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00:09Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour votre rendez-vous de l'information de
00:14la mi-journée.
00:15Voici les titres de votre journal.
00:18Le Maroc renforce sa coopération avec ses partenaires européens pour identifier les mineurs non accompagnés
00:25et organiser leur retour au pays conformément aux hautes instructions royales adressées au ministère de l'Intérieur et des Affaires
00:33étrangères.
00:34Les détails en ouverture de ce journal.
00:38Le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman réunit ce vendredi à Jeddah les dirigeants turcs et pakistanais pour sceller un
00:48accord de défense.
00:52Au Mali, le Premier ministre fait le bilan des cinq années de transition, un exercice auquel se sont déjà prêtés
00:59les ministres de son gouvernement.
01:01Le compte rendu dans cette édition.
01:07Sur très hautes instructions royales, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidents à l
01:15'étranger, Nasser Bourita,
01:17représente sa majesté le roi Mohamed VI à la cérémonie d'investiture du nouveau président colombien.
01:23Une cérémonie organisée hors de Bogota et qui vient marquer le début du mandat du candidat vainqueur Abelardo de la
01:32Espriella.
01:32La participation du Maroc traduit la volonté des deux pays de renforcer davantage leurs relations.
01:42Le Maroc réaffirme sa volonté de coopérer avec ses partenaires espagnols et européens sur le dossier sensible des mineurs non
01:51accompagnés.
01:52Rabat assure respecter ses engagements et dénonce en même temps une instrumentalisation politique de cette question par l'Espagne.
01:59Un sujet de Babacar Tunkara.
02:04Conformément aux hautes instructions royales, le Maroc affirme avoir mobilisé les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères
02:10pour identifier les mineurs non accompagnés en vue de leur retour au pays.
02:15Selon une source diplomatique marocaine, le Royaume se dit prêt à travailler de concert avec ses partenaires espagnols et européens
02:22afin de faciliter le retour de ces mineurs.
02:24La même source regrette toutefois que chaque fois que le débat sur l'immigration ressurgit en Espagne,
02:29certaines voix accusent le Maroc de ne pas coopérer ou de ne pas vouloir reprendre ses mineurs.
02:35Pour Rabat, cette lecture ne reflète pas la réalité.
02:38La source diplomatique estime que certains acteurs politiques instrumentalisent cette question à des fins électorales
02:44et jugent ces accusations fallacieuses et infondées.
02:47Le Maroc affirme honorer ses engagements.
02:50Selon cette même source, les véritables difficultés proviennent des obstacles administratifs et judiciaires
02:55qui bloquent les procédures de retour.
02:57Rabat insiste également sur un point.
03:00Le Royaume ne peut accepter que ces contraintes soient utilisées comme un levier politique
03:05pour laisser entendre qu'il refuse de coopérer ou qu'il se désintéresse de ce dossier.
03:09Enfin, la source diplomatique appelle les partenaires européens à agir sur leurs propres dispositifs administratifs et judiciaires
03:17afin de lever les obstacles qui entravent, selon elles, le retour effectif des mineurs non accompagnés.
03:27Au Maroc, le climat des affaires dans l'industrie est resté globalement stable au deuxième trimestre.
03:33Selon l'enquête de la conjoncture de Benk El Marreb,
03:3771% des chefs d'entreprise le considèrent comme normal contre 19% qui le jugent défavorable.
03:44Dans le détail, la chimie et la parachimie enregistrent les appréciations les plus positives
03:50avec 88% d'avis et estiment la conjoncture normale.
03:54Le textile et cuir ainsi que l'agroalimentaire affichent quant à eux une perception plus contrastée.
04:00Enfin, la mécanique et métallurgie affichent une proportion plus élevée que dans les autres branches
04:07et tirent leur épingle du jeu avec 21% des répondants qui qualifient la situation de favorable.
04:16Alors que le Maroc s'impose comme un acteur majeur de l'industrie, de la logistique, de la sécurité et
04:23de la coopération avec l'Europe,
04:25les autorités marocaines dénoncent une succession de décisions et de polémiques
04:29qui, selon elles, fragilisent cette dynamique.
04:33Un message sans équivoque pour le Maroc.
04:35Un partenariat stratégique ne peut se construire sur un double discours.
04:40Le Royaume appelle donc désormais son principal partenaire à joindre les actes aux déclarations.
04:46Les explications de Rachid Furhan.
04:49Le temps des ambiguïtés est révolu.
04:52C'est le message adressé par Rabat Bruxelles.
04:54Dans une déclaration récente, une source gouvernementale a appelé l'Union Européenne
04:58à ne plus prendre de décisions susceptibles d'entraver la dynamique de développement du Royaume.
05:03Car pour le Maroc, les faits sur le terrain ne suivent pas toujours les discours.
05:07L'Union Européenne présente le Royaume comme un partenaire stratégique,
05:10premier partenaire commercial dans le voisinage sud,
05:13allié incontournable en matière de sécurité,
05:15partenaire essentiel dans la gestion des flux migratoires.
05:18Mais, dans le même temps, plusieurs décisions européennes sont perçues par Rabat
05:23comme des freins de développement de secteurs devenus stratégiques pour le Royaume.
05:26Le premier concerne les transferts des Marocains résidant à l'étranger.
05:30Les nouvelles exigences réglementaires européennes imposent davantage de contraintes aux établissements bancaires.
05:37Les professionnels du secteur mettent en garde contre leurs conséquences sur les transferts
05:41et sur l'invictissement des MRE, dont les envois de fonds dépassent désormais
05:45les 122 milliards de dirhams sur l'ensemble de l'année 2025.
05:49Autre dossier, les échanges commerciaux.
05:51Le Maroc a investi massivement dans ses infrastructures.
05:55Les exportations progressent.
05:56Les échanges avec l'Europe s'intensifient.
05:58Pourtant, les transporteurs marocains dénoncent une multiplication des obstacles.
06:03Des visas Schengen de plus en plus difficiles à obtenir pour les chauffeurs routiers.
06:08Des procédures administratives plus lourdes.
06:10Des autorisations de circulation limitées.
06:12Autant de contraintes qui ralentissent l'achuminement des marchandises vers les marchés européens.
06:17À cela se sont ajoutées les attaques contre les camions marocains
06:20lors des manifestations agricoles, notamment en Espagne.
