00:00Alors, effacer une partie de la dette, à peu près 600 milliards d'euros, ça s'appelle la banqueroute, une
00:08banqueroute partielle.
00:10Ça veut dire qu'on décide, du jour au lendemain, d'effacer, de supprimer une partie de la dette française.
00:17Or, une banqueroute partielle, ce serait un signal, mais donc digne d'un cataclysme au niveau financier.
00:24Et ça veut dire que les investisseurs n'auraient plus aucune garantie que, dans le cadre d'une deuxième opération,
00:32on n'annule pas leur dette.
00:33Donc, la conséquence immédiate de cette décision, qui en plus pose des problèmes européens majeurs, parce qu'on est dans
00:40le cadre de l'euro,
00:41mais cette décision aurait comme conséquence une envolée des taux d'intérêt à des niveaux inimaginables.
00:47Donc, évidemment que ce n'est pas sérieux de dire qu'on effacerait 600 milliards d'euros d'un coup
00:54de baguette magique.
00:55Et puis, ça supposerait que nos partenaires européens soient d'accord.
00:58Là, je pense que M. Mélenchon, évidemment, ne l'ignore pas, mais évidemment, les Allemands et les autres refuseraient cette
01:06mesure.
01:06C'est ça. Ça s'apparenterait finalement à une entreprise qui aurait des difficultés et qui n'aurait pas réglé
01:12finalement ses fournisseurs.
01:15Une entreprise qui déciderait de déposer le bilan, finalement. C'est un peu ça, l'idée.
01:20Ce serait donc un défaut de paiement. Et donc, derrière, un état de banqueroute, par définition, partiel,
01:29parce qu'on se serait sur 600 milliards sur 3 500 milliards, mais évidemment, cela signifierait que l'État français
01:37ne peut plus honorer sa signature.
01:39Parce qu'il faut savoir que si, donc, les titres en question sont au sein de la Banque centrale et
01:45de la Banque de France,
01:46oui, c'est vrai. C'est vrai que la Banque de France appartient à l'État.
01:50Mais ces titres, en fait, sont logés dans le cadre du système européen lié à la zone euro.
01:57Et c'est une décision qui a été prise entre 2015 et 2022 pour lutter contre la déflation.
02:03Les banques centrales, dans le cadre de la politique monétaire non conventionnelle, ont fait des achats d'obligations.
02:10Mais les États remboursent.
02:12Et c'est une condition sine qua non de l'accord de tous les États membres.
02:16Et puis, d'autre part, si on ne venait pas rembourser, ce serait une autre conséquence économique.
02:20Ce serait un moteur de l'inflation formidable.
02:23Parce qu'on passerait du rachat d'obligations à de la création monétaire.
02:27pur et simple.
02:28Et cela pourrait générer une vague inflationniste.
02:31Oui, parce que si on ne devait pas rembourser, qui paierait finalement la facture, au final ?
02:36Si on ne devait pas rembourser, qui paierait la facture ?
02:39C'est l'ensemble de la population.
02:41Parce que les taux d'intérêt montraient à un niveau tel que le service de la dette, là, exploserait.
02:47On pourrait même imaginer que plus personne ne voudrait prêter de l'argent à la France.
02:51Et donc, l'État serait, dans ces cas-là, en défaut de paiement général.
02:56Et donc là, on est dans un monde complètement différent.
03:00Intervention du FMI, crise financière européenne.
03:03Parce qu'il faut savoir que la France, du fait de sa taille et de l'importance des habitements financiers,
03:09évidemment, il y aurait un effet domino extrêmement important.
03:12Voilà, donc on se retrouverait empruntés à des taux élevés.
03:15Et puis, vous l'évoquiez au début, c'est l'impact aussi sur la confiance des investisseurs.
03:23Évidemment, à partir du moment où on commence à annuler des titres, on ne sait pas où ça s'arrête.
03:27Et donc, la fois d'après, ça pourrait être les titres détenus par les grandes banques, les grands assureurs,
03:32les personnes ayant un patrimoine élevé.
03:35On voit bien que là, on est sur un monde complètement inconnu,
03:37avec des enchaînements financiers qui sont inimaginables.
03:42Il faut savoir que la France n'a effacé une partie de sa dette.
03:46La dernière fois, c'était en 1797.
03:49C'était donc la faillite des deux tiers.
03:51Deux tiers de la dette, au moment de la période révolutionnaire, avait été effacée.
03:55Et il avait fallu des années et des années pour reconstruire la confiance en France.
03:58Donc, c'est une très mauvaise idée.
04:00C'est ce que vous êtes en train de nous dire.
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