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Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Stéphanie de Muru pour débattre des actualités du jour.

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00:00Et puis Georges Fenech, ancien magistrat, vous les connaissez bien sûr ces deux messieurs
00:04et on est très heureux de les avoir ici dans le studio d'Europe 1.
00:08Ensemble avec Vincent et Georges, j'ai le plaisir de recevoir Johan Barbe
00:12qui est porte-parole de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles
00:16et aussi président de la Fédération Nationale des Produits Laitiers.
00:19Bonsoir Monsieur Barbe.
00:21Bonsoir.
00:22Johan Barbe, vous êtes agriculteur dans les Vosges
00:25et vous jugez les aides de l'État insuffisantes,
00:27tout simplement, et effectivement pour vous, l'État ne fait pas son job ?
00:33Au-delà de ne pas faire son job, c'est qu'Emmanuel Macron avait demandé à réformer finalement les aides
00:38quand il y avait des sinistres et des événements climatiques.
00:42Donc on était plutôt favorables à une évolution.
00:45Et aujourd'hui, il avait parlé de la mise en place de la solidarité nationale.
00:48Rien n'en est aujourd'hui.
00:50Aujourd'hui, on a une enveloppe qui est fermée, qui est non utilisée par la ministre
00:53parce qu'elle nous dit préparer un plan.
00:54Mais préparer un plan, les agriculteurs sur le territoire, ils ont besoin de réponses concrètes
00:59et de savoir s'ils vont retrouver ou pas de la trésorerie pour pouvoir acheter de la nourriture,
01:03notamment pour les animaux qui en ont besoin,
01:06notamment ceux qui ont des problèmes pour implanter des céréales à l'automne.
01:10Donc il nous faut vraiment quelque chose de costaud.
01:12Et à l'heure, la réponse de la ministre, elle est vraiment très light selon nous.
01:16Et surtout, ce qu'on demande, c'est qu'elle arrête de nous dire on prépare, on prépare.
01:20Là, il faut qu'il s'active sur quoi, à votre avis ?
01:22Il faut qu'il s'active sur quoi en priorité ?
01:24Puisqu'on a la sécheresse qui n'arrête pas d'être présente,
01:26on a les incendies qui sont multiples, on le sait, pendant l'été, la période estivale.
01:30C'est souvent le cas, vous allez me dire, ça se répète année après année
01:32et à chaque fois nos pompiers sont sur le front.
01:34Là, dans l'immédiateté, quels seraient les axes sur lesquels travailler rapidement et immédiatement ?
01:40Parce que moi, j'ai l'impression aussi que l'histoire se répète.
01:42Je me souviens de Gabriel Attal qui était sur son ballot de paille
01:44et qui nous expliquait qu'il prenait les doléances de tout le monde et qu'il allait changer les choses.
01:48Donc en fait, voilà, là, est-ce qu'on peut faire quelque chose de rapide ?
01:53Ce qu'on peut faire déjà, c'est que la ministre, elle annonce qu'elle va enclencher l'ISN,
01:57donc c'est l'assurance récolte sur l'ensemble des surfaces engagées,
01:59donc aussi bien les prairies que les céréales.
02:02Donc les céréales, c'est fait, elle a acté comme quoi il fallait qu'elle pouvait débloquer 80%
02:07des sommes qui seraient dues aux agriculteurs,
02:08mais sur la partie prairie, aujourd'hui, on n'y est toujours pas.
02:11Donc ceux qui sont plus dans le dur au moment où on se parle,
02:14c'est plutôt les éleveurs parce qu'ils ont une vraie inquiétude,
02:16on est en train de consommer les stocks d'hiver,
02:18donc quelle sera la capacité à reconstituer des stocks là à l'automne pour passer l'hiver ?
02:22Et la ministre devait annoncer notamment des aides transports,
02:26des choses d'accompagnement pour l'achat de fourrage,
02:28et à ce stade, nous n'avons rien.
02:29Et si on n'anticipe pas les achats, finalement, il n'y aura plus à acheter
02:33parce que la période des récoltes sera finie.