06:23Des cargaisons de fruits et légumes ont été détruites.
06:26Des images qui ont provoqué l'indignation des professionnels marocains.
06:30Pour eux, la libre circulation des marchandises ne peut être remise en cause sous la pression de mouvements de protestation.
06:37Dernier épisode en date.
06:38Une série d'allégations à l'encontre du Maroc.
06:41Pour ne citer que les accusations publiées par le quotidien britannique The Times
06:46concernant une prétendue promesse de la FIFA au Maroc pour accueillir la finale de la Coupe du Monde 2030.
06:52Une information immédiatement démentie par la FIFA.
06:55L'instance mondiale a qualifié ces affirmations de fausses et trompeuses.
06:59Rappelant qu'aucune décision n'a encore été prise sur le stade qui accueillera la finale.
07:04Pour Rabat, ce démenti met en évidence la nécessité de distinguer les faits des spéculations.
07:10Le Royaume estime que son statut de partenaire stratégique implique une relation fondée sur la confiance,
07:16le respect mutuel et des décisions cohérentes.
07:18Car au-delà des déclarations, c'est sur les actes que se mesure aujourd'hui la solidité d'un partenariat.
07:28Les initiatives se poursuivent pour accompagner les Marocains résidant à l'étranger de retour au Maroc.
07:35Dans le cadre de l'opération Marhaba 2026,
07:38le centre d'accueil de la fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger
07:43a ouvert ses portes à Rabat et propose un accompagnement juridique et administratif
07:48tout en regroupant plusieurs services dans un même espace.
07:53Objectif, faciliter le traitement des dossiers
07:56et rapprocher l'administration des Marocains du monde.
08:00Plus de détails dans ce reportage de Marouane Hamidi,
08:04Idriss Bayoud avec un récit de Dinamrini.
08:09A la fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger,
08:13l'objectif est clair, répondre à leurs préoccupations administratives et juridiques
08:18et leur offrir un accompagnement de proximité.
08:21Parmi les bénéficiaires, Abd Salam, arrivé d'Espagne avec son dossier de réclamation,
08:27sur place, il trouve écoute, orientation et assistance pour résoudre ces difficultés.
08:36Je rencontre un problème concernant mon terrain.
08:40J'ai obtenu gain de cause devant le tribunal de première instance
08:43et je suis venu à la fondation pour qu'ils puissent m'accompagner dans le suivi de mon dossier.
08:49Ils m'ont notamment préparé une lettre que je vais adresser au président de la cour d'appel du TSA.
08:55J'ai été très bien accueilli ici.
08:57Je suis venu à la fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger
09:05afin de suivre une plainte qui n'a pas abouti il y a quatre mois.
09:09Je suis ici pour être accompagné dans mes démarches
09:12car j'avais déjà fait appel à la fondation auparavant, dans le cadre d'une affaire similaire.
09:18Ouvert jusqu'à la mi-septembre, le centre d'accueil centralise plusieurs services en un seul espace.
09:23Conseil et accompagnement juridique, démarches liées à la conservation foncière et aux impôts,
09:29mais aussi échanges à distance avec l'administration des douanes.
09:33Le dispositif est conçu pour simplifier les procédures et faire gagner du temps aux usagers.
09:40La fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger
09:43est avant tout un espace d'écoute, d'accueil et d'orientation.
09:48Nous recevons leurs demandes et leurs réclamations administratives
09:51que nous examinons en coordination avec les différentes administrations publiques
09:56afin de trouver des solutions à leurs problèmes
09:59et de veiller à la protection de leurs biens.
10:07Le centre d'accueil reste ouvert jusqu'au 15 septembre.
10:10Pour les Marocains résidant à l'étranger, qui ne peuvent pas se déplacer jusqu'à Rabat,
10:15nous avons également mis à leur disposition des moyens de contact à distance,
10:18notamment par téléphone et par e-mail.
10:21Toutes les informations et les coordonnées nécessaires sont disponibles sur le site de la fondation.
10:29A travers ce dispositif, la fondation Hassan II pour les MRE
10:33entend renforcer l'accompagnement des Marocains du monde durant leur séjour au Royaume.
10:38Une manière aussi de rapprocher l'administration de la communauté marocaine à l'étranger.
10:44En Arabie Saoudite, selon la coalition dirigée par IAD,
10:4811 civils ont été blessés jeudi soir dans des frappes menées par les Houthis, soutenues par l'Iran.
10:54Il s'agit du bilan le plus lourd enregistré lors d'une attaque des rebelles yéménites contre le Royaume depuis
11:00plusieurs années.
11:01La porte-parole de la coalition a fait savoir que parmi les blessés figurent sept Saoudiens,
11:07dont un enfant de 4 ans, deux Égyptiens, un Yéménite et un Pakistanais.
11:12Ces frappes ont visé la région de Najran, à la frontière entre l'Arabie Saoudite et le Yémen.
11:20Jeudi au Yémen, les Houthis ont attaqué les forces gouvernementales,
11:26tuant au moins 58 soldats.
11:28En 4 ans de trêve, ce bilan est sans précédent.
11:31Le mois dernier, la reprise du conflit au Yémen a marqué une nouvelle étape
11:36dans l'embrasement régional, dans le sillage de la guerre entre les États-Unis et l'Iran,
11:41soutenue par l'Iran, les Houthis revendiquent les frappes de jeudi
11:47qu'ils présentent comme une représailles au récent renforcement des troupes yéménites
11:53soutenues par l'Arabie Saoudite.
11:55Selon un responsable, il s'agit des attaques les plus meurtrières
11:59depuis le cessez-le-feu de 2022,
12:02qui avait mis fin à plus de 7 ans d'une guerre dévastatrice
12:06dans ce pays qui est le plus pauvre de la péninsule arabique.
12:14Le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane
12:18réunit ce vendredi en Arabie Saoudite les dirigeants turcs et pakistanais
12:22pour sceller un accord de défense conjoint de la Mecque
12:26où ils se trouvent, tout ceci sur fond de guerre au Moyen-Orient.
12:30Le président turc Recep Tayyip Erdogan
12:33et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif
12:36participent à ce sommet qui réunit trois puissances musulmanes sunnites
12:40et médiatrices dans le conflit déclenché il y a plus de cinq mois
12:44par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
12:48Aucune percée significative ne se profile en vue d'un règlement diplomatique
12:53entre Téhéran et Washington
12:55et le détroit stratégique d'Hormuz est toujours bloqué
12:59même si des avancées semblent se dessiner ces derniers jours.
