures d'adaptation.
01:42Pourquoi ?
01:43On n'est pas sur un questionnement systémique de ce qui a généré ce feu extrême.
01:47Je vous pose la question parce qu'il y a une loi en France, ce n'est pas une question
01:50anecdotique.
01:51Le débroussaillage c'est une loi qui régulièrement, pas partout mais régulièrement, est attaquée, y compris en justice,
01:57par des associations qui défendent l'environnement au nom de la défense de la biodiversité.
02:01Est-ce qu'il ne vaut pas mieux, par exemple dans le cas des pare-feux, supprimer un peu de
02:05forêt et supprimer un peu de biodiversité avec, pour protéger le reste ?
02:10Ou est-ce que c'est une question de principe ?
02:12Ce qui nous a manqué en tous les cas sur ces feux, c'est des zones humides.
02:17Ce sont des haies qui retiennent l'humidité du sol.
02:20Ce sont en effet des zones défrichées mais avec des animaux pour ne pas abîmer la biodiversité.
02:27Et ce sont aussi un changement d'agriculture puisque c'est un lieu de sylviculture intensif.
02:33Donc en fait il y avait une seule essence.
02:35Le pain des Landes.
02:36Le pain qui était extrêmement inflammable, planté en ligne et sans aucun coupe-feu.
02:42Donc évidemment que ça...
02:43Il y a des coupe-feux, il y a des pare-feux qui ont été installés ces dernières années et
02:47ils ont plutôt bien fonctionné dans ce cas-là.
02:49Oui mais en fait là vous voyez bien qu'on ne peut pas juste dire que la solution à ces
02:54feux-là c'est juste du débroussaillage.
02:55C'est-à-dire qu'en fait il va falloir aussi interroger le principe de l'agriculture intensive et monoculture
03:02et que là en l'occurrence ça fait partie du sujet.
03:05Mais on peut aussi interroger le nombre de canadaires, on peut aussi interroger le fait qu'on est poussé à
03:12l'arrachage des vignes qui sont aussi des pare-feux naturels.
03:15Parce qu'en fait les vignes sont des endroits où le feu peut ralentir.
03:18Et on a entendu les vignerons de la région de Bordeaux le dire.
03:20Et les zones humides, et je rappelle quand même que dans la loi du plomb il y a une autorisation
03:25à dégrader davantage les zones humides
03:27alors que ce sont des zones absolument indispensables pour retenir l'humidité du sol.
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