02:35Donc c'est pour ça qu'on a besoin d'une réponse très rapide.
02:38Et puis après, je rappelle quand même qu'on avait une loi d'urgence agricole
02:41qui devait permettre de redonner un peu de bon sens au monde agricole,
02:44et pour l'instant, le compte n'y est pas,
02:45et on attend toujours avec impatience le Conseil constitutionnel
02:49pour voir comment il va censurer ou pas certains articles de la loi.
02:52– Georges Fenech ?
02:53– Oui, vous faites référence à cette loi
02:56qui a été définitivement adoptée le 21 juillet dans le Sénat,
03:00qui effectivement est frappée d'un recours devant le Conseil constitutionnel,
03:04donc attendons l'issue, parce qu'on se souvient que notamment la loi du plomb,
03:08vous en souvenez très bien,
03:09qui prévoyait la réintroduction des pesticides avait été en partie censurée.
03:13Là, on réintroduit dans cette loi les pesticides en question,
03:17en les confiant notamment aux chercheurs de l'ANSES,
03:20et en plus, ajouter à cela quand même une gestion plus fluide,
03:25plus facile pour les agriculteurs de l'eau,
03:27vous avez quand même satisfaction sur des points essentiels, non ?
03:31– On a satisfaction à ce stade sur des points essentiels,
03:34mais ils sont saisis pour le Conseil constitutionnel,
03:39donc il nous faut attendre cette réponse,
03:41parce que sur la partie stockage de l'eau,
03:43si on n'obtient pas ce fameux doublement des capacités,
03:46on sera encore à côté.
03:47Aujourd'hui, ce n'est pas que, beaucoup pensent à l'eau pour le maïs,
03:50le maïs, ce n'est pas que ça, l'eau c'est pour tout le monde aujourd'hui.
03:53On a besoin de l'eau pour des prairies,
03:55on a besoin de l'eau pour le maraîchage,
03:56on a besoin de l'eau pour la gestion des incendies,
03:58donc finalement, on a besoin de faire des réserves un peu partout en France,
04:02pour que collectivement, on puisse répondre à ces étés de plus en plus secs.
04:06Si on n'est pas en capacité à le faire,
04:08malheureusement, la nature le prendra le dessus,
04:11et nous subirons à chaque fois des incendies comme on est en train d'en subir,
04:15alors que tout le monde est conscient qu'il faut qu'on arrête de subir des incendies,
04:18parce qu'à chaque fois, c'est détruire de la biodiversité,
04:20c'est détruire des forêts, et ça, personne n'en veut.
04:23Donc pour ça, il nous faut vraiment quelque chose de costaud,
04:26donc on espère que le Conseil constitutionnel sur la partie stockage de l'eau
04:30ne revienne pas en arrière par rapport à ce qui a été acté sur la loi,
04:33et puis après, sur le retour potentiel de certaines molécules chimiques,
04:37ce n'est pas un retour obligatoire, et notamment validé par les politiques,
04:41car on a toujours mis l'ANSES derrière, donc je pense que ça, c'est le bon point.
04:44Et c'est pour certaines filières, simplement, les betteraves, etc.,
04:48et des pesticides qui sont d'ailleurs autorisés dans tout le reste de l'Union européenne, me semble-t-il.
04:53C'est ça, ils sont autorisés à ce stade dans toute l'Union européenne,
04:56donc on traîne des boulets, j'ai envie de dire, en France,
04:59on a des exploitations plutôt de petite taille,
05:02où c'est qu'on a voulu des exploitations familiales,
05:04et on les défend parce qu'on trouve que c'est le bon modèle,
05:06mais pour ça, il ne faut pas non plus qu'on nous mette plus de contraintes
05:08que nos collègues européens, surtout qu'on est sur un marché unique.
05:12La ministre pourrait aussi, à ce stade, par exemple,
05:15saisir ce qu'on appelle les box de négo,
05:17ça veut dire renégocier le plus rapidement possible
05:19pour prendre en compte l'augmentation de nos coûts de production
05:21à cause de la sécheresse,
05:23mais on n'oublie pas non plus le conflit au Moyen-Orient,
05:25qui a fait flamber toutes les matières premières
05:28dont on a besoin pour produire en France.