13:06Un incendie s'est déclaré ce vendredi dans un centre logistique
13:11du géant russe de l'e-commerce Wildberries à Ekaterinbourg
13:15dans l'Oural après une nouvelle attaque contre des entreprises de cette compagnie.
13:20Depuis mi-juillet, l'Ukraine a frappé une vingtaine de sites
13:24appartenant à Wildberries, plateforme de commerce en ligne très populaire
13:29souvent qualifiée d'Amazon russe
13:31presque aux quatre coins de la Russie et en Crimée annexée.
13:35Plus de quatre ans après le début de l'offensive russe
13:38à grande échelle contre l'Ukraine
13:40la diplomatie est au point mort entre les deux pays
13:44qui font monter en puissance leurs frappes à longue portée
13:47faisant un nombre croissant de victimes civiles.
13:54Au Mali, le premier ministre, le général de division
13:58a présenté le bilan des cinq années de transition
14:02une intervention qui fait suite à celle des différents ministres du gouvernement
14:06le chef du gouvernement s'est d'ailleurs exprimé
14:09lors d'un point presse qui a réuni l'ensemble des membres du gouvernement
14:13mais aussi les présidents d'institutions
14:16les leaders de la société civile
14:17et des autorités coutumières et religieuses.
14:21Un reportage de Mohamed Danyoko.
14:24Cet exercice bilan du premier ministre
14:26visait à mettre en avant les avancées enregistrées
14:29depuis le 7 juin 2021
14:31date d'accession du général d'armée Assime Goïta
14:35à la magistrature suprême.
14:37La question sécuritaire est naturellement venue en tête.
14:40Sur le plan sécuritaire, nos forces armées et de sécurité ont connu
14:43une montée en puissance sans précédent.
14:46Grâce au renforcement de leurs capacités opérationnelles,
14:50à l'acquisition d'équipements modernes,
14:52à l'amélioration de leur formation,
14:54il y a une plus grande liberté d'action
14:56et elle mène aujourd'hui des opérations avec professionnalisme et efficacité.
15:00En plus de la question sécuritaire,
15:02son intervention a aussi concerné
15:04les réformes politiques et institutionnelles.
15:07Lesquelles réformes permettent aujourd'hui au pays
15:10de financer en grande partie son développement.
15:13Les cinq ans de la transition
15:14auront permis de poser les fondations des Mali
15:18plus souverains, plus résilients
15:20et plus maîtres de son destin.
15:23Les défis demeurent,
15:24mais ils ne nous feront pas dévier du cap.
15:27Le temps de la restauration de l'État se poursuit.
15:30Le temps de l'accélération du développement commence.
15:34Le renforcement de l'Alliance des États du Sahel,
15:37le rétablissement des relations diplomatiques
15:40dans le respect des principes édictés
15:42ont été d'autres points soulignés par le Premier ministre.
15:48Le gouvernement nigérien a annoncé
15:51la libération de 308 victimes d'enlèvement,
15:53dont 163 avaient été enlevés
15:57plus tôt cette année dans un même village.
16:00La présidence s'est félicitée du sauvetage réussi.
16:03Au Nigeria, les enlèvements contre rançon
16:05sont devenus un phénomène récurrent.
16:08Ils sont le fait de groupes criminels,
16:10de terroristes et de gangs,
16:12surnommés les bandits,
16:13particulièrement actifs dans le nord
16:15et le centre du pays
16:16où la présence de l'État demeure limitée.
16:23Donald Trump a signé un décret
16:25censé empêcher le tourisme des naissances.
16:28Ce tourisme permet aux enfants d'étrangers nés aux États-Unis
16:32de recevoir la nationalité américaine.
16:35Le président américain y voit une nouvelle tentative
16:37de remise en cause du droit du sol.
16:39Il y a plus d'un mois,
16:40un décret de la Cour suprême
16:42supprimant le droit du sol
16:43pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière
16:47avait été qualifié de très malheureux
16:49par le chef de l'État américain.
16:52Il a par ailleurs affirmé vouloir procéder à des ajustements.
16:58En Tunisie, les fortes chaleurs
17:01enregistrées ces derniers jours,
17:03combinées aux coupures d'électricité
17:05dans plusieurs exploitations,
17:06ont provoqué d'importantes pertes
17:09dans le secteur avicole
17:10qui traverse aujourd'hui
17:12une situation plus que critique.
17:13C'est près de la moitié de la production
17:16qui aurait été affectée
17:17selon les professionnels.
17:20Najwa Bechah nous donne plus de détails.
17:25Ici, il n'y a plus de bruit,
17:27plus de mouvement,
17:28seulement le silence d'un élevage
17:30qui a perdu toute sa production.
17:32Sous cette terre reposent
17:34des milliers de poulets morts en quelques heures.
17:36Une scène difficile
17:38qui témoigne de l'ampleur des dégâts.
17:40Dans les élevages de volailles,
17:42chaque minute compte.
17:44Avec l'arrêt de l'électricité,
17:45les systèmes de ventilation
17:47et de refroidissement
17:48cessent de fonctionner.
17:50En quelques heures seulement,
17:51des milliers de volailles
17:53ont péri,
17:54provoquant des pertes considérables
17:56pour les éleveurs.
17:59Ce qui nous est arrivé
18:00est une véritable catastrophe.
18:02Nous avons perdu près de 95%
18:05de notre production.
18:07Comme vous l'avez vu,
18:08notre élevage compte 8 bâtiments.
18:10Dès la coupure d'électricité,
18:13plus rien ne fonctionnait.
18:14Ni les ventilateurs,
18:15ni l'alimentation en eau,
18:17ni aucun autre équipement indispensable.
18:20Nous avons subi des pertes énormes.
18:22Environ 150 000 poulets
18:25de différents âges
18:26et pesant entre 2 et 4 kilos
18:28sont morts en quelques heures.
18:31Les pertes financières
18:32sont considérables
18:33et pourraient malheureusement
18:35nous conduire à la faillite.
18:37Cette ferme fait partie
18:39des nombreuses exploitations
18:41touchées par les conséquences
18:43d'un été exceptionnel
18:44marqué par une forte pression énergétique
18:47et des coupeurs d'électricité.
18:49Les dégâts ne s'arrêtent pas
18:51aux portes des élevages.
18:53La baisse de production
18:54pourrait avoir un impact
18:55sur l'approvisionnement
18:57du marché tunisien empoulé
18:59et entraîner de nouvelles tensions
19:01pour les consommateurs.
19:04Cette situation aura également
19:06des répercussions sur le marché.
19:08Elle risque d'entraîner
19:10une hausse des prix
19:11de la volaille
19:12ainsi qu'une baisse
19:14de sa disponibilité
19:16pour les consommateurs.
19:19Ce qui s'est passé
19:21a eu un impact majeur
19:22sur l'ensemble du secteur
19:24avicol en Tunisie.
19:25Les taux de mortalité
19:26sont très élevés
19:28et les éleveurs
19:29ont tous été touchés.
19:30Nous avons connu
19:31une chaleur exceptionnelle
19:33mais avec les coupures
19:35d'électricité
19:36qui ont parfois duré
19:37entre 8 et 10 heures,
19:39la situation est devenue ingérable.
19:42Certains éleveurs
19:43disposaient de groupes électrogènes
19:44mais même cela
19:46n'a pas suffi
19:47à faire face
19:48à une telle crise.
19:50Nous appelons les autorités
19:51à éviter les coupures
19:52d'électricité
19:53car elles pénalisent
19:55tous les secteurs d'activité.
19:57Les éleveurs
19:57ne sont plus en mesure
19:59de supporter
20:00de telles pertes.
20:02Les coupures d'électricité
20:04n'ont pas seulement
20:05touché le secteur avicol.
20:07Plusieurs activités
20:09économiques
20:10et professionnelles
20:11ont été impactées
20:12par ces perturbations
20:14dans un contexte
20:15de forte pression énergétique
20:17durant un été
20:19exceptionnellement difficile.
20:23En Côte d'Ivoire,
20:25chiffres records
20:25affichés dans le prix
20:27du litre d'essence
20:28super sans plomb
20:29qui s'élève désormais
20:30à 905 francs CFA.
20:32C'est une grande première
20:34pour le pays.
20:35Cette hausse
20:35vient alourdir
20:36les dépenses
20:37des usagers
20:38qui craignent
20:39des répercussions
20:39sur le coût
20:40de la vie
20:41et des transports.
20:42Un reportage
20:43de Melberchel
20:44et Ferdinand Kouakou.
20:48905 francs CFA
20:49le litre.
20:49Jamais le prix de l'essence
20:51n'avait atteint
20:51un tel niveau
20:52en Côte d'Ivoire.
20:53Dans les stations-service,
20:55la hausse surprend
20:56et oblige déjà
20:57de nombreux usagers
20:58à observer
20:58beaucoup plus de prudence.
21:00Parce que sachant bien
21:02que tout devient cher
21:04de jour en jour,
21:06nous n'allons pas être
21:07la face du dendon.
21:09Il faut bien qu'on pense
21:10en nous
21:10pour que nous aussi
21:11nous puissions gagner
21:12quelque chose
21:12pour gagner notre vie.
21:13parce que
21:15l'accueil est long.
21:16On n'a pas touché
21:17aux tarifs.
21:18On n'a pas touché
21:19aux tarifs du transport.
21:21On travaille toujours
21:21avec cela.
21:22Tant bien que ça nous coûte
21:24un peu cher,
21:25mais on est obligé
21:26de faire cela
21:26parce qu'on nous a dit
21:28qu'il y a une situation
21:29qui est devant.
21:30Au-delà des conducteurs,
21:32cette augmentation
21:33nourrit des inquiétudes
21:34des consommateurs.
21:35Beaucoup reduisent
21:36une hausse progressive
21:37des prix des transports
21:39et des produits
21:39de première nécessité.
21:41Ils ne nous ont pas informés
21:42du jour au lendemain.
21:44Tu viens,
21:44tu donnes un billet.
21:46Forcément,
21:46tu t'attendais
21:47à une monnaie
21:48comme avant.
21:48On te dit
21:49que le prix
21:50a changé,
21:51a augmenté.
21:52Il n'y a pas
21:52de campagne,
21:53rien du tout.
21:54Juste parce que
21:55le prix du cabira
21:55a augmenté,
21:57nous,
21:57les citoyens,
21:57on doit vraiment
21:58subir.
21:58Il faut qu'on soit
22:00au moins en conformité
22:02avec le peuple.
22:03Le mode de vie
22:04de la population
22:05parce que c'est selon
22:06le mode de vie
22:07de la population
22:07qu'on va vraiment,
22:09on tient compte
22:09vraiment des conditions
22:10d'augmentation
22:12et autres.
22:13Que le gouvernement
22:14réveille cela
22:15parce que
22:16les gens pleurent
22:17beaucoup
22:17et que
22:18quand on gouverne
22:19personne,
22:20quand on vient
22:21gouverne personne,
22:22on ne vient pas pour nous
22:23mais on vient pour un peuple.
22:25On doit tenir compte
22:26le mode de vie
22:27de cette population.
22:29Ça pleut beaucoup.
22:30Les professionnels
22:31du transport,
22:32eux,
22:33suivent également
22:33l'évolution de la situation
22:35avec beaucoup d'intérêt.
22:36Ils appellent
22:37à des mesures
22:37permettant de préserver
22:38l'équilibre du secteur
22:40tout en limitant
22:41les répercussions
22:41au profit de tous.
22:43Le transport
22:44est un maillot essentiel
22:46du développement
22:47économique et social
22:48de tous les pays
22:49dans le monde.
22:51Procéder autrement
22:52serait égal
22:53à dire
22:54qu'il y a eu
22:55augmentation
22:55alors on fait
22:57des augmentations
22:57systématiques
22:58des prix
22:59du transport.
23:00Nous savons
23:01en tant que citoyens
23:02que cela va impacter
23:03le pouvoir d'achat
23:04des populations.
23:05Nous savons aussi
23:06que cela peut conduire
23:07à des fonds sociaux,
23:09chose qu'il faut éviter
23:10par ces temps
23:10extrêmement fébriles.