05:30A priori, il y a un plan qui a été présenté cette semaine,
05:32comme quoi il s'engagerait aussi,
05:34par rapport aux cotisations sociales,
05:36à aller baisser, c'est le genre de mesures
05:38qui pourraient être rapidement mises en place,
05:40qui pourraient vous convenir ?
05:42Alors, il faut y faire très attention,
05:43parce que ça reste des annonces très partielles à ce stade,
05:47et c'est des mesures qui peuvent nous convenir,
05:49mais quand on dit que c'est baisser partiellement,
05:51c'est certains producteurs,
05:53certains agriculteurs qui pourront en bénéficier,
05:55donc c'est souvent ceux qui sont malheureusement déjà dans le dur
05:58et qui n'ont plus la trésorerie pour payer,
05:59et nous ce qu'on voudrait,
06:00c'est qu'on accompagne tous les agriculteurs à ce stade
06:03qui sont en difficulté à cause du détroit d'Hormuz,
06:05du conflit au Moyen-Orient,
06:06ou à cause de la sécheresse,
06:08comme ça au moins personne,
06:10on ne mettrait personne sur le bord de la route.
06:12À ce stade, on ne sent pas une ministre
06:14avoir entre les mains
06:15la capacité à saisir une enveloppe des cotisations sociales
06:19à la hauteur de nos attentes.
06:21Vincent Roy.
06:23Concrètement, qu'est-ce que vous attendez de l'État ?
06:26Alors, qu'est-ce que vous attendez de l'État ?
06:30Si, par exemple, le Conseil constitutionnel valide la loi,
06:34qui vous est plutôt favorable,
06:36qu'attendez-vous, malgré tout, de l'État ?
06:39Déjà, si la loi, elle reste comme elle a été votée,
06:43j'ai envie de dire, il va falloir quand même
06:44que le gouvernement prenne son courage à deux mains
06:45pour sortir tous les décrets et arrêtés
06:47qui vont s'en suivre.
06:48Ça, c'est le premier point.
06:50Mettre en œuvre toutes les mesures
06:51qui sont dans la loi,
06:52c'est le travail du gouvernement.
06:55Donc ça, ça sera le premier point d'étape.
06:56Les décrets d'application ?
06:57Voilà, les décrets d'application.
06:59Je rappelle qu'on a bon nombre de lois
07:00qui ont été votées par les députés
07:02et par les sénateurs français
07:03et qui n'ont jamais vu les décrets d'application.
07:06Donc à ce stade, nous, on demande à la ministre
07:08de faire respecter les choses.
07:09Là, elle est satisfaite.
07:11On a vu un communiqué de presse cette semaine
07:12à dire qu'elle était allée jusqu'au bout,
07:15notamment pour avoir les caméras trottoirs
07:17sur les agents de l'OFB,
07:18l'Office national de la biodiversité.
07:20C'est très bien.
07:21Effectivement, c'était demandé par tous.
07:23Mais je veux dire, ce n'est pas des grosses mesures.
07:25Et nous, ce qu'on voudrait,
07:26c'est plutôt une ministre qui soit avant-gardière
07:28et en avance sur les décrets
07:30qui pourraient servir l'agriculture rapidement.
07:33Et je rappelle aussi qu'on a besoin
07:35d'innovation et de recherche.
07:37On a toujours été mis en avant là-dessus.
07:39L'agriculture, on est peut-être
07:40les premiers fervents d'innovation,
07:42notamment parce qu'on a toujours su s'adapter.
07:45Mais pour ça, il ne faut pas que le gouvernement
07:46freine les choses.
07:48Et derrière, on a un vrai problème en France.
07:50C'est ce qu'on appelle le principe de précaution
07:51qui, aujourd'hui, est devenu une entrave
07:53au principe d'innovation.
07:54Donc ça, on voudrait vraiment faire évoluer les choses.