23:13Donc la contribution
23:13des opérateurs
23:14du transport
23:14c'est la compréhension,
23:17ensuite l'analyse
23:18en interne
23:19et les propositions
23:20à faire
23:21donc au pouvoir public
23:22pour trouver
23:23des solutions
23:24en mettant en place
23:25des mesures
23:26d'accompagnement.
23:28Cette hausse historique
23:29du prix de licence
23:30ouvre une nouvelle période
23:31d'incertitude
23:32pour les ménages
23:33comme pour les professionnels.
23:35Les prochains mois
23:36permettront d'en mesurer
23:37pleinement
23:38les effets sur l'économie
23:39et le pouvoir d'achat.
23:44Les excuses
23:45n'y ont rien fait
23:47alors que
23:47Gianni Infantino
23:49est plus que jamais
23:50tourné vers sa réélection
23:51prévue en mars 2027,
23:53la Confédération Européenne
23:55de Football
23:56maintient sa menace
23:58de boycott
23:58des compétitions
23:59de la FIFA.
24:00Embourbé
24:01dans une crise
24:02depuis l'échec
24:03de son plan d'ouverture
24:04de la FIFA
24:05à des investisseurs privés,
24:07le président de la FIFA
24:09a contre-attaqué
24:10en convoquant
24:11mercredi
24:12une réunion
24:12de crise araba.
24:13La direction
24:14de la FIFA
24:15lui a réitéré
24:16son plein soutien
24:17tout en présentant
24:19des excuses
24:20pour la polémique
24:21créée par ce projet.
24:22Avec le plus gros
24:24nombre de membres
24:25affiliés à la FIFA
24:26après l'UEFA,
24:28la Confédération
24:29africaine
24:30est un allié
24:31de poids
24:32pour Infantino.
24:33Elle lui a par ailleurs
24:34réaffirmé
24:35à l'unanimité
24:36son soutien
24:37à l'issue
24:37d'un comité
24:38exécutif.
24:42Et le rideau
24:43est levé
24:43sur la première
24:45édition
24:45du Saïdia
24:46Musique Festival,
24:47un nouvel événement
24:49culturel
24:49destiné
24:50à renforcer
24:51l'attractivité
24:52touristique
24:52de la station
24:53balnéaire
24:54et à promouvoir
24:55la région
24:55de l'Oriental.
24:56À travers
24:57cette première édition,
24:58le Saïdia
24:59Musique Festival
25:00ambitionne
25:01de devenir
25:01un rendez-vous
25:02annuel
25:02incontournable
25:03au service
25:05du rayonnement
25:06touristique,
25:07culturel
25:07et socio-économique
25:09de la ville
25:10de Saïdia
25:10et de la région
25:11de l'Oriental
25:12qui regorge
25:13d'un patrimoine
25:14architecturel
25:15et culturel
25:16d'une valeur
25:17inestimable.
25:18La ville de Saïdia
25:19est une destination
25:21touristique
25:21par excellence
25:22qui attire
25:23qui attire un grand
25:24nombre de visiteurs
25:25marocains
25:25et étrangers
25:26pendant cette période
25:28estivale.
25:29Au rendez-vous
25:29sur scène,
25:30Hatim Ammour,
25:32Fnair,
25:33Zuhair Behawi,
25:34Aminux,
25:35Dada,
25:36Simo Baladi,
25:38Five Stars
25:38et Walid Rahmani
25:40aux côtés
25:41d'artistes
25:42de la région
25:42de l'Oriental.
25:49Place maintenant
25:50à l'invité culturel
25:51de Meryem Khamlechi
25:52qui reçoit
25:53Soufiane Mezour.
26:00Mesdames et messieurs,
26:01bonjour et bienvenue
26:02dans l'invité culture.
26:03Mon invité aujourd'hui
26:04est docteur en philosophie,
26:06chercheur associé
26:07au laboratoire
26:08philosophie-pratiques-critiques
26:10de l'Université
26:10Radyaïed de Marrakech,
26:12auteur
26:13et conférencier,
26:14c'est surtout
26:15un observateur attentif
26:17de ce que le monde
26:18a à nous dire.
26:20Sa démarche profondément empirique
26:21fait dialoguer
26:22la philosophie
26:23avec d'autres formes
26:24de pensée,
26:25toujours à l'écoute
26:27du réel
26:27et de l'expérience concrète.
26:29Il vient de publier
26:30un ouvrage
26:31captivant
26:32au titre particulièrement
26:33évocateur,
26:34le peintre
26:35et le Hakawaki
26:37Wati,
26:38ce que l'art
26:40fait à la philosophie,
26:41une exploration
26:42de ce qui se joue
26:43lorsque le pinceau
26:44et le verbe
26:45bousculent.
26:46La pensée,
26:47Soufiane Mezour,
26:48c'est un plaisir
26:48de vous avoir avec moi
26:49aujourd'hui.
26:50Merci d'avoir accepté
26:51cette invitation.
26:51Tout le plaisir
26:52et pour moi,
26:52je suis ravie d'être ici
26:53et je vous remercie
26:54pour votre accueil.
26:55Merci aussi d'avoir accepté
26:58cette invitation.
26:58Je vais montrer d'abord
26:59la couverture
27:00de votre livre,
27:01donc le peintre
27:02et le Hakawati.
27:03Je le reprononce
27:05correctement,
27:05je l'ai un petit peu
27:06écorché en introduction.
27:09Est-ce que vous pouvez
27:10nous expliquer un petit peu
27:11votre démarche
27:11qui vous a poussé
27:12à écrire ce livre d'abord ?
27:14Oui, bien sûr.
27:15Alors,
27:16tout d'abord,
27:16j'aimerais dire à moi
27:18assez rapidement
27:19pour planter le décor
27:20et pour situer le contexte
27:22dans lequel le livre
27:23a pris forme.
27:25C'est d'abord un livre
27:26qui raconte
27:27l'histoire
27:29de deux bonhommes
27:31qui se rencontrent
27:31pour la première fois.
27:33Le premier est peintre
27:35et le deuxième
27:36est Hakawati.
27:37Donc Hakawati,
27:38c'est conteur en français,
27:42c'est quelqu'un
27:42qui raconte des histoires,
27:43des fables,
27:44donc une bonne partie
27:45de la tradition,
27:47de notre tradition orale
27:48et de notre patrimoine
27:50et justement incarné
27:52par ce personnage
27:52du Hakawati.