07:57Alors, c'est des temps longs, certes,
07:58mais on a besoin d'aller vite.
08:00Mais on a des variétés.
08:01On le sait, nos collègues suisses, par exemple,
08:02ont des variétés d'herbes
08:03qui résistent mieux à la sécheresse
08:05que les variétés françaises.
08:06Le seul truc, c'est qu'à ce start,
08:08on ne peut pas les cultiver en France
08:09parce qu'elles n'ont pas d'homologation.
08:10Vous savez, comme moi,
08:11que le principe de précaution
08:12est inscrit dans la Constitution, aujourd'hui.
08:14Donc c'est compliqué, à revenir là-dessus.
08:16C'est très compliqué,
08:18mais étant rapporteur d'un rapport d'orientation
08:20à la FNSEA,
08:21on a justement proposé au futur
08:23ou à la future présidente de la République
08:26de réouvrir la Constitution
08:27pour justement supprimer ce principe de précaution,
08:30pour lui prévaloir le principe d'innovation.
08:32On ne dit pas qu'il ne faut pas prendre
08:34de la précaution et l'innovation,
08:36on en a besoin,
08:37mais il faut absolument qu'on arrive
08:39à ce que ce principe de précaution
08:41ne soit pas le frein ultime
08:43et qu'on ne fasse plus rien.
08:44C'est le principe d'immobilisme,
08:45aujourd'hui, en France.
08:46Je prends souvent un exemple assez simple
08:48sur ce principe de précaution.
08:49Quand vous arrivez à un feu rouge en ville,
08:51par principe de précaution,
08:52il ne faut pas passer au vert
08:53parce que vous pouvez avoir quelqu'un
08:54qui passe au rouge en face.
08:56Et donc, dans ce cas-là,
08:57plus personne n'avance.
08:57Et c'est ce qui se passe aujourd'hui
08:59dans la recherche en France.
09:00Par principe de précaution,
09:02on ne cherche plus.
09:02Et on laisse les autres pays,
09:04finalement, le faire à notre place.
09:06Et donc, on subit.
09:07Donc, j'aimerais mieux
09:08qu'on soit en avance sur la recherche
09:10plutôt qu'en retard
09:11comme on est aujourd'hui,
09:11notamment sur les recherches variétales.
09:13Effectivement, le principe de précaution,
09:16Johan Barr, porte-parole
09:17de la Fédération nationale
09:18des syndicats d'exploitants agricoles,
09:20ça peut avoir aussi son penchant mauvais.
09:22Par exemple, on boit tous de l'eau,
09:24mais je rappelle qu'au Moyen-Âge,
09:25ça pouvait être un supplice, l'eau.
09:26Donc, ça dépend aussi de ce qu'on en fait.
09:27On ne vous interdit pas
09:28pour autant de boire de l'eau,
09:29bien évidemment.
09:30Moi, je suis plus pour un principe
09:31de responsabilité, voyez-vous.
09:33Vincent Roy.
09:35Oui, est-ce que la FNSEA
09:37a choisi son candidat pour 2027 ?
09:41Alors, la FNSEA n'a pas choisi son candidat.
09:44Je vous rappelle que lors du congrès
09:45de la FNSEA, on aura le grand oral.
09:47On ne choisira pas de candidat
09:49à toute façon à la FNSEA,
09:50quoi qu'il arrive.
09:51Par contre, ce qu'on fera,
09:52on continuera à porter nos convictions
09:53et on espère qu'un maximum de candidats
09:55reprendront nos convictions
09:56et comme ça, nos sympathisants
09:58pourront choisir pleinement leur candidat.
10:01C'est la FNSEA qui choisira.
10:03À l'heure actuelle,
10:04quel est le courant
10:06ou quel est le personnage politique
10:07qui se rapproche le plus
10:09de ce que vous préconisez ?
10:11Je pense qu'il est encore un peu tôt
10:13à ce stade.