27:53Et donc cette rencontre,
27:56elle a été provoquée
27:57en quelque sorte
27:58à l'occasion
28:00d'une résidence artistique
28:02que j'ai eu le plaisir
28:03d'organiser
28:05autour de la thématique
28:06de l'acte de création
28:10en peinture
28:10et plus particulièrement
28:13face à l'altérité.
28:15Autrement dit,
28:16une fois que le peintre,
28:18que l'artiste
28:18se trouve face
28:20face à l'inconnu
28:22et cet inconnu
28:23est en l'occurrence
28:25incarné
28:27par le Hakawati.
28:28Eh bien,
28:29ce peintre,
28:29comment il s'y prend,
28:32quelles sont les difficultés
28:34qu'il rencontre,
28:35comment il va essayer
28:36de les surmonter
28:37et l'idée que j'avais
28:42en tête au début
28:43de la résidence,
28:44c'était en quelque sorte
28:47de sortir le peintre
28:50de son atelier,
28:52ce qui se passe normalement
28:54dans l'intimité
28:55de l'atelier.
28:56Et là-dessus,
28:57on peut imaginer,
28:57bien sûr,
28:58la figure du peintre solitaire
29:01qui travaille à l'abri
29:03des regards.
29:05Et là,
29:05justement,
29:06on a essayé
29:06dans le cadre
29:07de cette résidence
29:08de le mettre en scène
29:12et de le confronter
29:13au regard du public.
29:15Et étant donné
29:16que c'est une résidence artistique,
29:17il y avait aussi
29:19ce qu'on pourrait appeler
29:20des spectateurs,
29:21donc des inconnus
29:24qu'on avait invités
29:25parce qu'ils s'intéressaient
29:26à l'art,
29:27ils voulaient voir
29:27un petit peu
29:28ce qui se passait
29:29sur place.
29:31Et à côté de ça,
29:32il y avait aussi
29:32une caméra
29:34qui tournait.
29:35On a,
29:37avec une petite équipe
29:38de tournage,
29:39on enregistrait
29:41pratiquement
29:41toutes les étapes
29:43du projet.
29:44Donc c'était
29:45un petit peu
29:45le contexte
29:46dans lequel
29:47ce livre
29:48a pris forme.
29:50Et si je peux
29:51ajouter un mot,
29:54l'idée,
29:55vraiment ce qui m'intéressait
29:57surtout dans
29:58le fait
29:59de confronter
29:59et de mettre
30:01ensemble
30:01le peintre
30:02et le Hakawati,
30:04c'était
30:05cette question-là
30:06de l'altérité
30:06et voir un petit peu
30:08qu'est-ce qui pouvait
30:09émerger de nouveau
30:10ou pas.
30:11Il y avait aussi
30:12le risque
30:14qu'il ne se passe
30:15rien entre les deux.
30:17En tout cas,
30:18vous avez dit
30:18que le peintre
30:19était confronté
30:19à l'inconnu.
30:21Pourquoi
30:22le Hakawati
30:23représente
30:24un petit peu
30:24cet inconnu ?
30:25Qu'est-ce qu'il symbolise ?
30:27Alors,
30:28c'est une très bonne question
30:29et je vais essayer
30:30d'y répondre
30:30sur deux points.
30:33D'abord,
30:34pour moi,
30:34personnellement,
30:36l'inconnu
30:37ou l'altérité,
30:38elle est représentée
30:39par chaque individu.
30:41Chaque individu
30:42est commencé
30:43et singulier.
30:44Chaque individu
30:45a sa vie,
30:46son vécu,
30:47ses attentes,
30:48ses projets,
30:48etc.
30:49Donc,
30:50l'altérité,
30:50elle est là.
30:51Question de degré,
30:52bien sûr.
30:53Si le Hakawati,
30:54si les deux personnages
30:56du livre
30:57se connaissaient un peu,
30:59j'aurais dit
31:00il y a quand même
31:01altérité,
31:01mais à moindre degré.
31:03Mais l'altérité,
31:04elle est là.
31:05Le deuxième point,
31:07c'est pourquoi
31:10il y a aussi
31:10la question
31:11de l'inconnu
31:12à laquelle
31:13le peintre
31:14a été confronté.
31:16C'est parce que
31:18parmi les objectifs
31:20de la résidence,
31:21comme je le disais
31:21il y a un instant,
31:23le fait de faire sortir
31:25le peintre
31:25de sa zone de confort.
31:30Et donc,
31:31tout ce qu'il avait
31:32l'habitude de faire,
31:36que ce soit
31:36au niveau
31:37de la technique,
31:38au niveau
31:39des sujets
31:39qu'il choisissait lui-même,
31:41des modèles,
31:43là,
31:43pour le coup,
31:45il y avait quelque chose
31:46qui était imposé
31:47à lui
31:47ou à elle.
31:49Et l'inconnu,
31:50par conséquent,
31:51devient double.
31:53l'altérité
31:54de la personne,
31:54parce que toute expérience
31:56est par définition
31:56singulière,
31:57on ne peut pas
31:58la reproduire.
32:00Très souvent,
32:01on ne peut même
32:01pas la programmer.
32:03Donc, nous,
32:03ce qu'on avait fait,
32:04c'est provoquer
32:04cette rencontre
32:05de bonhommes
32:06qui ne se connaissaient pas
32:07et voir un petit peu
32:08ce qui allait se passer
32:09entre les deux.
32:10et je dirais
32:12que l'originalité
32:13peut-être
32:13de la démarche,
32:14et là,
32:14je reviens
32:14à votre question initiale,
32:16c'est que
32:18le peintre
32:20n'était pas
32:21invité
32:22à peindre
32:23le portrait
32:23de la personne,
32:24bien que la question
32:25du corps,
32:26du visage,
32:27de la posture
32:27m'intéressait aussi.
32:30Ce qu'il devait peindre,
32:31c'était la rencontre
32:32elle-même.
32:33D'accord.
32:34Autrement dit,
32:35l'expérience brute,
32:37ce qui se passait
32:38humainement,
32:39artistiquement,
32:40esthétiquement,
32:40et même
32:41le fait
32:42de se retrouver
32:43dans un environnement,
32:46un espace
32:46et un temps bien défini,
32:49c'était,
32:50il y avait toute une série
32:51de, je dirais,
32:52d'éléments obstacles
32:55avec lesquels
32:57le peintre
32:58devait composer.
33:00Et donc,
33:00c'est à ce niveau-là
33:01que se situe
33:02à la fois l'altérité,
33:03l'inconnu,
33:04et le défi double
33:07que le peintre
33:08devait relever.
33:09Et celui
33:10aussi de mettre,
33:13on va dire,
33:14je ne sais pas
33:15si le bon terme
33:16c'est papier,
33:17mais sur toile peut-être,
33:21ben finalement,
33:24une représentation
33:25très abstraite,
33:26puisqu'il ne peint pas
33:28un objet en particulier,
33:30mais une atmosphère,
33:31une rencontre,
33:32un ressenti.
33:32donc j'imagine...
33:34Alors,
33:35vous avez
33:36parfaitement raison
33:37de dire
33:39comme ça,
33:40abstraite,
33:40parce que
33:41c'est
33:43un peu logique,
33:44étant donné
33:45les conditions
33:46de travail,
33:47mais parmi le,
33:49on n'avait pas
33:49beaucoup de,
33:49enfin,
33:50on n'avait pas
33:51de conditions,
33:52il y avait quelques
33:52règles du jeu,
33:53entre guillemets,
33:54mais il n'y avait
33:54pas de conditions
33:55ni de contraintes
33:57imposées à l'artiste.
33:58L'artiste était
33:59parfaitement libre
33:59de peindre
34:00ce qu'il souhaitait.
34:02Sauf que,
34:03là,
34:03pour réagir
34:04à votre remarque
34:05sur la peinture
34:07abstraite,
34:09aucune,
34:10disons,
34:12aucun genre
34:13de peinture
34:14n'était imposé
34:14non plus.
34:15C'est-à-dire que
34:16s'il y a un moment
34:17donné,
34:18face à l'inconnu,
34:20à l'altérité,
34:21et donc,
34:21en l'occurrence,
34:21face au Hakawati,
34:22il y a un portrait
34:23qui sort,
34:25personne n'a le droit
34:26de dire au peintre
34:27vous avez tort,
34:27vous auriez dû
34:28utiliser,
34:29de l'abstrait,
34:31de la pop culture
34:32ou de l'hyper-réalisme
34:34ou autre chose.
34:35Donc,
34:37l'abstrait peut,
34:40disons,
34:42comme ça,
34:45s'offrir
34:45de manière
34:46un peu plus facile
34:47parce qu'effectivement,
34:49il s'agit d'un vécu,
34:50il s'agit d'un ressenti,
34:52donc c'est peut-être
34:53plus facile
34:54de partir vers
34:55de l'abstrait
34:56que d'autre chose.
34:57eh bien,
34:59les résultats,
35:00enfin,
35:00je ne sais pas si je peux dire,
35:01si je peux les appeler comme ça,
35:02mais en tout cas,
35:03ce à quoi on avait abouti,
35:06c'était assez surprenant
35:07et on a eu justement
35:09de l'abstrait,
35:11mais aussi...
35:14Alors,
35:14du concret,
35:15oui,
35:15étant donné que c'est une...
35:17que le livre lui-même
35:19est le résultat
35:20d'une enquête de terrain,
35:21donc il y avait du concret,
35:22certainement,
35:23il y avait des toiles,
35:24il y avait de très beaux tableaux,
35:26il y avait des tableaux inachevés,
35:28ça,
35:28on pourra peut-être en dire
35:29un mot tout à l'heure,
35:29et il y avait des tableaux
35:33dont les artistes
35:35étaient satisfaits,
35:36d'autres moins satisfaits.
35:37Qu'est-ce qu'on peut dire
35:37des tableaux inachevés ?
35:39Parce qu'on n'a plus
35:39beaucoup de temps,
35:40justement,
35:41pour laisser pour tout à l'heure,
35:42donc j'en profite.
35:43Oui.
35:44Alors, très bien,
35:45moi, personnellement,
35:46je ne vais pas parler
35:47à la place de l'artiste,
35:49mais ce qu'on pourrait dire
35:50sur les tableaux inachevés,
35:52c'est que,
35:54disons que les grands artistes,
35:57tous, sans exception,
35:58disent à peu près
35:58la même chose là-dessus,
36:01on ne peint pas
36:02par plaisir,
36:03mais par nécessité.
36:04Je pense qu'à un moment donné,
36:06lorsque l'artiste sent
36:07qu'il n'y a plus grand-chose
36:09à dire,
36:10quand il est face
36:12à l'équivalent
36:13de la page blanche
36:14de l'écrivain
36:14ou de l'équivaine,
36:16quand il se sent
36:18un petit peu
36:20en but
36:20contre un obstacle
36:21insurmontable,
36:24il ne va pas s'amuser
36:25à finir,
36:27à faire du forcing,
36:28comme on dit,
36:29et à finir son tableau
36:30pour le finir.
36:31Donc, c'est parce que
36:32la nécessité
36:33ou le besoin
36:35lui impose
36:36à poser
36:37le pinceau
36:39et peut-être
36:40à revoir
36:41soit le projet,
36:42soit passer
36:43à une nouvelle toile.
36:45Votre démarche,
36:46en tout cas,
36:47est empirique,
36:47attentive ou réelle,
36:48comme je le disais tout à l'heure
36:49en introduction,
36:50et à l'expérience
36:52sur le terrain,
36:53concrète,
36:54qu'est-ce qu'il en ressort
36:55finalement maintenant ?
36:56Quel bilan faites-vous
36:58après avoir écrit ce livre,
37:00après cette rencontre ?
37:01Qu'est-ce que vous retenez
37:02de cette expérience ?
37:03Alors,
37:04oui,
37:05c'est une grande question,
37:06elle est très très vaste.
37:07Je dirais tout d'abord
37:09que ce qui m'a le plus frappé,
37:14c'est le courage des artistes eux-mêmes,
37:22le courage dont ils ont fait preuve,
37:24d'abord pour avoir accepté
37:27de s'exposer au regard du public,
37:31des spectateurs et de la caméra,
37:34chose qui n'est pas du tout évidente,
37:36même pour des artistes expérimentés.
37:40Donc, ça, c'était le premier défi.