10:14Le programme politique,
10:15on va dire, de l'agriculture
10:16est en train d'être constitué
10:19par chaque parti politique
10:20et je pense que chacun,
10:22suite à cette crise,
10:23notamment qu'on est en train
10:23de vivre de la sécheresse,
10:25est en train de revoir
10:25son programme politique agricole
10:27et donc il est encore trop tôt
10:28pour savoir vers qui,
10:30quel candidat sera le plus
10:32en phase avec les attentes
10:33des agriculteurs
10:34plutôt que de la FNSEA,
10:35c'est plutôt celle des agriculteurs
10:36et des agricultrices
10:37qui aujourd'hui font ce métier
10:38par passion.
10:39Donc nous, ce qu'on voudrait,
10:40c'est un candidat
10:41qui comprenne que l'agriculture,
10:43elle préférait vivre
10:44autrement que de subvention
10:45mais pour ça,
10:45il faut que, par exemple,
10:47les lois égalimes
10:48soient pleinement impliquées.
10:49Ça veut dire qu'on arrive
10:50à intégrer nos coûts de production
10:52depuis l'exploitation
10:53jusqu'aux consommateurs
10:54et à ce stade,
10:55on a un observatoire,
10:56l'OFPM,
10:57l'Observatoire de la Formation
10:58des Prix et des Marges
10:59qui prouve que
11:00nos industriels transformateurs
11:02et la grande distribution
11:03ont finalement conforté
11:05leurs marges
11:05les deux dernières années.
11:07Effectivement,
11:07elles avaient renié légèrement
11:08sur leurs marges
11:09au moment du Covid
11:10mais depuis deux ans,
11:11elles ont conforté leurs marges
11:12quand les agriculteurs
11:13ont perdu en revenus.
11:14Donc ça veut bien dire
11:15que ça ne fonctionne pas
11:16encore parfaitement
11:17et pour ça,
11:18il nous faut vraiment
11:19un gouvernement pleinement engagé
11:21pour qu'on puisse y arriver
11:22et dans cette loi
11:23d'orientation agricole
11:25aujourd'hui,
11:26cette loi d'urgence agricole,
11:28on a effectivement
11:29la mise en place
11:30et la possibilité
11:30de mettre en place
11:31des tunnels de prix
11:32qui pourraient obliger
11:34au moins à rémunérer
11:35les agriculteurs
11:35au coût de production.
11:36Yohann Barbe,
11:37porte-parole de la FNSE,
11:38une question concernant,
11:39vous l'évoquiez,
11:40la sécheresse.
11:41Là, on est à mi-parcours
11:42de l'été.
11:44Vous, de votre point de vue
11:45d'exploitant,
11:46je rappelle que vous êtes
11:46agriculteur dans les Vosges,
11:48si on étire comme ça
11:50le zoom sur toute la France,
11:51est-ce qu'on peut faire
11:52un point de situation
11:53avec vous ?
11:55Ce qui est intéressant
11:57dans ce point de situation
11:58ou dramatique,
11:59c'est que tous les agriculteurs
12:00et toutes les productions
12:01sont impactées
12:02à ce stade,
12:02même si on pourrait penser
12:04que les surfaces récoltées
12:06sont moins impactées,
12:07mais si,
12:07puisque là,
12:08on est déjà en train
12:08d'amputer finalement
12:09la capacité à produire
12:11pour l'année prochaine.
12:13Donc, j'ai envie de dire
12:13que tous les agriculteurs,
12:14toutes les agriculteurs
12:14du territoire national
12:15sont impactés aujourd'hui,
12:17plus ou moins durement,
12:18mais globalement,
12:19on a des secteurs
12:20où on a des orages
12:21de grêle très violents,
12:22donc finalement,
12:22ils ont de l'eau,
12:23mais ils n'ont plus de récolte
12:24parce que c'est arraché
12:25par la grêle.
12:26On a de la viticulture
12:28qui aujourd'hui souffre
12:28parce qu'on a des vignes
12:29qui ont carrément les feuilles
12:30qui ont grillées sur pied
12:31à cause des températures élevées.
12:33Donc, j'ai envie de dire
12:33que toute l'agriculture souffre.
12:35Et une production
12:36qu'on ne pense pas souvent
12:37parce que c'est celle
12:38qui passe entre les mailles
12:39du filet,
12:40c'est la production herbagère.
12:42On a énormément d'éleveurs
12:43qui profitent d'estives
12:44dans les montagnes
12:45et qui, globalement,
12:46chaque année,
12:47ont des arrosages réguliers
12:48qui permettent d'avoir
12:49une pousse d'herbe régulière.
12:51Cette année,
12:51il n'y a pas de pousse.
12:52Donc, ça veut dire
12:52qu'on est en train
12:53d'affourager
12:54dans l'ensemble des parcelles
12:55et cet affouragement,
12:57ça a un coût
12:57et surtout,
12:58ça consomme
12:59les stocks de l'hiver.
13:00Et de l'autre côté,
13:02on a des cultures de maïs
13:03qui ont été vraiment impactées,
13:05qui ont déjà coûté très cher
13:06en irrigation,
13:07mais l'irrigation
13:08n'a pas suffi
13:09parce que la plupart du temps,
13:10ils ont pu irriguer
13:11le premier mois,
13:11mais le deuxième mois,
13:12il y a eu des arrêtés
13:13où on a été interdits
13:15d'irriguer.
13:15Donc, finalement,
13:16les plantes sont quand même mortes.
13:17Donc, aujourd'hui,
13:18on a un vrai phénomène
13:18où c'est que toute l'agriculture
13:20française est concernée
13:21et je pense qu'on ne peut pas
13:22mettre une ou l'autre
13:23production en avant.
13:24C'est vraiment
13:25tous les agriculteurs
13:26qui sont touchés
13:27par cette sèche d'ampleur nationale.
13:29Johan Barbe,
13:30dites-moi,
13:31on parle de la récolte française
13:32aussi de maïs
13:32qui devrait chuter 35%
13:34à 9 millions de tonnes
13:36cette année.
13:37C'est jamais vu
13:37depuis 1980.
13:39C'est le gouvernement
13:40qui le confirme
13:41aujourd'hui
13:42en raison de la diminution
13:43des surfaces dédiées
13:44mais aussi des canicules.
13:46Là aussi,
13:47a priori,
13:47ça ne va pas aller
13:48en s'arrangeant.
13:49Donc,
13:50comment faire ?
13:51Est-ce qu'on poursuit
13:52le maïs
13:52comme on le fait
13:53en faire toujours
13:54une culture
13:55qui est prédominante
13:56chez nous
13:57ou alors
13:57on revoit
13:59un petit peu
14:00notre plan ?
14:02Je pense qu'il faut continuer.
14:04On ne peut pas se permettre
14:05de se passer du maïs
14:06si rapidement.
14:07Je rappelle,
14:08par exemple,
14:08dans la production laitière,
14:10aujourd'hui,
14:11il y a une grosse partie
14:12de l'alimentation
14:12qui est issue
14:13des maïs fourrages.
14:14On parle souvent
14:14du maïs grain
14:15et ce que vous évoquez,
14:16c'est le maïs grain.
14:17Il y a les maïs fourrages
14:18et 98% des maïs
14:19donnés à nos vaches
14:20laitières
14:21ne sont pas issus
14:22de l'irrigation.
14:23Donc,
14:23ça veut dire
14:23qu'on va subir
14:24pleinement la sécheresse
14:25et il y aura
14:26des baisses de rendement.
14:27Mais il faut comprendre
14:28quand même une chose,
14:28c'est que cette plante,
14:29elle est quand même
14:30assez fantastique
14:30parce que moi,
14:31dans les Vosges,
14:31par exemple,
14:32où c'est en train
14:32de subir la sécheresse,
14:41midon,
14:41donc il aura une moins
14:42bonne valeur alimentaire
14:43pour mes vaches,
14:44mais j'aurai un volume
14:45qui sera encore présent
14:46alors que sur les prairies,
14:48je n'ai plus rien.