37:42Moi, personnellement,
37:43mon ressenti,
37:44d'abord,
37:45j'ai appris énormément de choses
37:46sur le travail des artistes
37:48parce que le but
37:49de cette philosophie empirique
37:51ou pragmatique,
37:52comme vous le disiez tout à l'heure,
37:54c'était de décrire
37:55l'acte de création,
37:58c'est-à-dire non pas l'œuvre achevée,
37:59mais l'œuvre en train de se faire.
38:01Et le fait d'avoir observé
38:03tout cela de près
38:05m'a permis de comprendre
38:06un peu mieux
38:08de quoi il retournait,
38:10que ce soit l'étape de l'inspiration,
38:13ce qui a poussé le peintre
38:14à choisir telle couleur,
38:16à choisir telle ligne,
38:18à hésiter à tel moment.
38:19Donc, tous ces micro-moments
38:21étaient essentiels pour moi.
38:24et grâce à cette démarche,
38:27j'ai réussi
38:28quand même un petit peu
38:29de comprendre un petit peu plus
38:32ce qui se passait au cœur
38:33du processus créatif,
38:36en tout cas pour ce qui est
38:37de la peinture.
38:38Et puis ce parallèle
38:39entre l'art et la philosophie aussi,
38:40j'imagine.
38:42Absolument.
38:42Il y a un travail
38:43de traduction,
38:44entre guillemets,
38:47très difficile
38:51de passer d'un registre
38:53d'une forme de pensée
38:53à l'autre,
38:55surtout quand on n'est pas
38:56c'est-à-dire dedans,
38:58quand on ne maîtrise,
38:59quand on n'est pas peintre,
39:00quand on n'est pas artiste.
39:02Et d'ailleurs,
39:03c'est une excellente question
39:04parce que ça permet aussi
39:06de valoriser
39:08cette partie empirique
39:09de la philosophie
39:10à la différence
39:11d'une philosophie
39:13spéculative,
39:14idéaliste,
39:14où on joue avec le concept
39:15pour jouer avec le concept.
39:17un exercice de style
39:18pour dire les choses autrement.
39:20La partie empirique,
39:22elle m'a permis justement
39:24de rapprocher
39:28un peu plus
39:29la philosophie,
39:30en tout cas la philosophie
39:31telle que je la pratiquais,
39:34de la peinture
39:36et plus généralement de l'art.
39:38Et ce pont-là,
39:41on ne peut le construire
39:43entre la philosophie
39:44et la peinture
39:46que si on est embarqué,
39:50c'est-à-dire sur le terrain,
39:52auprès de l'artiste.
39:55Il y a une partie
39:57qui est de la philosophie,
39:58la philosophie de l'art.
40:00On peut très bien écrire
40:00un livre de 300 pages
40:02sur un tableau.
40:06Pas besoin d'aller le voir,
40:08le tableau,
40:09dans un musée,
40:09dans une galerie.
40:10On a juste l'image,
40:11on peut très bien en parler.
40:13La philosophie empirique,
40:15elle a, disons,
40:18cette exigence supplémentaire,
40:22c'est de dire,
40:23très bien,
40:24ça c'est l'œuvre achevée,
40:26mais ça serait quand même intéressant
40:28de voir un petit peu
40:29ce qui s'est passé auparavant.
40:31Les coulisses, un petit peu.
40:32C'est exactement les coulisses
40:34ou l'équivalent du making-of
40:36pour un film
40:38ou pour une pièce de théâtre.
40:40Et ça,
40:41ça ajoute énormément,
40:44énormément de richesse
40:45à l'activité de la philosophie elle-même.
40:49Et un dernier mot
40:50pour conclure sur le message
40:52que vous avez envie de transmettre,
40:54peut-être ?
40:55Les philosophes n'aiment pas conclure
40:56parce que c'est toujours dangereux.
40:59Mais j'aimerais dire ceci,
41:01c'est que ce livre est le fruit
41:06d'un travail d'enquête sur le terrain,
41:09d'une résidence artistique.
41:11Et c'est surtout grâce
41:12d'une réflexion aussi,
41:15parfois individuelle,
41:16parfois collective,
41:16parce que j'en profite
41:17pour rendre hommage
41:18à tous les artistes résidents.
41:21Et en particulier,
41:22là pour le coup,
41:24nous avons deux personnages
41:25de protagonistes,
41:26le peintre et le Hakawati.
41:28C'est aussi grâce à eux
41:30et ce n'est pas une façon de parler.
41:34Sans la contribution
41:36de ces deux personnages,
41:38il m'était tout simplement impossible,
41:40j'allais dire,
41:41même de réfléchir
41:42avant même d'accoucher
41:43la pensée ou les idées sur le papier.
41:46Donc ça, j'en ai tiré
41:47un certain nombre de leçons.
41:49D'abord sur l'art,
41:51comment il se fait,
41:52comment il se pratique.
41:53Et aussi l'importance
41:56pour la philosophie
41:58parfois,
41:59je dirais même souvent,
42:01de ne pas débarquer,
42:03comme on dit,
42:04avec des concepts massifs
42:05tout faits dans les poches.
42:07Parce qu'encore une fois,
42:08j'aurais pu mobiliser des théories
42:10déjà établies,
42:11déjà installées,
42:13et les plaquer,
42:15comme on dit,
42:15sur le tableau,
42:16sur le travail
42:18du peintre.
42:20Mais disons que j'ai essayé
42:24d'inverser un petit peu
42:25la situation
42:25en partant avec,
42:27sans préjugé,
42:28comme on dit,
42:29un regard sans théorie,
42:30comme disait Mathis,
42:31et je me suis laissé,
42:35comment dire,
42:36je me suis laissé un petit peu
42:39prendre par le flux
42:41de l'expérience,
42:42par les échanges
42:43entre les deux personnages,
42:45et par la matière aussi,
42:48par les couleurs,
42:48par tout ce qui était performé
42:53devant mes yeux.
42:54Merci à vous,
42:55en tout cas,
42:55Soufiane Mezour,
42:56c'est un plaisir
42:57de revenir sur ce livre
42:59qui est le vôtre
42:59et de vous recevoir
43:01comme invité aujourd'hui.
43:02C'est un plaisir.
43:02Plaisir partagé,
43:03merci de m'avoir invité.
43:04C'est la fin
43:05de l'Invité Culture
43:06pour aujourd'hui.
43:07Très bonne journée.
43:12C'était l'Essentiel
43:14de l'Actualité.
43:15Bonne suite de programmes
43:16sur Médien TV.
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