14:49Donc,
14:49ça veut dire
14:49qu'il ne faut pas dire
14:50qu'il ne faut plus de maïs.
14:51Il faudrait plutôt
14:52qu'on ait une bonne recherche
14:54pour avoir des variétés
14:56qui résistent mieux
14:57à la sécheresse,
14:58mieux aux excès de chaleur
14:59et puis peut-être
15:00aussi adapter
15:01en fonction des territoires
15:02comment on peut faire
15:03parce que le maïs,
15:04tout n'est pas irrigué non plus.
15:05Il faut faire attention
15:06quand on dit
15:07le maïs,
15:08100% de la surface
15:09de maïs
15:09n'est pas irrigué.
15:10J'ai une question
15:11qui me taraude un petit peu.
15:13On sait que le métier
15:14d'agriculteur,
15:14d'agricultrice
15:15est assez difficile.
15:16On en entend beaucoup
15:17qui ont des grosses
15:18difficultés pécuniaires
15:20à chaque mois,
15:20très difficiles
15:21de boucler justement
15:22ces fins de mois
15:23et pourtant,
15:25on voit encore
15:26des très grosses exploitations
15:27des jeunes agriculteurs
15:29qui s'engagent
15:29avec des 300,
15:30400,
15:30600,
15:31800 000 euros de crédit.
15:32Est-ce que c'est conscient
15:33de faire ça
15:34ou au contraire,
15:35c'est plutôt
15:35de les laisser aller
15:36devant d'un grave problème ?
15:40Ça a toujours été
15:42le fléau,
15:43j'ai envie de dire,
15:43de l'agriculture.
15:44C'est que les jeunes
15:45qui s'installent
15:45ou les moins jeunes,
15:46ils y croient à fond
15:47et donc ils investissent
15:48le maximum
15:49qu'ils peuvent dedans
15:50pour trouver un outil rentable
15:51et surtout une exploitation
15:52avec viabilité.
15:53Et le vrai sujet,
15:55c'est comment on fait
15:55pour accompagner justement
15:56cette agriculture
15:57face aux aléas climatiques
15:58qui sont quelque chose
15:59de récurrent peut-être
16:00de plus en plus.
16:01Mais ce qu'on est en train
16:02de vivre cette année,
16:03je pense que c'est quelque chose
16:04qu'on n'avait jamais vécu
16:05de mémoire d'agriculteur
16:06parce que même pour ceux
16:07qui ont connu
16:08l'année 1976,
16:10ils le disent tous,
16:11c'était effectivement
16:12aussi sec
16:12mais beaucoup moins chaud.
16:14Donc là,
16:14en plus du sec,
16:15on a la chaleur,
16:15on a les deux phénomènes
16:17qui sont liés.
16:18Ce qu'il faut bien comprendre,
16:20c'est que quand vous lancez
16:21dans une exploitation,
16:22on a besoin
16:22de fonds de roulement,
16:24d'achats de bâtiments
16:24et tout ce qui va avec,
16:25les animaux.
16:26Et donc forcément,
16:27c'est des gros encours
16:28pour les jeunes
16:29qui s'installent.
16:30Le vrai sujet,
16:31c'est finalement,
16:32on a un niveau de rentabilité
16:34qui est très faible,
16:35mais derrière,
16:36on a un métier passion.
16:37Donc la plupart des agriculteurs
16:38font le choix
16:39de l'investissement
16:40avant le choix
16:41de la rémunération
16:41et c'est peut-être ça
16:42qui est dommage.
16:43Tout à l'heure,
16:43je vous parlais des marges
16:44de nos industriels
16:45et de la grande distribution.
16:46En agriculture,
16:47on ne parle pas de marge,
16:48on essaye d'avoir un revenu.
16:49Donc c'est totalement différent.
16:51C'est déjà vivre
16:51de notre propre métier.
16:53Merci beaucoup
16:53pour ces explications.
16:55Johan Barr,
16:56porte-parole de la FNSEA
16:57et vous êtes exploitant
16:59dans les Vosges.
16:59Merci et très bonne soirée
17:00avec nous sur Europe 1.
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